Tumeurs rachidiennes et intrarachidiennes
(Suite)
Cours de Neurologie
2- Tumeurs primitives
:
Les tumeurs primitives du rachis réalisent un groupe très nombreux
de tumeurs qui diffèrent selon leur type anatomopathologique, leur
difficulté thérapeutique et leur pronostic.
Elles représentent 15 à
25 % de l’ensemble des tumeurs du rachis.
À l’exception du sarcome d’Ewing, ce sont les tumeurs bénignes
(ostéoblastome, kyste anévrismal) qui prédominent avant 18 ans.
Chez l’adulte, ce sont les tumeurs malignes qui prédominent
(chordome, chondrosarcome, plasmocytome), tandis que les tumeurs
bénignes le plus souvent observées sont des hémangiomes et des
chondromes.
Les tumeurs bénignes siègent préférentiellement sur
l’arc postérieur au niveau cervical, et dans le corps vertébral au
niveau thoracique, tandis que les tumeurs malignes intéressent
essentiellement le corps vertébral ou bien l’ensemble de la vertèbre.
Sur le plan clinique, les douleurs rachidiennes sont quasi constantes,
associées ou non à des signes de souffrance radiculaire et/ou
médullaire.
Les radiographies standards sont extrêmement utiles puisqu’elles
sont positives dans 99 % des cas, en particulier lorsque la tumeur
intéresse les structures osseuses.
Le scanner et l’IRM demeurent
cependant indispensables pour mieux définir la stratégie
diagnostique et thérapeutique.
* Tumeurs bénignes
:
+ Hémangiome et angiome caverneux :
L’hémangiome est la plus fréquente des tumeurs bénignes du rachis
et il est retrouvé de façon isolée ou multiple (un tiers des cas) dans
8 à 15 % des séries autopsiques.
Il est généralement
asymptomatique, mais peut parfois donner des douleurs
radiculaires, voire des signes de compression médullaire et/ou
radiculaire lorsqu’il existe une extension épidurale.
En outre, il s’agit
de tumeurs très hémorragiques qui peuvent saigner et provoquer
un hématome épidural.
L’aspect radiologique est caractéristique, avec un corps vertébral
présentant des stries verticales lui conférant un aspect grillagé.
La
corticale osseuse est souvent hypertrophique, mais le corps vertébral
peut parfois être le siège de tassement.
Le scanner et l’IRM
confirment le diagnostic et montrent une éventuelle extension
épidurale.
Le traitement est habituellement chirurgical, précédé ou
non d’une artériographie avec embolisation pour réduire
l’hémorragie peropératoire.
Une radiothérapie postopératoire est
conseillée si l’exérèse est partielle.
Une vertébroplastie au méthylmétacrylate
peut également être réalisée, ainsi qu’une injection
intratumorale, sous contrôle scanner, d’une solution d’éthanol.
Les angiomes caverneux ou cavernomes qui sont de véritables
hamartomes peuvent également être localisés dans l’espace épidural
rachidien.
Leur aspect en IRM diffère des localisations intra-axiales
car ils sont généralement moins hémorragiques, l’anneau
périphérique d’hémosidérine est plus rare et la prise de contraste
est franche après injection de gadolinium.
Leur traitement est
chirurgical.
+ Ostéome ostéoïde et ostéoblastome :
L’ostéome ostéoïde est une tumeur bénigne caractérisée par l’existence
d’un nidus, siège de calcifications entourées par un riche stroma
fibrovasculaire, avec une réaction osseuse dense.
Il s’agit
habituellement d’une tumeur de l’adolescent et de l’adulte jeune,
avec une prédominance masculine.
Il est le plus souvent localisé
aux os longs.
La localisation rachidienne ne représente que 5 à 10%
des cas.
Il s’agit habituellement d’une tumeur de petite taille
(inférieure à 1,5 cm), intéressant essentiellement le rachis lombal et
cervical, plus rarement thoracique et sacré.
Il atteint
préférentiellement les éléments postérieurs : processus épineux,
articulaires, transverses et les lames et pédicules.
Cliniquement, il se manifeste par des douleurs rachidiennes, à
prédominance nocturne, associées à une scoliose dans 75 % des cas.
Cette scoliose est secondaire à la contracture musculaire provoquée
par la douleur, du côté de la lésion.
Au niveau cervical, un torticolis
est souvent observé.
Les radiographies standards, ainsi que le scanner, objectivent une
lacune osseuse centrale contenant des calcifications (nidus) et
entourée par une réaction osseuse périphérique parfaitement limitée
donnant à l’ensemble un aspect en « cocarde ».
L’IRM a ici peu
d’intérêt.
Cependant, c’est la scintigraphie osseuse qui est le premier
examen à montrer la tumeur, sous la forme d’une hyperfixation
intense et bien limitée.
Le traitement est classiquement chirurgical, avec une exérèse
complète.
Le geste chirurgical peut être aidé par une technique de
guidage radionucléaire peropératoire pour repérer la tumeur
souvent recouverte de tissus mous.
Le patient reçoit avant
l’intervention un marqueur radiopharmaceutique qui se fixe
électivement dans la tumeur, permettant la détection de la
radioactivité induite en peropératoire à l’aide d’une sonde stérile.
En alternative au traitement chirurgical, l’exérèse percutanée sous
contrôle scanographique semble très prometteuse.
L’ostéoblastome est histologiquement proche de l’ostéome ostéoïde,
mais représente une tumeur plus volumineuse, plus agressive localement et plus évolutive.
Les manifestations cliniques sont
proches mais on observe plus souvent des signes de compression
médullaire et/ou radiculaire (25 % des cas).
L’IRM est ici
intéressante pour apprécier un éventuel envahissement épidural.
Son traitement est chirurgical, en s’efforçant de réaliser une exérèse
complète, sinon le risque de récidive est important.
+ Granulome éosinophile :
C’est une forme localisée de l’histiocytose X qui se traduit
histologiquement par une prolifération histiocytaire et de cellules
de Langerhans, associée à un granulome polymorphe, souvent riche
en polynucléaires éosinophiles.
L’incidence de l’atteinte vertébrale
varie de 8 à 25%, avec une légère prédilection masculine dans la
première décade.
Le rachis thoracolombal est préférentiellement
atteint, suivi du rachis cervical, et intéresse surtout le corps
vertébral, donnant classiquement un aspect de vertebra plana.
Après confirmation histologique par ponction-biopsie sous contrôle
scanner, une radiothérapie (10 Gy) est proposée, associée à une
corticothérapie.
Cependant, la plupart des auteurs s’accordent
aujourd’hui sur l’intérêt du traitement conservateur associant repos
et immobilisation par minerve ou corset.
En effet, la diminution des
contraintes mécaniques sur la vertèbre atteinte permet une
reconstruction rapide de la structure somatique.
La chirurgie ne reste
indiquée que lorsqu’il existe des signes cliniques de compression
médullaire.
La vertébroplastie percutanée avec des ciments
acryliques semble une technique intéressante, mais réservée à
l’adulte uniquement.
+ Kyste anévrismal :
Il s’agit de tumeurs bénignes caractérisées par une dilatation de
l’architecture osseuse par des canaux vasculaires.
Le diagnostic
histologique différentiel est souvent difficile avec les tumeurs à
cellules géantes, les ostéoblastomes et les ostéosarcomes.
En effet, il
s’agit d’une tumeur destructrice et expansive, survenant chez
l’adolescent et l’adulte jeune, prédominant au niveau du rachis
thoracique et lombal, et intéressant presque toujours l’arc postérieur
de la vertèbre, tandis qu’il existe une extension vers le corps
vertébral dans la moitié des cas.
Outre le syndrome rachidien, il peut
exister des signes de compression radiculaire et/ou médullaire.
Le
traitement est chirurgical, en réalisant si possible une exérèse
complète avec souvent la nécessité d’un abord combiné, la
réalisation d’une greffe osseuse et d’une ostéosynthèse.
Une embolisation préopératoire est souhaitable pour diminuer le
saignement.
Si l’exérèse est partielle, une radiothérapie peut être
discutée.
+ Tumeurs à cellules géantes :
Ce sont des tumeurs de l’adolescent et de l’adulte jeune (moyenne
d’âge 25 ans) ayant une prédilection pour les os longs, tandis que
les localisations rachidiennes sont rares (2 à 5 %).
Les localisations
cervicales, thoraciques ou lombales sont observées en proportion
équivalente.
Les tumeurs rachidiennes sont constantes et un déficit
neurologique est observé dans près de la moitié des cas.
Les
radiographies montrent une image d’ostéolyse importante, avec
parfois une réaction osseuse de voisinage.
Il existe une prise de
contraste nette en scanner et en IRM.
L’aspect radiologique est plutôt
celui d’une tumeur maligne.
Le traitement chirurgical est la règle.
L’exérèse totale est souvent difficile lorsqu’il existe une atteinte de la
totalité de la vertèbre et/ou un envahissement des parties molles paravertébrales.
En outre, il s’agit d’une tumeur habituellement très
hémorragique.
Ces difficultés rendent compte d’un risque important
de récidive et c’est la raison pour laquelle une radiothérapie
adjuvante peut être réalisée si l’exérèse est incomplète et/ou s’il
s’agit d’une récidive.
Elle n’est proposée que dans l’une de ces deux
situations, car elle peut induire une transformation sarcomateuse.
+ Chondrome et ostéochondrome :
Ces tumeurs affectent rarement le rachis puisqu’elles ne représentent
que 2 % des tumeurs rachidiennes et 2,6 % de l’ensemble des
tumeurs osseuses bénignes.
Au squelette, elles siègent le plus
souvent au niveau de la métaphyse des os longs.
Sur le plan
anatomopathologique, elles sont classées comme des chondromes, ostéochondromes, chondroblastomes et fibromes chondromyxoïdes.
Elles s’observent plus souvent chez l’adolescent et l’adulte jeune et
dans le sexe masculin.
Des ostéochondromes multiples peuvent
s’observer dans le cadre d’une ostéochondromatose héréditaire.
Cette tumeur d’origine ostéocartilagineuse intéresse plutôt l’arc
postérieur de la vertèbre et provoque le plus fréquemment des
douleurs rachidiennes associées à une tuméfaction locale dans un
quart des cas.
Parfois, il existe des signes de compression radiculaire,
en particulier au niveau lombal, tandis qu’une compression
médullaire est exceptionnelle.
Les radiographies standards sont souvent pertinentes, surtout dans
l’ostéochondrome, montrant une tumeur d’aspect inhomogène,
multilobée, à contour plus ou moins net et cernée par un liseré
d’hyperclarté.
Elles sont souvent le siège de calcifications.
Le scanner
est indispensable, montrant l’extension tumorale et ses relations avec
les structures de voisinage.
L’IRM permet de mieux analyser une
éventuelle extension intracanalaire, éventuellement des signes de dégénérescence
maligne.
Le traitement est chirurgical avec une exérèse
complète.
Il est essentiel d’examiner l’ensemble de la pièce
anatomopathologique, car il peut exister des plages de
dégénérescence sarcomateuse, surtout dans les chondromes.
+ Angiolipomes :
Ce sont des tumeurs exceptionnelles (75 cas rapportés dans la
littérature) constituées d’une composante angiomateuse et
lipomateuse, prédominant dans la région thoracique moyenne au
niveau de l’espace épidural.
Plus fréquentes dans la cinquième
décade, elles s’expriment cliniquement par des signes de
compression médullaire lente.
L’IRM permet le diagnostic, montrant
une tumeur hyperintense en T1 et T2, située dans l’espace épidural
postérieur.
Parfois, dans les formes infiltrantes, on peut observer un
comblement tumoral des foramens intervertébraux.
Le traitement de
choix est l’exérèse complète.
La récidive est exceptionnelle.
* Tumeurs primitives :
+ Myélome et plasmocytome solitaire
:
Le myélome multiple consiste en une prolifération maligne de
plasmocytes sécrétant en excès une immunoglobuline le plus
souvent de type G, plus rarement de type A.
L’âge moyen au
moment du diagnostic est d’environ 65 ans. Les localisations
rachidiennes s’observent lors de l’évolution de la maladie dans 25 à
50 % des cas, le plus souvent au niveau du rachis thoracique.
Il s’agit
de lésions ostéolytiques (les ostéoclastes sont activés par l’osteoclaste
activating factor, produit par les plasmocytes myélomateux), avec
parfois un envahissement myélomateux épidural.
Le traitement
associe souvent la radiothérapie à la chimiothérapie, et il convient
de noter l’effet souvent spectaculaire des corticoïdes sur les
phénomènes douloureux.
La chirurgie est rarement proposée dans
ce contexte.
Le plasmocytome solitaire est plus rare et atteint le plus souvent
l’homme après 60 ans.
Il prédomine au niveau du rachis thoracique.
Le diagnostic de plasmocytome solitaire ne peut être posé que si la
lésion est unique, sans signes biologiques de maladie hématologique
disséminée et la normalité de la biopsie ostéomédullaire.
Le
traitement associe généralement radiothérapie et chimiothérapie.
Le
diagnostic histologique est obtenu par ponction-biopsie sous
contrôle scanner.
Cependant, la chirurgie est réalisée plus souvent
que dans les myélomes multiples, notamment lorsqu’il existe des
signes neurologiques et/ou une instabilité rachidienne.
La récidive
locale est fréquente et la dissémination métastatique s’observe dans
plus de la moitié des cas.
Le taux de survie est de 85 % à 10 ans.
+ Ostéosarcome :
L’ostéosarcome est la tumeur maligne primitive osseuse la plus
fréquente après les myélomes.
Cependant, la localisation rachidienne est rare, représentant moins de 5 % des tumeurs vertébrales
primitives.
Dans près de la moitié des cas, il est secondaire à la
dégénérescence d’une maladie de Paget, d’une dysplasie fibreuse
ou il est radio-induit.
Il atteint le plus souvent l’adulte jeune. Les
douleurs rachidiennes sont constantes et les signes neurologiques
présents dans 70 % des cas au moment du diagnostic.
Il n’existe pas
de signes radiologiques spécifiques. Le scanner montre un
envahissement vertébral avec extension paravertébrale quasi
constante.
L’IRM analyse mieux l’extension intracanalaire.
Le traitement de l’ostéosarcome rachidien est très discuté.
Il associe
presque toujours la chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie.
Une chimiothérapie première peut faciliter la régression tumorale
tout en permettant une évaluation histologique précoce de la chimiosensibilité tumorale.
De surcroît, le diagnostic
anatomopathologique des ostéosarcomes est difficile ; les erreurs
diagnostiques ne sont pas rares et concernent en premier lieu
l’ostéoblastome.
L’expérience acquise dans le traitement des
ostéosarcomes périphériques selon cette approche permet d’espérer
une survie supérieure à 5 ans pour plus de 70 % des patients.
+ Chondrosarcomes :
Ce sont des tumeurs d’origine cartilagineuse, formées d’une
prolifération cellulaire plus ou moins différenciée dont les cellules
se dispersent dans une substance chondroïde, myxoïde ou
oedémateuse.
Ils siègent préférentiellement aux os longs et au pelvis,
et les localisations primitives rachidiennes sont rares.
Tumeur des
quatrième et cinquième décades de la vie, le chondrosarcome
apparaît comme une lésion ostéolytique à limites floues, avec
souvent des calcifications punctiformes intratumorales dans le corps
vertébral et l’extension locorégionale est fréquente.
Exceptionnellement, il peut éroder le foramen intervertébral,
réalisant alors un aspect en « sablier » et mimant un schwannome
ou un neurofibrome.
Des extensions intradurales ont également été
rapportées.
La chirurgie doit être la plus complète possible car la
radiothérapie conventionnelle et la chimiothérapie n’ont pas fait la
preuve de leur efficacité.
L’irradiation avec des particules de haute
énergie, la protonthérapie, offre une efficacité indiscutable mais n’a
été évaluée pour l’instant que pour les localisations à la base du
crâne.
+ Sarcome d’Ewing
:
Tumeur de l’enfant et de l’adolescent, elle est rarement primitive au
niveau du rachis et est le plus souvent localisée dans la région
lombosacrée.
Des formes épidurales extraosseuses ont été
rapportées, se caractérisant par la constance des signes
neurologiques.
Le diagnostic anatomopathologique est souvent
difficile et même après étude ultrastructurale, le diagnostic
différentiel n’est pas évident avec les autres tumeurs à petites
cellules rondes, telles le neuroblastome, les tumeurs neuroectodermiques
primitives, les rabdomyosarcomes et les lymphomes
osseux.
Bien que l’on ignore l’histogenèse précise du sarcome
d’Ewing, de nombreux éléments plaident en faveur d’une origine neuroectodermique.
La chirurgie d’exérèse complète est réalisée, lorsqu’elle est possible,
associée à une polychimiothérapie et à une radiothérapie.
+ Chordome :
Tumeur embryonnaire en rapport avec des reliquats de la
notochorde, elle se situe dans la sacrococcygienne (50 % des cas),
sphéno-occipitale (35 % des cas) et plus rarement à d’autres niveaux
rachidiens.
La moyenne d’âge est de 55 ans au moment du
diagnostic et il existe une prédominance masculine (sex-ratio 2/1).
Les douleurs rachidiennes précèdent souvent de plusieurs mois les
signes neurologiques qui sont habituellement rectovésicaux
(ténesme, constipation, rétention, incontinence) dans les localisations
sacrococcygiennes.
Sur les clichés standards, il existe au niveau du
sacrum une lésion ostéolytique avec disparition de plusieurs segments sacrés.
Le scanner et l’IRM révèlent la masse tumorale
refoulant et infiltrant les organes de voisinage, en particulier intrapelviens, et les masses musculaires de la région fessière.
Le traitement est chirurgical, avec une résection la plus large et
complète possible, en essayant de conserver les racines sacrées, en
particulier S3 pour préserver les fonctions vésicosphinctériennes.
La
radiothérapie a peu d’intérêt et n’est généralement proposée que
dans les résections incomplètes.
Le taux de survie est de 82 % à
5 ans dans les localisations sacro-coccygiennes.
+ Lymphomes non hodgkiniens
:
Les localisations primitives rachidiennes sont exceptionnelles et
peuvent intéresser le rachis et/ou l’espace épidural.
Le traitement
chirurgical n’a que l’intérêt de décomprimer rapidement et de
stabiliser le rachis si nécessaire.
Le traitement est celui de n’importe
quelle autre localisation du lymphome malin non hodgkinien et
associe polychimiothérapie et radiothérapie.
Le taux de survie à 5 ans est de 60 à 80 %.
+ Hémangiopéricytome :
Il s’agit d’une tumeur exceptionnelle au niveau
rachidien, avec moins de 50 cas rapportés dans la littérature.
Le traitement associe chirurgie et radiothérapie.
+ Angiosarcome :
Il peut être d’emblée malin ou correspondre à la dégénérescence
d’un angiolipome épidural.
La destination métastatique est rapide
et le pronostic mauvais malgré un traitement associant chirurgie et
chimiothérapie.
+ Fibrosarcome :
Exceptionnel, il s’agit d’une tumeur dont l’exérèse complète est
souvent difficile compte tenu de son caractère infiltrant et de
l’extension locorégionale quasi constante.
La radiothérapie est
réalisée en complément, tandis que la chimiothérapie est proposée
pour les formes différenciées.
B - TUMEURS INTRADURALES ET EXTRAMÉDULLAIRES :
Un certain nombre de traits communs caractérise ce
type de tumeurs :
– elles sont souvent révélées par des signes
neurologiques, réalisant des phénomènes douloureux à type de
douleurs radiculaires, dysesthésies, causalgies, parfois mal
systématisées ;
– les signes cliniques sont souvent dissociés, tels
un syndrome de Brown-Séquard, et l’évolution est généralement lente
;
– la plupart de ces tumeurs sont bénignes et sont
donc de traitement presque exclusivement chirurgical.
1- Schwannomes :
Les schwannomes ou neurinomes rachidiens sont les plus fréquents
dans cette catégorie topographique.
Ils se développent à partir des
cellules de Schwann, produisant la myéline dans le système nerveux
périphérique.
La « racine » porteuse est souvent une racine sensitive,
expliquant ainsi la fréquence des douleurs radiculaires révélatrices.
Plus fréquent chez l’homme adulte jeune, au niveau cervical
inférieur, le schwannome peut s’étendre, dans 15 à 20 % des cas, à
travers le foramen intervertébral qu’il élargit en réalisant le classique
aspect en « sablier ».
C’est dans cette configuration que l’on observe
habituellement une double composante tumorale, intra- et
extradurale.
Il convient de rechercher systématiquement un contexte
de neurofibromatose de type II, surtout s’il existe des localisations
multiples.
Dans le cadre d’une neurofibromatose de type I (maladie
de von Recklinghausen), la tumeur rachidienne la plus souvent
observée est le neurofibrome, parfois malin, composé de cellules de
Schwann, mais également de fibroblastes et de cellules périneurales
enveloppées dans une matrice collagène.
Le scanner montre une tumeur spontanément isodense, refoulant
souvent la corticale osseuse adjacente sans lyse, et prenant le
contraste.
L’IRM est l’examen de choix, montrant une tumeur en isosignal en T1 et en hyposignal en T2 et se rehaussant après
injection.
La tumeur est arrondie ou oblongue dans les formes intracanalaires pures.
Dans les formes en « sablier » au niveau
cervical, certains préconisent la réalisation d’une artériographie afin
d’étudier les rapports entre tumeur et artère vertébrale.
Le traitement est chirurgical et il est rarement possible de conserver
la racine porteuse.
L’exérèse microchirurgicale est relativement aisée,
à l’exception de certaines formes en « sablier » et/ou la localisation intrasacrée de schwannomes géants.
Il est parfois nécessaire de
réaliser une double approche, antérieure et postérieure.
2- Méningiomes :
Ils représentent 20 % des causes de compressions médullaires
d’origine tumorale.
Plus fréquents chez la femme (sex-ratio 3/1),
surtout après 60 ans, ils prédominent en région thoracique haute et à la jonction craniorachidienne (méningiome du foramen magnum).
Ils s’expriment cliniquement par des troubles de la marche et/ou
des signes cordonaux postérieurs, selon leur localisation pré-, latéroou
rétromédullaire.
Le scanner est peu contributif et c’est l’IRM qui montre une tumeur extra-axiale, en isosignal T1 et se rehaussant fortement après
gadolinium.
Certains contiennent des calcifications, surtout
dans les formes psammomateuses.
Le diagnostic différentiel avec
un neurinome strictement intracanalaire n’est pas toujours facile.
Le traitement est microchirurgical et la difficulté tient compte surtout
de la localisation prémédullaire et/ou des formes calcifiées.
Les
résultats postopératoires sont habituellement satisfaisants, avec une
franche amélioration fonctionnelle dans 85 % des cas.
La chirurgie
est proposée également chez les patients âgés car l’évolution se fait
inéluctablement vers l’impotence fonctionnelle en l’absence de
traitement.
Si l’exérèse n’a pu être complète ou s’il existe une
récidive précoce, un traitement adjuvant par radiothérapie peut être
proposé.
3- Lipomes
:
Les lipomes du cône et du filum terminale s’intègrent souvent dans
le cadre des dysraphies lombosacrées congénitales.
Les lipomes du cône ou lepto-myélo-lipomes sont insérés sur les 2
derniers centimètres de la moelle terminale.
Ils sont habituellement
intra- et extraduraux, mais peuvent être intraduraux purs.
Ils
représentent 75 % des lipomes intrarachidiens.
La masse graisseuse
se répartit de part et d’autre d’un spina bifida, d’une part en souscutané
où elle se poursuit avec la graisse voisine normale, d’autre
part en intrarachidien où elle se poursuit dans l’espace sousarachnoïdien
pour se fixer au cône.
La moelle est exceptionnellement
normale, se terminant presque toujours trop bas.
Elle est souvent le
siège d’anomalies anatomiques : hydromyélie, torsion, duplication
et plus rarement agénésie segmentaire.
Les racines sont presque
toujours anormales, soit dans leur direction, soit dans leur
conformation ou distribution.
D’un point de vue chirurgical, il
convient d’opposer les cas où le trajet sous-dural des racines est
extralipomateux à ceux où il est pour partie intralipomateux.
Des malformations intralipomateuses sont parfois associées : sinus
dermique, kystes dermoïdes, épidermoïdes, tératome.
Les lipomes du filum terminale ou fibrolipomes représentent 15 % des
lipomes intrarachidiens.
Ils sont le plus souvent confinés à l’espace
sous-arachnoïdien, mais ils peuvent s’étendre à l’espace épidural en
traversant le fourreau au niveau de sa face postérieure ou de son
extrémité distale.
D’autres rares formes anatomopathologiques ont
été décrites : lipomyélocèle, lipomyéloméningocèle, lipomyélocystocèle
ou lipome sur diastématomyélie.
Il existe une nette
prédominance féminine et les manifestations neurologiques sont
observées dès la naissance dans un quart des cas et avant l’âge de
15 ans dans 80 % des cas.
Les anomalies cutanées lombosacrées sont
visibles dans 90 % des cas (hémangiome, masse sous-cutanée,
hypertrichose, sinus dermique).
L’existence de signes neurologiques
n’est pas toujours facile à affirmer chez un nouveau-né ou un
nourrisson.
Il s’agit habituellement de dysfonctionnements vésicosphinctériens (mieux objectivés sur le bilan urodynamique) et
de troubles moteurs des membres inférieurs.
Un syndrome neuroorthopédique
avec un déficit moteur, un syndrome pyramidal, un
pied dysmorphique, une amyotrophie, des maux perforants, est
observé isolé ou associé dans 5 à 30% des cas.
Des malformations
viscérales, en particulier anorectales, génitales ou urinaires sont
observées dans 14 à 20 % des cas.
D’autre part, la fréquence des
troubles neurologiques évolutifs est difficile à évaluer et il est
nécessaire de suivre régulièrement ces jeunes patients sur le plan
clinique et radiologique.
Le traitement chirurgical du lipome du filum terminale est
relativement aisé et apparaît bénéfique et efficace à long terme.
En
revanche, pour le lipome du cône, beaucoup plus complexe et
spontanément plus invalidant, la chirurgie est difficile et
fonctionnellement risquée et n’apporte pas l’efficacité espérée sur le
long terme.
En effet, l’exérèse du lipome et la libération médullaire
ne mettent pas à l’abri du risque de dégradation neurologique
ultérieure puisque, à long terme, 50 % des patients continuent de
s’aggraver.
Ainsi, il est actuellement préconisé de surseoir à
l’intervention chirurgicale systématique chez les enfants
asymptomatiques et porteurs d’un lipome du cône médullaire.
4- Métastases intradurales :
Les métastases intradurales sont beaucoup plus rares que les
localisations extradurales.
Il peut s’agir d’un cancer primitif connu
(poumon, sein, prostate) ou inconnu.
L’IRM n’est pas spécifique et
seul l’examen anatomopathologique de la pièce d’exérèse
chirurgicale permet le diagnostic.
C - TUMEURS INTRAMÉDULLAIRES :
Les tumeurs intramédullaires sont des affections rares, représentant
2 à 4 % de l’ensemble des tumeurs du système nerveux central.
Elles
sont le plus souvent observées chez l’adulte jeune, avec une
moyenne d’âge de 35 ans ± 15 ans, et il n’existe pas de
prédominance de sexe.
Plus fréquentes au niveau de la moelle cervicothoracique, elles peuvent être panmédullaires dans 5 % des
cas.
Les symptômes cliniques ne sont pas spécifiques mais il faut
souligner la fréquence des douleurs, souvent révélatrices.
Il peut
s’agir d’algies et/ou de paresthésies cordonales postérieures, d’algies
rachidiennes ou d’origine radiculaire.
L’expression clinique est
évidemment liée à la topographie lésionnelle et tous les signes
habituels d’une atteinte médullaire peuvent être observés : atteinte
motrice au niveau des membres inférieurs (fatigabilité à la marche,
boiterie) et/ou des membres supérieurs (maladresse manuelle...),
atteinte sensitive subjective et/ou objective, troubles génitosphinctériens. Une hydrocéphalie avec hypertension
intracrânienne est exceptionnelle.
Chez l’enfant, une scoliose peut
être le premier signe de l’affection.
L’évolution peut se faire
insidieusement, brutalement ou par poussées.
L’IRM est l’examen clé, même si elle ne permet pas de diagnostic
histologique.
Elle permet l’identification et le siège de la lésion intramédullaire et l’analyse systématique des composantes
tumorales charnues et kystiques, sans et après injection de
gadolinium.
Toute infiltration tumorale occasionne un élargissement
médullaire, bien que tout élargissement de la moelle ne soit pas
toujours d’origine tumorale.
La plupart des tumeurs intramédullaires représentent un hyposignal plus ou moins marqué
ou un isosignal sur les séquences pondérées en T1, et un iso- ou un
hypersignal sur les séquences pondérées en T2.
Les images kystiques
associées à la portion charnue sont fréquentes et il convient de
distinguer plusieurs types de kystes.
Les kystes intratumoraux ont
souvent un signal différent du LCS, surtout s’il est riche en protéines
ou s’il existe une hémorragie intrakystique.
Ils apparaissent en hyposignal T1 et hypersignal T2.
Les kystes polaires ou satellites
peuvent être présents aux pôles supérieur et inférieur de la portion
charnue, et leur signal est celui du LCS.
Les cavités hydrosyringomyéliques ont des extrémités effilées et peuvent
coexister avec un kyste satellite sans toutefois communiquer avec
lui.
La paroi de ces deux types de kystes ne se rehausse pas après
injection.
Enfin, les kystes bulbaires, de même signal que le LCS,
bombant sous le plancher du IVe ventricule, sont très particuliers.
Ils siègent à distance de la tumeur et communiquent ou non avec la
cavité hydrosyringomyélique sous-jacente.
La prise de contraste de
la portion charnue peut être modérée ou forte, rarement absente.
Elle peut être partielle ou totale et il n’y a pas forcément de
correspondance entre le volume lésionnel prenant le contraste et le
volume réel de la tumeur.
En effet, si le rehaussement correspond à
une zone d’infiltration tumorale, à l’inverse, l’absence de prise de
contraste ne permet pas de conclure.
Des explorations neurophysiologiques, en particulier
l’enregistrement des potentiels évoqués somesthésiques (PES),
doivent faire partie du bilan préopératoire.
L’enregistrement des PES
renseigne sur l’état fonctionnel de la moelle et objective les signes
de souffrance des voies somesthésiques, révélant parfois des
anomalies infracliniques.
Bien qu’il soit difficile de démontrer
l’impact du monitorage peropératoire sur le résultat fonctionnel
postopératoire, l’absence de modifications de conduction cordonale
postérieure semble être un élément de bon pronostic sensitif.
Le seul traitement efficace des tumeurs intramédullaires est la
microchirurgie, avec parfois l’utilisation du bistouri ultrasonique
pour réaliser un évidement intratumoral, en préalable à la recherche
d’un plan de clivage.
L’exérèse complète de la tumeur doit être
réalisée chaque fois que cela est possible, c’est-à-dire lorsque la détermination d’un plan de clivage entre tumeur et tissu sain est
réalisable sans ambiguïté.
Le cas échéant, l’exérèse complète est
dangereuse et inutile.
La radiothérapie et la chimiothérapie n’ont pas leur place à l’heure
actuelle dans l’arsenal thérapeutique, sauf éventuellement pour les
tumeurs malignes, qui sont en réalité très rares, à l’exception des
séries pédiatriques.
En outre, l’efficacité et l’innocuité de la
radiothérapie restent à démontrer.
1- Tumeurs de nature gliale :
* Épendymomes :
Ils représentent 35 à 40 % des tumeurs intramédullaires et doivent
être différenciés des épendymomes du filum terminale et de la
queue de cheval, qui sont extramédullaires, même lorsqu’ils
s’invaginent en « doigts de gant » à l’intérieur du cône médullaire.
Il s’agit le plus souvent d’une tumeur bénigne, de croissance lente,
expliquant parfois l’extension considérable, voire panmédullaire.
La
durée d’évolution avant le diagnostic est en moyenne de 4 ans et les
signes cliniques sont peu spécifiques.
L’IRM montre que les épendymomes prédominent dans la moelle
cervicale et présentent dans 80 % des cas un ou plusieurs kystes, en
particulier de types tumoraux ou polaires.
La composante
charnue est en isosignal ou en isohyposignal en T1 et hyper- ou
isosignal en T2 ; elle s’étend en moyenne sur 3,5 corps vertébraux.
Des signes d’hémorragie intratumorale sont parfois observés.
Ils
sont en position centromédullaire dans un tiers des cas, et le signe
de la « coiffe », décrit par Brotchi et Fischer et correspondant à
des plages d’absence de signal aux extrémités tumorales, est observé
dans un tiers des cas.
Ils sont habituellement rehaussés de façon
homogène après injection de gadolinium et les contours tumoraux
sont bien limités tandis qu’un oedème est visible en T2 dans 60 %
des cas.
Quoi qu’il en soit, il n’existe pas de signe pathognomonique
en IRM.
Le traitement est chirurgical et l’exérèse complète est possible dans
la majorité des cas.
Les épendymomes médullaires sont
habituellement bénins sur le plan histologique. En effet, seuls de
rares cas de forme maligne ont été rapportés dans la littérature.
Les subépendymomes, proches des astrocytomes, sont désormais
rattachés aux épendymomes dont ils ne se distinguent que par de
faibles particularités histologiques.
La survie globale à 10 ans est de
95 % et il existe un consensus pour admettre que l’épendymome
intramédullaire bénin ne nécessite aucun complément de
radiothérapie. Son intérêt dans les formes malignes reste à
démontrer.
* Astrocytomes :
Moins fréquents que les épendymomes (20 % des tumeurs
intramédullaires), ils sont observés plus souvent chez l’enfant que
chez l’adulte.
La moyenne d’âge est d’environ 30 ans, avec
cependant un tiers d’enfants de moins de 15 ans.
La durée
d’évolution avant le diagnostic varie de 2 mois à 24 ans (moyenne
3,6 ans).
L’IRM montre que les localisations prédominantes sont thoraciques
dans 45 % des cas, cervicales dans 25 % des cas.
Ils sont moins
souvent kystiques que les épendymomes, tandis que le signal en T1
et T2 n’est pas différent.
La portion charnue est habituellement plus
étendue en hauteur que les épendymomes et ils sont également plus
souvent excentrés.
La prise de contraste est modérée après injection
et habituellement hétérogène ; les contours tumoraux apparaissant
mal limités.
Classiquement considérés comme inextirpables dans leur totalité,
l’exérèse complète est cependant possible dans un tiers des cas du
fait des progrès des instruments microchirurgicaux et de l’utilisation
du bistouri ultrasonique.
La difficulté principale est due à l’absence
de plan de clivage dans les formes infiltrantes.
Les astrocytomes de
bas grade (pilocytiques, fibrillaires, protoplasmiques,
gémistocytiques) sont plus fréquents que les hauts grades.
La radiothérapie n’est habituellement pas prescrite dans les bas
grades.
Cependant, elle est discutée si l’exérèse est incomplète et
dans les formes malignes.
Quel que soit le type histologique, le
pronostic vital est nettement moins bon que pour les épendymomes
(40 % de survie à 10 ans).
Dans les formes malignes, la médiane de
survie n’excède pas 10 mois.
* Autres tumeurs gliales :
Elles sont exceptionnelles, ne représentant que 3 % des tumeurs intramédullaires.
Il convient de citer les oligodendrogliomes, les
gangliogliomes et les gangliocytomes. Leur pronostic dépend
évidemment du grade histologique et est comparable à celui des
astrocytomes.
2- Tumeurs malignes de nature non gliale
:
Les métastases médullaires de cancers viscéraux sont exceptionnelles
et les rares cas publiés sont surtout d’origine bronchique.
Les
mélanomes intramédullaires sont également exceptionnels, plus
souvent d’origine secondaire que primitive.
Ces derniers ont un
pronostic moins péjoratif que les mélanomes secondaires, qui sont
plus volontiers extramédullaires et disséminés, réalisant une
véritable mélanomatose leptoméningée.
Les lymphomes intramédullaires méritent une attention particulière.
Il peut survenir
à partir de la diffusion méningée d’un lymphome cérébral ou
s’intégrer dans le cadre d’un véritable lymphome multicentrique du système nerveux central.
La fréquence accrue des lymphomes
primitifs cérébraux depuis 2 décennies, en partie liée à
l’augmentation de la fréquence de l’infection par le virus de
l’immunodéficience humaine (VIH), ne s’est pas accompagnée
d’augmentation proportionnelle des lymphomes intramédullaires.
Le traitement est le même que dans les autres localisations du
lymphome.
3- Tumeurs bénignes de nature non gliale
:
La plupart de ces tumeurs ne sont pas simplement intramédullaires
dans la mesure où elles affleurent largement la surface du cordon
médullaire (hémangioblastomes, lipomes) ou ont un développement
intra- et extramédullaire (schwannomes, méningiomes).
Les hémangioblastomes sont des tumeurs très vascularisées, bien
limitées, souvent accompagnées d’un kyste, parfois multifocales, et
représentant 8 à 10% de l’ensemble des tumeurs intramédullaires.
Le diagnostic est plus aisé lorsqu’il existe un contexte de maladie de von Hippel-Lindau, avec en particulier des localisations
cérébelleuses associées.
L’IRM avec injection montre une forte prise
de contraste, homogène, limitant parfaitement le lobule tumoral.
L’embolisation préopératoire peut être utile pour faciliter le geste
chirurgical, mais est en pratique rarement réalisée.
La chirurgie doit
permettre une exérèse complète mais ne doit pas être proposée
systématiquement dans les formes silencieuses s’intégrant dans une
atteinte multifocale de maladie de von Hippel-Lindau.
Les lipomes strictement intramédullaires sont rares et doivent être
distingués des lipomes de la queue de cheval.
Leur exérèse
chirurgicale est souvent difficile, avec des risques fonctionnels
importants, et il convient de n’opérer que les formes
symptomatiques.
Les schwannomes intramédullaires sont exceptionnels (44 cas dans
la littérature) et prédominent au niveau de la moelle cervicale.
Il est
difficile d’évoquer le diagnostic sur l’IRM qui montre une tumeur
bien limitée, prenant fortement le contraste et parfois associée à une
cavité syringomyélique.
-La pathogénie reste obscure car ces tumeurs
naissent toujours à partir des cellules de Schwann qui sont
normalement absentes des tissus médullaires.
La chirurgie permet
l’exérèse complète dans la majorité des cas.
Enfin, les méningiomes sont encore plus exceptionnels, avec moins
de dix cas rapportés.
4- Pseudotumeurs intramédullaires :
Les cavernomes sont de véritables hamartomes vasculaires. Rares
dans cette localisation, ils peuvent rester longtemps silencieux ou
bien s’exprimer selon une forme lente ou aiguë (hémorragie).
L’aspect en IRM est très évocateur, en particulier sur les séquences
en T2, montrant un hypersignal central entouré d’un liseré
d’hyposignal périphérique.
La chirurgie doit être réservée aux
formes symptomatiques.
Les kystes épidermoïdes et dermoïdes sont exceptionnels et sont
souvent associés à des anomalies de fermeture du type neural ou à
un sinus dermique.
Dans ce cas, la localisation est souvent
lombosacrée et la communication entre le kyste et le sinus dermique
peut être source de complications infectieuses tel un abcès intramédullaire.
Là aussi il convient de n’opérer que les formes
symptomatiques, ceci d’autant plus que l’exérèse complète n’est pas
toujours aisée.
Cependant, la conduite est résolument chirurgicale
dans le cas du traitement d’un sinus dermique relié à un kyste dermoïde ou épidermoïde, pour prévenir des complications
infectieuses qui sont redoutables.
Les kystes intramédullaires pseudotumoraux sont des lésions kystiques
qui se comportent comme de véritables tumeurs, mais dont
l’examen histologique permet d’affirmer qu’ils ne sont pas de nature
tumorale mais neurogliale.
Les exceptionnels kystes neuroentériques,
bronchogéniques, tératomateux ne rentrent pas dans ce
cadre nosologique.
Enfin, il faut citer l’existence de granulomes sarcoïdosiques qui
peuvent survenir dans le cadre d’une sarcoïdose systémique ou être
primitifs.
Dans ce cas, le diagnostic différentiel avec une tumeur intramédullaire est difficile, et c’est souvent l’histologie qui conclut.
Cependant, il s’agit d’une lésion infiltrante et inextirpable, et toute
tentative d’exérèse est dangereuse et inutile.
Seul le traitement
médical immunosuppresseur est susceptible d’améliorer l’état
fonctionnel neurologique.