Fiche additive : Méthodes d’exploration du métabolisme phosphocalcique et du remodelage osseux (Marqueurs biologiques du remodelage osseux dans l’ostéoporose) Cours de l'appareil locomoteur
Introduction
:
L’ostéoporose est une pathologie du squelette caractérisée par une
masse osseuse basse et une dégradation microarchitecturale du tissu
osseux.
Elle est définie par une densité minérale osseuse (DMO)
inférieure ou égale à 2,5 écarts-types au-dessous de la DMO
moyenne des adultes jeunes (c’est-à-dire = -2,5 T-score).
La
conséquence est une fragilité osseuse avec risque de fracture.
L’ostéoporose est très souvent asymptomatique, les fractures et leurs
complications en constituent les manifestations cliniques.
Il s’agit
d’une pathologie du vieillissement, surtout féminine, dont
l’incidence augmente en même temps que l’espérance de vie, et qui
apparaît actuellement comme un problème majeur de santé
publique.
La perte osseuse postménopausique, qui est responsable
en partie d’un risque accru de fracture, résulte d’altérations du
remodelage osseux qui peuvent être détectées in vivo par la mesure
dans le sang ou l’urine de marqueurs biologiques.
Bien que ces
marqueurs puissent être utiles pour l’investigation clinique de
différentes pathologies osseuses, la plupart des travaux se sont
portés sur leur utilisation potentielle dans l’ostéoporose postménopausique.
Les marqueurs osseux pourraient être utiles
pour prédire la perte osseuse postménopausique et le risque de
fracture ainsi que pour suivre l’efficacité des traitements, notamment
celle des médicaments antirésorbants (traitement hormonal
substitutif, bisphosphonates et calcitonine).
Dans cet article, nous
présentons brièvement les récentes avancées technologiques des
marqueurs osseux, puis nous discutons leurs utilisations cliniques
potentielles dans l’ostéoporose postménopausique.
Marqueurs du remodelage osseux
:
L’os est un tissu en perpétuel renouvellement.
Le remodelage osseux
est un processus complexe au cours duquel de l’os « ancien » est
détruit et remplacé par de l’os « neuf » sous l’action couplée de deux
types de cellules : les ostéoclastes, responsables de la destruction
osseuse (ou résorption) et les ostéoblastes, responsables de la
formation osseuse.
La perte osseuse associée à la ménopause, au
vieillissement ou à certaines pathologies, est obligatoirement due à
une balance négative entre l’activité ostéoclastique et l’activité
ostéoblastique (c’est-à-dire que la résorption excède la formation).
Le remodelage osseux peut maintenant être évalué de manière
simple et non invasive par différents paramètres biologiques.
Ces
marqueurs du remodelage osseux peuvent être un composant de la
matrice osseuse libéré dans la circulation lors de la formation ou
lors de la résorption osseuse, ou une activité enzymatique spécifique
des ostéoblastes ou des ostéoclastes.
Les marqueurs osseux sont
traditionnellement classés en marqueurs de la formation ou en
marqueurs de la résorption, car ils représentent plus
spécifiquement l’une ou l’autre des deux activités cellulaires
osseuses.
Il faut toutefois souligner que la formation et la résorption
osseuses sont deux phénomènes étroitement couplés et que donc,
en dehors de quelques situations particulières où ce couplage
n’existe plus (comme dans l’ostéoporose cortisonique par exemple),
les marqueurs osseux, qu’ils soient de formation ou de résorption,
représentent le remodelage osseux dans son ensemble.
Les marqueurs conventionnels de la formation osseuse et de la
résorption osseuse sont respectivement les phosphatases alcalines
totales et l’hydroxyprolinurie.
Le dosage des phosphatases alcalines
totales conserve un intérêt en pratique clinique, notamment lorsque
les modifications du remodelage osseux sont très importantes (maladie de Paget), en examen de première intention dans le
diagnostic étiologique ou différentiel d’une déminéralisation diffuse.
En revanche, dans l’ostéoporose, où les modifications du remodelage
osseux sont faibles, le dosage des phosphatases alcalines totales
manque de sensibilité.
L’hydroxyprolinurie, en revanche, est
devenue un marqueur totalement désuet, et ne présente plus aucun
intérêt clinique à cause de son manque de sensibilité, de la mauvaise
reproductibilité des dosages, et du fait que son excrétion urinaire
est fortement influencée par la prise alimentaire de gélatine.
Dans
l’ostéoporose, les marqueurs les plus intéressants aujourd’hui sont
l’ostéocalcine, la phosphatase alcaline osseuse, et le propeptide
N-terminal du procollagène de type I (PINP) pour la formation
osseuse et les produits de dégradation du collagène de type I
comme la déoxypyridinoline et les télopeptides associés (CTX et
NTX), pour la résorption osseuse.
Dans un futur proche et grâce
aux nouvelles connaissances sur la biochimie de la matrice osseuse
(notamment les modifications posttraductionnelles spontanées du
collagène de type I liées au vieillissement), il sera probablement
possible de développer des marqueurs biologiques reflétant, non
seulement des variations quantitatives du remodelage osseux, mais
aussi des altérations de la structure osseuse.
Des études récentes ont
par exemple montré que la racémisation et l’isomérisation de l’acide
aspartique situé dans le C-télopeptide du collagène de type I (qui
peuvent être détectées in vivo par l’utilisation d’anticorps
monoclonaux stéréospécifiques) étaient diminuées chez les patients
atteints de la maladie de Paget par rapport aux contrôles.
Plus
récemment, dans une étude prospective réalisée chez des femmes
ménopausées, nous avons montré que le degré d’isomérisation/ racémisation du collagène de type I était aussi significativement
diminué chez les 69 femmes qui avaient subi une
fracture ostéoporotique durant les 6 années de suivi, par rapport
aux 366 femmes de la même cohorte sans fracture.
Une
augmentation du rapport urinaire entre la forme native des CTX
(aL CTX) et la forme isomérisée (bL CTX) était associée à une
augmentation du risque de fracture, indépendamment de la DMO
et du niveau global de remodelage osseux.
Ces nouvelles données
suggèrent donc qu’une diminution du degré d’isomérisation/ racémisation du collagène de type I pourrait être associée à
des altérations de la structure de la matrice osseuse pouvant
entraîner une résistance biomécanique osseuse abaissée, une
hypothèse qui devra être confirmée par des expériences in vitro.
Variabilité des marqueurs biologiques
du remodelage osseux :
RECOMMANDATIONS POUR UNE BONNE UTILISATION
EN PRATIQUE QUOTIDIENNE
:
L’interprétation clinique des marqueurs osseux doit prendre en
compte les sources de variabilité analytique et préanalytique de ces
paramètres, qui ont récemment fait l’objet d’une revue.
La
variabilité analytique, intra- et interséries des marqueurs osseux est
en général acceptable, le plus souvent inférieure à 10 %.
Les
performances analytiques semblent meilleures avec les dosages
automatisés.
Certains des facteurs de variabilité préanalytique
comme l’âge, le sexe, le statut hormonal, la fonction rénale ou
hépatique, les pathologies ou la prise de traitement ayant une
influence sur le remodelage osseux, l’existence de fracture récente,
ne sont pas « contrôlables » mais nécessitent d’être très
soigneusement colligés.
D’autres facteurs, comme l’heure du
prélèvement, la nature et le mode de conservation des échantillons,
l’influence des repas (prélèvement à jeun ou non) sont en revanche
tout à fait « contrôlables », et leur standardisation peut permettre de
réduire très significativement la variabilité des marqueurs osseux.
L’ensemble des variabilités analytiques et préanalytiques contribue
à une variabilité intra-individuelle globale, propre à chaque
marqueur, et qu’il est important de connaître, car elle peut affecter
l’interprétation d’un résultat de deux façons.
Tout d’abord, lorsque
les marqueurs sont utilisés pour classer les patientes en fonction de
leur niveau de remodelage osseux, certaines femmes peuvent être
classées différemment en différentes occasions.
Ensuite, dans le
cadre d’une évaluation longitudinale, comme lors du suivi d’un
traitement, des modifications substantielles (dépendant de la
variabilité intra-individuelle du marqueur mesuré) sont nécessaires
pour considérer que deux concentrations sont significativement
différentes.
Schématiquement, la variabilité intra-individuelle des
marqueurs sériques de la formation et de la résorption est plus faible
(de l’ordre de 5-10 %) que celle des marqueurs urinaires de la
résorption (de l’ordre de 15-20 %).
1- Conseils pour le prélèvement et la conservation
des échantillons
:
Pour un même patient, il est recommandé de toujours pratiquer les
dosages dans le même laboratoire.
Les marqueurs osseux sériques sont mesurés de préférence sur
sérum recueilli à jeun avant 9 heures.
Pour les marqueurs urinaires de la résorption osseuse, il est
préconisé de recueillir les urines de première ou deuxième miction
le matin à jeun.
Il faut toutefois se servir de valeurs de références
obtenues sur le même type de prélèvement (si on mesure un
marqueur sur la première miction, ne pas utiliser des valeurs de
référence obtenues sur la deuxième miction).
Dans le cadre d’un
suivi longitudinal, il faut utiliser toujours le même type de
prélèvement.
On exprime les résultats en fonction de la créatininurie
mesurée sur le même prélèvement.
Si le dosage est effectué dans la journée du prélèvement, il est
recommandé de conserver les échantillons entre 4 et 8 °C.
S’il en est
autrement, les échantillons doivent être congelés dans les 4 heures
qui suivent le prélèvement. Pour le dosage de l’ostéocalcine intacte,
il faut impérativement congeler le sérum dans l’heure qui suit le
prélèvement.
Il est possible de mesurer les marqueurs osseux sur des
prélèvements sériques et urinaires ayant subi jusqu’à trois cycles de congélation-décongélation (à l’exception de l’ostéocalcine intacte, qui
doit être mesurée sur des échantillons n’ayant jamais subi de cycle
de congélation/décongélation).
Les échantillons sériques et urinaires peuvent être conservés
pendant 4 mois à - 20 °C. Pour des périodes plus longues, et en
attendant de nouvelles données, une conservation à - 70 °C est
préconisée.
2- Éléments à prendre en compte dans l’interprétation
des résultats :
La survenue d’une fracture récente doit être colligée (même chose
pour une pose de matériel d’ostéosynthèse), et il convient alors
d’interpréter avec précaution les résultats des marqueurs osseux
(leur augmentation pourrait en effet représenter non pas un haut
remodelage du squelette dans son ensemble, mais plutôt un
phénomène transitoire de réparation osseuse).
Le dosage d’ostéocalcine est à proscrire chez les patients ayant une
insuffisance rénale (filtration glomérulaire < 30 mL/min).
Chez les patients ayant une insuffisance hépatique sévère, tous les
marqueurs (même la phosphatase alcaline osseuse) doivent être
interprétés avec précaution.
À l’exclusion de l’évaluation des effets des corticoïdes sur le
métabolisme osseux, il est conseillé de réaliser les dosages des
marqueurs osseux à distance (jusqu’à 1 mois) d’un traitement
utilisant ce type de produits à forte dose.
3- Valeurs de référence :
Les marqueurs osseux sont le plus souvent dosés chez des femmes
ménopausées.
Il faut toutefois comparer la concentration mesurée à
des valeurs de référence obtenues chez des femmes non
ménopausées.
Ces valeurs de référence doivent être établies selon
les recommandations suivantes :
– une population de 150 à 200 femmes non ménopausées ;
– un âge compris entre 30 et 45 ans ;
– une absence de maladie ou de traitement susceptible d’interférer
avec le métabolisme osseux (notamment maladie de Paget,
hyperparathyroïdie primitive, hyperthyroïdie, hypercorticisme,
traitements corticoïdes, hormones thyroïdiennes) ;
– la présence de cycles menstruels réguliers et un taux circulant de follicle stimulating hormone (FSH) normal (préménopausique) ;
– il n’est pas nécessaire de prendre en compte la phase du cycle
menstruel, la prise ou non d’une contraception orale, la saison
pendant laquelle est réalisé le prélèvement, l’activité physique (à
l’exception de la pratique d’un sport de haut niveau qui doit être
exclue) ;
– les valeurs de référence doivent être établies pour chaque trousse
de dosage.
Applications cliniques des marqueurs
osseux dans l’ostéoporose postménopausique :
De nombreuses publications récentes suggèrent que les marqueurs
osseux peuvent être des outils utiles à la prise en charge individuelle
de l’ostéoporose postménopausique.
A
- PRÉDICTION DU RISQUE DE FRACTURE
ET AIDE À LA DÉCISION THÉRAPEUTIQUE :
Dans l’ostéoporose, le problème le plus important réside en
l’augmentation du risque de fracture. Plusieurs études ont montré
qu’une diminution d’un écart-type de la DMO mesurée par
absorptiométrie à rayons X double énergie (DXA) était associée à
une augmentation de deux à quatre fois du risque des fractures de
la hanche, du poignet et de la colonne vertébrale.
Une des questions
les plus intéressantes est donc de savoir si la mesure combinée des
marqueurs biologiques du remodelage osseux et de la DMO pourrait
améliorer la prédiction du risque de fracture.
En effet, si la
décision d’un traitement, en particulier antirésorbant, ne pose en
général pas de problème devant une ostéoporose avec fracture ou
une DMO particulièrement basse, ceci n’est plus le cas lorsque la
patiente présente simplement une ostéopénie significative.
Il semble
dans ce cas important de documenter l’existence d’une perte osseuse
évolutive et/ou de facteurs de risque de fracture (autres que la DMO
basse).
La constatation d’une augmentation de certains marqueurs de la
résorption osseuse (c’est-à-dire une concentration au-dessus des
« normes » préménopausiques) peut dans ce cas aider à la décision
thérapeutique car :
– elle prédit un risque de perte osseuse rapide plus important que
si le marqueur est normal (c’est-à-dire dans les valeurs des femmes
non ménopausées). Dans une étude de 305 femmes ménopausées
non traitées, nous avons montré que chez les femmes présentant
des taux initialement élevés (deux déviations standards [DS] audessus
de la moyenne des femmes non ménopausées) d’ostéocalcine,
de PINP, de CTX sérique et urinaire, et de NTX urinaire, la vitesse
de perte osseuse (évaluée sur une période de 4 années au radius)
était de 2 à 6 fois plus importante que chez celles qui avaient des
taux normaux de ces marqueurs.
Toutefois, au regard des
performances respectives des marqueurs osseux et de la DMO, il est
aujourd’hui impossible de prédire la valeur absolue de perte osseuse
à l’échelon individuel ;
– elle est associée à une augmentation du risque de fracture ostéoporotique, indépendamment de la DMO.
Plusieurs études prospectives ont montré que les femmes ménopausées dont les
niveaux des marqueurs de la résorption osseuse (déoxypyridinoline
libre ou CTX) étaient au-dessus de la limite supérieure des femmes
non ménopausées, le risque de fracture était de 2 à 3,5 fois plus
important que celui des autres femmes, et ceci indépendamment de
la DMO.
Ces résultats pourraient s’expliquer par une
détérioration de la microarchitecture de l’os, résultant de
l’hyperostéoclastose (comme la perforation des travées osseuses), ce
qui fragiliserait l’os au-delà de ce qui peut être prédit par la DMO.
La présence à la fois d’une DMO basse et d’une concentration de
marqueur de la résorption au-dessus des valeurs préménopausiques,
double approximativement le risque de fracture associé
individuellement à l’une ou l’autre de ces deux situations.
En résumé : la place des marqueurs de la résorption osseuse dans
l’aide à la décision thérapeutique repose sur leur utilisation
combinée avec d’autres facteurs de risque fracturaire, comme une
DMO basse, des antécédents personnels ou familiaux de fractures
ostéoporotiques, ou encore un faible poids corporel.
Dans ce cas,
une concentration supérieure aux valeurs de référence des femmes
non ménopausées est un élément en faveur de l’instauration d’un
traitement.
B - SUIVRE L’EFFICACITÉ DES TRAITEMENTS INHIBITEURS
DE LA RÉSORPTION OSSEUSE
:
L’objectif d’un traitement antirésorbant comme les oestrogènes, les
bisphosphonates ou les modulateurs sélectifs du récepteur de
l’oestradiol (SERM : spécific estrogen receptor modulator, comme le
raloxifène) est de prévenir la perte osseuse ultérieure, et de diminuer
le risque de fracture.
Un gain osseux modéré de 2 à 5 % au rachis et
de 1 à 3 % à la hanche est souvent rencontré après 1 an de
traitement.
Cela a pour conséquence que 2 ans environ sont
nécessaires pour évaluer l’efficacité du traitement par une nouvelle
mesure de la DMO.
En revanche, plusieurs études
randomisées contre placebo ont montré que les marqueurs osseux
diminuaient après quelques semaines de traitement, les marqueurs
de résorption diminuant plus précocement que les marqueurs de
formation.
De plus, la diminution du marqueur à court
terme est significativement corrélée à l’augmentation de DMO à long
terme (sans toutefois pouvoir prédire le gain en valeur absolue à
l’échelon individuel).
Leur mesure permet de donner une
information précoce et fiable sur l’efficacité thérapeutique.
L’utilité des changements de DMO pour prédire l’efficacité des
traitements en termes de réduction du risque de fracture reste
discutée, notamment pour des médicaments comme le raloxifène qui
suscite un gain modeste de DMO (difficilement appréciable après
2 ans de traitement) malgré une épargne très significative des
fractures vertébrales.
Il a été montré que les changements à 3 ans de
la DMO n’expliquaient en réalité qu’une très faible partie de la
réduction du risque de fracture observée sous raloxifène.
En
revanche, la diminution de la concentration sérique d’ostéocalcine
et de phosphatase alcaline osseuse après 6 mois de traitement est
significativement associée au risque de fracture vertébrale
incidente.
Plus récemment, chez des femmes traitées par le bisphosphonate risédronate (études VERT), il a été montré que les
diminutions de CTX et de NTX urinaires après 3 à 6 mois de
traitement prédisaient le risque de fractures vertébrales observées
après 1 à 3 ans de traitement.
Les changements à court terme de ces
marqueurs biologiques expliquaient de 50 à 70 % de l’effet antifracturaire du risédronate
L’observance au traitement hormonal substitutif est très souvent
médiocre, et les bisphosphonates comme l’alendronate sont parfois
mal absorbés au niveau intestinal.
Les bénéfices osseux directs de
ces traitements sont difficilement appréciables par les patients
(surtout ceux qui présentent une ostéoporose non fracturaire).
L’appréciation de l’efficacité thérapeutique grâce aux marqueurs
biochimiques pourrait fournir à certains patients la motivation
nécessaire pour adhérer à ces traitements.
C - QUEL(S) MARQUEUR(S) CHOISIR ?
Marqueurs de résorption : le NTX et le CTX urinaires ainsi que le CTX
sérique sont adéquats pour suivre un traitement par bisphosphonates.
Pour un traitement hormonal substitutif ou le raloxifène, l’excrétion urinaire de DPD libre peut aussi être utilisée.
Marqueurs de la formation osseuse : la phosphatase alcaline osseuse,
l’ostéocalcine ou le PINP (ce dernier marqueur n’est pas encore
largement commercialisé).
D - QUAND LE(S) MESURER ?
Marqueurs de la résorption : avant de débuter le traitement, et 3 à
6 mois après le début du traitement.
Marqueurs de la formation : avant de débuter le traitement, et 6 mois
après le début du traitement.
E - QUEL(S) SEUIL(S) DE DIMINUTION UTILISER ?
Les seuils proposés ci-dessous sont basés sur les variations de DMO
après 2 à 3 ans de traitement par un médicament antirésorbant (et
non sur la probabilité de fracture incidente).
Ils tiennent compte du
traitement utilisé, la diminution des marqueurs étant plus
importante sous bisphosphonate que sous traitement hormonal
substitutif ou raloxifène.
Pour prédire un gain de DMO significatif (> 3 %) avec une spécificité
de 90 % (c’est-à-dire moins de 10 % de faux positifs), les seuils
exprimés en pourcentage de diminution par rapport à ceux mesurés
avant le traitement sont :
- 45 % à - 65 % pour le NTX et le CTX urinaires ;
- 35 % à - 55 % pour le CTX sérique ;
- 20 % à - 30 % pour la DPD libre urinaire ;
- 20 % à - 40 % pour l’ostéocalcine et la phosphatase alcaline osseuse.
Les amplitudes de variations les plus faibles sont observées avec les
traitements hormonaux substitutifs, les plus fortes avec les bisphosphonates.
Pour une sensibilité de 90 % (c’est-à-dire moins de 10 % de faux
négatifs), et pour un traitement par bisphosphonates, il faut ajouter
environ + 20 % aux seuils ci-dessus (par exemple - 45 % pour le CTX
et NTX urinaires).
Dans le cas d’un résultat ambigu, une troisième mesure doit être
effectuée environ 3 mois plus tard.
Conclusion :
Les nouveaux marqueurs biologiques de la formation et de la résorption
osseuses permettent une évaluation fiable et reproductible du niveau de
remodelage osseux chez un patient, à condition de respecter certaines
recommandations pour le recueil et la conservation des prélèvements
biologiques.
Le principal intérêt pratique de ces marqueurs réside dans
le suivi des patients ostéoporotiques traités par oestrogènes,
bisphosphonates ou SERM.
En effet, des seuils de diminution de ces
marqueurs après 3 à 6 mois de traitement ont été établis, permettant
l’identification des patients qui répondent (et ceux qui ne répondent
pas) en termes de gain (ou de non-gain) de DMO après 2 à 3 ans, avec
une sensibilité et une spécificité tout à fait convenables.
Ces seuils
doivent être à présent établis en prenant comme critère de réponse au
traitement l’incidence de fracture.
Un autre intérêt potentiel des
marqueurs osseux réside dans la prédiction du risque de fracture chez
certains patients pour lesquels la mesure de la DMO et des autres
facteurs cliniques n’est pas suffisante pour prendre la décision d’initier
un traitement.