Neuropathies périphériques au cours de l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine
Cours de Neurologie
Introduction
:
L’atteinte du système nerveux périphérique peut se manifester avec
une fréquence variable, aux différents stades de l’immunodéficience
progressive qui caractérise l’infection par le virus de
l’immunodéficience humaine (VIH).
Dans cet article,
nous passons en revue les différents aspects de ces neuropathies, en
nous référant aux données de la littérature et à notre expérience dans
ce domaine, pour illustrer la diversité et la complexité de ces
atteintes.
Ces dernières peuvent en effet être en rapport avec
l’infection par le VIH, avec la réaction immunitaire qui lui succède,
puis avec l’immunodépression et les infections opportunistes, dont
l’infection par le cytomégalovirus, susceptible lui aussi d’entraîner
des lésions nerveuses périphériques sur ce terrain.
Fréquence de l’atteinte du système
nerveux périphérique au cours
de l’infection par le VIH :
Une atteinte infraclinique, détectée sur la présence d’anomalies
mineures à l’examen électromyographique systématique, était mise
en évidence sur quatre des 23 sujets séropositifs asymptomatiques
dans une étude, tandis que dans une autre portant sur
41 séropositifs, 89 % des patients avaient des anomalies
électrophysiologiques, 58 % de ces patients étant asymptomatiques.
Dans une étude prospective de 40 patients atteints du syndrome de
l’immunodéficience acquise (sida), selon les critères du Center for
Disease Control d’Atlanta, So et al ont noté l’existence d’une neuropathie distale chez 35 % d’entre eux.
Le diagnostic de
neuropathie était basé sur la présence de paresthésies distales, avec
hypoesthésie et diminution ou abolition des réflexes achilléens.
La
présence de signes patents de neuropathie périphérique
s’accompagnait d’un abaissement important du potentiel d’action
du nerf saphène externe, par rapport aux contrôles sans neuropathie.
En revanche, les vitesses de conduction ne différaient pas de façon
significative entre les deux groupes, ce qui montre bien l’importance
de l’atteinte axonale, en rapport avec la diminution du potentiel
d’action du nerf, dans la survenue des neuropathies
symptomatiques.
Dans cette étude, aucun des sujets suivis pendant
une durée allant jusqu’à 6 mois n’a vu sa neuropathie progresser de
façon significative.
L’enseignement à tirer de ces études prospectives
est que les anomalies électrophysiologiques infracliniques sont
fréquentes, mais qu’il n’est pas nécessaire de les rechercher
systématiquement.
Les neuropathies périphériques surviennent le plus souvent à un
stade avancé de l’immunodépression.
Ainsi, sur une cohorte de 222
patients, la fréquence des anomalies électrophysiologiques
augmentait à mesure que le taux sanguin de cellules CD4 baissait.
Dans cette même étude, toutes les neuropathies symptomatiques
sont survenues quand le taux de lymphocytes CD4 circulants était
inférieur à 400/mL ; la fréquence des neuropathies atteignait alors
19 %.
Dans notre expérience également, les neuropathies
symptomatiques surviennent habituellement chez des patients ayant
un taux de lymphocytes CD4 déjà bien abaissé. Dans 10 % de nos
observations cependant, les patients avaient un taux de lymphocytes
CD4 supérieur à 400/mL.
Dans une série personnelle portant sur 40 patients atteints de
neuropathie symptomatique, examinés en milieu neurologique, la
neuropathie a été observée dans 57 % des cas à la phase de sida,
dans 31 % des cas au stade de AIDS-related complex (ARC) ; dans
10 % des cas chez des sujets séropositifs asymptomatiques jusquelà,
et dans 2 % des cas au moment de la séroconversion.
Il est important de noter que la neuropathie a révélé l’infection par le VIH
chez sept malades sur 40, soit dans 17,5 % des cas, ce qui souligne la
nécessité d’envisager cette éventualité dans l’enquête étiologique de
toute neuropathie acquise.
Aspects cliniques
:
Les neuropathies observées chez les malades infectés par le VIH sont
très polymorphes et représentent une entité nouvelle dans le
domaine des neuropathies périphériques, de sorte que bien souvent,
les dénominations traditionnelles deviennent approximatives et
sources de confusion.
Au cours de l’infection par le VIH, on peut observer des
neuropathies focales ou multifocales, radiculaires, tronculaires ou
plexiques, éventuellement associées entre elles ; des atteintes
symétriques distales des membres inférieurs d’allure
polynévritique ; des atteintes simultanées ou rapidement
progressives des quatre extrémités, souvent asymétriques, évoquant
une polyradiculopathie inflammatoire ; un syndrome de Guillain-Barré typique ; des paralysies isolées ou multiples, aiguës ou
subaiguës des nerfs crâniens ; une paralysie faciale ressemblant à
une paralysie a frigore ; une paralysie faciale s’associant
secondairement à d’autres atteintes périphériques inflammatoires ;
une dysautonomie isolée ou associée à d’autres manifestations
périphériques.
Cette variété est liée à la multiplicité des facteurs
intervenant dans ces neuropathies avec, au premier rang, les lésions
inflammatoires endoneurales, directement ou indirectement en
rapport avec la présence du VIH.
Ces atteintes périphériques
s’associent souvent à des lésions plus ou moins marquées du
système nerveux central et éventuellement à une atteinte musculaire,
elle aussi souvent polymorphe.
A - NEUROPATHIES MULTIFOCALES SUBAIGUËS :
Il est difficile de schématiser une forme typique de neuropathie dans
l’infection par le VIH, mais les neuropathies multifocales rapidement
progressives sont une des manifestations les plus communes.
Dans
ces cas, l’installation de la neuropathie est marquée par des
paresthésies distales se traduisant par des engourdissements, des
douleurs à type de brûlures, de crampes ou de picotements,
débutant le plus souvent à la partie distale des membres inférieurs,
de façon généralement asymétrique.
Elles peuvent se poursuivre par
une atteinte des membres supérieurs, en quelques semaines, ou
rester localisées aux membres inférieurs.
Un déficit moteur, localisé,
d’intensité variable, peut survenir et s’accompagner d’une
hypoesthésie distale intéressant tous les modes de sensibilité.
Cette
atteinte sensitive peut cependant prédominer sur les sensibilités
tactiles et sensitives profondes, ou au contraire sur les sensibilités
thermiques et douloureuses, et évoquer alors une atteinte
prédominante des petites fibres myélinisées et des fibres
amyéliniques.
Une perte de sensibilité affectant la partie distale des
membres, avec hypoesthésie des membres supérieurs et inférieurs
et de la partie antéromédiane du tronc, peut traduire l’accumulation
de lésions endoneurales et la dégénérescence des fibres les plus
longues, comme celles qu’on observe dans les neuropathies
amyloïdes par exemple.
Dans certains cas, l’atteinte motrice est plus
importante, induisant même un steppage, voire une paraplégie.
Les
réflexes achilléens, abolis dans la majorité des cas, peuvent être
conservés, ou même exagérés, tout comme les réflexes rotuliens,
malgré l’existence de la neuropathie.
Cette vivacité en apparence
paradoxale des réflexes au cours d’une atteinte nerveuse
périphérique témoigne en fait d’une atteinte pyramidale
concomitante, par diffusion de l’atteinte inflammatoire au système
nerveux central.
Cette atteinte pyramidale peut se limiter à la
présence d’un signe de Babinski.
De petits troubles sphinctériens,
avec mictions impérieuses, sont fréquents.
Des signes d’atteinte
encéphalique peuvent accompagner la neuropathie.
Une des
importantes caractéristiques de la neuropathie périphérique est donc
de s’associer souvent à de discrets signes centraux.
Devant une atteinte périphérique focale, il est parfois très difficile
de préciser le siège, radiculaire ou tronculaire, des lésions.
Il se
trouve en fait que souvent existe une réaction inflammatoire,
lymphocytaire, dans le liquide céphalorachidien (LCR), témoignant
de l’atteinte des racines médullaires et des méninges. Les lésions
sont en effet souvent multifocales et disséminées.
Ces neuropathies
focales touchent plus volontiers les membres inférieurs que les
membres supérieurs, mais tous les territoires peuvent être
intéressés : nerfs crural, sciatique poplité externe, radial, cubital,
circonflexe… et s’associer éventuellement à des atteintes des nerfs
crâniens, avec ou sans réaction cellulaire dans le LCR.
B - FORMES PSEUDOPOLYNÉVRITIQUES :
Décrites en 1983 par Snider et al, elles ont été confirmées par les
études successives qui s’accordent pour reconnaître leur
survenue habituellement tardive, au stade de sida.
Dans l’ensemble,
ces formes tardives sont volontiers bilatérales et symétriques,
douloureuses, insomniantes, souvent localisées aux extrémités des
membres inférieurs et accompagnées d’une hyperesthésie de contact
très pénible.
Le déficit moteur est discret ou absent.
On note parfois
une érythrose de déclivité et un refroidissement des pieds qui peut
être à l’origine de ralentissement artificiel de la vitesse de conduction
nerveuse si l’on n’a pas pris soin de réchauffer les membres avant
l’enregistrement.
Atrophie cutanée et dépilation s’observent dans le
territoire de la neuropathie.
Les formes tardives réalisent plus
souvent des neuropathies symétriques distales, tandis que les
polyradiculonévrites inflammatoires subaiguës ou chroniques
surviennent généralement plus tôt dans l’évolution.
En fait, des
exceptions existent et une atteinte pseudopolynévritique peut fort
bien révéler l’affection.
Parmi ces formes symétriques, seules celles
qui surviennent au stade de séropositivité asymptomatique ou
éventuellement d’ARC ont une évolution relativement favorable.
Dans la majorité des autres cas, l’évolution se fait vers une
aggravation progressive, avec des douleurs souvent intolérables,
justifiant le recours à des traitements antalgiques puissants.
C - MÉNINGORADICULONÉVRITE ET SYNDROME
DE GUILLAIN-BARRÉ :
Le syndrome de Guillain-Barré, rappelons-le, est caractérisé par le
développement, habituellement quelques jours après un épisode
évocateur d’une infection virale, d’un déficit moteur d’intensité
variable, pouvant aller jusqu’à la quadriplégie flasque.
L’atteinte des
nerfs crâniens, en particulier la diplégie faciale, est fréquente, ainsi
que des troubles de la déglutition par atteinte des racines des nerfs
mixtes.
Les troubles sensitifs sont au second plan, réduits le plus
souvent à une hypoesthésie en « gants » et en « chaussettes »,
prédominant sur le tact, et à une atteinte proprioceptive témoignant
de lésions des grosses fibres myéliniques. Les réflexes sont
précocement abolis.
Il existe de nombreuses variantes du syndrome
de Guillain-Barré.
L’hyperprotéinorachie précoce, ou retardée de
quelques jours par rapport aux manifestations inaugurales, sans
réaction cellulaire dans le LCR, est une importante caractéristique
du syndrome.
C’est la classique dissociation albuminocytologique
ou plutôt « protéinocytologique » précoce, clé du diagnostic.
Une
mise au point récente sur les critères diagnostiques du syndrome de Guillain-Barré précise que le nombre de cellules mononucléées par
millilitre de LCR doit être inférieur à 10, exceptionnellement aller
jusqu’à 50, mais qu’au-delà, le diagnostic devient douteux.
Dans
l’étude française multicentrique sur l’effet des échanges
plasmatiques dans ce syndrome, une élévation des cellules
supérieure à 10/mL constitue d’ailleurs un critère d’exclusion.
Le
syndrome de Guillain-Barré, qui est considéré comme une réaction
immunitaire secondaire le plus souvent à une atteinte virale,
identifiée ou non, a une évolution habituellement favorable en
quelques semaines.
Les échanges plasmatiques précoces semblent
en raccourcir quelque peu l’évolution, et peut-être diminuer la
gravité des séquelles éventuelles.
Sous cette forme classique, le syndrome de Guillain-Barré est
exceptionnel dans l’infection par le VIH.
Nous ne l’avons rencontré qu’une fois sous cette forme pure chez un patient ayant un ARC, et
une fois lors de la séroconversion chez un autre patient, chez lequel,
atypie notable, existait une réaction cellulaire dans le LCR (de 100 à
250 lymphocytes/mL de LCR), associée par ailleurs à un syndrome
mononucléosique.
Cette atteinte était accompagnée d’un
syndrome confusionnel transitoire qui, comme la polyradiculonévrite,
avait évolué favorablement dans un premier temps.
Une biopsie nerveuse, pratiquée quelques mois plus tard à cause de
la recrudescence de douleurs des membres inférieurs, nous a montré
une raréfaction axonale, la persistance d’un infiltrat inflammatoire
discret, mais pas de lésion évolutive des fibres nerveuses.
Cette
évolution favorable de la neuropathie s’est en revanche compliquée
de l’apparition d’une encéphalopathie progressive.
En fait, la
présence habituelle d’une réaction cellulaire dans le LCR au cours
des neuropathies ressemblant à des syndromes de Guillain-Barré
rencontrées dans l’infection par le VIH doit plutôt évoquer une
méningoradiculonévrite.
D’autres cas de méningoradiculonévrite aiguë proches du syndrome
de Guillain-Barré ont été rapportés lors de séroconversion VIH, en
association avec un tableau de virose aiguë avec fièvre, diarrhée,
exanthème, polyadénopathie avec syndrome mononucléosique.
La
séroconversion était observée dans un délai de 20 à 50 jours
.
Ces tableaux de méningoradiculonévrites ont été également
signalés par Cornblath et al, dont trois patients présentaient un
tableau de polyradiculonévrite aiguë, les autres une forme subaiguë
avec réaction cellulaire dans le LCR.
Enfin, dans de rares cas de méningoradiculonévrite, une certaine corticodépendance se
manifeste.
Comme dans le syndrome de Guillain-Barré classique,
la prédominance motrice des déficits peut être très marquée, au
point d’en imposer pour une atteinte des motoneurones de la corne
antérieure de la moelle.
Une paralysie faciale périphérique peut révéler l’infection par le VIH.
Ces atteintes faciales s’accompagnent généralement
d’anomalies du LCR.
Une diplégie faciale comparable à celles
observées dans les polyradiculonévrites a été rencontrée.
La
plupart de ces paralysies faciales sont observées en début
d’évolution et ont une évolution favorable, comme la plupart des méningoradiculonévrites, dont elles se rapprochent. Des récidives
sont possibles.
D - DYSAUTONOMIE AU COURS DE L’INFECTION
PAR LE VIH :
On sait qu’une dysautonomie peut survenir au cours des formes
sévères de polyradiculonévrites du type Guillain-Barré et, dans
ce contexte, être à l’origine de certaines évolutions fatales.
Ce
dysfonctionnement végétatif se traduit par des variations tensionnelles avec hypotension orthostatique, éventuellement
responsable de syncopes au lever, ou encore de poussées
hypertensives.
On observe également des troubles sphinctériens, des
troubles du transit intestinal, des troubles de la motilité pupillaire,
du rythme cardiaque, des anomalies de la sudation et des variations
thermiques.
De la même manière, au cours de l’infection VIH, une
dysautonomie peut s’intégrer dans le contexte d’une neuropathie
inflammatoire.
Ainsi dans une observation, le patient avait
développé une neuropathie multifocale récidivante, avec des
troubles végétatifs lors de chaque épisode.
La biopsie a montré
une neuropathie mixte, inflammatoire, avec une certaine
prolifération schwannienne en « bulbes d’oignons ».
Dans certains
cas en revanche, la dysautonomie semble isolée, sans autre signe
apparent de neuropathie périphérique.
Dans une de nos
observations, la dysautonomie majeure a eu une évolution
spontanément favorable en quelques semaines.
E - ÉTUDES ÉLECTROPHYSIOLOGIQUES :
Les résultats des études électrophysiologiques pratiquées chez les
patients présentant une neuropathie symptomatique reflètent
l’hétérogénéité des lésions nerveuses rencontrées au cours de
l’infection par le VIH.
Lorsque prédomine la perte axonale,
on trouve un abaissement de l’amplitude du potentiel d’action
musculaire et du potentiel d’action sensitif, mais les vitesses de
conduction sont normales ou peu abaissées.
Dans les atteintes
distales symétriques, les anomalies prédominent à la partie distale
des membres inférieurs où peuvent être détectés des potentiels de
fibrillation, qui signent la dénervation.
Souvent, l’élargissement et
l’augmentation d’amplitude des potentiels d’unité motrice viennent
témoigner d’une réinnervation à partir des unités motrices voisines
intactes.
Dans les formes démyélinisantes, des ralentissements
localisés des conductions nerveuses ont été notés, en association
avec l’augmentation de la latence de l’onde F et des latences distales.
Des blocs de conduction nerveuse sont observés dans ces formes démyélinisantes.
Ils correspondent en principe à une
démyélinisation focale d’un tronc nerveux et se traduisent par un
effondrement du potentiel d’action musculaire lors de la stimulation
du nerf moteur en amont (proximal) de la région où se situe le bloc
de conduction, par rapport à la réponse obtenue après stimulation
distale à la zone du bloc.
F - EXAMEN DU LIQUIDE CÉPHALORACHIDIEN :
Les modifications du LCR sont fréquentes au cours de l’infection
par le VIH, aussi bien chez les patients présentant une atteinte
symptomatique du système nerveux central ou périphérique, que
chez les sujets asymptomatiques.
Dans notre série de patients
présentant une neuropathie symptomatique, la cytorachie moyenne
était de 80 cellules/lymphocytes/mm3, alors qu’elle s’établit à 10,78
± 3,4 chez les séropositifs asymptomatiques (J Soubeyrand,
communication personnelle).
La réaction cellulaire est donc
beaucoup plus intense en cas de neuropathie que chez les sujets
asymptomatiques.
Neuropathie due à une surinfection
par le cytomégalovirus au cours
du sida :
La neuropathie à cytomégalovirus occupe une place à part dans les
complications nerveuses périphériques de l’infection par le VIH, car
elle représente une infection virale opportuniste du
système nerveux périphérique qui n’était pas connue avant
l’épidémie de VIH.
Le cytomégalovirus est un virus du groupe des herpesvirus, dont le virion complet a un diamètre de 180 à
250 nm.
Sa grande complexité génique et antigénique explique
une remarquable diversité de souches : des centaines ont été
individualisées chez l’homme.
Chaque virion possède un génome
constitué d’un double brin d’acide désoxyribonucléique (ADN)
d’environ 150 X 106 daltons.
La souche humaine est responsable
d’infection seulement chez l’homme, et ne peut être cultivée in vitro
que sur fibroblastes.
Au niveau cellulaire, le fait pathologique le plus
remarquable est l’augmentation de volume des cellules infectées,
avec formation d’inclusions nucléaires et cytoplasmiques.
Bien que
ces inclusions consistent largement en virions et en agrégats de
protéines virales, une grande partie de cette cytomégalie provient
de la stimulation de la synthèse d’acides nucléiques et de protéines
qui accompagne l’infection par le cytomégalovirus.
Les complications neurologiques de l’infection par le
cytomégalovirus sont l’apanage quasi exclusif de l’immunodéprimé,
en particulier au cours du sida.
En effet, le cytomégalovirus est très
répandu puisque environ 1 % des enfants sont infectés in utero et
excrètent le virus à la naissance, tandis que près de 80 % des
adultes de moins de 40 ans ont, aux États-Unis, des anticorps anticytomégalovirus fixant le complément.
L’infection par le
cytomégalovirus se produit par des voies diverses : placenta,
sécrétions utérines infectées ; lait maternel ; transfusions multiples
et transplantations d’organe, qui sont des sources potentielles
d’infection, mais les contacts sexuels pourraient aussi représenter
un mode de contamination important.
Dans la plupart des cas,
l’infection par le cytomégalovirus est asymptomatique chez l’adulte jeune, ou entraîne seulement un syndrome mononucléosique avec
une virémie qui peut persister plusieurs mois.
Le virus peut, par la
suite, être isolé des urines pendant 1 an ou plus, tandis que
l’infection est contrôlée par la réponse immunitaire cellulaire et
humorale.
Le virus devient alors latent, sans que son site de latence
soit identifié, contrairement aux autres herpesvirus.
La réactivation
peut survenir du fait d’une immunodépression induite par une
chimiothérapie ou par l’infection par le VIH.
C’est seulement au
cours de l’infection par le VIH, et uniquement à un stade
d’immunodépression très avancé, que la présence de
cytomégalovirus dans le système nerveux paraît susceptible de se
compliquer d’une neuropathie périphérique.
Cette éventualité ne
doit pas être négligée, puisqu’il est possible de stabiliser ou
d’améliorer ces patients par un traitement spécifique précoce par
le ganciclovir (9-[1,3-dihydroxy-2-propoxyméthyl] guanine ou
DHPG) ou le foscarnet, alors que la plupart des neuropathies
tardives associées à l’infection VIH sont inaccessibles à un traitement
efficace.
Chez le sujet non immunodéprimé, le cytomégalovirus a été
incriminé sur la base de réactions sérologiques, dans le
développement du syndrome de Guillain-Barré, mais la
neuropathie au cytomégalovirus du sida est tout à fait différente du
syndrome de Guillain-Barré.
Les lésions du système nerveux
périphérique y sont en effet souvent associées à des lésions du
système nerveux central, encéphalite et myélite, anatomiquement
beaucoup plus fréquentes.
Cliniquement, les neuropathies périphériques du cytomégalovirus
se traduisent par le développement rapide, en quelques jours ou
semaines, d’une neuropathie multifocale progressive, à un stade
tardif du sida.
Cette neuropathie très évolutive
s’accompagne de cachexie fébrile.
Elle touche de façon préférentielle
les membres inférieurs, les dernières paires sacrées, s’accompagne
de troubles sphinctériens et peut évoquer une atteinte du cône
terminal ou de la queue de cheval.
Les membres supérieurs peuvent
être touchés de façon asymétrique encore, avec atteinte successive
de territoires radiculaires et/ou tronculaires multiples.
Les nerfs
crâniens, nerf laryngé récurrent, nerfs oculomoteurs, voire le
nerf optique peuvent être touchés.
Les signes périphériques restent
isolés, ou s’associent à d’autres manifestations neuroméningées :
myélite, encéphalite ou méningite.
Le LCR peut rester normal, ou
montrer des signes de méningite avec une réaction lymphocytaire
ou encore à polynucléaires, plus évocatrice.
Le diagnostic de neuropathie à cytomégalovirus est rendu difficile
par le caractère ubiquitaire et souvent sans rapport avec les
manifestations cliniques de ce virus que l’on peut retrouver dans les
produits de sécrétion, dans le sang, et même dans les tissus.
De plus,
les réactions sérologiques d’infection par le cytomégalovirus ne sont
pas fiables dans ce contexte.
L’association à d’autres
déterminations symptomatiques du cytomégalovirus, en particulier
la très fréquente rétinite, les localisations digestives ou pulmonaires,
sont des arguments d’orientation importants.
En fait, la preuve
formelle de la responsabilité du cytomégalovirus ne pourrait être
apportée que par la démonstration de sa présence dans les tissus, en
association avec des lésions de ces tissus.
La mise en évidence du
cytomégalovirus et des lésions inflammatoires et nécrotiques
secondaires à sa présence se fait parfois sur les fragments de biopsie
nerveuse.
L’absence de lésion spécifique à la biopsie n’écarte pas le
diagnostic, les lésions pouvant siéger sur les racines, ou au niveau
des motoneurones de la moelle, sans s’accompagner d’anomalies des
troncs nerveux au niveau du prélèvement biopsique.
La décision de
traiter repose souvent sur des arguments indirects si la pathologie
spécifique n’a pu être mise en évidence.
Neuropathies, lymphomes
et pseudolymphomes :
Une prolifération des lymphocytes B, se traduisant par une
hypergammaglobulinémie polyclonale, accompagne presque
toujours l’infection par le VIH.
Cette prolifération s’accompagne
parfois d’hépatomégalie, de splénomégalie et d’adénopathies, sans
signe de malignité.
À l’opposé, le développement de lymphomes
malins est possible aux stades avancés de l’immunodépression.
Ces
lymphomes peuvent s’accompagner d’atteinte nerveuse
périphérique par envahissement radiculaire ou tronculaire.
Ces
« pseudolymphomes » ou peut-être ces prélymphomes, peuvent
s’accompagner de neuropathie multifocale progressive
démyélinisante, éventuellement révélatrice de l’affection.
Chez un
de nos patients, une telle neuropathie était associée à une myosite à
inclusions, à un infiltrat lymphocytaire polyclonal des nerfs et des
muscles et à une vascularite non nécrosante.
Des lymphomes ont
également été révélés par des atteintes nerveuses périphériques
multifocales, dans trois des quatre cas de Gold et al.
Ces formes
s’accompagnent généralement, mais pas obligatoirement, d’une
réaction lymphocytaire du LCR.
Les lésions nerveuses périphériques
peuvent correspondre à une infiltration compressive, ou à des
destructions myéliniques probablement en rapport avec l’action de
produits de sécrétion des lymphocytes.
A - ASPECTS NEUROPATHOLOGIQUES :
Les lésions nerveuses périphériques des patients présentant des
neuropathies symptomatiques au cours de l’infection par le VIH
associent, à des degrés divers, inflammation, vascularite, altérations
des fibres nerveuses avec démyélinisation segmentaire et
dégénérescence axonale.
Les lésions observées ne sont pas
pathognomoniques, exception faite des cas de neuropathies à
cytomégalovirus.
1- Infiltrats inflammatoires :
La simple observation de coupes de biopsies nerveuses ou de pièces
d’autopsies montre l’importante augmentation du nombre de
cellules dans les différents espaces constituant les troncs nerveux
(épinèvre, périnèvre et endonèvre), au cours des neuropathies de
l’infection VIH.
Ces impressions sont confirmées par les études
quantitatives pratiquées après marquage immunologique par un
anti-T 200.
Une étude a montré un accroissement du nombre de
leucocytes, en particulier de monocytes dans les nerfs, alors que les
plasmocytes et les cellules B1+ étaient pratiquement absentes des
infiltrats.
La fréquence des infiltrats inflammatoires ne nous a pas
paru varier de façon significative en fonction du stade de l’infection VIH et du taux de cellules CD4 dans le sang.
La prédominance
de cellules CD8 + dans les nerfs est en accord avec les anomalies qui
affectent les populations lymphocytaires dans cette affection.
Le human leukocyte antigen (HLA)-DR, principal antigène
d’histocompatibilité, est fortement exprimé dans l’endonèvre au
cours des neuropathies associées au VIH, phénomène connu
également dans les polyradiculonévrites.
2- Vascularites de la neuropathie associée à l’infection
par le VIH :
Un infiltrat périvasculaire de cellules mononucléées est habituel
dans les nerfs de patients ayant une neuropathie associée à
l’infection par le VIH.
Ces infiltrats, qui siègent dans l’épinèvre, le
périnèvre et l’endonèvre sont plus ou moins importants, mais
manquent rarement.
Ils se retrouvent également dans d’autres
organes, dans les vaisseaux intramusculaires en particulier.
Dans
certains cas, la vascularite devient nécrosante, avec toutes les
caractéristiques morphologiques d’une périartérite noueuse : atteinte
élective des artérioles de petit calibre, avec respect au moins relatif
des veinules, nécrose fibrinoïde et infiltrat polymorphe avec
leucocytoclasie.
Ces vascularites nécrosantes associées au VIH ont la
particularité de s’accompagner d’infiltrat inflammatoire endoneural
, ce qui est inhabituel dans les périartérites noueuses.
Il est
notable qu’aucun de nos patients n’a développé d’atteinte polysystémique du type de celles de la périartérite noueuse, dans
les années suivantes.
3- Lésions des fibres nerveuses
:
Plusieurs études ont signalé l’association de démyélinisation
segmentaire des fibres à des lésions de dégénérescence wallérienne
chez ces patients, les lésions de démyélinisation paraissant plus
fréquentes au stade d’ARC qu’au stade de sida pour certains,
tandis que d’autres auteurs ne signalaient aucune différence
notable.
Nous avons observé, pour notre part, de grandes
variations dans l’atteinte de ces patients.
Les patients qui avaient
des lésions de vascularite nécrosante dans le nerf présentaient pour
certains une forte prédominance de fibres en dégénérescence axonale
(8 à 40 % des fibres isolées), comme dans les périartérites noueuses
habituelles, ce qui suggère que, dans ces cas, l’ischémie du nerf
secondaire à l’occlusion artériolaire pouvait jouer un rôle important.
Dans une autre observation de vascularite nécrosante tout à fait
typique en revanche, la neuropathie était purement démyélinisante.
Dans certains nerfs également, les lésions variaient beaucoup d’un
fascicule à l’autre, ce qui est habituel dans les neuropathies
inflammatoires et dans les neuropathies ischémiques, et en accord
avec le polymorphisme clinique de ces neuropathies.
Dans la
majorité des cas cependant, on notait un mélange de fibres
démyélinisées et de fibres en dégénérescence wallérienne.
Nous avons observé plusieurs patients ayant développé une
neuropathie extrêmement sévère, à un stade tardif de l’affection,
avec, à la biopsie nerveuse, une dégénérescence wallérienne de 80 à
95 % des fibres isolées.
Dans la seule observation typique de syndrome de Guillain-Barré
survenu au cours de l’infection par le VIH, le patient quadriplégique
et ventilé avait un taux de lymphocytes CD4 supérieur à 400/mL, et
6 % des fibres nerveuses étaient en cours de démyélinisation
segmentaire.
Cette démyélinisation, qui était limitée à de rares
espaces internodaux, contrastait avec la gravité clinique.
Il n’y avait
pas de fibres en dégénérescence wallérienne.
Cette discordance
apparente entre la discrétion des lésions nerveuses distales et le
déficit sensitivomoteur d’origine périphérique dans le même
territoire est tout à fait évocatrice du syndrome de Guillain-Barré.
La pénétration de macrophages dans une gaine de myéline très peu
altérée, phénomène habituel dans les démyélinisations du syndrome
de Guillain-Barré, était mise en évidence par l’examen en
microscopie électronique.
B - NEUROPATHIE ET PSEUDOLYMPHOME :
Certaines formes particulières méritent d’être individualisées pour
leur importance potentielle.
Chez un patient qui présentait des
adénopathies généralisées persistantes, avec hépatosplénomégalie,
prolifération intense des lymphocytes B et hypergammaglobulinémie
polyclonale de 62 g/L, une infiltration
lymphoplasmocytaire remarquable était présente dans le fragment
nerveux examiné, en même temps qu’une démyélinisation de la
quasi-totalité des fibres isolées et des irrégularités marquées de la
gaine de myéline.
Un infiltrat lymphoplasmocytaire de même type
était présent dans le muscle, le foie et la moelle hématopoïétique
aux différents prélèvements biopsiques.
L’infiltrat prédominait de
façon frappante autour des vaisseaux du nerf, comme dans la
granulomatose lymphomatoïde de Liebow, mais, contrairement à
ce que l’on observe dans cette dernière, la vascularite ne revêtait pas
un caractère nécrosant.
Une observation comparable, sans
étude morphologique, a été rapportée récemment.
Ce type
d’anomalie pourrait entrer dans le cadre des proliférations
lymphoïdes angiocentriques de grade I, c’est-à-dire sans signe de
malignité.
Une prolifération lymphocytaire à CD8 est mise en
évidence dans ces cas.
La bénignité de ce syndrome de prolifération
lymphocytaire diffuse est confirmée par l’évolution et par le typage
cellulaire.
C - ASPECTS MORPHOLOGIQUES DES NEUROPATHIES
À CYTOMÉGALOVIRUS
:
Les lésions nerveuses périphériques associées au cytomégalovirus
sont caractérisées par des foyers multiples de lésions nécrotiques endoneurales et par des infiltrats périvasculaires.
Les lésions
nécrotiques multifocales s’accompagnent de la présence de
polynucléaires neutrophiles, phénomène que nous n’avons rencontré
dans aucune autre neuropathie inflammatoire.
Ces lésions
inflammatoires multifocales prennent l’aspect de « microabcès »
endoneuraux disséminés.
La réaction à polynucléaires, très
particulière à l’infection par le cytomégalovirus, peut se produire
également dans les méninges et provoquer une réaction méningée
avec prédominance de polynucléaires.
Ces lésions inflammatoires et
nécrotiques multifocales avec réaction à polynucléaires sont très
évocatrices, mais la certitude diagnostique n’est apportée que par la
mise en évidence des inclusions caractéristiques, dans le noyau et
dans le cytoplasme des cellules infectées : cellules endothéliales,
macrophages et fibroblastes.
Par l’examen en microscopie
électronique et également à l’aide d’anticorps monoclonaux, nous
avons pu formellement identifier le cytomégalovirus dans ces
cellules.
Dans certains cas, les cellules infectées paraissent
isolées, sans réaction inflammatoire et nécrotique, ne permettant pas
alors d’affirmer la responsabilité du cytomégalovirus dans la
neuropathie.
Au cours des neuropathies associées à des lésions
nécrotiques dues à la présence de cytomégalovirus, les fibres
nerveuses peuvent être le siège de lésions de démyélinisation et de
lésions axonales évolutives.
Il faut noter que l’un des patients qui
s’était présenté avec un syndrome du cône terminal avait un nerf
tout à fait normal, tandis que les lésions étaient démontrées à
l’examen post mortem des racines et de la moelle.
Chez un autre
malade, le nerf était également normal, mais l’examen post mortem
révélait que les inclusions caractéristiques étaient situées dans les
cellules gliales de la moelle, identifiées par la positivité de la réaction
de la glial fibrillary acidic protein (GFAP).
De nombreux
motoneurones de la moelle étaient en voie de dégénérescence, avec
lésions de chromatolyse centrale, rendant compte de la sévérité de
l’atteinte motrice périphérique.
Les neurones n’étaient pas infectés
par le cytomégalovirus et de nombreux nodules microgliaux étaient
présents, mais nous n’avons pas mis en évidence de lésions des
racines ou des ganglions rachidiens postérieurs.
Nous avons
également noté la présence de mitoses de cellules de la lignée monocytaire dans l’endonèvre, phénomène très exceptionnel dans
le nerf en dehors de ce contexte.
Évolution et pronostic
des neuropathies observées au cours
de l’infection par le VIH :
L’évolution des neuropathies observées au cours de l’infection par
le VIH est variable, mais certains facteurs pronostiques peuvent être
soulignés.
Dans l’ensemble, les neuropathies survenant à la phase
de séroconversion ou chez des séropositifs asymptomatiques par
ailleurs, sont d’évolution favorable, spontanément ou après
traitement anti-inflammatoire, stéroïdien ou non.
Dans les rares cas
de syndrome de Guillain-Barré, des améliorations après
plasmaphérèses ont été signalées, mais des améliorations
spontanées sont également possibles.
Les polyneuropathies tardives
sont de plus mauvais pronostic, en particulier les polyneuropathies
sensitives, douloureuses, distales, lentement progressives, aux
douleurs souvent rebelles.
Les neuropathies dues au cytomégalovirus surviennent également à
un stade tardif de la maladie et sont de très mauvais pronostic, la
survie ne dépassant pas le plus souvent quelques semaines.
Cette
gravité justifie la mise en route aussi rapide que possible d’un
traitement spécifique, le plus souvent sur des arguments de
présomption, des évolutions favorables sous traitement étant
possibles.
Dans l’ensemble, les arguments de pronostic péjoratif sont : un taux
très bas de cellules CD4 dans le sang et un fort pourcentage de fibres
en dégénérescence wallérienne dans le nerf.
En revanche, l’existence
de lésions démyélinisantes et la présence de signes inflammatoires
importants dans le nerf, y compris de lésions de vascularite
nécrosante, n’ont pas de signification péjorative.
Au contraire, ces
lésions paraissent relativement sensibles à la corticothérapie.
Neuropathies iatrogènes
:
L’azidothymidine (AZT) n’est pas toxique pour les nerfs, mais les
traitements par les analogues nucléosidiques 2’,3’-didéoxycytidine
(ddC), le 2’,3’-didéoxyinosine (ddI), le d4T sont susceptibles
d’induire une neuropathie aux doses thérapeutiques.
Ces produits
provoquent une polynévrite sensitive souvent douloureuse 9 à
12 semaines après le début du traitement, en particulier lorsque de
fortes doses sont utilisées.
Cette neuropathie se traduit par des
impressions de brûlures des pieds, rarement compliquées de déficit
moteur.
Les troubles sont réversibles en quelques semaines, après
une accentuation éventuelle des troubles malgré l’arrêt du
traitement pendant 3-4 semaines.
À un stade tardif de la maladie,
ces polynévrites toxiques s’intriquent souvent à une neuropathie
distale tardive du VIH.
Il est à noter que les antiprotéases ne sont
pas neurotoxiques.
Traitement
:
Les neuropathies inflammatoires, précoces, généralement démyélinisantes ou associées à d’importantes vascularites, ont
souvent un pronostic spontanément favorable, mais certaines formes
graves justifient une corticothérapie, bien supportée à ce stade.
Nous
préconisons, dans ces cas, une posologie de 0,8 à 1 mg/kg/j pendant
environ 4 à 6 semaines, puis nous procédons à une réduction
progressive de la dose.
Certains auteurs ont proposé des échanges
plasmatiques, mais leur efficacité, comme celle des corticoïdes
d’ailleurs, n’est corroborée par aucune étude contrôlée.
Il n’y a pas
de données fiables sur les effets du traitement par l’AZT sur les
neuropathies.
Le traitement des neuropathies dues au cytomégalovirus relève de
traitements par le ganciclovir ou par le foscarnet.
Le ganciclovir
(Cymévant) est utilisé par voie veineuse à la dose de 2,5 mg/kg toutes les 8 heures pendant 10 jours, puis par un traitement
d’entretien à la dose de 5 à 7,5 mg/kg, 5 jours par semaine.
La voie
orale peut être utilisée en traitement d’entretien.
Le foscarnet
(Foscavirt) est utilisé par voie intraveineuse à la dose de 60 mg/kg
trois fois par jour pendant 3 semaines, puis 90 mg/kg/j en
traitement de maintenance.
Les traitements symptomatiques, en particulier les traitements
antalgiques, sont souvent nécessaires.
L’association imipramine
(30 mg/j) et clonazépam est souvent efficace.
En cas d’échec des
antalgiques habituels, il ne faut pas hésiter à recourir aux
antalgiques majeurs et aux opiacés.