Introduction
:
Le terme connectivite ou collagénose désignait
initialement un ensemble d’affections ayant comme
dénominateur commun des modifications
anatomopathologiques du tissu conjonctif.
Même si
les conceptions physiopathologiques ont
considérablement évolué et ne mettent plus au
premier plan les anomalies du tissu collagène, le
terme de connectivite a été consacré par l’usage et
désigne habituellement le lupus érythémateux
systémique (LES), les dermatopolymyosites (DPM), la
sclérodermie systémique, le syndrome de
Gougerot-Sjögren primitif et les connectivites mixtes.
Ces maladies doivent être distinguées des
dystrophies congénitales du tissu conjonctif (maladie
de Marfan, maladie d’Ehlers-Danlos, élastorrhexie…).
Critères de classification
des connectivites :
Les connectivites sont également appelées
maladies auto-immunes non spécifiques d’organes.
Cette appellation témoigne d’une atteinte souvent multiviscérale qui rend le diagnostic de ces affections
souvent difficile.
Devant le caractère protéiforme des
signes cliniques des connectivites, il est apparu
nécessaire aux cliniciens d’essayer de regrouper les
patients ayant un même groupe de symptômes sous
un même diagnostic.
C’est là l’intérêt essentiel des
critères de classification.
Il est important de préciser
que ces critères résultent d’une analyse statistique
établie le plus souvent à partir d’un recrutement
rhumatologique, et que certains critères ont été
certainement surévalués aux dépens d’autres.
Cette
analyse peut donc ne pas s’appliquer à un patient
donné et le sens clinique du médecin doit toujours
prévaloir.
Critères de classification
du lupus :
* Éruption malaire en aile de papillon
* Érythème malaire fixe, plan ou en relief, tendant à
épargner le sillon nasolabial.
Éruption de lupus discoïde
Placards érythématheux surélevés avec des
squames kératosiques adhérentes et des bouchons
cornés folliculaires.
Cicatrices atrophiques pouvant apparaître sur des
lésions anciennes.
* Photosensibilité
Éruption cutanée résultant d’une réaction
inhabituelle au soleil, à l’interrogatoire du patient ou
observée par le clinicien.
* Ulcérations buccales ou nasopharyngées
Ulcérations orales ou nasopharyngées,
habituellement douloureuses, observées par un
clinicien.
* Polyarthrite non érosive
Arthrite non érosive touchant au moins deux
articulations périphériques, caractérisée par douleur,
augmentation de volume, ou épanchement
articulaire.
* Pleurésie ou péricardite
Pleurésie : épanchement pleural patent ou
histoire convaincante de douleurs pleurales ou
frottement pleural entendu par un clinicien.
Péricardite : documentée sur un électrocardiogramme
(ECG) ou frottement péricardique ou mise
en évidence de l’épanchement.
* Atteinte rénale
Protéinurie supérieure ou égale à 0,5 g/j ou
supérieure à trois croix en l’absence de
quantification possible, ou cylindres urinaires
(globules rouges, hémoglobine, leucocytes, cellules
tubulaires ou mixtes).
* Atteinte neurologique
Convulsions : en l’absence de cause médicamenteuse
ou de désordres métaboliques (insuffisance
rénale, acidose, déséquilibre électrolytique).
Psychose : en l’absence de cause médicamenteuse
ou de désordres métaboliques (insuffisance
rénale, acidose, déséquilibre électrolytique).
* Atteinte hématologique
Anémie hémolytique avec hyper-réticulocytose.
Leucopénie (inférieure à 4 000 leucocytes/mm3)
trouvée à au moins deux reprises.
Lymphopénie (inférieure à 1 500 lymphocytes/
mm3) à au moins deux reprises.
Thrombopénie (inférieure à 100 000
plaquettes/mm3) en l’absence de cause
médicamenteuse.
*
Désordre immunologique
Anticorps anti-ADN positif.
Présence d’anticorps anti-Sm.
Fausse sérologie syphilitique positive depuis au
moins 6 mois et confirmée par la négativité du test
de Nelson ou du FTA.
*
Présence de facteurs antinucléaires à un titre
anormal en l’absence de médicaments
inducteurs
Titre anormal d’anticorps antinucléaires en
immunofluorescence ou technique équivalente à
n’importe quel moment de l’évolution, en l’absence
de médicaments inducteur.
Quatre critères simultanés ou successifs sont
nécessaires pour poser le diagnostic.
Critères de classification
du syndrome de Gougerot-Sjögren :
*
Symptômes oculaires
Réponse positive à au moins une des questions
suivantes :
– avez-vous eu les yeux secs de façon
quotidienne, gênante et persistante depuis plus de
3 mois ?
– avez-vous la sensation récidivante d’avoir du
sable ou du gravier dans les yeux ?
– utilisez-vous des larmes artificielles plus de
3 fois/j ?
* Symptômes buccaux
Réponse positive à au moins l’une des questions
suivantes :
– avez-vous eu quotidiennement une sensation
de bouche sèche depuis plus de 3 mois ?
– avez-vous eu à l’âge adulte un gonflement des
glandes salivaires persistant ou récidivant ?
– utilisez-vous souvent des liquides pour vous
aider à avaler des aliments solides ?
* Atteinte oculaire
Réponse positive à au moins l’un des deux tests
suivants :
– test de Schirmer (inférieur ou égal à 5mm en
5minutes) ;
– test au rose bengale supérieur ou égal à 4.
* Atteinte buccale
Atteinte objective et évidente des glandes
salivaires définie par au moins un test positif parmi
les trois suivants :
– scintigraphie salivaire ;
– sialographie ;
– débit salivaire sans salivation inférieur ou égal
à 1,5 mL en 15 minutes.
* Données histopathologiques
Score focal supérieur ou égal à 1 sur la biopsie des
glandes salivaires accessoires.
Le score focal est
défini par le nombre de foyers sur 4mm2 de tissu
glandulaire.
Un foyer est défini par l’agglomération
d’au moins 50 cellules mononucléées.
* Autoanticorps
Présence d’au moins un type des anticorps
sériques suivants nécessaire :
– anti-SSA (Ro) ou anti-SSB (La) ;
– anticorps antinucléaires ;
– facteur rhumatoïde.
Critères d’exclusion :
– Lymphome préexistant.
– Syndrome de l’immunodéficience acquise
(sida).
– Sarcoïdose.
– Réaction du greffon contre l’hôte (GVH).
Critères de classification
de la polydermatomyosite :
*
Déficit moteur
Proximal symétrique, progressif avec ou sans
dysphagie ou atteinte des muscles respiratoires.
* Élévation des enzymes sériques
Créatine phosphokinase (CPK), LDH, aldolase et
transaminases.
* Triade électromyographique
– Unités motrices de faible amplitude, brèves,
polyphasiques.
– Fibrillation, irritabilité membranaire lors de
l’insertion des aiguilles, grandes ondes de
dénervation.
– Décharges spontanées de haute fréquence
*
Biopsie musculaire
On rencontre : nécrose des fibres musculaires,
phagocytose, régénération avec basophilie,
distribution périfasciculaire de l’atrophie, exsudats
inflammatoires interstitiels.
* Lésions cutanées
Éruption héliotrope : érythème oedémateux rouge
violacé des paupières.
Signe de Gottron : macules ou érythème
atrophique rouge violacé kératosipus sur les tendons
extenseurs des articulations des doigts.
Érythème de la face d’extension des articulations
des membres : érythème rouge violacé légèrement
surélevé sur les coudes ou les genoux.
Critères de classification
de la sclérodermie systémique :
A - Critère majeur :
* Sclérodermie proximale
Modification sclérodermique typique de la peau
(tendue, épaissie, indurée, ne prenant pas le godet),
touchant la face, le cou, le tronc ou la partie
proximale des membres supérieurs ou inférieurs.
B - Critères mineurs :
– Sclérodactylie.
– Cicatrice déprimée d’un doigt ou ulcération de
l’extrémité d’un doigt.
– Fibrose pulmonaire des bases.
Critères de classification
du syndrome de Sharp
:
A - Critères majeurs :
– Présence d’anticorps anti-RNP à un taux élevé.
– Phénomène de Raynaud.
B - Critères mineurs :
– Synovite.
– Myosite.
– Doigts boudinés.
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