Arguments en faveur de l’origine
coxo-fémorale
:
• La douleur siège de façon élective dans l’aine mais elle
irradie très souvent vers la face antérieure de la cuisse sans
dépasser le genou, vers la fesse, vers la région du grand
trochanter.
Elle peut se résumer à une de ces irradiations
en particulier la face antérieure de genou, imposant de toujours
examiner la hanche devant une douleur du genou.
Quelle que soit la cause, la mise en charge de l’articulation
en position debout et surtout à la marche fait apparaître
ou augmente la douleur et provoque une boiterie.
• La mobilisation passive et lente de la hanche en prenant
soin d’obtenir un relâchement musculaire en décubitus
réveille la douleur habituelle précocement ou en fin de
course.
Dans la plupart des arthropathies de hanche, elle
met en évidence une limitation de la mobilité.
Tous les secteurs
de mobilité peuvent être amputés mais les plus
concernés sont généralement la flexion, l’abduction, l’extension
et la rotation interne.
• Une radiographie du bassin de face est souvent suffisante
pour confirmer le diagnostic clinique de coxopathie,
pour orienter ou faire son diagnostic étiologique ou au
contraire pour innocenter l’articulation coxo-fémorale et
découvrir un diagnostic différentiel.
Douleur d’origine coxo-fémorale :
A - L’interligne articulaire
ne paraît pas pincée sur la radiographie :
Parmi les diagnostics possibles, il faut d’abord penser à
ceux qui justifient un traitement urgent ou en tout cas spécifique.
1- Coxite débutante
:
La douleur est permanente et prédomine habituellement la
nuit avec raideur matinale et rapidement impotence fonctionnelle.
On constate une limitation des mobilités à l’examen.
Dans la majorité des étiologies, il existe un syndrome
inflammatoire biologique.
• Une coxite infectieuse doit être éliminée avant les destructions
ostéocartilagineuses et même si possible avant
l’apparition d’une déminéralisation coxo-fémorale.
Une coxite à pyogène (staphylocoque le plus souvent) doit
être traitée en urgence pour éviter les rapides détériorations
ostéocartilagineuses.
Outre l’existence d’une porte d’entrée
inconstante, d’une fièvre avec frissons, d’une hyperleucocytose
sanguine, et d’une vitesse de sédimentation
élevée, c’est l’intensité et la rapidité d’installation de la
douleur et la limitation importante de la mobilité passive
qui imposent la pratique d’hémocultures et la ponction articulaire
faite sous contrôle radio pour mettre en évidence le
germe, tester sa sensibilité et mettre en route l’antibiothérapie
par voie veineuse.
Une arthrite tuberculeuse, moins bruyante cliniquement,
peut avoir une expression clinique identique à celle d’une coxite rhumatismale.
Le diagnostic est orienté par la notion
de terrain prédisposé, de possible contage, d’autres foyers
tuberculeux (pulmonaire, urinaire…) et même si l’interligne
paraît encore normal sur la radiographie, il existe toujours
au moins une déminéralisation.
La confirmation par
la découverte du bacille de Koch (BK) dans le liquide de
la ponction est rare et c’est plus souvent la biopsie synoviale
qui permet l’isolement du germe après culture, ou la
découverte des lésions anatomopathologiques caractéristiques
avec granulome à cellules géantes et nécrose
caséeuse.
• Une coxite rhumatismale n’est quasiment jamais inaugurale
d’une polyarthrite rhumatoïde.
Elle peut par contre
être la première atteinte périphérique d’une spondylarthropathie
mais ici, même si l’atteinte des hanches constitue
un élément important du pronostic fonctionnel, on a le
temps de réunir les critères de diagnostic d’un rhumatisme psoriasique, d’un rhumatisme des entérocolopathies chroniques
ou d’une pelvispondylite rhumatismale.
• Une coxite microcristalline à pyrophosphates de calcium
est rare et il existe généralement des liserés calciques
coxo-fémoraux et sur la symphose pubienne sur les radiographies.
Le liquide de ponction montrerait de toutes façons
les cristaux et l’absence de germe.
Ce sont plutôt les poussées
inflammatoires sur calcifications périarticulaires à
hydroxyapatite qui peuvent simuler une coxite aiguë.
2- Algodystrophie, ostéonécrose,
chondrolyse rapide
:
Ces 3 diagnostics méritent d’être groupés car leur expression
clinique est souvent voisine, ils relèvent d’une mise
en décharge rapide entre 2 cannes anglaises avec utilisation
du pas simulé.
• L’ostéonécrose aseptique de hanche peut être secondaire
à un traumatisme (fracture sous-capitale du col du fémur
ou luxation de hanche), à un barotraumatisme des plongeurs
– une corticothérapie massive et prolongée, à une
drépanocytose, à une maladie de Gaucher, à une radiothérapie
locale, ou dite primitive.
Une douleur de hanche apparue
brutalement, bien améliorée par le repos et sans restriction
des mobilités passives à l’examen évoque ce
diagnostic.
C’est avant l’effondrement de la zone céphalique
nécrosée, c’est-à-dire une perte de sphéricité et un
décroché et même avant l’apparition d’une condensation
ou de la diminéralisation linéaire sous-chondrale (signe de
la coquille d’oeuf), que la mise en décharge a le plus de
chances d’éviter la déformation de la tête fémorale.
La scintigraphie
est un excellent examen d’orientation montrant
une hyperfixation céphalique précoce, intense et, dans certains
cas, une atteinte controlatérale cliniquement muette.
L’imagerie par résonance magnétique (IRM) permet très
rapidement de confirmer la nécrose avant son effondrement
et montre ses limites sous forme d’un liseré d’hyposignal
en T1.
• L’algodystrophie de la hanche est rare.
La douleur rend
la station debout très difficile et persiste souvent au repos.
La déminéralisation intense de la tête et du cotyle est caractéristique
mais retardée par rapport au début des douleurs.
La scintigraphie osseuse montre par contre dès le début une
hyperfixation coxo-fémorale.
L’imagerie par résonance
magnétique (IRM) permet d’éliminer une ostéonécrose.
Cet examen est d’autant plus utile qu’il s’agit d’une algodystrophie
compliquant une grossesse au cours du 3e trimestre.
Quelle que soit l’origine, l’évolution se fait vers la guérison
sans séquelle en 2 à 3 mois avec mise en décharge pendant
1 mois.
• La chondrolyse rapide peut s’exprimer dans les premières
semaines de son évolution, alors que l’interligne n’apparaît
pas encore pincé, par un tableau clinique voisin de celui
d’une algodystrophie.
Aucun examen complémentaire ne
montre des signes spécifiques à ce stade.
Il existe un épanchement
articulaire parfois abondant visible sur l’IRM qui
montre aussi un oedème osseux sous-chondral voisin de
celui d’une algodystrophie ou d’une ostéonécrose débutante.
La mise en décharge pendant 2 mois prévient peut-être
l’évolution vers l’affaissement massif et rapide de l’interligne,
elle participe certainement à la réduction importante
de la douleur.
3- Pathologies de la synoviale :
Il s’agit principalement de l’ostéochondromatose synoviale
et de la synovite villonodulaire.
• L’ostéochondromatose : la synoviale subit une métaplasie
chondroïde conduisant à des îlots multiples de cartilage
qui vont bientôt s’ossifier puis se détacher dans la cavité
articulaire mais la radiographie est normale pendant des
années.
La symptomatologie se résume longtemps à des poussées
douloureuses de 2 à 3 semaines entrecoupées de rémissions.
Une douleur chronique traduit plus tard l’existence
d’une coxarthrose secondaire.
Les classiques blocages articulaires
sont rares.
Le problème est de penser à ce diagnostic devant une douleur
de la hanche chez un adulte encore jeune.
La radiographie
peut montrer un interligne apparemment élargi par
rapport au côté opposé, mais si les chondromes ne sont pas
ossifiés et typiques, c’est l’arthroscanner qui permettra d’en
faire le diagnostic.
L’IRM montre l’hypertrophie synoviale
et la présence de liquide dans l’articulation mais peut
méconnaître les ostéochondromes.
• La synovite pigmentée villonodulaire : la hanche est rarement
touchée par cette prolifération nodulaire de la synoviale
qui envahit l’os sous chondral, entraîne des érosions
et des géodes bien avant que l’interligne ne soit altéré.
Contrairement au genou où le diagnostic est facilement fait
par l’aspect hémorragique du liquide de ponction, c’est
l’arthroscanner ou l’IRM qui oriente vers ce diagnostic à
la hanche et conduit à la ponction articulaire et la biopsie
synoviale qui montre une histologie spécifique et permet
d’éliminer un synovialome.
4- Autres causes de hanche douloureuse
avec interligne normal sur la radiographie :
• Les géodes du cotyle traduisent généralement un excès
de contraintes dû à une coxopathie débutante ou à une dysplasie.
L’évolution clinique dépend alors de l’évolution de
la chondropathie.
Les géodes isolées sont très rares.
• Les fissures du bourrelet cotyloïdien touchent le plus
souvent des femmes jeunes.
Dans la majorité des cas, il
existe une insuffisance de couverture antérieure et externe
de la tête fémorale.
La douleur est réveillée par une longue
marche ou par la course, elle est parfois associée à une sensation
de craquement et de ressaut.
L’arthroscanner montre
bien la fissuration sur un gros bourrelet.
Les kystes du bourrelet
sont mieux vus par l’IRM.
• Dans la hanche pagétique avant le stade d’arthropathie
et dans la maladie de Forestier, le problème est de rapporter
la douleur aux images radiographiques évidentes.
La
hanche dite du sportif caractérisée par la prolifération
ostéophytique avec un interligne encore normal doit être
assimilée à une coxarthrose avant le stade de la détérioration
cartilagineuse.
B - L’interligne articulaire est pincé :
La coxarthrose est l’étiologie la plus fréquente mais l’enquête
doit d’abord envisager les pathologies conduisant à
une détérioration rapide et justifiant un traitement rapide.
1- Coxites :
Le pincement intéresse toute l’étendue de l’interligne articulaire
; il existe une déminéralisation fémorale et cotyloïdienne
associée plus ou moins rapidement selon l’étiologie
à des géodes et des érosions de l’os sous-chondral.
• Quand la coxite apparaît dans un contexte de rhumatisme
inflammatoire connu, elle ne pose pas de problème
diagnostique.
Elle constitue toujours un élément de gravité
de l’évolution fonctionnelle.
Il faut s’assurer cependant
qu’il ne s’agit pas d’une infection greffée sur une coxite
inflammatoire (rhumatoïde en particulier) et ne pas hésiter,
en cas de doute, à effectuer un prélèvement du liquide
articulaire pour rechercher des polynucléaires altérés et surtout
un germe.
Rappelons qu’un liquide inflammatoire
comporte plus de 1 000 éléments/mm3 avec prédominance
de polynucléaires mais il peut contenir plus de 10 000 leucocytes/
mm3 dans une coxite rhumatismale psoriasique.
• Quand la coxite est isolée, la question du diagnostic différentiel
entre une coxite infectieuse et un rhumatisme
inflammatoire est plus fréquente.
Nous avons vu que la coxite à germe banal a une symptomatologie
très bruyante et qu’elle doit être reconnue et traitée
avant l’apparition de destructions articulaires.
La coxite
de la brucellose chronique, tuberculeuse, ou à mycobactérie
atypique peut avoir une symptomatologie plus chronique
avec même des douleurs de caractère mécanique.
Avant de conclure à une coxite rhumatismale inaugurale,
comme on peut le voir dans la spondylarthropathie chez le
sujet jeune, il faut faire une enquête étiologique comportant
particulièrement la recherche d’un risque de contamination,
d’un terrain favorable avec immunodépression, de
portes d’entrée, d’une altération de l’état général, réaliser
des radiographies pulmonaires, une intradermo-réaction à
la tuberculine voire un sérodiagnostic de Wright et des tests
d’immunofluorescence selon le contexte.
Dans tous les cas,
l’analyse du liquide articulaire, dont on aura confirmé la
présence par une IRM, est indispensable et au moindre
doute il faut recourir à une biopsie synoviale.
2- Coxarthrose
:
C’est l’affection de la hanche la plus fréquente touchant 2
à 4 % des sujets de plus de 40 ans.
• La coxarthrose est dite secondaire quand elle est associée
à un trouble architectural congénital ou acquis qui
conduit à une mauvaise congruence des surfaces articulaires
et à une concentration des pressions sur une portion
de l’articulation (dysplasie de hanche, subluxation, protrusion
acétabulaire, séquelle d’une ostéochondrite juvénile,
d’une épiphysiolyse, d’un traumatisme de la hanche,
d’une ostéonécrose de la tête fémorale ou d’une coxite).
L’arthrose peut être secondaire aussi à une contusion cartigineuse
au cours d’un traumatisme violent et à des mouvements
sportifs intensifs et répétés (danse, football, etc.).
• La coxarthrose est dite primitive quand aucune de ces
circonstances favorisantes ne peut être mise en évidence.
Qu’elle soit primitive ou secondaire, le pincement est localisé
à une partie de l’articulation (supéro-externe le plus
souvent).
La coxarthrose s’exprime cliniquement par une
douleur typique de hanche.
La boiterie associe à des degrés
divers l’esquive de l’appui liée à la douleur et la limitation du pas postérieur liée à l’insuffisance d’extension.
La limitation
de mobilité passive à l’examen porte sur tous les secteurs
d’amplitude mais prédomine sur la rotation externe,
l’extension et l’adduction.
Progressivement, l’articulation
peut se mettre en attitude vicieuse marquée par une rotation
interne, un flessum et une abduction.
Douleurs, raideur
et attitude vicieuse doivent être évaluées séparément
et régulièrement mais l’ensemble concourt à une gêne fonctionnelle
qu’il faut quantifier.
En France, c’est l’indice algofonctionnel
des coxopathies de Lequesne qui est le plus
souvent utilisé.
Une radiographie du bassin de face debout, les membres
inférieurs en rotation interne de 20° et un cliché oblique
appelé faux profil de Lequesne permettent de confirmer le
diagnostic en montrant les signes de l’arthrose (pincement
localisé, ostéophytes, ostéocondensation et géodes souschondrales).
Ils permettent aussi de classer la coxarthrose
selon le siège du pincement électif et le résultat des mesures coxométriques.
L’évolution de la détérioration anatomique et de la gêne
fonctionnelle est très variable allant d’une disparition de
l’interligne coxo-fémoral avec grande incapacité fonctionnelle
en moins d’un an dans la coxarthrose destructrice
rapide à des évolutions peu ou pas douloureuses pendant plusieurs décennies dans la coxarthrose où prédomine l’ostéophytose
et dans certaines localisations du pincement, en
particulier dans la coxarthrose polaire interne.
La surveillance
clinique, et si besoin radiographique régulière,
permettent d’adapter les traitements médicamenteux et kinésithérapiques et surtout de décider au bon moment
d’une intervention correctrice dans une coxarthrose secondaire
ou de la mise en place d’une prothèse totale de hanche
dans toutes les formes.
La douleur n’est pas d’origine
coxo-fémorale
:
De nombreuses pathologies régionales peuvent s’exprimer
par une douleur d’allure coxo-fémorale.
Leur diagnostic
nécessite une analyse détaillée de la clinique, en particulier
des caractères de la douleur et des circonstances d’apparition
ainsi qu’une lecture attentive de la radiographie en
s’intéressant aussi aux parties molles et à l’os.
A - Pathologie osseuse :
L’efficacité des traitements découle en grande partie de la
rapidité du diagnostic.
1- Fracture par insuffisance osseuse
:
Une fracture dite par insuffisance osseuse est probable
quand la douleur est apparue brutalement chez une personne
âgée à l’occasion d’une chute ou parfois sans traumatisme
évident et qu’elle s’intensifie dès la mise debout,
interdisant parfois l’appui.
La fracture peut se situer sur
n’importe quelle région de la ceinture pelvienne ou du col
fémoral mais, le plus souvent, elle est localisée sur les
branches ischio- et ilio-pubiennes ou sur le col du fémur.
Elle peut être difficile à voir sur les radiographies du bassin
de face et nécessiter des clichés de trois quart obturateur
et alaire.
Une scintigraphie osseuse est souvent nécessaire
pour orienter la lecture des radiographies.
2- Fracture de contrainte
:
Une fracture dite de contrainte est probable chez un sujet
jeune sans pathologie osseuse, si une douleur intense s’est
installée en quelques jours à la suite d’activités de marche
ou de course prolongées et inhabituelles.
La fracture est
partielle (du moins au début), localisée sur le cotyle, sur le
pourtour obturateur, le petit trochanter ou le fémur et elle
est difficilement visible sur les radiographies initiales.
Ce
n’est que 2 à 3 semaines plus tard que le cal apparaît, sous
forme d’une bande de condensation.
Là encore, la scintigraphie
osseuse est l’examen le plus performant pour
mettre en évidence rapidement une hyperfixation localisée
et guider les radiographies.
Dans les 2 cas, la première mesure est de mettre en décharge
la région fracturée en utilisant 2 cannes et en enseignant la
technique du pas simulé.
3- Métastases osseuses :
Une métastase osseuse ou une lésion myélomateuse peuvent
être en cause surtout dans la région du cotyle (2e localisation
après le rachis).
La douleur, généralement plus
intense que dans la plupart des arthropathies, nocturne, peut
évoluer dans un contexte d’altération de l’état général.
À
l’examen, la découverte d’un syndrome clino-statique,
c’est-à-dire l’impossibilité de décoller le talon du plan du
lit en décubitus dorsal, est très caractéristique d’une lésion
maligne du cotyle.
La radiographie standard du bassin peut montrer des images
lytiques ou condensantes de la lésion maligne.
Il est souvent
nécessaire de s’aider d’une scintigraphie osseuse pour guider la tomodensitométrie et l’imagerie par résonance
magnétique avant la biopsie osseuse nécessaire pour faire
le diagnostic et adapter le traitement.
4- Ostéome ostéoïde :
Il peut être en cause quand la douleur est surtout nocturne,
parfaitement soulagée par l’aspirine et lorsque le patient
est jeune.
Il est difficile de voir la lésion typique (petite
lacune, le nidus, au sein d’une zone condensée) dans certaines
localisations, en particulier la corticale inférieure du
col du fémur ou le petit trochanter.
La scintigraphie montre
une hyperfixation ponctuelle et guide le scanner ou l’imagerie
par résonance magnétique avant son exérèse.
5- Autres lésions
:
Certaines lésions osseuses sont rares ou difficiles à diagnostiquer
:
• une fracture engrenée du col fémoral chez une personne
âgée peut se manifester par une vive douleur à la marche
avec rotation externe permanente du membre inférieur ;
• une fissure de Looser Milkmann sur la corticale du col
du fémur pose les mêmes problèmes diagnostiques qu’une
fracture de fatigue.
Elle est généralement associée à
d’autres signes d’ostéomalacie;
• une douleur de la cuisse ne doit pas être trop rapidement
attribuée à la hanche.
Les radiographies de la diaphyse
fémorale pourront par exemple retrouver une dysplasie
fibreuse, une localisation de la maladie de Paget, un sarcome
osseux.
B - Pathologie périarticulaire :
Il s’agit surtout de pathologies des tendons et de leurs
enthèses et de bursites dont le diagnostic repose principalement
sur une bonne analyse sémiologique.
1- Tendinopathies :
Dans les tendinites et les enthésopathies, on retiendra : l'absence
de douleurs à la mobilisation passive douce, la douleur
à la mise en tension passive en fin de course (douleur
des adducteurs en fin d’abduction), la douleur à la mise en
tension active en contraction isométrique contrariée (douleur
en rotation externe contrariée dans les tendinites des
pelvi-trochantériens), la douleur à la pression directe sur
le tendon où à la zone d’insertion (grand trochanter, ischion,
insertion pubienne des adducteurs, tendon du psoas
iliaque).
2- Tendinobursite du moyen fessier
:
Elle fait partie des localisations les plus fréquentes autour
de la hanche.
La douleur est maximale en regard du bord
supérieur et de la face externe du grand trochanter.
L’abduction
contrariée est douloureuse et explique la nette exacerbation
à chaque appui en montant les escaliers.
L’injection
loco dolenti de 5 mL de Xylocaïne à 1 % fait
généralement disparaître la douleur dans les 15 minutes
qui suivent et permet de prédire la bonne efficacité du corticoïde
injecté simultanément.
L’existence d’une bursite latéro-trochantérienne impose une parfaite localisation de l’injection si besoin après diagnostic de la collection par
une imagerie par résonance magnétique.
3- Bursite ischiatiques
:
La douleur est fessière, exacerbée en position assise, lors
de la mise en tension des ischio-jambiers et de la palpation
appuyée en regard des ischions.
4- Bursites du psoas iliaque :
La douleur est inguino-crurale, réveillée à la palpation du
creux inguinal et lors de la contraction contrariée du psoas
iliaque la hanche fléchie au-delà de 90°.
La confirmation
du diagnostic nécessite souvent une échographie voire une
imagerie par résonance magnétique ou une bursographie.
5- Calcifications périarticulaires :
Elles peuvent s’exprimer par une douleur chronique mais
aussi par une périarthrite aiguë microcristalline simulant
pendant 2 à 3 jours une arthrite septique coxo-fémorale surtout
quand elle s’accompagne d’une poussée fébrile.
Le
diagnostic peut être difficile si on n’a pas de radiographies
antérieures montrant la calcification car elle peut disparaître
complètement au cours de la poussée inflammatoire.
6- Hanches à ressaut :
Elles sont plus inquiétantes que gênantes.
Le ressaut est
perçu comme un claquement brusque et sourd que le patient
reproduit facilement.
Le ressaut externe correspond à l’accrochage
de la bandelette ilio-tibiale sur le grand trochanter.
Il cède souvent sans intervention thérapeutique. Le ressaut
antérieur correspond à l’accrochage du tendon du
psoas sur l’éminence ilio-pectinée au cours de certaines
activités sportives.
La gêne est, là aussi, généralement
mineure et passagère.
C -
Douleur projetée à partir d’une lésion
à distance de la hanche :
• Une douleur de la face interne des 2 cuisses simulant
une tendinite bilatérale des adducteurs est souvent l’expression
clinique d’une pathologie de la symphyse
pubienne.
• Une douleur de la fesse irradiant vers la face postérieure
de cuisse et exacerbée par l’appui unipodal peut provenir
d’une pathologie mécanique ou inflammatoire de la sacroiliaque.
• Une douleur irradiant dans l’aine, le long de la face antérieure,
externe ou postérieure de la cuisse, peut correspondre
à une radiculalgie antérieure lombaire tronquée L2,
L3, L4, L5 ou S1, à une méralgie paresthésique ou à la
souffrance d’une branche postérieure en regard d’une articulaire
postérieure L4-L5.
Il est généralement facile d’innocenter
la hanche quand sa mobilisation ne révèle ni douleur,
ni limitation de mobilité et, a fortiori, s’il existe des
signes neurologiques orientant vers une atteinte radiculaire.
Le diagnostic devient plus difficile quand il existe à la fois
une coxarthrose et un rachis lombaire rétréci arthrosique
dont les symptômes s’expriment principalement lors de la
marche.
C’est dans ces cas que le test anesthésique intraarticulaire de la hanche prend toute sa valeur pour faire la
part de ce qui revient à la coxopathie et au rachis lombaire avant de décider un
traitement, surtout s’il s’agit d’une intervention chirurgicale de
la hanche ou du rachis.
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