Diagnostic et traitement d’un genou douloureux Cours de l'appareil locomoteur
Introduction
:
Un genou douloureux peut refléter la plupart des pathologies
rhumatologiques.
Les orientations diagnostiques sont
principalement fonction du caractère mécanique ou inflammatoire
de la douleur, de la topographie douloureuse, et de l’âge du sujet.
Le bilan diagnostique est basé sur un interrogatoire et un examen
clinique détaillés et rigoureux, complété par des radiographies
standards, permettant d’individualiser la majorité des affections
mécaniques du genou.
L’IRM est d’un apport précieux pour préciser
les cas difficiles.
Les pathologies du genou seront traitées selon leur
origine cartilagineuse, synoviale, osseuse, ou méniscale.
Ce travail
ne s’attarde pas sur les fractures traumatiques du genou, qui sont
traitées dans un autre chapitre.
Moyens diagnostiques :
A - DÉMARCHE CLINIQUE
:
Elle repose sur un examen clinique rigoureux du genou, effectué de
manière systématique, et orienté par l’interrogatoire.
On note l’âge,
le poids, les sports pratiqués et le niveau sportif, les antécédents en
particulier sur le genou atteint, et les antécédents familiaux.
1- Interrogatoire :
* Caractéristiques de la douleur :
La date de début, le mode d’installation brutal ou progressif, le
caractère permanent ou intermittent de la douleur, son uni- ou
bilatéralité, une éventuelle cause déclenchante, sa topographie,
orientent le diagnostic lésionnel.
L’horaire mécanique ou inflammatoire de la douleur est essentiel à
connaître pour orienter le diagnostic :
– une gonalgie mécanique survient à la mobilisation et/ou à la mise
en charge du genou, est calmée par le repos, ne provoque pas de
douleurs nocturnes (sauf en cas de changement de position), et ne
s’accompagne pas de dérouillage matinal prolongé ;
– une douleur inflammatoire est permanente, ou bien avec une
recrudescence nocturne et matinale, non calmée par le repos, avec
un dérouillage matinal prolongé (plus de 30-45 minutes).
* Mécanisme de survenue :
+ Traumatisme direct ou indirect
:
Une chute en avant peut provoquer une fracture osseuse ou chondrale, un hygroma.
Un choc appuyé latéral peut entraîner une entorse des ligaments
latéraux.
Un mécanisme en valgus-flexion-rotation externe peut être
responsable selon le degré lésionnel d’une lésion du ligament latéral
interne (LLI) puis du ménisque interne, puis du pivot central.
Ce
même mécanisme peut être à l’origine d’une luxation de rotule.
Un mécanisme en varus-flexion-rotation interne est fréquemment à
l’origine d’une lésion isolée du ligament croisé antérieur (LCA).
Une torsion excessive est responsable de lésions des ménisques
et/ou du pivot central.
Un choc frontal, type accident de moto, est retrouvé dans les lésions
du ligament croisé postérieur (LCP).
Un shoot dans le vide ou contré ainsi qu’une contracture brutale du
quadriceps (évitement d’une chute arrière à ski) peuvent à eux seuls
entraîner une lésion du LCA.
+ Microtraumatismes
:
Le relevé d’une position accroupie chez un patient de plus de 40 ans
peut expliquer une rupture du segment postérieur du ménisque
interne.
Une douleur fémoropatellaire peut être déclenchée par une descente
de pente en montagne, la position à genoux prolongée (carrelage).
Le syndrome de la bandelette de Maissiat (fascia lata) est
pratiquement toujours provoqué par une course à pied prolongée.
Les tendinites rotuliennes sont l’apanage des sports de saut.
+ Absence de traumatisme :
La survenue d’une douleur du genou en dehors de tout traumatisme
doit faire évoquer une poussée arthrosique, une méniscopathie, un
rhumatisme inflammatoire, une maladie osseuse ou synoviale.
Un
début brutal doit faire penser à une fracture de contrainte, à une
nécrose, à une rupture méniscale sur ménisque dégénératif.
* Siège de la douleur spontanée :
Douleur localisée : le caractère localisé de la douleur évoque une
lésion précise.
La reproduction de la douleur à la pression de ces
zones oriente le diagnostic.
Douleur diffuse : penser à une douleur projetée : hanche, cruralgie
(rechercher une douleur de cuisse ou aine), un rhumatisme
inflammatoire, une algodystrophie, une chondropathie.
* Signes d’accompagnement :
Épanchement articulaire
Il est évident devant un genou gonflé, suspecté si le genou est
empâté.
Des antécédents de gonflement du genou sont recherchés.
+ Instabilité
:
Des épisodes répétés de dérobement en torsion sont très
fréquemment la traduction d’une rupture ancienne du LCA.
Des
dérobements en descente (« pseudodérobements » ou « lâchage du
genou » par sidération antalgique du quadriceps) correspondent le
plus souvent à une pathologie rotulienne.
+ Blocages :
Un blocage vrai (genou en flexion avec impossibilité d’extension,
déblocage par certaines manoeuvres) signe de façon presque
constante une anse de seau méniscale.
Il peut être douloureux ou
non.
Dans de très rares cas, il peut s’agir de la mobilisation d’un
corps étranger intra-articulaire, d’un clapet cartilagineux, d’une
tumeur synoviale pédiculée.
Un pseudoblocage (impossibilité douloureuse de fléchir le genou)
peut fréquemment se rencontrer dans les pathologies
fémoropatellaires et les plicae.
+ Douleurs brèves et brutales :
Ces douleurs surviennent à la marche dans l’axe ou lors des
mouvements de torsion ; elles apparaissent brutalement, sans
prévenir (en « éclair », en « coup de poignard »), « bloquant » le
patient sur place (il ne s’agit pas d’un vrai blocage, mais d’un pseudoblocage lié à la douleur), durant quelques secondes puis
disparaissant.
Ces symptômes évoquent un fragment instable et
mobile, accessible à l’arthroscopie : languette méniscale, corps
étranger intra-articulaire, clapet cartilagineux, voire synovite
villonodulaire localisée ou moignon de LCA.
Les douleurs brèves et
brutales peuvent entraîner un dérobement d’esquive et réflexe du
genou, mais la douleur précède alors le dérobement.
2- Examen clinique :
* Debout :
L’analyse de la morphologie des membres inférieurs recherche un
varus, un valgus, un flessum, un recurvatum, un trouble de torsion
tibiale, un strabisme rotulien.
On note un éventuel trouble veineux
des membres inférieurs.
* Marche :
On recherche une boiterie.
Certaines instabilités postéro-internes
entraînent une torsion caricaturale du genou étudié par l’arrière.
* Couché
:
+ Inspection :
Elle cherche une amyotrophie, un flessum, un gonflement du genou.
Un recul de la tubérosité tibiale antérieure (TTA) en flexion signe
une lésion du LCP.
Une TTA trop externe par rapport à l’axe du
tendon quadricipital à 30° de flexion (signe de la baïonnette) est un
facteur de risque d’hyperpression rotulienne externe.
Les amplitudes articulaires sont évaluées (valeurs normales : flexion
140°, extension 0 à 5°, valgus physiologique 3°).
+ Palpation :
Elle recherche :
– un épanchement articulaire, par le classique choc rotulien, et le
signe du flot (ou signe du « ballottement ») pour les épanchements
plus minimes (refoulement par la main de l’examinateur du liquide
du cul-de-sac vers les rampes et perception du flot liquidien par la
deuxième main).
Il faut reconnaître le rare épanchement
« suspendu » pouvant exister en cas de plica supérieure complète et
expliquant une éventuelle ponction « blanche ».
Il faut rechercher
un kyste poplité qui est l’équivalent postérieur d’un épanchement
articulaire.
Une hydarthrose peut se rencontrer dans presque toutes les lésions
articulaires.
Sa présence permet d’exclure une pathologie extraarticulaire
ou projetée.
Au moindre doute, une ponction articulaire
par voie latérorotulienne externe, avec analyse du liquide synovial,
oriente le diagnostic vers une étiologie mécanique ou inflammatoire.
Un épanchement post-traumatique immédiat (hémarthrose)
correspond dans 90 % des cas à une rupture du LCA, et dans les
autres cas à une luxation de rotule, à une désinsertion méniscale ou
à une fracture ostéochondrale.
Les autres causes d’hémarthroses sont
plus rares.
La palpation recherche également :
– les points douloureux à la pression, dont le siège oriente fortement
le diagnostic ;
– une tuméfaction :
– postérieure : kyste poplité,
– sur un interligne : kyste méniscal secondaire à une lésion
méniscale (surtout externe), fragment méniscal luxé en
sous-cutané.
Un cas particulier est le corps étranger palpable et mobile
(phénomène de la souris articulaire), ou une exceptionnelle tumeur
synoviale palpable (forme nodulaire des synovites villonodulaires
[SVN], hémangiome synovial).
+ Manoeuvres spécifiques
:
Rotuliennes :
– palpé rotulien des facettes : après avoir subluxé la rotule en
dedans et en dehors. Ce signe est très peu spécifique ;
– examen de la dynamique rotulienne dans les premiers degrés de
flexion ;
– signe de Smillie : instabilité provoquée par la poussée manuelle
de la rotule vers l’extérieur par l’examinateur, tandis qu’il effectue
une flexion progressive, provoquant une sensation d’appréhension
désagréable ;
– signe du rabot : sensation de craquement perçue par
l’examinateur qui mobilise la rotule sur la trochlée (chondropathie) ;
– craquements fémoropatellaires à l’extension active du genou (la
main de l’examinateur est posée sur la rotule) : chondropathie
fissuraire et arthrose fémoropatellaire.
Ce signe est souvent plus
net en charge, au cours de l’accroupissement.
Méniscales :
– signe de Oudard : douleur à la pression de l’interligne
fémorotibial antéro-interne lors de l’extension active du genou ;
– grinding test : patient en décubitus ventral, genou fléchi à 90° :
compression par appui sur le pied ; recherche d’une douleur dans
les mouvements de torsion externe de la jambe (pour le ménisque
interne) et interne (pour le ménisque externe) ;
– signe de MacMurray : douleur aiguë (cri méniscal interne) lors de
l’extension passive depuis 120° de flexion, le pied étant maintenu en
rotation externe et l’avancée du ménisque étant empêchée par
l’appui par un doigt sur la partie antérieure de l’interligne
fémorotibial interne ;
– manoeuvre de Cabot (cri méniscal externe) : genou fléchi en
position de tailleur, pouce dans l’interligne fémorotibial externe puis
extension de la jambe en maintenant le pied en rotation interne.
Ligamentaires : recherche de laxités :
– latérale en varus (lésion du LLE), en valgus (lésion du LLI), en
flexion à 30° et en extension par comparaison au côté sain ;
– antérieure à 30° de flexion.
Le signe de Lachman, pathognomonique
d’une lésion du LCA, consiste à maintenir d’une main
l’extrémité inférieure du fémur pendant que l’autre tente de déplacer
vers l’avant l’extrémité supérieure du tibia.
Un arrêt retardé « dur »
signe une distension ou une rupture partielle du LCA. Un arrêt
« mou » signe sa rupture complète ;
– antérieure à 90° de flexion (tiroir) témoin d’une lésion du LCA
associée à une lésion des coques postérieures.
Un tiroir aggravé en
rotation externe signe une atteinte du point d’angle postéro-interne.
À l’inverse, une aggravation en rotation interne signe une lésion du
point d’angle postéroexterne ;
– postérieure (lésion du LCP) : le meilleur signe est le recul du
rebord antérieur du plateau tibial interne par rapport au condyle à
la palpation, genou fléchi à 90°.
La recherche d’un tiroir postérieur
complète l’examen ;
– le ressaut rotatoire interne reproduit la sensation d’instabilité du
patient.
Il consiste à subluxer le plateau tibial externe sous le fémur.
Il peut être recherché à partir de la flexion ou de l’extension.
Il
réalise un ressaut particulier plus ou moins spectaculaire.
Le jerk
test se fait depuis la flexion, pied en rotation interne pendant que
l’autre main imprime un valgus et étend progressivement le genou.
Le signe de Lemaire réalise le même test en partant de l’extension,
la subluxation antérieure du plateau tibial externe se réduisant
brutalement en créant le ressaut.
En urgence, l’examen est possible sur le terrain avant la constitution
d’une hémarthrose.
Il est parfois impossible quelques heures après, en raison de la
douleur, du gonflement et de l’appréhension du sportif.
2- Évaluation fonctionnelle
:
Dans les pathologies chroniques, une évaluation fonctionnelle est
utile pour le suivi et pour certaines décisions thérapeutiques.
On
utilise habituellement l’échelle visuelle analogique (EVA) de la
douleur en 100 mm, l’indice algofonctionnel de Lequesne et/ou le
score du WOMAC.
Dans ces scores, les principaux paramètres
évaluant l’impotence fonctionnelle liée au genou sont le périmètre
de marche, la difficulté à la montée et à la descente des escaliers, la
gêne lors des gestes de la vie quotidienne (mettre ses chaussettes,
chaussures, accroupissement).
3- Exclure une douleur extra-articulaire
:
*
Douleur projetée
:
Lorsqu’il n’existe pas, à l’examen, de signe évident d’atteinte
articulaire du genou (épanchement, mobilisation limitée, point
douloureux), il faut en priorité éliminer les gonalgies projetées :
– atteinte de la hanche : une douleur d’origine coxofémorale se
manifeste classiquement par une douleur inguinale irradiant à la
face antérieure de la cuisse et au genou.
Parfois, la douleur
prédomine ou ne touche que le genou. L’examen clinique de la
hanche, surtout en rotation interne (dans le plan du lit et en flexionadduction
en maintenant le genou fixé), rétablit le diagnostic et est
complété par une radiographie ;
– cruralgie : la douleur, typiquement radiculaire (racine L3 ou L4),
peut prédominer au genou.
Il faut rechercher une lombalgie, un
signe de Léri (douleur à l’extension de la cuisse sur le bassin, genou
fléchi à 90°, le patient étant en décubitus ventral), des signes
neurologiques (abolition d’un réflexe rotulien, paresthésies,
hypoesthésie du territoire atteint, amyotrophie du quadriceps, déficit
musculaire du quadriceps ou du psoas).
* Pathologie abarticulaire :
+ Tendinites
:
Rencontrées surtout en milieu sportif, leur diagnostic est clinique.
Il
s’agit d’une douleur localisée au tendon atteint, reproduite à la
pression sur l’insertion tendineuse et à la mise en tension contrariée.
Les radiographies, facultatives, sont normales ou montrent rarement
une calcification d’hydroxyapatite.
En cas de doute, l’échographie
précise la lésion en montrant un épaississement du tendon, un
aspect hétérogène, et parfois des nodules.
Des signes de rupture sont
recherchés. Le recours à une IRM est le plus souvent inutile.
Le traitement consiste en une mise au repos du genou, l’application
locale de glace et d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS),
parfois une infiltration (à éviter sur l’appareil extenseur), des
étirements et une physiothérapie.
Les principales localisations sont :
– appareil extenseur :
– tendinite rotulienne : c’est le plus souvent une ténopériostite de
la pointe de la rotule se manifestant par une douleur sousrotulienne
exacerbée lors de la montée ou la descente des escaliers
et la flexion en charge du genou ;
– maladie d’Osgood-Schlatter : cette épiphysite de croissance est
liée à un retard d’ossification de la TTA.
Elle se manifeste chez
l’adolescent par une douleur de la région de la TTA, souvent
accompagnée d’une tuméfaction.
Les radiographies montrent des
modifications de l’insertion osseuse du tendon (décollement,
arrachement, fragmentation, isolement d’un noyau osseux).
Le
traitement, difficile, dépend de la forme clinique et peut aller
jusqu’à une immobilisation plâtrée. Cependant, l’évolution est
habituellement favorable en fin de croissance ;
– tendinite quadricipitale : rare, elle se manifeste par une douleur
sus-rotulienne.
Il faut se méfier, chez le sujet âgé, d’une rupture à
bas bruit. Les radiographies montrent parfois une ossification susrotulienne,
et l’échographie affirme le diagnostic ;
– tendinite de la patte d’oie : diagnostic rare, elle correspond à une
tendinite d’insertion des ischiojambiers.
La douleur est réveillée par
la palpation de la face interne du tibia en dessous de l’interligne fémorotibial interne.
Il existe parfois une tuméfaction en rapport
avec une bursite.
La flexion contrariée du genou déclenche la
douleur.
En cas d’échec du traitement médical habituel des
tendinites, une infiltration locale est souvent efficace.
Il faut préciser
qu’une telle zone douloureuse à la pression existe aussi dans la
gonarthrose et la fracture de fatigue du plateau tibial interne, pour
lesquelles le diagnostic de tendinite de la patte d’oie ne doit pas être
porté par excès ;
– syndrome de la bandelette iliotibiale de Maissiat : apanage du
coureur de fond, il s’agit d’un conflit entre le fascia lata et le condyle
externe (mécanisme de l’essuie-glace dans les mouvements de
flexion-extension répétés).
Le genu varum est un facteur favorisant.
La douleur survient progressivement après un temps de course
souvent long et oblige le coureur à s’arrêter.
L’examen montre un
point douloureux nettement au-dessus de l’interligne externe.
La
douleur est reproduite par la pression de la bandelette iliotibiale en
réalisant une extension passive du genou de 90° à 0° (test de Noble).
Le traitement fait appel au repos, à la confection d’orthèses
plantaires avec coin externe valgisant, aux infiltrations locales, et très
rarement à la chirurgie.
+ Hygroma du genou :
Il s’agit d’une bursite prérotulienne, le plus souvent secondaire à
des microtraumatismes répétés (travail à genou du carreleur) ou à
un traumatisme direct.
Une infection doit être éliminée.
L’hygroma
du genou se présente comme une tuméfaction molle, souvent peu
douloureuse, située à la face antérieure du genou.
L’examen
clinique ne montre pas d’épanchement articulaire et la mobilisation
du genou est normale.
Le traitement comporte des topiques locaux,
des ponctions évacuatrices avec infiltration cortisonique en l’absence
d’épanchement sanglant, en prenant garde au risque de surinfection
propre à cette pathologie.
Les cas rebelles justifient un traitement
chirurgical.
La bursectomie arthroscopique est un apport récent.
4- Genou mécanique ou inflammatoire
:
La clinique permet le plus souvent de différencier un genou
mécanique d’un genou inflammatoire.
En cas de doute, la
confirmation est obtenue par les examens biologiques (élévation de
la vitesse de sédimentation [VS] et de la protéine C réactive [CRP]),
et surtout par l’analyse du liquide synovial comportant une
numération et une formule cellulaire.
Il faut signaler certaines pathologies d’allure pseudoinflammatoire,
telles que l’algodystrophie ou l’ostéome ostéoïde,
présentant un aspect clinique pseudo-inflammatoire qui contraste
avec une biologie normale et un liquide synovial mécanique en cas
d’épanchement.
B - EXAMENS PARACLINIQUES :
1- Radiographies
:
Longtemps normales dans la plupart des pathologies, elles sont
cependant indispensables, sauf en cas de pathologie abarticulaire.
L’ordonnance type est la suivante :
– radiographies comparatives des genoux :
– face en charge ;
– face en « schuss » (flexion 30°) ;
– profil ;
– défilés fémoropatellaires 45° ;
– bassin de face.
La mesure de l’épaisseur de l’interligne articulaire (utilisation d’une
simple règle millimétrée) se justifie dans les atteintes du cartilage (arthroses) et nécessite de bonnes conditions techniques : genou de
face (épines tibiales au centre de l’échancrure intercondylienne), avec
rayon enfilant le plateau tibial.
Le cliché en « schuss » permet une
détection plus précoce de la gonarthrose (pincement fémorotibial
postérieur).
Pour explorer les pathologies rotuliennes, les incidences axiales
(défilés fémoropatellaires) et le profil strict (condyles superposés)
permettent d’apprécier la présence de dysplasies ou d’instabilités
objectives.
Une gonalgie projetée, provenant d’une pathologie de
hanche est recherchée par la radiographie du bassin.
Les téléradiographies (clichés grands axes des membres inférieurs)
permettent un calcul des déviations axiales en varus ou en valgus,
et ne sont justifiées qu’en préopératoire ou pour aider au
pronostic.
2- Ponction articulaire
:
Une ponction doit être effectuée devant tout épanchement articulaire
initial (d’autant qu’elle a un effet antalgique immédiat), avec de
strictes conditions d’asepsie, et en l’absence d’hypocoagulation
(exception pour les suspicions d’arthrite septique qui constituent
une urgence).
En pratique, un à trois tubes sont envoyés au laboratoire de
bactériologie de cytologie ou d’anatomopathologie selon le contexte,
avec un libellé adapté.
L’analyse du liquide articulaire permet de diagnostiquer :
– une hémarthrose ;
– un épanchement mécanique (liquide transparent et visqueux,
numération < 2000 éléments/mm3 avec moins de 50 % de
polynucléaires) ;
– un épanchement inflammatoire (liquide fluide et trouble,
numération > 2000 éléments/mm3 avec plus de 50 % de
polynucléaires sauf dans les arthrites lymphocytaires).
La recherche
de facteurs immunologiques dans le liquide articulaire offre peu
d’intérêt ;
– une arthrite microcristalline (cristaux d’urate de sodium dans la
goutte, cristaux de pyrophosphate de calcium dans la
chondrocalcinose articulaire [CCA]) : cette analyse nécessite un
laboratoire spécialisé possédant un microscope à polarisation ;
– et surtout une arthrite septique (identification d’un germe, aspect
purulent, numération élevée avec polynucléaires altérés).
3- Biologie :
Un bilan sanguin est prescrit en cas de gonalgie de type
inflammatoire ou en cas de doute.
Il comprend toujours un bilan
inflammatoire ; les autres examens sont orientés selon le contexte
clinique et les antécédents.
4- Scintigraphie osseuse :
Bien que non spécifique, l’avantage de cet examen est sa sensibilité
pour détecter toute affection osseuse infraradiologique.
Supplantée
par l’IRM, la scintigraphie garde un intérêt pour le bilan
d’ostéopathies à localisations multiples (ostéonécrose aseptique
[ONA], métastases osseuses, maladie de Paget,...) ou en cas
d’impossibilité d’obtenir une IRM.
5- Imagerie par résonance magnétique (IRM)
:
C’est le meilleur examen pour explorer toutes les structures
anatomiques du genou (os, ménisques, ligaments), à l’exception du
cartilage, dont l’analyse magnétique n’est pas encore suffisamment
fiable.
Cependant, son prix et son accessibilité en limitent les
indications aux genoux douloureux mal cadrés par le bilan initial, et
au bilan anatomique préopératoire.
Les séquences T1, T2, T2 fat sat
ou en écho de gradient sont habituellement suffisantes.
Lorsque l’on
suspecte une pathologie synoviale tumorale ou pseudotumorale
(SVN [synovite villanodulaire] en particulier), une séquence T1
après injection de gadolinium est utile pour différencier le tissu
synovial de l’épanchement articulaire.
L’interprétation des lésions
méniscales doit être prudente, surtout après 50 ans, où l’on observe
très fréquemment des hypersignaux méniscaux sans signification
clinique.
6- Scanner et arthroscanner :
Le scanner possède peu d’indications dans la pathologie du genou :
bilan préopératoire d’une instabilité rotulienne, exploration d’une
tumeur osseuse (ostéome ostéoïde en particulier).
L’arthroscanner, en revanche, est particulièrement utile pour
l’exploration des chondropathies fémoropatellaires, et fémorotibiales
infraradiologiques, des chondromatoses synoviales non ossifiées, et
pour le diagnostic de lésion méniscale instable en l’absence d’IRM
ou sur ménisque dégénératif.
7- Échographie :
Cet examen simple et peu coûteux a pour indications principales la
pathologie abarticulaire, et l’exploration d’un kyste poplité.
8- Arthroscopie :
Elle possède un rôle thérapeutique essentiel, en dehors de la
gonarthrose, dans la pathologie non osseuse du genou
(méniscectomie, ablation de corps étrangers, synovectomie...), avec
une morbidité très faible par rapport à la chirurgie conventionnelle.
Son intérêt diagnostique est très limité, actuellement, par les
performances de l’IRM et de l’arthroscanner avec coupes de
reconstruction.
Il se réduit surtout aux pathologies synoviales,
l’arthroscopie permettant en particulier des biopsies synoviales
dirigées (SVN, arthrites septiques).
9- Biopsie synoviale :
Rarement indiquée, elle peut être réalisée à l’aveugle au trocart, ou
mieux, de façon dirigée sous arthroscopie, ce qui en améliore le
rendement.
Les meilleures indications de la biopsie synoviale du genou sont les
suspicions de certaines affections synoviales.
Elle permet
la confirmation anatomopathologique du diagnostic, et assure une
identification du germe plus performante que dans le liquide
synovial au cours des arthrites infectieuses.
C - ORIENTATIONS DIAGNOSTIQUES
:
1- Diagnostic clinique anatomique
:
Un interrogatoire soigneux et un bon examen clinique orientent
souvent rapidement le diagnostic d’un genou mécanique.
2- Diagnostics selon l’âge :
En pathologie non traumatique, certains diagnostics sont évoqués
préférentiellement selon l’âge du patient, bien que cette
distinction reste schématique.
3- Diagnostics « minute »
:
Certains diagnostics sont habituellement posés immédiatement
après l’examen clinique.
Les examens paracliniques
n’ont d’intérêt que pour la stratégie thérapeutique.
Pathologies :
A - PATHOLOGIES DU CARTILAGE
:
1- Chondropathies :
Elles sont très fréquentes et peuvent toucher un ou plusieurs
compartiments du genou.
Ces chondropathies ont fait l’objet de plusieurs classifications
anatomopathologiques ou arthroscopiques.
Beguin et Locker ont perfectionné la classification initiale
d’Outerbridge en introduisant la notion de profondeur des fissures.
Le score de la Société française d’Arthroscopie, utilisé en recherche,
intègre les deux classifications en tenant compte à la fois de la
profondeur des lésions et de leur surface.
Les chondropathies peuvent être idiopathiques, traumatiques ou
microtraumatiques, ou encore apparaître sur une dysplasie.
Elles sont d’une extrême fréquence chez le sujet âgé, mais peuvent
également survenir très précocement, chez le sujet jeune présentant
des antécédents traumatiques ou une dysplasie.
Fait majeur, il
n’existe aucune corrélation anatomoclinique, et la découverte d’une
chondropathie devant un genou douloureux ne doit pas faire
conclure à sa responsabilité.
La douleur est mécanique, localisée au compartiment atteint, et déclenchée par la pression ou la mise en charge de
la zone atteinte.
Elle s’accompagne parfois d’un épanchement
articulaire mécanique.
Le diagnostic de chondropathie fissuraire du genou est établi par
l’arthroscanner du genou, et parfois par l’IRM.
Un oedème osseux sous-chondral en IRM, peut parfois expliquer une partie des
douleurs.
Dans les atteintes superficielles difficiles à mettre en
évidence, l’arthroscopie permet la visualisation directe des lésions
cartilagineuses (quatre stades précédemment décrits).
Cependant,
l’arthroscopie est indiquée seulement en cas de symptomatologie
d’obstacle mécanique (clapet cartilagineux), et à titre thérapeutique.
Un cas particulier mérite d’être décrit : le clapet cartilagineux, en
particulier rotulien.
Cette chondropathie assimilée à un stade III est
une véritable fracture chondrale, et survient à la suite de
traumatismes ou microtraumatismes.
Le clapet se manifeste par une
douleur vive lors de certains mouvements, avec souvent une
sensation d’accrochage et parfois des blocages brefs.
Un
épanchement articulaire est souvent présent.
L’arthroscanner du
genou dépiste la lésion, qui est confirmée et traitée par arthroscopie.
Le lien entre chondropathie et arthrose est difficile à établir.
La chondropathie est bien la manifestation initiale de la dégradation
articulaire arthrosique, et une chondropathie de stade IV est
assimilée à une arthrose lorsqu’elle est étendue.
Cependant,
l’évolution inéluctable d’une chondropathie (en particulier
rotulienne) vers l’arthrose, n’est pas démontrée.
De même, le lien
entre chondropathie et syndrome rotulien est loin d’être démontré.
Le traitement des chondropathies vise à diminuer l’hyperpression
de la zone atteinte, et s’apparente à celui de la gonarthrose.
2- Pathologie fémoropatellaire
:
*
Syndrome rotulien douloureux
:
Il représente une entité extrêmement fréquente, en particulier chez
les sujets jeunes.
Le tableau clinique se limite à une douleur
antérieure mal définie, autour de la rotule, mais parfois irradiée vers
l’un des interlignes fémorotibiaux.
La douleur est accentuée par la
descente des escaliers, la station assise prolongée (signe du cinéma :
douleur calmée par l’extension).
Elle peut s’accompagner de pseudoblocages ; ceux-ci se différencient en tout point des blocages
vrais : ils sont fugaces, empêchent la flexion et non l’extension, et ne
nécessitent pas de manoeuvres de déblocage, puisqu’il n’existe pas
d’obstacle mécanique.
Un épanchement articulaire de type
mécanique peut survenir.
Les examens complémentaires sont
normaux.
En particulier, les radiographies ne montrent
habituellement pas de signe de dysplasie rotulienne ou trochléenne.
Le traitement de ces douleurs antérieures du genou est difficile.
Il
fait appel à l’arrêt des activités sportives et à la rééducation essentiellement dirigée vers l’étirement musculaire du droit
antérieur et des ischiojambiers.
Le renforcement du vaste interne,
longtemps prôné par assimilation à la dysplasie fémoropatellaire,
n’a pas d’indication logique dans ce syndrome douloureux.
Les
antalgiques, les AINS et la physiothérapie antalgique sont utilisés
ponctuellement lors des phases douloureuses.
Il n’y a aucune
indication chirurgicale dans cette pathologie.
* Instabilités rotuliennes :
Il s’agit d’un symptôme traduisant un mauvais engagement de la
rotule dans la trochlée fémorale au cours de la flexion du genou,
entraînant une luxation externe de la rotule.
Les instabilités
rotuliennes ont été parfaitement classées par l’École lyonnaise,
qui différencie :
– l’instabilité rotulienne objective qui comporte toujours au moins
un épisode de luxation ;
– l’instabilité rotulienne potentielle au cours de laquelle aucun
épisode de luxation vraie n’est survenu.
Les signes cliniques apparaissent souvent à l’adolescence, chez la
fille dans 75 % des cas, et affectent les deux genoux dans 40 % des
cas.
On peut observer des épisodes de luxation de rotule (avec
hémarthrose habituelle) ou une instabilité subjective avec sensation
de rotule qui lâche.
L’examen clinique recherche une rotule hyperlaxe.
Les radiographies montrent dans les deux types d’instabilité, les
mêmes anomalies mais à des degrés différents :
– la dysplasie de la trochlée (aplatie) est le facteur principal.
Elle
s’analyse sur les incidences axiales (mesure de l’angle trochléen), et
surtout sur le profil strict du genou qui montre une insuffisance de
profondeur de la gorge trochléenne, et parfois un signe du
croisement ;
– les malpositions rotuliennes (bascule externe de la rotule et subluxation rotulienne externe) sont recherchées sur les vues axiales, et l’accentuation de la distance TA-GT sur le scanner sont
d’autres facteurs importants.
Une bascule et une subluxation
rotulienne externe peuvent être associées ;
– une rotule haute (patella alta) est recherchée sur le cliché de profil
par divers index.
Le plus simple paraît être l’index de Caton.
La radiographie en incidence axiale peut montrer un arrachement
de l’insertion osseuse de l’aileron interne signant au moins un
épisode de luxation rotulienne.
Le cliché de profil à 15° de flexion
fournit de nombreuses informations sur la position de la rotule à un
degré de flexion qui n’est pas analysable en incidence axiale.
Il
permet d’apprécier la profondeur et la hauteur de la gorge trochléenne, facteur essentiel d’instabilité.
L’arthromètre, créé par Lequesne, permet de mesurer les
paramètres des dysmorphies fémoropatellaires sans tracer de lignes
sur les clichés.
Le traitement des instabilités rotuliennes fait appel au renforcement
et aux étirements du quadriceps, aux exercices proprioceptifs, au
port d’une genouillère rotulienne, et au repos sportif éventuel.
La
répétition des épisodes de luxation ou de subluxation est une
indication à la chirurgie correctrice des facteurs d’instabilité.
La
technique dépend de l’analyse précise de ces facteurs (plastie des
parties molles, transposition de la TTA, rarement plastie
trochléenne,...).
3- Gonarthrose
:
* Définitions :
La gonarthrose, cause essentielle des douleurs du genou après 40
ans, est une maladie globale de l’articulation, caractérisée par une
usure du cartilage, associée à une ostéophytose, un remaniement de
l’os sous-chondral et une inflammation minime de la membrane
synoviale.
Les définitions officielles sont utilisées en recherche, mais ne sont
pas satisfaisantes en pratique clinique.
La définition radiologique, la plus utilisée, est basée sur les
altérations anatomiques sous forme de pincement articulaire
(conséquence de la dégradation articulaire ou chondrolyse) et
d’ostéophytose.
Les critères cliniques et radiologiques de l’ACR sont : une douleur
du genou avec au moins un des critères suivants : âge supérieur à
50 ans, raideur matinale de moins de 30 minutes, crépitements et
présence d’ostéophytes à la radiographie.
Cette définition est utilisée
pour unifier le classement des cas en recherche clinique, car elle
permet l’élimination de la plupart des autres causes, en particulier
inflammatoires.
Mais elle ne prend pas en compte le pincement
articulaire.
En pratique, le diagnostic de gonarthrose est facile lorsqu’il existe
des signes radiographiques.
Or, ces signes reflètent une atteinte
cartilagineuse déjà évoluée.
Le diagnostic est beaucoup plus difficile devant des radiographies
normales.
Ce sont l’arthroscanner, l’arthroscopie, et plus récemment
l’IRM, qui pourraient dépister des lésions cartilagineuses débutantes
(ou évoluées mais circonscrites), indétectables par les radiographies
standards.
Mais pour des raisons en particulier économiques, ces
examens ne sont pas utilisables pour le dépistage précoce de
l’arthrose.
* Épidémiologie et formes topographiques de la gonarthrose
:
La prévalence de la gonarthrose est corrélée à l’âge, avec une
fréquence supérieure chez la femme.
La prévalence de la gonarthrose avec signes cliniques est de 10 %
des femmes âgés de 55 à 64 ans, de 15 % entre 64 et 75 ans, et
dépasse 30 % au-delà de 85 ans.
La prévalence de la gonarthrose
radiologique est encore plus fréquente, dépassant 20 % après 65
ans.
La gonarthrose affecte un ou plusieurs compartiments, le plus
souvent fémoropatellaire, fémorotibial interne, et plus rarement
fémorotibial externe.
Elle touche deux compartiments (fémorotibial
interne et fémoropatellaire) dans 15 à 20 % des cas.
Elle est bilatérale
dans deux tiers des cas.
* Facteurs de risque de la gonarthrose
:
Le développement d’une gonarthrose peut être favorisé par des
facteurs biomécaniques locaux responsables d’hyperpression et de
lésions du cartilage, et par des facteurs généraux de susceptibilité
générale à l’arthrose.
* Tableau clinique
:
Avant tout, il est important de rappeler que la découverte
radiologique d’une gonarthrose est banale, et ne s’accompagne pas
toujours de symptômes.
La douleur est le symptôme principal mais
son intensité n’est pas corrélée à la sévérité radiologique de
l’arthrose.
Il s’agit d’une gonalgie d’horaire mécanique, localisée au
compartiment atteint, habituellement progressive dans l’arthrose fémorotibiale interne, la douleur siège sur l’interligne interne, et
survient à la marche ou la station debout prolongée, dans l’arthrose
fémoropatellaire, la douleur est antérieure, parfois poplitée, et se
déclenche lors de la descente de pentes ou d’escaliers, et à la station
assise prolongée.
La gonalgie peut prendre un caractère discrètement
inflammatoire, avec réveils nocturnes et dérouillage matinal, au
cours des poussées dites « congestives » de l’arthrose, qui sont une
réaction à une phase de chondrolyse.
La douleur s’accompagne d’une boiterie et d’une impotence
fonctionnelle variables.
La flexion est souvent limitée par la douleur,
et un flessum du genou peut s’observer dans certaines arthroses plus
ou moins évoluées.
Un épanchement articulaire peut émailler l’évolution de l’arthrose.
Il signe une poussée congestive.
Il s’agit d’un liquide synovial mécanique, dont la numération est inférieure à 2 000 éléments par
mm3, avec moins de 50 % de polynucléaires.
Des cristaux
(pyrophosphates et autres cristaux calciques) peuvent être présents
en dehors d’une crise de pseudogoutte mais ne sont pas
constamment détectés dans les ponctions.
En microscopie
électronique, des cristaux calciques sont trouvés dans 60 à 70 % des
liquides d’arthrose évoluée sans chondrocalcinose radiologique.
* Signes radiologiques :
Rappelons l’utilité des radiographies comparatives des genoux :
debout en charge de face en extension, debout en charge en position
de « schuss » en postéroantérieur, de profil strict (condyles
superposés), incidence axiale à 30°.
Dans l’arthrose, s’associent à un degré variable :
– un pincement articulaire :
– fémorotibial interne ou externe sur les clichés de face (surtout
en schuss),
– fémoropatellaire sur les incidences axiales ;
– des ostéophytes en zone articulaire non portante ;
– une condensation osseuse dans les formes évoluées ;
– des géodes osseuses sous-chondrales.
Le degré de sévérité de la gonarthrose est défini à la fois par
l’importance du pincement articulaire et la présence d’ostéophytes
(stades de Kellgren et Lawrence).
Grades de Kellgren et Lawrence :
– 0 : normal
– 1 : ostéophyte de signification douteuse
– 2 : ostéophyte net sans modification de l’interligne articulaire
– 3 : ostéophyte net et modification de l’interligne articulaire
– 4 : pincement sévère de l’interligne et sclérose de l’os sous-chondral.
La recherche de troubles statiques ou de dysplasie est étudiée :
– sur les clichés en profil strict et les incidences axiales pour
l’articulation fémoropatellaire ;
– sur les téléradiographies des membres inférieurs (gonométrie)
pour mesurer la déviation frontale en varus ou en valgus dans
l’arthrose fémorotibiale en préopératoire.
Une incidence
complémentaire de face en appui monopodal peut compléter le bilan
préopératoire.
* IRM :
Elle n’est pas d’indication habituelle dans la gonarthrose, en dehors
des syndromes douloureux aigus, ou rebelles, pour lesquels d’autres
pathologies sont recherchées (ONA, fracture, rupture méniscale,...).
Des anomalies de signal de l’os sous-chondral peuvent être
constatées au cours de l’arthrose :
– un « oedème osseux» peut apparaître au sein d’un condyle, dans
un plateau tibial ou encore sur une facette rotulienne.
La présence
d’un oedème étendu est fortement corrélée à la douleur ;
– une fissure de contrainte se traduit typiquement par une fine strie
qui reste en hyposignal en T1 et T2, située dans la profondeur de
l’épiphyse ;
– une nécrose épiphysaire de contrainte plus souvent condylienne
que tibiale, se traduit par un cerne arciforme en hyposignal T1
convexe vers l’interligne et situé en zone portante maximale. Un
oedème d’importance variable entoure la lésion.
L’évolution se fait
vers une disparition de l’oedème ; une dissection avec aspect en
« coquille d’oeuf » ou séquestre est possible de même qu’un
collapsus de l’os sous-chondral (dépression concave avec halo de
condensation).
Cette lésion serait plus proche d’une pathologie microfracturaire que d’une ischémie ;
– des géodes peuvent faire tardivement leur apparition dans l’os sous-chondral. Circonscrites, leur contenu est souvent liquidien
(hyposignal T1, hypersignal T2).
* Arthroscopie :
Elle ne trouve sa place dans l’exploration ou le traitement de la
gonarthrose que dans certains cas particuliers.
Néanmoins, elle
démasque et explique un certain nombre de dérangements
articulaires responsables de poussées douloureuses dans
l’arthrose.
+ Synovite
:
Une synovite est observée de façon habituelle dans les poussées
congestives de gonarthrose, de type mécanique irritative, villositaire
« poubelle », ou microcristalline.
+ Ménisques
:
L’arthroscopie montre les différentes lésions méniscales qui peuvent
émailler l’évolution d’une gonarthrose et transformer sa
symptomatologie.
La lésion méniscale dégénérative de type IV est rare au cours
de la gonarthrose évoluée.
Elle touche plus souvent l’homme actif.
Véritable « fracture de fatigue » du ménisque interne, son siège et sa
forme sont caractéristiques : fissure oblique de la jonction entre
segment moyen et postérieur.
Elle survient spontanément ou
au cours d’un effort banal (accroupissement surtout), et entraîne des
douleurs sur l’interligne interne. Elle s’accompagne volontiers d’un
épanchement minime.
Le rabotage méniscal est plus fréquent : le ménisque est raboté ou
déchiré par une lésion cartilagineuse lors du passage au cours du mouvement.
Cette lésion du ménisque est un élément secondaire
mais peut jouer un rôle dans la douleur.
L’arthroscopie explique les
douleurs par la sollicitation mécanique excessive du mur méniscal
périphérique, zone innervée et vascularisée du ménisque.
Elle
permet de comprendre ce qu’est une « périméniscite », en montrant
la synovite mécanique paraméniscale localisée due à l’irritation de
la paroi par une languette méniscale instable ou par une ulcération
cartilagineuse condylienne en regard.
+ Cartilage
:
L’arthroscopie permet un examen détaillé des lésions du cartilage.
Elle montre des lésions débutantes et ouvre le débat de la frontière
entre chondropathie et arthrose.
Elle explique pourquoi des radiographies normales avec interligne
conservé n’excluent pas une lésion cartilagineuse majeure
(ulcération) ; en effet, si la lésion est à l’emporte-pièce et que ses
bords ont une épaisseur conservée, elle peut n’entraîner aucun
pincement radiographique, l’ulcération restant « suspendue » en
pont au-dessus de ses bords.
Elle montre que les lésions du cartilages sont variables :
amincissement régulier, effritement rugueux avec microfragments
instables, lambeaux décollés, ces deux dernières formes
correspondant probablement aux chondrolyses « rapides ».
L’arthroscopie montre qu’une languette méniscale négligée peut
parfois se comporter comme un agent agressif pour le cartilage et
créer à elle seule une lésion de voisinage.
Mais ceci ne justifie en
rien une méniscectomie abusive, susceptible d’être arthrogène, et
même de provoquer une chondrolyse rapide, en supprimant le rôle
amortisseur du ménisque.
Rappelons que les méniscectomies ne sont
indiquées dans l’arthrose que pour les lésions méniscales franches,
instables et symptomatiques.
L’arthroscopie peut montrer des dépôts calciques qui n’apparaissent
parfois ni sur la radiographie, ni sur des prélèvement liquidiens.
+ Os sous-chondral :
Il est visible lorsqu’il est à nu, exposé dans une zone de cartilage
ulcérée.
L’examen endoscopique éclaire d’un jour nouveau les
lésions osseuses en montrant la dureté de l’os sous-chondral : dans
certaines arthroses, l’os sous-chondral est extrêmement dur,
comparable à de l’ivoire et on comprend facilement qu’un contact
« ivoire-ivoire » soit très bien toléré ; dans d’autres arthroses, l’os est
très friable, granité, et le contact entre deux surfaces osseuses
dénuées de cartilage entraîne un rabotage qui libère des fragments
osseux micro- ou macroscopiques.
* Biologie
:
Elle est normale au cours de l’arthrose.
Le bilan inflammatoire est
négatif (la VS et la CRP sont normales).
* Évolution de la gonarthrose :
La gonarthrose peut être indolore et ne se traduire que par des
signes radiologiques.
Lorsqu’elle est symptomatique, elle évolue habituellement par
poussées dont l’origine n’est pas univoque : les douleurs ne peuvent
trouver leur origine que dans les structures innervées.
Au genou, les
seules structures articulaires pourvues de récepteurs de la douleur
sont la synoviale, la capsule articulaire, la partie périphérique du
ménisque et l’os sous-chondral.
Le cartilage lui-même, est dépourvu
de récepteurs et ne peut donc pas être directement en cause dans la
genèse de la douleur.
À partir de ces constatations, il a été proposé de distinguer trois
types de poussées douloureuses dans la gonarthrose, dont les
tableaux cliniques sont différents.
Ces poussées
peuvent bien entendu être intriquées, mais l’une d’entre elles est
généralement au premier plan.
+ Poussée synoviale (ou poussée congestive)
:
La synovite est induite par la résorption de fragments de cartilage
macroscopiques, microscopiques, voire enzymatiques, ou par la
résorption de particules osseuses en cas d’ostéolyse sous-chondrale.
Elle se traduit par des douleurs plus inflammatoires, et par un
épanchement qui indique une synovite.
Il a été montré que le degré
de synovite était corrélé à une dégradation arthrosique accélérée.
+ Poussée méniscale
:
Une lésion méniscale peut émailler l’évolution d’une gonarthrose et
la rendre douloureuse alors qu’elle était parfaitement ou
correctement tolérée (atteinte de la zone périphérique innervée ou périméniscite par traction d’un fragment méniscal instable).
Une
rupture méniscale peut survenir sans traumatisme sur un ménisque
dégénératif et indépendamment du degré d’arthrose.
La douleur
interne intermittente souvent liée aux mouvements de torsion est
habituelle dans les lésions méniscales internes dégénératives.
Les
blocages sont exceptionnels en raison du type de lésion du ménisque
(lésion transversale ou oblique qui ne peut pas entraîner de blocage
vrai comme une lésion longitudinale à type d’anse de seau).
+ Poussée osseuse : ostéopathie sous-chondrale
L’os sous-chondral peut être le siège d’oedème, de fractures et de
nécroses de contrainte, sources de douleurs. Une douleur intense à
l’appui, en l’absence d’épanchement important, et surtout une
douleur vive à la pression osseuse à distance de l’interligne, sont
évocatrices des ostéopathies sous-chondrales.
Ces atteintes peuvent
être décelées par une hyperfixation scintigraphique intense localisée,
et confirmées par l’IRM.
Ces examens ne sont toutefois pas
réalisables en pratique courante dans l’arthrose.
Une forme évolutive de la gonarthrose, rare mais grave sur le plan
fonctionnel, est à connaître : la chondrolyse rapide (ou gonarthrose
destructrice rapide).
Il s’agit d’une dégradation accélérée du
cartilage, marquée par une douleur d’intensité croissante d’horaire
inflammatoire, avec un épanchement articulaire important
comportant parfois de gros fragments cartilagineux à la ponction.
Elle est caractérisée par un pincement articulaire rapide sur des
radiographies successives (plus de 2 mm en moins de 6 mois).
Il
s’agit d’une urgence thérapeutique (décharge du membre : deux
cannes anglaises avec appui partiel pendant 3 à 4 mois, lavage
articulaire avec corticoïdes), car le compartiment atteint peut se
dégrader rapidement, et nécessiter une arthroplastie à court terme.
Un certain nombre de ces chondrolyses rapides sont déclenchées par
des méniscectomies arthroscopiques au cours de la gonarthrose.
* Prise en charge thérapeutique de la gonarthrose
:
Recommandations récentes de l’EULAR (Jordan KM et al.
EULAR recommendations: an evidence based Medicine approach to
knee osteoarthritis. Ann Rheum Dis 2003 ; 62 (suppl I) : 72).
Ces recommandations ont été établies selon un niveau de preuve de
1A à 4 calculé après analyse des publications selon le principe de
l’« Evidence based Medicine » ; 1A est le niveau de preuve maximal.
R1. La prise en charge optimale de la gonarthrose repose sur la
combinaison de thérapeutiques pharmacologiques et non
pharmacologiques (1B).
R2. Le traitement de la gonarthrose doit être personnalisé en
fonction :
– de facteurs de risque locaux (obésité, contraintes mécaniques,
activité physique) ;
– de facteurs de risque généraux (âge, comorbidité, traitements
concomitants) ;
– de l’intensité de la douleur et du niveau de handicap ;
– de signes locaux d’inflammation (épanchement) ;
– du siège et du degré des lésions structurales.
R3. Les traitements non pharmacologiques de la gonarthrose doivent
comprendre l’éducation du patient (1A), des exercices (1B),
l’utilisation d’aides techniques (cannes, semelles) et la réduction
d’une surcharge pondérale.
R4. Le paracétamol est l’antalgique de première intention, à
poursuivre au long cours si l’efficacité est suffisante (1B).
R5. Les topiques locaux (AINS, capsaïcine) sont efficaces et bien
tolérés (1B).
R6. Les AINS par voie générale ou locale doivent être utilisés en cas
d’échec du paracétamol.
En cas d’augmentation du risque digestif,
le choix peut se faire soit vers un coxib, soit vers un AINS classique
avec protecteur gastrique (1B).
R7. Les opiacés, seuls ou associés au paracétamol, sont une
alternative utile au cas où les AINS (dont les coxibs) sont contreindiqués,
inefficaces, et/ou mal tolérés (1B).
R8. Les antiarthrosiques symptomatiques d’action lente dits AAAL
(glucosamine sulfate [1A], chondroïtine sulfate [1A], insaponifiables
d’avocat et de soja [1B], diacérhéine [1B] et acide hyaluronique [1B])
ont un effet symptomatique et pourraient être structuromodulateurs
(« chondroprotecteur »).
R9. L’infiltration intra-articulaire d’un corticoïde retard est indiquée
en cas de poussée de la gonarthrose (1B), surtout si elle
s’accompagne d’un épanchement.
R10.
La mise en place d’une prothèse doit être envisagée chez les
patients avec arthrose radiologique prouvée, en cas de douleurs
rebelles associées à un handicap important.
+ Règles de vie :
Elles visent à réduire la surcharge du compartiment usé :
amaigrissement, semelles amortissantes et correctrices, port d’une
canne, périodes de repos quotidien.
De même, il est nécessaire
d’éviter le port de charges lourdes, les talons hauts, la marche et la
station debout prolongées.
Un exercice physique régulier vise à
maintenir la tonicité du quadriceps.
+ Rééducation :
Elle effectue un renforcement du quadriceps, facteur important de
stabilisation des lésions, et lutte contre le développement d’un flessum.
+ Médicaments
:
Les antalgiques représentent le traitement de première intention,
avec le paracétamol, et en cas d’échec, les antalgiques de niveau
supérieur.
Les AINS sont utilisés si les douleurs résistent aux antalgiques, ou
d’emblée en cas de poussée congestive arthrosique.
Les anti-COX2
(coxibs) sont à privilégier sur ce terrain souvent âgé.
Les antiarthrosiques symptomatiques d’action lente sont prescrits au
long cours pour diminuer les poussées douloureuses, et peut-être
ralentir la dégradation cartilagineuse (diacérhéine, insaponifiables
d’avocat et de de soja, chondroïtine sulfate,...).
+ Gestes thérapeutiques locaux :
Ils méritent d’être détaillés, car certains sont d’un apport récent.
– Infiltrations cortisoniques : bien qu’utilisées depuis toujours, elles
ont été récemment remises en question quant à leur efficacité (études
contre placebo : efficacité supérieure du corticoïde pendant 1 à 4
semaines seulement !).
Nous insistons sur la difficulté technique
souvent méconnue d’être réellement intra-articulaire.
Pour le
genou, la meilleure voie est supéropatellaire externe, et les plus
mauvaises voies d’infiltration sont antéroexterne et antéro-interne
car elles comportent un risque important d’injection dans le paquet
adipeux de Hoffa.
L’indication logique d’une infiltration
cortisonique reste la poussée douloureuse dite inflammatoire d’une
articulation, qui comporte habituellement une hydarthrose facilitant
le geste.
– Les synoviorthèses peuvent être réalisées avec divers produits, et
sont proposées dans certaines arthroses avec épanchement
réfractaire :
– hexacétonide de triamcinolone (Hexatrionet : corticoïde fluoré
puissant utilisé en première intention (on peut aussi le classer
dans les infiltrations),
– radio-isotopes (Yttrium 90 pour le genou, associé aux
corticoïdes retard type Hexatrionet.
Elles nécessitent une brève
hospitalisation et une immobilisation stricte.
– L’utilisation de l’acide osmique pose un problème, car il s’agit
d’un réactif de laboratoire sans autorisation de mise sur le marché
(AMM) chez l’homme.
– La viscosupplémentation réalisée par les injections intraarticulaires
d’acide hyaluronique possède actuellement une place
reconnue dans le traitement de la gonarthrose, mais encore
discutée par certains.
L’acide hyaluronique, présent normalement
dans l’articulation dont il assure certaines propriétés viscoélastiques
et structurales, voit sa concentration et son poids moléculaire
diminuer au cours de l’arthrose.
La viscosupplémentation, qui
consiste en injections hebdomadaires intra-articulaires d’acide
hyaluronique (1 à 5 injections selon le produit, de poids moléculaire
variable), a dans certains cas une efficacité sur la douleur et la gêne
fonctionnelle dans la gonarthrose, dès la troisième semaine de
traitement, et pouvant se prolonger jusqu’à 12 mois dans certaines
études.
L’effet chondroprotecteur n’est pas prouvé.
La viscosupplémentation est indiquée dans la gonarthrose en cas
d’échec du traitement médical classique, et en l’absence de poussée
congestive (douleurs nocturnes, épanchement).
L’efficacité semble d’autant plus probable que l’arthrose est
modérée, et peu hydarthrodiale.
Cependant, le taux de bons
résultats durables dépasse de peu 50 à 60 % des patients traités.
Une méta-analyse récente conclut que l’effet est modeste par
comparaison au placebo.
La tolérance est habituellement bonne,
avec un taux faible (2 à 6 %) de réactions douloureuses ou
inflammatoires locales qui ne semble pas grever l’efficacité du
traitement.
Rarement, des réactions inflammatoires pseudoseptiques
précoces peuvent survenir, et le malade doit en être averti.
La
technique d’injection, strictement intra-articulaire, joue
probablement un rôle important dans la tolérance et l’efficacité.
Elle
se fait par voie latéropatellaire externe sur un genou sans
épanchement ou ponctionné.
– Le lavage articulaire, récemment développé, est un traitement
d’appoint précieux de la gonarthrose.
Réalisé sous anesthésie locale,
à l’aide d’un ou deux trocarts placés par voie supéropatellaire
externe et parfois interne, il consiste à irriguer l’articulation avec du
sérum physiologique.
Ceci permet d’évacuer les métalloprotéases,
les cytokines, les débris cartilagineux, les éventuels cristaux de
pyrophosphate de calcium ou d’hydroxyapatite, toutes ces
substances contribuant à l’inflammation synoviale, source de
douleurs.
Au terme d’une importante étude randomisée multicentrique, il apparaît que l’efficacité du lavage sur la douleur
est supérieure à celle du placebo, et supérieure aux corticoïdes à
long terme (effet persistant du lavage à 6 mois alors que l’effet du
corticoïde disparaît après 1 mois).
Le lavage articulaire et
l’infiltration cortisonique ont un effet additif.
Ainsi, le lavage est-il
habituellement couplé à une infiltration de corticoïdes.
La meilleure
indication est représentée par la gonarthrose fémorotibiale avec
épanchement résistant aux infiltrations cortisoniques et sans
indication d’arthroscopie (pas d’obstacle mécanique méniscal ou
cartilagineux), ainsi que la chondrolyse rapide (pincement
radiologique rapide) qui doit être traitée en urgence.
+ Chirurgie de la gonarthrose
:
L’arthroscopie
Une méniscectomie partielle (la plus économique possible) est
indiquée uniquement en cas de lésion méniscale franche instable et
symptomatique (présence de douleurs brèves et brutales en « éclair »
évoquant une languette instable), résistant au traitement médical.
Le débridement articulaire dans la gonarthrose associe au lavage un
certain nombre de gestes réalisés selon les lésions constatées
(régularisation méniscale, synovectomie partielle, résection
d’ostéophytes agressifs, section d’aileron rotulien...).
La supériorité
de ce « nettoyage » par rapport au simple lavage, voire au
placebo n’est pas démontrée dans les gonarthroses en général.
Le
débridement arthroscopique pourrait se révéler efficace dans
certaines indications privilégiées (gonarthroses avec douleurs brèves
et brutales), mais cela reste à évaluer.
L’ostéotomie
Une ostéotomie de réaxation du membre inférieur est utile en cas
d’atteinte arthrosique isolée d’un compartiment fémorotibial, chez
un sujet peu âgé, présentant une déviation axiale du membre
inférieur.
Habituellement, il s’agit d’une ostéotomie tibiale de valgisation chez un sujet actif de moins de 60 ans, présentant une
gonarthrose fémorotibiale interne isolée sur genu varum, sans autre
atteinte cartilagineuse, et résistante au traitement médical.
La prothèse de genou (arthroplastie)
Elle est indiquée en cas d’arthrose évoluée, responsable d’une gêne
fonctionnelle importante malgré le traitement médical adapté.
Le
choix entre une prothèse unicompartimentale et une protèse totale
de genou dépend en particulier du caractère localisé ou
pluricompartimental de la gonarthrose.