Fiche additive : Cotations fonctionnelles des membres (Méthodes d’évaluation de la chirurgie du genou dans la pathologie sportive) Cours de l'appareil locomoteur
Introduction
:
À l’heure actuelle, le nouveau challenge de la chirurgie du genou
paraît être son évaluation précise parallèlement au développement
de nouvelles techniques.
L’obligation de moyens et de résultats devient une réalité
quotidienne.
Il nous paraît désormais incontournable de mieux
connaître l’efficacité de nos méthodes thérapeutiques.
Par ailleurs, compte tenu de la grande diversité des techniques
décrites en ce qui concerne, par exemple, la greffe du ligament croisé
antérieur (LCA), laquelle choisir pour garantir le meilleur résultat ?
Certes, il s’agit d’un choix dépendant d’écoles, d’expériences
personnelles.
Toutefois, en observant le nombre de publications dans
la littérature relatives à cette pathologie, nous nous apercevons qu’il
n’existait pas d’unité dans l’évaluation en France, qui plus est sur le
plan international.
Le travail de chaque équipe ne pouvait pas être
comparé objectivement.
Or, le progrès de la chirurgie passe
nécessairement par une évaluation plus stricte.
Ainsi, est né le désir d’unir la communauté orthopédique
internationale et de proposer un moyen commun d’évaluation pour
la chirurgie du sport dans le domaine du genou, la fiche International Knee Documentation Committee (IKDC).
Évaluation de la chirurgie du genou
au siècle dernier
:
Les premières réparations chirurgicales du LCA datent des années
1900.
Tout au long du siècle ont été développées des techniques chirurgicales très diversifiées, ainsi que des soins postopératoires
originaux (systèmes d’immobilisation, méthodes de rééducation, etc).
Soixante-cinq méthodes de reconstruction du LCA étaient
dénombrées en 1983.
Comment comparer ces méthodes sans outil ou paramètre
permettant de les évaluer ?
Depuis bien longtemps, les chirurgiens se sont penchés sur la
question et ont proposé des systèmes d’évaluation : clinique,
objective, subjective, radiographique.
Ces mêmes chirurgiens,
devenus alors évaluateurs, ont été confrontés à un nouveau
problème : la comparaison des méthodes d’évaluation.
En effet, la diversité des écoles et des techniques chirurgicales
aboutit naturellement à une diversité de fiches d’évaluation.
Fiquet analysait 17 fiches utilisées couramment dans le monde en
1989 dans les principaux services orthopédiques.
Il en existe
évidemment beaucoup plus.
Certains auteurs ont proposé d’établir des moyens de
correspondance entre toutes ces fiches.
Certaines sont imprécises,
trop sévères, adaptées à un pays mais non généralisables…
Les correspondances des scores d’évaluation nous semblent une
utopie.
La solution nous paraît être la fiche universelle.
MOYENS D’ÉVALUATION :
Il s’agissait au début d’une étude clinique.
Nous apprécions la laxité
ligamentaire à l’aide de tests manuels reproductibles.
Il en existe un
certain nombre.
Nous citons le test de Trillat-Lachmann, le Pivotshift,
le test de Slocum, le « jerk-test » de Hughtson…
Puis, le besoin de quantifier la laxité nous a poussé à l’étudier radiographiquement.
Des tests dynamiques radiographiques ont été
développés et validés (les tiroirs). Parallèlement, sont apparus des
appareils de mesure clinique de la laxité comme le KT 1000.
Les
critères d’évaluation correspondaient à une analyse objective
préopératoire, puis postopératoire, pour le suivi des patients.
Toutefois, nous nous sommes rendu compte d’une dissociation entre
laxité objective et résultat fonctionnel.
Il manquait dans l’évaluation
les symptômes indispensables à une analyse globale de la
pathologie.
Ainsi est apparue l’évaluation fonctionnelle du genou regroupant
des critères spécifiques sous forme de fiches.
En 1955, O’Donoghue est le premier auteur à introduire la notion
de capacité à reprendre le sport, chiffrée en pourcentage.
Ce critère
est reconnu comme très important.
Marshall l’améliora en proposant quatre items :
– retour au même sport ;
– retour au même sport avec limitation ;
– retour au sport à un niveau différent ;
– retour au sport impossible.
On retrouve ce même schéma dans les fiches majeures de
l’évaluation (Arpège en 1983, Noyes en 1987).
L’évaluation fonctionnelle nécessitait alors l’analyse des symptômes
exprimés par le patient.
Ces divers critères étaient chiffrés pour obtenir un score global (40
pour Lerat, 100 pour Larson, par exemple).
Parmi toutes les fiches, nous rappelons les suivantes.
En France, Lerat propose une fiche en 1972, améliorée au sein du
groupe Arpège en 1978, modifiée en 1985 pour obtenir sa version
actuelle (comprenant l’échelle d’évaluation CLAS).
Dans les pays scandinaves, Lysholm, en 1982, modifie la fiche
originelle de Larson.
En Amérique du Nord, de très nombreuses fiches ont vu le jour.
Nous retiendrons les travaux de Noyes proposant sa fiche très
complète intitulée « knee profile ».
Dans chaque société d’orthopédie, une fiche fait référence, comme
au sein du groupe ISPA d’Israël, ou OAK en Suisse.
Fiquet, en 1989, concluait sa thèse en indiquant qu’aucun système
d’évaluation ne paraissait parfaitement satisfaisant et qu’il s’agissait
de tenter d’obtenir un compromis entre le plus grand nombre de
chirurgiens pour élaborer une fiche commune internationale.
Un groupe de travail associant des chirurgiens de l’European Society
for Knee Surgery and Arthroscopy (ESSKA) et de l’American
Orthopaedic Society for Sport Medicine (AOSSM) a composé en 1993
une fiche d’évaluation nommée fiche IKDC, améliorée en 1999, dont
la version actuelle est décrite ci-dessous.
Analyse de la fiche IKDC
(version 1999)
:
Cette fiche, introduite et publiée en 1993, revue en 1994, a fait l’objet
d’une actualisation en 1999.
Les objectifs de cette mise à jour ont été :
– d’obtenir un outil valable non seulement pour la pathologie liée à
la rupture du LCA, mais aussi pour tous les aspects de la pathologie
sportive (notamment fémoropatellaire, ligament croisé postérieur
[LCP] et méniscal), voire dégénérative du genou ;
– d’introduire une évaluation subjective avec un questionnaire
traduit dans différentes langues ;
– de préciser les lésions cartilagineuses en incluant les critères
définis par l’International Cartilage Repair Society (ICRS).
Cette fiche est le fruit du travail commun réalisé par des chirurgiens
provenant de pays et de sociétés d’orthopédie européennes,
américaines et asiatiques (l’ESSKA 2000 et l’AOSSM et WPAOSM
[Western Pacific and Asian Orthopaedic Sports Medicine]).
Elle
traduit le désir d’évaluer désormais le genou de la même manière
dans le monde entier.
Seule une fiche internationale unique permet
une véritable comparaison des techniques chirurgicales et des
moyens de prise en charge globaux des différentes écoles.
Cette fiche ou formulaire d’évaluation est présentée sous forme d’un
petit cahier comprenant six parties distinctes.
A - PREMIÈRE PARTIE : IDENTIFICATION DU PATIENT
ET DE SON PROFIL DÉMOGRAPHIQUE COMPATIBLE
AVEC MODEMS
Elle est facultative.
Ce chapitre comprend les coordonnées habituellement requises, les
pathologies et antécédents médicaux généraux du patient, la notion
de consommation alcoolotabagique, le morphotype, l’origine
ethnique, la profession et le niveau d’études, enfin le niveau
d’activité.
À ce propos, on distingue quatre sous-groupes : la
pratique ou non de sport, de temps en temps, fréquemment ou à un
haut niveau.
Cette première échelle d’évaluation sportive par niveau
ne tient pas compte du type de sport, de ses contraintes, de son
intensité.
B - SECONDE PARTIE :
ÉVALUATION DE L’ÉTAT DE SANTÉ ACTUEL
Cette analyse prend en compte 11 items relatifs à l’état de santé du
patient.
Il s’agit d’un questionnaire qui nous fournit une impression
subjective du patient sur sa propre forme physique et psychique.
Celle-ci doit être appréciée par rapport à l’année passée, dans
diverses situations de la vie quotidienne et professionnelle.
On interroge le patient sur le degré de gêne ressentie, les
modifications d’activités liées à son état de santé global.
C - TROISIÈME PARTIE :
ÉVALUATION SUBJECTIVE DU GENOU
Après avoir étudié subjectivement l’état de santé global du patient,
nous nous intéressons plus particulièrement à l’état de son genou.
Il
s’agit là encore d’une évaluation subjective à l’aide d’un
questionnaire analysant trois critères : les symptômes, les activités
sportives et le fonctionnement du genou.
Ce questionnaire est rempli
par le patient lui-même.
Il peut et même doit être rempli sans l’aide
de l’équipe médicale.
Il peut être adressé par courrier (conventionnel
ou électronique).
1- Symptômes
:
Nous disposons de sept items qui permettent d’apprécier trois
critères que nous retrouvons dans les diverses fiches préalables : la
douleur, le gonflement, la stabilité, et un critère déjà utilisé par Lysholm, le blocage.
* Douleur
:
Trois items lui sont consacrés.
– Le premier item concerne le niveau d’activité (en général, dans la
vie quotidienne et sportive), maximal sans souffrir du genou.
Parmi
les cinq niveaux d’activité décroissants suivants, quel est le niveau
d’activité le plus important que vous pouvez pratiquer sans souffrir
de votre genou ?
– Activités très intenses comportant sauts et rotations comme au
basket et au football.
– Activités intenses comme un travail physique dur, le ski ou le
tennis.
– Activités modérées comme un travail physique moyen, la
course à pied ou le jogging.
– Activités douces comme la marche, le ménage ou le jardinage.
– Aucune des activités ci-dessus ne m’est possible à cause de mon
genou.
Ce mode d’évaluation concerne un symptôme défini qui retient
comme item celui n’engendrant justement pas le symptôme en
question.
Lorsque le patient ne pratique pas le niveau maximal (par exemple,
si le patient a un niveau sédentaire et ne se plaint d’aucune douleur),
il peut s’évaluer comme s’il pouvait effectuer des activités très
intenses, sans douleur.
Un point doit être souligné.
Les auteurs ont
élaboré une échelle de niveaux d’activité décroissants, quant à leur
intensité, en donnant pour chaque niveau des exemples spécifiques
pour nous éclairer.
L’évaluation est ainsi réalisée à la fois pour la vie
de tous les jours, mais aussi pour la vie professionnelle et sportive.
– Le second item concerne la fréquence d’apparition des douleurs du
genou au cours du dernier mois.
Nous écartons donc le fond
douloureux, la simple gêne et portons notre attention sur les
douleurs qui ont marqué le patient.
En cas de douleur permanente,
il coche la case « constamment ».
– Le troisième item recherche l’intensité de la douleur sur une échelle
croissante d’évaluation arbitraire de 0 à 10.
* Gonflement :
Deux items lui sont consacrés.
– Le premier item concerne la qualité du gonflement ou de la raideur
assimilée du genou.
Cinq propositions sont possibles.
Cette
évaluation doit être représentative des 4 dernières semaines.
– Le second item concerne le niveau d’activité maximale possible
sans apparition du gonflement.
Nous retrouvons la même échelle
d’évaluation que pour la douleur et rappelons les mêmes conseils
quant à la bonne compréhension de la question.
Plusieurs items utilisent des échelles visuelles analogiques qui
permettent une évaluation simple, rapide et fiable (Flandry).
* Blocage :
Au cours des 4 dernières semaines, sinon depuis l’accident ou
blessure, le genou s’est-il oui ou non bloqué ?
Le mot blocage
n’ayant pas la même valeur séméiologique pour le médecin et le
patient, il recouvre tous les aspects du blocage (de l’accrochage
rotulien au vrai blocage rotulien).
Cet item est important.
Il évoque une pathologie méniscale ou
rotulienne.
* Stabilité :
Elle est étudiée selon la même échelle d’évaluation des activités.
Le
symptôme retenu est la stabilité et son corollaire, le dérobement.
Les
auteurs ne distinguent pas ici le dérobement partiel ou total.
On
cherche à obtenir le niveau maximal d’activité sans apparition du
symptôme « dérobement ».
2- Activités sportives
:
Il s’agit là du second critère d’évaluation subjective.
Deux items lui
sont consacrés.
– Le premier item cherche à obtenir le plus haut niveau d’activité du
patient sur une échelle d’évaluation des activités déjà citée lors de
l’analyse des symptômes (cinq niveaux).
Dans ce cadre, concernant
l’activité sportive en général, le patient nous informe de son niveau
le plus haut qu’il pratique régulièrement.
– Le second item correspond à un questionnaire comprenant neuf
activités spécifiques dont on évalue les difficultés à les pratiquer.
L’évaluation se fait subjectivement selon cinq définitions, de « pas
difficile » à « impossible ».
3- Fonctionnement du genou
:
Il s’agit pour le patient de donner une note sur une échelle croissante
de 0 à 10, correspondant à la valeur de performance de son genou.
Deux évaluations dans le temps sont nécessaires pour exprimer la
notion de gain (amélioration) ou de perte de fonction.
La première évaluation se veut la référence, c’est-à-dire avant la
blessure ou l’accident.
La seconde correspond à l’état actuel de son
genou, donc à la performance genou atteint.
4- Expression finale de la fiche d’évaluation subjective
du genou
:
Une feuille d’instructions pour le calcul du score d’évaluation
subjective est associée à la fiche elle-même.
* Étapes de calcul du score final
:
Chaque item des trois groupes - symptômes, activités sportives et
fonction du genou est évalué, puis chiffré.
Nous prenons comme
principe de donner le score le plus bas à l’activité la plus basse (ce
qui équivaut au symptôme le plus prononcé) et, inversement, le
score le plus haut à l’activité la meilleure (donc correspondant à la
symptomatologie la plus discrète).
À chaque item correspond un score.
Il faut ensuite faire la somme des scores pour obtenir le total brut,
puis appliquer la formule suivante pour obtenir le score final IKDC
évalué sur une échelle de 0 à 100.
Score final IKDC = (total brut -
score le plus bas) X 100
/ Nombre de scores possibles
Sachant que, par définition, le score le plus bas est égal à 18, le
nombre de scores possibles est égal à 87 (105-18 = 87).
Sur l’échelle de 0 à 100, le score 0 correspond au niveau d’activité le
plus bas lié à une symptomatologie la plus prononcée.
À l’opposé,
le score 100 correspond au niveau d’activité maximale sans
limitation et sans aucune symptomatologie.
Il existe 18 items dans
cette évaluation.
Le score peut être calculé s’il manque au maximum
deux réponses.
Pour ce faire, on ajoute les deux valeurs moyennes
des items manquants aux 16 autres scores pour obtenir le total brut
et en déduire le score final IKDC de la même manière que ci-dessus.
D - QUATRIÈME PARTIE OU HISTORIQUE DU PATIENT
:
Cette fiche permet de reconnaître tous les événements datés et
analysés survenus sur ce genou.
Elle reprend les coordonnées du patient.
Elle renseigne sur la date
de survenue des symptômes avec le motif exact de consultation.
Elle
donne la date du premier examen du genou afin de connaître
l’intervalle ; en ayant en mémoire l’histoire naturelle du LCA.
L’état
du genou controlatéral est indispensable pour connaître le terrain
(hyperlaxité, recurvatum constitutionnel…), une laxité bilatérale
empêchant alors l’analyse comparative clinique ou radiologique des
genoux.
Les auteurs distinguent quatre types de circonstances de
survenue d’un accident : lors d’activités quotidiennes, sportives,
professionnelles ou lors d’un accident de la voie publique et quatre
types de mécanismes : sans traumatisme, de survenue progressive ;
sans traumatisme, de survenue secondaire ; avec traumatisme sans
impact (sans choc) ; avec traumatisme et impact (choc).
Une partie importante de cette fiche consiste à répertorier de façon
précise et détaillée les antécédents concernant le genou étudié.
Il
s’agit de retrouver la pathologie reconnue et les éventuels
traitements proposés.
On distingue :
– les antécédents méniscaux avec ou non suture ou transplant ;
– les antécédents de chirurgie ligamentaire, qu’il s’agisse de deux
ligaments, des ligaments latéraux, leur réparation, les plasties
externes associées ainsi que les éventuels gestes périphériques
(réfection du point d’angle postéroexterne [PAPE]) ; il s’agit de
connaître la nature de la (ou des) greffe(s) ;
– les antécédents fémoropatellaires, que les auteurs divisent en :
– chirurgie d’alignement de l’appareil extenseur en cas
d’instabilité rotulienne, qu’il s’agisse de plastie de type Insall, de
section de l’aileron externe ou de gestes osseux à type de
transposition de la tubérosité tibiale antérieure ;
Il s’agit de connaître l’état du cartilage du genou, les éventuelles
interventions déjà proposées :
– ostéotomie tibiale de correction frontale ;
– chirurgie du cartilage avec toutes les techniques modernes que
sont la thérapie cellulaire, les autogreffes ostéochondrales type
Mosaïcplasty, ainsi que les forages type Pridie, abrasions et
microfractures.
Enfin, cette fiche renseigne sur les données de l’imagerie, mais par
des réponses dites ouvertes ou en clair.
Nature et résultats du bilan
complémentaire sont les dernières données de la fiche historique du
genou.
E - CINQUIÈME PARTIE OU DOCUMENTATION CHIRURGICALE
:
Il s’agit de donner une description objective du genou lors de
l’intervention chirurgicale.
On obtient le (ou les) diagnostic(s) et un
bilan particulièrement détaillé de chaque compartiment et élément
de l’articulation.
Cette description reprend les recommandations de
l’ICRS et est susceptible d’évoluer dans les mois à venir.
L’analyse porte sur trois
critères.
1- Status cartilagineux
:
Il s’agit de reporter sur des schémas représentant différentes surfaces
articulaires du genou les zones exactes atteintes observées en peropératoire.
La trochlée fémorale est analysée de face et de profil
afin de localiser la zone atteinte.
La surface articulaire patellaire est
observée sur un plan, ainsi que la surface tibiale.
Une fois les
surfaces cartilagineuses atteintes localisées, il s’agit d’analyser
chaque lésion selon la taille et le degré de l’atteinte en fonction de
l’échelle d’évaluation cartilagineuse de Noyes (quatre degrés). On
précise la taille de la lésion avant, puis après un éventuel
geste (type régularisation).
On rapporte le diagnostic de
l’atteinte cartilagineuse et le traitement proposé.
2- Status méniscal
:
La fiche n’évalue pas le type de lésion, mais on le déduit du
traitement proposé et de l’état méniscal en fin d’intervention.
L’analyse considère les deux ménisques.
On établit la qualité des
ménisques après chirurgie en évaluant la taille de l’ectomie réalisée
en trois tiers, le respect des fibres périphériques circulaires.
On
évalue l’état du tissu méniscal restant, notamment sa qualité
dégénérative (méniscose) et le critère important qu’est la stabilité
(testing au crochet).
3- Status ligamentaire
:
Il s’agit de donner les caractéristiques de la technique chirurgicale
de reconstruction ligamentaire.
L’emplacement des tunnels est reporté en profil et face pour le tibia
et le fémur, à l’aide de schémas détaillés.
Nous rapportons les gestes
exacts réalisés. Réparation-suture du LCA ou du LCP ;
reconstruction des ligament latéral interne (LLI), ligament latéral
externe (LLE), LCA-LCP ; plastie extra-articulaire ; geste sur le PAPE.
La nature de la greffe est précisée (tendon rotulien, deux ou quatre
faisceaux de tendons ischiojambiers, tendon quadricipital…).
On
rappelle la nature de la greffe en cas de ligamentoplastie.
F - SIXIÈME PARTIE OU FICHE D’EXAMEN CLINIQUE
DU GENOU
:
Elle se présente sous forme d’un seul recto. On rappelle les
coordonnées du patient.
L’examen note l’existence d’une hyperlaxité
ligamentaire (recherche d’une hyperextension de la métacarpophalangienne
du pouce, de la trapézométacarpienne de la première
colonne, d’un genu recurvatum bilatéral ainsi que d’un recurvatum
du coude).
Au contraire, on peut diagnostiquer une raideur globale du sujet.
D’autres critères cliniques sont nécessaires : le morphotype (cause
de déséquilibre frontal et facteur de risque d’évolution arthrosique
en cas de laxité), la position rotulienne éventuelle (rotule centrée, subluxée ou luxée, qui sont des états statiques, subluxable lors de
l’examen dynamique).
Tous ces critères ne rentrent pas en compte dans l’évaluation finale
de l’examen clinique ; ils ne sont utiles qu’à titre informatif.
L’évaluation clinique est chiffrée grâce à sept groupes de signes
cliniques physiques (examen), radiographiques et de tests.
Chaque groupe est analysé séparément en quatre niveaux : A,
normal ; B, anormal ; C, presque normal ; D, très anormal.
Quand il existe plusieurs critères dans un même groupe, chaque
critère est analysé à nouveau séparément ; le critère dont le niveau
est le plus bas donne le niveau à l’ensemble du groupe.
Nous obtenons ainsi une évaluation séparée des différents groupes.
Toutefois, l’évaluation finale est déterminée uniquement par les trois
premiers groupes.
Le niveau final est donné par le niveau le plus
bas des trois groupes suscités.
Les sept groupes sont les suivants : épanchement, perte de mobilité
passive, évaluation ligamentaire, crépitation articulaire, pathologie
des sites de prélèvement de greffe, anomalies radio, test fonctionnel.
La fiche d’examen clinique est accompagnée d’une fiche
d’instructions pour la remplir correctement.
Chacun des sept
groupes est détaillé afin de préciser exactement tous les critères.
Conclusion
:
L’évolution et les progrès de la chirurgie ligamentaire du genou nous
obligent désormais à nous doter d’un système d’évaluation planétaire,
universel, compréhensible par tous et cependant précis.
Seule une fiche d’évaluation commune à l’ensemble des sociétés
orthopédiques internationales permet une comparaison objective des
techniques et des résultats dans la chirurgie du genou.
Des dizaines de
fiches existaient, mais aucune ne faisait l’unanimité.
Il a fallu toute la
volonté d’un groupe de chirurgiens mandatés provenant de sociétés
orthopédiques continentales pour enfin obtenir un véritable consensus.
Un système d’évaluation est né, la fiche IKDC, qui vient remplacer
progressivement toutes les précédentes.
Cette fiche fait référence à
défaut de faire l’unanimité, permettant ainsi d’analyser globalement le
genou.
Elle n’est bien évidemment pas figée et doit évoluer en fonction
des critiques recueillies et analysées.
Il semble que nous abordions une nouvelle ère d’évaluation, à l’échelle
internationale, qui est probablement indispensable dans les années à
venir, pour l’ensemble de l’orthopédie.