Maladies à prion ou encéphalopathies spongiformes transmissibles
Cours de Neurologie
Introduction
:
Les maladies à prion peuvent se définir comme des encéphalopathies
spongiformes transmissibles (EST).
En effet elles lèsent exclusivement le
système nerveux central, cerveau et moelle épinière, entraînant une
destruction neuronale extensive et une spongiose cérébrale, et elles peuvent
être transmises expérimentalement à l’animal de laboratoire chez lequel elles
déterminent une maladie analogue.
Ce sont donc des maladies infectieuses puisqu’elles sont transmissibles ; ce
sont aussi des maladies neurodégénératives, car il n’y a aucun phénomène
inflammatoire cérébral ; et certaines sont également des maladies familiales,
génétiques, à transmission mendélienne dominante.
C’est ce triple caractère, infectieux, dégénératif, et génétique, qui leur confère
dans la pathologie une place à part, autonome et très originale.
Cette
originalité est encore renforcée par la présence dans le tissu cérébral de dépôts
d’une substance amyloïde protéique constitués par le prion.
Ces maladies, connues de longue date, sont venues au premier plan de
l’actualité médicale et scientifique depuis une vingtaine d’années ; les raisons
en sont diverses, biochimiques et génétiques avec les progrès considérables
réalisés dans la connaissance de leur pathogénie, et surtout épidémiologiques
avec l’arrivée de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), et avec la
description chez l’homme de formes iatrogènes, et d’une forme variante très
probablement dérivée de l’ESB.
Les EST sont en effet des maladies humaines
et animales, ce qui pose la question de leur transmissibilité de
l’animal à l’homme, posant du même coup un problème angoissant et actuel
de santé publique.
Historique
:
La tremblante du mouton est connue depuis plusieurs siècles puisqu’il en est
fait mention officielle dans le journal de la Chambre des Communes au
Royaume-Uni en 1755.
La première maladie humaine est décrite par deux auteurs allemands,
Creutzfeldt en 1920, et Jakob en 1921, qui lui donnèrent leur nom (maladie
de Creutzfeldt-Jakob ou MCJ).
En 1936, un premier et considérable progrès dans la compréhension du
mécanisme de ces maladies est apporté par deux vétérinaires français, Cuillé
et Chelle, qui démontrèrent que la tremblante est bien une maladie infectieuse
car transmissible expérimentalement.
Puis vient une longue stagnation de quelques décennies, jusqu’en 1957, année
de la description en Nouvelle Guinée par Gajdusek et Zigas d’une nouvelle
encéphalopathie spongiforme humaine, le kuru.
Dès lors, les connaissances vont rapidement progresser : rapprochement de
la tremblante, du kuru, et de la MCJ en 1959, preuve du caractère transmissible des deux dernières en 1966 et 1968, description des formes
familiales, et lancement des grandes enquêtes épidémiologiques.
Parallèlement les recherches biochimiques vont s’intensifier, notamment avec
le groupe de Prusiner à San Francisco, aboutissant en 1981 à l’isolement et à
la purification, à partir de dépôts amyloïdes de cerveaux de tremblante, d’une
protéine hydrophobe qui représenterait le support de l’infectiosité ; cette
protéine fut baptisée prion par Prusiner pour distinguer clairement cetATNC
des autres agents pathogènes et notamment des virus et viroïdes.
En 1985, le gène du prion est localisé, cloné, et séquencé par le groupe de Weissmann à Zurich, permettant notamment l’étude systématique des formes
familiales et le démarrage de nombreux travaux expérimentaux de biologie
moléculaire.
Puis, coup sur coup, l’intérêt clinique pour ces maladies est relancé par
l’apparition en 1985 des premiers cas de MCJ dus à des contaminations
accidentelles de l’hormone de croissance humaine (HGH), et par l’apparition
en 1986 d’une épizootie extensive chez les bovidés du Royaume-Uni, suivie
une dizaine d’années plus tard par l’apparition des premiers cas d’une variante
de MCJ dont les liens avec l’ESB paraissent très probables.
Ainsi s’est trouvé défini, au cours des quatre dernières décennies, un nouveau
groupe autonome de maladies animales et humaines, les EST, qui ont en
commun de nombreux caractères cliniques et paracliniques, mais qui, malgré
une somme considérable de recherches, n’ont pas encore livré tous leurs
secrets.
Principaux caractères communs des EST
:
Les EST animales et humaines ont en commun un certain nombre de
caractères bien particuliers :
– la longueur de la durée de l’incubation, dépassant habituellement 5 ans et
pouvant aller jusqu’à plusieurs décennies ;
– une symptomatologie exclusivement cérébrale, à la fois neurologique et
démentielle, avec une évolution d’une seule tenue, sans rémission, vers la
mort ;
– des lésions neuropathologiques de type dégénératif associant une mort
neuronale avec spongiose extensive, une activation et une prolifération gliale
surtout astrocytaire, et des dépôts amyloïdes pouvant former des plaques ; il
n’y a pas de signes inflammatoires centraux ou périphériques ni de lésions de
démyélinisation ;
– l’absence de structures évocatrices d’un micro-organisme dans le cerveau
ou la moelle ;
– l’absence de toute réponse immunitaire, que ce soit pour l’immunité
humorale ou pour l’immunité cellulaire ; il n’y a en particulier aucune
synthèse d’interféron ; de même les essais d’immunostimulation ou
d’immunodépression ne modifient en rien les paramètres de la maladie ;
cependant, le système immunitaire joue probablement un rôle essentiel lors
de l’infection par voie périphérique en permettant la réplication de l’agent
infectant en dehors du système nerveux central, autorisant ensuite la
neuro-invasion ;
– la transmissibilité des maladies à l’animal de laboratoire à partir de filtrats
de broyats d’organes infectés et surtout du cerveau, impliquant le
franchissement de la barrière d’espèce ;
– l’accumulation intracérébrale d’une protéine anormale, le prion ;
– la résistance remarquable de l’agent infectant aux procédés habituels
d’inactivation et de décontamination, que ce soit par les agents physiques,
chimiques, ou biologiques ;
– la coexistence, pour l’apparition de la maladie, de facteurs à la fois
environnementaux et génétiques, dont la résultante explique la variabilité
phénotypique des maladies ; en particulier, le rôle chez l’hôte de facteurs de
prédisposition ou de résistance, génétiques ou autres, paraît maintenant
certain, mais reste encore mal connu.
Aspects biochimiques des EST
:
L’étude des procédés d’inactivation de l’agent infectant et l’analyse des
spectres ultraviolets de ses fractions purifiées ont fait suspecter, dans les
années 1970, la présence d’un composant protéique qui serait le support de
cette infectivité.
C’est en 1981, qu’à partir d’extraits hautement purifiés de
cerveaux de hamsters inoculés avec l’agent de la tremblante du mouton, Prusiner et ses collaborateurs démontrèrent que l’infectiosité de cet agent
dépendait d’une protéine hydrophobe.
En 1982, ils montrèrent que les dépôts d’amyloïdes cérébraux étaient en
grande partie constitués par cette protéine, qu’il s’agissait d’une sialoglycoprotéine et qu’elle représentait le constituant fonctionnel majeur de
la particule infectante, transmissible à l’animal.
Elle fut baptisée prion pour proteinaceous infectious particle, ou PrP pour protease resistant protein.
L’ultracentrifugation des homogénats de cerveau et l’exposition du sédiment
ainsi obtenu à la protéinase K conduisirent à une digestion partielle de ce
sédiment, d’où fut extraite une protéine de poids moléculaire (pm) égal à 27 à
30 kDa.
Cette protéine tronquée fut séquencée et une sonde d’oligonucléotide
ADNc fut obtenue, ce qui permit de découvrir que cette protéine 27-30 était
le produit de l’hydrolyse partielle d’une protéine plus volumineuse de 33-35 kDa dont la séquence complète fut ensuite établie.
Cette protéine 33-35
issue du cerveau d’animaux infectés fut baptisée PrPsc (pour scrapie) ou
PrPres (pour sa résistance partielle à la protéinase).
Parallèlement, la mise en évidence de PrP ARN messager dans les tissus et
cerveaux sains, non infectés, conduisit à la découverte d’une forme cellulaire
normale de la PrP 33-35, baptisée PrPc (pour cellule).
Ainsi la PrP 33-35 existe en fait sous deux formes : l’une, la PrPres,
hydrophobe et très agrégable, n’existe que dans le cerveau des animaux
malades et d’une façon générale dans toutes les EST où son accumulation est
l’un des caractères communs les plus marquants ; l’autre, la PrPc, est en fait
la forme normale, non infectante, qui s’exprime de façon constitutionnelle
dans le cerveau sain comme dans le cerveau malade, et qui se distingue de sa
copie par la sensibilité à la protéinase K.
Très vite, on vérifia que ces deux
« isoformes » étaient bien codées par le même gène.
La protéinase K assure
l’hydrolyse complète et la solubilisation de la PrPc, alors qu’elle n’enlève que
les 67 aminoacides N terminaux de la PrPres, conduisant à la PrP 27-30 sans
perte de son infectiosité.
Par la suite, des études histochimiques et immunocytochimiques utilisant des
anticorps spécifiques ont confirmé que les dépôts et plaques amyloïdes des
cerveaux infectés étaient bien constitués par la PrPres ou prion.
La PrP 33-35 est constituée d’une chaîne polypeptidique de 253 aminoacides
chez l’homme, de 254 chez le hamster et la souris, de 256 chez le mouton, de
257 chez le vison et de 269 chez la vache, indiquant une très bonne
conservation de la protéine au cours de l’évolution des mammifères.
L’étude de la structure de la PrPc et de la PrPres n’a pas permis de mettre en
évidence de différences dans la séquence des aminoacides, ni de
modifications post-transcriptionnelles dans leur molécule ; toutes deux sont
glycosylées.
Leur similitude de poids et de charge suggère qu’il suffirait d’une
légère modification conformationnelle pour passer de l’une à l’autre et
expliquer leurs différences.
La PrPc, protéine de surface constitutionnelle de cerveau normal, a été aussi
isolée du cerveau des EST, associée à la PrPres, suggérant qu’elle pourrait en
être le précurseur non pathogène ; la conversion de la PrPc en PrPres
constituerait alors le noeud central de la pathogénie des EST.
Et de fait, les études structurales en dichroïsme circulaire et en spectroscopie
infrarouge, et en résonance magnétique, semblent bien démontrer que PrPc et PrPres diffèrent par leur conformation spatiale secondaire : PrPc
possède un contenu élevé de structures en hélices alpha (42 %) et très peu de
structures en feuillets bêta plissés (3 %), alors qu’au contraire la PrPres a
un contenu de 30 % d’hélices alpha et de 43 % de feuillets bêta plissés.
On
peut donc penser que c’est la transformation des hélices alpha en feuillets
bêta (deux hélices alpha pour quatre feuillets bêta) qui entraîne un repliement anormal de la molécule dans l’espace et qui explique le passage de la PrPc à
la PrPres, et que c’est ce changement de conformation spatiale qui
conditionne l’acquisition du pouvoir pathogène et de la résistance.
Ce processus de transconformation PrPc en PrPres passerait par la formation
initiale d’un hétérodimère PrPc-PrPres qui serait autocatalytique, la PrPres
servant en quelque sorte de moule à la PrPc, conduisant alors au transfert de
la conformation spatiale pathologique et à l’accumulation progressive de
PrPres, sans modification détectable de l’expression du gène et de la
synthèse de PrPc normale par l’individu infecté.
Une fois la conversion
initiée, le titre du prion pathologique augmente selon un processus
d’amplification important et rapide, puisque chez le hamster l’inoculation
d’une unité infectante aboutit à la production d’environ 109 unités infectantes
dans les 130 jours qui suivent.
Cette modification allostérique, qui paraît bien confirmée par des études
cinétiques marquées récentes, donne une explication compatible avec les
phénomènes de barrière d’espèces dont elle serait le support moléculaire.
Une
conformation « res » de la PrP faciliterait le plissement de la PrP native ayant
la même séquence d’aminoacides ou une séquence proche ; au contraire,
l’apparition de feuillets bêta plissés serait plus difficile à induire quand le
modèle PrPres n’est pas parfaitement conforme à la PrP native, ce qui est le
cas dans les changements d’espèces.
Il faut bien insister sur le fait essentiel que, lors de l’inoculation expérimentale
de l’agent infectieux, la PrPres qui s’accumule dans le cerveau du receveur
provient de la transformation de sa propre PrPc, et non de la PrPres du donneur
qui ne sert que de modèle.
Le prion du donneur entre donc en interférence avec
l’hôte, en déréglant son métabolisme et en induisant la synthèse de novo par cet
hôte de son propre prion pathogène ; il s’agit d’un phénomène posttraductionnel
puisque la quantité d’ARNm reste normale, de même que le débit
de synthèse de la PrPc.
Ainsi pourrait s’expliquer l’absence de réaction
immunitaire de l’hôte puisque c’est son propre prion qu’il synthétise.
Enfin, il n’a pas été possible jusqu’à l’heure actuelle d’expliquer la réplication
de la particule infectante par une molécule informationnelle spécifique de
type acide nucléique qui lui serait intimement associée.
En effet, tous les
procédés visant à mettre en évidence un acide nucléique ont échoué, et ceux
qui détruisent les acides nucléiques ne paraissent en rien affecter la réplication
de l’agent infectieux.
Aspects génétiques des ESTH
:
A -
Gène
:
Très vite après l’individualisation et la purification de la protéine prion en
1981, l’intérêt des généticiens se porta vers le gène codant pour cette
protéine : en quelques années, il fut localisé, cloné et séquencé par Weissmann
et ses collaborateurs, en 1985.
Il fut baptisé PRNP chez l’homme, Prnp
chez la souris, et le PrP gène pour les autres espèces animales.
C’est un gène cellulaire simple localisé chez l’homme sur le bras court du
chromosome 20 et identifié chez tous les mammifères étudiés ; on n’en
connaît pas d’homologue chez les autres vertébrés.
Il semble donc être un
gène apparu tardivement dans l’histoire de l’Évolution et s’être conservé sans
grand changement structural chez les mammifères.
Il est constitué selon
l’espèce par un promoteur, puis par deux ou trois exons (un ou deux petits et
un beaucoup plus long) et par un ou deux introns séparant le ou les petits exons
de l’exon principal.
Chez l’homme, il n’y a qu’un seul petit exon, codant pour la séquence 5’
leader du PrP-ARNm et dont le rôle dans la régulation de la synthèse de la PrP
est encore inconnu ; un seul intron de 10 kilobases le sépare de l’exon
principal.
Celui-ci contient à lui seul la partie codante de 2350 paires de bases,
dont la première moitié comporte plusieurs répétitions ; il n’y a donc pas de
mécanisme d’épissage alternatif pour aboutir à la synthèse de la protéine.
Le gène présente encore deux sites de N-glycosylation : l’un sur le codon 181,
l’autre sur le 197, conditionnant au niveau de la PrP l’existence de trois types
possibles de PrP non, mono-, ou diglycosylées, dont l’intérêt sera exposé plus
loin.
B - Polymorphismes
:
Il existe à l’état normal plusieurs polymorphismes dans la séquence codante
du gène ; certains semblent dépourvus de signification, mais d’autres jouent
probablement un rôle ; c’est le cas du codon 129 qui code soit pour la
méthionine (M), soit pour la valine (V), avec dans la population générale
environ 50 %de sujets hétérozygotesMV, 40 %d’homozygotesMMet 10 %
de VV.
Ce polymorphisme apparemment cliniquement silencieux joue un rôle
sûrement important en pathologie humaine, notamment dans les MCJ
sporadiques, dans les formes infectieuses acquises et dans certaines formes
familiales : il semble modifier la durée d’incubation des maladies, leur
rapidité d’évolution et leur expression phénotypique, et représente donc l’un
des déterminants majeurs de la prédisposition à ces maladies.
Il
semble bien en effet que l’homozygotie au codon 129 constitue l’un des
facteurs clés dans la susceptibilité à l’agent infectant, peut-être en induisant
certaines conformations moléculaires favorisant la transition entre hélices
alpha et feuillets bêta et en permettant l’apparition de structures dimériques
plus stables de la protéine à la surface des neurones.
Cette action est à
rapprocher de l’emplacement spatial de l’aminoacide 129 dans la molécule,
dans une zone en feuillet bêta plissé particulièrement importante pour les
interactions PrPc et PrPres.
C - Mutations :
Comme tout gène de structure, celui de la PrP est susceptible de subir des
mutations.
Très vite, l’intérêt des généticiens se porta vers l’étude des formes
familiales des EST, dont la transmission se fait selon un mode vertical
autosomique dominant, de génération à génération, et jamais selon un mode
horizontal.
Ces études conduisirent à la découverte en 1989 d’une mutation dominante
génétiquement liée au développement d’une EST humaine, la maladie ou
syndrome de Gertsmann-Straüssler-Scheincker (SGSS), puis à la
découverte d’autres mutations dans les maladies familiales voisines, ces
mutations ne modifiant d’ailleurs en rien le caractère expérimentalement
transmissible de ces maladies.
Ainsi, à côté de la composante proprement infectieuse, se trouvaient mises en
relief l’existence de la composante génétique et son importance
pathogénique, comme en atteste l’apparition d’une EST chez une souris
transgénique ayant reçu dans son génome plusieurs copies de la mutation
équivalente du SGSS.
De nombreuses anomalies du gène ont été publiées : certains de ces génotypes
correspondent à des phénotypes connus, c’est-à-dire à des maladies
apparemment « standards » ; d’autres semblent déterminer au contraire une
expression phénotypique un peu différente et exprimer des caractères
inhabituels à la maladie.
Presque toutes les mutations individualisées sont considérées comme
causales et concernent des maladies familiales ; elles sont hétérozygotes
dominantes ; au contraire dans les formes sporadiques très peu de mutations
ont été découvertes, et sont très probablement silencieuses.
Actuellement trois types d’anomalies du gène ont été répertoriés : des
mutations ponctuelles, des insertions de séquences répétitives et, très
rarement, des délétions.
Les mutations ponctuelles, les plus fréquentes, correspondent au changement
d’une base dans l’ADN, entraînant le remplacement d’un aminoacide par un
autre dans la séquence de la PrP (mutations faux-sens) ou l’arrêt de sa
synthèse (mutations non-sens).
Actuellement, 14 points de mutations ont été
publiés : ils déterminent selon les cas un phénotype MCJ, SGSS ou
d’insomnie fatale familiale (IFF), avec des variations dans leur expression
clinique, notamment neurologique ou démentielle, dans l’âge de début de la
maladie et sa durée, et dans leur expression neuropathologique.
Les insertions de séquences répétitives octapeptidiques siègent toutes dans la
partie N-terminale du gène, entre les codons 51 et 91 ; elles sont de longueur
variable et comportent de 96 à 216 paires de bases, avec toujours un multiple
de 24.
Leur phénotype réalise le plus souvent le SGSS, et parfois des tableaux
cliniques atypiques publiés comme « démences familiales à prion ».
Les délétions sont infiniment plus rares : elles sont toutes localisées dans la
région initiale du gène codant pour les octapeptides répétés et ne modifient
pas le cadre de lecture.
Il est probable qu’elles correspondent à des
polymorphismes neutres et qu’elles sont dépourvues de toute responsabilité
dans l’initiation de la maladie.
La signification de ces mutations est discutée.
Elles jouent très probablement
un rôle important dans la prédisposition aux EST.
Sont-elles à elles seules,
indépendamment de tout autre facteur, suffisantes pour faire apparaître la
maladie ?
La question n’est pas résolue, mais il a été montré qu’une PrP
mutante peut acquérir de novo certaines propriétés de la PrPres dans des
lignées de culture cellulaire non infectées ; de plus, la localisation
relativement fréquente de ces mutations dans les hélices alpha situées dans la
partie centrale de la PrPc qui se transformeront en feuillets bêta dans la PrPres,
renforce cette hypothèse.
Mais de nombreuses inconnues persistent et des travaux très récents indiquent
que le comportement de la PrPc varie en fonction de la nature de la mutation.
Ainsi, pour certaines mutations (leucine 102, sérine 198, lysine 200,
arginine 217), seul l’allèle muté de la PrPc se transforme en PrPres ; pour
d’autres mutations (isoleucine 210), les deux allèles muté et non muté
participent à la conversion.
Il existe donc tout un jeu d’interactions dans les transmissions génétiques
d’une part, et entre transmissions génétiques et infectieuses d’autre part, dont
le rôle est certain mais dont la trame reste encore énigmatique ; les théories
du prion devront obligatoirement en tenir compte.
Fonctions biologiques de la prion-protéine
:
La PrPc normale est une sialoglycoprotéine synthétisée dans le réticulum
endoplasmique, modifiée dans l’appareil de Golgi et transportée à la surface
des cellules ; elle est alors fixée à la membrane cellulaire par une ancre
glycosylphosphatidylinositol (GPI) située dans la partie carboxyterminale de
la molécule et attachée à l’aminoacide 231.
Elle possède par ailleurs deux
sites de glycosylation et deux cystéines formant un pont disulfure.
La PrPc est une protéine presque ubiquitaire, mais avec une nette
prédominance cérébrale, qui s’exprime en majorité à la surface des
neurones, ceux du cerveau (surtout dans le néocortex), du thalamus et de
l’hippocampe, mais aussi dans les ganglions rachidiens et les axones des nerfs
crâniens et périphériques ; il y en a peu dans le cervelet ; les cellules gliales
en expriment de petites quantités, 20 à 50 fois moins que dans les neurones.
En microscopie électronique, on a pu montrer qu’elle était colocalisée dans le
bouton synaptique avec les protéines synaptiques.
En dehors du système nerveux central, elle s’exprime principalement à la
surface des lymphocytes, des monocytes-macrophages et des cellules
dendritiques folliculaires du système réticuloendothélial ; on a pu en
localiser dans certains viscères, tels que la rate, les reins, les poumons, le tube
digestif ; il y en a très peu dans le pancréas et le foie.
Elle existe dans les
plaquettes sanguines, mais pas dans les hématies. Des études ultrastructurales d’immunomarquage à l’or colloïdal ont montré que la PrPc
était aussi une protéine sécrétoire dans les cellules bronchiques et gastriques.
D’autres facteurs que le gène interviennent dans l’expression de la PrPc,
notamment le facteur de croissance nerveuse (NGF), alors que l’HGH,
l’insulin-like growth factor I (IGF I), le facteur de croissance épidermique
(EGF), et le facteur de croissance fibroblastique (bFGF) ne jouent aucun rôle.
La fonction biologique normale de la protéine prion reste encore très mal
connue.
Une fonction du type récepteur de l’acétylcholine a été suspectée,
mais n’est plus guère retenue ; de même un contrôle par la PrP de la
mitogenèse des lymphocytes, de la croissance des cellules gliales, n’a pas été
vérifié.
Les données de la transgenèse et les techniques de greffe ont permis
de répondre à un certain nombre de questions, mais en posent à leur tour
d’autres.
Ainsi, les expériences sur des souris transgéniques « nulles », c’est-à-dire
dépourvues du gène de la Prnp (PrP o-o), ont montré que la PrPc n’est pas
indispensable à la survie, puisque ces souris se développent, se comportent et
se reproduisent normalement ; toutefois il a été possible de mettre en évidence
chez elles un certain degré d’appauvrissement en inhibiteurs synaptiques dans
les neurones GABAergiques de l’hippocampe associés aux phénomènes
d’apprentissage et de mémoire à long terme, une altération des rythmes
circadiens réglant les périodes d’activité et de sommeil et la réponse à la
privation de sommeil, et, chez des souris âgées, un certain degré d’ataxie
avec perte de cellules de Purkinje du cervelet.
Ces expériences ont aussi permis de vérifier le rôle central que joue la PrPc
dans les EST, puisque ces souris nulles résistent à l’inoculation intracérébrale
de doses élevées de prion et ne déclarent pas de maladie.
Ainsi, la suppression
du gène préserve de la maladie et sa réintroduction restaure la sensibilité de
l’animal.
Les expériences de greffe vont dans le même sens : après greffe de tissu
nerveux foetal de souris exprimant normalement le gène de la PrP dans le
cerveau de souris Prnp o-o, l’inoculation intracérébrale de prion entraîne la
destruction de la greffe, et de la greffe seule, le reste du cerveau restant sain.
Cette expérience montre clairement que seuls les neurones exprimant la PrPc
étaient susceptibles d’être détruits par le prion.
À l’inverse, chez des souris transgéniques hyperexprimant le gène de la PrP,
on a vu apparaître une encéphalopathie spongiforme létale avec une
neuropathie périphérique et une myosite nécrosante, mais sans qu’on ait pu
détecter la présence de PrPres dans le cerveau.
Ces résultats quelque peu
surprenants n’ont pas encore reçu d’explication, mais tout se passe comme si
l’hyperexpression de la PrP normale pouvait elle aussi jouer un rôle
pathogène.
Enfin, on a montré en 1997 qu’il existait dans les extraits des cerveaux de
souris « nulles » Prnp o-o une sévère réduction du cuivre et parallèlement une
diminution de l’activité superoxyde-dismutase zinc/cuivre.
Ces expériences laissent supposer que la PrPc serait une métalloprotéine cuivre de la
membrane cellulaire, régulant les mouvements du cuivre dans les cellules
cérébrales.
On peut donc conclure, au moins temporairement, que la présence de la
protéine prion normale est indispensable au développement des EST, que son
excès est probablement pathogène, et qu’elle pourrait jouer un rôle de
régulation de certains rythmes circadiens et du sommeil, et un rôle de
stabilisation des phénomènes d’apprentissage et de mémoire ; il est possible
que toutes ces actions passent par la régulation des mouvements
intracellulaires du cuivre.
Données neuropathologiques des EST
:
A - Lésions :
Quel que soit le type de l’EST, chez l’homme comme chez l’animal, il existe
une triade neuropathologique caractéristique et connue de longue date : la
perte neuronale, la spongiose, la gliose, la présence de ces trois éléments étant
pratiquement constante.
Il n’y a jamais de signes inflammatoires : pas
d’infiltrats de lymphocytes et de monocytes circulants, pas d’activation des
monocytes résidants du cerveau.
La déperdition neuronale cérébrale est très importante, prédominant sur les
couches profondes du cortex ; elle intéresse aussi les noyaux gris,
particulièrement le thalamus, et le cortex cérébelleux. L’importance de cette
destruction neuronale varie avec la durée de la maladie, la topographie des
lésions et le type clinique réalisé.
La spongiose est le résultat de la coalescence de petites vacuoles qui
s’étendent progressivement et qui prédominent dans le neuropile ; elle est
volontiers importante dans les couches médianes du cortex et microkystique
dans la couche moléculaire.
Ces vacuoles en microscopie électronique (ME)
sont situées dans les prolongements dendritiques et sont limitées par une
membrane.
Ici encore, la répartition des lésions est variable selon
les régions du cortex, expliquant le manque de fiabilité de la biopsie cérébrale,
et selon la durée de l’évolution.
La prolifération gliale est essentiellement astrocytaire et parallèle à la perte
neuronale ; elle est d’apparition très précoce dans le cours de la
maladie, volontiers « floride », et s’accompagne d’une hyperproduction de la
protéine gliofibrillaire (GFAP), marqueur spécifique des astrocytes.
Cette
hyperproduction intéresse l’ensemble du système nerveux central, et
s’accompagne d’une augmentation du titre d’ARNm spécifique, donc de
l’expression du gène de la GFAP selon un mécanisme transcriptionnel
classique.
Des travaux récents sur culture de cellules astrogliales ont montré
que cette prolifération est induite par la présence du fragment peptidique 106-
126 de la PrPres, laissant penser qu’elle résulte d’un processus réactionnel
à l’accumulation de PrPres.
Les dépôts amyloïdes extracellulaires sont constants, mais souvent de trop
petite taille pour être identifiés par les méthodes conventionnelles, et
nécessitent alors le recours aux techniques immunochimiques antiprion.
De
façon variable selon le type clinique réalisé, on peut mettre en évidence des
dépôts plus volumineux, les plaques amyloïdes, de morphologie diverse (type
« kuru », « multicentrique » ou « floride ») et d’abondance variable ; toutes
réagissent, comme les petits dépôts, aux anticorps antiprion.
B -
Mécanisme et déterminisme de la mort neuronale
:
Ils sont encore imparfaitement connus, mais on sait maintenant que la mort
neuronale résulte d’une apoptose et non d’une nécrose inflammatoire, comme
le démontrent les études histologiques et ultrastructurales chez la souris
et les recherches sur cultures de neurones.
Cette apoptose semble résulter de l’effet toxique sur les neurones du fragment
polypeptidique 106-126 contenu dans la partie N-terminale de la PrPres riche
en feuillets bêta plissés, probablement par une activation de la production de
radicaux libres.
Dans la PrPc, ce fragment semble avoir une haute
propension à former des feuillets bêta plissés, stables dans la PrPres, et à
polymériser spontanément in vitro sous forme de fibrilles ayant une
biréfringence de type amyloïde.
Cet effet apoptogène nécessite la présence de cellules microgliales dans la
culture et également celle de PrPc à la surface des cellules, puisque chez la
souris « nulle » cet effet n’apparaît pas.
Ces données suggèrent donc que la mort neuronale pourrait résulter de l’interaction directe entre le peptide 106-
126 de la PrPres neuronale et la PrP des cellules microgliales, avec libération
par celles-ci de cytokines et/ou de facteurs neurotoxiques.
C - Mécanismes de la neuro-invasion :
Ils commencent à être mieux connus et les expériences conduites chez
l’animal depuis une vingtaine d’années ont permis de préciser un certain
nombre de points essentiels.
Ainsi chez le rongeur, après inoculation sous-cutanée ou intramusculaire
d’extraits purifiés de cerveaux infectés, l’infectiosité apparaît en premier lieu
dans le système réticuloendothélial, rate et formations lymphoïdes (ganglions
lymphatiques, amygdales, thymus, glandes salivaires), et ceci bien avant le
système nerveux central, durant la phase muette, préclinique de la maladie.
Il a été prouvé en 1997 que le support de cette infectiosité était le
lymphocyte B et que c’était dans cette cellule qu’avait lieu la première phase
de réplication du prion ; le lymphocyte T exprime la PrPres, mais est
incapable de la propager.
Cette voie principale de propagation imputable au lymphocyte B se fait par
l’intermédiaire des cellules dendritiques folliculaires, cellules de soutien du
système réticuloendothélial ; les immunoglobulines sécrétées par les
lymphocytes B n’interviennent pas.
On notera que cette infection du
système immunitaire semble n’avoir aucune conséquence fonctionnelle
majeure et qu’il supporte la réplication du prion sans dommage apparent.
Puis la transmission de l’agent infectant se fait par l’intermédiaire du sang
vers les divers organes et enfin vers le système nerveux central ; le transfert
physique de l’agent transporté par les lymphocytes aux neurones doit faire
intervenir une molécule de type ligand, probablement une protéine ayant une
affinité particulière pour la PrPres.
Il est également vraisemblable que,
pour une petite part, l’infection puisse remonter le long des nerfs
splanchniques innervant les formations lymphoïdes.
Lorsque l’on utilise une voie de contamination orale, la propagation semble
se faire par l’intermédiaire des plaques de Peyer de l’intestin, le long des nerfs
viscéraux du tube digestif vers la moelle thoracique de T4 à T9, et de là vers
la moelle cervicale et le cerveau par voie antérograde, puis vers la moelle
lombaire par voie rétrograde ; elle ne descend pas plus loin et respecte la
queue de cheval.
Les expériences d’inoculation par voie intrapéritonéale semblent aussi
indiquer l’existence d’une seconde voie de transmission vers le système
nerveux central, accessoire, qui ne passe pas par le système
réticuloendothélial, mais qui se propage directement par les nerfs
splanchniques vers la moelle.
Il est en effet possible, bien que plus
difficile, d’infecter par cette voie les hamsters splénectomisés, ou des
souris atteintes de déficit immunitaire combiné sévère, dépourvues de
cellules B.
Quoi qu’il en soit, l’importance du système réticuloendothélial dans la genèse
de la neuro-invasion reste essentielle ; elle a offert la possibilité de poser le
diagnostic de tremblante chez le mouton par biopsie des ganglions
lymphatiques, par biopsie de l’amygdale au stade préclinique de la
maladie, permettant théoriquement d’apporter chez l’homme un moyen
simple de diagnostic une fois la maladie suspectée ; cependant cet espoir, bien
qu’étayé par l’étude du tissu amygdalien prélevé lors de l’autopsie chez
quelques malades, a été quelque peu déçu.
Il est donc nécessaire
d’attendre confirmation.
Diversité des prions et diverses souches
:
Dès 1961, Pattison et Millson avaient reconnu qu’il existait des différences
cliniques parmi les chèvres atteintes de tremblante, et notamment une forme
apathique et une forme prurigineuse.
Ces constatations et d’autres suggéraient
l’existence de diverses « souches » de l’agent de la tremblante, ce qui fut
ensuite amplement confirmé par les études expérimentales du groupe de
Dickinson.
Ces travaux ont montré que chaque souche possédait des caractéristiques
spécifiques portant sur la durée d’incubation de la maladie expérimentale
qu’elle provoquait, sur les signes cliniques et le profil neuropathologique des
lésions résultant de l’atteinte de populations neuronales différentes, sur la
distribution spatiotemporelle cérébrale de la PrPres, sur les propriétés
physicochimiques du prion, et enfin sur les caractères de transmissibilité
interespèce avec des possibilités variables de franchissement de la barrière,
sans qu’on ait pu jusqu’à présent isoler de marqueurs biochimiques
spécifiques.
Ainsi, un véritable profil lésionnel caractéristique, reconnaissable et
reproductible, a pu être attribué à chaque souche, avec des différences
structurales faibles et de minimes variations de masse moléculaire.
Il faut remarquer que ce profil spécifique reste en général inchangé lors des
passages successifs chez divers animaux de même espèce, mais que l’hôte et
son génotype peuvent tout de même imprimer leur influence sur les diverses
souches, en particulier pour les durées d’incubation, et jouer un rôle
modulateur sur l’expression phénotypique de la maladie, notamment selon la
nature du codon 129.
On notera par ailleurs que la stabilité des souches est variable, certaines très
stables, d’autres pouvant se modifier lors des passages successifs, et qu’il
existe un phénomène de compétition entre souches dont le support
moléculaire est encore inconnu, les souches à incubation longue protégeant
des souches à incubation courte et empêchant ou retardant leur réplication et
la maladie.
La découverte de souches diverses est, sur le plan théorique, plutôt en faveur
de la présence d’une information génétique indépendante et spécifique
associée à la PrPres, mais certaines expériences récentes ne sont pas
incompatibles avec une explication purement transconformationnelle de ces
variations.
On connaît maintenant une vingtaine de souches chez le mouton, plusieurs
chez le vison et d’autres animaux, avec cependant moins de variants dans les EST animales naturelles que chez les animaux de laboratoire.
Pour l’ESB, il
existe au contraire une remarquable uniformité, avec une seule souche,
malgré les origines différentes des vaches malades et malgré des études à des
moments variables de l’épizootie ; ses caractéristiques sont différentes des
souches de tremblante.
Il est possible que son passage à forte température
lors de la préparation des farines contaminantes, vraisemblablement
responsables de la maladie, ait entraîné la sélection d’une souche variante de
tremblante ; cependant, il peut aussi s’agir de l’amplification par le même
procédé d’une souche bovine naturelle, ou encore de l’émergence spontanée
d’une souche naturelle hautement infectante.
En ce qui concerne les EST humaines, les recherches sont plus récentes, mais
les études de la migration électrophorétique et de la glycosylation des prions
, les études de durée d’incubation et de quantification lésionnelle
et les expériences de transgenèse vont aussi dans le sens d’une certaine
diversité des souches responsables des maladies humaines.
Des homogénats
purifiés de cerveaux de sujets atteints d’EST humaines furent soumis à
l’action de la protéinase K qui clive le domaine aminoterminal de la PrPres,
laissant en place le domaine carboxyterminal porteur des sites de
glycosylation de la molécule ; ce dernier domaine, soumis à l’action
d’anticorps monoclonaux antiPrPres, fait apparaître en western blot trois
bandes de pm 20 à 30 000, di-, mono-, non glycosylées, avec quelques petites
différences dans leur mobilité et leur intensité ; les proportions respectives de
ces trois bandes permettent de définir quatre types de migration,
correspondant chacun à un ou plusieurs types différents de maladies humaines
et sans doute à des souches spécifiques et différentes de prion.
Ces travaux remarquables ont deux conséquences : d’une part, ils suggèrent
que le profil de la PrPres dépendrait à la fois de sa conformation spatiale et de
son niveau de glycosylation, et qu’il serait modulé à la fois par la nature de
l’agent infectieux et par le génotype de l’hôte ; d’autre part, ils permettent
d’envisager une nouvelle classification plus physiopathologique des EST
humaines qui tiendrait compte de la nature biochimique de l’agent
infectieux et des caractères génétiques des patients.
Enfin, la mise en évidence de ces différentes souches soulève la possibilité
théorique de l’existence de souches endogènes naturelles non pathogènes qui,
par leur présence, joueraient un rôle protecteur, comme le suggèrent
certaines données expérimentales qui demandent à être confirmées.