Physiologie vestibulaire
Cours d'ORL (Oto-rhino-laryngologie)
Définition et généralités
:
La fonction d’équilibration peut être définie comme la fonction qui
régit les rapports de l’animal avec le monde physique et lui permet
d’assurer tous ses mouvements (déplacements et gestes) dans les
meilleures conditions d’efficacité.
De cette définition découle la
nécessité d’avoir en permanence une représentation mentale
consciente ou inconsciente de notre corps et de la place qu’il occupe
dans le milieu environnant, ainsi qu’un répertoire de réponses
motrices permettant une stratégie immédiate et adaptée à une
situation donnée.
Cet objectif implique que la fonction
d’équilibration intègre la notion de plurimodalité sensorielle dont
les origines principales sont :
– visuelles, pour nous aider à nous situer dans le décor et nous
renseigner sur notre vitesse relative ;
– vestibulaires, pour nous renseigner sur les accélérations tant
linéaires qu’angulaires et sur la position de la tête et de son
inclinaison par rapport à l’axe gravitaire ;
– proprioceptives, avec notamment les afférences des muscles de la
station debout et les muscles profonds du cou pour nous informer à
tout moment de la disposition des différents segments du corps les
uns par rapport aux autres et des accélérations et tensions qu’ils
subissent.
La fonction d’équilibration n’est pas restreinte à la seule entrée
vestibulaire.
Par exemple, l’illusion de mouvement que l’on ressent
en regardant le mouvement de l’eau, penché par-dessus le parapet
d’un pont, illustre ce fait.
De même, on peut ressentir un
mouvement de recul lorsqu’un train adjacent démarre.
La sensation
de mouvement ou l’équilibre sont également conservés, même après
destruction des deux labyrinthes.
Alors, l’exactitude des
mouvements de haute fréquence est modifiée mais les handicaps
restent minimes quand ils sont comparés avec ceux résultant d’un
déficit visuel ou auditif.
Pourtant, la connaissance de la physiologie
vestibulaire est d’un intérêt majeur car toutes les informations
sensorielles convergent vers un véritable centre d’aiguillage et
d’intégration représenté par les noyaux vestibulaires centraux.
Suite à l’analyse comparative de ces informations, il en résulte des
réactions motrices passant par deux effecteurs principaux : le circuit
de l’oculomotricité conjuguée et le circuit de la motricité somatique.
En parallèle, ces données sont également intégrées au niveau thalamocortical où s’opère une prise de conscience de notre position
dans l’espace.
Une autre connexion se fait au niveau des centres
neurovégétatifs expliquant, par exemple, les vomissements, lors de
vertiges.
Enfin, le cervelet va ajuster les différents réflexes vestibulo-oculaires (RVO) et vestibulospinaux, véritable régulateur
du gain du système.
De par ses afférences et ses efférences, il est
assimilé à un modulateur placé en dérivation sur les arcs réflexes.
L’étude de la physiologie vestibulaire demeure une thématique
inépuisable de recherche.
Aussi, sans souci d’exhaustivité, les
auteurs aborderont ce travail à travers deux parties portant sur :
– la prise et le transfert des informations sensorielles par les
récepteurs labyrinthiques ;
– l’intégration et la destination du message dans le système nerveux
central (SNC).
Cette deuxième partie mettra l’accent sur les interrelations du
système vestibulaire avec d’autres modalités sensorielles notamment
celles issues du système visuomoteur dont il ne peut pas être
dissocié.
Ces deux systèmes fonctionnant en duo, les structures
centrales combinent les afférences et les efférences des deux
modalités et les pathologies affectent les deux systèmes à la fois.
Ainsi, en pratique clinique, on peut tester l’un ou l’autre pour avoir
l’état du système visuovestibulaire.
Prise et transfert de l’information
sensorielle par les récepteurs
labyrinthiques :
Les éléments impliqués dans la prise et le transfert de l’information
sensorielle sont :
– les deux labyrinthes postérieurs osseux membraneux et leurs
liquides labyrinthiques constituant les deux organes vestibulaires
périphériques ;
– les deux nerfs vestibulaires (VIIIe paire crânienne).
A - RAPPELS ANATOMIQUES :
Situé au sein de la pyramide pétreuse, le labyrinthe osseux, d’origine
mésenchymateuse, est constitué d’un ensemble de cavités, le
vestibule et les canaux semi-circulaires (CSC).
Le labyrinthe
membraneux inclus dans le labyrinthe osseux contient l’utricule et
le saccule formant le vestibule membraneux et trois CSC.
Les
structures membraneuses sont séparées des structures osseuses par
de la périlymphe. Le labyrinthe membraneux renferme de
l’endolymphe dont une des caractéristiques est de contenir chez
l’homme une forte teneur en ions potassium (140 à 160 mEq/L).
C’est au sein, d’une part des saccules et des utricules formant les
organes otolithiques, et d’autre part des ampoules des CSC, que se
trouvent les organes sensoriels vestibulaires.
Ces organes sensoriels
sont les crêtes ampullaires et les macules otolithiques respectivement
dans les CSC et les organes otolithiques.
B - CANAUX SEMI-CIRCULAIRES ET CRÊTES AMPULLAIRES :
1- Anatomie descriptive
:
Les CSC, orientés dans les trois plans de l’espace, sont :
– le CSC latéral ou horizontal ou externe, situé dans un plan oblique
d’avant en arrière et de haut en bas lequel fait avec le plan de
Francfort un angle de 30° environ ouvert en avant.
Dans le port de
tête habituel, le canal latéral externe est en position horizontale ;
– le CSC antérieur ou supérieur, situé dans un plan vertical presque
perpendiculaire à l’axe du rocher, oblique de dehors en dedans et
d’avant en arrière, lequel forme avec le plan sagittal un angle ouvert
en avant de 37°.
Ce plan est perpendiculaire au plan du canal
externe ;
– le CSC postérieur, situé dans un plan vertical presque parallèle à
l’axe du rocher et faisant avec le plan sagittal un angle ouvert en
arrière de 53°.
Ce plan est perpendiculaire au plan du canal externe.
Les trois canaux, dont la lumière est de l’ordre du millimètre,
débouchent dans le vestibule par un orifice dilaté (ampoule) et par
un orifice simple.
Les canaux antérieur et postérieur possèdent une
branche osseuse commune.
Les ampoules des CSC externe et
supérieur, à l’inverse des postérieures, ont une situation antérieure.
Les ampoules sont formées des extrémités dilatées des trois CSC.
Sur leur plancher, perpendiculairement à la lumière de chaque canal,
se trouve la crête ampullaire occupant un tiers du diamètre des
ampoules.
La partie superficielle des crêtes est constituée de cellules
de soutien et de cellules sensorielles.
Ces dernières émettent des cils
qui s’insinuent dans une structure gélatineuse constituée de
protéines : la cupule.
La cupule s’étend de la surface de la crête
jusqu’au sommet de l’ampoule, formant une cloison élastique
étanche.
Les caractéristiques anatomiques et fonctionnelles des
cellules sensorielles seront détaillées dans un prochain chapitre.
Toutefois, notons qu’il existe deux types de cellules sensorielles : les
cellules de type I et les cellules de type II.
La disposition de ces
cellules sur la crête ampullaire et leurs connexions nerveuses sont
caractéristiques.
Les cellules de type I se rencontrent au centre des
crêtes et présentent une connexion nerveuse calicéale alors que les
cellules de type II sont en périphérie et présentent une connexion
nerveuse en bouton.
Suite aux travaux de Fernandez et al, les
connexions nerveuses sont soit en calices, soit en boutons, soit dimorphiques (calice + bouton).
Cette classification permet de
diviser la crête en trois régions :
– centrale, afférentée par des fibres de gros diamètre (10 % des fibres
marquées) qui se terminent en calices simples ou complexes ;
– intermédiaire, où l’on rencontre des unités dimorphiques reliées à
des fibres moyennes (70 %) ;
– périphérique, afférentée par des fibres fines (20 %) qui se
terminent en boutons.
2- Aspects physiologiques
:
* Historique :
Le rôle fonctionnel des CSC a été compris par Flourens dès 1842.
Il
constata que l’ouverture d’un CSC chez le pigeon produisait des
mouvements de la tête caractéristiques se situant dans le plan du
canal intéressé.
Mais ce fut Ewald, en 1892, qui établit une relation
claire entre les plans des CSC, la direction du flux endolymphatique
et la direction des mouvements induits au niveau de la tête et des
yeux.
Pour cela, après exposition chirurgicale de la membrane
labyrinthique des CSC de pigeon, il appliqua à chaque canal des
pressions positives et négatives, produisant des courants
endolymphatiques ampullopètes et ampullofuges.
Ainsi, il formula
ce qu’il est convenu d’appeler les lois d’Ewald :
– les manifestations toniques (phase lente du nystagmus et
déviations segmentaires et axiales) sont dirigées dans le sens du
courant endolymphatique ;
– dans les canaux horizontaux, l’excitation ampullopète est
supérieure à l’excitation ampullofuge.
C’est le contraire dans les
canaux verticaux.
* Déductions et explications :
Des lois d’Ewald, nous pouvons déduire qu’il existe une polarisation
des CSC.
Le facteur de stimulation canalaire est constitué par les
accélérations angulaires.
Cette polarisation est donnée par
l’organisation ciliaire des cellules sensorielles.
En effet, l’axe
morphologique de polarité, appelé vecteur de polarisation, passe par
le stéréocil le plus court et par le kinocil.
L’orientation du flux endolymphatique par rapport à cet axe de polarisation détermine le
niveau d’activité recueilli au niveau des afférences vestibulaires.
L’inclinaison des stéréocils vers le kinocil induit une augmentation
de la décharge des fibres afférentes, donc une excitation, et
inversement.
Les kinocils sont du côté utriculaire dans les crêtes des
canaux horizontaux et inversement dans les crêtes des canaux
supérieur et postérieur ce qui illustre la seconde loi d’Ewald.
Toutefois, cette transduction mécanoneurale n’est possible que par
l’existence du diaphragme ampullaire totalement hermétique
constitué par la crête et la cupule.
La cupule se comporte
comme un coupleur entre la force due à l’accélération angulaire de
la tête et les cellules sensorielles.
En raison de la configuration et
des dimensions des canaux, l’endolymphe ne peut se déplacer que
dans une direction le long de la cavité cylindrique et lorsqu’une
accélération angulaire est appliquée à la tête, l’ensemble endolymphe-cupule se comporte comme une masse homogène
puisque la cupule a le même poids spécifique que l’endolymphe
dans laquelle elle baigne.
Il existe une relation étroite entre le
déplacement de la tête et le déplacement cupulaire. Les accélérations
et les décélérations créent un mouvement différentiel entre le
contenant et le contenu.
Si l’ensemble tête et endolymphe tourne à
vitesse égale, les cellules sensorielles ne sont pas stimulées. Lorsque
la cupule est déviée, elle revient à sa position de repos, selon un
mouvement exponentiel, à la manière d’un pendule.
La cupule est
assimilée à une voile souple dont les déplacements sont plus amples
à la base qu’au sommet.
La cupule est également plus mobile dans
sa partie centrale que dans les régions latérales.
L’étroitesse du
diamètre des CSC et la densité relative de la cupule et de
l’endolymphe entraînent une inertie considérable de l’ensemble du
système qui fonctionne comme un pendule suramorti, ce qui lui
permet de répondre avec une très grande sensibilité à des
stimulations de très courte durée.
Le seuil d’activation des canaux
correspond à une accélération angulaire de 0,1 à 0,2°/s2, qui produit
un déplacement de la cupule de l’ordre de 10 nm.
En définitive,
les trois CSC conjuguent leur action et sont à l’origine d’un codage
tridimensionnel des déplacements de la tête.
C - ORGANES ET MACULES OTOLITHIQUES :
1- Anatomie descriptive
:
L’utricule et le saccule forment deux poches en forme de sac.
L’utricule, sur lequel s’abouchent les CSC, est placé en arrière et est
aplati dans le sens transversal, alors que le saccule est en avant et de
forme plus arrondie.
Il communique avec la cochlée par le canal Réuniens.
L’utricule et le saccule sont solidarisés par un canal en
« Y » qui se poursuit par l’aqueduc du vestibule et le sac endolymphatique.
L’épithélium sensoriel ou macule est constitué de
cellules sensorielles ciliées dont l’activité des afférences vestibulaires,
la morphologie et la polarisation morphofonctionnelle sont
analogues à celles des crêtes ampullaires.
Les cellules de type I se
rencontrent surtout au centre des macules et les cellules de type II
en périphérie.
La macule est portée dans le saccule et l’utricule
respectivement par la paroi interne dont l’orientation est verticale,
et par la partie antérieure du plancher dont l’orientation est
horizontale.
Chaque macule est recouverte par une membrane
otolithique constituée d’une substance gélatineuse de nature
protidique contenant des cristaux de carbonate de calcium : les otoconies ou otolithes.
Cette membrane délimite des alvéoles dans
lesquelles pénètrent les cils des cellules sensorielles.
2- Aspects physiologiques :
Chaque macule est séparée en deux zones de surface égale par une
ligne : la striola.
De part et d’autre de la striola, les cellules
sensorielles sont orientées de telle sorte que leurs kinocils soient en
opposition de polarité, c’est-à-dire de face dans l’utricule et de dos
dans le saccule.
Un tel arrangement des cellules ciliées maculaires produit des réponses inverses dans chaque moitié de la
macule pour un stimulus donné.
Ces stimuli sont principalement
les accélérations horizontales pour les récepteurs utriculaires et les
accélérations verticales pour les récepteurs sacculaires.
Toutefois, la striola étant incurvée et les cellules sensorielles orientées selon des
angles différents, les macules ont une sensibilité multidirectionnelle.
L’activation des récepteurs otolithiques s’effectue
par le glissement de la membrane otoconiale sur la macule,
entraînant des forces de cisaillement au niveau de la garniture
ciliaire.
Si le stimulus est orienté dans l’axe des kinocils, il y a
excitation.
Un stimulus de sens opposé conduit à une inhibition. Le
seuil de détection des déplacements linéaires se situe aux alentours
de 0,05 à 0,1 m/s2.
Lorsqu’une vitesse constante est atteinte, la
membrane otolithique reprend sa position initiale de repos grâce à
l’élasticité des cils et la force de cisaillement disparaît.
L’accélération
gravitaire agit en permanence sur les récepteurs maculaires mais elle
ne sera prise en compte qu’à l’occasion d’un angle de déplacement
des kinocils.
Par cette organisation, la perception de la direction des
mouvements verticaux est délicate car la stimulation dynamique
s’ajoute à l’accélération gravifique statique.
Il s’agit alors de détecter
un changement de niveau d’accélération.
Dans les déplacements
horizontaux, il suffit de détecter un changement de direction
d’accélération.
D - TRANSDUCTION MÉCANOÉLECTRIQUE :
Les cellules sensorielles vestibulaires sont des mécanorécepteurs.
Leur rôle est de transformer un déplacement mécanique initial en
un signal électrique interprétable par le SNC.
Ce mécanisme, dit de
transduction mécanoélectrique s’effectue en trois étapes :
– le stimulus entraîne le déplacement d’une structure annexe
couplée à la cellule réceptrice par l’intermédiaire de la garniture
ciliaire ;
– la déformation mécanique du pinceau de stéréocils qui s’ensuit
entraîne l’apparition d’un courant entrant qui se traduit par un
signal électrique : le potentiel de récepteur ;
– le potentiel de récepteur induit une dépolarisation basolatérale de
la cellule ciliée qui est à l’origine de la libération de
neurotransmetteurs et du potentiel générateur de potentiels
d’actions transmis au SNC par les fibres afférentes.
1- Cellules sensorielles vestibulaires
:
Les cellules de type I ont une forme d’amphore et sont au contact
d’une terminaison nerveuse large et unique qui les enveloppe à la
manière d’un calice.
Les cellules de type II sont rectangulaires et
présentent à leur base des terminaisons afférentes en forme de
plateau.
On dénombre 23 000 cellules sensorielles dans les trois
crêtes ampullaires et 4 000 dans les deux macules.
La garniture
ciliaire de chacune de ces cellules est commune et représente la
structure mécanosensible.
* Garniture ciliaire :
La garniture ciliaire est composée de 40 à 100 microvillosités plus
ou moins développées, les stéréocils, et d’un kinocil.
Le kinocil, qui
représente l’axe de polarisation, naît d’un corps basal situé dans le
cytoplasme apical alors que les stéréocils sont enchâssés dans la
plaque cuticulaire.
Les stéréocils sont disposés en rangées
successives, de taille croissante, donnant à l’ensemble un aspect en
« tuyau d’orgue ».
La rangée des stéréocils les plus élevés porte le
kinocil.
La qualité mécanique de la garniture ciliaire est le fait de
l’existence de liens entre les stéréocils rendant les différents éléments
solidaires les uns des autres.
En effet, il a été montré en microscopie
électronique que chaque stéréocil était ancré aux stéréocils voisins
par des liens latéraux, la dernière rangée de stéréocils étant solidaire
du kinocil.
Il s’ensuit que le déplacement de la touffe ciliaire
s’effectue d’une façon homogène et en totalité lors de déflexions
mécaniques.
À côté de ces liens latéraux, de fins filaments apicaux
relient le sommet d’un stéréocil à la région subapicale du cil adjacent
situé dans la rangée suivante.
2- Étapes de la mécanotransduction :
La séquence des événements allant de l’ouverture des canaux de
transduction à la libération de glutamate (très probable
neurotransmetteur) à la base des cellules sensorielles est encore
discutée.
L’étape d’ouverture des canaux de transduction repose
vraisemblablement sur un modèle dit des gating spring selon lequel
la porte moléculaire du canal serait reliée au lien élastique apical.
Ainsi, lors d’un stimulus excitateur, les liens apicaux, reliés aux
portes moléculaires des canaux de transduction, permettent leur
ouverture en provoquant un changement conformationnel des
protéines constitutives des canaux.
L’ouverture des canaux de
transduction dépendrait fortement de la présence d’ions calcium
(Ca++), qui opèrent directement sur la molécule canale. Finalement,
le courant de transduction est un flux entrant d’ions potassium (K+),
accompagnés d’ions Ca++.
Au niveau des cellules de type II, un déplacement de la touffe
ciliaire en direction du kinocil entraîne la formation d’un potentiel
de récepteur à l’apex de la cellule de type II, lequel provoque un
champ électrique qui dépolarise la partie basolatérale de la cellule
et l’ouverture de canaux calciques voltage-dépendants.
Cette
ouverture permet l’entrée du calcium dans la cellule et la libération
de glutamate.
Dans un deuxième temps, la repolarisation de la cellule se produit.
Elle se caractérise par un flux sortant de potassium, par la
neutralisation du calcium au moyen de protéines liant le calcium et
par des canaux expulsant le calcium.
Les cellules de type II se
caractérisent également par un potentiel de repos bas (- 45 mv) à
l’origine d’une haute sensibilité.
Au niveau des cellules de type I, les étapes mécanotransductrices
sont globalement semblables à celles des cellules de type II.
Toutefois, il existe des conductances différentes entre ces cellules et,
notamment, aucun canal calcique voltage-dépendant n’a été mis en
évidence, ce qui laisse en suspens certaines modalités d’activation.
Notons que les cellules de type I associent une polarisation de repos
élevée (-70 mv) avec une faible composante entrante calcique.
3- Mécanismes de régulation
:
Plusieurs processus semblent impliqués dans la régulation des
étapes de la mécanotransduction.
– Un premier phénomène d’adaptation, commun aux cellules de
type I et II, affectant le courant de transduction, serait sous la
dépendance des ions Ca++.
Ce contrôle est activé pour des intensités
moyennes et continues de stimulation et correspond à un mécanisme
de régulation automatique de la prise d’informations.
– Le second processus implique les autorécepteurs glutamatergiques.
Situés sur la membrane présynaptique à
proximité des corps synaptiques, leur activation contrôle la
libération du glutamate.
Ce mécanisme est également commun aux
deux types de cellules sensorielles.
– Un troisième processus de régulation implique les fibres efférentes
réalisant des synapses axosomatiques directes avec les cellules de
type II.
Le principal neurotransmetteur serait l’acétylcholine, mais
l’immunocytochimie objective des colocalisations notamment avec
la substance P.
L’effet induit par les fibres efférentes semble fonction
de l’état d’excitation de la cellule sensorielle.
Pour les cellules de type I, la régulation effectuée par les fibres
efférentes est différente.
Celles-ci font synapses avec le calice
nerveux des fibres afférentes formant alors des synapses axodendritiques.
L’action de ces fibres efférentes n’est pas connue.
Au niveau de la partie apicale du calice nerveux, des techniques
d’immunocytochimie ont mis en évidence la présence de glutamate
et de substance P.
Par ce biais, la fibre nerveuse exercerait un
rétrocontrôle sur la partie apicale de la cellule qui pourrait se
contracter ou se relâcher.
E - FIBRES VESTIBULAIRES :
1- Fibres afférentes ou neurones vestibulaires primaires
:
Les dendrites des neurones bipolaires sont au contact des cellules
ciliées vestibulaires.
Leurs corps cellulaires sont rassemblés dans le
ganglion vestibulaire dit de Scarpa, et leurs axones cheminent dans
le nerf vestibulaire puis gagnent, après un trajet dans le tronc cérébral, les noyaux vestibulaires, à l’exception de certains qui se
projettent directement sur le cervelet.
Les fibres afférentes
vestibulaires se caractérisent par leur activité spontanée permettant
de les classer en deux groupes principaux :
– les unités régulières de type tonique dont la fréquence moyenne
des décharges est de 50 impulsions par seconde ;
– les unités irrégulières de type phasique dont la fréquence
moyenne des décharges est de sept impulsions par seconde.
Les activités régulières toniques proviennent de fibres fines
afférentes aux cellules de type II ; les activités irrégulières phasiques
sont issues de fibres de gros diamètre à vitesse de conduction
nerveuse rapide et connectent les cellules de type I.
Entre ces deux
populations, il existe un continuum de neurones vestibulaires
primaires aux propriétés intermédiaires au contact de cellules
sensorielles dimorphiques.
L’activité de repos des fibres nerveuses résulterait d’une libération glutamatergique continue ou discontinue des cellules sensorielles et
sert de base au codage vestibulaire.
Toute stimulation qui entraîne
au niveau d’un récepteur ampullaire ou maculaire un déplacement
des stéréocils vers les kinocils provoque une augmentation de
l’activité des fibres, alors qu’une stimulation en sens inverse suscite
une diminution de cette activité.
La conséquence est une modulation
de l’activité spontanée qui apparaît indispensable à l’appréciation
de la bidirectionnalité des stimuli.
Il faut souligner que les
modifications de l’activité spontanée sont particulièrement sensibles
pour les unités régulières toniques.
Celles-ci ne présentent pas
d’adaptation aux stimuli et répondent non pas en fonction du
mouvement mais de la position de la tête.
Elles assurent la fonction
statique du labyrinthe.
Au contraire, les unités irrégulières
répondent de façon phasique dès le début d’un mouvement ; elles
ont donc un rôle dynamique et sont liées à la fonction cinétique du
labyrinthe.
L’enregistrement de la direction du stimulus assuré par
les variations positives ou négatives de l’activité des fibres
vestibulaires est cependant plus ou moins fidèle suivant l’intensité
de la stimulation et de la fibre concernée.
C’est ainsi que pour une
stimulation ampullopète ou ampullofuge affectant la crête du canal
latéral, les réponses excitatrices ou inhibitrices ne sont symétriques
que si la stimulation est de faible intensité ou si les unités mises en
jeu ont une activité spontanée élevée.
Si la stimulation est de forte
intensité ou si la fréquence des activités unitaires est faible, il y a
une dissymétrie des réponses, la fibre signalant plus fidèlement une
stimulation excitatrice qu’une stimulation inhibitrice.
En effet, une
unité qui a une fréquence de décharge faible (40 impulsions/s)
atteint lentement sa fréquence de décharge maximale
(400 impulsions/s) après une stimulation excitatrice, alors que la
cessation de son activité survient rapidement après une stimulation
inhibitrice.
L’activité spontanée des fibres vestibulaires des
mammifères étant plus élevée que celle des autres vertébrés, elle
permet une meilleure linéarité bidirectionnelle des réponses et donc
une perception plus correcte des mouvements céphaliques.
2- Fibres efférentes :
Elles constituent un système centrifuge dont les terminaisons
effectuent des synapses avec les membranes des cellules de type II
ou avec les calices nerveux des cellules de type I.
Chaque labyrinthe
reçoit des fibres provenant des noyaux efférents homo- et
controlatéraux situés, chez les primates, entre le noyau abducens
(VI) et le noyau vestibulaire supérieur.
Les fibres efférentes sont
impliquées dans la modulation des informations vestibulaires
transmises au SNC.
Le neurotransmetteur prédominant est
l’acétylcholine.
Les modalités de rétrocontrôle ont été abordées
précédemment.
Intégration et destination du message
dans le système nerveux central :
Les afférences labyrinthiques sont regroupées au sein du nerf
vestibulaire et abordent le névraxe au niveau de la fossette latérale
du bulbe.
Puis, les fibres se divisent en deux contingents dont l’un
se projette directement sur le cervelet et l’autre, par le biais d’une
branche ascendante et d’une branche descendante, se distribue au
complexe des noyaux vestibulaires.
Ces noyaux vestibulaires vont
se comporter comme des centres d’aiguillage et d’intégration de
l’information.
A - NOYAUX VESTIBULAIRES :
1- Centre d’intégration :
Chez les vertébrés supérieurs, la fonction d’équilibration joue un
rôle d’autant plus important que l’équilibre est plus difficile à
maintenir à la suite des contraintes imposées par le mode de vie et,
chez l’homme, par la position érigée.
Ces impératifs nécessitent un
contrôle très précis d’actes moteurs complexes.
Les récepteurs
vestibulaires ne peuvent pas à eux seuls fournir un schéma sans
ambiguïté de la position du corps dans l’espace en utilisant les
noyaux vestibulaires comme de simples relais.
C’est pourquoi, en
plus des afférences labyrinthiques, les noyaux vestibulaires reçoivent
notamment des projections en provenance des récepteurs articulaires
et musculaires de la nuque et des membres inférieurs, des récepteurs
proprioceptifs de la musculature extraoculaire, du cortex, du cervelet
et des noyaux vestibulaires homologues controlatéraux (relations
intercommissurales).
Les noyaux vestibulaires vont comparer et
intégrer toutes ces informations.
Les sorties motrices sont soit
directes (réflexes), soit indirectes (volontaires et autres).
2- Anatomie :
Le complexe des noyaux vestibulaires est formé de quatre noyaux
principaux (supérieur, médian, latéral, descendant) qui constituent
l’une des structures nerveuses les plus importantes du tronc
cérébral.
Cette structure est située sous le plancher du IVe ventricule.
Il existe des groupes cellulaires associés à cet ensemble.
+ Principales caractéristiques des noyaux vestibulaires :
– Le noyau vestibulaire supérieur (noyau de Bechterew) est localisé
sous le plancher latéral du IVe ventricule, bordé dorsalement par le
pédoncule cérébelleux supérieur et latéralement par le corps juxtarestiforme
situé dorsalement par rapport au noyau médian.
Les
afférences labyrinthiques atteignent essentiellement la partie centrale
de ce noyau et sont d’origine ampullaire.
Un grand nombre de fibres
d’origine cérébelleuse se projette également sur ce noyau.
La plupart
des efférences issues de ce noyau cheminent dans le faisceau
longitudinal médian (FLM) homolatéral ascendant et sont destinées
aux noyaux oculomoteurs.
– Le noyau vestibulaire médian ou de Schwalbe (ou noyau
triangulaire) constitue, par sa taille, avec le noyau descendant, l’une
des deux plus importantes structures du complexe vestibulaire.
Il
est limité rostralement par le noyau supérieur et ventralement par
le noyau descendant.
La strie acoustique dorsale le sépare nettement
du noyau vestibulaire latéral.
Ses afférences labyrinthiques sont
majoritairement d’origine ampullaire mais il reçoit également des
afférences d’origine utriculaire.
Des efférences ascendantes se
projettent d’une part vers les noyaux oculomoteurs en empruntant
le FLM controlatéral et d’autre part sur le cervelet.
Des efférences
descendantes forment un faisceau vestibulospinal médian (FVSM).
– Le noyau vestibulaire latéral (ou noyau de Deiters) est bordé
ventralement par le noyau descendant, le nerf vestibulaire et le
noyau interstitiel du nerf vestibulaire sur pratiquement toute sa
longueur.
Ce noyau est généralement scindé en deux, avec une
région dorsocaudale et une région rostroventrale sur la base de ses
connexions afférentes.
Sur la région rostroventrale se projettent les
afférences maculaires et à un degré moindre les afférences
ampullaires.
Sur la région dorsocaudale se projettent des afférences
en provenance du cervelet et de la moelle épinière.
De cette région
naissent le faisceau vestibulospinal latéral (FVSL) avec une
projection ventrorostrale sur la moelle cervicale et thoracique, et une
projection dorsocaudale sur la moelle lombaire.
Le noyau vestibulaire descendant (ou de Roller) est bordé
latéralement sur presque toute sa longueur par le pédoncule
cérébelleux inférieur.
Il reçoit des afférences labyrinthiques
(maculaires et crêtes ampullaires), des afférences cérébelleuses et des
fibres en provenance de la moelle lombaire.
Des efférences se
dirigent vers le lobe flocculonodulaire, le noyau fastigial et
bilatéralement, vers la moelle épinière, via le FVSM.
– Parmi les noyaux accessoires, retenons le noyau interstitiel du nerf
vestibulaire, décrit par Ramon y Cajal en 1896, et le groupe y qui
reçoivent respectivement des afférences ampullaires et sacculaires.
De part ses projections sur les noyaux oculomoteurs, le noyau de
Cajal participe à la genèse du RVO et constituerait un centre
prémoteur impliqué dans l’organisation des mouvements
saccadiques verticaux.
Les autres noyaux accessoires (x, z, f, g, l) ne
sont généralement pas considérés comme appartenant au complexe
des noyaux vestibulaires car il ne reçoivent pas d’afférences
vestibulaires primaires.
3- Aspects physiologiques :
* Réponses des neurones vestibulaires centraux
après stimulation électrique :
L’étude des potentiels extracellulaires enregistrés après stimulation
électrique du nerf vestibulaire permet d’identifier deux types de
potentiels.
Il existe un potentiel N1 composé des potentiels d’action
des neurones vestibulaires secondaires excités monosynaptiquement
par les fibres labyrinthiques et un potentiel N2 qui représente
l’activation polysynaptique des neurones des noyaux vestibulaires.
* Réponses des neurones vestibulaires centraux
après stimulations rotatoires :
Selon la classification de Duensing et Schaeffer, on distingue quatre
types d’unités canalaires définis en fonction de leur réponse à une
accélération angulaire s’exerçant dans le plan du canal considéré.
Les neurones de type I ont des réponses comparables à celles des
neurones afférents primaires c’est-à-dire qu’ils sont stimulés par la
rotation ipsilatérale de la tête et inhibés par une rotation
controlatérale.
Les neurones dits de type II présentent des réponses
inverses.
La latence de leur réponse est retardée.
Cet effet est sous la
dépendance soit de connexions commissurales se faisant à partir de
la substance réticulée ou même directement de neurones
controlatéraux de type I soit par un réseau d’interneurones situés
dans le noyau lui-même.
Des neurones de type III et IV, assez peu
nombreux, répondent respectivement par une augmentation et une
diminution de leur fréquence de décharge quel que soit le sens de la
rotation.
Parmi ces différents types de neurones, les uns ont un comportement
phasique et les autres un comportement tonique reproduisant le
pattern d’activité noté au niveau des neurones vestibulaires
primaires.
Il semblerait que la fréquence de décharge des neurones
soit en relation avec l’accélération du déplacement angulaire dans la
gamme des mouvements lents et avec la vitesse de ces mêmes
déplacements lors des mouvements plus rapides.
* Réponses des neurones vestibulaires centraux
après des inclinaisons statiques :
Duensing et Schaeffer ont également établi une classification basée
sur la relation entre le sens des inclinaisons de la tête et l’amplitude
des réponses des unités vestibulaires.
Ainsi, lors d’une inclinaison
latérale et d’une inclinaison antéropostérieure, quatre types d’unités
neuronales sont décrits, nommés respectivement alpha, bêta,
gamma, delta et 1, 2, 3, 4.
Une inclinaison latérale de la tête induit
une activation des neurones alpha ipsilatéraux et une inhibition des
neurones alpha controlatéraux. Un pattern de réponses inverses est
enregistré pour les neurones bêta.
Les autres neurones répondent,
quel que soit le sens de l’inclinaison, soit par une augmentation, soit
par une diminution de leur fréquence de décharge.
Les deux premières unités sont activées de façon monosynaptique
et les deux dernières de façon polysynaptique.
Il existe également
des unités toniques et phasiques.
Selon Xerri et al, les informations d’origine maculaire semblent
faire l’objet d’un traitement central plus important que les
informations d’origine ampullaire.
Au sein des noyaux latéraux de Deiters on distingue chez le chat :
– une population neuronale (un tiers) qui réalise le codage de
l’accélération.
Ces unités sont des relais de l’activité des afférences
primaires otolithiques ;
– une population neuronale qui intègre les informations primaires.
Certains neurones réalisent un codage directionnel de la vitesse et
d’autres un codage de la vitesse absolue du déplacement
indépendamment du sens du déplacement ;
– une population neuronale qui présente une fréquence de décharge
qui augmente en relation avec le signal de position du déplacement.
4- Relations commissurales
:
La présence de relations commissurales atteste de l’étroite
coordination entre les structures vestibulaires situées bilatéralement.
Les noyaux impliqués sont essentiellement les noyaux médians et
supérieurs.
L’action de ce système est schématiquement excitateur
au niveau maculaire et inhibiteur au niveau canalaire.
Une telle
action inhibitrice est observée au niveau du RVO décrit plus loin.
L’objet de ces fibres commissurales est d’accroître la sensibilité des
neurones vestibulaires secondaires à un mouvement de tête.
B - INTERRELATIONS VESTIBULO-OCULOMOTRICES :
Les systèmes vestibulaire et oculomoteur entretiennent des interrelations
privilégiées.
Celles-ci oeuvrent dans un but commun de
stabilisation de l’image rétinienne afin de permettre une vision nette,
si possible en toute circonstance.
De fait, une étude exhaustive de
ces inter-relations en fonction des circonstances paraît difficile car la quasi-totalité des structures cérébrales est susceptible de participer,
de près ou de loin, à l’oculomotricité.
En fonction des situations et
des contraintes de vision (déplacement de l’observateur devant un
champ visuel stationnaire, déplacement du regard pour suivre un
objet en mouvement, combinaison des deux situations) le système visuomoteur dispose de deux types de sorties motrices, les
mouvements lents, ou rampes, et les mouvements rapides, ou
saccades.
Ces mouvements élémentaires sont élaborés et produits
par des structures qui restent le plus souvent les mêmes, quelle
qu’en soit l’utilisation.
Cette utilisation se fait selon plusieurs
modalités.
Ainsi, l’organisation des mouvements oculaires conjugués
peut être représentée comme une structure à plusieurs étages
comprenant :
– une voie finale commune (VFC), lieu de passage obligé des
impulsions adressées aux noyaux oculomoteurs, lesquels activent les
muscles extraoculaires, responsables des mouvements des yeux ;
– un générateur d’impulsions constitué principalement par la
formation réticulée pontique paramédiane (FRPP) pour les
mouvements horizontaux, voire le noyau prepositus hypoglossi
(NPH) et les noyaux vestibulaires ;
– des structures « gâchettes » d’activation du générateur
d’impulsions.
Ce sont le cortex cérébral, les noyaux vestibulaires, la FRPP et les colliculi supérieurs ;
– des structures de coordination qui préparent et contrôlent le
mouvement oculaire : noyaux gris centraux, cervelet et NPH.
Chaque structure gâchette répond à une stimulation sensorielle
donnée commandant un des deux types de mouvement oculaire
dont le but est déterminé.
Au stade prémoteur, les structures de
coordination traduisent cet objectif en termes de caractéristiques
cinétiques : amplitude, vitesse, direction et durée.
L’impulsion
apparaît alors au sein du générateur qui reste sous contrôle des
structures de coordination et elle est envoyée dans la VFC.
1- Voie finale commune
:
La VFC de l’oculomotricité conjuguée est le lieu de passage obligé
des impulsions destinées aux noyaux oculomoteurs, quelle que soit
leur origine.
Elle est constituée d’un faisceau d’association, le FLM
ou bandelette longitudinal postérieure et des centres du regard.
Nous nous baserons sur cette définition de la VFC, même si selon
Sherrington la VFC comprend uniquement les motoneurones et
leurs efférences musculaires.
Le FLM est un faisceau dont la fonction est de mettre en relation
l’ensemble des nerfs crâniens intervenant dans la motricité de la tête
et des yeux.
Il est situé de part et d’autre de la ligne médiane, à la
partie postérieure du tronc cérébral, et s’étend du mésencéphale, au
voisinage des noyaux du III, jusqu’au bulbe, au contact du noyau
du XI.
Parmi les contingents qui le composent, les plus importants
sont les efférences vestibulaires, et les interneurones unissant les
noyaux du III et du VI, de part et d’autre de la ligne médiane
formant le faisceau intercalaire.
Il convient de noter que toutes les
connexions vestibulo-oculomotrices ne se font pas par le FLM,
certaines transitant par le tractus ascendant de Deiters, qui unit les
noyaux vestibulaires aux noyaux du III ipsilatéraux.
L’existence des centres du regard latéral, l’un à droite, l’autre à
gauche, est admise.
Ces centres sont localisés au sein même du
noyau du VI.
Du noyau du VI partent deux types de motoneurones :
les premiers sont des interneurones empruntant le FLM et destinés
au noyau du muscle droit interne controlatéral ; les seconds
constituent le tronc du nerf abducens et se dirigent vers le muscle
droit externe du même côté.
Au même titre que les centres du regard horizontal, des centres du
regard vertical sont décrits.
Toutefois, pour ce qui concerne les
mouvements d’origine vestibulaire, leur commande cheminerait
directement des noyaux vestibulaires aux noyaux oculomoteurs,
sans relayer à l’étage mésencéphalique comme ceci est le cas dans
les mouvements verticaux d’origine visuelle.