ÉPIDÉMIOLOGIE :
Incidence :
Les données des registres de cancers en France permettent
d'estimer à 10 000 le nombre annuel de nouveaux cas.
- La France se situe parmi les régions à risque le plus élevé
dans le monde.
- Les autres régions à haut risque sont l'Europe de l'Ouest,
l'Amérique du Nord et les zones d'Océanie peuplées de Blancs
(Australie, Nouvelle-Zélande).
- Contrairement au cancer du côlon, qui se caractérise par de
fortes variations d'incidence entre zones à haut et à bas
risque, les différences d'incidence sont relativement peu
marquées pour le cancer du rectum, allant dans un rapport de 1 à
5.
Dans toutes les régions, on constate une prédominance masculine
avec un sex-ratio compris entre 1,5 et 2.
- Le cancer du rectum est rare avant 45 ans (3 % de cas en
France).
- Son incidence croît ensuite rapidement, doublant à chaque
décennie.
- L'incidence du cancer du rectum, contrairement à celle du
côlon, diminue légèrement depuis une vingtaine d'années.
États précancéreux :
Adénomes :
- Les adénomes sont des tumeurs épithéliales bénignes.
- Dans les pays occidentaux, les séries autopsiques indiquent
que 30 à 60 % de la population de plus de 55 ans est atteinte
d'adénomes.
- La proportion des adénomes susceptibles de se cancériser est
donc faible.
- Le risque de cancérisation est lié à la taille : il est
exceptionnel pour les adénomes de moins de 1 centimètre de
diamètre et devient important au-delà de cette taille. Un quart
à un tiers des adénomes de plus de 1 centimètre de diamètre se
transforment en cancer du vivant des sujets atteints.
- La proportion des cancers naissant sur un adénome fait encore
l'objet de polémiques. Les données disponibles suggèrent que
plus de trois quarts des cancers colo-rectaux proviennent de la
transformation maligne d'un adénome.
- La détection et l'exérèse des adénomes permettent d'envisager
la prévention secondaire du cancer colique.
Colites ulcéreuses :
L'augmentation de risque de cancer du côlon dans la recto-colite
ulcérohémorragique est connue depuis longtemps. Le risque de
cancer dépend essentiellement de l’extension et de l’âge au
moment du diagnostic.
- Il est très élevé dans les pancolites, après 15 ans
d'évolution si le diagnostic est porté avant 40 ans, plus
précocement (après 5 ans) dans les formes diagnostiquées plus
tardivement.
- Il est modérément augmenté dans les colites limitées au côlon
gauche, diagnostiquées avant 30 ans.
C'est plus récemment qu'a été mise en évidence une augmentation
de risque dans la maladie de Crohn.
Sujets à risque :
Sujets à risque moyen :
Les sujets à risque moyen sont les personnes des deux sexes de
plus de 45 ans.
Sujets à risque élevé :
Les sujets à risque élevé comprennent plusieurs groupes :
- ceux ayant des antécédents familiaux de cancer de l'intestin
(cas familiaux sporadiques) ont un risque multiplié par deux à
trois par rapport à la population générale. De tels antécédents
sont trouvés dans 15 % à 20 % des cancers de l'intestin ;
- les sujets déjà traités pour un adénome ou un cancer
colo-rectal ont un risque multiplié par deux à trois. Le risque
est plus élevé lorsqu'il y a association adénome-cancer ou des
adénomes multiples.
- les femmes traitées pour un cancer épidémiologiquement lié :
le risque est multiplié par deux :
- après un cancer de l'ovaire ou un cancer du corps de l'utérus.
- et après un cancer du sein diagnostiqué avant 45 ans (et
plus de 10 ans après le diagnostic du cancer du sein).
Sujets à risque très élevé :
- Dans la polypose recto-colique familiale, la transformation
maligne est inéluctable si une coloprotectomie totale avec
anastomose iléo-anale n'est pas pratiquée au début de l'âge
adulte.
- Les sujets atteints sont facilement reconnus, l'intestin étant
tapissé de centaines de polypes.
- Les techniques de génétique moléculaire permettent de
reconna”tre, à partir des leucocytes du sang circulant avec un
haut degré de fiabilité, les sujets atteints de gène mutant,
situé sur le bras court du chromosome 5.
- Dans les formes familiales héréditaires sans polypose ou
formes familiales de syndrome de Lynch (à distinguer des cas
familiaux sporadiques), une personne sur deux dans les familles
atteintes sera atteinte d'un cancer (transmission autosomale
dominante à forte pénétrance), très tôt (20 à 45 ans) et
volontiers sur le côlon droit. Quatre mutations génétiques ont
déjà été découvertes, mais le diagnostic moléculaire n'est pas
encore disponible dans la pratique quotidienne.
Facteurs de risque :
La responsabilité de l'environnement dans le développement des
cancers colo-rectaux est aujourd'hui un fait qui para”t bien
établi. Les études d'épidémiologie descriptive et les études
expérimentales chez l'animal suggèrent que, parmi les facteurs
d'environnement, l'alimentation joue un rôle important dans
l'étiologie de ces cancers. Cela ne veut pas dire que les
facteurs génétiques ne jouent pas de rôle. Pour un régime
alimentaire favorisant la survenue d'un cancer digestif, il est
possible que seuls seront atteints les sujets prédisposés
génétiquement.
Depuis une vingtaine d'années, plusieurs études d'épidémiologie
analytique (études cas-témoin, études de cohorte) ont tenté de
préciser quels étaient les facteurs alimentaires intervenant
dans la cancérogenèse. Les données de ces études sont parfois
contradictoires. Il n'est pas encore possible de préconiser un
régime alimentaire ayant une authentique valeur préventive.
Cependant, les résultats disponibles permettent de suspecter le
rôle protecteur ou favorisant sur la carcinogenèse intestinale
de certains aliments ou nutriments.
- Le fait le mieux établi apparaît être le rôle protecteur des
légumes, trouvé dans la plupart des études. Il existe aussi des
arguments en faveur du rôle protecteur des fibres, du calcium et
de la vitamine D.
- Parmi les facteurs favorisants, on trouve les graisses, les
protéines, les viandes, l'apport calorique et l'alcool.
ANATOMOPATHOLOGIE :
Macroscopie :
En macroscopie, trois formes sont fréquentes :
- les formes végétantes (35 %) sont des masses exophytiques
largement implantées, faisant saillie dans la lumière.
- les formes ulcérovégétantes (30 %).
- les formes ulcéro-infiltrantes (35 %) réalisent une ulcération
limitée par un bourrelet d'extension, grossièrement circulaire.
Les deux bourrelets d'extension latéraux peuvent se rejoindre,
se souder pour constituer une virole et donner un rétrécissement
serré du côlon.
Les cancers infiltrants sont rares (1 %).
Histologie :
Sur le plan histologique, la plupart des cancers du côlon sont
des carcinomes (97 % des cas). On distingue :
- des adénocarcinomes bien différenciés (35 %), formés de
cellules liberkuhniennes cylindriques hautes dont la sécrétion
est diminuée. Ces cellules tapissent des glandes ou des papilles
;
- des adénocarcinomes moyennement ou peu différenciés (60 %),
constitués d'éléments cubiques ou polygonaux contenant de rares
gouttelettes alcianophiles ; ces éléments se groupent en
cordons, en travées ou en massifs dans lesquels on individualise
quelques rares lumières glandulaires ;
- des adénocarcinomes mucineux (ou colloïdes) (5 %), constitués
de plages de substance mucoïde contenant des tubes glandulaires
distendus ou des cellules isolées en bague à chaton ;
- le carcinome à cellules indépendantes est rare ;
- les lymphomes et les sarcomes représentent moins de 3 % des
tumeurs malignes primitives du côlon.
Extension :
Le pronostic est lié à l’extension du cancer au moment du
diagnostic. Pour la déterminer, la classification de Dukes est
la plus utilisée.
- Les cancers Dukes A ne dépassent pas la musculeuse et il n'y a
pas d'envahissement ganglionnaire.
- Les cancers Dukes B atteignent la séreuse sans atteinte
ganglionnaire.
- Les cancers Dukes C incluent les cas avec métastases
ganglionnaires.
- On appelle habituellement Dukes D les cancers avec métastases
viscérales.
De nombreuses variantes de cette classification ont été
proposées.
- Il faut en particulier citer la classification TNM qui tient
compte de l'extension pariétale, de l'importance de l'atteinte
ganglionnaire et de l'atteinte éventuelle des viscères à
distance, qui est de plus en plus utilisée.
- La dissémination sanguine et lymphatique aboutit à des
métastases viscérales. (Par ordre de fréquence : foie, poumon,
péritoine, os, cerveau).
Diagnostic :
Signes d'appel :
Les signes cliniques, dominés par les rectorragies et les
troubles du transit, sont souvent multiples.
Dans une série de population en Bourgogne, parmi les signes
cliniques présents au moment du diagnostic :
- les rectorragies étaient les plus fréquentes (près de deux
tiers des cas) ;
- suivies des troubles du transit (diarrhée et/ou constipation
dans la moitié des cas) ;
- du syndrome rectal (un tiers des cas) : faux besoins,
émissions glaireuses, épreintes, ténesmes.
- des douleurs étaient présentes dans un quart des cas, une
atteinte de l'état général dans 20 % des cas.
- les autres symptômes : anémie, syndrome subocclusif,
complications aiguës, métastases révélatrices étaient plus
rares.
Toucher rectal :
Le toucher rectal permet souvent le diagnostic : lésion dure,
saignant au contact.
Examens complémentaires :
Devant ces signes d'appel, des examens complémentaires sont
nécessaires pour porter le diagnostic.
Coloscopie :
La coloscopie est l'examen de choix devant des symptômes
intestinaux d'allure organique. Elle permet d'explorer
l'ensemble du cadre colique dans 90 % des cas.
- Cet examen permet de voir la lésion, son aspect, son étendue
en circonférence et en hauteur, et surtout de situer son pôle
inférieur par rapport à la marge anale et de faire des biopsies.
- Elle permet aussi d'identifier des lésions associées : autre
cancer, polypes.
Lavement baryté en double contraste :
Le lavement baryté en double contraste n'est utile que lorsque
l'ensemble du cadre colique n'a pu être examiné en totalité.
Diagnostic différentiel :
En pratique, il se pose peu, le problème étant surtout de ne pas
méconna”tre un cancer plutôt que d'évoquer une autre pathologie.
Il faut penser au cancer devant un saignement d'origine
hémorroïdaire.
Sur le plan macroscopique, une colite ischémique, voire une
colite ulcéreuse d'évolution sténosante, peut poser des
problèmes d'interprétation.
Les biopsies sont essentielles pour ne pas méconna”tre un
cancer.
Bilan :
Extension locale :
L’extension locale du cancer est appréciée par le toucher rectal
et par l’imagerie pelvienne. - Lorsque le cancer est
palpable, le toucher rectal permet d'apprécier sa situation par
rapport à la marge de l'anus, son extension endoluminale, son
caractère fixé ou non.
- Il doit être complété par une échographie endorectale ou une
écho-endoscopie. En l'absence de sténose rectale, cet examen
permet d'apprécier l'extension pariétale. Il est un peu moins
performant pour apprécier l'extension ganglionnaire.
- La tomodensitométrie ou l’IRM ne sont utiles qu'en seconde
intention pour apprécier l'extension aux structures de
voisinage.
Dissémination métastatique :
Des examens sont nécessaires à la recherche d'une dissémination
métastatique.
- Outre l'examen clinique et le bilan hépatique, il faut faire
une radiographie thoracique et une échographie abdominale.
- La tomodensitométrie ou l’IRM ne sont indiquées qu'en seconde
intention.
- D'autres examens ne sont indiqués qu'en cas de signe d'appel.
Dosage de l'antigène carcino-embryonnaire :
Le dosage de l'antigène carcino-embryonnaire, souvent réalisé, a
un intérêt pronostique, mais n'influence pas l'indication
thérapeutique.
Bilan général :
Enfin, un bilan général sera réalisé à la recherche de tares
associées.
Pronostic :
Pronostic global :
Le pronostic global du cancer du rectum reste mauvais.
Globalement, le taux de survie à 5 ans est de 35 % dans les
séries de population. Les résultats sont un peu meilleurs dans
les statistiques hospitalières dont le recrutement est souvent
sélectionné.
Principal facteur de pronostic :
Le principal facteur de pronostic est l’extension du cancer au
moment du traitement initial.
- Les malades avec un cancer limité à la paroi (Dukes A) ont un
taux de survie global à 5 ans de 75 %, proche de celui d'une
population de même structure d'âge (ce qui veut dire qu'être
atteint d'un cancer à ce stade altère peu l'espérance de vie).
Dans une population, seulement 15 % des cancers sont
diagnostiqués à ce stade.
- Lorsque la séreuse est envahie (Dukes B), le taux de survie à
5 ans n'est plus que de 55 % et lorsqu'il existe des métastases
ganglionnaires (Dukes C) de 30 %.
Des données récentes suggèrent que certaines anomalies
chromosomiques intratumorales permettent de mieux préciser le
pronostic.
Principes de traitement :
Traitement chirurgical :
Le traitement du cancer du rectum est habituellement chirurgical
(voir schémas). Le choix de la technique dépend du siège du
cancer et de l’extension locorégionale.
- Les cancers de la jonction recto-sigmoïdienne et du haut
rectum sont traités par résection avec anastomose colo-rectale.
- Dans les cancers du bas rectum, siégeant juste au-dessus du
sphincter, l’amputation abdomino-périnale reste habituellement
la seule solution.
- Dans les cancers du moyen rectum, les indications de
conservation du sphincter doivent être aussi larges que
possible, en respectant les règles carcinologiques (marge
distale de 2 cm, excision de la totalité du méso-rectum).
- L’anastomose colo-rectale à la pince automatique et
l'anastomose colo-anale ont permis d'élargir les indications de
la conservation sphinctérienne.
Traitements adjuvants :
La radiothérapie préopératoire diminue le risque de récidive
locorégionale de manière plus importante que la radiothérapie
préopératoire. Il a été démontré récemment que ce traitement
améliore la survie.
- Elle est indiquée systématiquement, sauf si l'on a pu réaliser
une échoendoscopie rectale qui permet de limiter les indications
aux cancers envahissant toute la paroi (atteignant la graisse
périrectale ou la séreuse selon le siège du cancer) ou
s'accompagnant de métastases ganglionnaires.
- Elle délivre 40 à 45 grays et l'intervention peut être
réalisée soit 8 à 10 jours après la fin de l'irradiation, soit
après 6 à 8 semaines.
L'intérêt de la radio-chimiothérapie préopératoire est à
l'étude.
L'utilité de la chimiothérapie adjuvante (par 5-FU-lévamisole ou
5-FU-acide folinique), démontrée efficace dans les cancers du
côlon (Dukes C), est aussi en cours d'évaluation, ainsi que la
chimiothérapie locorégionale (intraportale ou intrapéritonéale).
Cas particuliers :
Des traitements particuliers sont justifiés chez des malades
atteints de petits cancers (moins de 3 cm), limités à la paroi.
- L'exérèse chirurgicale par voie transanale a l'avantage de
permettre l'examen anatomopathologique de la pièce de résection.
- La radiothérapie de contact représente une alternative.
- L'exérèse endoscopique d'un adénome transformé est suffisante
lorsque la tranche de section passe à distance du foyer
néoplasique.
Dans les cancers localement avancés, où l'exérèse ne para”t pas
possible, une irradiation externe est indiquée. Parfois, une
chirurgie d'exérèse secondaire peut être réalisée.
En cas de tumeur obstructive non résécable, un traitement par le
laser peut être utile.
Plusieurs essais randomisés mettent en évidence un effet
favorable de la chimiothérapie palliative sur la survie et la
qualité de la vie. Le traitement de référence est actuellement
l'association 5-FU-acide folinique. Le schéma utilisé en France
associe 5-FU bolus, 5-FU continu sur 22 heures et acide
folinique à forte dose par cure de 2 jours tous les 15 jours
(LV5 FU2).
- L'apparition de plusieurs médicaments anticancéreux ayant des
mécanismes d'action originaux ouvre des perspectives nouvelles.
Avec des molécules telles que l'irinotécan (Campto*), le
raltitrexed (Tomudex*) ou l'oxaliplatine, il est possible de
proposer un traitement de seconde ligne aux patients progressant
sous 5-FU et d'évaluer de nouvelles associations. La place de la
chimiothérapie intra-artérielle dans les métastases hépatiques
reste encore à préciser.
- Mais le bénéfice de ces traitements reste faible.
- Les métastases doivent faire l'objet d'une résection chaque
fois qu'elles sont accessibles à la chirurgie.
Le traitement de la douleur est d'une grande importance dans les
formes évoluées.
Prévention :
Alimentation :
Les études sur la relation entre alimentation et cancer ne sont
pas assez précises pour proposer une stratégie de prévention
primaire. Pour atteindre cet objectif, les hypothèses les plus
séduisantes sont évaluées dans les études d'intervention. Elles
mesurent l'effet des modifications de l'alimentation ou de
l'adjonction de nutriments (fibres, calcium, vitamines...) sur
le risque de récidive ou d'augmentation de taille des adénomes,
ou sur le risque de cancer.
Moyens de dépistage de masse :
Le cancer colo-rectal remplit les conditions permettant
d'envisager un dépistage de masse :
- il est fréquent et grave ;
- il existe un stade de développement limité où il peut être
guéri ;
- il est habituellement précédé pendant de nombreuses années
d'une tumeur bénigne, l'adénome, dont l'exérèse permet de
prévenir l'apparition du cancer ;
- un point essentiel fait encore l'objet de controverses :
existe-t-il une stratégie permettant de diminuer la fréquence ou
la mortalité de ce cancer ?
Endoscopie et lavement baryté :
L’endoscopie et le lavement baryté ne peuvent être proposés
directement en tant qu'examens de dépistage de masse dans la
population. Leur acceptabilité est trop faible, leur coût trop
élevé, leur technicité trop lourde pour qu'ils soient
diffusables à toute la population à risque (sujets de plus de 45
ans).
Dépistage de masse :
Une politique de dépistage de masse du cancer colo-rectal doit
comporter deux étapes :
- un examen de sélection effectivement réalisé par une grande
partie de la population.
- puis un examen de détection proposé aux personnes dont le test
est positif.
Recherche de sang dans les selles :
La recherche d'un saignement occulte dans les selles (Test
Hémoccult*) a été proposée comme test de sélection.
- En moyenne, il est positif chez 2 % des sujets de plus de 45
ans.
- Dans ce cas, si l'on utilise la coloscopie comme examen de
détection, on trouve un cancer dans 10 % des cas environ, un
adénome dans 30 % des cas. Les cancers détectés au stade
asymptomatique sont souvent à un stade précoce : la moitié sont
localisés à la paroi (Dukes A).
- Ces résultats sont encourageants. Mais les données disponibles
ne permettent pas de savoir si cette politique de dépistage
permet de diminuer la mortalité due à ce cancer.
- Il faut souligner que le succès d'une campagne de dépistage
dépend à la fois de l’efficacité du test de dépistage et de son
acceptabilité. Si la participation est faible, trop peu de
cancers au début sont détectés pour que l'on observe une
diminution de la mortalité.
- Une étude récente, réalisée chez des sujets volontaires pour
participer à un programme de dépistage, indique qu'un test
Hémoccult*, fait annuellement et réhydraté au moment de la
lecture, permet de diminuer de 30 % la mortalité par cancer
colo-rectal par rapport à celle de sujets témoins. Avec cette
méthodologie, le taux de positivité du test est de 10 %, ce qui
représente un taux trop élevé.
- Des études contrôlées comparant une population soumise au
dépistage et une population témoin indiquent qu'il est possible
de diminuer la mortalité par cancer colo-rectal de 15 à 20 % en
faisant un test Hémoccult* tous les 2 ans. La participation doit
être élevée (plus de 50 % à la première campagne). Une
coloscopie sera pratiquée sur les sujets dont le test est
positif. Pour atteindre cet objectif, une organisation
rigoureuse est nécessaire.
- En pratique, il n'est pas possible de réaliser une endoscopie
chaque année chez 10 % d'une population de plus de 45 ou 50 ans.
Cette stratégie peut être proposée dans les centres de bilan de
santé.
Sujets à risque :
Les sujets à risque posent un problème particulier.
- Chez les sujets à risque très élevé (polypose, forme familiale
de maladie de Lynch), l’endoscopie s'impose dans les groupes
d'âge exposés.
- Chez les malades traités pour un cancer ou un adénome de
l'intestin, l'acceptabilité des explorations coliques est
suffisante pour proposer une surveillance endoscopique.
- Chez les parents du premier degré d'une personne atteinte d'un
cancer colo-rectal, l'attitude actuelle est de préconiser une
coloscopie à partir de 45 ou 50 ans.
- En cas d'examen négatif, elle doit être répétée tous les 5 à
10 ans jusqu'à 70 ans. En pratique, ce programme est rarement
réalisé.
- La place des différents tests de recherche d'un saignement
occulte dans cette situation mérite d'être évaluée.
- Chez les femmes traitées pour un cancer épidémiologiquement
lié, l'augmentation de risque est faible et la surveillance pose
des problèmes psychologiques. L'utilisation de l'Hémoccult*
paraît suffisante dans ce groupe.
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