1- Hamartome épidermique (ou nævus épidermique,
ou nævus verruqueux)
:
Il est dû à la prolifération de kératinocytes.
Une prolifération sébacée
peut être associée (nævus verrucosébacé) sur tout ou partie de la
lésion, ou apparaître au cours de l’évolution.
* Manifestations cliniques
:
La lésion est bien limitée, avec des bords parfois émiettés.
Elle forme
des plaques hyperkératosiques, verruqueuses, de couleur grise,
parcourues de sillons profonds.
Toutes les parties du corps peuvent être atteintes, y compris les
paumes, les plantes, le cuir chevelu (entraînant dans ce cas une
alopécie localisée).
L’étendue est très différente d’un patient à un autre : 1 ou 2 cm de
long jusqu’à une surface de plus de 10 cm2.
Les formes étendues et
systématisées ont été appelées « nævus unius lateralis » ou
« nævus unius lateris ».
La disposition peut être en plaques ou en
lignes : lignes de Blaschko, dermatome sensitif, ou ligne de
Sherrington séparant deux territoires sensitifs ; il y a un arrêt sur la
ligne médiane.
Les lèvres, la muqueuse buccale peuvent aussi être
atteintes.
L’hamartome kératinocytaire épidermolytique a un aspect particulier
souvent inflammatoire, avec des zones de décollement.
La
disposition peut être linéaire ou zostériforme.
L’affirmation est
faite à l’examen histopathologique. La forme acantholytique et
dyskératosique a l’aspect d’une maladie de Darier zoniforme.
Un aspect différent appelé nævus corniculatus a été décrit, associant
des cornes cutanées, des hyperkératoses filiformes, des aspects de
comédons géants, des plaques réparties selon les lignes de
Blaschko.
* Âge de survenue. Hérédité
:
La lésion est présente à la naissance ou apparaît précocement ;
elle apparaît rarement après l’âge de 7 ans.
Les deux sexes sont
atteints.
L’absence d’hérédité est presque constante sauf pour
les hamartomes kératinocytaires épidermolytiques qui peuvent être
transmis sur le mode autosomique dominant.
Les descendants
peuvent être porteurs d’un hamartome kératinocytaire
épidermolytique ou d’une érythrodermie ichtyosiforme congénitale
bulleuse.
* Évolution :
La lésion s’étend avec l’âge proportionnellement à l’augmentation
de la surface cutanée.
Dans certains cas, il existe cependant une
période d’extension plus importante que l’extension proportionnelle
à la surface cutanée pendant quelques années.
 l’âge adulte, la
lésion persiste inchangée avec parfois des poussées d’inflammation,
de macération, d’infection.
L’évolution néoplasique est exceptionnelle ; elle est liée presque
toujours à l’existence d’une composante sébacée : carcinome basocellulaire, carcinome épidermoïde.
Un syringadénome papillaire survient dans 10 à 20 % des cas.
Une curieuse observation de lésion inflammatoire et prurigineuse,
prolongeant à l’âge adulte un hamartome épidermique apparu dans
l’enfance, a fait porter le diagnostic de blaschkite.
* Associations :
Des associations d’anomalies neurologiques ou osseuses constituent
le syndrome de l’hamartome (ou du nævus) épidermique.
Un nævus verruqueux systématisé peut être associé à un psoriasis
de la même zone ; dans ce cas, le diagnostic différentiel peut
se poser avec un nævus épidermique verruqueux inflammatoire
linéaire (NEVIL) ou une maladie de Darier zoniforme, surtout
s’il n’existe pas d’autres localisations de ce psoriasis.
Un hamartome
épidermique peut faire partie du Proteus syndrome (ou syndrome de
Protée).
* Histopathologie :
L’aspect habituel comporte une hyperacanthose avec papillomatose
et hyperorthokératose.
La forme épidermolytique comporte, dans la couche granuleuse et
la moitié supérieure du corps muqueux, des zones lacunaires et des
fentes dissociant les cellules aux limites imprécises.
Il y a une
vacuolisation périnucléaire.
En ultrastructure, les tonofilaments sont
groupés en tonofibrilles formant des trousseaux dans les couches
profondes de l’épiderme.
Il existe une forme acantholytique et dyskératosique avec des corps
ronds en grains.
* Traitement :
L’abstention thérapeutique avec simple surveillance est possible.
Le meilleur traitement dans les formes limitées est l’exérèse
chirurgicale.
Si la lésion est de grande dimension, la dermabrasion
constitue le traitement de choix, mais l’amélioration est souvent
transitoire ; la survenue d’une cicatrice hypertrophique est possible.
Les autres traitements tels que la cryothérapie ou l’utilisation des
rétinoïdes n’ont pas une efficacité suffisante pour être retenus.
2- Syndrome de l’hamartome épidermique
:
Encore appelé syndrome du nævus épidermique, ou syndrome
de Schimmelpenning, ou syndrome de Solomon, ou organoid
nevus phakomatosis, ou syndrome du nævus sébacé linéaire, ou
syndrome du nævus organoïde, c’est un ensemble dysembryoplasique
complexe non héréditaire.
Le syndrome du nævus épidermique est constitué de l’association
d’un hamartome épidermique (hamartome verruqueux,
hamartome sébacé, hamartome complexe) et de malformations
variées, surtout squelettiques, oculaires et neurologiques.
* Aspect clinique :
L’hamartome épidermique est souvent étendu (nævus unius
lateralis), congénital ou non.
Il est uni- ou bilatéral, de disposition
linéaire suivant les lignes de Blaschko ou zoniforme, en tache unique
ou multiples, ou d’aspect érythrokératodermique.
C’est un hamartome verruqueux, ou sébacé, ou verrucosébacé, un hamartome dyskératosique et acanthokératolytique, un
NEVIL, un hamartome spongieux muqueux ou encore
l’association de plusieurs types d’hamartomes cutanés.
* Anomalies associées :
Les anomalies cutanées associées sont des taches hyper- ou hypopigmentées, des altérations des cheveux, une aplasie cutanée
congénitale, des hémangiomes.
Les anomalies squelettiques sont surtout une cyphoscoliose, des
anomalies des corps vertébraux, des fractures pathologiques, une hémihypertrophie, une hypertrophie des membres inférieurs,
une camptodactylie.
Les anomalies du système nerveux central existent dans un tiers à la
moitié des cas : il s’agit de retard mental, convulsions, dilatation
ventriculaire, hémiparésie, hémangiome leptomeningé, atteinte de
paires crâniennes, tumeur cérébrale.
D’autres anomalies oculaires sont des néoformations fibreuses de la
conjonctive, des tumeurs fibro-lipo-conjonctivales, des anomalies de
la vascularisation oculaire.
Des anomalies diverses peuvent être associées : coarctation de
l’aorte, anévrismes, malformations artérioveineuses, rein en « fer à
cheval », lymphangiectasies intestinales, puberté précoce.
Il existe un risque accru d’affections malignes variées, par exemple :
un carcinome salivaire, mammaire, gastrique, oesophagien, un néphroblastome.
Il y a la possibilité d’un décès précoce en dehors
de la survenue d’une affection maligne.
* Conduite à tenir :
L’existence d’un hamartome épidermique étendu doit faire suspecter
la possibilité d’anomalies associées et doit faire pratiquer un examen
clinique complet et si nécessaire des examens complémentaires.
Il faut faire l’exérèse de l’hamartome s’il existe la suspicion d’une
composante sébacée, afin de prévenir la survenue d’une tumeur
maligne.
Les lésions étendues posent un problème pratique, car
l’exérèse complète est le plus souvent impossible.
Les lésions sont des papules kératosiques verruqueuses, de teinte
grisâtre, d’aspect psoriasiforme par endroits, disposées en
traînées, parfois reliées entre elles et formant alors des réseaux,
ou disposées parallèlement.
Il existe du prurit, parfois de façon
importante.
Les lésions sont situées sur un membre inférieur ou une
fesse.
Elles peuvent aussi se développer sur d’autres territoires
cutanés dont le visage ou sur les lèvres.
* Âge de survenue. Hérédité
Le début est précoce, parfois congénital, dès les premiers mois de
vie et le plus souvent avant l’âge de 6 ans.
Il n’y a
pas de caractère héréditaire, sauf cas exceptionnels.
Le ratio
hommes/femmes est de 1/4.
* Évolution
:
L’évolution est chronique entrecoupée de poussées exsudatives et
prurigineuses.
Une partie des lésions peut cependant régresser
spontanément. Une extension secondaire des lésions est aussi
possible.
* Associations :
L’association à la naissance chez une fille d’une aplasie d’une partie
de membre : ectromélie ou ectrodactylie, et la survenue
dans les premiers jours de vie d’un nevil sur la partie restante de ce
membre constituent le syndrome du NEVIL, moins bien
dénommé congenital hemidysplasia with ichtyosiform erythoderma and
limb defect (CHILD syndrome).
Des anomalies diverses peuvent être associées ; on peut alors les
inclure dans le syndrome du nævus épidermique.
* Histopathologie :
Les lésions sont psoriasiformes.
La distinction avec un psoriasis
linéaire peut être difficile.
Il existe une hyperkératose orthokératosique alternant avec des zones de parakératose bien
limitées.
Il y a une forte hyperacanthose, une papillomatose, des
foyers de spongiose et d’exocytose.
Il y a un infiltrat inflammatoire
modéré du derme superficiel.
* Traitement
:
L’exérèse chirurgicale est parfois effectuée ; elle est difficile en
raison de l’étendue des lésions.
Les traitements locaux utilisant les
corticoïdes locaux sont peu efficaces sauf s’ils sont utilisés sous
occlusion, mais il existe dans tous les cas une rechute à l’arrêt.
La vitamine A acide a été essayée avec peu de résultats ainsi que la
cryothérapie, des applications d’acide trichloracétique ou des
injections de corticoïdes au Dermojett.
4- Hamartome spongieux muqueux
:
Encore appelé nævus spongieux, ou white sponge naevus, ou nævus
épithélial de la muqueuse buccale, c’est une affection exceptionnelle
qui prête encore à des discussions diagnostiques avec des entités
voisines, qui sont également de survenue exceptionnelle.
* Manifestations cliniques :
L’atteinte buccale comporte un enduit blanc, brillant, souple, bien
limité de la face interne des joues et du palais.
L’atteinte est plus
ou moins étendue.
Elle peut prendre un aspect gaufré ou en « nid
d’abeille », ou imitant la surface d’une éponge.
Il n’y a en général
pas de gêne fonctionnelle.
L’atteinte génitale exclusive est possible chez la femme : une vaste
nappe papillomateuse rosée ou saumon recouvre l’entrée du vagin
et les petites lèvres. Une atteinte nasale, linguale,
oesophagienne ou rectale est possible.
Âge de survenue. Hérédité
Le début a lieu dans l’enfance, parfois à la naissance ou à l’âge
adulte ; parfois la découverte est tardive : à 59 ans dans le cas de De Gracianski.
La survenue est souvent sporadique, mais la
transmission peut être héréditaire de type autosomique dominant.
* Évolution :
Il existe de minimes variations dans le temps : la partie superficielle
de la lésion peut s’éliminer, elle se reconstitue ensuite.
* Histopathologie :
Une abondante hyperorthokératose recouvre un épithélium
malpighien hyperplasique à basale rectiligne, dont la granuleuse est
hyperplasique, constituée de cinq à six couches de cellules.
Un
aspect spongieux avec vacuolisation du corps muqueux peut être
observé, associé à une parakératose épaisse, parfois une
hyperkératose épidermolytique.
En ultrastructure, les tonofilaments sont amassés en mottes à la
périphérie des cellules.
* Forme clinique :
La dyskératose bénigne intraépithéliale héréditaire comporte des
anomalies buccales comparables et une plaque conjonctivale de
consistance gélatineuse sur une conjonctive hyperhémique.
Elle
est de transmission autosomique dominante.
* Traitement :
L’abstention thérapeutique est habituelle d’autant qu’il n’y a pas ou
peu de gêne fonctionnelle et que l’épaisseur des lésions rend leur
destruction difficile.
B - HAMARTOMES FOLLICULAIRES :
1- Fibrofolliculome :
Il s’agit d’une prolifération issue de l’épithélium folliculaire situé
au-dessus de l’abouchement de la glande sébacée ou
acrosyringium.
La nature hamartomateuse ou tumorale bénigne
reste discutée.
*
Manifestations cliniques :
La lésion est unique ou multiple.
Chaque élément est papuleux,
en dôme, mesure de 2 à 4mm de diamètre, a une couleur jauneblanc.
Si on pique une lésion, il en sort un liquide faiblement
coloré.
Les lésions multiples sont situées sur le cou, le dos, les
grands plis, le cuir chevelu.
Lorsque la lésion est unique, elle est
habituellement située sur le visage.
* Âge de survenue. Hérédité :
La survenue est souvent tardive (cinquième ou sixième
décennie).
Elle est sporadique ou rarement héréditaire.
En cas
d’association dans le syndrome de Birt-Hogg-Dubé, le début se situe
vers 25 ans ; la transmission est dans ce cas autosomique dominante.
* Évolution
:
Les lésions persistent inchangées en l’absence de traitement ; de
nouvelles lésions peuvent apparaître.
* Associations
:
Les fibrofolliculomes peuvent être associés à des hamartomes
conjonctifs.
Le syndrome de Birt-Hogg-Dubé comporte l’association de
fibrofolliculomes, de trichodiscomes, d’acrochordons et
souvent de fibromes périfolliculaires.
Les fibrofolliculomes sont dans
ce cas disposés sur le visage et le cou, plus rarement sur le tronc et
les membres.
Ce syndrome associe une polypose colique et parfois
des cancers médullaires de la thyroïde.
* Histopathologie :
La lésion est centrée par un follicule pileux qui est souligné par une
densification du tissu conjonctif.
L’épithélium infundibulaire est le
siège d’une prolifération de cellules basaloïdes.
Il y a des dépôts
de substance mucoïde.
* Traitement :
L’exérèse d’une lésion unique permet en
même temps le diagnostic et le traitement.
Les lésions multiples ne sont
habituellement pas traitées.
2- Trichilemmome :
*
Manifestations cliniques
:
C’est une tumeur bénigne, de petite taille, siégeant sur le visage.
Des éléments multiples signent une maladie de Cowden.
La nature hamartomateuse ou tumorale bénigne du trichilemmome peut être
discutée.
Le syndrome de Cowden ou « maladie des hamartomes
multiples » est une affection génétique autosomique
dominante comportant des lésions cutanées, muqueuses et
viscérales (tumeurs de la thyroïde, de l’utérus, des
seins, de l’intestin...).
* Histopathologie :
Il s’agit d’une prolifération tumorale
développée à partir de la gaine épithéliale externe du
follicule pileux.
Elle est constrictive par une
prolifération de cellules riches en glycogène formant
des bourgeons épithéliaux aperçus à l’épiderme et au
follicule pileux.
3- Trichodiscome :
Il représente une prolifération des composants dermiques du disque
pilaire.
* Manifestations cliniques :
L’affection est caractérisée par des papules multiples, molles, plates
ou en dôme, couleur de la peau normale.
* Histopathologie
:
Les papules sont constituées de fibroblastes et de vaisseaux
capillaires noyés dans un stroma conjonctif lâche.
La coloration au
fer colloïdal révèle une abondance de mucopolysaccharides
acides.
* Âge de survenue. Hérédité :
Il peut exister un caractère familial ; le plus souvent la survenue
est sporadique.
* Évolution :
Elle est bénigne.
* Association
:
Les trichodiscomes peuvent être isolés ou être une des composantes
du syndrome de Birt-Hogg-Dubé.
4- Hamartome pilosébacé congénital
:
Encore appelé hair follicle nevus : hamartome des follicules pileux, il
est très rare.
* Manifestations cliniques :
C’est une plaque asymptomatique, bleutée, discrètement surélevée,
de un à plusieurs centimètres de diamètre ou un nodule
polylobé sur le visage ou la région préauriculaire.
Il est
asymptomatique.
* Âge de survenue :
Il peut être présent à la naissance ou survenir chez l’adulte jeune.
* Associations :
Il est parfois associé à un fibrochondrome préauriculaire.
Histopathologie
Il y a dans le derme moyen et profond un
conglomérat de nombreux follicules pileux malformés
accompagnés de glandes sébacées matures.
Des muscles lisses et striés peuvent être
présents entre les follicules.
* Traitement :
L’exérèse chirurgicale peut être proposée
en cas de gêne importante.
5- Hamartome laineux
:
Encore appelé wooly hair nevus : nævus laineux, il est constitué par
l’apparition à la naissance ou dans l’enfance d’une ou plusieurs
plaques circonscrites de cheveux spiralés, ondulés et incoiffables,
anormalement brillants et minces.
L’examen histopathologique montre dans le
derme des follicules pilaires « jumeaux ».
Cette lésion non héréditaire est
fréquemment associée à d’autres nævus.
6- Hamartome pileux simple :
C’est une concentration excessive de
follicules pileux, normaux, entraînant une hypertrichose
localisée.
Parfois dans la région sacrée il existe
une anomalie osseuse sous-jacente (hypertrichose en «
queue de faune »).
7- Hamartome pileux des paumes et des plantes
:
Il est formé d’un épaississement cutané, hyperstrié
avec de nombreux poils.
Il peut être héréditaire.
8- Hamartome épithélial scléreux
:
Il est acquis sous la forme d’une petite plaque déprimée ou d’un
nodule presque toujours sur le visage.
À l’examen histologique,
l’épiderme est acanthosique au-dessus d’un tissu conjonctif fibreux contenant
des kystes cornés et des cordons de cellules
épithéliales dans le derme moyen et profond.
9- Hamartome sans poils
(« focal naevoid hypotrichosis ») :
C’est une (ou plusieurs) zone(s)
d’alopécie non cicatricielle, congénitale.
10- Hamartome comédonien (ou nævus comédonien)
:
C’est une malformation rare.
* Manifestations cliniques :
Il s’agit d’un groupe de follicules pileux dilatés mesurant quelques
millimètres de diamètre et parfois jusqu’à 1 à 1,5 cm de diamètre,
remplis de kératine jaune-brun ressemblant à des comédons
que l’on exprime facilement.
Parfois des poils de type lanugo
poussent au milieu des orifices.
Entre les orifices la peau est soit
normale, soit plus claire, soit plus foncée que le reste du
tégument.
Les éléments au nombre de dizaines ou centaines peuvent être
répartis en plaques ; la topographie peut être linéaire ou zoniforme,
parfois selon les lignes de Blaschko.
Les lésions sont souvent
unilatérales mais peuvent être bilatérales.
Les zones atteintes sont le visage, le cuir chevelu, le cou, le tronc,
les membres supérieurs, exceptionnellement une paume ou
une plante.
Un hamartome eccrine d’une paume ou d’une plante
peut prendre l’aspect clinique d’un hamartome comédonien.
* Âge de survenue. Hérédité :
Les lésions peuvent exister dès la naissance ou survenir plus
tard, à n’importe quel âge.
La plupart des cas sont sporadiques, mais une transmission
héréditaire autosomique a été décrite ; des cas ont aussi été décrits
chez des jumeaux homozygotes.
* Évolution :
L’évolution habituelle est persistante et inchangée.
Des épisodes inflammatoires peuvent survenir, causés par des
infections récurrentes, avec pustules, abcès, kystes douloureux,
voire des sinus entre les comédons avec drainage purulent.
Dans
ces cas, des cicatrices persistent ultérieurement.
* Associations
:
Des manifestations squelettiques, oculaires, neurologiques sont
possibles, réalisant le syndrome du nævus comédonien.
L’association à des kystes pilaires a été décrite.
* Histopathologie :
Ce sont des invaginations de l’épiderme dans le derme remplies
de matériel corné, parfois centrées par un poil.
Les glandes sébacées
sont habituellement présentes, parfois atrophiques ou absentes.
Il
existe des glandes apocrines et eccrines.
Le muscle arrecteur du poil
peut être absent.
Une forme particulière comporte une hyperkératose épidermolytique.
* Traitement :
La règle est l’abstention thérapeutique.
On peut proposer si
nécessaire une excision large, une dermabrasion mais avec le risque de cicatrice
hypertrophique.
Il faut traiter les épisodes infectieux.
Dans certains cas, la vitamine A acide ou
une lotion de lactate d’ammonium à 12 % permettent de
prévenir la survenue d’épisodes inflammatoires.
11- « Acne-free naevus » :
C’est une ou plusieurs zones où l’acné
n’apparaît pas, contrairement à la peau avoisinante.
12- Hamartome neurofolliculaire :
Il est de description récente.
La lésion dermique peut être une
papule ferme. Histologiquement, il y a une prolifération de cellules
associées à des structures pilosébacées.
Le diagnostic différentiel
histologique est le trichodiscome. Un marquage important des
cellules fusiformes par la protéine S-100 a été publié dans un cas.
13- Hamartome folliculaire basaloïde :
Il peut exister sous forme d’une lésion unique non héréditaire, sous
forme de papules multiples du visage et du cuir chevelu.
C - HAMARTOME SÉBACÉ :
1- Hamartome sébacé
:
Il est encore appelé nævus sébacé de Jadassohn ou nævus organoïde.
* Manifestations cliniques
:
C’est une plaque en relief, de surface irrégulière.
La couleur
est jaune ou orangée, parfois grise.
On peut parfois observer
l’abouchement de quelques glandes sébacées.
La plaque est bien
limitée, avec parfois des éléments de plus petite taille détachés en
périphérie.
L’ensemble est en général allongé dans une des
directions, linéaire dans 15 % des cas.
Les dimensions sont très
différentes d’une lésion à une autre, de 1 à plus de 10 cm de long,
souvent entre 1 et 6 cm de long.
Une disposition zoniforme est
possible.
Toutes les parties du corps peuvent être atteintes, en particulier le
cuir chevelu, à un degré moindre le visage, le thorax.
En cas de
localisation au cuir chevelu ou sur une zone pileuse, la plaque est
alopécique.
Une atteinte endobuccale est possible mais très
exceptionnelle.
L’existence en contiguïté d’un hamartome verruqueux et d’un
hamartome sébacé est possible.
* Âge de survenue. Hérédité
:
La lésion est présente à la naissance ou bien elle est observée peu
après ; dans de rares cas elle apparaît seulement à l’adolescence.
Au
départ, elle a l’aspect d’une tache rosée ou jaunâtre, alopécique au
cuir chevelu ; la surface est lisse ou un peu rugueuse.
La survenue
est sporadique malgré l’existence de très rares cas familiaux.
* Évolution :
La lésion ne s’étend pas ; elle augmente de taille en même temps
que le reste de la peau.
La surface devient irrégulière, plus en relief,
parfois nodulaire.
Une tumeur peut survenir, en général à l’âge adulte après 30 ans,
exceptionnellement dès l’enfance.
Il peut s’agir d’un syringadénome papillaire ou d’un carcinome basocellulaire.
D’autres tumeurs associées peuvent plus rarement être mises en
évidence à l’examen histologique :
– adénome apocrine ;
– adénome sébacé ;
– hidradénome nodulaire ;
– syringome ;
– carcinome épidermoïde ;
– kératoacanthome ;
– trichoblastome ;
– sébacéome.
Le risque de survenue d’une tumeur est mal connu ; il est estimé à
environ 30 à 50 % des cas, ce qui justifie l’exérèse de l’hamartome
sébacé.
On décrit donc une évolution en trois stades :
– précoce avec éventuellement alopécie et défaut de développement
des glandes sébacées ;
– puis pubertaire avec développement de la lésion ;
– enfin tardif avec survenue de tumeurs.
* Associations
:
L’association de nævus sébacés et de malformations oculaires,
neurologiques ou osseuses constitue le syndrome du nævus sébacé
qui fait partie de l’ensemble syndrome du nævus épidermique.
* Histopathologie :
En période prépubertaire, les glandes sébacées sont mal
développées, petites, peu nombreuses.
Les follicules pileux sont mal
développés.
Les glandes sudorales apocrines sont absentes ou
rudimentaires.
L’épiderme est normal ou papillomateux et
verruqueux.
Après la puberté, les glandes sébacées deviennent hyperplasiques.
Elles sont en position anormalement élevée dans le derme
superficiel.
Elles communiquent avec la surface de la peau par des
canaux intraépidermiques.
En général, les follicules pileux sont
absents, mal développés ou très diminués en nombre.
Des glandes
sudorales apocrines ectopiques sont trouvées dans près de la moitié
des cas en profondeur. Les glandes sudorales eccrines ne sont
pas modifiées.
L’épiderme est irrégulier et hyperplasique.
D’autres modifications sont parfois associées : remaniements
(calcification, ossification), hyperplasie des glandes apocrines,
coulées étroites de petites cellules basophiles appendues à l’assise
basale de l’épiderme ou du collet des follicules pilosébacés.
* Traitement
:
Il faut faire l’excision de la lésion en entier, au bistouri, avec contrôle histopathologique dès l’enfance ou dans l’adolescence pour prévenir
le risque d’une transformation maligne à l’âge adulte.
Un traitement photodynamique avec acide delta-aminolévulinique
a montré une bonne efficacité dans un cas ; ce seul cas
traité ne justifie actuellement pas l’indication de ce
traitement.
2- Hamartome folliculosébacé kystique
:
Il est constitué d’une papule solitaire, asymptomatique, de surface
lisse, ou de nodules sessiles, pédiculés, en forme de dôme, situés
généralement sur la tête.
Le diamètre des lésions est inférieur à
1,3 cm.
L’âge de survenue est difficile à déterminer en raison de la discrétion
des lésions.
En histopathologie, dans le derme et parfois dans l’hypoderme on
observe un kyste infundibulaire auquel sont attachés des lobules
sébacés avec une image histologique particulière.
D - HAMARTOME APOCRINE (OU NÆVUS APOCRINE)
:
C’est une affection très rare.
1- Manifestations cliniques
:
L’aspect habituel consiste en une ou plusieurs masse(s) molle(s),
formée(s) de lobules de 1 ou 2 cm de diamètre ; la couleur de la
peau est normale ou brune, parfois couverte de squames et de
croûtes.
Cette lésion est asymptomatique.
Elle laisse suinter
une sérosité peu abondante d’odeur musquée.
La lésion est constituée d’un ou deux éléments nodulaires ou de
papules nombreuses.
Les localisations les plus habituelles sont : les
creux axillaires, la région présternale, le cuir chevelu.
2- Âge de survenue. Hérédité :
Il peut survenir dès la naissance, à la puberté ou à l’âge adulte.
Il
n’y a pas d’hérédité reconnue.
3- Évolution
:
La lésion reste stable. Dans un cas, un carcinome basocellulaire
est survenu en bordure de l’hamartome apocrine.
4- Associations :
On peut trouver l’association d’un hamartome apocrine et d’un
syringadénome papillaire, d’un adénome tubulaire apocrine.
5- Histopathologie :
L’image histologique est très caractéristique : de nombreuses glandes apocrines matures s’étendent dans le derme et la partie superficielle
de l’hypoderme.
Les lumières glandulaires sont dilatées de façon
irrégulière et bordées par une double assise cellulaire comportant
des éléments cylindriques et cuboïdes.
L’antigène carcinoembryonnaire
est mis en évidence dans les cellules des plus petites
structures luminales et dans leur lumière.
6- Traitement
:
L’excision chirurgicale est le traitement de choix.
E - HAMARTOME ECCRINE (OU NÆVUS ECCRINE
OU NÆVUS SUDORIFERUS)
:
Il est très rare.
1- Manifestations cliniques
:
On constate une zone d’hyperhidrose localisée, bien limitée.
Un
aspect papuleux linéaire est possible.
La lésion est unique ou
multiple.
Les zones le plus fréquemment atteintes sont le tronc et la partie
proximale des membres.
2- Âge de survenue
:
Le début se fait dans l’enfance ou à l’âge adulte.
3- Évolution
:
La transformation maligne est possible.
4- Associations
:
Sur une même coupe histologique, on peut trouver des associations
à un cylindrome, des dysplasies folliculaires, ou des associations
complexes (sébacées, pilaires, sudoripares).
5- Histopathologie
:
La lésion provient de la portion spiralée sécrétrice des glandes eccrines.
On constate une augmentation du nombre et de la taille
des spirales eccrines.
Un aspect histologique de spiradénome a été
décrit dans un hamartome eccrine.
6- Formes cliniques :
L’hamartome angiomateux eccrine est constaté dès la petite enfance.
Il peut être douloureux à la pression.
À l’examen histologique, il y a
une hyperplasie des structures eccrines associée à une composante
angiomateuse et parfois des lobules adipeux et des follicules
pileux.
Le nævus eccrine porokératosique et dermique (PEODDN) a l’aspect
clinique d’un nævus verruqueux ; il a un aspect pseudocomédonien
sur les paumes et les plantes.
L’examen histologique montre
une hyperkératose avec des colonnes parakératosiques de grande
taille disposées à intervalles irréguliers sur des canaux sudoraux
hyperplasiques et dilatés.
Un hamartome adénomateux congénital semblable histologiquement
à un spiradénome a été décrit.
7- Traitement
:
L’exérèse chirurgicale peut être proposée.
Hamartomes dermiques
:
A - HAMARTOME COLLAGÈNE
:
Encore appelé nævus collagène, collagen naevi, collagénome éruptif,
c’est une entité rare.
1- Manifestations cliniques :
Il s’agit de papules ou de nodules asymptomatiques répartis
symétriquement sur le tronc (surtout le haut du dos) et la racine
des membres supérieurs.
Plusieurs éléments peuvent confluer en
plaques.
Chaque lésion est de forme ovalaire, ferme. Les plus
gros nodules ont une surface en « peau d’orange ».
La couleur
est celle de la peau normale ou discrètement dépigmentée.
Chaque nodule mesure entre quelques millimètres et quelques
centimètres.
Le nombre des nodules est compris entre quelques
éléments et plus de 100.
Les lésions sont asymptomatiques.
Elles surviennent sans lésions
préalables (sans inflammation, sans traumatisme).
2- Âge de survenue. Hérédité :
Il apparaît en général à la puberté ou dans l’adolescence.
Les formes
multiples peuvent avoir un caractère familial mais celui-ci n’est
pas constant (collagénomes cutanés familiaux).
3- Évolution
:
Les lésions restent fixes, leur nombre peut augmenter avec l’âge ; il
peut y avoir une poussée de nouveaux éléments après une grossesse.
4- Association :
Il s’agit d’une affection habituellement isolée. L’association à des fibrofolliculomes multiples est possible.
5- Histopathologie :
Il y a un épaississement localisé du derme par accumulation de
faisceaux de fibres collagènes nombreux et larges, ce qui entraîne
une homogénéisation du derme superficiel et profond.
Les fibres
élastiques sont raréfiées.
L’épiderme est normal.
L’étude ultrastructurale montre de gros faisceaux de collagène mature, de
calibre régulier, à striation périodique normale.
6- Traitement
:
Aucun traitement n’est habituellement requis.
B - ANGIOFIBROME :
Sa nature est discutée : hamartome ou plutôt tumeur bénigne ?
1- Manifestations cliniques
:
L’angiofibrome isolé du visage est une papule rouge ou rosée
(certaines papules fibreuses de la face).
Des éléments multiples
répartis principalement sur les joues et le nez de façon symétrique
constituent les adénomes dits sébacés de Pringle de la sclérose
tubéreuse de Bourneville.
2- Âge de survenue. Hérédité :
L’angiofibrome isolé peut survenir à n’importe quel âge.
Il est de
survenue sporadique.
Les angiofibromes multiples de la sclérose tubéreuse de Bourneville
surviennent après l’âge de 4 ans.
La transmission est dans ce cas
autosomique dominante.
3- Évolution :
L’angiofibrome isolé reste stable.
Les angiofibromes multiples
augmentent progressivement en taille et nombre.
4- Associations :
Les angiofibromes de la sclérose tubéreuse de Bourneville sont
associés aux autres manifestations de cette maladie, principalement
taches hypochromiques, taches « peau de chagrin », tumeurs
fibreuses sub- et périunguéales des doigts (tumeurs de Koenen),
convulsions, déficit intellectuel, tumeurs viscérales.
5- Histopathologie :
Il y a une fibrose dermique avec ectasies vasculaires.
6- Traitement
:
Un élément unique peut être laissé en place ou enlevé au bistouri.
Les éléments multiples peuvent être traités par dermabrasion mais
ce traitement n’est pas définitif, il doit donc être renouvelé après
quelques années.
C - HAMARTOME NEUROFOLLICULAIRE :
Il est proche histologiquement de l’angiofibrome.
D - HAMARTOME FIBREUX INFANTILE
:
1- Manifestations cliniques :
Il s’agit d’un nodule ferme, indolore. La peau le recouvrant est
de couleur normale, ou hyperpigmentée, ou bleutée.
Il mesure 1 à
4 cm de diamètre. Les zones de prédilection sont les membres, les
régions axillaire, scapulaire, humérale, le cou.
Parfois plusieurs
éléments sont constatés chez un même patient.
2- Âge de survenue
:
Les lésions sont observées dans les premiers mois de vie ou dès
la naissance.
Il n’y a pas d’hérédité.
Les garçons sont plus souvent
atteints.
3- Évolution
:
Il y a une augmentation de taille en fonction de la croissance.
La
régression spontanée est rare.
4- Histopathologie :
On peut constater dans le derme profond et dans le tissu souscutané,
l’intrication :
– de nids de cellules étoilées ou rondes peu matures ;
– de travées de tissu fibrocollagène dense ;
– d’un tissu adipeux mature ;
– d’une prolifération capillaire.
En ultrastructure, de nombreuses cellules sont des myofibroblastes :
ils sont orientés parallèlement avec un gros noyau et de nombreux
processus cytoplasmiques très allongés.
5- Traitement :
L’exérèse chirurgicale doit être complète, sinon il existe un risque
de récidive.
E - HAMARTOME CUTANÉ ÉLASTIQUE
:
Il est encore appelé nævus elasticus, ou nævus élastique ou élastome
juvénile de Weidman.
1- Manifestations cliniques :
Il s’agit de plaques molles ou fermes, de couleur blanc-jaune,
asymptomatiques, de papules multiples ayant tendance à
se grouper (dermatofibrose lenticulaire disséminée) ou de nodules
jaunâtres isolés ou groupés, ou de plaques multiples.
Les fesses, les
cuisses, le tronc, la partie proximale des membres sont les zones le
plus souvent atteintes.
La disposition est symétrique ou
asymétrique.
2- Âge de survenue. Hérédité
:
L’élastome juvénile peut être présent à la naissance.
La forme
multiple peut être congénitale ou apparaître à la puberté.
La forme
associée à d’autres anomalies (syndrome de Buschke-Ollendorff) est
transmise sur le mode autosomique dominant.
3- Évolution :
D’autres éléments peuvent apparaître secondairement.
Les
éléments constitués restent stables.
4- Associations :
L’association à des anomalies osseuses visibles sur les radiographies
par des espaces d’augmentation de la densité osseuse (ostéopoecilie)
constitue le syndrome de Buschke-Ollendorff.
L’ostéopoecilie
consiste en une ostéosclérose en îlots des épiphyses et des
métaphyses des os longs, du bassin, des petits os de la main et du
pied et de façon exceptionnelle des vertèbres, des côtes et des os du
crâne.
L’ostéopoecilie peut aussi exister sans anomalie cutanée.
5- Histopathologie
:
Elle est caractérisée par des bandes épaisses, entrelacées de fibres
élastiques entourant le collagène dans le derme moyen et profond.
Il n’y a pas de fragmentation ou de calcification de ces fibres.
Il peut
y avoir une prolifération vasculaire (nævus elasticus vascularis).
L’examen en ultrastructure confirme que les lésions sont composées
principalement de fibres élastiques nombreuses, larges,
anastomotiques, à contours bourgeonnants au voisinage de
fibroblastes hyperactifs.
6- Traitement
:
Une exérèse chirurgicale peut être réalisée.
F - HAMARTOME ANÉLASTIQUE
:
Encore appelé nævus anelastans ou nævus anélastique, il est
constitué de petites papules folliculaires de la poitrine où il y a
disparition des fibres élastiques à l’examen histologique.
Il peut
aussi exister sur la fesse.
G - HAMARTOME CUTANÉ MUSCULAIRE LISSE
:
C’est une malformation développée à partir des muscles arrecteurs
des poils.
La fréquence a été estimée à 1/2 700 nouveau-nés.
1- Manifestations cliniques :
La lésion est en général unique.
Elle est constituée d’une plaque
indurée ou de papules folliculaires.
Cette plaque est indurée à la
palpation, ses bords sont irréguliers.
Elle peut être couverte de
poils.
Elle mesure plusieurs centimètres de longueur et de largeur.
Elle augmente de relief à la friction.
Les sites de prédilection sont :
– la région lombaire ;
– le bras ;
– les cuisses ;
– les fesses ;
– l’abdomen ;
– le cuir chevelu.
La forme diffuse est exceptionnelle, c’est une des causes de l’aspect
de « bébé Michelin » avec replis cutanés multiples et
hypertrichose.
2- Âge de survenue
:
La lésion est notée dès la naissance ou peu de temps après,
voire plus tard à la puberté ou même à l’âge adulte.
3- Évolution :
Il n’y a pas de modification de la lésion.
Des épisodes douloureux
peuvent survenir.
4- Associations
:
L’hamartome à cellules musculaires lisses peut être isolé ou faire
partie d’un nævus de Becker, d’un nævus bleu, d’un nævus
lipomateux, d’un nævus sébacé.
Il faut cependant le
différencier d’une hyperplasie des muscles lisses accompagnant un
certain nombre de lésions.
Il existe peu d’éléments de différenciation avec le nævus de Becker
congénital, surtout dans les cas de survenue tardive.
5- Histopathologie
:
Les faisceaux de fibres musculaires lisses sont bien circonscrits, longs
et épais, dans le derme moyen et profond.
Ils sont colorés à l’hématoxyline phosphotungstique.
Les faisceaux musculaires
sont distribués dans tous les sens.
Les glandes sébacées et
sudoripares sont en nombre normal.
En ultrastructure, on distingue trois types de cellules : pâles, noires,
intermédiaires.
Les cellules sont entourées d’une lame basale
mince.
Il y a de nombreuses vésicules de pinocytose à la surface des
cellules et de nombreux myofilaments dans le cytoplasme.
6- Traitement
:
L’exérèse chirurgicale est possible pour les lésions peu étendues.
La
lésion peut aussi être laissée en place.
H - HAMARTOME CUTANÉ À MUSCLE STRIÉ
:
Il s’agit d’une petite tumeur en relief, pédiculée, constatée dès la
naissance au visage ou au cou.
D’autres anomalies congénitales
peuvent être associées.
L’exérèse permet de constater à l’examen
histologique des faisceaux de muscle strié de nerve bundles entourés
de tissu fibroadipeux.
Les annexes cutanées sont bien
développées.
I - ANGIOMES :
L’hamartome angiomateux eccrine associe un angiome cutané
persistant et une augmentation des glandes sudorales avec une
hypersudation localisée.
Il peut comporter d’autres contingents
cellulaires : tissu graisseux, poils, prolifération épidermique avec
aspect verruqueux.
Hamartomes hypodermiques
:
HAMARTOME LIPOMATEUX :
1- Manifestations cliniques
:
Le nævus lipomateux superficiel peut se présenter sous deux
aspects :
– des éléments multiples (forme de Hoffmann-Zurhelle) : ce sont des
papules molles, couleur de peau normale ou jaunes, ou bien
des nodules mous pouvant se grouper en plaques unilatérales
formant des bandes, sur la région pelvienne, la racine des cuisses ou
le bas du dos ;
– une papule ou un nodule solitaire : oreilles, cuir chevelu.
Il existe par ailleurs une forme profonde, généralisée avec d’épais
replis cutanés réalisant un aspect de « bébé Michelin ».
2- Âge de survenue
:
La survenue est précoce, il est présent dès la naissance ou survient
dans les premières années de la vie.
3- Évolution
:
La lésion persiste inchangée dans les formes superficielles.
La forme
profonde peut s’améliorer spontanément.
4- Associations
:
Les formes diffuses peuvent être associées à un retard mental ou
faire partie d’ensembles malformatifs complexes.
5- Histopathologie
:
Il y a présence de tissu adipeux mature dans le derme papillaire
pour les formes superficielles, à la partie inférieure du derme pour
la forme profonde.
6- Traitement
:
Une exérèse chirurgicale peut être proposée si la lésion est limitée
ou gênante.
Hamartomes fonctionnels
:
Il existe des troubles fonctionnels de tissus qui sont en quantité
normale.
A - HAMARTOME ANÉMIQUE (NÆVUS ANÉMIQUE)
:
L’hamartome anémique est une zone de pâleur maculeuse
consécutive à une vasoconstriction localisée permanente, sans
troubles sensitifs, sans troubles de la pigmentation mélanique.
Il
est présent dès la naissance.
Il prédomine sur le tronc.
Il est constitué
d’une macule blanche à contours bien limités, émiettés.
La friction
n’entraîne pas de rougeur ou un érythème peu marqué, moindre
que sur la peau avoisinante.
Il est plus marqué en période néonatale
ou lors des dermatoses érythémateuses par contraste avec
l’érythème avoisinant.
Si un examen histopathologique était effectué,
il trouverait une peau sensiblement normale.
La cause est une vasoconstriction permanente par absence de
récepteurs vasodilatateurs ou prédominance de récepteurs
vasoconstricteurs sur les vaisseaux sanguins dermiques.
L’hamartome anémique survient souvent de façon isolée, sans
signification particulière ; il peut être associé à un angiome plan, une
neurofibromatose de type I, une phacomatose pigmentovasculaire.
La gêne est en général peu importante ; aucun traitement n’est
requis.
B - MYOKYNIE :
Des ondulations parcourent la peau pendant de courtes périodes
(30 secondes).
La peau est animée de mouvements fins, différents
des fasciculations.
Hamartomes complexes :
Ils sont formés par l’association de plusieurs types de
malformations : par exemple spiradénomes eccrines, comédons,
zones d’hyperplasie vasculaire, tumeur annexielle complexe de la
nuque ou d’autres types de malformations ; ces ensembles
malformatifs sont rares.
La maladie de Cowden (ou syndrome de Cowden ou syndrome des
hamartomes multiples) est une affection héréditaire, autosomique dominante, caractérisée par des papules du visage et des extrémités
des membres qui sont des hamartomes folliculaires associés à des
papules de la muqueuse orale et des manifestations systémiques
hamartomateuses ou non.
Le syndrome de Protée (Proteus syndrome) est constitué d’un
gigantisme d’un ou plusieurs membres, parfois d’une asymétrie
corporelle, de tumeurs sous-cutanées, d’une macrocéphalie.
Il existe
souvent une hyperplasie cérébriforme des plantes ou des paumes,
des taches hyper- ou hypopigmentées, des hémangiomes.
De nombreuses affections associent, à des degrés divers, angiomes
cutanés, taches pigmentées, tuméfactions congénitales
(phacomatoses pigmentovasculaires, neurofibromatose...).
Les
syndromes du nævus épidermique et du NEVIL constituent
également des affections hamartomateuses complexes.