Introduction
:
La rééducation vasculaire englobe les pathologies artérielles,
veineuses, lymphatiques et leurs complications.
Vaste, ce sujet
est généralement subdivisé en deux : les pathologies artérielles et
veineuses d’un côté ; les pathologies lymphatiques et les oedèmes
de l’autre.
Cette présentation se limite au premier domaine artériel
et veineux.
Artériopathies
:
A - ARTÉRIOPATHIE OBLITÉRANTE
:
Inévitablement intriqués, les objectifs de la rééducation peuvent
être synthétisés dans un acronyme qui en représente autant le point
cardinal qu’une exhortation : MARCHE avec M pour Motiver, A
pour améliorer les capacités physiques, R pour revalidation suite à
une intervention, C pour calmer les douleurs, H pour
hémodétournement et E pour éduquer.
1- Motiver
:
Motiver un accroissement de l’activité physique est, dès le départ,
une démarche difficile à assurer.
Pour certains, la régression des
premiers symptômes fournit le prétexte à surseoir la prise en
charge de la maladie.
La sédentarité pousse d’autres patients dans
le refuge de la pharmacopée.
Pour d’autres encore, la « guérison »,
réalisée par l’angioplastie, perpétue le sentiment de suffisance
thérapeutique.
2- Améliorer les capacités physiques
:
Quoique apparemment paradoxal, lorsque la douleur survient à
l’effort physique, le réentraînement à la marche demeure le plus
efficace des reconditionnements.
À défaut d’un tapis
roulant, le malade choisit un parcours extérieur à effectuer tous les
jours, en s’arrêtant à l’apparition de la gêne.
Sur la journée, ce
réentraînement tend à atteindre au moins 60 minutes en une ou
plusieurs séquences à une vitesse confortable.
Si la claudication est
plus sévère (< 500 m) la marche est limitée à 70 % de la gêne.
En
fin de journée, le patient doit avoir parcouru près de 1 km.
Régulièrement, un test détermine la restriction des capacités de
marche (mètres parcourus) au moment d’apparition de la première
gêne ainsi que de l’arrêt. Sa motivation est notée tout comme la
localisation, le type des symptômes et le temps de sédation.
Ceci
sert de base comparative, de critères d’efficacité et de guide de la
rééducation.
La déficience artérielle est approchée en couplant
l’observation de l’ampleur de la chute du paramètre vasculaire
considéré au retard de la récupération suite au test physique, par
garrot ou mixte.
Ceci documente l’évolution favorable spontanée
par adaptation du lit collatéral et le suivi d’une intervention.
Le
caractère du vécu de la gêne est encore décrit.
L’évaluation tient
enfin compte du préjudice personnel et des répercussions
« socioprofessionnelles ». L’ensemble de ce bilan approche alors la
notion de handicap consécutif à une ischémie artérielle à l’effort.
De nombreux protocoles d’exercices peuvent être établis, mais la
stratégie consensuelle est, ici encore, d’augmenter la capacité
aérobie par un travail d’endurance : effort limité à
une fraction des possibilités maximales (70-75 %).
Par répétition de
tests, l’effort est graduellement allongé ou monté en puissance.
La
séance est subdivisée en trois parts égales.
Les phases de travail
alternent avec des périodes de repos durant lesquelles des
méthodes passives sont utilisées.
3- Rééducation encadrant une intervention
:
À l’hospitalisation, une rééducation respiratoire peut être indiquée
lors d’altération préexistante de la fonction ventilatoire.
En complément, l’éducation au drainage bronchique et à la toux est
assurée avant toute chirurgie abdominale.
Les suites de
l’intervention sont dominées par quatre objectifs :
désencombrement bronchique (1-2e jour) et récupération de la
fonction respiratoire, prévention des thromboses veineuses
profondes (10e jour ou marche autonome), réduction de l’oedème
et mobilisation des articulations proches de la cicatrice et des
drains de Redon.
Sitôt le lever permis, le travail recrute les
masses musculaires importantes en aval de la revascularisation.
L’effort est augmenté par paliers progressifs, tout en restant
endurant.
L’activation des deux membres est préférée en présence
de toute bilatéralité de l’atteinte artérielle ou d’un pontage fémorofémoral.
Le côté « sain » est également une préoccupation
chez l’amputé artériel.
Du point de vue fonctionnel, le
handicap reste minime tant que l’appui talonnier est conservé ; la
marche pouvant toujours être assurée sans appareillage.
En plus
de savoir chausser ou déchausser une prothèse, l’amputé de cuisse
ou de jambe doit apprendre à assurer une nouvelle autonomie : de
transfert, en chaise roulante, à la marche unipodale et appareillée,
en terrain sécurisé et accidenté.
Enfin, le retour au domicile est à
précéder par l’adaptation de son environnement.
4- Calmer les douleurs
:
Le surpassement du phénomène crampiforme n’est pas à
rechercher tant il ne permet pas d’améliorer les performances.
Quand la douleur devient insomnieuse, l’oedème est à aborder
prioritairement.
À défaut d’un drainage postural, un léger bandage
multicouche sous-poplité peut être utilisé.
Il doit être
prudemment placé par un personnel expérimenté travaillant sous
contrôle instrumental (doppler, laser doppler).
La réduction de
l’oedème est également recherchée par un drainage manuel ou
pneumatique locorégional.
Un prudent mouvement de meule peut
encore être centré sur les zones d’appui et de déshabitation
talonnière.
L’hypoxie tissulaire peut être réduite par une
oxygénothérapie hyperbare ou des séances d’inhalation nasale
d’oxygène.
Des exercices
légers y sont associés. Dans les limites du possible, il faut
apprendre à utiliser les aides techniques (cannes, tribune, chaise
roulante) et réduire le risque d’aggravation par confinement dans
l’inactivité.
Les extrémités
doivent bénéficier d’une stricte vigilance de tout instant, qui doit
être assurée par le patient comme par l’ensemble de l’entourage
thérapeutique ou familial.
Enfin, la
ténacité des douleurs ne doit en rien restreindre l’entretien de la
mobilité articulaire afin de limiter l’amputation lorsque toutes les
autres possibilités de sauvetage auront été épuisées.
5- Hémodétournement
:
Dans les stades ultimes, le protocole cherche à amoindrir la
sollicitation métabolique locale par un transfert du travail vers des
muscles sus-jacents à l’ischémie : réduire le déroulement du pas
par légère surélévation des talons des chaussures, abaisser quelque
peu la selle du vélo et placer le talon sur la pédale.
Une
augmentation d’apport sanguin en périphérie est aussi recherchée
par drainage postural, ou par dérivation du sang d’une zone
préservée vers la zone ischémiée.
Cet hémodétournement
représente une approche supplétive assez simple à obtenir par
exercices analytiques cruraux pour l’essentiel, et par compression
(manuelle, pneumatique ou par bandes multicouches) suspendue
à la cuisse ou au mollet.
6- Éduquer
:
Après la phase de récupération des capacités physiques, les séances
sont espacées puis font une pause.
En intercalaire, une phase de
maintien est intégrée au schéma éducatif.
Concernant la marche,
cet entretien trouve son justificatif dans le caractère transitoire de
l’amélioration : en près de 15 jours d’inactivité, les capacités
physiques régressent.
En fonction des contraintes journalières ou
professionnelles, les promenades vélocipédiques sont également
encouragées.
À défaut, un vélo d’intérieur permet de réduire
l’envie de pause ou d’abandon.
La natation, l’aquagym sont
d’excellents moyens de diversifications du programme.
Éduquer l’artériopathe, c’est aussi contribuer à la stabilisation de
la maladie, de ses répercutions multifocales et de ses complications.
Éduquer, c’est encore prendre en charge les facteurs de risque, avec
principalement le tabagisme.
Pour la rééducation, cette
intoxication conduit à l’enseignement d’un désencombrement
bronchique, et de l’accroissement de la fonction respiratoire par
une ventilation dirigée.
En termes de correction de l’obésité, le
(ré)équilibrage du régime alimentaire est éventuellement complété
par une tonification de la sangle abdominale.
Éduquer module
enfin la rééducation en fonction des répercussions liées aux
pathologies associées.
Ces limites, couplées aux différents stades
ou handicaps de la maladie, rendent une association, une « classe »
d’artériopathes difficile à réaliser.
Toutefois, des exercices réalisés
en groupe peuvent produire un effet d’émulation non seulement
vis-à-vis de la réadaptation à l’effort, mais également vis-à-vis de
la correction des habitudes de vie.
B - ARTÉRIOPATHIE SPASMODIQUE
:
En présence de spasmes passagers artériolocapillaires, toute
exposition aux sources des orages spastiques est déconseillée.
De
grands écarts thermiques (bains alternés chaud-froid) sont
également à éviter.
L’encadrement relativement restreint
s’articule autour des causes de déclenchement.
La première
approche vise à développer un réflexe involontaire en plaçant la
personne dans un environnement froid alors que les extrémités
sont protégées par un enveloppement de fango
(3 ´ 10 min/séance), par immersion dans une bassine d’eau
chaude.
La séance trihebdomadaire est répétée durant
3 semaines.
La seconde approche tente de réduire l’hyperactivité
du tonus sympathique : un brassard de tensiomètre est gonflé audessus
de la pression systolique durant 1 minute.
L’hyperémie
réactionnelle est alors stimulée par le lent pompage de la main
durant le garrot.
Ceci est répété par trois fois sur la séance.
Ces
séances sont répétées cinq fois durant une semaine. Entre chacune
de ces étapes, la séance peut être complétée par de la relaxation,
avec prise de conscience et atténuation des circonstances
particulières du déclenchement des poussées paroxystiques.
Dans
la mesure où l’élément spastique n’endommage pas directement la
paroi artériolaire, on peut attendre une réponse favorable d’un
massage réflexe. Si ces techniques estompent, transitoirement, les
symptômes, un autotraitement est rapidement enseigné.
Un
renouvellement de quelques séances est à envisager peu avant les
périodes à risque.
C - COMPRESSION ARTÉRIELLE
:
La rééducation peut, à elle seule, résoudre un certain nombre de
compressions artérielles en poursuivant deux principes simples.
Le premier est d’éviter la répétition de la compression vasculonerveuse.
Au contraire, il faut rechercher, par palpation du
pouls radial, les mouvements correcteurs et les apprendre au
patient.
Le second principe est de ne jamais réaliser une
musculation dans la mesure où la compression résulte d’un
développement musculaire acquis ou que les muscles sollicités
réalisent la fermeture du défilé.
La majoration de la
symptomatologie, l’absence de bénéfice significatif (après 1-2 mois)
ou l’apparition de complication entraînent la suspension de la
rééducation.
Si les plaintes sensitives régressent rapidement (1-
2 semaines), si les douleurs s’estompent, les séances sont
poursuivies en s’espaçant progressivement jusqu’au 3e mois.
En
plus, une autorééducation est enseignée.
La poursuite de
l’implication du patient et de la réalisation régulière des exercices
de correction de la statique posturale peut amener à un suivi
ponctuel au cours de l’année suivante.
Dans d’autres cas, la rééducation suit la libération chirurgicale ou
la restauration de la perméabilité ou une reconstruction vasculaire.
Les objectifs comprennent la récupération
progressive de la mobilité des articulations concernées et du
déséquilibre musculaire secondaire (« aile d’ange »).
Le programme
se limite habituellement à la période postopératoire initiale
(± 10 jours).
Phlébopathies
:
La stase est un mot lourd de conséquences rémanentes dans les
insuffisances veineuses chroniques (IVC), et peut résumer les mots
directeurs de la rééducation : soutien, traitement, assiduité,
surveillance et entretien.
A - SOUTIEN
:
Bandage et bas s’imposent dans la mesure où le déficit est
chronique et que des phénomènes de lourdeur ou de douleur sont
rapportés.
Leur but premier est la diminution du calibre veineux,
ce qui réduit le potentiel de migration du caillot initial, la distensibilité ou la distension du réseau veineux.
Outre la
réduction du volume sanguin, le port d’un soutien diminue la stase
et, par là, le risque d’une hyperviscosité et d’une
hémoconcentration thromboligènes.
En second, vient la réduction
du reflux.
En troisième lieu, le soutien doit augmenter la pression
tissulaire afin de réduire la production d’oedème, en favoriser la
résorption et le drainage.
Les bandes sont posées à partir de la racine des orteils jusqu’à la
limite frontale du déficit ou jusqu’à la tête du péroné.
Le bandage
est monocouche surtout à double structure, ou parfois
multicouche.
Durant la phase de traitement, les bandes sont plus
utilisées.
Durant la phase de stabilisation et d’entretien, les bas
prennent le relais.
La pression est toujours dégressive à partir du
pied. Le choix de la classe de compression se base sur la clinique
et/ou la mesure de la pression ambulatoire.
La confection de série
permet de répondre à la majorité des demandes.
La mise en place
présente, pour certains, quelques difficultés, qui peuvent être
résolues par une aide technique ou d’une tierce personne.
Dans
certains cas, les bas de classes supérieures sont remplacés par la
superposition de deux bas de classe inférieure.
Le textile reste à allongement moyen (compression) aussi
longtemps qu’il n’y a pas d’oedème ; auquel cas, le potentiel
d’allongement est réduit (contention à allongement court,
superposition de bandes ou de bas compressifs).
Ceci donne au
montage un effet proche de l’aponévrose musculaire, ce qui
potentialise la vidange veineuse produite par chaque systole
musculaire.
Le choix se portera sur des textures ne perdant pas
trop rapidement leurs propriétés.
Toute intolérance au bas doit
bénéficier de « petites touches » d’ajustements.
Dans les formes
anciennes avec une peau très fragile avec troubles trophiques, la
production d’allergie au latex est évitée en recouvrant la peau par
un textile en coton, une bande de gaze ou une enveloppe ouatée.
B - TRAITEMENT
:
Les objectifs du port d’un soutien résument également les grandes
lignes de l’intervention de la rééducation.
Celle-ci dispose d’un
arsenal assez vaste pour articuler la démarche autour de quatre
pôles principaux : prophylaxie des thromboses veineuses
profondes, correction des anomalies fonctionnelles, soulagement
des symptômes et diminution des manifestations cliniques.
1- Prophylaxie des thromboses veineuses profondes
(TVP)
:
En fonction des risques, la prophylaxie médicamenteuse peut être
associée à de nombreuses mesures mécaniques.
La combinaison
du port nycthéméral de bas à faible compression et du drainage
postural fait partie de la routine médicale tant elles sont simples à
l’emploi et démunies d’effets indésirables.
Néanmoins, il faut y
associer un élément moteur rythmique.
Dans la mesure où l’origine
surale est fréquente, les différentes approches vont centrer leur
action sur le mollet (massage, pressothérapie intermittente) ou sur
la dorsiflexion (exercices).
Lorsque le risque de TVP existe, le
danger d’hémorragie postopératoire limite parfois
l’héparinothérapie, la pressothérapie est alors l’alternative
substitutive de choix.
Elle est le plus souvent entreprise avant
l’intervention : à partir du 14e jour préopératoire dans les cas à
risque élevé, ou la nuit précédente dans les cas à risque modéré.
Son utilisation peropératoire est fortement recommandée,
spécialement lorsque le risque est élevé.
Les applications sont
d’abord longues (2 à 3 heures, 3 à 4 fois par jour), puis
progressivement raccourcies.
Ensuite, une seule séance quotidienne
(30 minutes) suffit.
L’interruption est décidée une fois le risque
dépassé (j + 10) ou l’indépendance ambulatoire réobtenue.
2- Correction des anomalies fonctionnelles
:
Du protocole de rééducation sont écartés ou réduits toutes les
manoeuvres et les à-coups hyperpresseurs pouvant produire un
reflux et accentuer la distensibilité veineuse.
Sont également
exclues toutes sources de distension et d’augmentation du volume
sanguin à drainer.
Pour assurer la vidange de la réserve surale, le
mouvement doit être excentrique : dorsiflexion de la cheville.
Avec
la marche, la sollicitation de la pompe surale est obtenue en
recommandant de porter des chaussures à talon bas, de dérouler
le pied au sol et de le relever lors du passage du pas.
La marche
doit être réalisée à une vitesse de confort.
Elle doit être soutenue :
la chute de la pression veineuse maximale ne s’obtient qu’après le
7-10e pas.
Elle doit être répétée régulièrement : à l’arrêt, le retour
aux pressions initiales se fait en moins de 1 minute.
Avec le vélo, il
faut veiller à placer la pointe du pied sur la pédale, et s’assurer
que la hauteur de la selle permette la dorsiflexion optimale de la
cheville au zénith du pédalier.
Face à une compression veineuse
par anomalie anatomique, la répétition de la compression est à
éviter.
La détente de la zone compressive est cherchée par des
postures d’ouverture (étirement progressif sans insistance ou
saccade), un massage décontracturant, la relaxation.
Toute TVP suspectée ou confirmée doit entraîner la suspension
immédiate de la rééducation. Elle est reprise sitôt le risque de
migration du caillot écarté.
Une technique particulière de
désorganisation manuelle du thrombus peut être envisagée si la
réalisation peut être assurée sous surveillance échodoppler,
médicale et par un personnel formé.
Dans les suites immédiates,
le protocole comprend des exercices respiratoires, surtout après
embolie pulmonaire. Avec une TVP centrale ou médiale
persistante, l’hyperpression veineuse (surtout durant les 6 premiers
mois) est à réduire et à compenser par une élévation de la
compression instrumentale (bandes, bas), mécanique
(pressothérapie intermittente) ou manuelle (massages).
Cette
majoration de compression est limitée à la seule zone en amont de
la portion frontale de la TVP.
En aval, il faut, au contraire, éliminer
toute source d’entrave des voies de dérivation.
3- Soulagement des symptômes
:
Lourdeurs, pesanteurs, fatigabilité, claudication veineuse ou
crampes, désagréables sensations grouillantes des jambes
impatientes (peu spécifiques des IVC) peuvent être calmées,
transitoirement, par un drainage postural, une activité modérée ou
la correction d’une hypocinésie.
Un soulagement est encore obtenu
par l’hydrothérapie.
4- Diminution des manifestations cliniques
:
L’intervention du rééducateur se fait toujours avec douceur et
précaution sur un réseau capillaire cutané fragilisé.
Le
débordement des capacités lymphatiques est amélioré par un
drainage manuel couplé ou non à une compression par bandage.
Ceci gagne à être complété par une pressothérapie intermittente :
la pression joue ici le rôle de frein au débordement ; l’intermittence de la pression ainsi que la progression séquentielle de la vague de
pression centripète assurent le drainage.
L’efficacité de la
décongestion est régulièrement testée non seulement par la
consistance (palpation, signe du godet, tonométrie) mais également
par le temps de la résilience et l’importance de l’oedème
(volumétrie, périmétrie étagée).
Une hyperélasticité cutanée peut
encore être recherchée en tirant la peau du mollet ou de la cheville.
Cet aspect fripé signe la décongestion du membre et souligne
l’importance d’un soutien par le port de bas ou de bandage.
L’évolution vers un lymphoedème secondaire permanent et
s’étendant au dos du pied et des orteils doit amener une
intensification de la prise en charge rééducative.
Concernant les ulcères récidivants, le drainage postural, le repos,
les bandages et les soins infirmiers constituent l’approche la plus
importante.
Le rôle de la rééducation est complémentaire et surtout
axé sur un entretien ou une prudente récupération de la mobilité
articulaire.
Sauf lorsque la plaie est « nettoyée » par recouvrement
de larves vivantes (maggothérapie), un drainage pneumatique, des
manoeuvres en tampon-buvard peuvent être réalisés, au-dessus des
bandages, en vis-à-vis de l’ulcère.
C - ASSIDUITÉ
:
La sclérothérapie, la photothermolyse-laser, la miniphlébectomie
ou les ligatures d’une cure CHIVA (cure conservatrice et
hémodynamique de l’insuffisance veineuse en ambulatoire) sont
réalisées sans aucune nécessité de suivi en rééducation.
Avec
l’éveinage, la rééducation se limite à un appoint (réduire les
raideurs articulaires, accompagner le lever précoce).
Un suivi ne se
justifie que dans les seuls cas de récidive, de traitement partiel, de
complications ou de décompensation tissulaire.
L’observance d’une
rééducation plus élaborée est envisagée lorsque l’IVC évolue vers
une véritable maladie veineuse pratiquement irréversible avec ou
sans reperméation des thrombi s’accompagnant de symptômes.
La
prise en charge est généralement organisée et assurée dans une
structure de rééducation spécialisée.
En général, la durée d’une
cure est de 1 à 2 semaines.
Par l’implication personnelle que ces
cures génèrent, l’acceptation du caractère chronique de la maladie
et l’adhésion aux règles d’hygiène sont facilitées et leur observance
plus marquée.
La fréquence des cures est, dans la plupart des cas,
bi- ou triannuelle.
Une reprise anticipée est, indiquée en cas de
réapparition ou d’aggravation des symptômes.
D - SURVEILLANCE
:
La surveillance passe d’abord par l’identification des facteurs
responsables et des mesures à mettre en oeuvre pour les éviter, les
réduire ou les supprimer.
La surveillance passe ensuite par
l’adhésion, l’observance et l’intégration de ces mesures en
particulier dans l’environnement professionnel.
E - ENTRETIEN
:
Au risque de rejet rapide ou progressif, l’entretien est à assurer par
l’enseignement d’exercices simples, de faible intensité et de courte
durée ou des activités physiques appréciées mais dépourvues
d’esprit de compétition ou de surpassement de ses capacités
physiques.
En fonction de contraintes personnelles ou
professionnelles, l’achat d’un cycloergomètre permet d’intégrer
l’entraînement physique dans la vie courante.
En plus, il peut être
recommandé : courtes applications de froid, drainage postural,
anneau de Pflug (bouée-brassard roulée sur la jambe par va-etvient
de 2 minutes), fréquentation régulière de la piscine,
utilisation à domicile d’un compresseur pneumatique (réservé aux
formes les plus invalidantes et aux oedèmes chroniques).
Le danger
de cet autodrainage pneumatique n’est nullement l’accoutumance
mais sa substitution aux bas.
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