Épilepsies de l'enfant et du nourrisson
Cours de pédiatrie
L'épilepsie est une affection
polymorphe, particulièrement fréquente chez l'enfant et le
nourrisson, d'étiologie et de pronostic variables.
GENERALITES :
* L'épilepsie est une "affection chronique, d'étiologies
diverses, caractérisée par la répétition de crises résultant
d'une décharge excessive des neurones cérébraux, quels que
soient les symptômes cliniques ou paracliniques éventuellement
associés. Une crise épileptique unique et les crises
épileptiques accidentelles ne constituent donc pas une
épilepsie, pas plus que la répétition plus ou moins fréquente de
crises épileptiques au cours d'une affection aiguë" (H. Gastaut,
"Dictionnaire de l'épilepsie", 1973).
* Malgré des progrès récents, la physiopathologie de l'épilepsie
reste en grande partie encore inconnue et n'est certainement pas
univoque.
- Elle implique un dysfonctionnement dans l'interaction des deux
principaux neurotransmetteurs Gaba (inhibiteur) et glutamate
(excitateur).
- La complexité anatomique et biochimique de ces systèmes, le
rôle de la maturation cérébrale expliquent les difficultés de
cette recherche.
* C'est une affection hétérogène correspondant à des entités
entièrement différentes en termes de symptôme, d'étiologie et de
pronostic. Elle n'est souvent que le symptôme d'une maladie
cérébrale sous-jacente dont dépend le pronostic. De cette
hétérogénéité découle la nécessité de différencier, de classer
les différentes formes d'épilepsie en syndromes plus homogènes.
* La classification des épilepsies repose sur une double analyse
de localisation et d'étiologie:
- localisation: épilepsies partielles ou généralisées.
- étiologies: épilepsies idiopathiques, symptomatiques ou
cryptogéniques.
* En pratique, la classification de l'épilepsie indique la
nécessité des examens complémentaires, oriente le traitement et
guide le pronostic. Elle n'est pas toujours aisée, en
particulier au début de l'affection, et certains cas restent
"inclassables".
PRINCIPAUX TYPES D'ÉPILEPSIE OU DE SYNDROME ÉPILEPTIQUE
CHEZ LE NOURRISSON ET L'ENFANT :
Épilepsies idiopathiques :
Les épilepsies idiopathiques atteignent par définition un enfant
normal, avec un développement psychomoteur normal et un examen
clinique normal intercritique.
L'activité EEG de fond est normale.
Épilepsies partielles idiopathiques
- L'épilepsie à paroxysmes centro-temporaux est une des formes
les plus communes de l'épilepsie de l'enfant et la plus
fréquente des épilepsies partielles idiopathiques.
- Elle débute chez l'enfant de 3 à 10 ans.
- Les crises sont des crises partielles atteignant la face ou le
membre supérieur. elles surviennent principalement en relation
avec le sommeil pendant lequel elles peuvent se généraliser
secondairement.
- L'EEG intercritique montre des pointes dans la région
rolandique ou centrotemporale, unilatérale ou bilatérale.
- Le pronostic est excellent et la guérison est la règle à
l'adolescence.
Epilepsies généralisées idiopathiques
* Les convulsions bénignes néonatales familiales:
- sont caractérisées par des crises cloniques, parfois répétées,
apparaissant dans les jours suivant la naissance, chez un
nourrisson par ailleurs normal.
- l'interrogatoire retrouve des antécédents similaires chez le
père ou la mère.
- une liaison avec le chromosome 20 a été démontrée dans la
plupart des familles.
- le pronostic est bon sur le plan épileptique et cognitif.
* Epilepsie myoclonique bénigne du nourrisson:
- les crises sont des myoclonies distales survenant chez un
enfant de 1 à 2 ans par ailleurs normal.
- l'EEG montre de brèves bouffées de pointes-ondes à
l'endormissement ou lors des myoclonies.
- elles sont facilement contrôlées par le traitement.
* Epilepsie-absence de l'enfant:
- débutant chez l'enfant de 3 à 9 ans, les crises sont des
absences typiques, rarement accompagnées de manifestations
motrices mineures.
- elles sont toujours pluriquotidiennes, souvent très
nombreuses.
- les absences sont facilement déclenchées par l'hyperpnée et
peuvent donc être enregistrées: elles s'accompagnent à l'EEG
d'une décharge bilatérale, symétrique et synchrone de
pointes-ondes rythmiques à 3 cycles par seconde, à début et à
fin brutales.
- le pronostic est bon car les absences sont facilement
contrôlées par le traitement . mais des crises généralisées
peuvent succéder aux absences.
* L'épilepsie myoclonique juvénile:
- se caractérise par des accès de secousses myocloniques des
membres supérieurs sans perte de conscience, à prédominance
matinale.
- des crises généralisées tonicocloniques ou, plus rarement, des
absences apparaissent chez l'adolescent.
- l'EEG peut montrer des anomalies paroxystiques généralisées
brèves, spontanées ou à la stimulation lumineuse.
- les crises sont habituellement facilement contrôlées par le
traitement et sont donc de bon pronostic mais récidivent
fréquemment à l'arrêt du traitement.
Épilepsies symptomatiques ou cryptogéniques :
Épilepsies partielles symptomatiques
* En relation avec la localisation anatomique du foyer, on
décrit des épilepsies du lobe frontal, temporal, pariétal ou
occipital.
* Le diagnostic repose sur la sémiologie clinique des crises, la
localisation des anomalies EEG, les données de l'imagerie
cérébrale.
* Le pronostic est variable.
Syndrome de West
* Le syndrome de West atteint le nourrisson de 4 à 12 mois, et
associe des spasmes infantiles en salve, un arrêt du
développement psychomoteur ou une modification du comportement,
et un aspect intercritique hypsarythmique à l'EEG (tracé
désorganisé fait d'ondes lentes très amples et de pointes).
* Il peut survenir chez un bébé normal ou atteint de lésions
cérébrales antérieures (quelle qu'en soit l'origine).
* Le pronostic reste globalement très sévère tant sur le plan
épileptique que cognitif.
Syndrome de Lennox-Gastaut
* Le syndrome de Lennox-Gastaut se manifeste chez l'enfant de 2
à 4 ans, et associe des crises toniques, des crises atoniques et
des absences atypiques.
* L'EEG comporte des pointes-ondes lentes antérieures
intercritiques et, pendant le sommeil, des décharges de rythmes
rapides.
* Il existe le plus souvent un retard majeur du dévelopement.
* Le pronostic est mauvais sur les plans épileptique et
cognitif.
Épilepsies dont l'origine focale ou générale n'est pas
déterminée :
Épilepsie myoclonique sévère du nourrisson
* L'épilepsie myoclonique sévère du nourrisson est précédée de
crises convulsives fébriles, particulières parce que précoces,
longues, souvent unilatérales, apparaissant pour des fièvres de
moins en moins élevées chez un nourrisson de 6 mois à 1 an. Elle
comporte ensuite des crises myocloniques ou tonicocloniques
généralisées ou unilatérales.
* L'EEG montre des paroxysmes généralisés ou unilatéraux avec
une photosensibilité anormale.
* Le pronostic est catastrophique sur les plans épileptique et
cognitif.
Syndrome de Landau-Kleffner
* L'épilepsie à pointes-ondes continues pendant le sommeil et
l'épilepsie-aphasie acquise de l'enfant (syndrome de
Landau-Kleffner) constituent des formes rares d'épilepsie,
survenant exclusivement chez l'enfant.
* Elles se caractérisent par la rareté des crises, partielles ou
généralisées, contrastant avec le grand nombre des anomalies
paroxystiques EEG intercritiques.
* Atteignant un enfant de 4 à 8 ans, elles s'accompagnent de
troubles cognitifs divers dans le premier cas, de troubles du
langage dans le second, troubles acquis d'apparition secondaire.
Il apparaît souvent parallèlement des troubles du comportement.
* Le pronostic est réservé sur le plan cognitif ou en ce qui
concerne le langage.
Crises liées à une situation particulière :
Les crises liées à une situation particulière sortent, stricto
sensu, du cadre des épilepsies, mais doivent être mentionnées
compte tenu de leur fréquence.
* Les convulsions fébriles touchent près de 5% des enfants de
moins de 5 ans.
- Ce sont des crises de sémiologie variable, apparaissant à
l'occasion d'une fièvre supérieure à 38°C, chez un nourrisson de
6 mois à 4 ans normal, en l'absence de toute affection du
système nerveux central.
- Le pronostic est excellent dans la grande majorité des cas.
Ce qu'il faut retenir :
L'épilepsie est une affection chronique définie par la
récurrence de crises épileptiques. La crise épileptique est
l'expression clinique d'une décharge paroxystique hypersynchrone
de neurones.
Étiologie :
ÉPILEPSIE IDIOPATHIQUE :
Lorsque l'origine génétique démontrée ou supposée est au premier
plan, l'épilepsie est dite "idiopathique".
* Ces épilepsies se manifestent par l'apparition de crises chez
des sujets jusque-là normaux, en l'absence apparente de toute
lésion cérébrale.
* Il existe souvent des antécédents d'épilepsie dans la famille.
La transmission est cependant dans la plupart des cas complexe,
multifactorielle. elle est quelquefois monogénique (convulsions
néonatales familiales bénignes, épilepsies myocloniques
juvéniles).
* Ce sont des épilepsies le plus souvent "âge-dépendantes",
l'expression du (ou des) gène(s) étant liée à l'âge.
ÉPILEPSIE: CONSÉQUENCE D'UNE LÉSION CEREBRALE :
L'épilepsie peut aussi être la conséquence d'une lésion
cérébrale de quelque nature que ce soit.
Les causes les plus fréquentes sont les malformations
cérébrales, les lésions anoxo-ischémiques périnatales ou autres,
les pathologies infectieuses, traumatiques, métaboliques
* Lorsque la lésion est mise en évidence par les examens
cliniques ou paracliniques, l'épilepsie est dite
"symptomatique".
* Lorsque la lésion suspectée n'a pu être démontrée, l'épilepsie
est dite "cryptogénique".
Diagnostic positif de la crise épileptique :
DIAGNOSTIC DE LA CRISE ÉPILEPTIQUE :
* C'est un diagnostic d'interrogatoire ou d'observation, porté
sur l'analyse critique du malaise, ou de sa description par les
personnes qui y ont assisté.
* Les circonstances de survenue, les prodromes éventuels peuvent
aider à éliminer les autres causes de perte de connaissance et
de malaise.
* L'enregistrement électro-encéphalographique (EEG) permet
quelquefois d'enregistrer une crise et affirme alors le
diagnostic.
- Plus souvent il montre des anomalies paroxystiques
intercritiques qui confortent le diagnostic sans l'affirmer.
- Il peut aussi être normal, ce qui n'exclut pas ce diagnostic.
DIAGNOSTIC DU TYPE DE CRISE :
* Par l'interrogatoire et l'examen clinique post-critique, il
faudra essayer de préciser s'il s'agit d'une crise à point de
départ focal (parfois secondairement généralisée) ou bien
d'emblée généralisée en recherchant par un interrogatoire précis
les tout premiers symptômes (déviation de la tête ou des yeux,
asymétrie du visage, asymétrie du tonus ou des mouvements
anormaux, manifestations végétatives ou comportementales), puis
sur l'existence éventuelle d'un déficit unilatéral post-critique
transitoire.
* L'EEG a également une grande valeur localisatrice s'il montre
des anomalies paroxystiques focales.
Diagnostic du syndrome épileptique et classification de
l'épilepsie :
DÉFINITION :
* Les syndromes épileptiques sont définis par l'âge d'apparition
des crises, le type de celles-ci et l'existence d'anomalies EEG
caractéristiques.
* La classification des épilepsies distingue des épilepsies
partielles ou généralisées d'une part et des épilepsies
idiopathiques, cryptogéniques ou symptomatiques, d'autre part.
Deux autres cadres de la classification correspondent aux
épilepsies dont le caractère focal ou généralisé n'est pas
déterminé, et à des syndromes caractérisés par la répétition de
crises dans une situation particulière.
EXAMENS COMPLEMENTAIRES :
En dehors de l'EEG, les examens complémentaires sont constamment
normaux et donc inutiles s'il s'agit d'une épilepsie
idiopathique.
Dans les épilepsies symptomatiques, cryptogéniques ou
inclassables, les examens complémentaires permettront de
rechercher un trouble métabolique ou une lésion cérébrale à
l'origine de la crise.
* L'analyse de l'activité de fond EEG (ralentissement focal ou
non de l'activité de fond) peut orienter vers une pathologie
sous-jacente focale ou non.
* L'exploration neuro-radiologique (scanner ou de préférence
IRM) permet de révéler la très rare tumeur (0,2 à 0,3% des
épilepsies chez l'enfant révèlent une tumeur cérébrale) et
surtout de rechercher les lésions malformatives ou séquellaires
à l'origine de l'épilepsie.
* Une ponction lombaire peut être justifiée devant une première
crise (ou une série de crises en un bref délai) pour rechercher
une infection aiguë du système nerveux central: méningites,
encéphalites.
* Les examens biologiques (ionogramme sanguin, glycémie,
calcémie) sont surtout utiles chez le nouveau-né et le
nourrisson ou dans un contexte particulier.
* Radiographie du crâne et fond d'œil sont complètement inutiles
en pratique quotidienne.
* Dans des cas particuliers, pour préciser la localisation du
foyer épileptogène (notamment en l'absence de lésion visible en
imagerie) et dans l'exploration "préchirurgicale" d'une
épilepsie rebelle, peuvent être utiles:
- les enregistrements EEG couplés à un enregistrement vidéo
permettant une analyse fine de la sémiologie critique.
- les techniques d'imagerie fonctionnelle (tomographie par
émission de photon (SPECT), ou par émission de photons (PET)
permettant l'étude du débit sanguin régional intercritique ou
critique.
Diagnostic différentiel :
Selon les cas, il faut éliminer:
* une syncope cardiaque: perte de connaissance brève avec
hypotonie, pâleur, reprise immédiate de la conscience ou plus
fréquemment syncope vagale: facteur déclenchant, pâleur,
manifestations végétatives précédant la perte de conscience.
* un spasme du sanglot chez le nourrisson, toujours provoqué par
une colère ou une douleur, un blocage respiratoire précèdent la
perte de conscience.
* certaines crises de migraine peuvent être difficiles à
distinguer de certaines crises épileptiques:
- ce sont des migraines "avec aura" accompagnées de symptômes
visuels ou sensitifs focaux, plus rarement moteurs, et rarement
suivies d'un déficit.
- la crise de migraine est plus longue, les céphalées
typiquement unilatérales, pulsatiles sont au premier plan.
- on retrouve des antécédents personnels ou familiaux de
migraine.
* des manifestations psychogènes ou hystériques sont parfois
évoquées à l'interrogatoire ou devant le contexte social et
familial. Seul l'enregistrement vidéo-électroencéphalographique
permet quelquefois de les affirmer.
Évolution et pronostic :
ÉVOLUTION :
* L'évolution est déterminée principalement par le type de
l'épilepsie.
* Schématiquement, deux tiers des enfants cessent d'avoir des
crises en quelques mois à 2 ans, 20%, au contraire, restent
rebelles aux différents essais thérapeutiques.
* Les complications sont principalement représentées par l'état
de mal c'est-à-dire par définition par "une crise épileptique
qui persiste suffisamment longtemps ou se répète avec des
intervalles suffisamment brefs pour créer une condition
épileptique fixe et durable", en pratique de durée supérieure à
30 à 60 minutes.
- Un état de mal peut survenir dans l'évolution de n'importe
quelle forme d'épilepsie mais principalement des épilepsies
symptomatiques.
- Il peut survenir spontanément ou plus souvent être déclenché,
par un arrêt intempestif du traitement notamment.
- L'état de mal peut être la première manifestation d'une
épilepsie.
- Il peut également survenir chez un sujet non-épileptique, à
l'occasion d'une aggression cérébrale aiguë.
PRONOSTIC :
Le pronostic se joue sur deux plans: épilepsie et développement
mental ou cognitif, dont dépend la scolarité.
* Le pronostic est variable selon le type de l'épilepsie ou du
syndrome épileptique:
- les épilepsies idiopathiques sont en règle de bon pronostic
d'où l'intérêt de leur identification précise, à chaque fois
qu'elle est possible.
- le pronostic des autres types d'épilepsie est beaucoup plus
réservé.
* La rareté des crises, la rapidité de leur contrôle sous
traitement sont des facteurs de bon pronostic.
* Les crises de survenue précoce (avant 1 an), les crises
toniques, la coexistence de crises de type différent sont des
facteurs de mauvais pronostic.
Traitement :
Le traitement repose d'abord sur une information à donner à
l'enfant et à sa famille pour:
- donner des explications claires sur l'épilepsie.
- reconnaître et éviter les facteurs favorisants les crises:
fièvre, manque de sommeil, sensibilité anormale à la stimulation
lumineuse intermittente.
- favoriser autant que possible une vie normale: la plupart des
activités scolaires ou de collectivité et des sports peuvent
être poursuivis, éventuellement avec une aide ou une
surveillance particulière. Les restrictions portent
essentiellement chez l'enfant sur les sports aquatiques.
TRAITEMENT MÉDICAL :
On s'accorde actuellement dans la plupart des cas pour ne
proposer de traitement qu'en cas de crises gênantes, répétées
(pour éviter de traiter de façon prolongée une crise
"accidentelle") ou de risque élevé de récidive.
* La règle est de proposer en première intention une
monothérapie à la plus petite dose efficace.
- Le traitement doit être introduit progressivement pour limiter
les effets secondaires d'installation.
- Il sera donné en une à trois prises quotidiennes selon la
durée de la demi-vie du médicament, qui peut varier en fonction
de l'âge de l'enfant et de la présentation (soluté, comprimé,
comprimé LP ou Chrono).
* Les médicaments les plus utilisés actuellement sont:
- le valproate de sodium (Dépakine*) pour les crises
généralisées et les myoclonies ou les absences, à la dose
quotidienne d'environ 20mg/kg chez l'enfant, à la dose de 30 à
40mg/kg chez le nourrisson.
- la carbamazépine (Tégrétol*) pour les crises partielles ou
généralisées, à l'exclusion des myoclonies et des absences
qu'elle risque d'aggraver, à la dose de 10 à 30mg/kg selon
l'âge.
- parmi les nouveaux antiépileptiques, le vigabatrin (Sabril*)
peut être prescrit en deuxième intention devant une épilepsie
partielle non contrôlée par la carbamazépine ou chez le
nourrisson en cas de syndrome de West. La lamotrigine
(Lamictal*) peut être utile dans les épilepsies généralisées
sévères.
- le syndrome de West est classiquement traité par
corticothérapie, en cure de quelques semaines.
- les épilepsies du nourrisson, quelquefois polymorphes et
sévères (épilepsies myocloniques sévères, syndrome de
Lennox-Gastaut) nécessitent souvent rapidement le recours aux
bithérapies.
SURVEILLANCE DU TRAITEMENT :
La surveillance du traitement est essentiellement clinique. Le
traitement ne peut être efficace que s'il est pris
régulièrement, ce qui impose qu'il soit aussi simple que
possible et parfaitement bien toléré, d'autant qu'il devra dans
la plupart des cas être poursuivi plusieurs années.
* Il faut apprécier:
- la compliance.
- l'efficacité du traitement, c'est-à-dire la disparition des
crises.
- et sa tolérance: baisse de vigilance ou troubles du
comportement, troubles cognitifs plus spécifiques, prise de
poids, alopécie, ou plus rarement les effets secondaires
hépatiques ou hématologiques (s'alerter devant une anorexie, des
nausées ou des vomissements ou une fatigue persistante),
éruption cutanée, signes de surdosage (somnolence, troubles
digestifs, nystagmus, vertiges, troubles visuels, tremblements).
* Les dosages sériques des antiépileptiques (quand ils sont
possibles) n'ont aucun intérêt à titre systématique.
- Ils peuvent aider si des crises persistent ou en cas d'effets
secondaires.
- Il faut rester très prudent dans l'interprétation d'un
résultat et il ne faut certainement pas modifier un traitement
correct, efficace et bien toléré au vu du résultat d'un dosage.
* L'arrêt du traitement pourra en règle être envisagé après 1 à
3 ans sans crise, selon le type de l'épilepsie. Il doit toujours
être progressif.
TRAITEMENT CHIRURGICAL :
* Le traitement chirurgical d'une lésion épileptogène
(tumorale), potentiellement curable ne se discute pas.
* Dans les autres cas: on peut discuter l'éxérèse du foyer
épileptogène, si elle est possible et lorsque le foyer est
limité et bien défini ou une chirurgie palliative: section du
corps calleux par exemple (pour limiter la diffusion des
anomalies et supprimer certaines formes particulièrement
gênantes de crises).
TRAITEMENT D'URGENCE :
Traitement de la crise :
- Mesures symptomatiques: éviter traumatismes et blessures,
installer en position latérale de sécurité, assurer la liberté
des voies aériennes.
- Diazépam (Valium*) 0,25 à 0,5mg/kg selon l'âge (sans dépasser
10 à15mg), par voie intrarectale, si la crise se prolonge.
Traitement de l'état de mal :
- Mesures symptomatiques de réanimation respiratoire toujours
(pour assurer la liberté des voies aériennes et assurer
l'oxygénation).
- Diazépam (Valium*) 0,5mg/kg intrarectal ou intraveineux ou
clonazépam (Rivotril*).
- Puis diphénylhydantoïne (Dilantin*) ou phénobarbital
(Gardénal*) par voie intraveineuse.
Conclusion :
Le plus important, une fois le diagnostic fait avec certitude,
va être d'expliquer l'épilepsie à la famille en essayant de
dédramatiser la situation.
- Le diagnostic d'épilepsie n'est jamais un diagnostic urgent:
mieux vaut attendre d'avoir une certitude.
- C'est un diagnostic clinique d'interrogatoire.
- L'EEG est indispensable pour le confirmer et préciser le type
d'épilepsie dont il s'agit.
- C'est un diagnostic lourd de conséquences à la fois dans ses
implications psychologiques et sociales et dans ses implications
médicales (traitement pendant plusieurs années). Il faut donc
prendre le temps d'expliquer l'affection et de répondre aux
questions.