Diagnostic clinique positif
d’un épanchement articulaire
:
L’épanchement est généralement visible dès l’inspection ;
le genou est gonflé et les reliefs osseux et musculaires
sont effacés par rapport au côté opposé (lorsque l’épanchement
est unilatéral).
La douleur et l’impotence fonctionnelle
sont variables selon l’étiologie.
L’existence d’un
choc rotulien confirme le diagnostic d’épanchement.
Il est recherché sur un patient en décubitus dorsal,
membre inférieur en extension et quadriceps relâché.
L’examinateur empaume l’extrémité inférieure de la cuisse
et l’extrémité supérieure de la jambe afin de collecter
tout le liquide articulaire sous la rotule, et ramène les 2
mains l’une vers l’autre.
L’index de la main située sur la
jambe exerce une pression sur la rotule qui s’enfonce et vient percuter la trochlée fémorale avant de revenir à sa
position initiale lorsque la pression est relâchée.
Le choc rotulien peut être absent lorsque l’épanchement
est très volumineux.
Chez les patients obèses, il peut
être difficile de conclure à la présence d’un choc rotulien
lorsque le genou est recouvert d’un pannicule graisseux.
Le signe du flot peut être utile dans les épanchements
de petit volume.
Il consiste à refouler le liquide
articulaire dans la bourse sous-quadricipitale externe et
à le faire réapparaître à la face interne du genou (sousrotulienne)
en exerçant une pression modérée sur la face
externe du cul-de-sac.
Il existe parfois un kyste poplité, situé comme son nom
l’indique dans le creux poplité, qui correspond à la
« soupape de sécurité » de l’articulation et dont l’existence
est toujours liée à celle d’une arthropathie du genou.
Diagnostic étiologique :
Il est orienté par l’interrogatoire qui recherche les antécédents
concernant le genou atteint, la date et les conditions
d’apparition de l’épanchement (apparition brutale
ou progressive, mouvement ou traumatisme déclenchant).
Le rythme douloureux doit être également précisé
: mécanique, il oriente vers une pathologie affectant
le cartilage, les ménisques, les ligaments ou l’os souschondral
; inflammatoire, il oriente vers une maladie
synoviale rhumatismale ou infectieuse.
Toutefois, un
épanchement très volumineux peut être à l’origine de
douleurs permanentes (diurnes et nocturnes) liées à
l’existence de la distension capsulaire qui rend difficile
l’appréciation du rythme douloureux.
La valeur sémiologique
de l’interrogatoire et de l’examen physique est
aussi importante que la valeur sémiologique de l’analyse
du liquide articulaire.
On
distingue ainsi les liquides articulaires mécaniques et
inflammatoires selon la cellularité du liquide.
Un liquide articulaire est dit « mécanique » lorsqu’il
contient moins de 1 000 éléments/mm3, dont moins de
50 % de polynucléaires neutrophiles (PNN) avec un
aspect clair et filant lié à une forte viscosité.
Un liquide
est dit « inflammatoire » lorsqu’il contient plus de 1 000 éléments par mm3 dont plus de 50 % de PNN, un aspect
trouble et une faible viscosité.
Le dosage des protides,
du glucose et des lactates articulaires n’a aucun intérêt
pratique.
On parlera d’« arthrite » en présence d’un épanchement
articulaire inflammatoire.
A - Arthrites aiguës
:
Les arthrites aiguës sont caractérisées par un début brutal.
Les douleurs sont intenses, permanentes, à l’origine
d’une impotence fonctionnelle totale.
À l’examen, le
genou est tuméfié, chaud à la palpation, la coloration de
la peau peut être modifiée (de rosée à violacée).
Le choc
rotulien est souvent difficile à percevoir du fait de l’intensité
des douleurs et de l’abondance de l’épanchement.
La fièvre est possible. Les radiographies sont souvent
normales à ce stade en dehors d’un épaississement
des parties molles et des signes d’épanchement.
1- Arthrite septique :
C’est le diagnostic qui doit être évoqué en priorité.
Le
genou en est la localisation la plus fréquente. Le liquide
articulaire est trouble, parfois purulent.
Sa viscosité est
basse et il s’écoule comme de l’eau, goutte à goutte.
Le
nombre de cellules est élevé, pouvant atteindre plusieurs
dizaines de milliers de leucocytes.
Les polynucléaires
neutrophiles prédominent au-delà de 95 % et sont souvent
altérés.
Le diagnostic de certitude est affirmé par la
mise en évidence d’un germe au sein du liquide articulaire
lors de l’examen direct (coloration de Gram), ou
lors des cultures.
Le germe le plus fréquemment en cause est le staphylocoque doré.
Selon le terrain, il peut
s’agir d’un autre germe, pneumocoque à point de départ
ORL ou pulmonaire, streptocoque d’origine ORL ou
dentaire, bacille gram-négatif après infection intestinale
ou génitale.
Chez un sujet jeune, il faut évoquer systématiquement
l’hypothèse d’une origine gonococcique,
en particulier s’il existe la notion d’un rapport contaminant,
des signes génito-urinaires, des papulo-pustules
cutanées.
Une porte d’entrée infectieuse doit être recherchée
ainsi qu’un geste articulaire local tel qu’une infiltration,
une arthrographie ou une arthroscopie.
On
cherche des facteurs d'immunodépression sous-jacents
(diabète sucré, cancer, traitement par glucocorticoïdes
ou par immunosuppresseurs).
Le traitement repose sur
l’antibiothérapie synergique, prolongée, bactéricide et
adaptée à l’antibiogramme.
D’autres mesures sont
nécessaires comme l’immobilisation articulaire initiale,
sans oublier le traitement de la porte d’entrée.
On
recherche bien évidemment un second foyer septique tel
qu’une endocardite.
D’autres causes infectieuses peuvent être évoquées dans
le cadre du diagnostic étiologique des arthrites aiguës ;
elles le seront dans le chapitre « arthrites subaiguës et
chroniques ».
Une exception doit être faite pour le parvovirus B19 qui
peut être à l’origine d’une polyarthrite aiguë mimant
parfois une polyarthrite rhumatoïde.
Le diagnostic est
facilement confirmé par la sérologie ELISA qui met en
évidence la présence d’IgM anti-parvovirus B19.
L’évolution est souvent rapidement favorable avec un
traitement anti-inflammatoire non stéroïdien.
2- Arthrite microcristalline (goutte,
pyrophosphate de calcium ou apatite) :
Le liquide articulaire est inflammatoire mais stérile.
Il
peut être puriforme et contenir plusieurs dizaines de
milliers de leucocytes.
Le diagnostic est affirmé par
l’examen microscopique en lumière polarisée qui met
en évidence des cristaux d’urate de sodium (allongés à
extrémités effilées) ou de pyrophosphate de calcium
(parallélipipédiques à bouts carrés).
• On évoque plus facilement un accès goutteux chez
l’homme, notamment s’il existe des antécédents d’arthrites
de la métatarsophalangienne du gros orteil ou de
l’avant-pied, des antécédents de lithiase urinaire, une
hyperuricémie ou, bien entendu, une maladie goutteuse
connue.
L’examen clinique recherche des tophus aux
sites usuels, notamment sur les pavillons de l’oreille.
La
goutte est exceptionnelle chez la femme avant la ménopause,
en dehors des gouttes induites par les diurétiques
(diurétiques thiazidiques), l’insuffisance rénale chronique,
une lyse cellulaire dans le cadre d’une hémopathie
maligne ou une transplantation cardiaque sous
ciclosporine.
La chondrocalcinose articulaire, parfois appelée pseudo-goutte, peut également toucher les poignets.
Les
radiographies montrent un liseré d’incrustation calcique
du cartilage articulaire et des ménisques.
Il est classique de rechercher une hyperparathyroïdie et une hémochromatose
associées.
Le traitement repose sur la colchicine
dans la goutte, les anti-inflammatoires non stéroïdiens
dans les crises aiguës de chondrocalcinose articulaire.
Le rhumatisme à hydroxyapatite comporte un
ensemble de manifestations articulaires et périarticulaires
en rapport avec le dépôt d’hydroxyapatite.
La
manifestation clinique la plus fréquente est l’apparition
brutale de douleurs articulaires ou juxta-articulaires très
violentes, inflammatoires, responsables d’une impotence
fonctionnelle majeure.
Les signes locaux sont discrets, il
peut exister une fébricule et une élévation de la vitesse de
sédimentation.
L’épaule est l’articulation la plus fréquemment
atteinte.
On parle de « maladie des calcifications
tendineuses multiples » lorsqu’il existe plusieurs
sites articulaires ou périarticulaires atteints.
L’atteinte du
genou est peu fréquente.
Le diagnostic repose sur la présence
radiographique de dépôts d’hydroxyapatite sous
la forme d’une calcification arrondie homogène siégeant
dans la zone douloureuse et qui peut disparaître à l’issue
de la crise aiguë.
Ces microcristaux peuvent être mis en
évidence dans le liquide articulaire en microscopie
optique après coloration par le rouge alizarine.
Le traitement
repose sur les anti-inflammatoires non stéroïdiens,
la mise au repos de l’articulation atteinte et parfois les
infiltrations locales de dérivés cortisoniques.
On souligne
la fréquence de ces manifestations chez les hémodialysés.
B - Arthrites subaiguës et chroniques :
Les arthrites subaiguës ont un début plus progressif et
évoluent pendant au moins 6 semaines. Les douleurs ont
également un rythme inflammatoire prédominant en
seconde moitié de nuit et associé à une raideur matinale
de durée variable.
Les signes inflammatoires locaux
sont moins francs.
Les radiographies standard sont normales
ou montrent une déminéralisation épiphysaire de
part et d’autre de l’interligne articulaire.
L’arthrite chronique évolue depuis plus de 6 semaines.
Le début a été progressif, les signes locaux sont peu
marqués et il existe un « pannus » synovial palpable
secondaire à une hypertrophie d’origine inflammatoire
de cette membrane.
Il existe parfois sur les radiographies
un pincement plus ou moins prononcé de l’interligne
articulaire, global, associé à des érosions prédominant
aux zones de réflexion de la synoviale sur les
condyles et les plateaux tibiaux.
1- Arthrites rhumatismales :
Une mono-arthrite du genou peut révéler un rhumatisme
inflammatoire :
une maladie rhumatoïde, même si la polyarthrite rhumatoïde
« classique » débute rarement par une monoarthrite
du genou, mais plutôt par une atteinte articulaire
bilatérale et symétrique des poignets et des petites articulations
des mains ; une pelvispondylite rhumatismale peut se manifester
par une atteinte articulaire périphérique ; elle survient
plus particulièrement chez l’homme jeune porteur de
l’antigène HLA B27 dans 85 à 90 % des cas.
S’il s’agit
d’un homme jeune et si l’arthrite survient dans les suites
d’une diarrhée ou d’une urétrite, il faut également évoquer
un syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter qui dans
sa présentation clinique complète associe arthrite, urétrite,
conjonctivite et parfois balanite circinée.
Le diagnostic
peut être facilité par la découverte d’un agent
causal (Chlamydiæ, salmonelles, shigelles ou yersiniæ)
sur les prélèvements bactériologiques et par les sérodiagnostics.
Seules les salmonelles peuvent être cultivées
en routine dans le liquide articulaire.
Les cultures de Chlamydiæ sont positives sur les prélèvements urétraux.
L'immunofluorescence est aussi efficace. L’antigène
HLA B27 est présent dans environ 70 % des cas.
• Un rhumatisme psoriasique, même si le psoriasis cutané
est discret (unguéal) ou absent dans la mesure où l’arthrite
peut précéder son apparition.
D’autres diagnostics peuvent être évoqués : maladie de Behçet s’il s’agit d’un patient issu du pourtour
méditerranéen avec une aphtose bipolaire et (ou) une
pseudo-folliculite ;
entérocolopathies inflammatoires chroniques telles
que la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique ;
sarcoïdose plus rarement, s’il existe la notion d’un
érythème noueux ou d’adénopathies médiastinales périhilaires
dans le cadre d’un syndrome de Löfgren.
• maladie périodique (fièvre méditerranéenne familiale)
dans les populations exposées (juifs séfarades) s’il existe
des antécédents familiaux, des épisodes de crises douloureuses
abdominales fébriles.
L’atteinte du genou évolue
souvent, comme pour la hanche, vers une
arthropathie destructrice ; hydarthrose intermittente : dans le cadre d’une hydarthrose
périodique, si l’épanchement est d’installation
brutale (moins de 24 heures), dure quelques jours et se
reproduit avec la même périodicité (de une semaine à un
mois), l’épanchement touche alors le plus souvent le
genou, est peu cellulaire, peu inflammatoire et n’est
associé à aucune modification biologique et radiologique
malgré la répétition des accès ; dans le cadre d’un
rhumatisme palindromique, si l’accès douloureux articulaire
survient brutalement mais sans périodicité fixe
chez un même patient, le plus souvent en fin de journée,
avec une impotence fonctionnelle rapidement croissante
et importante, des signes inflammatoires locaux objectifs
et une évolution rapidement favorable en moins de
48 heures.
Le liquide articulaire est mécanique ou
inflammatoire. L’évolution s’effectue dans près de 50 %
des cas vers une véritable polyarthrite rhumatoïde.
2- Tuberculose :
Le diagnostic repose sur la mise en évidence ( malheureusement
exceptionnelle) du bacille de Koch à l’examen
direct du liquide articulaire après coloration de Ziehl, ou durant les 3 mois de culture sur milieux spéciaux (milieu de Löwenstein).
La biopsie synoviale percutanée
est indiquée car l’examen histologique peut
montrer typiquement un granulome épithélioïde et
giganto-cellulaire parfois associé à une nécrose caséeuse.
Ce résultat anatomopathologique permet la mise en
route précoce du traitement antituberculeux sans
attendre les résultats des cultures et de l’antibiogramme
qui permettront, le cas échéant, d’adapter le traitement.
3- Causes infectieuses plus rares
:
La brucellose, dont l’incidence diminue en raison des
campagnes de vaccination systématique du bétail, doit
toutefois être évoquée en présence de professions exposées
(agriculteurs, vétérinaires...) ou chez les patients
d’origine portugaise, maghrébine, ou du Moyen-Orient.
Le diagnostic est facilité par la positivité des réactions
sérologiques (sérologie de Wright) et parfois des hémocultures.
Les arthrites parasitaires, bien qu’exceptionnelles,
surviennent bien plus fréquemment chez les patients
d'origine africaine.
La filariose doit être évoquée ; les microfilaires peuvent être identifiées dans le liquide articulaire
ou dans les tissus périarticulaires.
Les radiographies
peuvent montrer l’existence de filaires calcifiées.
4- Arthrite septique à pyogène atténuée :
Une antibiothérapie « intempestive » peut « décapiter »
une arthrite septique qui se présente sous la forme d’une
arthrite subaiguë.
Dans ce contexte, on souligne l’intérêt
de la biopsie synoviale percutanée à l’aiguille pour
orienter le diagnostic.
5- Maladie de Lyme :
Elle peut également être à l’origine d’une mono-arthrite
aiguë ou chronique du genou.
La notion d’une morsure
de tique, d’un érythème chronique migrant et le caractère
positif de la sérologie de Lyme confirmé en Western-Blot permettent d’asseoir le diagnostic.
On note que le
spirochète à l’origine de la maladie (Borrelia burgdorferi)
n’a jamais pu être isolé du liquide articulaire inflammatoire.
6- Infection par le virus de l’immunodéficience
humaine (VIH)
:
Elle peut être révélée par une arthrite, bien qu’il n’y ait
pas d’arthrite spécifique de l’infection par le virus de
l’immunodéficience humaine et que l’infection par le
virus de l’immunodéficience humaine elle-même ne soit
pas responsable d’une augmentation de l’incidence des
arthrites à pyogènes.
Il faut penser à la possibilité d’association
d’une infection par le virus de l’immunodéficience
humaine à un rhumatisme psoriasique ou à un
syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter.
7- Arthrite virale :
Elle doit être évoquée de façon systématique devant une
arthrite subaiguë.
Outre le parvovirus B19, on évoque
particulièrement les virus de l’hépatite B et C, de la
rubéole, du zona, de l’herpès, plus rarement les
oreillons, les entérovirus, les coxsackies, les échovirus,
les adénovirus et le virus d’Epstein-Barr.
C - Liquide mécanique :
La liste des diagnostics à évoquer en présence d’un
épanchement articulaire du genou avec un liquide mécanique
est plus concise.
1- Arthrose :
Ce diagnostic est à évoquer en priorité.
Les douleurs
sont de rythme mécanique, déclenchées par la marche et
calmées par le repos.
Le diagnostic est confirmé par les
radiographies qui montrent la présence d’un pincement
plus ou moins prononcé de l’interligne articulaire uni-,
bi- ou tricompartimental.
Il existe également des ostéophytes
périphériques ou des épines tibiales, une condensation
et parfois des géodes sous-chondrales des plateaux
tibiaux.
2- Ostéonécrose du condyle fémoral interne ou
plus rarement fissure du plateau tibial interne
:
Elles peuvent être à l’origine d’un épanchement articulaire.
On suspecte ces diagnostics devant l’apparition
brutale de gonalgies, leur caractère persistant et l’existence
radiographique d’un méplat ou d’un séquestre
condylien.
Si les signes radiologiques sont absents, le
diagnostic peut être orienté par la scintigraphie osseuse
et (ou) l’imagerie par résonance magnétique (IRM) qui
confirme l’existence d’un séquestre osseux.
L’évolution
peut se faire vers la guérison ou vers un processus
arthrosique, une impotence fonctionnelle croissante et la
décision d’un remplacement prothétique de l’articulation.
On rapproche de ce diagnostic l’ostéochondrite
disséquante du condyle qui survient chez l’enfant et
dont l’évolution est plus favorable.
3- Algodystrophie :
Elle s’accompagne parfois d’un épanchement articulaire.
Il n’existe pas toujours de facteur déclenchant mais on
recherche un traumatisme plus ou moins récent, une
arthroscopie, une chirurgie.
La phase « chaude » initiale
peut orienter le diagnostic vers une pathologie en apparence
infectieuse mais le liquide articulaire, s’il y en a,
est toujours mécanique. Les radiographies montrent
progressivement un aspect déminéralisé, hétérogène ou
moucheté de la trame osseuse parfois localisé à un seul
condyle constituant alors une algodystrophie parcellaire.
L’interligne articulaire est toujours respecté.
Le traitement
est difficile et long, souvent peu efficace (reflétant
la méconnaissance de la physiopathologie de cette maladie) mais la guérison est toujours obtenue parfois au
détriment d’une raideur articulaire résiduelle.
4- Ostéochondromatose :
Certaines maladies de la synoviale, telle que l’ostéochondromatose,
peuvent être à l’origine d’un épanchement
articulaire mécanique.
Il existe fréquemment des
blocages articulaires.
Le diagnostic peut être évoqué sur
les radiographies standard par la mise en évidence de
corps étrangers juxta-articulaires, et assuré par l’arthrographie
ou par l’imagerie par résonance magnétique.
5- Traumatisme :
Il peut être à l’origine d’un épanchement articulaire
mécanique du genou s’il provient de la lésion d’une
structure anatomique intra-articulaire.
Ces étiologies
sont évoquées dans le chapitre « hémarthrose ».
D - Hémarthrose :
L’hémarthrose est définie par la découverte d’un épanchement
sanglant lors de la ponction articulaire.
1- Spontanée :
Cette hémarthrose peut être spontanée dans le cas d’un
trouble de la coagulation connu (hémophilie, maladie de von Willebrand) mais elle en est rarement révélatrice.
Elle peut être iatrogénique et survient lors d’un traitement
par antivitamine K.
2- Secondaire à un traumatisme :
Elle peut être secondaire à un traumatisme, en particulier
une entorse grave avec rupture des ligaments croisés
compliquée éventuellement d’un arrachement méniscal.
Le contexte est alors fortement évocateur.
Le diagnostic
clinique précis des lésions est souvent difficile à effectuer
initialement en raison du gonflement articulaire et
des douleurs.
L’examen clinique sera réalisé après
quelques jours de mise au repos de l’articulation.
3- Secondaire à une pathologie tumorale
synoviale :
Plus rarement, l’hémarthrose peut traduire l’existence
d’une pathologie tumorale de la synoviale.
Il peut s’agir
d’une lésion bénigne dans le cadre de la synovite villonodulaire
qui correspond à une prolifération exubérante de
la synoviale sans caractère malin mais parfois destructrice.
Le tableau clinique est celui d’une arthropathie évoluant
depuis plusieurs années, souvent intermittente au
début, avec un épaississement synovial diffus ou localisé,
des épanchements plus ou moins sanglants, et parfois des
blocages pseudo-méniscaux.
Radiologiquement, on peut
constater une hyper-opacité des parties molles et, dans 25 % des cas, des encoches ou des images d’allure géodique
des condyles, des plateaux tibiaux ou de l’échancrure
intercondylienne.
4- Hémangiome synovial :
L’hémangiome synovial, très rare, se manifeste dès l’enfance
par un gonflement, des douleurs et un enraidissement
du genou, d’abord intermittents puis permanents.
L’imagerie par résonance magnétique, l’artériographie
puis la biopsie synoviale confirment le diagnostic d’angiome,
le plus souvent de type caverneux.
5- Ostéochondromatose :
L’ostéochondromatose synoviale est rare et survient
plus souvent chez l’homme entre 20 et 40 ans. L’atteinte
est souvent mono-articulaire avec une prédilection pour
le genou.
Il s’agit d’une métaplasie cartilagineuse de la
synoviale provoquant la formation de nodules synoviaux
qui s’ossifient puis, parfois, se détachent dans
l’articulation provoquant douleurs et blocages articulaires.
Le diagnostic repose sur l’arthrographie ou l’arthroscopie,
l’imagerie par résonance magnétique ne permettant
pas la mise en évidence des chondromes.
6- Causes rares
:
Enfin, une hémarthrose peut se rencontrer lors d’une
arthrose banale, d’une chondrocalcinose articulaire, d’une
fracture ostéochondrale, d’une arthrite septique, et beaucoup
plus rarement d’une drépanocytose ou d’un scorbut.
Exceptionnellement, la synoviale peut être le siège de
métastases de cancers solides avec un épanchement articulaire
assez fréquemment sanglant.
Diagnostic différentiel :
Le plus commun est celui d’hygroma ou bursite prérotulienne
qui peut être post-traumatique (microtraumatismes
répétés chez les patients travaillant à genou), microcristallin
et parfois surinfecté.
Le genou est souvent tuméfié
avec des signes inflammatoires locaux mais il n’y a pas
de choc rotulien ni de signe du flot.
La bursite est facilement
identifiable.
L’ostéomyélite aiguë peut être à l’origine d’un gros
genou mais l’examen physique montre qu’il n’y a pas de
choc rotulien et que la pression de l’extrémité inférieure du
fémur ou de l’extrémité supérieure du tibia est douloureuse.
Le synovialosarcome est une tumeur rare des parties
molles qui s’observe à tout âge mais surtout chez l’adulte
de 20 à 40 ans.
Il est le plus souvent extra-articulaire à
proximité du genou, à l’origine d’un gonflement des parties
molles péri-articulaires pouvant faire évoquer un
épanchement articulaire.
Les examens d’imagerie en permettent
le diagnostic.
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