Introduction
:
Les exostoses sont des formations osseuses développées à la surface
des os et recouvertes d’une coiffe cartilagineuse.
Bien que
communément traitées au chapitre des tumeurs osseuses, ce sont en
fait des anomalies congénitales ou hamartomes.
Les deux formes
cliniques les plus fréquentes sont les exostoses solitaires et la
maladie exostosante.
D’autres formes cliniques, plus rares, différant
de cette définition par leur histogenèse, sont cependant traitées dans
cet article : la dysplasie épiphysaire hémimélique (DEH), l’exostose
sous-ungéale et la bizarre parosteal osteochondromatous proliferation.
Exostoses solitaires :
A - INTRODUCTION :
L’exostose solitaire est un hamartome qui se développe pendant la
croissance par ossification enchondrale et est recouvert d’une coiffe
cartilagineuse.
Pour cette raison, cette tumeur bénigne appartient à
la famille des tumeurs à histogenèse cartilagineuse et représente
90 % de toutes les formes d’exostoses.
Les termes d’ostéochondrome,
d’exostose ostéocartilagineuse ou d’exostose ostéogénique,
recouvrent la même entité nosologique.
1- Épidémiologie :
L’exostose est la plus fréquente des tumeurs bénignes après les
fibromes non ossifiants et les lacunes métaphysaires.
Elles
représentent, pour Dahlin et Unni, 40 % des tumeurs bénignes et
10 % de l’ensemble des tumeurs osseuses primitives.
Elles sont
diagnostiquées de façon préférentielle chez l’homme, avec un sexratio
hommes/femmes de 1,5/1.
La majorité des exostoses sont diagnostiquées avant 20 ans (70 %),
et le plus souvent pendant la deuxième décade.
L’âge de découverte
a une signification importante.
Ces lésions étant rarement
symptomatiques dans la petite enfance du fait d’une taille limitée,
elles sont souvent révélées au moment où leur taille est maximale,
c’est-à-dire à la puberté, sans aucune signification péjorative.
Leur
croissance s’arrêtant avec celle de l’os qui les porte, leur découverte
à l’âge adulte à l’occasion d’une augmentation de volume est
toujours suspecte de dégénérescence sarcomateuse.
2- Physiopathologie :
Dès 1891, les rapports entre la plaque épiphysaire et l’exostose
solitaire étaient évoqués par Wirchow, qui soulevait l’hypothèse
d’une bascule à 90° d’un fragment de cartilage de croissance.
Cette
hypothèse est appuyée par les travaux expérimentaux de
D’Ambrosia et Ferguson, qui créent d’authentiques exostoses en
transposant chez le lapin des fragments de plaque épiphysaire en
zone sous-périostée et métaphysaire.
Ce développement serait
favorisé par une brèche dans la virole périchondrale.
L’irradiation externe chez l’enfant peut également créer
d’authentiques exostoses sur un os à ossification enchondrale.
Dans les cas rapportés, les enfants ont été irradiés dans la petite
enfance (en moyenne à 5 ans), avec une dose totale de 10 à 60 Gy, l’exostose se développant dans le champ d’irradiation en moyenne
7 ans après celle-ci.
La désorganisation du cartilage de croissance
par l’irradiation semble à l’origine de l’isolement de fragments
cartilagineux, points de départ des exostoses.
Une ostéomyélite
et un traumatisme ont également été rapportés comme étant à
l’origine d’une exostose.
Dans tous les cas, les rapports des exostoses, ou ostéochondromes,
avec la plaque épiphysaire de croissance, expliquent leur évolution
avec la croissance.
B - LOCALISATION
:
La localisation des exostoses rend compte de leur pathogénie.
On ne les rencontre que sur les os à croissance enchondrale, et elles
ne sont donc pas présentes sur les os se développant par croissance
membranaire (face, voûte crânienne).
Pour Campanacci, elles sont
également absentes des os du carpe et du tarse (à l’exception du
calcanéus).
On les retrouve préférentiellement sur le versant métaphysaire des
cartilages de croissance fertiles (autour du genou, loin du coude),
mais aussi sur les os plats (os coxal, scapula) et les os du squelette
axial (vertèbres, côtes).
La découverte à l’âge adulte d’une exostose
en zone diaphysaire rend compte de la migration de la lésion
pendant la croissance.
C - CLINIQUE :
La découverte fortuite d’exostoses sur des bilans radiographiques
confirme qu’un grand nombre d’exostoses solitaires sont
asymptomatiques.
Il s’agit le plus souvent d’exostoses de petite
taille, de localisation volontiers axiale.
Les formes symptomatiques se révèlent le plus souvent avant
20 ans.
Les deux symptômes les plus fréquents sont l’augmentation
de volume et la douleur, qui peuvent traduire des phénomènes très
variables.
L’augmentation de volume est surtout le fait des exostoses
superficielles, palpables.
Le retentissement cosmétique ou
l’inquiétude générée par cette tuméfaction motivent la consultation.
Si cette augmentation de volume est l’histoire naturelle de l’exostose
solitaire avant 20 ans, elle est toujours suspecte de dégénérescence à
l’âge adulte.
La douleur peut être due à différentes causes et a alors une
expression variable.
Elle peut être en rapport avec une fracture de la
base du pédicule de l’exostose, à l’occasion d’un traumatisme qui
peut être minime.
Une bursite inflammatoire peut également
s’exprimer par une douleur parfois associée à une augmentation de
volume des tissus mous autour de l’exostose : les bursites par
frottement sur la face profonde du quadriceps ou sur les tendons
des muscles de la patte-d’oie sont fréquentes pour les localisations
autour du genou.
Selon sa localisation et son volume, une exostose peut être à l’origine
de complications plus rares et anecdotiques : compression vasculaire
du creux poplité, pouvant aller jusqu’à la rupture de faux
anévrismes ; compression d’un tronc nerveux (nerf fibulaire
commun pour les localisations supérieures de la fibula) ;
compression médullaire pour une localisation vertébrale.
Les
localisations sur la face profonde de la scapula sont à l’origine
d’accrochages douloureux sur le gril costal lors de la mobilisation
du membre supérieur.
Enfin, certaines exostoses de grand volume
peuvent limiter les amplitudes articulaires.
Dans tous les cas, la palpation de l’exostose retrouve une lésion
dure, fixée sur le plan osseux où elle prend naissance, indolore, en
dehors d’une bursite inflammatoire ou d’une fracture de son
pédicule.
D - EXAMENS COMPLÉMENTAIRES
:
1- Radiographie :
La radiographie est l’examen clef du diagnostic des exostoses
solitaires.
Elle permet le diagnostic de certitude dans la majorité des cas, même en l’absence de confirmation anatomopathologique.
L’aspect typique est celui d’une image d’addition, siégeant en zone
métaphysaire des os longs ou aux ceintures ou sur le squelette axial.
Les rapports entre la longueur et la largeur sont variables, mais il
est classique de distinguer les formes pédiculées dont
l’implantation est étroite sur l’os, des formes sessiles,
largement implantées sur la métaphyse et la diaphyse.
Les formes
pédiculées sont toujours inclinées vers la diaphyse, comme attirées
par les forces de traction musculaires, « fuyant » l’articulation.
La
base d’implantation sur l’os, qu’elle soit sessile ou pédiculée, montre
une continuité entre les travées de l’os spongieux métaphysaire et le
centre de l’exostose.
Cependant, cet élément manque
souvent sur les radiographies simples, donnant l’impression d’une
implantation sur la corticale.
Les rayons de la radiographie doivent
en effet enfiler de façon parfaitement tangentielle la base
d’implantation pour mettre en évidence cette continuité.
Les travées osseuses à l’intérieur de l’exostose sont souvent
irrégulières dans leur épaisseur et leur densité.
La périphérie de l’exostose est polylobée ou sphérique, bien
dessinée.
L’image vue sur les radiographies est celle de la partie
ossifiée de l’exostose, la coiffe cartilagineuse étant radiotransparente.
Il n’est cependant par rare que celle-ci, comme toutes les tumeurs
cartilagineuses, soit le siège de fines calcifications.
Dans la petite enfance, l’exostose apparaît comme une simple
élévation, une irrégularité de la corticale en zone métaphysaire.
2- Scanner
:
Il confirme les caractéristiques de la radiographie, en particulier la
continuité des travées osseuses avec l’os adjacent.
Il permet
également de préciser les rapports de l’exostose avec les éléments anatomiques environnants, mais est supplanté sur ce point par
l’imagerie par résonance magnétique (IRM).
Enfin, l’épaisseur de la
cape cartilagineuse visible sur le scanner a été évoquée comme un
élément discriminant entre une exostose bénigne et son éventuelle
évolution vers la dégénérescence sarcomateuse.
Hudson et al, sur
la base d’une étude comparative entre les mesures de l’épaisseur de
la coiffe cartilagineuse sur images scanographiques et sur les pièces
de résection, concluent que le scanner n’est pas performant pour
mesurer cette épaisseur.
De plus, même si les formes dégénérées ont
une coiffe plus épaisse (moyenne 5,9 cm, allant de 1,5 à 12 cm) que
les exostoses simples (moyenne 0,9 cm, allant de 0,1 à 2, 5 cm), cette
caractéristique ne permet pas de trancher de façon fiable en dehors
des extrêmes.
Le scanner a donc peu d’intérêt dans le bilan d’une
exostose solitaire.
3- Imagerie par résonance magnétique nucléaire
:
Elle n’est pas utile dans les exostoses communes.
La corticale et les
travées osseuses au centre de l’exostose ont le même signal que l’os
adjacent sur toutes les séquences, et la coiffe cartilagineuse présente
un hyposignal en T1 et un hypersignal en T2.
Il n’y a pas de prise
de gadolinium, en dehors des ostéochondromes chez l’enfant avant
la fin de croissance et en cas de complications fracturaires ou de
bursite inflammatoire.
4- Scintigraphie osseuse au diphosphonate marqué
au technétium 99 métastable (99mTc)
:
Elle doit être interprétée avec prudence.
Sur un squelette
immature, les exostoses solitaires fixent toujours, traduisant la
croissance enchondrale au sein de la lésion.
Ces lésions
deviennent scintigraphiquement quiescentes à la fin de la croissance.
Cet examen chez l’enfant ou l’adolescent n’a donc pour intérêt que
de rechercher d’autres exostoses pour les intégrer dans le cadre
d’une maladie des exostoses multiples.
La présence d’une fixation scintigraphique sur une exostose solitaire de l’adulte est un signe
péjoratif, mais pas pathognomonique, de dégénérescence
sarcomateuse.
En effet, pour Lange et al, cette fixation traduit une
activité scintigraphique d’ostéogenèse enchondrale et non de
prolifération cartilagineuse.
Une fracture du pied de l’exostose, une
bursite inflammatoire peuvent alors être à l’origine de cette activité.
À l’inverse, une exostose quiescente scintigraphiquement n’exclut
pas une évolution sarcomateuse.
Devant la découverte d’une
exostose, nous pratiquons, au même titre que la palpation
systématique des métaphyses, une scintigraphie osseuse, comme
référence, et pour s’assurer qu’elle ne s’intègre pas dans le cadre
d’une maladie exostosante.
E - ANATOMOPATHOLOGIE :
1- Macroscopie
:
Les caractères macroscopiques confirment l’aspect radiographique.
La taille des tumeurs varie considérablement, de 1 à plus de 10 cm
de grand axe en général.
Leurs formes peuvent revêtir
différents aspects, avec une surface lisse et régulière, ou au contraire tomentueuse, en « chou-fleur » ou en « corail ».
La base
d’implantation sur l’os peut être très large et courte (forme sessile)
ou constituée d’un pédicule osseux de longueur variable (forme
pédiculée).
À la coupe, elle est constituée :
– d’une coiffe cartilagineuse bleuâtre translucide mesurant
habituellement 2 à 3mmd’épaisseur, mais pouvant atteindre jusqu’à
3 cm dans les exostoses bénignes à croissance active de l’adolescence.
Plus le patient est jeune et plus la coiffe est épaisse,
régulière et lisse.
Elle peut occasionnellement être irrégulière,
fragmentée et bosselée.
Cette coiffe peut couvrir toute la surface
d’une exostose sessile ou être restreinte à quelques îlots cartilagineux
au sommet d’une exostose pédiculée.
Elle peut être très fine,
voire absente, dans les exostoses de l’adulte, laissant alors apparaître
un os éburné ;
– d’un corps d’os spongieux central en continuité avec le canal
médullaire de l’os sur lequel elle s’implante.
Il comporte
fréquemment des îlots de cartilage crayeux ;
– d’un os cortical et de sa couverture périostée en continuité avec
l’os sous-jacent, limitant l’os spongieux.
Si la coiffe est fine et régulière et l’os spongieux d’apparence
normale, la tumeur est toujours bénigne.
Une coiffe cartilagineuse
épaisse (supérieure à 1 cm) ne signe pas la transformation maligne
de la lésion.
Une bourse séreuse se développe fréquemment à la base de
l’exostose, au point de frottement avec les tissus musculaires et
tendineux.
Ce sac comporte un liquide mucineux, avec des
grains fibrinoïdes libres ou attachés à la bordure pseudosynoviale,
parfois associés à un ou plusieurs corps cartilagineux calcifiés.
Il peut être le siège de remaniements hémorragiques ou
inflammatoires.
La survenue d’une bursite peut simuler
cliniquement une transformation maligne, du fait d’une
augmentation de volume global de la tumeur.
2- Microscopie :
L’aspect microscopique confirme l’aspect macroscopique.
Le périchondre, qui recouvre l’exostose, se poursuit avec le périoste
de l’os adjacent.
Il est paucicellulaire, avec des cellules de type
fibrocytaire et de nombreuses fibres de collagène.
Le cartilage tumoral est constitué d’une substance hyaline
fondamentale, peu chromophile, comportant de nombreuses cavités
renfermant des chondrocytes à petit noyau ovoïde dépourvu
d’atypies.
Durant la phase de croissance active, on peut cependant observer
des chondrocytes binucléés, voire multinucléés.
Ces chondrocytes se regroupent en îlots disposés en colonnes verticales
parallèles, rappelant l’aspect du cartilage articulaire épiphysaire
normal.
Ce cartilage en croissance repose
directement sur une zone médullaire hypervasculaire, sans
interposition de plaque osseuse sous-chondrale.
Dans les ostéochondromes plus évolués, le cartilage est comparable
à celui d’un cartilage articulaire mature, dont la partie profonde
calcifiée repose sur une plaque osseuse d’os lamellaire mature.
La périphérie de cette coiffe cartilagineuse, à sa jonction avec le
périoste et le tissu osseux, est parfois le siège d’une certaine activité
cellulaire.
La coiffe cartilagineuse involue, voire disparaît, après
la fin de la croissance de l’exostose.
Il peut cependant persister
des foyers cartilagineux microscopiques.
Le tissu osseux pénètre ce cartilage, de la base vers la périphérie,
par ossification enchondrale.
Cet os est le plus souvent lamellaire,
parfois de type cortical.
L’activité ostéoblastique peut être
considérable dans les exostoses en croissance.
Les travées d’os
spongieux délimitent des espaces médullaires comblés par une
moelle adipeuse ou hématopoïétique, de même type que celle de
l’os porteur.
Des îlots de cartilage sont souvent inclus dans
les travées spongieuses du corps de l’exostose, à distance de la coiffe,
correspondant à des portions de coiffe cartilagineuse non remplacées
par les phénomènes d’ossification enchondrale.
Ces îlots présentent
parfois un aspect dégénératif, avec des calcifications irrégulières ou
un aspect nécrotique.
La bourse séreuse observée à la base de certains ostéochondromes
présente une bordure ressemblant à de la synoviale et un transsudat
de type synovial.
Elle peut être le siège de remaniements
inflammatoires.
La coiffe cartilagineuse peut, dans de rares cas, être le siège
d’infarctus massif, avec un aspect totalement fantomatique et
nécrotique des chondrocytes, sans atteinte ischémique de l’os.
Cet infarctus simule cliniquement une dégénérescence chondrosarcomateuse,
du fait de l’apparition de douleurs, d’un épaississement de la
coiffe cartilagineuse et d’une augmentation de volume de la
tuméfaction.
3- Immunohistochimie :
La protéine S100 est un marqueur des cellules cartilagineuses au
sein du cartilage normal et du cartilage.
L’expression de la protéine
S100 est forte dans les cellules chondrocytaires bien différenciées des
ostéochondromes.
L’étude immunohistochimique n’est cependant
d’aucun intérêt diagnostique.
F - DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
:
Une exostose solitaire pose en règle peu de problèmes
diagnostiques, en dehors d’une éventuelle dégénérescence
sarcomateuse qui est abordée au paragraphe sur l’évolution.
Une exostose sessile peut radiographiquement être discutée avec un
chondrome juxtaosseux : un examen radiographique approfondi, en
multipliant les incidences, doit pouvoir les différencier.
Un
chondrome est accolé à la face externe de la corticale, à la différence
de l’exostose qui est en continuité avec la cavité médullaire, le
chondrome pouvant parfois amincir et grignoter la corticale ou
marquer sa présence d’une empreinte concave à la face externe de
la corticale.
Le chondrosarcome juxtacortical peut être également
discuté.
Outre l’absence de continuité des travées osseuses, on
retrouve au sein de la lésion des calcifications radiaires et parfois
des images périostées de triangle de Codman.
Le scanner est le meilleur examen possible pour bien visualiser la
communication « à plein canal » entre le spongieux de l’exostose et
celui de la métaphyse porteuse de l’exostose.
Ce signe permet
d’éliminer les autres formations juxtaosseuses que nous venons
d’évoquer.
G - ÉVOLUTION ET PRONOSTIC :
1- Dégénérescence sarcomateuse
:
Sa fréquence est difficile à évaluer du fait du grand nombre de
porteurs d’exostoses solitaires méconnues.
Elle est cependant
évaluée autour de 1 % des exostoses reconnues, toutes localisations
confondues.
L’évolution se fait le plus souvent vers un
chondrosarcome, rarement vers un ostéosarcome.
Le terme de
chondrosarcome périphérique est souvent employé dans cette
situation, mais entretient une ambiguïté inutile, les exostoses
« centrales » développées sur les ceintures (scapulaire ou pelvienne)
ou sur le squelette axial (vertèbres et tronc) étant les plus sujettes à
la dégénérescence sarcomateuse.
Le terme de chondrosarcome
secondaire semble alors plus approprié.
L’âge moyen de la découverte de ces formes secondaires est dans la
quatrième décennie.
Elle semble exceptionnelle chez l’enfant,
mais deux cas ont été rapportés.
L’apparition chez l’adulte d’une douleur sur une exostose ou d’une augmentation de volume de
l’exostose sont les plus fréquents des signes révélateurs, mais sont
inconstants, et 6 patients sur 75 (exostoses solitaires et maladie exostosante confondues) étaient totalement asymptomatiques pour
Garrison et al.
Pour Schaison et al, l’augmentation de volume
est présente dans 16 cas sur 17, et la douleur dans 6 cas sur 17.
L’aspect radiographique est celui d’une exostose typique et bénigne
dans près de 10 % des cas.
Ailleurs, les limites floues de l’exostose,
des calcifications en dehors de l’exostose dans les parties molles,
des ossifications en « grains », en « anneaux » ou en « arcs », une
ostéolyse à limite floue de l’os porteur, doivent être interprétées
comme des signes suspects et faire rechercher sur le scanner et l’IRM
une coiffe cartilagineuse épaisse, une extension dans les parties
molles.
Une forte fixation à la scintigraphie osseuse, surtout si elle n’existait
pas auparavant, doit également faire suspecter cette dégénérescence.
L’IRM, après la fin de la croissance, semble d’un grand secours
lorsque l’on peut bénéficier d’une étude avec une évaluation
cinétique de la prise de gadolinium.
Comme nous l’avons vu, aucun de ces signes n’est constant ; seule l’analyse
multidisciplinaire de l’ensemble des données cliniques,
radiographiques, scintigraphiques, scanner et IRM, permet au mieux
de guider la conduite à tenir dans les cas suspects.
Une biopsie
chirurgicale doit alors compléter le bilan préthérapeutique.
Sur le plan anatomopathologique, la dégénérescence est confirmée
par la présence de foyers chondrosarcomateux, le plus souvent bien
différenciés, grade 2 ou 3, caractérisés par un épaississement de la
coiffe cartilagineuse, associé à une hypercellularité et des atypies
nucléaires plus ou moins marquées des chondrocytes tumoraux.
Ces foyers peuvent être de petite taille, nécessitant donc de
réaliser de multiples prélèvements de la coiffe cartilagineuse.
Les
foyers de chondrosarcomes de grade 1 (hypercellularité modérée et
atypies nucléaires mineures) sont d’interprétation difficile, car
certains ostéochondromes ont un cartilage hypercellulaire, pouvant
simuler une transformation maligne.
Le diagnostic de
chondrosarcomes de faible grade ne peut être retenu que s’il existe
des signes cliniques et radiographiques évidents de
transformation.
2- Récidive locale après résection
:
Elle semble surtout le fait des exostoses sessiles et dues à des
reliquats de tissus cartilagineux lors de l’exérèse.
La reprise
chirurgicale avec excision complète de toute la coiffe cartilagineuse
amène alors la guérison.
3- Autres complications
:
Elles sont souvent révélatrices de l’exostose et ont été étudiées au
paragraphe des symptômes cliniques : fracture du pédicule, bursite
en regard, compression vasculonerveuse.
H - CONDUITE À TENIR ET TRAITEMENT
:
Le traitement chirurgical d’une exostose solitaire est son exérèse.
Dans sa forme typique, aucune biopsie n’est nécessaire avant la
résection.
Elle doit emporter la totalité de l’exostose, jusqu’à sa base
d’implantation, et surtout toute la coiffe cartilagineuse, sous peine
de s’exposer à une récidive.
Certaines localisations présentent des difficultés particulières.
C’est
le cas des exostoses de l’extrémité supérieure du squelette jambier,
dont la résection expose au risque de lésions du nerf fibulaire
commun pour les lésions développées à partir de la fibula, et de
blessures de la crosse de l’artère tibiale antérieure pour les lésions
développées dans l’espace intertibiofibulaire. Une exérèse par
fragmentation est alors recommandée.
Cependant, l’indication chirurgicale n’est pas systématique.
Elle est
indiquée pour les exostoses symptomatiques et compliquées
(bursite, fracture, compression).
Pour certains, les exostoses exposées
à des traumatismes répétés seraient une indication chirurgicale pour
éviter une complication mécanique, et certaines localisations
superficielles (métaphyse supérieure de tibia) peuvent justifier d’une
résection pour des raisons esthétiques.
Le risque très faible de
dégénérescence des exostoses périphériques asymptomatiques n’est
pas suffisant pour justifier leur exérèse systématique.
Le problème des exostoses solitaires des ceintures et axiales est
moins tranché : leur risque de dégénérescence plus élevé et la
difficulté d’identifier précocement une augmentation de volume des
formes à développement interne (endothoraciques, face interne de
l’os coxal, vertèbres) nous font recommander leur résection, même
dans les formes asymptomatiques.
Enfin, toute exostose qui devient douloureuse ou augmente de
volume à l’âge adulte, qui présente des signes radiographiques
atypiques, doit faire suspecter une dégénérescence sarcomateuse et
doit donc, avant tout traitement, être prise en charge comme telle.
Maladie exostosante :
A -
INTRODUCTION
:
Cette maladie se caractérise par la présence d’exostoses multiples,
par son caractère héréditaire et la fréquence des dégénérescences
sarcomateuses.
Des troubles de la croissance sont par ailleurs
souvent associés à la maladie exostosante.
Les termes de maladie
des exostoses multiples, aclasie diaphysaire ou de maladie de Bessel-Hagen désignent la même entité.
1- Épidémiologie et localisation
:
La maladie exostosante représente environ 10 % des exostoses.
La
prédominance masculine est nette (sex-ratio hommes/femmes de
2/1).
Les localisations n’ont pas de spécificité par rapport aux
formes solitaires.
Ces exostoses sont diffuses, symétriques sans
répartition hémimélique et atteignent les os qui suivent une
ossification enchondrale.
2- Hérédité :
Les formes familiales représentent environ 60 à 70 % des maladies exostosantes, les autres cas étant isolés.
C’est une maladie
autosomique dominante, dont l’expression clinique est unique.
La
prédilection masculine est importante.
Si l’un des parents est atteint,
un enfant a environ une chance sur deux d’être atteint par la
maladie.
Une femme peut être porteuse saine de la maladie et la
transmettre à sa descendance.
En revanche, un homme qui n’est pas
atteint ne peut pas transmettre la maladie à sa descendance.
De nombreuses anomalies chromosomiques ont été décrites chez les
patients porteurs de tumeurs cartilagineuses.
Ces anomalies ne
sont toutefois rapportées avec constance et cohérence que dans la
maladie des exostoses multiples.
Dans ce syndrome, trois
anomalies méritent d’être signalées.
Elles se nomment EXT1, EXT2,
EXT3, un patient n’étant porteur que de l’une de ces trois anomalies.
L’anomalie EXT1 est située sur le chromosome 8 et est de type
8q24.1, cette formule signifiant :
– bande n° 24.1 ;
– du bras long (q) ;
– du chromosome 8.
L’anomalie EXT2 est située sur le chromosome 11 et est de type
11p11-p13, ce qui signifie :
– bande n°11 à 13 ;
– du bras court (p) ;
– du chromosome 11.
L’anomalie EXT3 siège sur le bras p du chromosome 19. Son site
exact reste imprécis à ce jour.
Il n’est pas exclu de penser que des travaux ultérieurs montreront
que telle anomalie chromosomique correspond à telle ou telle forme
clinique de la maladie.
B - CLINIQUE :
Dans le contexte d’une forme familiale, le diagnostic est le plus
souvent fait précocement, mais rarement avant 2 à 3 ans, devant des
déformations et des voussures métaphysaires.
Les formes multiples
ont la particularité de s’accompagner de troubles de la croissance,
avec une petite taille à l’âge adulte aux dépens essentiellement des
os longs, comme si le potentiel de croissance était partiellement
dévié au profit des exostoses.
La croissance des os atteints ne
suit pas les courbes d’un os long normal ; elle est régulière, presque
linéaire.
Cependant, les inégalités de longueur restent modérées
(20 mm pour les fémurs).
Ces troubles de la croissance sont
particulièrement parlants sur les segments de membre à deux os, les
jambes et les avant-bras, le retentissement étant plus important aux
membres supérieurs.
Ils entraînent des déformations le plus souvent
en « main-bote » ulnaire, par atteinte plus importante de l’ulna que
du radius.
Une luxation de la tête radiale peut se produire dans les
grandes inégalités entre ces deux os.
Aux jambes, les
déformations sont moindres, le plus souvent en valgus par
raccourcissement de la fibula, plus important que du tibia.
Les syndesmodèses tibiofibulaires sont en revanche fréquentes.
Fréquemment, l’extrémité supérieure du fémur est également le
siège de déformations où prédomine la coxa valga, toujours bien
tolérée.
Enfin, dans le cadre de la maladie exostosante, chacune des
exostoses, en fonction de sa localisation, peut être à l’origine de
symptômes spécifiques identiques à ceux cités pour les exostoses
solitaires : fracture du pédicule, bursite, compression vasculaire ou
neurologique, douleur et augmentation de volume devant faire
craindre chez l’adulte une dégénérescence sarcomateuse.
C - EXAMENS COMPLÉMENTAIRES
:
L’aspect des exostoses dans le cadre des maladies exostosantes est
en tous points superposable à celui des exostoses solitaires.
Le
nombre des exostoses sur une même métaphyse peut entraîner un
élargissement de celle-ci.
D - ANATOMOPATHOLOGIE :
Les caractères macroscopiques et microscopiques sont analogues à
ceux observés dans les exostoses solitaires.
La coiffe
cartilagineuse est constituée d’un cartilage hyalin dont l’épaisseur
peut varier de façon importante.
Chez l’enfant, l’activité de
croissance, souvent considérable, se traduit par une ossification
enchondrale massive.
La cellularité du cartilage est généralement
plus prononcée que dans un ostéochondrome solitaire, surtout dans
les exostoses de grande taille, où les noyaux peuvent présenter de
plus grands degrés d’atypies.
E - DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
:
Le diagnostic est généralement facile et ne prête pas à discussion.
Des formes associées à d’autres anomalies ont été rapportées, ne
rentrant pas dans le cadre de la maladie exostosante.
La métachondromatose est une maladie à transmission dominante,
polymorphe, atteignant surtout les pieds et les mains, avec
radiographiquement des exostoses développées à la jonction
métaphysoépiphysaire, des enchondromes multiples, des
calcifications et des ossifications périarticulaires.
Le syndrome de Langer-Giedion et les formes apparentées associent des exostoses
multiples, un retard mental et un faciès particulier.
F - ÉVOLUTION ET PRONOSTIC
:
La particularité de la maladie exostosante est son risque important
de voir une des localisations dégénérer en sarcome.
Tout comme les
exostoses solitaires, celles développées dans le cadre d’une maladie exostosante arrêtent leur croissance et leur activité à la fin de la
croissance.
Toute augmentation de volume ou apparition de
douleurs à l’âge adulte doit donc faire craindre une évolution
sarcomateuse qui se fait, comme dans l’exostose solitaire, plus
volontiers dans la quatrième décennie et sous forme d’un
chondrosarcome.
Les signes cliniques, radiographiques, scanographiques, IRM et scintigraphiques devant faire évoquer une
évolution sarcomateuse sont en tous points superposables à ceux
énoncés pour les exostoses solitaires.
Seule la fréquence de cette
dégénérescence est beaucoup plus importante dans le cadre de la
maladie exostosante, évaluée entre 20 et 25 %.
G - CONDUITE À TENIR ET TRAITEMENT
:
Étant donné le nombre élevé des exostoses, il est impossible de
toutes les enlever.
Les indications retenues sont les mêmes que pour
les exostoses solitaires, dictées par leurs complications ou leur
caractère symptomatique.
Comme pour les exostoses solitaires, une lésion périphérique
d’aspect « rassurant » cliniquement et sur l’iconographie peut être
réséquée d’emblée, sans biopsie.
Toute modification clinique, radiographique ou scintigraphique
d’une exostose, a fortiori si elle est axiale et présente des signes
suspects au scanner et à l’IRM, doit faire pratiquer une biopsie
chirurgicale avant son traitement.
Cette attitude systématique doit
cependant être modulée : des lésions de petite taille et de situation
anatomique favorable peuvent être réséquées d’emblée avec des
marges adéquates.
Aucun consensus n’existe sur la surveillance de patients adultes
porteurs de maladie exostosante.
Seuls, Lange et al font une
proposition dont nous reprenons certaines lignes.
Lors du diagnostic
de la maladie chez l’adulte, une scintigraphie osseuse de référence
peut être réalisée, ainsi qu’une radiographie du bassin.
Les lésions
actives scintigraphiquement et non opérées peuvent être surveillées
radiographiquement tous les ans.
Toute lésion devenant
symptomatique (augmentation de volume ou douleur) doit être
radiographiée et une nouvelle scintigraphie pratiquée.
En cas de
modification, un bilan complet par IRM et/ou scanner doit être
réalisé.
La confrontation de l’ensemble des données cliniques et
iconographiques dicte alors la conduite à tenir : résection simple ou
biopsie première.
Enfin, les déformations générées par les exostoses doivent être
traitées préventivement chez l’enfant.
Une surveillance tous
les 6 mois permet d’établir la cinétique de croissance des segments
atteints et de programmer les interventions nécessaires à
l’égalisation de longueur des segments osseux doubles pour éviter
les déformations, en particulier à l’avant-bras.
Chez l’adulte, des
ostéotomies correctrices peuvent être nécessaires pour prévenir
l’évolution arthrosique liée à un trouble statique induit par la
maladie.
Dysplasie épiphysaire hémimélique :
A -
INTRODUCTION
:
Il s’agit d’une anomalie du développement touchant l’ossification
des épiphyses d’un ou plusieurs os ou celle des os du tarse.
Initialement rapportée par Mouchet et Belot en 1926 sous le nom
de tarsomégalie, elle prit ensuite le nom de maladie de Trevor ou
aclasie tarsoépiphysaire, et enfin, c’est le nom de DEH qui est
actuellement retenu, depuis la revue en 1956 de 27 cas par
Fairbank.
1- Épidémiologie :
Cette maladie, très rare, n’est habituellement pas familiale, à
l’exception des cas rapportés par Henzinger et al.
Il existe une
nette prédominance masculine (sex-ratio : 3/1), et se manifeste chez
l’enfant entre 2 et 8 ans.
2- Localisation :
Elle n’atteint en général qu’un seul membre inférieur (cas
exceptionnels d’atteinte de membre supérieur ou bilatérale des
membres inférieurs).
Dans deux tiers des cas, la maladie a plusieurs
localisations sur le membre atteint, touchant préférentiellement un
côté d’une épiphyse ou d’un os du tarse (d’où le terme hémimélique).
Les localisations les plus fréquentes sont l’extrémité
distale du fémur et le talus.
3- Physiopathologie :
Cette maladie serait due à une anomalie congénitale du
développement des épiphyses et des os du tarse.
Elle est
d’ailleurs très superposable aux exostoses auxquelles elle peut être
exceptionnellement associée.
Elle évolue dans les premières
années de la vie, pour se stabiliser vers 7 ans où elle a atteint sa
taille maximale.
B - CLINIQUE
:
La maladie se révèle le plus souvent entre 2 et 8 ans par une
tuméfaction au genou ou la cheville, plus volontiers sur sa face
médiale, dure et indolore.
Cette tuméfaction grossit progressivement
pour arriver à maturation vers l’âge de 7 ans.
Une limitation des
mobilités articulaires peut être notée et la lésion peut entraîner un
trouble d’axe.
En revanche, il n’y a pas de troubles de la croissance.
Des signes articulaires plus marqués peuvent apparaître en cas de
fragmentation dans l’articulation.
C - RADIOGRAPHIE :
La radiographie standard ne montre pas de signes tant que la lésion
n’a pas débuté son ossification.
Puis, elle se présente comme une
masse mamelonnée, irrégulière, développée à l’extérieur d’une
épiphyse ou d’un os du tarse, sur un seul de ses côtés, avec
plusieurs noyaux d’ossification qui peuvent paraître indépendants
de l’os adjacent.
Ensuite, les noyaux d’ossification fusionnent en une
seule masse, progressivement en continuité par des travées osseuses
normales avec l’os adjacent.
D - ANATOMOPATHOLOGIE :
La lésion est indistinguable d’un ostéochondrome d’un point de vue
macroscopique et histologique et a aussi été appelée
ostéochondrome épiphysaire.
E - TRAITEMENT :
Il doit être chirurgical et précoce pour éviter des lésions articulaires
irréversibles et des déformations.
Il consiste en la résection de la
lésion, qui doit être la plus complète possible en remodelant la
surface d’implantation.
Les récidives semblent exceptionnelles et le remodelage articulaire
permet inconstamment de retrouver une morphologie normale.
Exostose sous-unguéale :
L’origine néoplasique ou réactionnelle des exostoses sous-unguéales
(ou exostose de Dupuytren) reste discutée.
Schajowicz les classe
avec les ostéochondromes, tandis que Dahlin et Unni, Miller-Breslow et al, en font une entité à part, réactionnelle à des
traumatismes répétés ou des infections répétées.
La lésion atteint
indifféremment l’homme et la femme, avec une prédominance dans
la seconde décade.
Ces exostoses se développent sur la face dorsomédiale de la dernière phalange, dans 80 % des cas au gros
orteil.
Le développement aux doigts de la main est également
possible.
Elles se manifestent par des douleurs et une augmentation de
volume qui peuvent gêner le chaussage.
Des ulcérations et infections
à la base de l’ongle peuvent en imposer pour un mélanome sousungéal
ou un ongle incarné.
Sur les radiographies, à sa phase mature, l’exostose est assez
similaire d’un ostéochondrome, sous forme de travées osseuses
développées à la face dorsale ou dorsomédiale de la phalange
terminale de l’orteil atteint, ces travées étant en continuité avec l’os
sous-jacent.
Cette exostose est formée de cartilage fibrocartilagineux
et non de cartilage hyalin.
À la périphérie, cette coiffe se confond
avec le lit de l’ongle et n’est pas recouverte de périchondre,
contrairement aux ostéochondromes.
La coiffe cartilagineuse peut
présenter une cellularité marquée avec des noyaux turgescents, des
chondrocytes multinucléés, qui suggéreraient le diagnostic de
chondrosarcome dans une autre localisation.
Le traitement est chirurgical et repose sur la résection de la lésion.
Surtout dans sa phase de début, le clivage peut être difficile avec les
plans adjacents, et particulièrement le lit de l’ongle, expliquant des
résections incomplètes, sources de récidives pour Miller-Breslow et
al.
« Bizarre parosteal
osteochondromatous proliferation »
:
Cette lésion a été initialement décrite par Nora et al en 1983, dans
des localisations aux mains et aux pieds.
D’autres cas ont ensuite
été rapportés aux os longs et aux os du crâne.
Le caractère
réactionnel ou tumoral de cette lésion n’est pas clairement établi.
Il
s’agit d’une formation osseuse développée dans 72 % des cas sur les
petits os de la main ou du pied.
L’installation est variable, de 2 mois
à 3 ans, volontiers dans les troisième et quatrième décennies, avec
une répartition égale selon le sexe.
Radiologiquement, elle
se présente typiquement comme une masse minéralisée, bien limitée,
développée à la surface d’une corticale qu’elle altère peu ou pas.
Il
n’existe pas de continuité avec la cavité médullaire comme dans les ostéochondromes.
La scintigraphie osseuse fixe fortement.
Le
diagnostic peut se discuter avec un sarcome parostéal, une périostite
ossifiante, une exostose sous-unguéale ou une myosite ossifiante.
Histologiquement, la plupart ont une coiffe cartilagineuse.
Elles sont composées de cartilage, d’os et de cellules fusiformes en
proportions variables.
Le cartilage en « coiffe » ou « lobule » est le
siège d’une maturation osseuse irrégulière ; il est hypercellulaire
sans atypies cytonucléaires.
L’ossification est plus irrégulière que
dans les ostéochondromes et les cellules fusiformes sont disposées
de façon lâche entre les travées.
La lésion est toujours bénigne. Le
traitement repose sur la résection, mais les récidives sont très
fréquentes (jusqu’à 55 % pour Meneses et al).
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