Anatomie de l’oesophage
:
A - Définition :
L’oesophage est la partie initiale du tube digestif tendue entre le pharynx et
l’estomac.
Ce conduit musculomembraneux à direction longitudinale
transporte les aliments de la cavité pharyngienne à la cavité gastrique au cours
du troisième temps de la déglutition.
Il va traverser successivement la région
cervicale, le médiastin postérieur, le diaphragme et se terminer dans la région
coeliaque.
La direction de l’oesophage est globalement verticale et médiane
dans un plan frontal, épousant les courbures rachidiennes jusqu’au niveau de
l’arc aortique.
L’oesophage est ensuite séparé du plan vertébral par l’aorte.
La
longueur moyenne est de 25 cm : 5 à 6 cm pour l’oesophage cervical, 16 à
18 cm pour la portion thoracique et 3 cm pour le segment abdominal.
Le
transit pharyngo-oesophagien permet de mettre en évidence la présence de
quatre rétrécissements.
Ce sont :
– la jonction pharyngo-oesophagienne, au niveau de C6 ;
– le rétrécissement aortique au niveau de T4, lié à l’empreinte de la crosse de
l’aorte sur la paroi latérale gauche de l’oesophage ;
– le rétrécissement bronchique au niveau de T6, marqué par l’empreinte de
la bronche souche gauche ;
– le rétrécissement diaphragmatique au niveau de T10.
En endoscopie, la jonction pharyngo-oesophagienne est à 15 cm des arcades
dentaires, le rétrécissement aortique à 25 cm, le rétrécissement
diaphragmatique à 35 cm et le cardia à 40 cm.
B - Embryologie :
Au cours de la quatrième semaine, l’embryon va subir un processus complexe
de double plicature, qui va avoir pour effet de transformer le disque
embryonnaire plat en une structure à trois dimensions.
Les contraintes
exercées par la croissance différentielle des différentes portions de l’embryon
sont responsables de cette transformation.
Les bords céphalique, latéraux et
caudal du disque embryonnaire se rapprochent les uns des autres sur la ligne médioventrale.
Les feuillets entoblastique, mésoblastique et ectoblastique
fusionnent alors avec leurs homologues du côté opposé, donnant naissance à
un corps en trois dimensions en forme de poisson.
La fusion sur la ligne
médiane va transformer l’entoblaste embryonnaire plat en un tube intestinal.
Celui-ci présente deux extrémités aveugles : l’intestin antérieur et l’intestin
postérieur, séparés par le futur intestin moyen.
Ce dernier est en
communication avec le sac vitellin.
L’intestin antérieur va être à l’origine de
l’oesophage.
Il va subir un allongement dans le sens antéropostérieur, lié
principalement à son enroulement sur la masse cardiaque.
Au niveau de
l’intestin antérieur, le futur oesophage s’étendra depuis le diverticule
respiratoire apparu à la troisième semaine jusqu’à la dilatation fusiforme de
l’estomac.
L’appareil respiratoire s’ébauche très tôt vers la troisième semaine, sous la
forme d’une gouttière trachéale qui est une émanation de la paroi antérieure
de l’intestin antérieur.
En même temps que se produit la croissance
longitudinale de l’oesophage et de la trachée, la séparation des deux organes
se fait, d’arrière en avant, par la formation progressive d’un septum trachéooesophagien.
La muqueuse et les glandes oesophagiennes proviennent
de l’entoblaste.
La musculeuse est un dérivé mésoblastique.
Pathogénie des malformations de l’oesophage : l’atrésie de l’oesophage serait
secondaire à l’incapacité de l’entoblaste oesophagien à proliférer
suffisamment au cours de la cinquième semaine, pour garder les proportions
en rapport avec l’allongement de l’oesophage.
Les fistules trachéooesophagiennes
seraient dues à une anomalie localisée du mésoblaste.
C - Anatomie descriptive :
1- Structure histologique :
L’oesophage se compose de trois tuniques concentriques et régulièrement
superposées.
La lumière de l’oesophage est bordée par la muqueuse, épaisse
et résistante, constituée par un épithélium pavimenteux stratifié non
kératinisant.
La sous-muqueuse adhère intimement à la muqueuse.
Elle
contient quelques glandes muqueuses, essentiellement au niveau de son tiers
inférieur.
La musculeuse, tunique la plus externe, comprend deux couches :
une circulaire interne et une longitudinale externe.
L’absence de séreuse au
niveau de l’oesophage caractérise cet organe, expliquant les complications de
la perforation.
La structure de l’oesophage présente des différences notables selon ses
portions.
Au niveau cervical, la muqueuse ne contient pas de glandes
sécrétoires et la couche musculaire longitudinale est formée de fibres striées
(la première partie de la déglutition étant sous contrôle volontaire).
Cette
couche est mince mais de bonne qualité et propre à la suture.
Au niveau
thoracique, la musculeuse perd progressivement ses fibres striées.
Au-dessous
de l’arc aortique, elle ne comporte plus que des fibres lisses.
La couche est
alors épaisse mais de moins bonne qualité.
Au niveau de l’oesophage terminal,
la musculeuse est de moins en moins épaisse, au fur et à mesure que l’on se
rapproche du cardia.
La limite entre la muqueuse oesophagienne et gastrique
peut être repérée par une ligne dentelée avec un changement de coloration.
Mais la muqueuse oesophagienne peut contenir de nombreuses hétérotopies
gastriques.
2- OEsophage cervical
:
* Limites
:
L’oesophage cervical fait suite au pharynx au niveau du bord inférieur du
cricoïde, à la hauteur du corps de la sixième vertèbre cervicale.
Il se continue
par l’oesophage thoracique au niveau de l’orifice cranial du thorax, repéré en
avant par le bord supérieur de la fourchette sternale et en arrière par le corps
de la deuxième vertèbre thoracique.
* Jonction pharyngo-oesophagienne :
Elle représente l’extrémité supérieure de l’oesophage.
Les fibres
musculaires longitudinales externes de l’oesophage naissent de la partie
médiane de la face postérieure de la lame du cartilage cricoïde.
Les fibres vont
ensuite avoir un trajet oblique en bas, en dedans et en arrière pour se rejoindre
sur la ligne médiane.
Ces fibres dessinent un V barré en haut par la partie cricopharyngienne du muscle constricteur inférieur du pharynx.
La deuxième
partie de ce muscle, ou partie thyropharyngienne, est formée de fibres qui
naissent de la face externe du cartilage thyroïde.
Elles ont ensuite un trajet
oblique en haut et en arrière pour se rejoindre au niveau du raphé médian
postérieur avec celles du muscle controlatéral.
Entre les deux parties du
muscle constricteur inférieur du pharynx, il existe un point faible fonctionnel
de la paroi musculaire où se produisent les hernies de la muqueuse pharyngée
(diverticule de Zenker).
C’est aussi une zone dangereuse pour l’endoscopie.
Un deuxième triangle de faiblesse, situé entre la partie cricopharyngienne et
les premières fibres musculaires longitudinales de l’oesophage, est
classiquement décrit.
Néanmoins ce triangle a peu d’importance sur le plan
pathologique, car il est comblé par la couche circulaire profonde de
l’oesophage.
* Rapports :
L’oesophage est l’organe le plus profond du cou, en avant du rachis dont il va
suivre la courbure. Ses différents rapports vont être décrits.
+ Dorsalement
:
L’oesophage répond au rachis de C6 à T1.
Il en est séparé, d’avant en arrière,
par l’espace celluleux rétro-oesophagien, l’aponévrose prévertébrale et les
muscles prévertébraux.
L’espace celluleux rétro-oesophagien fait suite à
l’espace rétropharyngien et se continue par l’espace celluleux du médiastin
postérieur.
Dans cet espace, facilement clivable, peuvent s’engager les
diverticules et les fusées des abcès rétropharyngiens.
+ Ventralement :
La face antérieure de l’oesophage est en rapport étroit avec la trachée et le
corps de la thyroïde.
La trachée recouvre la plus grande partie de l’oesophage,
auquel elle est unie par des tractus fibromusculaires, ne laissant libre qu’une étroite bande près du bord gauche.
À ce niveau, se trouve l’angle trachéooesophagien
où chemine le nerf récurrent gauche, entre les branches de
division de l’artère thyroïdienne inférieure gauche.
Au pourtour de ce nerf,
on peut retrouver des ganglions de la chaîne récurrentielle et les parathyroïdes
inférieures gauches.
+ Latéralement
:
Le paquet vasculonerveux principal du cou (artère carotide primitive, veine
jugulaire interne et nerf vague dans l’angle postérieur formé par ces deux
vaisseaux) monte verticalement, latéralement, en dehors de l’oesophage.
Les
lobes latéraux de la glande thyroïde viennent au contact de l’oesophage par
leur bord postéro-interne, le côté gauche étant plus proche que le droit.
À
gauche, le nerf laryngé récurrent est profond, vertical, dans l’angle trachéooesophagien.
Le nerf laryngé récurrent droit est un peu plus à distance du bord
droit de l’oesophage et monte oblique en haut et médialement depuis l’artère subclavière droite.
Les deux nerfs récurrents passent le plus souvent entre les
branches de division de l’artère thyroïdienne et pénètrent dans le larynx sous
le bord inférieur du muscle constricteur inférieur du pharynx.
Tout au long du
trajet, ils sont accompagnés par des ganglions de la chaîne récurrentielle.
Les
branches terminales de l’artère thyroïdienne inférieure longent le bord de
l’oesophage.
Les parathyroïdes, et en particulier les parathyroïdes inférieures,
se trouvent au voisinage immédiat de la terminaison de cette artère.
+ À distance :
Plus superficiellement, on retrouve les plans de couverture fournis par les
éléments de la région sous-hyoïdienne.
Le muscle sterno-cléido-mastoïdien
est étalé dans le dédoublement de l’aponévrose cervicale superficielle et les
muscles omohyoïdien, sterno-cléido-hyoïdien et sternohyoïdien dans le
dédoublement de l’aponévrose moyenne.
Ces muscles sont recouverts par les
muscles peauciers du cou, puis par le tissu cutané.
* Vascularisation et innervation
:
Les artères proviennent de l’artère thyroïdienne inférieure.
Les veines, nombreuses mais de petit calibre, se jettent dans les veines
thyroïdiennes inférieures.
Les lymphatiques se jettent dans les ganglions de
la chaîne récurrentielle.
L’innervation est assurée par des branches des nerfs
récurrents et des sympathiques cervicaux.
3- OEsophage thoracique
:
* Limites :
Organe principal du médiastin postérieur, il fait suite à l’oesophage cervical
au niveau de l’orifice cranial du thorax et se termine au niveau du hiatus
oesophagien.
* Orifice cranial du thorax
:
L’orifice a la forme d’un coeur de carte à jouer, dont la pointe antérieure aurait
été sectionnée.
Le diamètre antéropostérieur est de 5 à 6 cm et le
diamètre transversal de 12 cm.
Il est situé dans un plan oblique en bas et en
avant qui rejoint en arrière le corps de la deuxième vertèbre thoracique et en
avant le bord supérieur du sternum.
Latéralement, cet orifice est fermé par la
première côte.
L’oesophage appartient à la région médiane de l’orifice. Il en
est l’élément le plus postérieur et dévie vers la gauche.
En avant de lui, la
trachée reste médiane.
Le plan artériel encadre latéralement la trachée : à
droite le tronc artériel brachiocéphalique et à gauche la carotide primitive.
Le
plan veineux, constitué par les troncs veineux brachiocéphaliques, est situé
en avant du plan artériel.
Le canal thoracique émerge du thorax en arrière de
la sous-clavière gauche, et se porte en avant vers le confluent jugulo-sousclavier
gauche, en croisant le bord gauche de l’oesophage.
Le nerf vague droit
croise obliquement le tronc artériel brachiocéphalique après avoir donné
naissance au récurrent autour de la sous-clavière, puis s’accole à la face
latérale de la trachée.
Le nerf vague gauche est satellite de l’artère carotide
primitive et va rejoindre l’arc aortique où il donne naissance au nerf récurrent
gauche qui monte dans l’angle dièdre trachéo-oesophagien.
* Rapports
:
Le croisement de l’oesophage avec la crosse de l’azygos et l’arc aortique
permet d’individualiser trois étages.
+ Étage supérieur ou sus-azygo-aortique (T3)
:
L’oesophage répond :
– dorsalement : au corps de la vertèbre T3, tapissée par le muscle long du cou
et l’aponévrose prévertébrale.
Il est séparé du rachis par un espace celluleux
virtuel, prolongement de l’espace rétro-oesophagien cervical ;
– ventralement : à la face postérieure de la trachée, à laquelle il est rattaché
par un tissu cellulaire dense où s’individualisent de fins tractus
musculoélastiques.
Le bord gauche de l’oesophage déborde la trachée et forme
l’angle trachéo-oesophagien dans lequel chemine le nerf récurrent gauche et
la chaîne lymphatique paratrachéale gauche.
Tous ces éléments, avec la
chaîne lymphatique paratrachéale droite, sont contenus dans une même gaine
viscérale.
Plus en avant, le tronc artériel brachiocéphalique et l’artère carotide
commune gauche encadrent la trachée ;
– latéralement à gauche et d’arrière en avant : au conduit thoracique, à
l’artère sous-clavière gauche, à l’artère carotide primitive gauche longée par
le nerf vague gauche.
Tous ces éléments sont croisés transversalement par la
veine intercostale supérieure gauche qui va se jeter dans le tronc veineux
brachiocéphalique gauche.
La plèvre médiastinale va tapisser étroitement
tous ces éléments ;
– latéralement à droite : à la plèvre médiastinale qui moule la face latérale
droite de la trachée et le bord droit de l’oesophage.
À ce niveau, le nerf vague
droit croise latéralement la trachée.
+ Étage moyen ou inter-azygo-aortique (T4)
:
L’oesophage répond :
– dorsalement : au plan prévertébral sur lequel cheminent le conduit
thoracique, l’artère bronchique droite et les premières artères intercostales ;
– ventralement : à la trachée et la bifurcation trachéale nettement déviée à
droite, au nerf récurrent gauche et à la chaîne lymphatique qui l’accompagne ;
– latéralement et à gauche : à l’arc aortique dans son segment horizontal qui
croise le flanc gauche de l’oesophage.
Elle donne à ce niveau les artères
bronchiques d’où naissent des branches à destinée oesophagienne.
Le nerf
vague gauche croise la face gauche de l’aorte.
C’est à ce niveau que naît le
nerf récurrent gauche ;
– latéralement et à droite : à la crosse de la veine azygos, surplombée par un
noeud lymphatique.
Le nerf vague droit est plaqué par l’azygos contre la face
latérale de l’oesophage.
+ Étage inférieur ou sous-azygo-aortique (T9)
:
À ce niveau, l’oesophage est accompagné par les nerfs vagues.
Le droit vient
se placer sur le bord droit de l’oesophage avant de glisser sur sa face dorsale.
Quant au gauche, il se place sur sa face ventrale.
L’oesophage répond :
– ventralement et de haut en bas : à la face postérieure de la bronche
principale gauche, puis à la face postérieure du péricarde et du sinus oblique
qui le sépare de l’atrium gauche.
Enfin, plus bas, il répond à la partie oblique
du diaphragme dans lequel il va s’engager ;
– dorsalement : l’aorte thoracique descendante tend à se placer
progressivement en arrière de l’oesophage.
La veine azygos monte
verticalement devant le rachis légèrement à droite ou sur la ligne médiane.
Le
conduit thoracique monte en traçant la bissectrice entre ces deux vaisseaux ;
– latéralement, à droite et à gauche : ce sont directement les plèvres médiastinales, en arrière du ligament pulmonaire.
* Orifice diaphragmatique oesophagien
:
Le passage de l’oesophage du médiastin à l’abdomen se fait lors de la traversée
du diaphragme au niveau de T10.
Il passe par un véritable canal de 5 cm de
long, comprenant un étage supérieur purement musculaire de 2,5 cm de haut
et un étage inférieur en forme de gouttière à concavité antérieure, fermée en
avant par la membrane phréno-oesophagienne et le lobe gauche du foie.
Cet
orifice, de forme ovalaire, situé à gauche de la ligne médiane, livre passage à
l’oesophage et aux deux nerfs vagues.
Les parois du canal sont constituées par
des fibres provenant principalement du pilier droit du diaphragme.
Ce
pilier se divise en deux faisceaux.
L’un, ventral et droit, forme la limite droite
du canal et se termine sur le bord dorsal du centre phrénique.
L’autre, dorsal
et gauche, croise la face postérieure et gauche de l’oesophage pour former la
limite gauche du canal.
L’orifice oesophagien est mobile en hauteur avec la
respiration (l’amplitude du mouvement correspondant à la hauteur d’une
vertèbre).
Le diaphragme coulisse autour de l’oesophage par l’intermédiaire
d’une gaine en forme de double cône réuni par sa base.
Les piliers du
diaphragme forment un véritable sphincter physiologique extrinsèque qui
joue un rôle important dans la continence gastro-oesophagienne.
* Vascularisation et innervation :
+ Artères :
La zone du croisement oesophagoaortique est richement vascularisée.
L’artère oesophagotrachéale antérieure issue du segment initial de l’aorte
thoracique descendante chemine le long du bord gauche de l’oesophage.
L’artère du croisement aortique, collatérale directe de l’aorte ou collatérale
d’une artère bronchique, fixe l’oesophage à la face postérodroite de l’arc
aortique.
Ces artères s’anastomosent avec des rameaux issus des artères
bronchiques droites et gauches.
Le segment oesophagien sous-jacent est vascularisé, principalement par des
artères oesophagiennes propres et quelques rameaux d’origine intercostale.
Les artères oesophagiennes propres sont au nombre de deux.
La petite
oesophagienne naît de la face antérieure de l’aorte descendante à hauteur de
T6-T7.
Elle chemine sur la face postérieure de l’oesophage.
La grande
oesophagienne naît plus bas, à hauteur de T7-T8, et longe la face postérieure
de l’oesophage.
La zone immédiatement sus-diaphragmatique est la moins bien irriguée.
+ Veines :
Elles naissent d’un plexus sous-muqueux très développé et d’un plexus
périoesophagien, surtout important dans le tiers inférieur de l’oesophage.
Elles
rejoignent les veines adjacentes, les veines azygos et les veines thyroïdiennes
inférieures.
Il existe donc des anastomoses veineuses faisant communiquer
les systèmes porte et cave.
En cas d’hypertension portale, ces anastomoses
sont à l’origine de varices oesophagiennes.
+ Lymphatiques
:
Deux réseaux d’origine muqueuse et musculaire se drainent vers des troncs
collecteurs qui gagnent les noeuds lymphatiques périoesophagiens, médiastinaux postérieurs puis trachéobronchiques inférieurs et le conduit
thoracique.
Le drainage descendant se fait par la région coeliaque.
+ Innervation :
Elle est assurée par les nerfs vagues et le sympathique.
Les nerfs viscéraux
d’origine sympathique sont en relation avec le centre primaire médullaire
situé de T2 à T7.
Les nerfs vagues forment un plexus périoesophagien dans la partie sousaortique
de l’oesophage thoracique.
À la partie inférieure, ce plexus se
transforme en un tronc postérieur à destinée abdominale, et en un ou plusieurs
troncs antérieurs à destinée gastrohépatique.
4- OEsophage abdominal :
Il mesure de 2 à 4 cm.
Situé au niveau de T11, sa direction est
globalement oblique en bas et à gauche.
Il se termine par le cardia.
*
Rapports :
+ Dorsalement :
Il repose directement sur le pilier gauche du
diaphragme traversé par le nerf vague droit.
+ Ventralement :
Il est recouvert par le péritoine, sous lequel descend le nerf vague gauche.
Par
l’intermédiaire du péritoine, il répond à la face dorsale du lobe gauche du foie.
+ Latéralement à droite :
Il répond au bord gauche de la partie craniale du petit omentum et ses deux
feuillets.
+ Latéralement à gauche :
Il répond, dans sa partie craniale, au ligament triangulaire gauche du foie.
* Vascularisation et innervation :
+ Artères :
L’irrigation est assurée par les rameaux oeso-cardio-tubérositaires issus de
l’artère coronaire stomachique.
Ces rameaux peuvent s’anastomoser avec des
branches issues de l’artère splénique ou diaphragmatique inférieure.
Les plexus veineux se drainent vers la veine coronaire stomachique.
+ Lymphatiques
:
Les ganglions para-oesophagiens vont se drainer vers les ganglions
coronaires, spléniques, mais aussi intertrachéobronchiques.
+ Innervation :
Elle est aussi assurée par les nerfs vagues et le sympathique.
Physiologie de l’oesophage
:
L’oesophage est un conduit musculeux permettant la traversée des aliments à
travers le thorax, du pharynx à l’estomac.
A - Physiologie du sphincter supérieur oesophagien
:
Le sphincter supérieur oesophagien (SSO), musculaire strié, correspond à une
zone de haute pression entre le pharynx et le corps de l’oesophage.
1- Méthodes d’étude :
Les méthodes électromyographiques permettent d’étudier les phénomènes
rapides de contractions, la coordination pharyngo-oesophagienne et de
quantifier la contraction.
La manométrie peut enregistrer les variations de
pression et leur cinétique.
L’étude de la déglutition par radiocinéma, ou par
techniques isotopiques, identifie les asynchronismes pharyngo-oesophagiens
mais ne permet aucune étude des pressions ou des forces de contraction.
2- SSO au repos
:
En dehors des déglutitions, il demeure fermé et prévient l’entrée d’air dans
l’oesophage lors des inspirations.
Les pressions sont plus élevées en avant
qu’en arrière, mais surtout les pressions mesurées dans le sens latéral sont
trois fois plus faibles que les pressions mesurées dans le sens antéropostérieur.
La pression est de l’ordre de 100 mmHg.
Elle est due à la contraction du
muscle cricopharyngien et du muscle constricteur inférieur du pharynx.
Cette
pression peut être modifiée par certains phénomènes oesophagiens sousjacents
: présence d’acide dans l’oesophage, distension gazeuse.
3- SSO lors des mouvements de déglutition
:
Après la projection volontaire du bol alimentaire en arrière par la contraction
linguale contre la paroi pharyngée postérieure, on observe successivement
l’apparition de contractions pharyngées, la suspension du cycle respiratoire,
la fermeture des voies aériennes (nasopharynx et larynx) et l’ouverture du
SSO.
La déglutition n’aura duré que 1 seconde, dont 0,7 seconde pour la
traversée du SSO.
À la fin de la relaxation, il existe une hypertonie transitoire
qui correspond à une reprise de la contraction des muscles sphinctériens et à
l’apparition du péristaltisme dans l’oesophage supérieur.
4- Contrôle :
La pression de repos du SSO est due à l’activité des branches nerveuses
efférentes du nerf vague.
La transmission neuromusculaire est à médiation
cholinergique.
Lorsque le bolus alimentaire touche la paroi postérieure du pharynx ou le
voile du palais, il induit une déglutition qui s’accompagne d’un relâchement
réflexe du SSO.
La relaxation du SSO débute avant la contraction pharyngée.
La distension de la paroi oesophagienne par un liquide ou un solide entraîne
une augmentation de pression du SSO.
La distension de la paroi par un gaz est
responsable d’une relaxation, cette réponse expliquant le phénomène
d’éructation.
La présence d’acide dans l’oesophage ou l’inspiration
augmentent la pression de repos du SSO.
B - Physiologie du corps de l’oesophage :
1- Méthodes d’étude :
La manométrie est l’examen de choix pour étudier la fonction motrice du
corps de l’oesophage.
2- Étude au repos :
En l’absence de déglutition, il existe une pression intraluminale négative
d’environ - 10 mmHg par rapport à la pression atmosphérique, reflétant la
pression intrapleurale.
Cette pression augmente à l’expiration et diminue à
l’inspiration.
À l’opposé des autres muscles lisses digestifs, l’oesophage ne
présente pas d’activité myogène autonome.
3- Péristaltisme primaire :
La déglutition entraîne la propagation d’une onde contractile depuis le
pharynx jusqu’au corps de l’oesophage, passant ainsi de la musculature striée
à la musculature lisse.
Le passage de cette onde oblitère la lumière sur environ
5 cm dans l’oesophage supérieur, et 10 cm dans l’oesophage inférieur.
L’amplitude de l’onde de contraction varie selon l’étage oesophagien.
Elle est
maximale dans l’oesophage distal (70 mmHg), minimale dans l’oesophage
médian (35 mmHg) et moyenne dans l’oesophage supérieur (53 mmHg).
L’onde péristaltique atteint le sphincter inférieur de l’oesophage en moins de
6 secondes.
4- Péristaltisme secondaire
:
Ce péristaltisme est induit par une distension oesophagienne.
Il n’est donc pas
associé à un péristaltisme pharyngien ou à une relaxation du SSO.
Ces ondes
naissent au-dessus du site de distension et créent une force de propulsion de
haut en bas.
Elles persistent aussi longtemps qu’un aliment séjourne dans
l’oesophage.
Le rôle du péristaltisme secondaire serait de poursuivre le travail
du péristaltisme primaire.
5- Origine et contrôle des phénomènes moteurs
:
Le mécanisme de contrôle le plus important est le contrôle nerveux.
Le
péristaltisme primaire est induit par un arc réflexe dont l’origine se situe au
niveau du pharynx, et qui intéresse le centre de la déglutition.
Les fibres
efférentes empruntent le nerf vague et mettent en jeu des récepteurs muscariniques.
Dans le cas du péristaltisme secondaire, le déclenchement n’est pas vagal,
mais fait intervenir des réflexes locaux intéressant les plexus intramuraux.
Le contenu intraluminal module l’activité oesophagienne par l’intermédiaire
de mécano- et chémorécepteurs.
Au niveau du muscle lisse, la distension est
capable d’induire une contraction péristaltique réflexe, d’amplitude liée à
celle de la distension.
L’amplitude des contractions induites par la déglutition
de bolus chauds est plus importante que celle induite par des bolus froids.
Les bolus solides induisent une contraction supérieure à celle des bolus liquides.
Le pH du bolus alimentaire modifie également l’activité motrice
oesophagienne.
C - Physiologie du sphincter inférieur de l’oesophage
:
1- Méthodes d’étude :
La manométrie est le meilleur examen pour étudier le sphincter inférieur de
l’oesophage (SIO).
2- Étude au repos
:
La zone de résistance de la jonction oesogastrique mesure, en manométrie,
2 à 4 cm de long.
Le maintien du tonus de base est essentiellement d’origine
myogène.
Il s’agit d’une tension permanente et intrinsèque.
3- Étude après déglutition :
Le SIO présente une relaxation pendant toute la durée de la déglutition.
Le bolus alimentaire peut ainsi passer dans l’estomac.
La relaxation débute avec
le début de la déglutition, ou quelques secondes après.
4- Contrôle :
Le contrôle de la pression du SIO au repos est modifié par certains facteurs
nerveux et humoraux.
La relaxation du SIO est un phénomène
neurogénique dû à l’innervation vagale.
Les filets nerveux s’articulent avec
des neurones inhibiteurs non cholinergiques, non adrénergiques.
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