PATHOGENIE : Sa
pathogénie reste méconnue, mais met en jeu une réponse anormale
dans son intensité et sa durée du système nerveux végétatif avec
des troubles de la microcirculation, en l'absence d'un syndrome
inflammatoire biologique.
L'origine sympathique de l'algodystrophie n'est plus aussi
claire qu'elle ne le paraissait. Il n'y a pas équivalence entre
douleur maintenue par le système sympathique et algodystrophie.
Des tests dysautonomiques et vasculaires sont en cours d'étude:
anomalies thermiques (thermographie), hypersudation ("test de la
sueur"), troubles vasculaires (mesure laser-Doppler des flux
microcirculatoires superficiels, évaluation du réflexe
veino-artériolaire), ainsi que l'évaluation de différents
neuromédiateurs à expression loco-régionale.
LES DEUX PHASES DE L'ALGODYSTROPHIE :
L'algodystrophie survient à tout âge, dans les deux sexes.
Deux phases se
succèdent souvent en quelques semaines ou mois: la première
œdémateuse avec une hyperperméabilité loco-régionale dans la
zone touchée (phase chaude), la seconde scléro-atrophique (phase
froide), parfois présente d'emblée. Durant cette phase,
l'hyperperméabilité loco-régionale disparaît pour laisser place
à l'installation progressive d'une fibrose régionale pouvant
porter sur l'ensemble des tissus (tissu sous-cutané, tendon,
ligament, aponévrose, capsule articulaire, synoviale, tissu
osseux, voisinage de neurorécepteurs) conditionnant le
pronostic. On pense que les troubles de la microcirculation
algodystrophiques sont réversibles, contrairement à l'ischémie
osseuse définitive de l'ostéonécrose.
LIENS ENTRE FRACTURES ET ALGODYSTROPHIE :
Les liens entre fractures et algodystrophie sont importants.
Une fracture
post-traumatique ou d'apparence spontanée corticale ou
trabéculaire est une cause fréquente d'algodystrophie. C'était
bien connu pour la fracture de Pouteau-Colles des deux os de
l'avant-bras, cela l'est devenu pour les autres fractures du
membre inférieur.
La grande
difficulté était le caractère occulte de ces fractures sur les
données de la radiographie standard (la condensation traduisant
de fait le cal osseux n'apparaît qu'après plusieurs semaines
d'évolution d'une fracture trabéculaire).
Mais elles ne sont
plus occultes maintenant grâce à la scintigraphie osseuse et à
l'IRM, qui permettent de faire le diagnostic dès le début:
hyperfixation scintigraphique localisée du radiotraceur, image
d'œdème périfracturaire en IRM.
Il est
vraisemblable que des fractures occultes étaient considérées
comme des algodystrophies et les patients pouvaient guérir en
quelques semaines s'ils restaient alors au repos. Mais
peut-être, chez des patients prédisposés (notion de dystonie
neurovégétative), ce qui est loin d'être la règle générale, de
telles fractures peuvent-elles parfois se compliquer
d'algodystrophie.
Dans un autre ordre
d'idée l'algodystrophie entraîne volontiers une déminéralisation
loco-régionale importante en quelques semaines ou mois, qui peut
durer plus d’une année, expliquant un risque possible de
fractures secondaires.
Étiologie :
ELEMENTS TRAUMATIQUES SUR L'APPAREIL LOCOMOTEUR :
Le traumatisme est net :
- fractures du membre supérieur (humérale, de
Pouteau-Colles des deux os de l'avant-bras), du membre inférieur
(fractures occultes corticales ou trabéculaires, quels que
soient leur localisation, leur origine, leur mode de survenue).
- luxation.
- entorse sur un membre.
- acte chirurgical (orthopédique, thoracique,
vasculaire).
- kinésithérapie inadaptée.
- immobilisation prolongée.
- ou contusion modérée mais sur un site riche en
terminaisons nerveuses (main, poignet, dessus du pied, cheville,
genou) après un choc direct, une chute, un mouvement brusque
d'amplitude maximale...
ABSENCE DE TRAUMATISME INITIAL SUR L'APPAREIL LOCOMOTEUR :
En cas d'absence de traumatisme initial sur l'appareil
locomoteur, les différentes causes d'algodystrophie sont :
- les thromboses
artérielles (cérébrales: cause fréquente, coronarienne: cause
devenue rare).
- neurologiques
centrales ou périphériques (radiculalgie).
- infectieuses
(panaris, zona).
- rhumatismales.
- métaboliques (le
diabète paraît être un facteur favorisant, avec des formes
rebelles).
- tumorales
(rares).
- peut-être des
médicaments: phénobarbital (rhumatisme gardénalique des membres
supérieurs).
ciclosporine (des
patients ayant subi une greffe souffrent d'un syndrome
douloureux musculaire, articulaire et osseux aux membres
inférieurs avec hyperfixation scintigraphique pendant plusieurs
mois, de nature discutée).
Plusieurs facteurs
peuvent être intriqués.
Certains patients
paraissent avoir une dystonie neuro-végétative.
Le retentissement
psychologique obligatoire de la douleur chronique ne doit pas
être pris pour la maladie initiale.
Un tiers des
algodystrophies sont sans causes reconnues.
Diagnostic :
La forme typique est réalisée par l'algodystrophie à forme
œdémateuse post-traumatique.
TABLEAU CLINIQUE :
Tableau évocateur d'une algodystrophie post-traumatique :
Evoquent une algodystrophie post-traumatique sur le segment de
membre lésé et à son voisinage plus distal :
- un œdème assez
ferme persistant au
-delà du délai de guérison du traumatisme initial, rendant une
contention douloureuse.
- une douleur après
un intervalle libre de quelques jours ou quelques semaines,
anormalement intense par rapport au degré du traumatisme
initial, à la reprise de la fonction articulaire, ou au repos,
parfois la nuit.
- une impotence
fonctionnelle parfois majeure.
- la survenue de
troubles vaso-moteurs, d'une hypersudation, d'un enraidissement
articulaire passif, actif...
La douleur algodystrophique :
La douleur algodystrophique, à type d'élancement, de brûlure est
ressentie dans la région touchée :
- au repos, la
nuit, à la pression légère, au simple toucher (hyperesthésie).
- dès la mise en
fonction du membre affecté et pour le membre inférieur en charge
(boiterie, marche avec une canne).
* Parfois:
- toute stimulation
non douloureuse est ressentie comme une douleur (allodynie). -
une stimulation douloureuse entraîne une douleur hors de
proportion avec le stimulus (hyperalgésie).
- les moindres
excitations sensitives ou affectives entraînent une douleur
anormale par son intensité et son caractère angoissant
(hyperpathie).
* Le seuil
douloureux dépassé, la douleur progresse en intensité plus vite
et pour un degré plus élevé qu'attendu, de façon explosive, en
étant encore perçue après l'arrêt du stimulus déclenchant.
* Il peut exister
une absence de sensibilité au toucher, contrastant avec la
présence d'une douleur sévère dans la même zone (anaesthesia
dolorosa).
* Le froid ou le
chaud peuvent majorer la douleur (thermodynie) ou la soulager.
* La douleur
globale est quantifiée sur une échelle visuelle analogique.
Troubles vaso-moteurs : Les
troubles vaso-moteurs, puis trophiques dans le territoire
douloureux sont nets à la main, au pied, à la cheville ou au
genou (dans les régions articulaires superficielles) :
- peau rouge ou cyanotique.
- hyperthermie locale ou alternances rapides
d'hyperthermie et d'hypothermie locales.
- hypersudation.
- œdème assez ferme des tissus mous
péri-articulaires.
- majoration des signes à l'essai modéré d'activité
du membre affecté ou en charge des signes vaso-moteurs.
épanchement articulaire paucicellulaire (moins de 1 000 à 2 000
cellules par mm3), aseptique, sans cristaux.
L'algodystrophie n'entraîne ni altération de l'état
général, ni fièvre, ni adénopathies.
La vitesse de sédimentation globulaire, la
concentration de la protéine C réactive restent normales.
IMAGERIE :
Scintigraphie osseuse :
* La scintigraphie osseuse aux trois temps objective une
hyperfixation aspécifique du méthylène-bisphosphonate (MBP)
marqué au technétium99m injecté par voie veineuse :
- dès le début de
l'algodystrophie.
- dans la zone
pathologique par rapport au côté opposé.
- aux temps
vasculaire précoce (première minute) et osseux et vasculaires
tardifs (composante vasculaire, activité ostéoblastique).
* Cet examen non
systématique est réservé aux cas douteux :
- à cause d'un site
anatomique inhabituel.
- lors de
discordance entre l'intensité des douleurs et la pauvreté des
signes cliniques.
- après chirurgie.
- lors de problèmes
médico-légaux.
- et au cours de
l'évolution si l'on craint une extension ou une fracture
microtrabéculaire favorisée par l'ostéoporose de
l'algodystrophie.
Radiographies comparatives :
Après un délai d'au moins 3 à 4 semaines, les radiographies
comparatives montrent :
- une hypertransparence osseuse, régionale, homogène (travées
gommées, contours parfois mal définis) ou pommelée,
micro-polygéodique ou macro-polygéodique.
- avec déminéralisation sous-chondrale, soulignant la corticale
respectée, bande claire métaphysaire, surtout chez le sujet
jeune.
- aspécifique.
* L'interligne articulaire est conservé.
* La présence d'une zone de condensation évoque une
microfracture trabéculaire, cause ou conséquence de
l'algodystrophie.
* Le scanner (fait pour une autre indication) révèle la
déminéralisation régionale, l'épaississement de structures
para-articulaires (capsules, tendons, ligaments, parties
molles).
Imagerie par résonance magnétique :
L'IRM (hanche, genou, cheville, pied) objective :
- l'œdème transitoire des tissus superficiels, périarticulaires.
- l'épanchement synovial transitoire (hypersignal T2).
- la plasmostase médullaire transitoire aspécifique dans l'aire
osseuse affectée, sans limites précises (hyposignal T1,
hypersignal T2, rehaussement par le gadolinium), qui sera
ultérieurement déminéralisée.
Densitométrie :
La densitométrie quantifie la perte minérale osseuse dans l'aire
osseuse algodystrophique plus marquée sur l'os trabéculaire que
cortical, équivalente en quelques semaines ou quelques mois à
celle apparaissant en 10 ans d'évolution d'une ostéoporose
postménopausique.
FORMES CLINIQUES :
Algodystrophie froide d'emblée :
L'algodystrophie froide d'emblée d'allure ischémique sans
hyperperméabilité localisée est assez fréquente, surtout chez
l'adolescente et les adultes jeunes.
- Dans le segment de membre atteint, hypothermie,
érythrocyanose, douleur intense, le tableau faisant craindre
parfois une vascularite.
- hypofixation scintigraphique aux temps précoces et tardifs (à
différencier de la non-utilisation du membre).
- aspect IRM normal (pas d'œdème médullaire ou des parties
molles).
- déminéralisation retardée.
Formes selon la localisation :
Les différentes localisations peuvent être :
- un syndrome épaule-main, fréquent.
- une algodystrophie du pied ou de la cheville, fréquente.
- des algodystrophies plus rares: genou, hanche, coude.
- des localisations infracliniques avec hyperfixation
scintigraphique à un autre site du même membre.
- les formes sans douleurs ou sans atteinte osseuse sont rares.
DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL :
L'observation clinique reste le meilleur moyen de faire le
diagnostic d'une algodystrophie.
Le choix des examens d'imagerie est fonction de la période de
consultation et des doutes diagnostiques. Un patient ayant un
syndrome épaule-main unilatéral au stade de signes vaso-moteurs
nets à la main et aux doigts, avec enraidissement des doigts en
demi-flexion, et épaule homolatérale limitée ne nécessite pas
d'examens complémentaires.
Algodystrophie isolée de la main :
Une algodystrophie isolée de la main fait discuter:
* en phase œdémateuse.
- une arthrite.
- une cellulite (existence d'un syndrome inflammatoire).
* en phase scléreuse:
- une sclérodermie.
- une chéiropathie diabétique.
- une fasciite palmaire avec arthrite (cancer de l'ovaire).
L'atteinte est dans les trois cas bilatérale en règle générale.
Impotence fonctionnelle douloureuse avec boiterie :
Une impotence fonctionnelle douloureuse avec boiterie et
radiographies les premières semaines normales au pied, à la
cheville, au genou ou à la hanche chez un sujet avec un état
général conservé, sans fièvre, fait discuter, outre une
algodystrophie :
- une fracture de stress ou par insuffisance osseuse d'une zone
épiphysaire, métaphysaire ou diaphysaire, qui peut se compliquer
d'algodystrophie (signes échographiques précoces en parties
molles, hyperfixation scintigraphique précoce, signes IRM).
- une ostéonécrose aseptique (circonstances évocatrices,
hypofixation scintigraphique partielle épiphysaire entourée
d'une hyperfixation, bande étroite arciforme IRM en hyposignal
T1 circonscrivant la zone nécrosée).
- une enthésite (spondylarthropathie connue ou non,
hyperfixation scintigraphique localisée, signes échographiques,
signes IRM sur l'enthèse, avec œdème médullaire osseux en regard
de l'enthèse, syndrome inflammatoire biologique).
- une tendino-bursite.
La présence sur les sites superficiels de signes d'instabilité
vaso-motrice, fréquents mais inconstants, oriente vers une
algodystrophie.
Intérêt du cliché radiologique standard 4 à 8 semaines après le
début clinique:
- hypertransparence osseuse dans l'algodystrophie.
- méplat du contour de l'épiphyse, signe de la coquille d'œuf si
ostéonécrose.
- bande de condensation si fracture trabéculaire correspondant
au cal osseux.
Formes à expression douloureuse préférentielle :
Dans les formes à expression douloureuse préférentielle (sans
signes vaso-moteurs superficiels), la mise en évidence à la
scintigraphie osseuse d'une hyperfixation, ou plus rarement
d'une hypofixation, va à l'encontre d'un pithiatisme, d'une
hystérie ou d'une simulation.
Autres formes :
* L'œdème médullaire osseux en IRM n'est pas pathognomonique de
l'algodystrophie. Il accompagne différentes conditions, en
particulier les fractures micro-trabéculaires récentes, des
enthésites, des cas d'ostéonécrose aseptique.
* Une forme parcellaire (osseuse très localisée) ou partielle
(sur un condyle, un plateau tibial, une zone épiphysaire) fait
discuter une fracture occulte trabéculaire qui peut se
compliquer d'une algodystrophie.
* La causalgie survient après lésion d'un tronc nerveux riche en
fibres sympathiques sans que la douleur intense, à type de
brûlure, avec allodynie, hyperpathie, œdème, troubles de la
microcirculation, de la sudation, troubles trophiques, ne soit
forcément limitée au territoire de ce seul nerf.
Évolution :
PHASE SCLERO-ATROPHIQUE :
Pendant la phase scléro-atrophique, l'œdème disparaît
progressivement avec installation des troubles de la trophicité
tissulaire : peau froide, sèche, cyanotique ou pâle, atrophique,
troubles des phanères, rétraction capsulaire, tendineuse,
ligamentaire.
- A ce stade, la douleur peut rester encore vive, en particulier
à la fonction articulaire.
- En phase scléro-atrophique, l'ostéoporose régionale est
souvent marquée en radiologie, l'œdème a disparu: l'IRM est
normale.
- La scintigraphie peut montrer une normofixation ou une
hypofixation ou encore une hyperfixation (liée à l'hyperactivité
ostéoblastique).
LA GUERISON :
La guérison est obtenue le plus souvent en quelques mois ou en 1
année, parfois plus, sans séquelles.
Les formes de la hanche et du genou évoluent souvent plus
rapidement que celles de la main, de l'épaule, du pied et de la
cheville où les évolutions sur 2 ans ne sont pas rares.
Certains patients peuvent toutefois garder des séquelles
régionales:
- raideur douloureuse.
- atrophie.
- ostéoporose.
- hyperpathie.
- allodynie.
- mobilisation ou démarche pseudo-paralytique (sans paralysie
vraie) difficile à dissocier d'une hystérie ou d'une simulation
dans une éventuelle situation de bénéfices secondaires pour le
patient.
LOCALISATIONS CLINIQUES SUCCESSIVES ET RECIDIVE :
Localisations cliniques successives
Quelques patients ont des localisations cliniques successives
locales, régionales, sur le même membre, au membre
controlatéral, rarement aux quatre membres en quelques mois ou
années, cartographiées en scintigraphie.
La question se pose dans ces formes de liens avec des
microfractures, la présence d'un trouble métabolique
(dyslipidémie).
Récidive
Une récidive, rare au même site, fait discuter une fracture
trabéculaire ou corticale favorisée par l'ostéoporose régionale
algodystrophique ou une pathologie factice.
Traitement :
Il n'existe pas actuellement de traitement permettant de guérir
un patient souffrant d'algodystrophie.
TRAITEMENT MEDICAMENTEUX :
*Les antalgiques (paracétamol, association paracétamol-codéine)
sont nécessaires, mais insuffisants. Les anti-inflammatoires non
stéroïdiens sont possibles pour certains patients, mais peu
efficaces.
* La calcitonine est essayée en France à raison d'une injection
sous-cutanée ou intramusculaire une fois par jour 10 à 15 jours
de suite.
- Passé ce délai, une amélioration justifie sa poursuite par
exemple à raison d'une injection quotidienne pendant encore 1
semaine puis trois fois par semaine pendant 1 mois.
- Il est inutile de poursuivre sa prescription pendant des mois
chez un malade dont l'état ne s'améliore pas.
- Son mécanisme d'action est discuté: antalgique, vaso-moteur,
ou anti-ostéoclastique.
- Elle occasionne souvent des "flushs" au visage, des céphalées,
des nausées, plus rarement des sensations vertigineuses, des
vomissements.
- Sa tolérance est accrue lors d'une injection le soir, avec une
ampoule de métoclopramide (Primpéran*).
* Une corticothérapie (20 à 30mg/j en équivalent prednisone
pendant 1 à 2 semaines, avec réduction ensuite et sevrage en
moins de 1 mois) est controversée. Les injections locales de
corticoïdes retard non fluorés sont parfois utilisées, dans les
formes de l'épaule (avec rétraction capsulaire) ou du genou.
* La prescription de tranquillisants ou d'antidépresseurs est à
adapter selon les patients.
* Les bisphosphonates (pamidronate de sodium par voie
intraveineuse, alendronate) font l'objet de travaux.
* Les blocs régionaux intraveineux des membres supérieurs ou
inférieurs avec la guanéthidine, la réserpine ou d'autres
produits sont réservés à des centres spécialisés, de même que
les techniques analgésiantes épidurales.
* La sympathectomie est plus rarement pratiquée car le rôle du
sympathique est controversé dans des formes d'algodystrophie.
C'est dire l'importance des thérapeutiques physiques et des
mesures préventives.
THERAPEUTIQUES PHYSIQUES :
Les thérapeutiques physiques associent:
* mise au repos en décharge ou hors contrainte du segment de
membre atteint.
- marche avec pas simulé ou port de cannes anglaises.
- repos au lit, membre touché surélevé.
- contention élastique si verticalisation pour les atteintes
distales (main, pied).
* physiothérapie à visée circulatoire (bains écossais, à adapter
selon la tolérance), hydrokinésithérapie antalgique et
facilitatrice, massage de drainage de l'œdème.
* mobilisation kinésithérapique douce, active, assistée,
analytique, luttant contre la raideur et restant en deçà des
amplitudes provoquant ou exacerbant la douleur (règle de la
non-douleur).
- une rééducation hâtive ou douloureuse entretient une
algodystrophie.
donner d'emblée quatre séances de rééducation par semaine
pendant 6 semaines.
* Au stade tardif:
- étirements progressifs et répétés.
- postures adaptées.
- hydrokinésithérapie (piscine chauffée).
- orthèses avec matériaux thermoformables luttant contre les
attitudes vicieuses.
- neurostimulation transcutanée dans des formes rebelles.
MESURES PREVENTIVES :
Mesures préventives après un traumatisme :
- surveillance régulière des patients sous contention.
- immobilisation de durée strictement limitée.
- utilisation de matériau nouveau.
- rééducation douce, contrôle de l'initiation de la rééducation
en testant la sensibilité douloureuse des sujets à la reprise
d'une activité.
- éviter le cercle vicieux de la douleur provoquant puis
maintenant une algodystrophie.
Conclusion :
En l'absence d'un traitement définitivement efficace de
l'algodystrophie, tout médecin doit, devant un traumatisme, une
maladie ou un acte thérapeutique susceptibles de se compliquer
d'une algodystrophie, envisager d'emblée une prise en charge
aussi précoce que possible et efficace de la douleur, pour
mettre le patient dans les meilleures conditions de ne pas
développer une algodystrophie.
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