Introduction
:
La thromboangéite oblitérante ou maladie de Buerger est une
artériopathie non athéromateuse, caractérisée par la survenue
d’occlusions des artères de petit et moyen calibre et des veines des
membres inférieurs et supérieurs, survenant chez l’homme jeune
tabagique.
Cette artériopathie d’étiologie à ce jour inconnue est
caractérisée par une atteinte inflammatoire segmentaire des vaisseaux
distaux, atteignant les trois tuniques compliquée de thromboses.
La première description revient à von Winiwarter en 1879 sous le
terme d’« endartérite oblitérante et endophlébite » et Léo Buerger a
individualisé la thromboangéite oblitérante en 1908 à partir de l’étude
histologique de 11 pièces d’amputations réalisées chez des jeunes
patients atteints d’artériopathies distales des membres avec gangrène,
montrant une infiltration cellulaire sans athérome de la paroi artérielle
et des thromboses.
Néanmoins, il n’existe pas de critères spécifiques de maladie de Buerger
qui reste un diagnostic d’élimination devant une artériopathie juvénile.
Épidémiologie
:
C’est une maladie rare dont l’incidence est évaluée à 7 pour 100 000
chez l’homme de moins de 45 ans, représentant moins de 5 % de
l’ensemble des artériopathies des membres inférieurs en Europe et
3 % des occlusions artérielles périphériques.
La description initiale par Buerger concernait des patients originaires
d’Europe Centrale ; elle atteint toutes les races mais existent des
disparités géographiques et une prédisposition ethnique.
La maladie
est plus fréquente en Europe de l’Est, en Asie (notamment au Japon)
et en Inde et dans les pays méditerranéens mais cette distribution
géographique n’est pas expliquée.
Sa fréquence dépend de l’importance de l’intoxication tabagique,
quasi constante, et si une nette prédominance masculine est admise,
les formes féminines initialement évaluées à moins de 1 % sont en
augmentation, ce qui peut être expliqué par une consommation
accrue de tabac chez la femme en particulier en Europe et aux
États-Unis.
Étiologie
:
L’étiologie de la maladie de Buerger demeure inconnue et plusieurs
études ont suggéré un mécanisme immunologique, en particulier une
hypersensibilité lymphocytaire B et T aux collagènes de types I, III,
IV et V avec production d’anticorps anticollagène, antiélastine,
antilaminine et présence de complexes immuns circulants.
Le rôle du tabac intervient comme facteur déclenchant et aggravant.
Une stabilisation, voire la guérison sont possibles au décours du
sevrage.
Le mécanisme toxique n’est pas élucidé mais une
hypersensibilité à certains composants du tabac a été démontrée et
les anticorps produits agiraient sur la paroi vasculaire.
En outre,
l’action vasoconstrictive de la nicotine serait aggravée par
l’exposition au froid.
Toutefois si le tabac a un rôle immunologique dans la maladie, les
facteurs environnementaux ou génétiques interviennent également.
Une prédisposition génétique a été établie par la fréquence accrue
des antigènes HLA-A9 et HLA-B5 du système majeur
d’histocompatibilité et plus inconstamment des antigènes HLA-B7 et
HLA-DR4 et la fréquence des antigènes HLA-B12 HLA-DRW6
semble diminuée.
Un effet non immunologique a également été postulé avec activation
du facteur XII et de la kinine.
L’hypothèse infectieuse à rickettsies suspectée devant l’infiltrat
cellulaire histologique n’a pas été confirmée par les réactions
sérologiques.
Aspects anatomopathologiques
:
Les lésions concernent les vaisseaux de petit et de moyen calibre, le
plus souvent des artères mais également des veines et les nerfs
périphériques avec vascularite atteignant les vasa vasorum.
Ces
lésions atteignent les vaisseaux des extrémités mais sont également
décrites dans certains viscères.
La lumière vasculaire artérielle est totalement occluse par un
thrombus fibrinocruorique ou en voie d’organisation avec parfois
une cellularité constituée de polynucléaires et dans de rares cas de
cellules géantes ; il existe une infiltration de la paroi vasculaire par
des polynucléaires et/ou des macrophages sans nécrose.
L’intima est
épaissie, les modifications de la média sont discrètes avec
hyperplasie fibroblastique et néogenèse vasculaire, la limitante
élastique interne est préservée.
Les lésions plus anciennes sont caractérisées par un thrombus
organisé, creusé de lacunes vasculaires et s’y associe une sclérose
adventitielle et périartérielle.
À tous les stades, l’architecture de la paroi vasculaire est préservée,
ce qui est inconstant dans l’artériosclérose et les vascularites.
Les lésions veineuses sont localisées aux territoires superficiels et
peuvent précéder les lésions artérielles permettant le diagnostic
histologique à partir d’un prélèvement d’un nodule sous-cutané
correspondant en fait à une veine superficielle.
La lumière vasculaire
est le siège d’un thrombus fibrinocruorique riche en polynucléaires,
en macrophages et en cellules géantes ; un infiltrat inflammatoire
intéresse les trois tuniques et peut s’étendre dans le tissu
périvasculaire. Les lésions anciennes deviennent fibrocicatricielles.
Diagnostic positif
:
A - SIGNES CLINIQUES
:
L’artériopathie distale sous-poplitée est révélée par une sensation de
froideur, d’engourdissement, une claudication de la plante du pied,
des douleurs de repos de l’avant-pied.
Des troubles trophiques
peuvent être révélateurs de la maladie réalisant une fissure, une
crevasse, un pseudopanaris, en règle accompagnés par des douleurs
intenses.
À l’examen clinique, les pouls distaux tibial postérieur et pédieux
sont abolis sauf en début d’évolution et les pressions distales
mesurées à la cheville restent longtemps normales.
L’atteinte est
bilatérale et symétrique.
Aux membres supérieurs, les lésions peuvent être responsables d’un
syndrome de Raynaud et de troubles trophiques pouvant être
trompeurs.
Les pouls radiaux et cubitaux peuvent être abolis et la
manoeuvre d’Allen positive.
Les thromboses veineuses superficielles caractérisent la maladie et
entraînent un cordon inflammatoire induré siégeant aux membres
inférieurs et aux membres supérieurs parfois aux pieds et aux
chevilles ; elles sont migratrices, récidivantes et parfois d’aspect
nodulaire risquant d’être confondues avec un érythème noueux.
Elles
peuvent précéder l’atteinte artérielle et révéler la maladie.
Les thromboses veineuses profondes sont décrites mais sont
inhabituelles.
B - EXAMENS COMPLÉMENTAIRES
:
L’intérêt de l’échodoppler artériel des quatre membres est de
montrer l’absence de lésions proximales de l’aorte et des gros troncs
et des lésions distales en particulier sous-poplitées ou situées sous le
coude, essentiellement des oblitérations ; les pressions distales sont
normales ou diminuées et il existe un gradient cheville-orteil.
La capillaroscopie n’est pas spécifique et des anomalies pourront être
observées : capillaires plus longs, dystrophies et hémorragies
marginées.
L’aortoartériographie des membres inférieurs avec clichés de face et
de profil de l’aorte et clichés numérisés des pieds montre des lésions
évocatrices de la maladie et élimine certains diagnostics différentiels.
Les clichés sans préparation confirment l’absence de calcifications
artérielles, de lésions athéroscléreuses proximales, d’aspect évocateur
d’emboles.
Les troncs artériels sont volontiers de petit calibre, grêles
et en distalité sont observées des oblitérations artérielles brutales et
segmentaires donnant naissance à des collatérales décrites en tirebouchon,
en vrille de vigne, appelées hélicines ; un aspect de
vaisseau fin et tortueux pourrait correspondre au développement des
vasa vasorum et cet aspect est très évocateur du diagnostic.
L’artériographie des membres supérieurs n’est pas systématique
mais montre des lésions évocatrices avec oblitérations distales des
arcades palmaires, des artères cubitales, radiales, digitales. L’atteinte
est globalement bilatérale et symétrique et les lésions siègent sous le
coude.
Les examens biologiques n’apportent pas d’éléments spécifiques et
sont au contraire axés sur les diagnostics différentiels qu’il convient
d’éliminer.
Il n’existe pas de syndrome inflammatoire en l’absence de trouble
trophique surinfecté, pas de diabète, pas d’hyperlipidémie, pas
d’anomalies de la coagulation ; la recherche d’anticorps
antinucléaires, de facteurs rhumatoïdes, de cryoglobulinémie est
négative, l’exploration du complément le plus souvent normale.
La présence d’anticorps anticardiolipines a été retrouvée dans
quelques observations mais il pourrait s’agir en fait d’un authentique
syndrome des antiphospholipides simulant une maladie de Buerger
ou la conséquence du processus thrombotique.
La présence d’un déficit en protéine de la coagulation (protéine C ou
protéine S) a été rapportée posant la question du lien entre ces deux
entités et de l’authenticité de la maldie de Buerger en pareil cas.
C - STRATÉGIE DIAGNOSTIQUE
:
La maladie de Buerger, en l’absence de marqueurs spécifiques, est
un diagnostic difficile.
Sa réalité a d’ailleurs été contestée et les
lésions artérioveineuses inflammatoires mises en doute.
L’aspect artériographique est souvent aspécifique, qu’il s’agisse de la gracilité
artérielle ou de l’aspect des collatérales et des lésions histologiques
aiguës qui sont parfois observées dans les embolies, les gelures, les
lésions traumatiques, les thrombophlébites septiques.
Néanmoins cette affection correspond à un syndrome bien
individualisé des autres artériopathies avec des lésions anatomiques
et une histoire naturelle particulières, distinctes de l’athérosclérose et
des vascularites nécrosantes.
Le premier temps de la démarche diagnostique consistera à éliminer
les diagnostics différentiels.
Une pathologie emboligène sera évoquée à partir des résultats de
l’aortoartériographie montrant une occlusion et l’embole ainsi que
des signes évocateurs d’athérosclérose : anévrysmes aortiques,
plaques ulcérées situées sur l’aorte depuis la crosse jusqu’aux
branches de division, sténoses. Une évaluation cardiaque
comprendra électrocardiogramme, Holter, échocardiographie, à la
recherche d’un trouble du rythme ou d’une valvulopathie.
Le contexte professionnel et le terrain permettront d’écarter la
possibilité d’une artériopathie distale secondaire à des traumatismes
répétés (vibrations, maladie du marteau).
L’absence de diabète,
d’hyperlipidémie iront contre une athérosclérose précoce.
Les maladies systémiques, lupus érythémateux disséminé,
sclérodermie, périartérite noueuse, hémopathies, les
cryoglobulinémies, la maladie des agglutinines froides, les anomalies
de la coagulation, l’ergotisme ont des caractéristiques propres qui
permettent de les écarter, à l’exception de la maladie de Behçet plus
difficile à distinguer en l’absence de signes oculaires et cutanés.
Le diagnostic positif sera évoqué devant une ischémie distale des
membres survenant avant l’âge de 45 ans, des artères normales en amont de la poplitée et de la partie basse de l’artère humérale, une
occlusion artérielle distale en l’absence de lésion emboligène
proximale, de traumatisme, de maladie auto-immune, de diabète,
d’hyperlipidémie.
Les critères d’Adar distinguent trois degrés de probabilité
diagnostique.
Récemment a été proposé un système de
score prenant en compte l’âge au moment du diagnostic, une
claudication plantaire, une atteinte des membres supérieurs,
l’existence de thromboses veineuses superficielles, d’un syndrome
de Raynaud ; le nombre de points attribués permettant de définir
une probabilité diagnostique faible, intermédiaire ou haute.
D - FORMES VISCÉRALES
:
Les localisations viscérales de la maladie de Buerger sont rares, non
mentionnées dans les grandes séries de la littérature.
Les formes digestives sont les plus fréquentes, rapportées dans près
de 20 % de séries autopsiques, réalisant des tableaux d’ischémie
digestive, conséquence d’une artérite digestive, parfois révélatrices
avec douleurs abdominales aiguës et sont localisées à l’intestin grêle
et au côlon.
Dans 40 % des cas de la série de Deitch, les signes
vasculaires périphériques étaient discrets ou absents et le diagnostic
exclusivement affirmé par l’aspect histologique montrant des
thromboses des artères de petit et moyen calibre avec infiltrat
inflammatoire périvasculaire.
Cette localisation expose aux
infarctus mésentériques.
L’atteinte cardiaque coronarienne est signalée par certains auteurs
mais apparaît exceptionnelle dans notre expérience, de même que la
survenue d’un infarctus splénique ou d’une embolie pulmonaire.
Il en est de même des localisations cérébrales compliquées par des
infarctus cérébraux avec atteinte des artères sylvienne et cérébrale
postérieure avec hypodensités visualisées par la tomodensitométrie
et anomalie de signal en imagerie par résonnance magnétique
traduisant atrophie et ischémie.
Une étude récente portant sur 46
cas de maladie de Buerger retrouve une seule complication cérébrale
confirmant la rareté de cette localisation.
Récemment a été décrit un cas de maladie de Buerger avec atteinte
multiviscérale : infarctus myocardique, splénique, cérébral, embolie
pulmonaire et ischémie intestinale.
Les manifestations articulaires sont rares et exceptionnellement
révélatrices au cours de la maladie de Buerger mais quelques cas
d’oligoarthrites, de polyarthrites et de polyarthralgies ont été
rapportés, lors des poussées et dans les formes sévères et leur
évolution était parallèle à celle de la maladie.
Évolution et pronostic
:
La maladie évolue par poussées de plusieurs semaines, voire de
plusieurs mois vers la guérison d’un trouble trophique ou
l’amputation des zones de nécrose ou de gangrène.
Les lésions
progressent de la distalité vers les artères proximales.
L’intervalle entre deux poussées est variable, rythmé par
l’intoxication tabagique ou l’exposition au froid.
Les poussées
surviennent de façon quasi constante en cas de poursuite de
l’intoxication tabagique et la sévérité de l’atteinte est proportionnelle
à l’importance quantitative du tabagisme en corrélation avec la
présence d’un trouble trophique, de thromboses veineuses
superficielles, le nombre d’amputations.
Les amputations majeures ou mineures concernent près de la moitié
des patients.
En général, la maladie se stabilise lorsque les patients
arrêtent de fumer et il est exceptionnel de voir survenir des lésions
ischémiques lorsque l’arrêt du tabac est complet.
Le sevrage tabagique apparaît plus difficile chez ces patients que
dans un groupe comparable atteint d’insuffisance coronarienne et
l’analyse de leur personnalité montre des traits caractériels :
comportement hostile, conflits professionnels et familiaux,
insatisfaction.
La sévérité de la maladie de Buerger dépend donc de l’importance
des troubles trophiques responsables d’une morbidité importante
avec conséquence fonctionnelle, voire invalidité.
Cet aspect de la
maladie contraste avec le bon pronostic général, hormis en cas de
complications viscérales toutefois peu fréquentes et l’espérance de
vie est comparable à celle de la population générale.
Traitement
:
Le traitement de la maladie de Buerger est essentiellement médical
et repose sur l’arrêt de l’intoxication tabagique qui représente le
facteur pronostique majeur.
Le patient pourra en la matière bénéficier
d’un suivi dans le cadre d’une consultation spécialisée avec soutien
psychologique.
En second lieu, afin de lutter contre l’ischémie, des assauts liquidiens
pourront être proposés ; ces perfusions de sérum physiologique (3
litres en 3 heures) ou de macromolécules (Rhéomacrodext, 0,5 litres
en 3 heures) réalisent une expansion volémique et améliorent la
perfusion distale.
La symptomatologie douloureuse peut être intense associant des
douleurs par excès de nociception et de désafférentation ; leur prise
en charge pourra être faite conjointement avec une unité de
traitement de la douleur et fait appel aux antalgiques usuels et
souvent aux morphiniques.
Pourront être adjoints des anticonvulsivants et des antidépresseurs tricycliques ou
sérotoninergiques.
Les techniques de neurostimulation transcutanée
pourront parfois être utiles.
Les troubles trophiques nécessitent des soins locaux quotidiens
associant désinfection, détersion et excision des débris de nécrose auxquels pourra être associée une antibiothérapie per os ou
parentérale adaptée aux résultats des prélèvement bactériologiques
et à l’antibiogramme.
Une parfaite hygiène des orteils et des pieds
est indispensable et les soins de pédicurie éviteront toute blessure.
L’intérêt d’un traitement par les prostanoïdes pour leur action
antiagrégante et vasodilatatrice a été démontré chez les patients en
ischémie critique.
Une perfusion quotidienne d’iloprost était
administrée en 6 heures pendant 28 jours d’efficacité supérieure à la
prise de 100 mg d’aspirine.
Toutefois, l’amélioration n’est que transitoire et les effets secondaires
fréquents : céphalées, flushs, nausées, plus rarement douleurs
thoraciques.
Le coût de l’iloprost par voie veineuse devra être mis
en balance avec l’efficacité et l’amélioration observées.
Les antiagrégants plaquettaires, en premier lieu l’aspirine, sont
utilisés en prévention des accidents thrombotiques et les inhibiteurs
calciques utilisés dans l’hypothèse du rôle aggravant d’un spasme.
Les anticoagulants (héparinothérapie ou antivitamines K) sont
prescrits lors des poussées en cas d’ischémie critique ou de
thromboses veineuses ; un traitement au long cours n’a pas démontré
son efficacité.
Les thromboses veineuses superficielles seront traitées par antiinflammatoires
non stéroïdiens ou colchicine.
D’autres traitements ont été utilisés : corticothérapie, azathioprine,
antimalariques, oxygénothérapie hyperbare sans réelle preuve
d’efficacité.
Diverses mesures sociales et professionnelles pourront être adjointes
au traitement médicamenteux et infirmier ; en effet, la maladie de Buerger ouvre droit à l’exonération du ticket modérateur ; les
travailleurs manuels peuvent demander un reclassement
professionnel et lorsque l’évolution est sévère avec amputation, une
demande d’invalidité peut être faite.
Le traitement chirurgical a des buts différents.
Lorsqu’elle est
possible, une revascularisation par pontage distal peut être tentée
mais ses chances de succès durable sont faibles avec perméabilité à 5
ans inférieure à 50 %.
La veine saphène, matériel de choix, peut
présenter des lésions pariétales, conséquence des lésions
inflammatoires. Néanmoins, les techniques de microchirurgie
permettent la revascularisation des artères musculaires, grande
anastomotique ou jumelle.
La justification de tels pontages est la
tentative de cicatrisation d’un trouble trophique et la conservation
d’un membre.
En second lieu, on a recours à la chirurgie pour la réalisation
d’amputations à la limite de la nécrose ou de l’avant-pied permettant
d’éviter les amputations proximales en fonction de l’étendue et de la
gravité des lésions.
Le geste le plus courant dans cette indication
compte tenu de la topographie des lésions est une amputation transmétatarsienne.
Dans les cas d’amputation plus large, et après
cicatrisation du moignon, pourra être envisagé un appareillage au
mieux réalisé dans un centre de rééducation spécialisé permettant la
récupération d’une autonomie quasi normale chez des patients
souvent jeunes.
Enfin, la sympathectomie lombaire conserve encore quelques
indications en cas de douleurs de décubitus persistantes ou de
troubles trophiques ne cicatrisant pas malgré le traitement médical.
Conclusion
:
La maladie de Buerger est une affection rare dont le diagnostic est
difficile à affirmer avec certitude en l’absence de marqueurs spécifiques
et de facteurs étiologiques identifiés.
Le lien avec le tabac et les signes
ischémiques font discuter le diagnostic d’artériopathie juvénile liée à
l’athérosclérose et certaines anomalies immunologiques ou histologiques
pourraient orienter vers le diagnostic de vascularite.
Ainsi la maladie de Buerger est un diagnostic d’élimination.
La distribution géographique de la maladie, l’atteinte inflammatoire
des artères et des veines, la topographie des lésions et l’aspect artériographique caractéristique, l’interaction supposée avec le tabac
sont autant d’arguments qui plaident pour l’individualisation de cette
entité.
Ces nuances nous conduisent à proposer le concept de syndrome de Buerger dont les contours sont bien précisés en l’absence de certitude
étiologique ou physiopathologique.
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