DEFINITIONS :
Crise épileptique
La crise épileptique est une manifestation clinique de
l'hyperactivité paroxystique d'un groupe de neurones cérébraux.
Elle peut se manifester par une modification abrupte de l'état
de conscience, par des phénomènes moteurs et/ou
sensitivo-sensoriels inappropriés, par une altération de la
réponse de l'individu à son environnement.
Convulsions
Les convulsions traduisent, en principe, la présence de
secousses cloniques au cours d'une crise épileptique, mais ce
terme est employé, dans un sens beaucoup plus général, par les
pédiatres et désigne la plupart des événements épileptiques.
Dans cette question, nous considérerons le terme de crise
convulsive dans un sens général, synonyme de crise épileptique.
Les crises ainsi définies posent un problème de pratique
courante. Il est admis que, au sein de la population générale, 5
à 8 % des individus auront une crise d'épilepsie au cours de
leur existence.
Les crises, qui témoignent d'une perturbation aiguë de
l'activité cérébrale, ne doivent pas être confondues avec les
épilepsies. L'épilepsie est une condition pathologique au cours
de laquelle les crises ont tendance à se répéter. La crise est
un symptôme, l'épilepsie une maladie.
DIAGNOSTIC D'UNE CRISE :
Une crise est un événement électroclinique paroxystique
(c'est-à-dire qui survient brutalement) et stéréotypé.
Le diagnostic d'une crise est avant tout clinique, fondé sur
l'analyse des symptômes rapportés aussi bien par le patient que
par les témoins.
L' interrogatoire est crucial et domine la démarche
diagnostique.
L' électroencéphalogramme (EEG) offre l'intérêt d'objectiver,
sous certaines conditions, les concomitants électriques des
manifestations cliniques (EEG critique) et/ou d'apporter, après
une crise, des éléments évocateurs d'un mécanisme comitial (EEG
intercritique), qui seront toujours confrontés aux données
cliniques. Dans un souci didactique, l'apport de l'EEG sera
traité dans un paragraphe séparé.
Le diagnostic positif d'une crise consiste en deux
interrogations successives :
- quel est le degré de probabilité du diagnostic ? (le
diagnostic de crise est-il possible, probable, ou certain ?).
- s'il s'agit d'une crise, la décharge épileptique a-t-elle un
point de départ focal (crise partielle) ou intéresse-t-elle d'
emblée les deux hémisphères (crise généralisée) ?
Crises partielles :
La crise a un point de départ focal à partir d'une zone
épileptogène limitée.
La décharge épileptique est un phénomène dynamique qui a
spontanément tendance à intéresser les structures corticales
adjacentes en suivant une organisation temporo-spatiale
particulière.
- Les symptômes dépendent de la localisation de la décharge sur
le cortex et de la spécialisation fonctionnelle de celui-ci.
- Théoriquement, le premier symptôme correspond au point de
départ de la décharge, puis la sémiologie clinique critique
s'enrichit et se modifie selon son organisation
temporo-spatiale.
En pratique, l'analyse rétrospective des symptômes d'une crise
est toujours difficile :
- certaines crises partielles (par exemple à point de départ
frontal) peuvent très rapidement se propager aux deux
hémisphères (généralisation secondaire) et sembler être d'emblée
généralisées.
- les différentes régions corticales sont plus ou moins “
parlantes ” cliniquement, et la crise peut s'initier dans une
zone muette.
- certains symptômes, en l'absence d'un interrogatoire orienté,
sont plus volontiers constatés et rapportés par le patient (par
exemple, les myoclonies) que d'autres (par exemple, une
sensation épigastrique fugace).
Crises généralisées :
Les crises généralisées sont caractérisées par l'existence d'une
décharge simultanée des deux hémisphères cérébraux, sans point
de départ focal.
Elles comportent habituellement une altération de la conscience
et/ou des manifestations motrices bilatérales.
EN PRATIQUE :
Trois situations pratiques très différentes déterminent la
démarche étiologique :
- la crise survient chez un épileptique connu.
- la crise est contemporaine d'une agression cérébrale aiguë
(infection, traumatisme, hémorragie méningée, accident
vasculaire, trouble hydroélectrolytique...).
- il s'agit d'une première crise isolée.
La stratégie de réalisation des examens complémentaires et les
incidences thérapeutiques sont particulières à chacune des trois
situations.
APPORT DE L'ELECTROENCEPHALOGRAMME :
Electroencéphalogramme :
L'activité électrique générée en permanence par le cortex
cérébral peut être enregistrée au moyen d'un dispositif
approprié de recueil et d'amplification des signaux électriques.
De 10 à 21 électrodes sont posées sur le scalp selon une
disposition standardisée (système international 10-20).
L'amplitude de la différence de potentiel entre deux électrodes
(constituant une dérivation), en fonction du temps, est inscrite
sur un support (papier qui se déroule à une vitesse constante,
écran d'ordinateur).
16 dérivations sont disponibles simultanément au cours d'un
tracé “ standard ” dans un laboratoire d'électroencéphalogramme.
Interpréter un électroencéphalogramme
Interpréter un EEG consiste à identifier les rythmes présents,
leur topographie, leur symétrie sur les deux hémisphères dans
des régions homologues et leur réactivité à différents stimuli.
Ainsi, un adulte normal a, les yeux fermés, une activité de
fréquences comprise entre 8 et 13 Hz dans les régions
pariéto-occipitales (activité de fond [rythme alpha]), qui
disparaît lors de l'ouverture des yeux, et son EEG ne contient
pas de rythmes de fréquence inférieurs à 4 Hz (rythme delta).
Electroencéphalogrammes critique et intercritique :
Décharge épileptique sur le cortex
Une décharge épileptique sur le cortex peut se traduire par (EEG
critique) :
- un aplatissement du tracé.
- l'apparition de grapho-éléments paroxystiques caractéristiques
:
- des pointes : éléments transitoires de brève durée (de 20 à 70
ms) dont le composant principal est de polarité négative.
- les polypointes (succession de deux ou plusieurs pointes).
- les pointes-ondes (pointe suivie d'une onde lente).
- les complexes de pointes-ondes dont l'aspect le plus
caractéristique a une fréquence de 3 Hz (absence typique).
- des modifications moins spécifiques en dehors d'un contexte
clinique évocateur : rythmes delta ou thêta monomorphes.
A distance de la crise
A distance de la crise, l'EEG appelé intercritique, peut montrer
:
- des anomalies épileptiques typiques spontanées (pointes,
polypointes...).
- des signes de souffrance cérébrale focale (foyer d'ondes
lentes localisées) ou plus diffuse (ralentissement de l'activité
de fond).
Limites de la méthode :
L'EEG est recueilli en surface.
Le cerveau occupe un volume, et l'activité électrique anormale
peut être générée en profondeur (par exemple, la face interne
d'un lobe temporal).
Les méninges, le liquide céphalo-rachidien, le crâne et le scalp
se comportent comme des filtres spatio-temporels plus ou moins
actifs.
On comprend ainsi qu'une activité épileptique topographiquement
limitée puisse n'avoir aucune traduction enregistrable sur le
scalp, ou que la localisation précise d'un foyer épileptique
soit très aléatoire à partir d'un enregistrement de surface.
L'enregistrement vidéo-électroencéphalographique des crises (on
enregistre simultanément les manifestations cliniques et
électroencéphalographique de la crise) et l'EEG standard
intercritique donnent des renseignements complémentaires,
parfois contradictoires chez un patient donné.
L'EEG est une technique complexe et de nombreux grapho-éléments
non pathologiques (artefacts, pointes vertex au cours du
sommeil...) ne doivent jamais être interprétés en dehors du
contexte clinique.
Electroencéphalogramme dans les crises partielles :
L'EEG critique montre le point de départ focal de la décharge et
objective son organisation temporo-spatiale.
L'EEG intercritique recherche des anomalies épileptiques focales
spontanées ou des signes de souffrance en foyer.
Electroencéphalogramme dans les crises généralisées :
Les anomalies critiques ou intercritiques sont bilatérales,
symétriques et synchrones (elles surviennent simultanément sur
les deux hémisphères).
A titre d'exemple, nous rapportons les modifications électriques
contemporaines d'une crise tonicoclonique :
- lors de la phase tonique, l'EEG montre un aplatissement
initial ou des rythmes rapides de fréquence croissante (rythmes
recrutants).
- les clonies s'accompagnent de pointes et de polypointes
généralisées, plus ou moins masquées par des artefacts d'origine
musculaire.
- pendant la phase post-critique, le tracé est d'abord très
aplati (phase d'extinction), puis apparaissent des ondes lentes
de grande amplitude contemporaines de la confusion qui
disparaissent progressivement pour faire place à un tracé
normal.
Le plan de cette question sera le suivant : description
sémiologique des différents types de crises, partielles puis
généralisées, diagnostic, conduite à tenir et principes du
traitement, états de mal.
Crises partielles
Sémiologie des crises partielles : la classification
internationale des crises partielles, établie en 1981. On
distingue :
- les crises partielles sans altération de la conscience
appelées “ crises partielles simples ou élémentaires ”.
- des crises partielles s'accompagnant d'une altération de la
conscience appelées “ crises partielles complexes ”.
- l'altération de la conscience se définit comme l'incapacité à
répondre normalement à des stimuli exogènes du fait d'une
altération de la perceptivité et/ou de la réactivité.
CRISES PARTIELLES SIMPLES :
Les crises des régions corticales primaires donnent des
symptômes différents selon la localisation.
En cas d'atteinte du cortex moteur :
En cas d'atteinte du cortex moteur, les crises partielles
simples comportent des manifestations motrices cloniques, plus
rarement toniques isolées, ou tonicocloniques de tout ou une
partie de l'hémicorps opposé à la zone épileptogène.
Crise jacksonienne
Le terme de crise jacksonienne, employé souvent à tort comme
synonyme de crise motrice, devrait être réservé à la description
dynamique de la diffusion progressive de la décharge (en tache
d'huile) sur l'ensemble du cortex moteur.
- La crise jacksonienne débute à l'extrémité d'un membre puis
gagne progressivement l'ensemble de celui-ci puis l'hémicorps.
- Les myoclonies prolongées de tout ou une partie d'un hémicorps
portent le nom d'épilepsie partielle continue ou syndrome de
Kojesnikow.
Crises versives
Les crises versives comportent un déplacement conjugué des yeux,
de la tête et parfois du tronc.
Leur signification topographique est variable.
La mise en jeu de l' aire motrice supplémentaire se traduit
classiquement par l'élévation tonique du membre supérieur
controlatéral en abduction avec déviation de la tête et des yeux
du même côté, arrêt de la parole et vocalisation.
Modification du tonus
Les crises caractérisées par une modification du tonus (crises
atoniques) sont moins bien définies que les autres sur le plan
anatomique.
Suspensions du langage
De brèves suspensions du langage peuvent être liées à une
décharge affectant le cortex moteur de l'hémisphère dominant.
Syndromes déficitaires
Exceptionnellement, une crise motrice peut donner lieu à des
symptômes purement déficitaires (parésie, paralysie). Le déficit
moteur est le plus souvent post-critique (paralysie de Todd) et
a un grand intérêt localisateur.
Atteinte du cortex sensitif ou sensoriel :
En cas d'atteinte du cortex sensitif et sensoriel primaire, les
crises donnent des manifestations paresthésiques de l'hémicorps
opposé à la décharge, de durée habituellement brève, pouvant
avoir une marche jacksonienne.
En cas d'atteinte du cortex visuel primaire, elles donnent des
hallucinations visuelles simples de caractère négatif (scotomes,
hémianopsie, amaurose) ou positif (phosphènes).
En cas d'atteinte du cortex auditif, ce sont des manifestations
auditives simples de caractère négatif (assourdissement) ou
positif (acouphènes, “ bruits ” sans objet), rythmiques ou
continues.
Certaines crises partielles ont un substratum anatomofonctionnel
imparfaitement défini ou sont liées à la mise en jeu critique de
régions dont les limites anatomiques sont floues :
- les crises olfactives : perception d'odeurs habituellement
désagréables (parosmie), en rapport avec une décharge temporale
mésiale antérieure ou orbitofrontale (crises uncinées).
- les crises gustatives : perception “ distordue ” de goûts
habituellement désagréables (paragueusies), en rapport avec une
décharge temporale mésiale ou insulaire et/ou para-insulaire, ou
encore pariétale operculaire.
- les crises vertigineuses décrites comme une vague sensation
d'instabilité ou un vertige vrai. Elles sont en rapport avec une
décharge pariétale inférieure ou latérotemporale.
Crises avec manifestations végétatives :
De nombreuses crises s'accompagnent de manifestations
végétatives traduisant la mise en jeu du système nerveux
autonome.
Quand ces manifestations sont isolées, le diagnostic est très
difficile : pâleur, “ flush ”, sueurs, horripilation, dilatation
papillaire, troubles de la fréquence cardiaque ou respiratoire,
miction involontaire (urination).
Certains signes gastro-intestinaux sont évocateurs : impression
d'inconfort abdominal ou de nausées remontant vers la gorge,
douleurs gastriques, borborygmes, renvois, vomissements.
Les décharges critiques intéressent le cortex limbique frontal
ou temporal.
Crises avec manifestations psychiques :
Les symptômes psychiques sont liés à des décharges du cortex
limbique (surtout mésio-temporal).
Les crises s'accompagnent en général rapidement d'une altération
de la conscience et sont donc secondairement partielles
complexes.
- Les crises avec des symptômes dysphasiques traduisent la mise
en jeu de l'hémisphère dominant. La perturbation du langage, de
type aphasique, se distingue d'un simple arrêt du langage.
- Les crises dysmnésiques consistent en une distorsion mnésique
donnant au patient une impression “ d’incongruité familière ”
(déjà vu, déjà vécu, déjà entendu), d'étrangeté (jamais vu,
jamais vécu, jamais entendu), de “ flash-back ”, de pensée
forcée, de remémoration rapide et inappropriée de souvenirs.
- Les crises avec symptômes cognitifs regroupent les états de
rêve (“ dreamy state ”), les phénomènes de déréalisation, de
distorsion temporelle et d'irréalité.
- Les crises affectives se traduisent le plus souvent par une
peur avec un cortège de signes végétatifs. Colère, rage,
abattement sont plus rares. Des accès de rire inappropriés
(crises gélastiques) accompagnant ou non une émotion congruente
peuvent survenir.
- Les crises hallucinatoires (perception sans objet) ou
illusionnelles (perception déformée d'un objet réel) sont le
plus souvent visuelles : micropsie, macropsie, métamorphopsies
diverses, plus ou moins complexes. De telles crises peuvent
également associer en proportion variable des éléments
sensoriels, auditifs, gustatifs, olfactifs. Ces crises
hallucinatoires peuvent être remarquablement élaborées.
CRISES PARTIELLES COMPLEXES :
Les crises partielles complexes peuvent survenir d'emblée ou
suivre une crise partielle élémentaire.
Caractéristiques
Les crises partielles complexes sont, par définition,
représentées par une altération de la conscience à laquelle
peuvent s'associer d'emblée ou secondairement des automatismes.
Le patient garde une amnésie de la crise.
Les enregistrements par électrodes implantées ont montré que
l'altération de la conscience accompagnait le plus communément
une activité critique mésiale bitemporale, incluant les
hippocampes.
L'origine de la décharge est habituellement mésio-temporale. La
mise en jeu initiale de structures limbiques frontales ou
extra-temporales, diffusant secondairement aux structures
limbiques temporales, est possible et complique singulièrement
le diagnostic topographique.
Sémiologie
Le symptôme critique initial le plus fréquent consiste en une
réaction d'arrêt moteur.
Les automatismes sont des comportements moteurs involontaires
plus ou moins bien coordonnés et adaptés (eupraxiques ou
dyspraxiques) :
- les plus fréquents sont oro-alimentaires : mâchonnement,
pourléchage, déglutition.
- les automatismes mimiques consistent en des expressions du
visage reflétant une émotion.
- certains automatismes peuvent être :
- gestuels, plus ou moins complexes (grattage, boutonnage, geste
d'épousseter un vêtement).
- ambulatoires (marcher, partir).
- verbaux (émission de phrases stéréotypées).
- sexuels (masturbation, mouvements rythmiques du bassin).
REGROUPEMENTS SYMPTOMATIQUES LOCALISATEURS :
Certains regroupements symptomatiques évocateurs d'une
localisation particulière de la zone épileptogène peuvent être
proposés.
Ils reposent sur l'analyse de crises enregistrées sur vidéo,
contemporaines d'enregistrements intracérébraux par électrodes
implantées.
Ils n'ont qu'une simple valeur d'orientation et ne représentent
qu'une simplification excessive de phénomènes complexes :
- symptômes évoquant un point de départ temporal :
- crises partielles élémentaires avec signes végétatifs et/ou
psychiques et/ou certains symptômes sensoriels.
- crises partielles complexes avec réaction d'arrêt moteur,
fixité du regard et automatismes oro-alimentaires, suivies d'une
amnésie de la crise.
- la durée de la crise est supérieure à 1 minute, il existe une
confusion post-critique et la généralisation secondaire est
occasionnelle.
- symptômes évoquant un point de départ frontal :
- crises partielles élémentaires ou complexes avec
manifestations motrices prédominantes, incluant des “ drop
attacks ”, souvent pluriquotidiennes.
- crises partielles complexes brèves, sans confusion
post-critique pouvant être associées à une urination. La
généralisation secondaire est rapide et fréquente, les états de
mal ne sont pas rares.
- symptômes évoquant un point de départ pariétal :
- crises partielles élémentaires avec paresthésies localisées ou
à marche jacksonienne, engourdissement.
- plus rarement, douleurs controlatérales brachio-faciales.
- troubles du langage en cas de décharge de l'hémisphère
dominant, asomatognosie, hallucinations visuelles et
métamorphopsies en cas d'atteinte de l'hémisphère mineur.
- symptômes évoquant un point de départ occipital :
- crises partielles simples avec signes visuels négatifs ou
positifs.
- signes moteurs à type de déviation tonique de version des yeux
et de la tête ou des yeux seuls, myoclonies palpébrales,
occlusion forcée des paupières.
- sensation d'oscillopsie, d'oscillation de tout le corps,
céphalées.
- la décharge peut diffuser aux lobes temporal, pariétal ou
frontal.
- généralisation occasionnelle.
- symptômes évoquant une décharge plurilobaire (à cheval sur
plusieurs lobes) :
- crises de la région centrale : crises sensori-motrices
évoluant selon la somatotopie de la région (face, langue, main,
bras).
- crises de la région operculaire : hypersalivation,
mastication, déglutition, mâchonnement, signes laryngés,
sensations épigastriques avec peur et signes végétatifs. crises
hémifaciales. symptômes sensitifs secondaires à type
d'engourdissement des mains. mouvements bilatéraux des
extrémités supérieures.
- crises du carrefour, associant symptômes
temporo-pariéto-occipitaux.
EXTENSION TEMPORELLE DES CRISES PARTIELLES :
Une crise partielle élémentaire peut rester élémentaire, évoluer
vers une crise partielle complexe puis se généraliser ou non, ou
se généraliser sans altération intermédiaire de la conscience.
Crises généralisées
Les crises généralisées sont caractérisées par l'existence d'une
décharge simultanée des deux hémisphères cérébraux, sans point
de départ focal.
Elles comportent habituellement une altération de la conscience
et/ou des manifestations motrices bilatérales.
ABSENCES :
Les absences sont fondamentalement caractérisées par une
suspension brève de la conscience.
On les classe en absences typiques ou atypiques selon les
caractéristiques de l'EEG critique, qui seront donc associées à
la description clinique.
Absences typiques :
Les absences typiques sont caractérisées par un trouble du
contact à début et fin brusques (arrêt des activités, regard
vide) d'une durée d'environ 10 à 12 secondes.
Le patient reprend ses activités précritiques sans s'être aperçu
de la crise.
Les crises caractérisées par une suspension isolée de la
conscience représentent moins de 10 % des absences (absences
simples).
Manifestations associées
A la suspension de la conscience peuvent s'associer :
- des myoclonies (absence myoclonique).
- des manifestations atoniques responsables d'une chute de la
tête et/ou des bras et/ou d'un fléchissement du tronc (absence
atonique).
- des manifestations toniques à l'origine d'une révulsion
oculaire, d'une déviation du regard vers le haut, d'une
inclinaison du tronc vers l'arrière (absence hypertonique),
d'une rotation latérale (absence giratoire).
- des automatismes (absence automatique).
- des manifestations végétatives.
Electroencéphalogramme
L'EEG d'une absence typique se traduit par une décharge
bilatérale symétrique et synchrone de pointes-ondes de grande
amplitude au rythme de trois pointes-ondes par seconde, à début
et fin brutaux :
- les absences typiques sont particulièrement déclenchées par
l'hyperventilation et, dans une moindre mesure, par la
stimulation lumineuse intermittente.
- l'activité de fond est normale.
Les absences typiques appartiennent au cadre de l'épilepsie
généralisée idiopathique.
Absences atypiques :
L'altération de la conscience est, en général, à début et fin
moins brutaux et s'accompagne le plus souvent d'une hypotonie.
L'aspect électroencéphalographique est variable :
- activité rapide à vingt cycles par seconde.
- décharge rythmique plus ample à dix cycles par seconde.
- pointes-ondes lentes à 2,5 Hz ou moins.
- l'activité de fond est fréquemment ralentie.
Ces absences ne se rencontrent que dans les épilepsies
généralisées symptomatiques, chez des sujets présentant des
lésions cérébrales diffuses ou multifocales.
CRISES MYOCLONIQUES :
Les crises myocloniques se traduisent par des secousses
bilatérales isolées ou en salve :
- soit localisées (muscles périorbitaires et faciaux).
- soit étendues (bras et jambes) entraînant une chute.
Elle sont souvent favorisées par la stimulation photique et les
stimulations sensorielles.
CRISES CLONIQUES :
Les crises cloniques ne se rencontrent que chez l'enfant et
commencent par une hypotonie soudaine ou un bref spasme tonique
entraînant une chute, suivis de clonies généralisées volontiers
asymétriques, associées à une abolition de la conscience.
CRISES TONIQUES :
Les crises toniques se rencontrent le plus souvent au cours du
sommeil et intéressent surtout l'enfant.
Les crises se caractérisent par une contraction musculaire
soutenue, d'installation et de fin brutales ou progressives.
On distingue, selon la topographie des muscles intéressés, des
crises toniques axiales, toniques axio-rhizoméliques ou des
crises toniques globales.
CRISES TONICOCLONIQUES :
Les crises tonicocloniques sont les plus fréquentes des crises
convulsives.
Crise à début brutal
La crise commence brutalement par une perte de conscience,
quelquefois précédée par une salve de myoclonies en flexion ou
par un cri.
Trois phases
Trois phases se succèdent :
- une phase tonique, d'une durée de 10 à 20 secondes, entraînant
une contraction du corps en flexion puis en extension, associée
à d'importants phénomènes végétatifs (tachycardie, hypertension
artérielle, mydriase, salivation).
- une phase clonique, durant 30 secondes, qui secoue le corps et
fait grimacer.
- une phase post-critique, précédée d'une brève phase tonique,
caractérisée par une reprise bruyante de la respiration puis par
un retour progressif à la conscience (confusion post-critique).
Amnésie de la crise
Il existe une amnésie de la crise.
- La morsure de la langue et l'urination sont inconstantes.
- Des courbatures sont parfois rapportées dans les heures qui
suivent la crise.
- Des pétéchies faciales sont évocatrices, mais rares.
CRISES ATONIQUES :
Les crises atoniques consistent en une perte brutale du tonus
postural, parfois précédée par une ou plusieurs myoclonies :
- dans une forme modérée, seule la tête tombe.
- dans les formes plus sévères, le sujet s'effondre.
La crise est en général brève (quelques secondes), associée à
une altération de la conscience, sans confusion post-critique.
Plus rarement, la crise peut se prolonger : le sujet reste au
sol, hypotonique et immobile, pendant une ou plusieurs minutes.
Diagnostic d'une crise
DIAGNOSTIC POSITIF :
Interrogatoire :
L'interrogatoire rétrospectif du patient et des éventuels
témoins de la crise constitue l'étape décisive du diagnostic.
Il convient de préciser :
- les circonstances exactes de survenue.
- le caractère brutal du début.
- la description des premiers symptômes, qui est essentielle.
Le diagnostic rétrospectif de crise est aisé en cas de crise
partielle simple du fait de l'absence d'amnésie de l'épisode.
L'interrogatoire des témoins est nécessaire au diagnostic de
crise partielle complexe. Il précisera l'existence :
- de l'altération de la conscience.
- des automatismes.
- d'une éventuelle confusion post-critique.
- la description des automatismes oropharyngés est rarement
spontanée.
En cas de crise généralisée, soit d'emblée, soit secondairement,
la brutalité de la perte de connaissance et de la chute, les
clonies, l'aspect spectaculaire de la reprise respiratoire et
des variations de coloration du visage et la confusion
post-critique aident à l'établissement du diagnostic.
L'interrogatoire appréciera soigneusement la possibilité de
crises antérieures : épisodes cliniques stéréotypés reproduisant
les premiers symptômes d'une crise partielle, autres types de
crises, prise transitoire d'un traitement antiépileptique.
La survenue de toute crise épileptique dépend de trois facteurs
: une prédisposition constitutionnelle, une lésion cérébrale et
une modification du fonctionnement neuronal déclenchant la
crise. Plus un de ces facteurs est présent, moins l'influence
des autres est nécessaire.
L'interrogatoire d'un patient suspect de crise doit ainsi
toujours comporter une étude :
- des facteurs génétiques (antécédents familiaux de crises).
- des facteurs lésionnels acquis (antécédents de traumatisme
crânien grave, de méningo-encéphalite, antécédents obstétricaux
et néonataux).
- des circonstances déclenchantes (prise de produits toxiques,
état fébrile, manque de sommeil).
Examen neurologique :
L'examen neurologique :
- apprécie l'existence d'une confusion.
- recherche un déficit post-critique régressif, moteur, sensitif
ou visuel, d'un grand intérêt localisateur.
Il permet également d'apprécier les conséquences traumatiques
éventuelles d'une crise :
- recherche d'une plaie du scalp ou d'une contusion.
- palpation du crâne à la recherche d'un œdème sous-cutané ou
d'une douleur provoquée.
- ces simples manœuvres cliniques permettent, dans la grande
majorité des cas, de se passer d'un bilan radiologique
conventionnel (radiographies du crâne), presque toujours
inutile.
Au terme de l'examen clinique :
Au terme de l'examen clinique, le diagnostic de crise sera :
- soit écarté (voir “ Diagnostic différentiel ”).
- soit retenu, avec un degré de probabilité variable. La crise
peut être possible, probable ou certaine.
Ces trois catégories sont utiles en pratique, car l'absence de
certitude est souvent liée à une anamnèse insuffisante.
Une crise généralisée tonicoclonique survenue sans témoin se
traduira rétrospectivement par deux symptômes principaux : la
perte de connaissance brutale et la confusion post-critique,
rendant le diagnostic probable.
Electroencéphalogramme
L'EEG, pratiqué le plus tôt possible après la crise, peut
permettre de confirmer le diagnostic.
- Un EEG normal ne l'infirme pas.
- Des “ anomalies ” électroencéphalographiques isolées, sans
support clinique, ne doivent pas donner lieu à un diagnostic de
crise, qui reste avant tout clinique (voir “
Electroencéphalogramme ”).
Confrontation des données cliniques et électriques
La confrontation des données cliniques et électriques permet de
classer la crise en trois sous-groupes : crise partielle, crise
généralisée et crise dont le caractère partiel ou généralisé ne
peut être précisé.
DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL :
Crises partielles simples :
Un déficit neurologique de survenue brutale et régressif fait
évoquer un accident ischémique transitoire ou une migraine.
Accident ischémique transitoire
L'accident ischémique transitoire donne lieu à des signes
uniquement déficitaires (l'existence de clonies ne peut conduire
qu'au diagnostic de crise).
Il peut être de durée brève, soulignant l'importance du
contexte.
Migraine
Les signes déficitaires de la migraine :
- ont une extension plus lente et une durée relativement longue.
- sont suivis de céphalées et de troubles digestifs.
Crise épigastrique
Une crise épigastrique peut faire discuter un reflux
gastro-œsophagien plus qu'une crise d'angoisse ou une crise
d'angor.
Le début progressif et la durée des troubles aident au
diagnostic.
Crises partielles complexes :
Automatismes
Les automatismes peuvent être confondus avec :
- certaines parasomnies (somnambulisme).
- certaines crises de colère ou émotives.
- certaines crises d'agitation secondaires à un trouble
métabolique (hypoglycémie) ou toxique (alcool).
- certaines crises psychologiques (pseudo-crises).
Ictus amnésique
Un ictus amnésique ne se discute qu'en l'absence de témoin.
Celui-ci pourra en effet confirmer le caractère adapté des
conduites et la nature purement amnésique du trouble.
Crises généralisées :
Myoclonies massives
Les myoclonies massives doivent être distinguées des sursauts
physiologiques (endormissement) ou pathologiques.
Crises tonicocloniques
Les crises tonicocloniques sont parfois difficiles à distinguer
rétrospectivement d'une syncope vagale ou cardiaque :
- une syncope vagale typique est de diagnostic habituellement
aisé :
- perte de conscience précédée par une lipothymie.
- contexte de survenue évocateur.
- pâleur, hypotonie.
- brève durée de la perte de conscience, absence de confusion.
- certaines syncopes vagales ou cardiaques ont un début brutal
et peuvent s'accompagner de convulsions (syncope convulsivante)
:
- celles-ci apparaissent de manière retardée et consistent en
quelques secousses des épaules.
- il n'y a pas de confusion.
- le spasme du sanglot est une variété de syncope touchant
l'enfant âgé de 1 à 4 ans. Dans un contexte de pleurs, de colère
et de sanglots, survient une brève perte de conscience associée
à une cyanose, une contraction tonique bilatérale et quelques
clonies.
Les enregistrements vidéo-électroencéphalographiques ont montré
la relative fréquence des crises psychogènes (pseudo-crises)
mimant de manière plus ou moins convaincante une crise
généralisée.
Conduite à tenir
Crise survenant chez un sujet épileptique connu :
Lorsque la crise survient chez un sujet épileptique connu, elle
s'intègre dans le cadre du syndrome épileptique l'affectant.
La conduite est dominée par la recherche :
- d'un facteur déclenchant (manque de sommeil, prise d'alcool ou
de toxiques, état fébrile).
- d'une mauvaise observance thérapeutique (contrôle du taux
sanguin de médicament anticonvulsivant).
Une nouvelle crise peut être l'occasion d'un réajustement des
doses ou d'un changement de médicament antiépileptique.
Une crise différente de celles qui touchent habituellement le
patient peut faire reconsidérer le diagnostic syndromique.
Crise survenant dans un contexte évident d'agression cérébrale
aiguë :
Les crises sont en relation temporelle étroite avec une
agression cérébrale aiguë.
La sémiologie de la crise, si elle est partielle, est aisément
déductible du siège de la lésion.
La propension d'un sujet à avoir une crise, pour une lésion
donnée, dépend de son seuil épileptogène, déterminé
génétiquement.
La définition du terme “ relation temporelle étroite ” varie
selon le type d'agression :
- traumatisme cranio-cérébral : crise apparaissant dans
les 7 jours suivant un traumatisme, ou durant la période de
récupération de l'agression (par exemple, crise au 14e jour,
liée à une sécrétion inappropriée d'ADH).
- accident cérébro-vasculaire : crise apparaissant dans
les 7 jours suivant un accident aigu ou liée à la progression ou
à l'extension du mécanisme lésionnel.
- infection du système nerveux central : crise
apparaissant au cours d'une infection prouvée sur des éléments
cliniques et/ou biologiques.
- crise toxique : crise contemporaine de l'exposition à un
produit toxique systémique, iatrogène (théophylline, surdosage
d'antidépresseurs tricycliques...) ou encore liée à
l'environnement (produits organophosphorés, camphre...).
- crise métabolique : crise survenant dans un contexte de
déséquilibre hydroélectrolytique, d'urémie élevée ou
d'hypoglycémie.
- sevrage : crise survenant dans les 48 heures suivant
l'arrêt brutal de produits tels que l'alcool ou les
barbituriques.
- fièvre : crise contemporaine d'un accès fébrile
(température supérieure à 38,5 °C), en l'absence d'infection
patente du système nerveux.
Le traitement de ces crises est étiologique.
La prescription d'un médicament antiépileptique pendant la durée
de la phase aiguë n'est pas injustifiée.
Première crise d'apparence isolée :
Examen clinique
Un examen clinique complet et soigneux est indispensable à la
recherche d'une affection médicale ou neurologique aiguë non
patente.
La survenue d'une crise partielle complexe dans un contexte
fébrile impose une ponction lombaire à la recherche d'une
méningo-encéphalite (méningo-encéphalite herpétique).
Bilan biologique standard
Un bilan biologique standard permet d'évaluer l'existence d'un
trouble métabolique (électrolytes, atteinte hépatique ou
rénale).
Une mesure des gaz du sang est indiquée en cas de point d'appel
cardio-respiratoire.
La situation est théoriquement différente selon que la crise est
partielle ou généralisée.
En pratique, il est souvent difficile de trancher, devant une
crise tonicoclonique, entre une crise généralisée d'emblée et
une crise partielle secondairement généralisée dont le début
focal est passé inaperçu.
Pratique d'examens neuroradiologiques
La pratique d'examens neuroradiologiques (scanner cérébral, IRM)
est ainsi très répandue après une première crise :
- le scanner ou l'IRM peuvent être pratiqués à distance de la
crise, ce qui réduit la durée d'hospitalisation :
- pour certains auteurs, la sensibilité de l'IRM qui est
meilleure en fait l'examen de premier choix.
- les indications des examens neuroradiologiques concernent
ainsi tous les patients âgés de plus de 18 ans et les enfants
ayant eu une crise partielle (à l'exception des épilepsies
partielles idiopathiques), ayant une anomalie à l'examen
neurologique ou des ondes lentes focales à l'EEG.
- une tumeur cérébrale sera retrouvée dans 4 % des cas.
L'incidence de ce diagnostic augmente si la crise est partielle
et si le sujet est âgé de plus de 45 ans.
- le scanner ou l'IRM contribuent au diagnostic d' accident
ischémique dans 13 % des cas après 60 ans, ils peuvent montrer
les stigmates d'une agression ancienne (traumatisme, anoxie
néonatale) ou une malformation vasculaire.
La découverte d'une “ anomalie ” neuroradiologique doit être
confrontée aux données cliniques et électroencéphalographiques
et ne doit pas être considérée systématiquement comme
responsable de la crise.
Après le bilan d'une première crise
Après le bilan d'une première crise d'apparence isolée, trois
situations sont possibles :
- la crise est symptomatique d'une lésion cérébrale ou survient
dans un contexte étiologique évocateur (alcoolisme chronique).
- la crise est la première manifestation d'un syndrome
épileptique défini (antécédents familiaux, âge de début,
sémiologie de la crise, anomalies électroencéphalographiques
évocatrices).
- le bilan étiologique est négatif.
Décision thérapeutique
La décision de traiter ou non après une première crise est
largement discutée dans la littérature médicale.
- Elle repose sur l'analyse de plusieurs facteurs :
- risque de récidive de la crise.
- risque lié à la prise quotidienne d'un médicament
antiépileptique.
- risques pour le patient en cas de nouvelle crise.
- probabilité de réduction du risque de récidive si un
traitement est instauré.
- Le taux de récurrence d'une crise non provoquée à 1 an varie
de 16 à 62 % selon les études et serait plus élevé en cas :
- de crise partielle.
- d'anomalies électroencéphalographiques intercritiques.
- de lésion cérébrale.
- d'examen neurologique anormal.
- Les médicaments antiépileptiques :
- ont des effets secondaires.
- leur prescription ne protège pas systématiquement de la
récidive. En effet, de 25 à 41 % des patients traités ont des
crises récurrentes.
Indications thérapeutiques
Les indications thérapeutiques reposent sur les éléments décrits
dans le chapitre précédent et peuvent être schématisées comme
suit :
- le traitement est indiqué si :
- la crise témoigne de l'existence d'une maladie épileptique.
Une bonne définition du syndrome épileptique est le préalable
indispensable à la prescription.
- la crise est symptomatique d'une lésion authentifiée par les
examens neuroradiologiques.
- le traitement est préconisé pour une durée brève en cas de
crise symptomatique d'une affection cérébrale aiguë.
- le traitement peut être différé en cas de crise isolée non
provoquée dont le bilan étiologique est négatif.
La décision finale sera prise cas par cas.
La pratique d'EEG répétés ou d'un enregistrement de sommeil peut
contribuer à la prise de décision si ces examens montrent des
anomalies épileptiques spontanées.
États de mal épileptiques
Définition opérationnelle :
Les états de mal épileptiques sont des syndromes
électrocliniques caractérisés par la répétition à bref délai de
crises récurrentes, avec persistance, pendant la phase
intercritique, d'une altération de la conscience et/ou de signes
neurologiques traduisant un épuisement neuronal des aires
corticales spécifiques impliquées dans les décharges
électriques.
Deux situations cliniques très différentes peuvent être
considérées :
- l’état de mal convulsif, de diagnostic clinique évident,
urgence de réanimation, qui nécessite des mesures thérapeutiques
immédiates et met en jeu le pronostic vital.
- l' état de mal non convulsif, diagnostic difficile qui repose
sur la pratique d'un électroencéphalogramme.
Facteurs étiologiques :
- Chez un patient épileptique connu et traité, le facteur
déclenchant le plus habituel de l'état de mal épileptique est un
sevrage thérapeutique.
- Toute agression cérébrale aiguë directe survenant chez un
sujet épileptique ou non peut se manifester par un état de mal
épileptique inaugural : accident vasculaire ischémique ou
hémorragique, tumeur, infection, traumatisme.
- Les désordres hydroélectrolytiques (hyponatrémie ou
hypernatrémie, hypocalcémie, hypoglycémie...) et les causes
toxiques (alcool, antidépresseurs tricycliques...) sont les
causes les plus fréquentes d'agression cérébrale indirecte.
- Dans 15 à 20 % des cas, l'état de mal épileptique survient
sans cause patente retrouvée.
Etat de mal épileptique convulsif :
La répétition subintrante de crises convulsives induit :
- dans un délai de 30 à 45 minutes, des troubles
neurovégétatifs, une acidose, un œdème cérébral qui
auto-entretiennent et aggravent la tendance aux décharges
épileptiques.
- dans un délai de 90 minutes, des lésions neuronales
anoxo-ischémiques rapidement irréversibles, à l'origine de
séquelles neurologiques.
Evolution spontanée
L'évolution spontanée des états de mal épileptiques convulsifs
est le décès par collapsus cardio-respiratoire dans un contexte
de défaillance multiviscérale.
La mortalité de l'état de mal épileptique convulsif traité est
de 10 à 20 % des cas.
Principe du traitement
Le principe du traitement est le suivant :
- mesures générales :
- assurer la perméabilité des voies aériennes et l'oxygénation,
juger en urgence de l'opportunité d'une assistance respiratoire.
- rechercher et traiter une hypoglycémie.
- mettre en place deux abords veineux, l'un étant réservé à
l'administration des médicaments antiépileptiques.
- mettre en place une surveillance hémodynamique continue.
- interrompre l'activité épileptique : les stratégies
médicamenteuses optimales sont encore controversées.
habituellement, on traite initialement par :
- une benzodiazépine IV (Diazépam, de 10 à 20 mg) dont l'action
est rapide mais brève.
- associée à un antiépileptique d'action prolongée, phénytoïne
(dose de charge 20 mg/kg, surveillance impérative par monitorage
ECG et tensionnel) ou phénobarbital (20 mg/kg).
Surveillance
La surveillance est clinique, électroencéphalographique (au
mieux, monitorage électroencéphalographique continu) et
pharmacologique (contrôle et maintien de concentration sanguine
efficace de médicaments antiépileptiques).
Etats de mal épileptiques non convulsifs :
Une confusion mentale d'intensité variable peut correspondre à
un état de mal épileptique non convulsif, surtout chez le sujet
âgé.
Le seul moyen d'en faire le diagnostic est de pratiquer un
électroencéphalogramme, qui objective l'activité épileptique
continue.
L'injection IV d'une benzodiazépine normalise
l'électroencéphalogramme et fait disparaître la confusion.
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