Étiologie et particularités des hémorragies sous-arachnoïdiennes
Cours de Neurologie
Anévrismes inhabituels
:
A - ANÉVRISMES ASSOCIÉS À UNE MALFORMATION
ARTÉRIOVEINEUSE :
L’incidence d’anévrismes associés à une malformation
artérioveineuse varie entre 10 et 18 % selon les équipes chirurgicales,
mais dans le cadre d’études en angiographie suprasélective, cette
association est présente dans près de 60 %.
Une malformation artérioveineuse associée à un anévrisme a un
risque supérieur d’hémorragie.
Ce risque apparaît encore supérieur
dans le cadre d’anévrismes multiples.
B - ANÉVRISMES ET MALADIE DE MOYA-MOYA :
Les anévrismes sont présents chez 5 à 15% des patients présentant
une maladie de moya-moya.
Les anévrismes sacculaires ont
tendance à se développer au niveau des artères devenues larges et à
haut débit de la circulation postérieure.
Des anévrismes plus distaux, de petite taille, se développent sur des
artères anastomotiques pathologiques au niveau de la circulation
antérieure.
C - ANÉVRISMES DISSÉQUANTS :
Sur une étude de 10 ans réalisée au Japon, on retrouve un
anévrisme disséquant pour 30 anévrismes sacculaires dans le bilan
étiologique d’une hémorragie sous-arachnoïdienne.
Les anévrismes disséquants intracrâniens, par opposition aux anévrismes
extracrâniens, se manifestent fréquemment par une hémorragie
sous-arachnoïdienne, et leur propension au resaignement est
élevée.
Par contraste avec les dissections extracrâniennes,
l’hématome pariétal se développe entre la lamina interne et la
média ; l’absence de tissu élastique favorise la dissection, et l’absence de limitante élastique externe conduit à la rupture dans l’espace
sous-arachnoïdien.
Le diagnostic se fait par angio-IRM, ou
angiographie cérébrale conventionnelle.
L’IRM peut retrouver une
double lumière, et éventuellement un hématome subaigu dans la
fausse lumière.
L’angiographie cérébrale sélective peut retrouver la
double lumière pathognomonique, la présence d’une rétention de
produit de contraste au niveau de la fausse lumière lors de la phase
veineuse, une sténose irrégulière ou une lumière rétrécie au-delà
d’une dilatation segmentaire proximale avec un élargissement poststénotique
irrégulier, une occlusion complète.
1- Anévrismes disséquants au niveau de la circulation
antérieure
:
Ils ont pour étiologies les artérites, les dysplasies fibromusculaires,
les traumatismes, ou enfin une origine spontanée.
Ils
surviennent en général chez des sujets normotendus.
La
dissection peut également se compliquer d’une occlusion artérielle
ou d’embolies distales.
2- Anévrismes disséquants de la circulation postérieure
:
Ils surviennent plus fréquemment au niveau de la portion
intracrânienne de l’artère vertébrale (portion V4).
On peut
néanmoins retrouver ces anévrismes en n’importe quelle autre
situation, en particulier au niveau du tronc basilaire ou des artères
communicantes postérieures.
La plupart des anévrismes de la circulation postérieure surviennent
chez des patients hypertendus ou athéroscléreux, une étiologie
possible de l’hématome intramural étant la rupture d’un vasa
vasorum ou d’une formation néovasculaire développée en réponse
à une nécrose de la média ou à un athérome.
Les manifestations
ischémiques sont plus fréquentes que les hémorragies sousarachnoïdiennes
dans ce cadre.
Le taux de resaignement dans le
cadre des anévrismes disséquants de la circulation postérieure est
de l’ordre de 30 %.
D - ANÉVRISMES GÉANTS :
1- Sacculaires :
Ils sont définis comme des lésions anévrismales de plus de 25 mm
de diamètre.
Ils représentent environ 5 % de tous les anévrismes
intracrâniens.
On les retrouve en général chez les patients de
40 à 60 ans. Néanmoins, dans 5 à 10% des cas ils concernent les
enfants.
La plupart de ces anévrismes (60 %) surviennent au niveau de la
carotide interne, et ont une configuration sacculaire.
L’évolution
du sac anévrismal se fait par un agrandissement à la fois au niveau
du fundus et du collet, conduisant à une incorporation au sein du
sac des vaisseaux adjacents et de leurs branches.
Au stade ultime, il
n’existe aucune portion d’anévrisme clippable.
L’étude histologique
de ce dernier retrouve un mur de fibres collagènes, sans tissu
musculaire, associé à une thrombose intraluminale incomplète.
Au scanner, on retrouve une composition intrasacculaire hétérogène.
Il existe un rehaussement du mur anévrismal après injection de
contraste iodé.
L’IRM permet de visualiser cela avec plus de détails.
Ces anévrismes se manifestent en général par un déficit
neurologique, des troubles des fonctions cognitives, des crises
comitiales ou des céphalées.
Dans 30 % des cas, ils sont révélés
par une hémorragie qui est de mauvais pronostic.
2- Fusiformes :
Il s’agit d’élargissement, d’élongation ou de tortuosité au niveau des
segments artériels.
Le terme de dolicoectasie définit la présence de vaisseaux géants de
ce type.
Les anévrismes fusiformes se caractérisent par une longueur
importante, l’absence de collet défini, et concernent toute la
circonférence du vaisseau porteur.
Il existe fréquemment des
vaisseaux perforants naissant de leur dôme.
Ce type particulier d’anévrisme se constitue au niveau de défauts
congénitaux, acquis ou d’origine iatrogène.
Ils peuvent également
se développer après une rupture intimale par dissection.
Ils se révèlent plus volontiers par des compressions du tronc
cérébral, des atteintes des nerfs crâniens, des lésions ischémiques,
que par une hémorragie qui est exceptionnelle dans ce cadre.
3- Serpentins
:
Ils se définissent comme des anévrismes larges, partiellement thrombosés, entourant un vaisseau porteur tortueux qui correspond
à un canal intrathrombotique non endothélialisé.
Sur le plan
anatomopathologique, ils correspondent à une masse globuleuse de
thrombus expansifs, laminés, se calcifiant avec le temps.
Ils se manifestent en général par un déficit progressif ou un effet de
masse, et très rarement par une hémorragie.
E - ANÉVRISMES ASSOCIÉS AUX PATHOLOGIES
SYSTÉMIQUES :
1- Inflammatoires :
Le lupus érythémateux disséminé (LED), la panartérite noueuse
(PAN) ou l’artérite à cellule géante de Horton entraînent une nécrose
fibrinoïde vasculaire focale, avec une interruption du tissu élastique
des vaisseaux cérébraux touchés.
Ces lésions subaiguës ou
chroniques au niveau des bifurcations artérielles conduisent en
général à la formation d’ectasies, mais peuvent également faciliter
la formation d’anévrismes sacculaires au niveau des vaisseaux de
moyen calibre.
En revanche, dans le cadre des artérites aiguës, les anévrismes sont
en général multiples, périphériques au niveau des vaisseaux de petit
diamètre, et non sacculaires.
2- Hémoglobinopathie
:
Les anévrismes dans le cadre de la drépanocytose surviennent à
l’âge adulte, consécutifs aux occlusions artérielles se développant
au cours de l’enfance, qui conduisent par des dilatations vasculaires
focales à la formation d’anévrismes.
Leur évolution après
rupture est similaire à celle des anévrismes intracrâniens rompus.
F - ANÉVRISMES INTRACRÂNIENS INFECTIEUX
:
1- Bactériens :
Les anévrismes « mycotiques » représentent 2,5 % des anévrismes
intracrâniens.
Ils sont en général méconnus et responsables
d’hémorragies dévastatrices.
Dans la plupart des cas, ils résultent
d’embolisation intravasculaire de végétation cardiaque dans le cadre
d’une endocardite infectieuse, cette dernière entraîne un risque de
5 à 10 % de formations anévrismales intracrâniennes.
Les anévrismes infectieux intracrâniens peuvent également résulter
de la diffusion d’infections de voisinage incluant les méningites, les
thrombophlébites du sinus caverneux, les ostéomyélites du crâne,
les pharyngites, les infections sinusiennes.
Sur le plan anatomopathologique, il existe une perte de l’intima qui
est caractéristique, la dilatation anévrismale résultant directement
de l’infection, ou des lésions adventicielles liées à l’inflammation.
Il n’est pas recommandé de réaliser une angiographie cérébrale chez
tous les patients présentant une endocardite.
Seul un scanner
cérébral, sans puis avec injection de contraste, est indiqué à la phase
initiale du traitement.
Si on retrouve alors la présence de sang au
niveau du liquide cérébrospinal ou du parenchyme cérébral, une
angiographie cérébrale sélective est indiquée ; cette dernière méconnaît environ 10 % des anévrismes mycotiques.
La
topographie de ces anévrismes est en général distale au niveau des
branches de l’artère cérébrale moyenne, conduisant lors de leur
rupture à un hématome intracérébral. Néanmoins, des vaisseaux
proximaux peuvent être concernés.
La mortalité consécutive à la rupture d’un anévrisme infectieux
intracrânien est de l’ordre de 75 %.
2- Anévrismes fongiques et parasitaires :
Les véritables anévrismes mycotiques sont rares, mais leur fréquence
augmente avec l’utilisation d’antibiotiques puissants et de
traitements immunosuppresseurs.
Ces lésions prennent leur origine
au niveau d’infections craniofaciales contiguës dans le cadre des
lésions liées à l’Aspergillus ou aux phycomycètes.
Elles peuvent
être d’origine embolique intravasculaire dans le cadre des
endocardites à Candida.
Leur évolution est lente, sur plusieurs mois.
Ce sont en général des
anévrismes proximaux, fusiformes.
La thrombose artérielle y est
fréquente. Leur rupture conduit à des hémorragies massives au
niveau des citernes de la base, avec une évolution en général létale
, concernant des patients qui en général présentent des tares
associées.
Des cas d’hémorragies méningées liées à la rupture d’un anévrisme
inflammatoire dans le cadre d’une neurocysticercose ont été
rapportés.
G - ANÉVRISMES D’ORIGINE NÉOPLASIQUE OU INDUITS
PAR LE TRAITEMENT RADIOTHÉRAPIQUE :
1- Anévrismes métastatiques
:
Ils résultent de l’embolisation encéphalique de cellules néoplasiques,
conduisant à une infiltration du sous-endothélium des parois
vasculaires.
La plupart de ces anévrismes se développe au niveau
des branches périphériques des artères cérébrales antérieures ou
cérébrales moyennes.
Néanmoins, des anévrismes proximaux
fusiformes ont été décrits. Des hémorragies sous-arachnoïdiennes ou intraparenchymateuses peuvent en être la conséquence.
L’angiographie cérébrale retrouve en général des lésions multiples,
de morphologie fusiforme.
Les étiologies de ce type d’anévrisme
sont le myxome cardiaque, le choriocarcinome, le carcinome
bronchogénique et enfin les carcinomes indifférenciés.
Les
symptômes peuvent se développer, même après la résection de la tumeur-mère, en particulier dans le cadre du myxome cardiaque.
2- Anévrismes liés à la radiothérapie :
Ce sont des anévrismes fusiformes se développant après une
irradiation encéphalique.
Ils sont en général proximaux, au niveau
de la ligne médiane ou parasellaire, souvent multiples.
Leur
accroissement est en général rapide et leur tendance à la rupture
importante.
H - ANÉVRISMES POST-TRAUMATIQUES :
Ces derniers se développent après un traumatisme direct de la paroi
vasculaire ou un traumatisme en décélération.
Les traumatismes pénétrants sont responsables de lacération
vasculaire avec un risque de formation anévrismale.
Ils sont plus
fréquents au niveau des portes d’entrée orbitobasales ou frontales.
Les fractures du crâne peuvent léser des vaisseaux superficiels au
niveau de leurs sites d’attachement dural ou en provoquant des
lacérations corticales.
Dans les traumatismes crâniens fermés, les vaisseaux peuvent être
endommagés par impaction au niveau du bord rigide de la faux du
cerveau (artères péricalleuses), de la région de la tente du cervelet
(artères cérébrales postérieures) ou au contact de l’os sphénoïde
(artères cérébrales moyennes, artères méningées moyennes).
Des lésions iatrogéniques peuvent compliquer des chirurgies transsphénoïdales, paranasales ou carotidiennes.
L’anévrisme traumatique se développe dans les heures suivant le
traumatisme.
Il se constitue en général un faux anévrisme lié à un
amincissement du mur artériel, au niveau duquel un hématome va
se constituer et former un sac fibreux, pauvre en éléments cellulaires.
La plupart de ces anévrismes traumatiques sont situés au niveau
des branches distales de l’artère cérébrale moyenne ou de l’artère
cérébrale antérieure.
Leur évolution se fait vers la régression, la
thrombose, l’élargissement ou la rupture.
Des hémorragies sous-arachnoïdiennes ou intraparenchymateuses
dévastatrices surviennent dans environ 50 % des cas à distance du
traumatisme, avec un taux de mortalité qui est alors de 50 %.
D’autres symptômes peuvent se voir dans ce cadre, comme un
déclin neurologique progressif, une épistaxis, une hypertension
intracrânienne non expliquée.
I - ANÉVRISMES OCCULTES :
Un anévrisme doit être suspecté, même après plusieurs
angiographies négatives, dans le cadre d’un saignement au niveau
de la fissure interhémisphérique antérieure ou de la scissure
sylvienne. Un anévrisme est retrouvé dans ces cadres, après une
première angiographie négative, respectivement dans 70 et 30 % des
cas.
Chez ces patients, même une seconde angiographie négative
ne doit pas exclure une hémorragie anévrismale.
Hémorragie sous-arachnoïdienne
traumatique
:
Une hémorragie sous-arachnoïdienne est présente dans 40 % des cas
au décours d’un traumatisme crânien sévère.
Elle est liée à un
risque accru de développer une hydrocéphalie aiguë obstructive.
Les patients ayant une hémorragie sous-arachnoïdienne traumatique
visible au scanner ont un taux de mortalité deux fois supérieur à
ceux n’en présentant pas.
Ce risque est indépendant d’autres
facteurs pronostiques, comme l’âge et la GCS.
La topographie du saignement la plus fréquente est au niveau de la
convexité des hémisphères. Les citernes de la base sont rarement
concernées par ce type d’hémorragie.
En revanche, on peut
retrouver la présence de sang au niveau de la région tentorielle, ce
dernier ayant une propension à s’accumuler dans cette localisation.
Des études en doppler transcrânien ont mis en évidence une
accélération des vitesses circulatoires chez les patients présentant un
saignement étendu.
Les courbes de vitesse circulatoire chez ces
patients sont très proches de celles retrouvées chez les patients
présentant une hémorragie sous-arachnoïdienne spontanée, avec un
pic de fréquence à la fin de la deuxième semaine après le
traumatisme.
Le risque d’évolution défavorable chez les patients ne présentant
pas de telles accélérations est faible.
Il existe un lien épidémiologique
entre la présence d’une accélération des vitesses circulatoires (de
type vasospasme) et un excès de mortalité au décours d’un
traumatisme crânien grave.
Malformations vasculaires
intracrâniennes
:
Parmi les quatre types de malformation vasculaire intracrânienne
(malformations artérioveineuses, malformations capillaires
[télangiectasies], malformations veineuses [angiomes], cavernomes),
seule la malformation artérioveineuse peut être responsable d’une
hémorragie sous-arachnoïdienne.
Il existe néanmoins des cas où
l’imputabilité d’une hémorragie sous-arachnoïdienne à des
malformations capillaires ou veineuses a été rapportée dans le cadre
de l’hémorragie périmésencéphalique.
Il existe en moyenne dans la population une malformation artérioveineuse pour dix anévrismes saculaires.
Elle est de fréquence
égale dans l’un ou l’autre sexes.
L’histoire naturelle de la
malformation artérioveineuse conduit à une hémorragie dans
environ 40 % des cas, dont la moitié sont une hémorragie sousarachnoïdienne.
La malformation artérioveineuse étant située à
l’intérieur du tissu cérébral, son saignement est en général
également intraparenchymateux et, sur le plan clinique, alors
responsable de déficit neurologique.
Un cas particulier est représenté les malformations artérioveineuses
durales au niveau du tentorium, qui peuvent se révéler par une
hémorragie sous-arachnoïdienne en tout point semblable à celle
d’une rupture anévrismale.
Le saignement peut survenir à tout
âge ; il est surtout localisé au niveau des citernes de la base.
Il existe
en général des antécédents de fracture du crâne, conduisant à la
formation d’un shunt dural. L’angiographie cérébrale sélective est
presque toujours normale.
La visualisation du réseau carotidien
externe est nécessaire pour les mettre en évidence.
Artérites
:
Les angéites, en particulier la PAN, le LED, la maladie de moyamoya,
l’artérite de Churg et Strauss, la granulomatose de Wegener
, la maladie de Behçet, les artérites postzoostériennes, l’artérite
associée à la borréliose de Lyme, l’artérite liée au virus de
l’immunodéficience humaine (VIH), l’artérite liée à la consommation
de cocaïne, sont parfois compliquées d’une hémorragie
intracrânienne.
Le saignement se fait en général dans le tissu
cérébral plutôt qu’au niveau de l’espace sous-arachnoïdien.
A - MALADIE DE WEGENER :
Il existe une hémorragie sous-arachnoïdienne dans environ 2 % des
cas.
Les petits vaisseaux, non visualisables sur une angiographie
standard, sont principalement affectés.
En outre, dans un certain
pourcentage des cas, il existe une topographie périmésencéphalique
de l’hémorragie.
B - BORRÉLIOSE DE LYME :
Il peut exister une vascularite inflammatoire du système nerveux
central responsable d’hémorragies sous-arachnoïdiennes.
C - ANGÉITE DU POST-PARTUM :
Elle est impliquée dans certains accidents vasculaires cérébraux
ischémiques ou hémorragiques chez la femme jeune, avec un risque
de récidive minime.
Cette angéite se manifeste initialement au
décours d’une grossesse normale par des céphalées soudaines, des
vomissements, des crises comitiales, éventuellement des déficits
neurologiques focaux.
À l’angiographie cérébrale, on retrouve des
zones de sténose et d’ectasie multiples, suggérant la présence d’une vascularite ou d’un processus vasospastique diffus.
Dans un
faible pourcentage des cas, cela conduit à une hémorragie
intracrânienne.
La résolution de cette pathologie est en général
rapide.
Néanmoins, dans certains cas, les vaisseaux conservent des
modifications irréversibles.
D - AUTRES FORMES :
D’autre part, il existe des formes d’angéite dites « bénignes »
du système nerveux central, survenant en absence de grossesse et en
dehors de la période du post-partum ou de tout contexte
pathologique, chez des femmes en bon état général, se caractérisant
par des céphalées aiguës, des crises comitiales, des déficits
neurologiques focaux, avec la mise en évidence à l’angiographie
cérébrale de lésions vasospastiques ou de vascularite.
Le
pronostic est favorable dans la plupart des cas, mais des
complications identiques peuvent survenir.
Drépanocytose
:
Environ 30 % des hémorragies sous-arachnoïdiennes de l’enfant
surviennent dans le cadre d’une drépanocytose, et l’étiologie est en
général non anévrismale.
Le scanner retrouve la présence de
sang au niveau des sillons corticaux.
L’artériographie
conventionnelle ne met pas en évidence d’anévrisme, mais retrouve
la présence d’occlusions multiples de branches distales du réseau
intracrânien et des collatérales leptoméningées.
L’étude
anatomopathologique de ces lésions retrouve une fibrose et une
dégénérescence de l’intima, une diminution de l’épaisseur de la
limitante élastique, une atrophie, une hyalinisation, ou une absence
de musculeuse.
Ces lésions sont initiées par une atteinte de
l’endothélium liée à des flux turbulents et à l’adhérence des
érythrocytes en « faucille ».
L’évolution est péjorative.
Dysplasie fibromusculaire
intracérébrale
:
La dysplasie fibromusculaire est une pathologie vasculaire non
athéromateuse, non inflammatoire, segmentaire, multifocale,
d’étiologie inconnue, qui atteint en général les collatérales primaires
de l’aorte, mais peut également atteindre des vaisseaux plus distaux.
Au niveau intracrânien, cette pathologie est en général limitée à
l’artère carotide interne intrapétreuse ou au siphon carotidien. Plus
rarement, elle peut atteindre de façon extensive l’ensemble des
artères intracrâniennes.
Du point de vue angiographique, on
retrouve des dilatations fusiformes larges et des anévrismes
multiples.
Dans 50 % des cas, la dysplasie fibromusculaire se manifeste par
des hémorragies sous-arachnoïdiennes ou des hémorragies
intracérébrales récurrentes.
Dissection vasculaire
:
A - VERTÉBRALE :
L’incidence exacte de l’hémorragie méningée dans le cadre d’une
dissection vertébrale est inconnue.
Il semble qu’environ 5 % des
décès dans le cadre d’une hémorragie sous-arachnoïdienne
surviennent dans ce contexte.
Un resaignement survient dans 30 % des cas et est létal dans 50 %
des cas.
B - CAROTIDIENNE
:
L’hémorragie sous-arachnoïdienne est beaucoup plus rare dans cette
topographie.
Seuls quelques cas ont été décrits. La clinique et
l’examen scanographique ne permettent pas de la distinguer d’une
rupture anévrismale.
Ce diagnostic doit être évoqué quand on
retrouve un rétrécissement de la lumière vasculaire ou une occlusion
à l’artériographie. L’IRM a un intérêt diagnostique bien
moindre que dans le cadre d’une dissection vertébrale.
Un resaignement a lieu dans 30 % des cas.
Toxicomanie
:
L’intoxication par la cocaïne ou les amphétamines peut conduire à
la formation et la rupture précoce d’anévrismes intracrâniens, liées
aux hypertensions et tachycardies transitoires.
L’intoxication
chronique à la cocaïne conduit à une rupture plus précoce
d’anévrismes intracrâniens chez les patients en présentant.
En
outre, l’hémorragie sous-arachnoïdienne, lorsqu’elle survient dans
ce contexte, est associée à un pronostic plus défavorable.
Mais 50 % des hémorragies sous-arachnoïdiennes chez les
toxicomanes à la cocaïne ou aux amphétamines ne sont pas d’origine
anévrismale.
Le resaignement, malgré une angiographie
normale, est fréquent. Il est rarement retrouvé une vascularite à
l’angiographie, et l’origine du saignement reste méconnue.
Le
pronostic est péjoratif.
Dans le cadre des vascularites cérébrales liées à l’usage de drogues
illicites, et en particulier à la cocaïne, les lésions vasculaires
retrouvées à l’angiographie sont similaires à celles de la PAN, mais il est difficile de faire la distinction entre une vascularite et
des lésions plus transitoires, vasospastiques focales, liées à l’usage
de ces toxiques.
Apoplexie pituitaire
:
Le tableau clinique est comparable à celui de l’hémorragie
méningée, mais y sont souvent associées une baisse de l’acuité
visuelle ou une diplopie (présente dans près de 90 % des cas).
Le
scanner ou l’IRM font le diagnostic en retrouvant une prédominance
de sang dans la fosse pituitaire, et mettent en évidence l’adénome.
Endométriose
:
Les céphalées récurrentes associées aux menstruations sont
fréquentes.
L’endométriose peut concerner l’ensemble des tissus du
corps humain.
Néanmoins, l’endométriose du système nerveux
central est extrêmement rare.
Les cas décrits sont anecdotiques.
Ils concernent des patientes avec une longue histoire de céphalées
menstruelles, éventuellement associées à d’autres manifestations
neurologiques.
Néoplasies
:
Les hémorragies intracrâniennes associées à des cancers systémiques
ou des tumeurs intracérébrales primitives sont en général
parenchymateuses, et exceptionnellement sous-arachnoïdiennes
isolées.
Saignement d’origine spinale
:
L’hémorragie sous-arachnoïdienne spinale est relativement rare.
Il
s’agit de moins de 1 % des causes d’hémorragie sousarachnoïdienne.
Cette hémorragie peut être liée à des causes
multiples incluant les traumatismes, les lésions vasculaires
(malformation artérioveineuse, fistule artérioveineuse, anévrismes),
les lésions néoplasiques, mais encore des angéites (PAN, LED,
maladie de Behçet). Une coarctation de l’aorte peut également être
impliquée.
Une hémorragie sous-arachnoïdienne, se
manifestant initialement par une douleur interscapulaire ou
cervicale brutale prédominante, doit faire suspecter la présence
d’une cause spinale.
Le diagnostic doit faire appel à une
angiographie spinale sélective ou à l’IRM.
L’hémorragie sous-arachnoïdienne spinale liée à une malformation artérioveineuse peut simuler une hémorragie sous-arachnoïdienne
intracrânienne.
En l’absence de diagnostic, dans un délai allant
de quelque heures à plusieurs années, un syndrome de compression
médullaire peut apparaître.
L’hémorragie sous-arachnoïdienne
est le mode de présentation de cette pathologie dans 10 % des cas
, survenant dans 50 % des cas avant l’âge de 20 ans. Le diagnostic
se fait par IRM médullaire.
Il faut d’autre part préciser qu’un certain nombre de pathologies
vasculaires de la jonction cervicomédullaire peuvent être ignorées
lorsque l’angiographie cérébrale sélective réalisée au décours d’une
hémorragie sous-arachnoïdienne n’est pas réalisée au niveau des
deux artères vertébrales.
Des fistules artérioveineuses durales ou des
malformations artérioveineuses peuvent être retrouvées lors de cet
examen, cela d’autant plus que la fistule artérioveineuse durale
de la région cervicale, localisation rare de ce type de malformation,
se révèle fréquemment par une hémorragie sous-arachnoïdienne.
Troubles de la coagulation
:
Exceptionnellement, chez des patients sous traitement anticoagulant
ou présentant une coagulopathie sévère, il existe une hémorragie
intracrânienne confinée à l’espace sous-arachnoïdien, et aucune
autre cause de saignement mise en évidence.
Ce saignement
est souvent associé à un saignement périphérique, ou à un
traumatisme crânien minime.
Hémorragie sous-arachnoïdienne
d’étiologie indéterminée.
Hémorragie périmésencéphalique
:
Environ 15 % des patients présentant une hémorragie sousarachnoïdienne
ne présentent pas de lésion décelable après la
réalisation d’une angiographie cérébrale sélective des quatre axes.
Ce sous-groupe de patients bénéficie d’un meilleur pronostic, et ceci
de façon significative.
Un certain nombre de ces patients ayant une angiographie négative
présentent des anévrismes occultes ou des malformations artérioveineuses passés inaperçus du fait de l’hémorragie, d’un
vasospasme ou d’une thrombose.
Ces lésions peuvent être
également ignorées du fait d’une technique inadéquate, ou d’une
petite taille les rendant difficilement visualisables.
La répétition des
angiographies conduit à l’identification d’une lésion pathologique
dans 2 à 25% des cas selon les équipes.
Néanmoins, un nombre substantiel d’hémorragies sousarachnoïdiennes
restent d’origine indéterminée au terme du bilan.
Leur étiologie la plus fréquente est une entité nosologique appelée
« hémorragie sous-arachnoïdienne périmésencéphalique », qui
représente environ 70 % des cas d’hémorragies sous-arachnoïdiennes
à angiographie négative.
Les premières études ayant
postulé le fait qu’une répartition particulière du sang sur le scanner
initial était corrélée à une angiographie cérébrale des quatre axes
normale datent du début des années 1980, par l’équipe de Van Gijn.
A - POINT DE VUE ANATOMIQUE
:
Les citernes périmésencéphaliques incluent la citerne
interpédonculaire, la citerne ambiante et la citerne quadrigéminale.
L’hémorragie sous-arachnoïdienne périmésencéphalique se définit
par la présence du centre de l’hémorragie, localisé immédiatement
en avant du tronc cérébral, avec ou sans extension du sang à la
partie antérieure de la citerne ambiante, et au niveau de la partie
basse de la scissure sylvienne, la présence de sang ne remontant pas
au-delà du tiers inférieur de la fissure interhémisphérique
antérieure, ni dans la vallée sylvienne ou au niveau
intraventriculaire.
En général, l’hémorragie périmésencéphalique
inclut également la citerne prépontique qui peut être le seul site de
l’hémorragie.
Il n’existe jamais d’extension de saignement au niveau
de la citerne chiamastique.
La partie antérosupérieure de la citerne interpédonculaire est fermée
par un tissu arachnoïdien, la « membrane de Liliequist », qui s’étend
jusqu’aux corps mamillaires et à la membrane diencéphalique.
Cette
membrane s’étend ensuite latéralement jusqu’à la face mésiale du
lobe temporal, réalisant une frontière entre la citerne
interpédonculaire et les citernes carotidiennes latéralement, entre la
citerne interpédonculaire et la citerne chiasmatique médialement.
Elle s’étend vers le bas, prenant le nom de « membrane mésencéphalique », formant la frontière entre les citernes interpédonculaires et les citernes prépontiques.
Cette membrane est
en général fine et non performée, ce qui empêche le passage du sang
des citernes interpédonculaires à la citerne chiasmatique, mais la
limite entre les citernes interpédonculaires et prépontiques est
incomplète, la « membrane mésencéphalique » étant traversée par
l’artère basilaire.
Ainsi, le sang retrouvé au niveau des citernes
carotidiennes ou prépontiques n’est pas incompatible avec la
présence d’un saignement à faible pression au niveau de la citerne
interpédonculaire, alors que la présence de sang au niveau de la
citerne chiasmatique l’est.
B - PRÉSENTATION CLINIQUE DE L’HÉMORRAGIE
SOUS-ARACHNOÏDIENNE
:
Les patients présentant une hémorragie sous-arachnoïdienne à
angiographie négative sont en général plus jeunes, moins
fréquemment hypertendus, et sont plus fréquemment des hommes.
La présentation clinique est globalement similaire à celle des patients
présentant une hémorragie sous-arachnoïdienne d’origine
anévrismale.
Néanmoins, la céphalée sentinelle y est beaucoup plus
rare. Une autre particularité est un début souvent plus progressif de
la symptomatologie céphalalgique.
Sur le plan clinique, tous les patients ont un score de Hunt et Hess à
I ou II à l’examen initial.
C - DIAGNOSTIC PARACLINIQUE :
La sensibilité et la spécificité du scanner pour un diagnostic
d’hémorragie sous-arachnoïdienne d’origine périmésencéphalique
chutent de façon significative 2 jours après le saignement initial.
D’autre part, un anévrisme est à l’origine d’une hémorragie de
topographie périmésencéphalique dans 3 % des cas.
Il
s’agit en général d’anévrisme du tronc basilaire ou de la communiquante postérieure, qui se présente comme une hémorragie
périmésencéphalique dans respectivement 10 % et 1 % des cas.
Quatre éléments sont de ce fait importants pour le diagnostic correct
d’hémorragie périmésencéphalique :
– une présentation clinique appropriée ;
– un scanner cérébral réalisé précocement (avant la 24e heure
suivant le début des symptômes) ;
– une distribution caractéristique du sang sur le scanner initial ;
– la réalisation d’une angiographie cérébrale sélective adéquate
négative.
La réalisation d’une IRM dans le cadre du diagnostic étiologique de
l’hémorragie périmésencéphalique n’a pas d’intérêt en pratique
courante.
D - COMPLICATIONS :
1- Resaignement :
L’ensemble des hémorragies sous-arachnoïdiennes à angiographie
négative a un taux de resaignement situé entre 2 et 5 %.
Des études
plus récentes avec inclusion uniquement de patients présentant une
hémorragie périmésencéphalique ne retrouvent aucun épisode de
resaignement après un suivi de 4 ans.
2- Hydrocéphalie :
L’incidence de l’hydrocéphalie nécessitant une intervention
chirurgicale est de l’ordre de 7 % chez les patients présentant une
hémorragie sous-arachnoïdienne avec angiographie négative de
façon générale.
Chez les patients présentant une hémorragie périmésencéphalique,
cette incidence est de 1 %.
Néanmoins, une augmentation transitoire de la taille des
ventricules est relativement fréquente.
3- Vasospasme :
Il est retrouvé chez 15 % des patients présentant une hémorragie
sous-arachnoïdienne avec angiographie négative.
Chez les patients
présentant une hémorragie périmésencéphalique, il varie entre 1 et 5 % selon les
études.
La raison de cette moindre fréquence n’est pas claire.
4- Hyponatrémie et anomalies cardiologiques
:
Elles surviennent à une fréquence identique dans le cadre de
l’hémorragie périmésencéphalique.
En revanche, les autres
complications extraneurologiques, liées à la gravité de l’état clinique
général, sont inexistantes.
E - PRONOSTIC :
Il existe a priori un bon pronostic chez l’ensemble des patients ayant
présenté une hémorragie sous-arachnoïdienne périmésencéphalique.
Néanmoins, la plupart de ces patients présentent encore
plusieurs années après l’épisode des troubles mnésiques, une
sensation d’asthénie, et seul un petit nombre a repris son activité
professionnelle antérieure.
F - ÉTIOLOGIE :
L’étiologie de l’hémorragie périmésencéphalique est pour l’instant
encore débattue.
Sur des cas isolés, il a été mis en évidence une
télangiectasie ou un angiome de petite taille situé au niveau du pont.
Mais il existe des arguments suffisants pour penser que
l’hémorragie périmésencéphalique est liée à un saignement d’origine
veineuse ou capillaire.
G - TRAITEMENT :
Le traitement de l’hémorragie périmésencéphalique ne se distingue
actuellement pas de celui des autres étiologies d’hémorragie sousarachnoïdienne
à la phase initiale, il ne comporte pas de traitement
étiologique.