Description anatomique
:
La prévalence de la fissure anale est la même dans les
deux sexes, mais plus élevée chez l’adulte jeune ou
d’âge moyen (pic à 39 ans) que chez l’enfant ou le
vieillard.
Presque exclusivement commissurale ou juxtapolaire,
elle est postérieure dans 73 à 90 % des cas et
antérieure dans 10 à 16% des cas, cette dernière localisation
étant préférentielle chez la femme (2 à 10 fois
plus fréquente).
Les fissures bipolaires sont plus rares
(2,6 à 4 %).
Constamment dans l’axe vertical du canal anal,
l’ulcération allongée en raquette déborde à peine sur la
marge anale par son pôle externe arrondi, tandis que son extrémité interne, effilée, n’atteint jamais la ligne des
cryptes.
Située à la hauteur du tiers distal du sphincter
interne, la fissure aiguë est superficielle, à bords nets et
fins, à base rosée constituée des fibres terminales du
muscle longitudinal conjoint.
Au cours de son évolution,
cette déchirure piriforme peut subir des transformations
secondaires aux phénomènes locaux inflammatoires,
infectieux et scléreux qui vont modifier son aspect
macroscopique : ses bords s’épaississent, se décollent et
s’infiltrent notamment au pôle externe, pour former un
capuchon cutané oedémateux qui persistera sous forme
d’une marisque ; son plancher se creuse pour reposer sur
les fibres transversales du sphincter interne mis à nu ; à
l’extrémité proximale, la papille anale s’hypertrophie
pour former un polype fibreux de taille variable.
Les
poussées inflammatoires oedémato-scléreuses finissent
par engendrer, au niveau du sphincter interne, une myosite
fibreuse plus ou moins rétractile, expliquant l’induration
des bords et la parakératose adjacente, alors que la
tonicité sphinctérienne diminue.
L’accumulation de débris
fécaux sous le capuchon cutané mariscal peut initier une
suppuration et creuser un petit trajet fistuleux sous-cutané
qui perfore la marisque.
Il n’y a pas de définition temporelle de chronicité, mais
la persistance de symptômes au-delà de 2 à 6 mois,
associée aux modifications anatomiques sus-décrites
définissent la fissure chronique.
L’histologie retrouve une fibrose du sphincter interne
(plus marquée que celle liée à l’âge) et une absence de
tissu de granulation caractéristique de l’ischémie, de
même que l’absence de réépithélialisation des bords.
Pathogénie :
L’origine de la fissure anale est encore mal comprise,
comme en témoignent les différentes théories avancées
pour expliquer les causes de cette condition douloureuse.
La lésion originelle serait une déchirure par dilatation
excessive d’une selle volumineuse et dure, ou par le
traumatisme obstétrical chez la femme.
La brèche au
niveau de l’épithélium malpighien canalaire est entretenue
par les défécations forcées ou multiples, les remaniements
inflammatoires et infectieux secondaires, l’hypertonie
sphinctérienne associée (primitive ou secondaire) initiant
une ischémie locale.
La déchirure se produit préférentiellement au pôle postérieur
pour une raison anatomique (fragilité du revêtement
cutané), mécanique (les forces d’étirements maximales)
et vasculaire (hypovascularisation terminale).
L’hypertonie sphinctérienne interne (pression moyenne
de repos en permanence élevée, inhibition de la fréquence
des relaxations phasiques) est constamment retrouvée,
associée à la fissure chronique sans que l’on ait pu résoudre
le caractère primitif ou secondaire de ce spasme sphinctérien.
Cette hypertonie accentue le déficit vasculaire anatomique
en oblitérant les rameaux vasculaires distaux et
en engendrant une ischémie qui explique la non-cicatrisation.
Cette théorie d’ischémie liée au spasme sphinctérien trouve
son fondement dans les principales thérapeutiques : les
procédés cliniques ou chirurgicaux qui lèvent l’hypertonie
de façon durable entraînent la cicatrisation de la fissure
par amélioration de la perfusion anodermique.
Chez les sujets à pression anale normale, la fissure traumatique
guérit spontanément.
Chez les sujets ayant un spasme
sphinctérien peut-être causé par le stress, les lésions
traumatiques de l’anoderme ne cicatrisent pas en raison
de l’étirement et de l’ischémie du revêtement canalaire
postérieur.
La fissure vieillissant, les formations parafissuraires
se constituant, la myosite fibreuse s’installant,
l’hypertonie et son rôle diminuent.
Le manque d’élasticité
du canal anal et la parakératose inflammatoire, irréversibles,
rendent compte de la chronicité de l’ulcération dans un
territoire anatomiquement hypovascularisé.
La douleur, à
ce moment-là de l’évolution, a souvent disparu.
Diagnostic :
1- Symptomatologie :
La douleur ou sphinctéralgie, est le symptôme essentiel
permettant, par son originalité sémiologique, le diagnostic
avant même l’examen du patient.
C’est une douleur discontinue,
provoquée et rythmée par la défécation. Initiée
par le passage de la selle, elle persiste (douleur en un
temps) ou reprend après une accalmie transitoire (douleur
en 2 temps) pour une durée variable, avant de disparaître
jusqu’à l’exonération suivante.
Cette chronologie
est très spécifique de la sphinctéralgie fissuraire dont le
type, l’intensité, la durée et les irradiations sont par
ailleurs variables.
Elle est ressentie, soit comme une
simple déchirure, soit comme une brûlure plus ou moins
vive et intolérable.
Elle peut durer quelques minutes ou
quelques heures, rester localisée à l’anus ou irradier
dans le dos, les fesses, les cuisses, les organes génitourinaires.
Elle est moins fréquente et peu intense dans
les fissures vieillies sans hypertonie.
Ce maître symptôme s’accompagne parfois de saignements
en filet sur la selle (diagnostic différentiel avec le
saignement du polype) ou sur le papier, et d’une constipation
réflexe souhaitée et entretenue par le malade plus
rarement, de troubles mictionnels.
Plus accessoires sont le suintement et le prurit, apanages
des fissures vieillies avec surinfection du capuchon mariscal.
2- Examen clinique :
Il doit être pratiqué avec douceur, en rassurant le patient
qui redoute le réveil de la douleur.
Il met en évidence
l’ulcération et la contracture.
L’inspection et le déplissement, au besoin après application
d’un gel anesthésiant, permettent le plus souvent de
découvrir l’ulcération postérieure ou antérieure, piriforme,
de la fissure jeune, superficielle, reposant sur une base
rougeâtre de tissu conjonctif longitudinal.
Celle-ci
peut être masquée par le capuchon mariscal qu’il faut
récliner doucement pour voir le plancher de fibres transversales
blanchâtres et les bords fibreux.
La surinfection
transforme quelquefois le capuchon en une tuméfaction
rougeâtre et suintante avec un orifice fistuleux purulent
sur son versant externe, cathétérisable jusqu’à la perte
de substance.
Dans les formes très récentes, le déplissement déchire et fait saigner le revêtement cutané
postérieur, suggérant la fragilité et expliquant la symptomatologie
de cet état préfissuraire qui n’a pas encore
constitué de capuchon cutané.
La contracture, soupçonnée lors de la traction des plis
radiés, permet quand même le plus souvent l’introduction
du doigt qui confirme l’hypertonie, réveille une douleur exquise au niveau même de l’ulcération canalaire et
palpe les bords indurés et l’hypertrophie papillaire
adjacente.
Le verrouillage complet du canal anal justifie,
dans certaines situations, le recours à une anesthésie
locale de lidocaïne injectée en 3 points (postérieur et
latéraux) dans le massif sphinctérien. Le risque est
l’ensemencement bactérien.
La levée du spasme permet
de découvrir la fissure.
La contracture est moins marquée chez l’enfant qui
saigne plus volontiers et chez le vieillard dont le tonus
sphinctérien est moindre.
L’anuscopie et la rectoscopie ne sont pas indispensables
au diagnostic et devront être pratiquées en respectant la
douleur : instruments de petit calibre et gel anesthésiant.
Elles confirment la fissure, apprécient son aspect macroscopique,
éliminent une lésion associée (hémorroïdes,
rectite ou fécalome).
La recherche d’une adénopathie inguinale est systématique.
3- Diagnostic différentiel :
Le diagnostic de fissure anale est établi sans ambiguïté,
si l’on retient les 4 critères suivants : la chronologie de la
douleur, la topographie commissurale ou juxtapolaire,
l’aspect macroscopique de la perte de substance, la contracture sphinctérienne.
L’absence d’un de ces 4 critères
met le clinicien en alerte et doit faire envisager un diagnostic
différentiel.
La douleur de la fissure anale intermittente, liée à
l’évacuation, est bien différente de la douleur de la
thrombose hémorroïdaire externe ou de la rétention
suppurée non rythmée par les mouvements intestinaux.
La douleur chronique dite essentielle ou idiopathique,
parfois exacerbée par la défécation, n’entraîne ni
ulcération anodermique, ni contracture canalaire.
Il en
est de même des douleurs liées à un trouble de la statique
pelvienne, dont le caractère postural est univoque.
La
seule confusion est la douleur d’un prolapsus hémorroïdaire
grade III, elle aussi provoquée par la selle, persistant
plus ou moins longtemps jusqu’à la réintégration
dans le canal anal des paquets procidants.
La contracture doit être différenciée d’une sténose anale
(post-chirurgicale, laxatifs), d’autant que la myosite
fibreuse rétractile des fissures vieillies existe, ainsi que
les fissures développées sur un canal étroit post-hémorroïdectomie,
de pathogénie différente.
La contracture
est une spasticité sphinctérienne et non le fait d’une
rétraction scléreuse des structures canalaires.
Le problème essentiel est posé par le diagnostic des
ulcérations marginocanalaires :
• les raghades pseudo-fissuraires d’un prurit ancien au
sein d’une dermatose de grattage, disposées en rayons
de roue, ne donnent pas lieu à un syndrome fissuraire.
Leur aspect, leur siège franchement marginal, l’existence
d’un prurit ancien, l’absence de contracture signent
leur origine dermatologique ;
• les ulcérations et fissurations anales spécifiques
peuvent se traduire par des sphinctéralgies :
– le chancre syphilitique primaire ressemble à une
fissure, mais il est plus souvent marginalisé, latéralisé,
reposant sur une base indurée (qu’il faut savoir palper).
Il est associé à une adénopathie inguinale indolore.
La découverte du tréponème dans la sérosité du
chancre et de la positivité de la sérologie syphilitique
permet le diagnostic ;
– l’épithélioma épidermoïde du canal anal dans sa forme
fissuraire est de chronologie douloureuse différente,
surtout hémorragique, réalisant une ulcération à bords
saillants, irréguliers, à base franchement indurée,
infiltrant le canal proximal.
La biopsie confirme son
caractère malin ;
– la maladie de Crohn peut s’exprimer dans sa localisation
anopérinéale par une ou plusieurs fissurations
momentanément isolées, précédant l’atteinte intestinale.
L’aspect macroscopique large, inflammatoire ou purulent
de ces fissures avec pseudomarisque oedémateuse
de ces fissures, leur caractère indolent, l’absence de
contracture, rendent suspectes ces lésions avant même
la découverte del’atteinte inflammatoire intestinale d’amont ;
– la tuberculose anale est rare, difficile à différencier,
non pas de la fissure primaire, mais de la maladie de Crohn en cas d’absence de tuberculose évolutive
connue.
La biopsie est indispensable dans le doute.
– les ulcérations des hémopathies (liées à une granulopénie
hématologique ou iatrogénique), des immunosuppressions
(transplantations, immunodépression
acquise avec surinfection opportuniste à virus herpès
ou cytomégalovirus) sont très différentes macroscopiquement
: larges, profondes, phagédéniques avec
décollement et surinfection.
Elles résultent d’une
suppuration banale par greffe d’un agent opportuniste.
En dehors du sida, l’herpès ne donne lieu que très
rarement à de véritables fissures ;
– l’état préfissuraire n’appartient pas stricto sensu au
diagnostic différentiel : la rhagade superficielle provoquée
par le passage d’une selle dure ou par l’écartement des
plis radiés, peu douloureuse et sans contracture constitue
peut-être la lésion initiale de la fissure idiopathique
traumatique.
Traitement
:
Son but est de supprimer la douleur et d’obtenir la
cicatrisation définitive.
Il doit intervenir sur les facteurs
qui initient et pérennisent la fissure : réduire la distension canalaire lors de l’évacuation, lutter contre la douleur
elle-même, rétablir l’extensibilité et l’élasticité du
canal anal.
Trois modalités thérapeutiques peuvent être isolées.
1- Traitement médical :
Il s’applique à régulariser le transit (fréquence et consistance
des selles) et à contrôler la douleur.
La régularisation du transit doit être première en utilisant :
son, mucilages, émollients (paraffine et succédanés)
pour minimiser les forces de distension.
La douleur peut être contrôlée par : application intracanalaire
de gel anesthésiant avec le doigt, avant et après
la défécation (risques théoriques de réaction
allergique et efficacité transitoire), utilisation d’antalgiques
et sédatifs généraux, recours aux bains chauds.
L’emploi de pommades réputées cicatrisantes est
discutable (en dehors peut-être du toucher anal que
nécessite leur application). Les suppositoires, illogiques
pour une affection canalaire, facilitent le glissement
de la selle.
2- Traitement sclérosant :
La technique consiste à injecter sous le plancher de la
fissure, après une anesthésie locale préalable (lidocaïne)
quelques gouttes d’une solution de quinine/urée à 5%
(Kinuréa H Terrial) qui aurait pour effet d’induire
une sphinctérolyse chimique.
La dose de solution
« modificatrice » doit être minime, distribuée en retirant
l’aiguille (injections traçantes de quelques gouttes).
L’effet sur la douleur est parfois spectaculaire, mais la
cicatrisation est aléatoire et le risque d’infection (abcès sous-fissuraire) majeur.
Ce procédé, très français, ne
peut s’appliquer qu’aux fissures d’évolution récente,
superficielles et hyperalgiques.
3- Traitement chirurgical :
Il a pour but de lever la contracture et de rétablir la
souplesse du canal anal.
Trois techniques peuvent être
employées et éventuellement associées : dilatation anale
manuelle, sphinctérotomies internes, exérèse de la fissure.
• La dilatation manuelle largement répandue autrefois
consiste à dilater avec 2 doigts de chaque main, sous
anesthésie générale, pendant 3 à 4 min, l’anneau sphinctérien.
Même strictement codifiée, ses résultats sur la
cicatrisation et la récurrence, ainsi que ses effets secondaires
(incontinence) n’autorisent plus son utilisation
depuis l’avènement des techniques de sphinctérotomie.
• La sphinctérotomie interne chirurgicale fracture chirurgicalement
les fibres distales du sphincter interne
superficiellement ou en totalité, au pôle postérieur ou
latéralement, à ciel ouvert ou en sous-cutané, avec ou
sans fissurectomie associée, sous anesthésie générale ou
locale.
Nombreuses sont les variantes de cette méthode
qui ont été testées dans la littérature les unes par rapport
aux autres.
Nous avons isolé celles qui nous paraissent
les plus performantes à l’issue des polémiques scientifiques
et de notre expérience.
Sphinctérotomie latérale interne ouverte (Parks) : sous
neuroleptanalgésie, incision marginale arciforme au
bord inférieur du sphincter interne tendu par le dilatateur
et infiltré par un vasoconstricteur.
Dissection du
plan sous-muqueux interne distal, section progressive
des fibres musculaires lisses en totalité ou superficiellement
en fonction de l’intensité de la contracture
(appréciée auparavant en consultation), de l’âge, du
sexe.
Hémostase sous le contrôle de la vue et fermeture
de la brèche par 2 ou 3 points de Vicryl 00. Pansement.
Sphinctérotomie latérale interne fermée ou sous-cutanée
(Notaras) : sous anesthésie locale ou générale ambulatoire,
après mise en place d’un écarteur anal, le sphincter
interne est sectionné à l’aide d’un bistouri à cataracte
glissé dans l’espace intersphinctérien ou dans l’espace
sous-muqueux.
La section s’effectue à l’aveugle, porte
sur les fibres sphinctériennes distales.
L’hémostase est
assurée par la compression digitale.
Les 2 méthodes
respectent l’intégrité de l’anoderme.
Sphinctérotomie interne postérieure : très souvent
couplée à une fissurectomie, la sphinctérotomie interne
postérieure (léiomyotomie) est complétée par une
anoplastie (abaissement d’un rideau muqueux rectal
suturé au plan sphinctérien) : cette technique a été
largement diffusée par l’école d’Arnous qui l’associe
volontiers à une hémorroïdectomie pédiculaire lorsque
cette dernière est justifiée : intervention dite de Léopold
Bellan.
L’exérèse de la fissure (fissurectomie) avec ou sans les
myotomies est souvent associée à une technique d’avancement
de lambeaux : soit avancement d’un lambeau
muqueux rectal fixé au niveau du bord inférieur du
sphincter interne, soit avancement d’un lambeau cutané,
d’autant plus qu’il existe une sténose.
La fissurectomie simple est quelquefois proposée en cas
de fissure surinfectée, sans hypertonie sphinctérienne.
4- Résultats du traitement chirurgical :
Les résultats comparatifs de ces techniques, estimés
dans la littérature sur des séries souvent rétrospectives,
des critères variables de cicatrisation, de récidive ou
d’effets secondaires, sont d’interprétation difficile.
La
dilatation anale manuelle n’est sûrement plus compétitive
au vu des résultats de la sphinctérotomie interne.
Les sphinctérotomies latérales constituent assurément la
méthode de choix (95 à 99 % de guérison) et doivent être
préférées à la sphinctérotomie postérieure qui engendre,
en raison de la déformation anale en trou de serrure
(keyhole), un taux supérieur de suintement et une durée
de cicatrisation plus longue.
Néanmoins, les sphinctérotomies latérales internes
doivent être courtes, distales (notamment chez la femme
comme l’ont montré les études endosonographiques) et
peuvent entraîner une incontinence ou des fuites fécales
transitoires (durant 5 à 6 mois) qui peuvent persister.
5- Nouveaux traitements : sphinctérotomies chimiques
L’hypertonie primitive ou secondaire peut être levée
autrement que par la fracture chirurgicale définitive, mal
contrôlée et pouvant être nocive.
Pour ces raisons, le
recours à des procédés pharmacologiques réalisant une
« sphinctérotomie chimique réversible » a été retenu ces
derniers temps.
6- Indications des méthodes thérapeutiques :
Elles peuvent être schématisées ainsi :
• la régularisation du transit (émollients) et les antalgiques
doivent être proposés systématiquement ;
• le traitement sclérosant peut être appliqué aux
fissures jeunes, superficielles et hyperalgiques ;
• le traitement chirurgical doit être entrepris : pour une
fissure jeune, sévère, ayant résisté à la sclérose ; après
échec du traitement conservateur sur la douleur ; en
cas de lésions associées nécessitant un geste chirurgical
(hémorroïdes, fistules) ; devant une fissure chronique
(profonde, symptomatique, avec remaniements secondaires.
La sphinctérotomie latérale interne ouverte ou fermée
est la méthode qui doit être employée en raison de sa
supériorité (sur la douleur, la cicatrisation, la récidive, la
morbidité, en raison de sa facilité technique, et de son
coût (procédé ambulatoire, arrêt de travail réduit).
La
résection associée à des formations parafissuraires est
fonction de leur taille.
La fissurectomie associée ou non à une sphinctérotomie
n’a d’indication que dans les fissures surinfectées (sans
anoplastie), les fissures vieillies symptomatiques dans
lesquelles la chronicité n’est plus due à l’hypertonie, mais à
la myosite sphinctérienne et la parakératose de l’anoderme ;
• les sphinctérotomies chimiques semblent avoir les
mêmes indications que le traitement chirurgical qui
leur succédera en cas de récidive ou de non-réponse.
Il est probable que cette méthode aura un grand avenir
et supplantera la sphinctérotomie chirurgicale qui, en
dépit de tous les travaux passablement optimistes, est
susceptible d’effets secondaires persistants.
Nombre d'affichage de la page 161 |