SYNDROME CÉRÉBELLEUX AIGU :
Accident vasculaire cérébelleux :
Éléments du diagnostic
- Installation des troubles, brutale, en quelques secondes,
minutes ou heures.
- Existence de facteurs de risque : âge, HTA, antécédents
vasculaires.
Nature vasculaire de l'accident
La nature de l'accident vasculaire, hématome ou infarctus, peut
être suspectée cliniquement :
- en faveur de l'hémorragie :
- symptomatologie grave d'emblée : grand vertige, céphalée
postérieure nausées et vomissements.
- à l'examen, grande ataxie axiale et des membres avec
incapacité à se tenir debout ou même assis (astasie-abasie).
- évolution en quelques heures, vers des signes de compression
du tronc cérébral et un coma.
- en faveur de l'infarctus :
- symptomatologie initiale souvent modérée.
- à l'examen, déficit neurologique focal de topographie
vasculaire artérielle.
- l'évolution se fait souvent vers la stabilisation et/ou la
régression.
- mais l'œdème peut être responsable d'une aggravation avec
signes de compression du tronc cérébral et coma.
Secondairement, le problème est étiologique
- Recherche d'une malformation vasculaire ou d'une hémorragie
intratumorale en cas d'hématome (angiographie vertébrale).
- Recherche d'une cause de thrombose ou d'embolie et correction
des facteurs de risque, en cas d'infarctus.
Selon le contexte :
Le contexte permet d'orienter le diagnostic.
Traumatismes
Le syndrome cérébelleux s'observe dans les suites des contusions
cérébrales diffuses ou localisées, plus que dans les plaies du
cervelet par balle ou les hématomes traumatiques de la fosse
postérieure.
Maladies infectieuses
- abcès cérébelleux : surtout abcès à pyogènes, d'origine
otitique. avec signes d'hypertension intracrânienne. prise de
contraste annulaire au scanner. grande urgence médicale
(antibiothérapie) et neurochirurgicale. autres abcès possibles :
tuberculomes, cryptococomes surtout chez le sujet immunodéprimé.
- méningites bactériennes :
- avant tout, tuberculose et listériose, avec signes d'atteinte
du tronc cérébral (paralysies oculomotrices) et syndrome méningé
discret.
- le scanner élimine un processus expansif. la ponction lombaire
ramène, le plus souvent, un liquide clair, avec une réaction
cellulaire modérée, lymphocytaire ou mixte et une glycorachie
abaissée.
- c'est une urgence médicale (antibiothérapie).
- dans les méningo-encéphalites virales (cérébellites aiguës)
que sont surtout la varicelle, la rougeole, la mononucléose
infectieuse :
- le syndrome cérébelleux est, en général, isolé (varicelle), le
contexte de fièvre éruptive peut suffire au diagnostic.
- sinon, la ponction lombaire montre un liquide clair, avec une
réaction cellulaire modérée, lymphocytaire pure, une légère
hyperprotéinorachie, une glycorachie normale.
- l'évolution est spontanément favorable.
- leuco-encéphalite multifocale progressive, en particulier au
cours du SIDA.
- citons la syphilis méningo-vasculaire qui nécessite une
pénicillinothérapie.
Intoxications
Très fréquentes, chez l'enfant comme chez l'adulte, les
intoxications doivent être recherchées systématiquement. Leur
arrêt permet la guérison. Il peut s'agir :
- d'une intoxication alcoolique aiguë (ivresse), d'une
encéphalopathie de Gayet-Wernicke chez l'éthylique souffrant de
carence en vitamine B1.
- d'intoxications médicamenteuses :
- les hydantoïnes, soit en début de traitement, soit à
l'occasion d'une interaction médicamenteuse peuvent être
responsables d'un syndrome cérébelleux ou
cérébello-vestibulaire.
- sels de pipérazine.
- antimitotiques (5-fluoro-uracile...).
- d'intoxications professionnelles : sulfure de carbone,
solvants.
SYNDROME CÉRÉBELLEUX SUBAIGU OU CHRONIQUE :
Processus expansif de la fosse postérieure :
Un processus expansif de la fosse cérébrale postérieure doit
être éliminé d'abord, l'existence d'une hypertension
intracrânienne avec son risque d'engagement constituant une
urgence diagnostique et thérapeutique.
Éléments du diagnostic
- Installation progressive des troubles, en quelques jours,
semaines ou mois.
- Existence de symptômes et signes d'hypertension intracrânienne
et d'autres signes d'atteinte de la fosse postérieure (nerfs
crâniens).
- Le contexte clinique et le scanner orientent le diagnostic :
Tumeurs cérébelleuses
- Métastases, surtout chez l'adulte (hémisphères).
- Hémangioblastome, chez l'adulte jeune.
- Médulloblastome, chez l'enfant (vermis).
- Astrocytome, kystique ou non, à tout âge, lymphome
(hémisphères).
Tumeurs du tronc cérébral
- Métastases chez l'adulte.
- Gliome infiltrant.
- Ependymome, chez l'enfant et chez l'adulte.
Tumeurs de l'angle ponto-cérébelleux
Les tumeurs de l'angle ponto-cérébelleux sont dominées par le
neurinome de l'acoustique. Le diagnostic doit être porté avant
l'apparition du syndrome cérébelleux.
Traitement
- En cas d'hydrocéphalie, le premier geste est la pose d'une
dérivation ventriculaire.
- En cas de tumeur extirpable, le traitement est
neurochirurgical, suivi ou non de radiothérapie et/ou
chimiothérapie selon l'anatomopathologie.
- En cas de tumeur inextirpable, une biopsie stéréotaxique
permet de préciser la stratégie.
Autres causes :
Les autres causes doivent être évoquées de principe car elles
sont justiciables d'un traitement à visée étiologique.
Affections métaboliques
Les affections métaboliques sont des causes rares :
- hypothyroïdie (myxœdème).
- maladie de Wilson.
- carences vitaminiques (vitamine B1, riboflavine, acide
nicotinique, vitamine E) avec leurs signes propres.
Maladies “ inflammatoires ”
L'atteinte cérébelleuse peut marquer une poussée évolutive ou
constituer une séquelle :
- sclérose en plaques, surtout :
- le syndrome cérébelleux y est fréquent, parfois inaugural (et
volontiers cérébello-vestibulaire), souvent présent dans les
formes évoluées (avec tremblement intentionnel important).
- le diagnostic repose sur : les antécédents. la présence
d'autres signes neurologiques. les données de la ponction
lombaire, des potentiels visuels, de l' IRM.
- la corticothérapie peut diminuer l'intensité et la durée de la
poussée. l'isoniazide (Rimifon*) mérite d'être essayé, en cas de
tremblement important.
- la sarcoïdose et le lupus sont des causes exceptionnelles.
Intoxications
Les intoxications sont des causes fréquentes :
- éthylisme chronique surtout : responsable d'une atrophie
cérébelleuse. à l'origine d'un syndrome cérébelleux à
prédominance statique, souvent associé à une polynévrite, une
névrite optique rétrobulbaire, une épilepsie. à distinguer des
autres causes de syndrome cérébelleux chez l'éthylique
(encéphalopathie de Gayet-Wernicke, intoxication alcoolique
aiguë).
- hydantoïnes, à distance du début du traitement, en cas de
surdosage.
- plomb, DDT, bromure de méthyle (extincteurs).
Atrophie cérébelleuse paranéoplasique
L'atrophie cérébelleuse paranéoplasique est rare.
Elle est à l'origine d'un syndrome cérébelleux à prédominance
statique, isolé ou associé à des paralysies oculomotrices, des
signes pyramidaux, des troubles psychiques.
Le scanner montre une atrophie vermienne.
Le liquide céphalo-rachidien est normal ou montre une réaction
cellulaire et une élévation de la protéinorachie modérées.
- Le problème étiologique est variable :
- si le syndrome cérébelleux est révélateur, on recherche un
cancer bronchique avant tout, mais aussi des ovaires, du sein,
du col de l'utérus.
- si le cancer est connu, le syndrome cérébelleux est à
distinguer des autres causes de syndrome cérébelleux chez le
cancéreux (métastases, AVC. 5-fluoro-uracile, BCNU).
- l'évolution se fait généralement vers l'aggravation.
- parfois, la stabilisation. exceptionnellement, la régression
du syndrome cérébelleux, après traitement de la tumeur.
- le pronostic de l'atrophie cérébelleuse paranéoplasique dépend
du cancer (présence d'anticorps anti-YO).
Malformations de la charnière cervico-crânienne
Les malformations de la charnière cervico-crânienne sont rares.
- Congénitales, elles ne se manifestent généralement qu'à l'âge
adulte par des signes neurologiques associés à des degrés divers
:
- atteinte des paires crâniennes bulbaires et/ou
protubérantielles.
- syndrome de la jonction bulbo-médullaire : signes cérébelleux,
atteinte des nerfs bulbaires, troubles proprioceptifs.
- syndrome pyramidal des quatre membres.
- syringomyélie.
- syndrome d'hypertension intracrânienne, souvent paroxystique,
à l'occasion d'efforts.
- Le diagnostic repose sur les examens neuroradiologiques :
- radiographies de la charnière montrant la malformation osseuse
(impression basilaire).
- scanner, après injection par voie lombaire de métrizamide
(Amipaque*) ou IRM, montrant la malformation nerveuse (ectopie
des amygdales cérébelleuses qui caractérise la malformation
d'Arnold-Chiari).
- Le traitement est chirurgical. Les indications sont mal
codifiées.
On peut en rapprocher les anomalies acquises de la charnière
cervico-occipitale : maladie de Paget, ostéomalacie,
polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite ankylosante...
Atrophies dégénératives :
Les atrophies dégénératives constituent un diagnostic
d'élimination. Ce sont des affections d'étiologie inconnue,
souvent génétiques.
Eléments du diagnostic
- Evolution très lente, sur des années.
- Notion, inconstante, d'antécédents familiaux.
- Caractère bilatéral et symétrique des signes cérébelleux.
- Normalité du liquide céphalo-rachidien.
- Absence d'autres étiologies.
Le scanner peut être normal ou montrer une atrophie.
Aucune classification n'est satisfaisante.
On distingue classiquement :
- dégénérescences cérébelleuses :
- atrophies olivo-ponto-cérébelleuses où le syndrome cérébelleux
est associé à des signes pyramidaux, extra-pyramidaux, des
troubles sphinctériens.
- atrophies cérébelleuses corticales avec un syndrome
cérébelleux isolé.
- atrophie dentorubrique, marquée par un tremblement
intentionnel et des myoclonies diffuses.
- dégénérescences spino-cérébelleuses et, avant tout, la maladie
de Friedreich.
- affection génétique de transmission autosomique récessive.
- débutant vers l'âge de 10 ans par des troubles de la marche
et/ou une scoliose.
- caractérisée par l'association d'un syndrome cérébelleux
statique et cinétique, d'un syndrome cordonal postérieur avec
aréflexie tendineuse, d'un signe de Babinski bilatéral, d'une
scoliose et de pieds creux et, souvent, d'une cardiomyopathie et
d'un diabète.
- l'évolution se fait vers une invalidité progressive et la mort
en une vingtaine d'années.
Traitement
Le seul traitement est :
- préventif par conseil génétique dans les formes familiales
d'atrophies cérébelleuses.
- symptomatique du syndrome cérébelleux : 5-hydroxytrytophane,
seul ou associé au bensérazide, avec des résultats limités, ou
encore le valproate de sodium.
A part, l'ataxie cérébelleuse paroxystique familiale, sensible
au Diamox*.
Ataxie cérébelleuse de la maladie de Creutzfeldt-Jakob :
L'ataxie cérébelleuse de la maladie de Creutzfeldt-Jakob est
devenue un phénomène de société depuis l'apparition de variantes
touchant le sujet jeune et la mise en relation éventuelle avec
l'encéphalopathie spongiforme bovine.
- Pour la forme classique, l'ataxie cérébelleuse est présente
dans un tiers des cas et s'accompagne d'une démence progressive
et de myoclonies.
- Pour la forme du sujet jeune, l'ataxie cérébelleuse est
souvent révélatrice avec troubles psychiatriques et troubles
sensitifs.
Bien que rare, elle nécessite impérativement d'être
diagnostiquée en raison des mesures de santé publique
spécifiques s'y rattachant.
SYNDROME CÉRÉBELLEUX DU JEUNE ENFANT :
A côté des étiologies déjà envisagées, en particulier les
tumeurs de la fosse postérieure, les intoxications
médicamenteuses et les cérébellites aiguës, certaines étiologies
sont particulières au jeune enfant.
Avant l'âge de 1 an affections malformatives :
Avant l'âge de 1 an, un syndrome cérébelleux évoque des
affections malformatives comme les agénésies ou hypoplasies
congénitales du cervelet, unilatérales ou bilatérales, parfois
génétiques, à l'origine d'une absence ou d'un retard des
acquisitions.
Lorsqu'il peut être mis en évidence (après l'âge de 10 mois), le
syndrome cérébelleux est souvent associé à une arriération
mentale et à d'autres signes neurologiques déficitaires.
On en rapproche les séquelles d'anoxie cérébrale (infirmité
motrice d'origine cérébrale).
Entre 1 et 3 ans : syndrome cérébello-opsomyoclonique :
Entre 1 et 3 ans, on retrouve le syndrome
cérébello-opsomyoclonique qui associe une ataxie, des myoclonies
diffuses et des opsoclonies, véritable “ affolement oculaire ”.
Le scanner et le liquide céphalo-rachidien sont, le plus
souvent, normaux.
L'enquête étiologique, qui peut être négative, comprend la
recherche d'un neuroblastome (scanner thoracique et abdominal,
dosages de l'acide vanilomandélique [VMA ] et des catécholamines
urinaires).
Le traitement dépend de l'étiologie :
- en cas de neuroblastome : ablation de la tumeur.
- en cas de syndrome primitif ou d'origine virale :
corticothérapie.
L'évolution et le pronostic sont variables.
Entre 2 et 4 ans : deux formes d'ataxie :
Entre les âges de 2 et 4 ans deux affections peuvent survenir,
mais sont de pronostic bien différent.
Ataxie-télangiectasie
L'ataxie-télangiectasie est une maladie neuro-cutanée génétique,
de transmission autosomique récessive débutant entre les âges de
2 et 4 ans et associant :
- une ataxie cérébelleuse, des mouvements choréo-athétosiques,
une viscosité oculaire, une détérioration intellectuelle
progressive.
- des télangiectasies oculaires, des oreilles, de la racine du
nez apparaissant après l'âge de 6 ans.
- un déficit immunitaire mixte tumoral (déficit en IgA) et
cellulaire, responsable d'infections broncho-pulmonaires à
répétition et de lymphomes.
mortelle avant l'âge de 20 ans.
Ataxie aiguë solitaire et curable
L'ataxie aiguë solitaire et curable est une affection “
primitive ”, survenant souvent au décours d'une infection
rhinopharyngée.
Elle est marquée par un syndrome cérébelleux aigu isolé avec
liquide céphalo-rachidien normal, d'évolution spontanément
résolutive en quelques semaines.
C'est un diagnostic d'élimination.
Diagnostic positif
SYNDROME CÉRÉBELLEUX FRANC ET ISOLÉ :
Le diagnostic est facile devant un syndrome cérébelleux franc et
isolé. Ce syndrome associe les troubles suivants.
Troubles de la station debout et de la marche :
La station debout est instable
- Élargissement du polygone de sustentation (écartement des
pieds).
- Oscillation en tous sens, non aggravée par l'occlusion des
yeux et n'entraînant pas de chute.
- “ Danse des tendons ” (contractions permanentes des jambiers
antérieurs).
La démarche est
- Déviations latérales excessives à chaque pas.
- Pieds écartés, bras écartés en balancier, tronc trop en
arrière.
- Pas brefs et irréguliers, pieds levés et reposés brusquement,
demi-tour décomposé. l'arrêt brusque entraînant un déséquilibre.
Troubles de l'exécution des mouvements :
C'est l'incoordination cérébelleuse qui résulte elle-même de
l'association de plusieurs troubles.
Dysmétrie et hypermétrie
Exagération de l'amplitude du mouvement (dysmétrie), qui dépasse
son but (hypermétrie) mais conserve sa direction.
Mise en évidence par l'épreuve “ doigt-nez ” ou “ talon-genoux
”.
Asynergie
Décomposition du mouvement.
Objectivée lors de l'étude des adaptations posturales :
- absence de flexion des genoux lors de l'inclinaison du tronc
en arrière.
- absence de décollement des talons lors de l'accroupissement.
- flexion exagérée des cuisses sur le bassin et décollement
anormal des talons du lit, lors du relèvement du décubitus.
Dyschronométrie
Retard à l'initiation et à l'arrêt du mouvement.
Recherchée en faisant porter simultanément les deux index sur le
nez ou en faisant serrer les deux mains.
Adiadococinésie
Difficulté à accomplir rapidement des mouvements alternatifs
successifs.
Mise en évidence en faisant “ faire les marionnettes ”, le
moulinet, applaudir des deux mains ou battre la mesure du pied.
Tremblement cérébelleux
Le tremblement cérébelleux résulte de l'asynergie et de
l'asynchronisme de contraction entre muscles agonistes et
antagonistes.
- Le tremblement cérébelleux est cinétique et intentionnel :
- absent au repos.
- apparaît peu au maintien d'attitude.
- s'accentue et s'amplifie au cours du geste.
- est particulièrement ample à l'approche du but.
- Il est mis en évidence par l'épreuve du verre d'eau ou
l'épreuve “ doigt-nez ”.
- Le tremblement cérébelleux est lent : 1 à 3 Hz.
Troubles du tonus :
Les troubles du tonus associent :
Hypotonie cérébelleuse
L'hypotonie cérébelleuse est caractérisée par une flaccidité
musculaire sans hyperextensibilité articulaire.
Elle se traduit par une diminution de la résistance aux
mouvements passifs “ manœuvre talon-fesse ” et une exagération
du ballant (signe du fléau).
Réflexes tendineux pendulaires
Réflexes rotuliens, tricipitaux.
Abolition des réflexes de posture
Liée à l'absence de contraction des antagonistes.
Mise en évidence par l'étude des adaptations posturales et par
la manœuvre de Stewart-Holmes.
Troubles de la parole et de l'écriture :
La dysarthrie cérébelleuse est lente, irrégulière, scandée,
parfois explosive.
L'écriture est irrégulière, saccadée, de grande taille.
Troubles de l'oculomotricité :
Les troubles de l'oculomotricité consistent essentiellement en
une dysmétrie oculaire avec secousses nystagmiques lors de la
fixation oculaire (nystagmus de fixation).
AUTRES FORMES CLINIQUES :
Le diagnostic est plus difficile devant certaines formes de
syndromes cérébelleux.
Syndromes cérébelleux frustes ou unilatéraux :
Lors de syndromes cérébelleux frustes ou unilatéraux, certaines
épreuves s'avèrent utiles :
- à la station debout :
- étude pieds joints, un pied devant l'autre ou sur un pied.
- poussées exercées sur le malade.
- à la marche :
- marche un pied devant l'autre, à cloche-pied ou à reculons,
rapide.
- étude du demi-tour et des réactions à l'arrêt brusque sur
ordre.
- épreuve doigt du malade-doigt de l'examinateur-nez du malade,
qui peut objectiver un simple crochetage en fin de mouvement.
- dessin d'une échelle : si l'on demande au malade de tracer les
barreaux, le trait horizontal franchit les limites verticales
des montants, témoin de l'hypermétrie-dysmétrie.
Syndromes cérébelleux et associés :
Le syndrome cérébelleux peut s'associer à un syndrome pyramidal,
vestibulaire ou proprioceptif.
Au maximum, l'analyse des troubles cérébelleux peut être rendue
impossible du fait de l'atteinte des autres systèmes
sensori-moteurs.
Chez le nourrisson :
Le diagnostic est, en pratique, impossible chez le jeune enfant
avant l'âge de 10 mois : importance de l'hypotonie axiale
lorsqu'elle existe.
Diagnostic différentiel
Le diagnostic différentiel ne pose généralement pas de
problèmes, l'examen neurologique permettant d'éliminer les
éléments suivants.
Lorsque le trouble de l'équilibre et de la marche est au premier
plan :
Ataxie proprioceptive
L'ataxie proprioceptive est caractérisée :
- par une atteinte de la sensibilité proprioceptive.
- avec signe de Romberg et aggravation des troubles par
l'occlusion des yeux.
- association à une ataxie cinétique et des troubles de la
sensibilité “ profonde ”.
Déséquilibration vestibulaire
- Par atteinte labyrinthique ou des voies vestibulaires
centrales ou périphériques.
- Avec pseudo-signe de Romberg latéralisé et aggravation des
troubles à l'occlusion des yeux.
- Surtout associée à des vertiges et à un nystagmus.
“ Apraxie ” de la marche des lésions frontales
L'apraxie de la marche des lésions frontales doit aussi être
écartée (avec rétropulsion).
Autres troubles de l'équilibre et de la marche
Observés dans l' hydrocéphalie à pression normale, les syndromes
parkinsoniens, l'astasie-abasie et les poussées hypertensives,
sont à éliminer.
Lorsque certains signes dominent le tableau clinique :
Trouble du mouvement volontaire
Un trouble du mouvement volontaire doit faire discuter une
pathologie pyramidale ou extra-pyramidale.
Hypotonie unilatérale
Une hypotonie unilatérale doit faire éliminer une hémiparésie
flasque ou une paralysie périphérique.
Tremblement
Un tremblement pose le problème des hyperkinésies
volitionnelles, avant tout la dyskinésie volitionnelle
d'attitude.
En pratique, le problème le plus difficile est de ne pas
méconnaître un syndrome cérébelleux discret.
Diagnostic topographique
SYNDROME CÉRÉBELLEUX VERMIEN :
Egalement appelé syndrome axial, le syndrome cérébelleux vermien
a pour caractéristiques :
- la prédominance statique.
- les troubles sont bilatéraux, plus ou moins symétriques.
- dominés par les troubles de la station debout, de la marche,
des adaptations posturales et par la dysarthrie.
SYNDROME CÉRÉBELLEUX HÉMISPHÉRIQUE :
Également appelé syndrome latéral ou segmentaire, le syndrome
cérébelleux hémisphérique a pour caractéristiques :
- la prédominance cinétique.
- homolatéral à la lésion.
- marqué par l'incoordination des membres et l'hypotonie plus
nette au membre supérieur.
ATTEINTE DES VOIES CEREBELLEUSES :
Le tableau clinique des atteintes des voies cérébelleuses dépend
du siège de la lésion.
Les lésions bulbaires
Pédoncule cérébelleux inférieur : syndrome cérébelleux à
prédominance statique et, souvent, syndrome
cérébello-vestibulaire avec nystagmus, homolatéral à la lésion.
Lésions protubérantielles
Pédoncule cérébelleux moyen : syndrome cérébelleux à
prédominance cinétique, homolatéral à la lésion.
Lésions pédonculaires
Pédoncule cérébelleux supérieur :
- syndrome cérébelleux à prédominance cinétique, particulier par
l'importance de la dyskinésie aux membres supérieurs.
- le côté des signes dépend du niveau lésionnel :
- signes homolatéraux quand la lésion est située en dessous de
la commissure de Wernekink.
- signes controlatéraux si la lésion est située au-dessus.
Lésions thalamo-hypothalamiques
Syndrome cérébelleux cinétique controlatéral
A part
Du fait des connexions du lobe flocculo-nodulaire du cervelet,
ses atteintes s'expriment par un syndrome vestibulaire marqué et
des signes cérébelleux axiaux.
Orientation du diagnostic
Interrogatoire :
L'interrogatoire précise, notamment :
- l'ancienneté, le mode d'installation et l'évolution des
troubles.
- les symptômes accompagnateurs.
- l'âge, les antécédents personnels et familiaux (en
particulier, troubles de la marche chez les ascendants), les
traitements suivis.
Examen clinique :
L'examen neurologique précise le type de l'atteinte, statique ou
cinétique, et recherche d'autres signes neurologiques, en
particulier une atteinte des paires crâniennes.
Les examens cardio-vasculaire (athéromatose, hypertension
artérielle, souffle) et général (stigmates d'éthylisme, foyer
infectieux, cancer primitif, anomalies de l'appareil locomoteur,
etc.) sont essentiels.
Examens complémentaires :
Devant un syndrome cérébelleux, on pratiquera les examens
complémentaires suivants :
- examen clé, l'IRM ou, à défaut, le scanner cérébral.
- examens de pratique courante : NFS, VS, radiographie de
thorax.
- Les examens demandés en fonction de l'orientation clinique
et/ou des résultats au scanner sont :
- radiographies et/ou IRM de la charnière occipito-vertébrale.
- étude du liquide céphalo-rachidien.
- examens toxicologiques.
- hémocultures.
- angiographie vertébro-basilaire...
C'est le mode d'installation du syndrome cérébelleux qui
constitue le meilleur élément d'orientation diagnostique. L'âge
de début des troubles est également déterminant.
Parmi les étiologies, on retiendra :
- accident vasculaire cérébelleux hémorragique ou infarctus :
brutal, notion de facteurs de risque, valeur de l'IRM.
- causes infectieuses : abcès cérébelleux, méningite
tuberculeuse ou listérienne, méningo-encéphalites virales
(varicelle, rougeole, MNI).
- intoxications alcoolique aiguë, médicamenteuse,
professionnelle.
- autres causes :
- hydrocéphalie.
- tumeurs cérébelleuses.
- tumeurs de l'angle ponto-cérébelleux.
- sclérose en plaques.
- éthylisme chronique.
- malformation de la charnière cervico-crânienne.
- atrophies dégénératives.
- causes paranéoplasiques.
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