Anatomie descriptive du larynx
:
Le larynx est un organe impair et médian, situé à la partie moyenne
de la gaine viscérale du cou et qui occupe la partie supérieure de la
région infrahyoïdienne.
Il est formé par un squelette cartilagineux
suspendu à l’os hyoïde.
Les différents cartilages sont unis par des
articulations, des membranes, des ligaments et des muscles.
A - FORME ET DIMENSIONS :
Le larynx a la forme d’une pyramide triangulaire à base
postérosupérieure répondant au pharynx et à l’os hyoïde, et à
sommet inférieur répondant à l’orifice supérieur de la trachée.
Ses dimensions sont, chez l’homme, de 45 mm de haut et 35 mm de
diamètre antéropostérieur à sa partie supérieure.
Elles sont plus
réduites chez la femme (respectivement 35 mm et 25 mm).
Les
limites du larynx sont représentées en haut par le bord supérieur du
cartilage thyroïde qui répond au corps vertébral de C4, et en bas au
cartilage cricoïde en face du bord inférieur de C6.
B - CARTILAGES DU LARYNX
:
Le larynx est constitué par l’assemblage de 11 cartilages :
– trois cartilages impairs et médians : le cartilage thyroïde, le
cartilage cricoïde et l’épiglotte ;
– quatre cartilages pairs : les cartilages corniculés de Santorini, les
cartilages cunéiformes de Wrisberg, les cartilages aryténoïdes.
Ces éléments sont réunis entre eux par des articulations et des
structures fibroélastiques. L’ensemble est doublé d’un appareil
musculaire et recouvert par une muqueuse de type respiratoire.
1- Cartilage thyroïde :
Le plus volumineux, il a la forme d’un bouclier qui protège les
éléments du larynx.
Il est formé de deux lames latérales verticales,
obliques en arrière et en dehors, formant un angle dièdre ouvert en
arrière et responsable en avant du relief de la proéminence laryngée
ou pomme d’Adam.
Chaque lame présente :
– une face antérolatérale parcourue par une ligne oblique en bas, en
avant et en dedans ;
– une face postéromédiale protégeant le larynx et les récessus
piriformes du pharynx ;
– un bord inférieur présentant l’incisure thyroïdienne inférieure ;
– un bord supérieur mousse délimitant l’incisure thyroïdienne
supérieure ;
– un bord postérieur vertical prolongé en haut par la corne
supérieure, longue de 15 à 20 mm, et en bas par une corne inférieure
présentant une surface articulaire cricoïdienne orientée en dedans et
en arrière.
2- Cartilage cricoïde :
Il a classiquement la forme d’une bague chevalière à chaton
postérieur et à anneau antérieur.
Il présente un arc antérieur avec un tubercule cricoïdien médian ou
bec cricoïdien, une lame ou chaton cricoïdien avec deux surfaces
articulaires aryténoïdiennes orientées en haut et en dehors, et deux
surfaces articulaires thyroïdiennes.
Le cartilage cricoïde est surmonté
par les cartilages aryténoïdes en arrière, par le cartilage thyroïde
latéralement et en avant, où il s’articule au niveau de ses cornes
inférieures.
3- Cartilage épiglottique :
Il a la forme d’une raquette de 65 mm (± 10 mm), à manche inférieur
incurvé dont l’extrémité forme le pied d’épiglotte qui s’insère dans
l’angle rentrant du cartilage thyroïde.
L’épiglotte présente une face laryngée postéro-inférieure orientée en
bas et en arrière et présentant de nombreuses dépressions
cribriformes, une face linguale antérosupérieure concave qui regarde
en haut et en avant, une base supérieure et deux bords latéraux.
L’épiglotte est un cartilage très mobile grâce à la charnière inférieure
constituée par le ligament thyroépiglottique.
4- Cartilage aryténoïde :
Il a la forme d’une pyramide triangulaire dont la base s’articule avec
le cricoïde.
Le cartilage aryténoïde présente un apex supérieur, une face médiale
lisse et concave, une face antérolatérale, une face dorsale, un angle postérolatéral, le processus musculaire, un angle antéromédial, le
processus vocal.
5- Autres cartilages :
– Cartilages de Santorini, articulés avec l’apex de l’aryténoïde
correspondant.
– Cartilages sésamoïdes postérieurs, articulés avec l’aryténoïde et le corniculé homolatéral.
– Cartilages accessoires :
– cartilages triticés dans les ligaments thyrohyoïdiens latéraux ;
– cartilage interaryténoïdien dans le ligament cricocorniculé ;
– cartilages sésamoïdes antérieurs dans les ligaments thyroaryténoïdiens inférieurs ;
– cartilages cunéiformes de Wrisberg dans les ligaments
aryépiglottiques.
C - ARTICULATIONS DU LARYNX
:
1- Articulation cricoaryténoïdienne :
Cette articulation présente une membrane synoviale et une capsule
lâche renforcée par le ligament cricoaryténoïdien postérieur ou
triquètre, qui présente un faisceau pour le processus vocal, un
faisceau moyen et un faisceau postérieur pour le processus
musculaire.
Les articulations cricoaryténoïdiennes permettent des mouvements
de translation frontale, écartant ou rapprochant les cartilages
aryténoïdes, de rotation latérale ou médiale autour d’un axe vertical,
écartant ou rapprochant les processus vocaux et donc les cordes
vocales.
2- Articulations cricothyroïdiennes :
Ce sont de véritables articulations synoviales avec une capsule
renforcée par des ligaments cératocricoïdiens supérieur, inférieur et
antérieur.
Elles permettent la bascule vers l’avant ou vers l’arrière
du cartilage thyroïde, avec un effet sur la tension des cordes vocales.
D - MEMBRANES ET LIGAMENTS DU LARYNX
:
Les différentes pièces cartilagineuses du larynx sont unies par des
membranes renforcées éventuellement par des ligaments, et par des
ligaments totalement individualisés.
1- Membrane cricotrachéale :
Elle est tendue entre le cricoïde et le premier anneau trachéal.
Elle
est circulaire, doublée en arrière par le muscle trachéal.
2- Membrane et ligaments thyrohyoïdiens :
La membrane thyrohyoïdienne est tendue entre la face médiale des
grandes cornes de l’os hyoïde en haut, et le bord supérieur du
cartilage thyroïde en bas.
Elle est renforcée par le ligament thyrohyoïdien médian en avant, et par les ligaments thyrohyoïdiens
latéraux tendus entre les cornes de l’os hyoïde et les cornes
supérieures du cartilage thyroïde.
3- Membrane et ligaments cricothyroïdiens :
La membrane est tendue entre le bord inférieur du cartilage thyroïde
et le bord supérieur du cartilage cricoïde.
Elle est renforcée par le
ligament cricothyroïdien médian ou conoïde en avant et au milieu.
Cette membrane est perforée par le rameau latéral du nerf laryngé
supérieur et par l’artère laryngée moyenne.
4- Ligaments de l’épiglotte :
L’épiglotte est reliée à la langue par les ligaments glossoépiglottiques
médian et latéraux, au pharynx par les ligaments
pharyngoépiglottiques, au cartilage thyroïde par le ligament
thyroépiglottique, au bord supérieur de l’os hyoïde par la
membrane, le muscle et le ligament hyoépiglottiques, et enfin aux
cartilages aryténoïdes par les ligaments aryépiglottiques.
Ligaments du complexe aryténoïdien
Les cartilages aryténoïdes sont reliés :
– au corniculé par le ligament arycorniculé ;
– au cricoïde par la capsule cricoaryténoïdienne renforcée par le
ligament triquètre ;
– au cartilage thyroïde au niveau de son angle rentrant par les
ligaments vestibulaire et vocal qui renforcent la membrane élastique.
Les cartilages corniculés sont reliés entre eux par le ligament
cricocorniculé ou jugal en « Y », à l’apex du cartilage corniculé par
le ligament arycorniculé, à l’épiglotte par le ligament
aryépiglottique.
E - MUSCULATURE INTRINSÈQUE DU LARYNX :
1- Muscle cricothyroïdien :
Il s’insère en bas sur la partie antérolatérale de l’arc du cricoïde, en
haut la partie droite sur le bord inférieur de la lame, alors que la
partie oblique rejoint le bord antérieur de la corne inférieure.
Il est
le seul muscle du larynx innervé par le nerf laryngé supérieur.
Action : il fait basculer en avant le cartilage thyroïde et tend
indirectement les cordes vocales.
2- Muscle cricoaryténoïdien postérieur
:
Il s’insère en bas sur la face postérieure du cartilage cricoïde et en
haut sur le processus musculaire du cartilage aryténoïde.
Action : il fait pivoter le cartilage aryténoïde en arrière et en dehors
et écarte les cordes vocales.
C’est le seul muscle abducteur des
cordes vocales ou dilatateur de la glotte.
3- Muscle aryténoïdien transverse :
Il s’insère sur la face postérieure de chacun des cartilages
aryténoïdes.
Action : il rapproche les deux cartilages aryténoïdes et est donc
adducteur des cordes vocales.
4- Muscle aryépiglottique :
Il s’insère en bas sur l’apex du cartilage aryténoïde et en haut sur le
bord latéral du cartilage épiglottique.
Action : il abaisse les cordes vocales et est adducteur des cordes
vocales ou constricteur de la glotte.
5- Muscle aryténoïdien oblique :
Il s’insère sur le processus musculaire des cartilages aryténoïdes et
en haut sur l’apex du cartilage aryténoïde controlatéral.
Action : en rapprochant les cartilages aryténoïdes, il est adducteur
des cordes vocales.
6- Muscle cricoaryténoïdien latéral
:
Il s’insère en bas sur le bord supérieur de l’arc cricoïdien et en haut
sur le processus musculaire du cartilage aryténoïde.
Action : en faisant pivoter le cartilage aryténoïde en avant et en
dedans, il est adducteur des cordes vocales.
7- Muscle cricoépiglottique :
Il s’insère en haut sur le bord latéral du cartilage épiglottique et en
bas sur la portion latérale du cricoïde.
Action : en abaissant l’épiglotte, il contribue à la fermeture de la
glotte pendant la déglutition.
8- Muscle thyroaryténoïdien latéral :
Il s’insère en avant sur l’angle rentrant du cartilage thyroïde et sur
la membrane cricothyroïdienne.
En arrière, il s’insère sur le bord
latéral de l’épiglotte et le bord latéral du cartilage aryténoïde.
Action : il rapproche les cartilages aryténoïdes et est donc adducteur
des cordes vocales.
9- Muscle vocal ou thyroaryténoïdien médial
:
Il s’insère en avant sur le tiers inférieur de l’angle rentrant du
cartilage thyroïde et en arrière sur le processus vocal du cartilage
aryténoïde.
Action : constitué de fibres entrecroisées ayant un mouvement de
torsion lors de la contraction, il détermine la fréquence des
vibrations des cordes vocales.
10- Muscle thyroaryténoïdien supérieur
:
Il s’insère en avant sur le tiers supérieur de l’angle rentrant du
cartilage thyroïde et en arrière sur le processus musculaire du
cartilage aryténoïde.
Action : il rapproche les cartilages aryténoïdes et est donc adducteur
des cordes vocales.
F - CONFIGURATION INTERNE :
Le larynx est un tube de 5 cm de haut, 3,5 cm plus large à sa partie
haute.
Il est tapissé par une muqueuse en continuité avec la
muqueuse pharyngée et trachéale.
Cette muqueuse est doublée par
une membrane fibroélastique tendue du ligament aryépiglottique en
haut à l’arc cricoïdien en bas.
La membrane fibroélastique présente deux épaississements :
– le ligament vestibulaire ou thyroaryténoïdien supérieur, tendu
entre l’angle rentrant du thyroïde et le cartilage aryténoïde ;
– le ligament vocal ou thyroaryténoïdien inférieur, tendu entre
l’angle rentrant du thyroïde et le processus vocal du cartilage
aryténoïde.
La membrane fibroélastique est divisée en trois segments par ces
ligaments :
– segment supérieur, constituant la membrane quadrangulaire audessus
du ligament vestibulaire ;
– segment moyen : le cône élastique ou la membrane s’invagine
pour former le ventricule du larynx de Morgagni qui présente un
diverticule antérieur, le saccule laryngé ;
– segment inférieur, en dessous du ligament vocal.
La cavité laryngée est divisée en trois étages par deux replis :
– les cordes vocales supérieures ou plis vestibulaires, sous-tendues
par le muscle thyroaryténoïdien latéral et le ligament
thyroaryténoïdien supérieur ;
– les cordes vocales inférieures, sous-tendues par le ligament et le
muscle vocal ; elles limitent entre elles la fente de la glotte.
Les trois étages du larynx sont :
– l’étage supérieur ou vestibule laryngé, limité en haut par l’aditus
laryngé, en bas par la fente vestibulaire entre les plis vestibulaires ;
– l’étage moyen, limité en haut par les cordes vocales supérieures et
en bas par les cordes vocales inférieures ;
– l’étage inférieur ou infraglottique, en continuité en bas avec la
trachée.
G - VASCULARISATION :
1- Vascularisation artérielle
:
Elle est assurée par trois pédicules :
– artère laryngée supérieure : c’est une branche de l’artère
thyroïdienne supérieure.
Elle perfore la membrane thyrohyoïdienne
et vascularise la muqueuse et les muscles de l’étage supérieur du
larynx ;
– artère cricothyroïdienne ou artère laryngée moyenne : c’est une
branche de l’artère thyroïdienne supérieure.
Elle perfore la
membrane cricothyroïdienne et vascularise la muqueuse de l’étage
inférieur du larynx ;
– artère laryngée inférieure : c’est une branche de l’artère
thyroïdienne inférieure.
Elle vascularise les muscles et la muqueuse
postérieure du larynx.
2- Vascularisation veineuse :
Elle est schématiquement satellite des artères. Les veines laryngées
supérieures et inférieures se drainent dans les veines thyroïdiennes
supérieures.
Les veines laryngées postérieures se jettent dans les
veines thyroïdiennes inférieures.
3- Vascularisation lymphatique :
Les lymphatiques du larynx se divisent en deux territoires : le
premier, sus-glottique, très important et le second, sous-glottique,
plus fin.
Les troncs efférents suivent la disposition artérielle.
On distingue :
– un pédicule supérieur qui se rend aux ganglions jugulaires
moyens sous le muscle digastrique ;
– un pédicule antéro-inférieur qui se draine dans les ganglions
précricoïdiens puis dans la chaîne jugulaire et les ganglions
prétrachéaux ;
– un pédicule postéro-inférieur qui naît de la partie postérieure de
l’étage sous-glottique et se draine dans les ganglions de la chaîne
récurrentielle et les ganglions jugulaires inférieurs et
sus-claviculaires.
H - INNERVATION DU LARYNX :
Elle est assurée par les nerfs laryngés supérieur et inférieur, branches
du nerf vague ou pneumogastrique, dixième paire de nerfs crâniens.
1- Nerf laryngé supérieur
:
C’est un nerf mixte, essentiellement sensitif, qui naît du nerf vague,
au pôle inférieur du ganglion plexiforme.
Il descend obliquement
en bas et en avant, contre la paroi pharyngée.
En arrière de la corne
de l’os hyoïde, il se divise en deux branches :
– une branche médiale ou supérieure, sous-jacente et satellite de
l’artère laryngée supérieure, perfore avec elle la membrane thyrohyoïdienne.
Elle donne l’innervation sensitive de la muqueuse
supérieure du larynx, de la partie adjacente du pharynx et de la
base de langue ;
– une branche latérale ou inférieure, satellite de l’artère cricothyroïdienne, innerve le muscle cricothyroïdien, puis perfore la
membrane cricothyroïdienne et donne l’innervation sensitive des
étages moyen et inférieur du larynx et assure le tonus des muscles
du larynx.
2- Nerf laryngé inférieur :
C’est la branche terminale du nerf laryngé inférieur ou récurrent.
Celui-ci naît du nerf vague, à droite au-dessous de l’artère subclavière, à gauche au-dessous de l’arc aortique, monte vers le
larynx dans l’angle oesotrachéal.
Il donne des rameaux trachéaux,
oesophagiens, cardiaques, et devient le nerf laryngé inférieur quand
il passe sous le constricteur inférieur du pharynx.
Il donne alors
trois rameaux : un rameau anastomosé avec le nerf laryngé
supérieur constituant l’anse de Galien, un rameau postérieur, un
rameau antérieur.
Le nerf laryngé inférieur innerve la muqueuse postérieure et tous
les muscles du larynx, sauf le cricothyroïdien.
Imagerie du larynx :
A - GÉNÉRALITÉS :
Le but de ce chapitre est de corréler l’imagerie à l’anatomie
descriptive, mais aussi d’exposer les méthodes actuelles d’examen
du larynx, en gardant à l’esprit que l’imagerie est réalisée
essentiellement dans le bilan des tumeurs du pharyngolarynx et
qu’il est nécessaire de bien analyser les points clés de l’extension,
principalement en cas de chirurgie partielle.
L’imagerie du larynx repose actuellement sur deux examens : le
scanner spiralé et l’imagerie par résonance magnétique (IRM).
Tous
les auteurs s’accordent à penser que le scanner spiralé est l’examen
de référence à réaliser en première intention, l’IRM n’intervenant
qu’en deuxième intention, si nécessaire pour préciser certains
aspects.
B - SCANNER SPIRALÉ :
Technique :
L’apport du scanner spiralé a révolutionné l’étude du pharyngolarynx, organe très mobile.
En effet, l’acquisition d’un
volume, couvrant tout le pharyngolarynx et les aires ganglionnaires
en 30 secondes environ en respiration indifférente, a permis d’éviter
tous les artefacts de mouvements et de déglutition.
Le mode spiralé
est basé sur le principe de la rotation continue du système tubedétecteur,
avec émission permanente de rayons X combinée à un
déplacement de la table.
L’acquisition volumique spiralée permet des reconstructions dans
tous les plans de l’espace, et en particulier des reconstructions
frontales et sagittales permettant une étude très intéressante de
certaines zones clés : loge préépiglottique, base de langue, limite
sus-glotte/glotte.
Des manoeuvres dynamiques viennent compléter ce bilan.
Elles sont
de bonne qualité, même chez des patients en mauvais état général,
du fait d’un temps d’acquisition très court (20 secondes pour un
Valsalva, 15 secondes pour une phonation) et permettent de couvrir
tout le larynx.
Actuellement, les appareils doubles ou multibarrettes permettent de
réduire l’épaisseur des coupes (1 à 1,5 mm) et de réduire les temps
d’acquisition, autorisant une étude complète du pharyngolarynx et
des aires ganglionnaires en des temps très courts, avec des coupes
très fines et une excellente qualité de reconstructions 2D.
L’endoscopie virtuelle 3D fait également ses débuts dans
l’observation du pharyngolarynx. L’examen commence par un
topogramme de profil qui permet de situer et d’orienter le plan des
coupes.
Les coupes doivent être parallèles au plan glottique (plan
du disque C5-C6).
L’acquisition débute au niveau de la base de
langue, jusqu’aux premiers anneaux trachéaux.
En pratique,
deux spirales sont le plus souvent réalisées.
La première spirale, en
respiration indifférente, débutant à la base de langue jusqu’à l’orifice cervicomédiastinal (30 secondes d’acquisition environ), en fenêtres
parties molles 250-50 UH ; une spirale en manoeuvre dynamique,
soit en phonation, soit en Valsalva, est ensuite réalisée selon la
pathologie.
Une reconstruction en constante cartilagineuse à partir des données
brutes de la première spirale avec un filtre plus dur et des constantes
à 1 400-400 UH permet une étude des cartilages.
Une injection de produit de contraste iodé est réalisée pour bien
opacifier les vaisseaux (carotide, jugulaire), et dans le bilan
d’extension tumoral, pour rehausser la tumeur.
C - DESCRIPTION :
1- Étude en respiration indifférente
:
L’étude de l’ensemble du larynx est facilitée en respiration
indifférente : les cordes vocales sont au repos, les ventricules
laryngés ne sont pas ouverts.
L’hypopharynx n’est pas pneumatisé
(l’apnée n’est pas utilisée car elle provoque une fermeture de la
filière laryngée et de l’hypopharynx, gênant l’étude des cordes
vocales).
2- Étude en phonation (le plus souvent lettre « é »)
:
Cette manoeuvre permet d’étudier la mobilité des cordes vocales,
d’ouvrir les ventricules laryngés, et donc de bien séparer le niveau sus-glottique du niveau glottique.
En reconstructions 2D frontales,
elle étudie également bien la région sous-glottique.
En phonation, il
existe une discrète expansion des sinus piriformes.
3- Étude en Valsalva
:
Cette manoeuvre permet l’expansion de l’hypopharynx et la bonne
visualisation des replis aryépiglottiques, des sinus piriformes et de
la région rétro-crico-aryténoïdienne, la filière laryngée, quant à elle,
étant modérément réduite.
Toutes ces manoeuvres doivent être expliquées au patient avant
l’examen, et un entraînement de plusieurs minutes aux différentes
manoeuvres (phonation et Valsalva) est nécessaire.
D - ASPECT TOMODENSITOMÉTRIQUE
DES CARTILAGES LARYNGÉS :
1- Os hyoïde
:
Il est toujours calcifié. Son origine tripartite est visible en constante
osseuse, avec un sillon articulaire séparant le corps des grandes
cornes.
Il est surtout composé de tissu osseux dense et d’un peu
d’os spongieux dans les parties latérales des cornes.
Il a une forme
en « fer-à-cheval » à ouverture postérieure.
2- Cartilage thyroïde
:
Son aspect est souvent inhomogène car les zones ossifiées et hyalines
se côtoient.
La répartition de ces zones dépend de l’âge et du sexe.
Le plus souvent, chez l’adulte, lorsque l’ossification est complète, on
observe une constitution osseuse : deux corticales hyperdenses et
une médullaire centrale hypodense.
Parfois, le cartilage est encore
hyalin (isodense) ou il existe un mélange de zones ossifiées et de
zones hyalines donnant un caractère hétérogène.
L’aspect du
cartilage thyroïde est globalement triangulaire en forme de « V » sur
les coupes supérieures, et prend une forme plus arrondie en « U »
dans les coupes inférieures.
L’échancrure thyroïdienne visible sur
les plans de coupes supérieures ne doit pas être confondue avec une
lyse osseuse néoplasique.
Les muscles sous-hyoïdiens (sterno-, omo- et thyrohyoïdiens)
apparaissent sous la forme de densité tissulaire (isodense) plaquée
sur la face antérieure du cartilage.
3- Cartilage épiglottique :
L’épiglotte est un cartilage hyalin (isodense au muscle) qui ne se
calcifie qu’exceptionnellement.
Sa partie supérieure est bien visible entre les clartés aériques
valléculaires et vestibulaires, et constitue le bord libre.
Cette région
est bien analysée sur les reconstructions sagittales, qui permettent
également d’analyser la membrane hyoépiglottique et les rapports
avec la base de langue.
L’épiglotte est reliée à la base de langue par
les replis glossoépiglottiques médian et latéraux.
Les bords latéraux
de l’épiglotte constituent les replis aryépiglottiques, bien
individualisés en Valsalva.
La face laryngée, de même densité, est bien analysée sur les coupes
axiales et sur les reconstructions sagittales.
Ces reconstructions sagittales permettent également de bien étudier la loge préépiglottique
en avant.
Les petits orifices cribrifomes de la face
laryngée ne sont pas visibles en imagerie.
Le pied de l’épiglotte est bien étudié en coupe axiale et sur les
reconstructions sagittales, et correspond à l’extrémité inférieure,
reliée à l’angle rentrant du cartilage thyroïde au-dessus du plan
glottique.
Il apparaît sous la forme d’une plage tissulaire dont
l’épaisseur ne doit pas dépasser 2 mm.
4- Cartilage cricoïde
:
Il est toujours ossifié chez l’adulte et présente donc deux corticales
hyperdenses et une médullaire hypodense.
Les plans de coupes
supérieures montrent d’abord le chaton cricoïdien, visible sur la
coupe passant par la base des aryténoïdes, puis, sur les coupes plus
basses, l’aspect complet annulaire du cricoïde devient visible : il
appartient à ce niveau à la sous-glotte.
La surface cricoïdienne entre
les aryténoïdes correspond à la commissure postérieure formée du
muscle intra-aryténoïdien et de sa muqueuse.
Les articulations cricoaryténoïdiennes et cricothyroïdiennes sont bien visibles en
coupes axiales et sur les reconstructions 2D.
La distance intercricothyroïdienne ne doit pas être supérieure à 1,5 mm.
5- Cartilage aryténoïde :
La calcification des cartilages aryténoïdes est ascendante, débutant à
la base.
Les aryténoïdes présentent le plus souvent une calcification
globale homogène hyperdense, plus rarement de type osseux
(corticale et médullaire centrale).
Leurs formes en coupes axiales
permettent de repérer le niveau de coupe :
– au niveau des bandes ventriculaires, ils ont une forme linéaire
transversale ;
– au niveau des cordes vocales, ils ont une forme triangulaire
articulée avec le chaton cricoïdien
On reconnaît une saillie postéroexterne (apophyse musculaire) et
une saillie antéro-interne effilée (apophyse vocale) marquant le plan
de la corde vocale.
Les apophyses musculaires sont distantes des
lames thyroïdiennes de 2 à 3mm, sans interposition tissulaire
(distance interthyroaryténoïdienne).
Les petits cartilages accessoires
(cartilages corniculés) sont inséparables des aryténoïdes qu’ils
prolongent vers le haut.
Les cartilages cunéiformes ne sont pas
visibles.
En respiration indifférente douce, les aryténoïdes sont proches du
cartilage thyroïde.
En phonation, ils se rapprochent, rétrécissant la
fente glottique par adduction des cordes vocales.
E - ASPECT TOMODENSITOMÉTRIQUE
DE LA CAVITÉ LARYNGÉE :
Dans un souci de simplification et pour faciliter le bilan d’extension
tumorale, nous avons choisi une description par étage du larynx, en
insistant sur les régions anatomiques clés du bilan d’extension
tumorale.
Dans ce but, nous présentons des coupes axiales étagées,
sagittales et coronales que nous allons commenter.
1- Étage sus-glottique :
Nous présentons six coupes axiales en respiration indifférente,
annotées de l’étage sus-glottique.
* Coupes passant par l’os hyoïde, les vallécules
et la région des trois replis
:
Juste au-dessus de la concavité de l’os hyoïde, la partie supérieure
libre de l’épiglotte est rattachée à la base de langue par le repli glossoépiglottique médian, divisant l’espace aérique en deux
fossettes : les vallécules.
Latéralement, celles-ci sont bordées par la
zone des trois replis correspondant à la convergence du repli glossoépiglottique latéral, du repli aryépiglottique et du repli
pharyngoépiglottique.
Le repli pharyngoépiglottique et le repli
glossoépiglottique latéral sont parfois indissociables en imagerie.
* Coupes passant par la face laryngée de l’épiglotte
et la loge préépiglottique :
La partie antérieure du larynx, à ce niveau sus-glottique, est occupée
par une loge cellulograisseuse hypodense, la loge préépiglottique
ou loge hyo-thyro-épiglottique (HTE).
De forme triangulaire à
sommet inférieur, elle est limitée en haut par la membrane hyoépiglottique qui peut être parfois visible sous forme d’une petite
densité tissulaire.
En bas, le ligament thyroépiglottique constitue une
autre petite plage tissulaire comblant de façon physiologique
l’hypodensité graisseuse.
La loge HTE et l’épiglotte sont également bien étudiées sur une
coupe sagittale médiane.
Les espaces paralaryngés sont des espaces adipeux hypodenses,
bordant la filière aérique de chaque côté, prolongeant les parties
latérales de la loge HTE en haut, et étendus sur toute la hauteur du
larynx.
Ils prédominent au niveau sus-glottique, principalement
dans la partie supérieure.
Au niveau des plis vestibulaires, ils sont
encore assez bien visibles, réalisant une bande hypodense au contact
du périchondre interne thyroïdien.
Les bords latéraux de l’épiglotte
se poursuivent par les replis aryépiglottiques, bien visibles en
coupes axiales, sous forme de replis tissulaires incurvés vers
l’arrière, séparant la lumière laryngée centrale des sinus piriformes
dont ils constituent la face antérieure.
Ils convergent dans la partie
basse vers la ligne médiane pour rejoindre les cartilages aryténoïdes.
* Coupes passant par les bandes ventriculaires ou plis vestibulaires
:
Les bandes ventriculaires, ou plis vestibulaires, sont constituées d’un
repli muqueux sur un ligament de densité tissulaire.
Le muscle thyroaryténoïdien, à ce niveau, est mince, expliquant la tonalité
graisseuse importante des bandes.
Leur niveau se repère à cette
densité graisseuse importante et à la forme linéaire des aryténoïdes
à ce niveau.
En avant, on retrouve la partie inférieure de la loge HTE, constituée par le ligament thyroépiglottique qui relie le pied
de l’épiglotte au cartilage thyroïde.
Dans de rares cas on peut distinguer, sur ce plan de coupe, une
clarté aérique correspondant au ventricule de Morgagni, mais le plus
souvent, les ventricules ne sont pas pneumatisés en respiration
indifférente.
En revanche, en phonation, les ventricules s’ouvrent et
la reconstruction frontale permet de bien séparer le plan des
plis vestibulaires (plus hypodense par son contenu principalement
graisseux) du plan glottique (beaucoup plus dense par sa
composition musculaire prédominante).
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