Dysplasies et luxations congénitales de hanche
(Suite) Cours de l'appareil locomoteur
4- Opérations de correction de la dysplasie cotyloïdienne :
ostéotomies pelviennes
Ce sont des opérations devenues courantes et que l’on distingue en trois
catégories.
* Ostéotomies de réorientation (ostéotomie de Salter
et ostéotomies triples) :
L’ostéotomie de Salter, la plus répandue, consiste à sectionner l’os iliaque en
deux parties, au niveau de la grande échancrure sciatique en arrière et de
l’épine iliaque antéro-inférieure en avant.
Le fragment inférieur qui contient
le cotyle est alors basculé vers le dehors, le bas et l’avant de façon à couvrir
correctement la tête fémorale.
Les résultats sont souvent remarquables.
Les ostéotomies triples sont utilisées quand la bascule donnée par
l’ostéotomie de Salter est insuffisante : c’est l’association de l’ostéotomie
innominée à une section des branches pubienne et ischiatique de l’anneau
obturateur de façon à pouvoir mieux mobiliser le fragment contenant le cotyle.
Quant à l’ostéotomie-périacétabuloplastie de Ganz, elle n’est pas
réalisable chez l’enfant car elle traverserait le cartilage en Y.
* Acétabuloplasties : ostéotomies de Pemberton et de Dega
Il s’agit d’ostéotomies incomplètes au niveau de l’isthme iliaque avec bascule
du toit du cotyle à la faveur d’une charnière située dans la branche horizontale
du cartilage en Y.
Elles améliorent la couverture de la tête fémorale sans
diminuer la couverture postérieure.
Elles sont indiquées chaque fois que le
cotyle est trop vaste, ovalisé avec un toit très oblique.
* Ostéotomies d’agrandissement du cotyle : ostéotomie de Chiari
L’ostéotomie est immédiatement sus-cotyloïdienne et sera suivie d’une
médialisation du fragment inférieur et de la tête fémorale dont la couverture
externe sera désormais assurée par le fragment supérieur, par l’intermédiaire
de la capsule.
Il s’agit donc en quelque sorte d’une arthroplastie extracapsulaire à réserver à l’adolescent comme solution palliative.
5- Opérations modifiant les axes du col fémoral : ostéotomies fémorales
de dérotation et de varisation
Il s’agit d’ostéotomies sous- ou intertrochantériennes permettant de mieux
orienter le col et la tête du fémur dans le cotyle dans la position du « gardeà-
vous ».
La dérotation diminue l’angle d’antéversion et la varisation, l’angle
cervicodiaphysaire.
Ces ostéotomies ont été en grande partie détrônées par
les ostéotomies pelviennes.
Elles gardent cependant des indications
précieuses dans les cas difficiles et compliqués.
6- Interventions diverses :
– L’arthroplastie de Colonna a été très en vogue jusqu’en 1970.
Elle
consistait à creuser chirurgicalement le cotyle pour y admettre la tête fémorale
et devait être suivie de 6 à 12 mois de rééducation et de traction en centre spécialisé.
Ses résultats à moyen terme sont satisfaisants mais se dégradent à
l’âge adulte.
Elle n’a presque plus aucune indication dans la LCH.
– La butée est une opération simple et sûre chez l’adulte jeune mais elle est
contre-indiquée chez l’enfant à cause des zones de croissance du cotyle au
niveau de l’implantation de la butée.
Elle peut être réalisée à l’adolescence
après ossification complète du cotyle, mais ses résultats semblent moins bons
que ceux obtenus après ostéotomie de Chiari.
D - Indications :
Elles dépendent de l’âge de l’enfant, de sa taille et de son poids, des
constatations cliniques (réductibilité facile, difficile, impossible, rétraction
des adducteurs...) et des renseignements fournis par la radiographie
(importance de l’excentration, de l’ascension, degré de la dysplasie
cotyloïdienne, importance de l’antétorsion fémorale).
1- Chez le nouveau-né
:
En cas de hanche luxée irréductible, éventualité assez exceptionnelle à la
naissance, on peut tenter un traitement par le harnais de Pavlik ou celui de
Scott, mais l’échec est fréquent et l’ostéochondrite en est souvent la rançon.
Une traction dès la période néonatale est habituellement vouée à l’échec car
un enfant de cet âge et de ce poids la supporte difficilement.
Il est donc
préférable de surseoir temporairement à tout traitement et d’attendre l’âge de
3 à 4 mois pour installer une extension continue, suivie d’immobilisation
plâtrée.
* En cas de hanche luxée réductible
:
On est en présence d’une urgence orthopédique.
Le traitement repose
sur le langeage en abduction-flexion très strict, à deux personnes (pour
maintenir la position de réduction pendant qu’on change l’enfant).
Si
nécessaire, l’enfant sera hospitalisé dans un service d’orthopédie pédiatrique
pour les premiers jours du traitement.
On peut également utiliser une culotte non baleinée mais comme pour le langeage, il faut réduire au début la
fréquence des changes et les réaliser à deux personnes.
Chaque fois que les
adducteurs « tirent fort », il faut préférer une méthode plus douce et
progressive comme le harnais de Pavlik.
Quel que soit l’appareillage utilisé,
il faut vérifier par l’examen clinique que la hanche se stabilise, et par l’examen
échographique qu’elle est bien recentrée et stabilisée.
Plusieurs visites de
contrôle seront nécessaires jusqu’au quatrième mois.
À cette date, si
l’évolution est favorable, la posture en abduction sera poursuivie, la nuit
seulement, pendant 2 à 3 mois supplémentaires.
* En cas de hanche luxable ou subluxable (situation fréquente)
:
Le traitement n’est pas indispensable en première intention car beaucoup de
hanches luxables se stabilisent spontanément.
Il est donc conseillé une
surveillance clinique, complétée d’un examen échographique à la fin de la quatrième semaine.
À cet âge, si l’évolution est favorable, la surveillance sera
poursuivie avec une radiographie au quatrième mois.
Si, en revanche,
l’instabilité persiste ou si le déplacement de la tête fémorale sur l’échographie
reste net, il faudra engager un traitement, soit par langeage, soit plutôt par
harnais de Pavlik.
* Hanches jugées dysplasiques à l’échographie mais sans instabilité
:
Elles ne méritent qu’une surveillance clinique et échographique.
* Hanches suspectes et autres types de hanches à risque
:
Elles ne sont pas justiciables du traitement en abduction mais requièrent une
surveillance clinique et échographique puis une radiographie au quatrième
mois.
Que reste-t-il du langeage en abduction systématique de tous les nouveaunés
?
Préconisé dans les années 1970-1975, il n’a pas fait disparaître la LCH
mais il a eu le mérite de faire abandonner les langeages serrés en « quille ».
Il
n’est plus recommandé parce qu’il est illogique et souvent inefficace pour des
luxations méconnues car il réalise un maintien insuffisant et intermittent.
Il
est parfois nuisible car il peut gommer la séméiologie clinique d’une luxation
non reconnue et non recentrée.
Il peut être dangereux et source
d’ostéochondrite, ce qui est inacceptable chez un enfant indemne de toute
affection de hanche.
2- Chez le nourrisson :
À cet âge, le traitement de la luxation et de la subluxation est plus complexe
qu’à la naissance et requiert une réduction progressive de la tête fémorale.
* En cas de luxation irréductible
:
Éventualité encore assez rare à cet âge, on peut tenter un traitement par
harnais de Pavlik mais il semble plus sage d’avoir recours à la traction au
zénith suivie d’immobilisation plâtrée pendant 4 mois, puis d’attelles à
hanches libres à temps partiel pendant plusieurs mois supplémentaires.
* En cas de luxation réductible
:
C’est l’indication typique du harnais de Pavlik.
* En cas de subluxation :
Le défaut de centrage est modéré et se corrige facilement en abduction.
Si
celle-ci est peu limitée, les attelles de Petit avec écartement progressif donnent
de bons résultats. Mais s’il y a une certaine tension des adducteurs, il
faut préférer le harnais de Pavlik pour diminuer les risques d’ostéochondrite.
* En cas de dysplasie cotyloïdienne sans trouble du centrage
:
Il est conseillé une surveillance clinique et radiographique car l’amélioration
spontanée de cette dysplasie cotyloïdienne est fréquente.
3- Chez l’enfant après la marche
:
La chirurgie est presque toujours nécessaire.
En cas de luxation ou de forte subluxation avant l’âge de 5 ans, il faut
toujours préférer la réduction orthopédique lente qui donne de meilleurs
résultats que les réductions opératoires.
La séquence habituelle comporte 3 à
5 semaines de traction continue, un plâtre pelvipédieux pendant 4 à 6
semaines puis une ostéotomie de Salter (parfois associée à une ostéotomie
fémorale de dérotation si l’antétorsion fémorale est très exagérée).
Après cette
ostéotomie qui corrige la dysplasie cotyloïdienne, la poursuite de
l’immobilisation plâtrée pendant 4 mois semble justifiée pour stabiliser
définitivement la hanche et éviter une reluxation.
En cas de luxation ou de forte subluxation entre l’âge de 5 ans et l’âge de 8
ans, le traitement précédemment exposé demeure beaucoup plus difficile à réaliser à cause de sa longueur, de l’importance des poids de traction à mettre
en oeuvre, de la fréquence de l’ostéoporose qui rend la chirurgie
complémentaire un peu aléatoire et enfin du pourcentage non négligeable
d’échecs.
C’est la raison pour laquelle on s’oriente vers un traitement plus court mais
aussi plus agressif, la réduction chirurgicale avec raccourcissement fémoral
(associé ou non à une dérotation) et ostéotomie pelvienne de Salter (ou
ostéotomie triple) en un temps opératoire.
Les suites sont confiées, non
pas au plâtre étant donné le risque de raideur, mais à la traction légère.
Les luxations hautes non appuyées de l’enfant âgé de plus de 8 ans : les cas
bilatéraux doivent être récusés car les complications sont fréquentes et, dans
les meilleurs cas, le remodelage tête-cotyle demeurera imparfait étant donné
l’importance des déformations de la tête fémorale et de la cavité
cotyloïdienne.
En revanche, pour une luxation unilatérale, on peut proposer
le traitement orthopédique.
Les subluxations de découverte récente ou résiduelles d’une LCH traitée dans
la petite enfance répondent très bien à la chirurgie d’emblée : ostéotomie
pelvienne de Salter ou mieux, acétabuloplastie de Dega.
Cependant, il semble
préférable d’attendre l’âge de 4 à 5 ans pour réaliser ces interventions car une subluxation modérée à l’âge de 2 ans peut se corriger parfois spontanément et
aucune aggravation n’est à craindre contrairement à certaines notions
classiques.
Les dysplasies simples sans trouble du centrage sont envisagées de la façon
suivante :
– dysplasie cotyloïdienne isolée : ostéotomie pelvienne de Salter
en attendant l’âge de 4 ou 5 ans ; un peu plus tard, ostéotomie triple et en fin
de croissance, ostéotomie de Chiari ;
– anomalie fémorale isolée :
– si coxa valga isolée, abstention ;
– si hyperantéversion du col, l’ostéotomie fémorale de dérotation n’est
envisagée que pour les cas importants, avec démarche en forte rotation
interne, rarement avant l’âge de 6 ou 7 ans et lorsque l’amplitude passive
de rotation externe est nulle ;
– dysplasie mixte fémorocotyloïdienne.
On a le choix entre une chirurgie
purement fémorale, si l’on privilégie les défauts du fémur, une chirurgie
purement pelvienne, si l’on met l’accent sur la dysplasie cotyloïdienne ou une
chirurgie mixte beaucoup plus lourde si l’on veut corriger tous les défauts ;
notre préférence va à l’ostéotomie pelvienne bilatérale en un temps
opératoire, suivie d’une ablation du plâtre et des broches au 45e jour postopératoire : c’est la solution la moins lourde, la plus esthétique et peutêtre
la meilleure au plan des résultats.
En effet, l’ostéotomie du bassin de Salter semble entraîner une correction secondaire et spontanée des défauts
fémoraux.
Difficultés et complications du traitement
:
Le traitement d’uneLCHest une entreprise difficile dont les différentes étapes
sont semées d’embûches.
Ceci est d’autant plus vrai que l’enfant est plus âgé
et que la luxation a été plus précoce dans la vie intra-utérine.
Les grands
principes du traitement énoncés précédemment doivent toujours être présents
à l’esprit quand on prend en charge un enfant présentant une LCH, même si le
traitement débute à la naissance.
A - Difficultés pour obtenir la réduction, échec de réduction
:
Certaines luxations sont plus difficiles à réduire que d’autres et la position de
recentrage doit donc être adaptée à certains cas.
Il faut penser que la réduction
sera difficile dans les cas suivants : corde des adducteurs, luxation haute, néocotyle très organisé, arrière-fond du cotyle très épais, toit du cotyle très
oblique, voire presque vertical, antétorsion fémorale très forte.
C’est dans ces
cas qu’il faut bien tenir compte des notions anatomiques, savoir augmenter
les poids de traction pour abaisser correctement la tête fémorale, donner
suffisamment de rotation interne au fémur.
Quel que soit l’appareillage, il faut
savoir orienter correctement la tête fémorale vers le cotyle (posture de
recentrage).
Il faut ensuite s’assurer que la tête pénètre bien au fond de la
cavité cotyloïdienne par l’examen clinique et radiographique.
Il faut savoir se
méfier des fausses réductions, soit en arrière du cotyle, soit en bas et en avant.
On pourra s’aider, en cas de doute, de l’échographie chez le tout-petit et du
scanner chez l’enfant plus grand.
En cas d’échec de réduction après une méthode ambulatoire, on s’oriente vers
une réduction chirurgicale après étude arthrographique.
B - Reluxation :
Elle est liée à la méconnaissance d’un ou de plusieurs facteurs : dysplasie
cotyloïdienne insuffisamment corrigée, poche capsulaire non ou
imparfaitement rétractée, antétorsion fémorale considérable.
Si la reluxation
fait suite à un traitement orthopédique et si l’enfant a moins de 1 an, on peut
poursuivre dans cette voie par un traitement plus strict, par exemple attelles
de Petit pour prendre le relais d’un harnais de Pavlik ou nouvelle
immobilisation plâtrée.
Si l’enfant est plus âgé, il est préférable de faire une
réduction chirurgicale ou au moins une capsulorraphie avec correction
simultanée des axes du col et de la dysplasie cotyloïdienne par ostéotomie
fémorale et pelvienne.
Si la reluxation fait suite à une réduction chirurgicale, il faut réintervenir pour
faire ou refaire la résection de la poche capsulaire postérosupérieure et la
capsulorraphie.
C - Subluxation résiduelle
:
En cas de subluxation résiduelle après l’arrêt du traitement, une intervention
chirurgicale peut être nécessaire secondairement vers l’âge de 4 ans
(ostéotomie du bassin).
Il faut savoir attendre cet âge car des améliorations
spontanées sont possibles, en particulier lorsqu’on observe ces subluxations
vers l’âge de 18 mois à 2 ans au moment de l’acquisition de la marche.
D - Fractures du fémur :
Elles ne sont pas exceptionnelles chez un enfant longtemps immobilisé et
plâtré, en particulier à partir de l’âge de la marche.
Il s’agit habituellement de
fractures métaphysaires inférieures du fémur à traiter orthopédiquement.
Parfois, il s’agit de fractures diaphysaires hautes survenant peu après une
ablation prématurée d’un matériel de synthèse (plaque, clou-plaque, visplaque)
ayant servi à fixer une ostéotomie de dérotation ou de varisation.
E - Raideurs de hanche :
Après réduction orthopédique, on n’observe jamais d’enraidissement de la
hanche, même après une longue immobilisation plâtrée, et la kinésithérapie
n’est habituellement pas nécessaire.
Dès qu’il y a eu une capsulorraphie, et a
fortiori une réduction à ciel ouvert avec des gestes intra-articulaires, le risque
de raideur existe et il est d’autant plus grand que l’enfant est plus âgé et a été
plâtré plus longtemps.
Une arthrite subaiguë à bas bruit (à partir de broches
d’ostéotomie pelvienne) a pu favoriser une telle raideur qui confine parfois à
l’ankylose.
En réalité, au bout de 12 à 18 mois d’évolution spontanée, sans
chercher à faire de la rééducation qui semble inefficace, voire nuisible, la
mobilité réapparaît mais la flexion ne dépasse pas souvent 90° et les autres
secteurs de mobilité restent limités.
Ceci peut constituer une séquelle grave
dans certains pays où la position assise en « tailleur » est traditionnelle.
F - Inégalité de longueur des membres inférieurs
:
Si un raccourcissement peut être observé (après une ostéochondrite ou après
un raccourcissement fémoral volontaire), le plus souvent il s’agit d’un
allongement d’un membre lié à la poussée de croissance occasionnée par une
ostéotomie fémorale, plus rarement pelvienne.
G - Différentes variétés d’ostéochondrites
:
Sous ce terme d’ostéochondrite ou d’épiphysite, on entend en réalité toutes
les altérations de l’extrémité supérieure du fémur, ainsi que les troubles
trophiques et les troubles du cartilage de croissance.
Ils doivent tous être pris
en considération car ils peuvent être à l’origine de séquelles morphologiques
ultérieures.
Dans la majorité des cas, l’ostéochondrite est iatrogène et donc la
conséquence du traitement.
Cependant, il y a des cas indiscutables où
l’ostéochondrite préexiste au traitement.
L’ostéochondrite est souvent due à
une cause vasculaire par étirement ou compression des vaisseaux nourriciers
mais aussi à une hyperpression exercée sur la tête fémorale en position de
réduction par le cotyle en raison des tensions musculaires.
L’atteinte épiphysaire peut se traduire par des images de géode, d’amputation partielle,
d’hypertrophie, d’irrégularité des berges ou par des aspects dynamiques
(asymétries des stries de croissance).
L’atteinte du cartilage de croissance est
difficile à prouver au début mais sera jugée en cours d’évolution sur
l’apparition d’une coxa vara, d’un caput valgum (valgus cervicocéphalique),
d’une coxa valga, d’un col bref, d’une ascension du grand trochanter.
Différentes classifications ont été proposées.
La plus pratique est celle de
Robert et Seringe en cinq groupes :
– groupe I, atteinte épiphysaire isolée, de bon pronostic ;
– groupe II, atteinte épiphysométaphysaire externe avec évolution en caput
valgum qui, malgré une chirurgie de réaxation souvent nécessaire, laisse
habituellement des séquelles architecturales avec risque ultérieur d’arthrose ;
– groupe III, atteinte épiphysométaphysaire globale avec perturbation
importante de l’architecture de la hanche ;
– groupe IV, atteinte épiphysométaphysaire interne, source de coxa vara
cervicocéphalique (caput varum) ;
– groupe V, atteinte métaphysaire isolée.
L’absence de lésion épiphysaire
risque de le faire méconnaître.
Les séquelles sont moins graves que dans les
trois groupes précédents mais le col fémoral est très court.
Quel que soit le groupe, en phase d’évolution radiologique de
l’ostéochondrite il n’y a pas de traitement particulier à envisager sauf si la tête
fémorale se découvre.
La suppression de l’appui chez un enfant en âge de
marcher est inutile.
La chirurgie, en revanche, est utile dès que la tête déborde
du cotyle et requiert une ostéotomie pelvienne souvent associée à une
ostéotomie fémorale.
La surveillance radiographique jusqu’en fin de croissance est indispensable
pour tous les enfants traités pour une LCH, qu’ils aient fait ou non une
ostéochondrite, car il peut exister une phase muette et des perturbations
tardives peuvent s’observer.
Enfin, le pronostic à long terme des ostéochondrites postréductionnelles est
toujours réservé, étant donné le risque d’arthrose.
Le dépistage actuel de la LCH repose sur les trois éléments suivants :
– la répétition des examens cliniques dans la période néonatale et
dans les premiers mois de la vie ;
– l’échographie en cas de hanche à risque chez le nouveau-né et le
nourrisson, à la condition que cet examen soit réalisé avec une fiabilité
suffisante ;
– la radiographie du quatrième mois pour les hanches à risque dont le
problème n’a pu être réglé par l’échographie.
Il n’y a pas de traitement univoque de la LCH.
Une attitude logique doit
être de mise pour prendre le moins de risque possible : ne traiter que
les enfants dont l’anomalie de hanche n’est pas susceptible de guérir
spontanément.
En effet, tout traitement intempestif peut entraîner une ostéochondrite.