Physiologie et physiopathologie de l'épuration du mucus des voies aériennes
(Suite)
Cours de pneumologie
Pathologie de l’épuration du mucus
:
L’épuration du mucus respiratoire est altérée dans de nombreuses affections.
Grâce aux données physiologiques précédemment décrites, il apparaît que
l’inefficacité du transport mucociliaire peut être due,
soit à des anomalies
structurales ou fonctionnelles des cils, soit à des anomalies qualitatives ou
quantitatives des sécrétions bronchiques.
Dans la plupart des maladies où
l’épuration mucociliaire est altérée, ces facteurs sont généralement intriqués.
Il est cependant possible de dégager, indépendamment des facteurs
étiologiques, un tableau commun des anomalies morphologiques du système mucociliaire responsables de sa détérioration fonctionnelle.
Nous
envisageons successivement :
– les lésions structurales de l’appareil mucociliaire en réponse à une
agression aiguë ou chronique et la réparation de l’épithélium bronchique ;
– les facteurs étiologiques responsables de ces altérations (facteurs
environnementaux, héréditaires, infectieux et divers) ;
– l’état du transport mucociliaire dans les affections respiratoires et dans
certaines maladies extrarespiratoires ;
– la pharmacologie du transport mucociliaire et les thérapeutiques
habituellement disponibles dans le but d’améliorer le transport du mucus.
A - Lésions structurales du système mucocilaire :
1-
Agents agresseurs
:
L’intégrité de l’épithélium mucociliaire peut être sévèrement perturbée par
divers agents agresseurs tels que l’inhalation de gaz irritants ou de polluants
gazeux comme la fumée de cigarette, le dioxyde de soufre (SO2), le dioxyde d’azote (NO2), l’ozone (O3), les aérosols acides ou alcalins, les agents
infectieux, qu’il s’agisse de virus comme le Myxovirus influenzae et les
mycoplasmes.
Parmi les autres agents susceptibles de léser l’épithélium mucociliaire, il faut encore citer la ventilation assistée, l’inhalation de
liquides, et l’action de médiateurs de l’inflammation.
L’atteinte lésionnelle
de l’épithélium varie selon la concentration du toxique, sa durée d’exposition,
son niveau d’action, l’épithélium bronchiolaire étant plus sensible aux
toxiques inhalés que l’épithélium des voies aériennes proximales et
centrales.
2- Lésions induites :
En réponse à une agression aiguë, qu’elle soit chimique, mécanique ou
infectieuse, on observe une hypersécrétion du mucus, s’accompagnant d’un
phénomène inflammatoire local, d’une déciliation de l’épithélium, d’une
nécrose de cellules épithéliales et d’une desquamation de l’épithélium avec
mise à nu de la membrane basale et des récepteurs nerveux sous-épithéliaux.
Chez l’animal, comme chez l’homme, le virus Influenzae A induit des lésions
sévères du système mucociliaire. Plotkowski et al ont mis en évidence en
microscopie électronique, 2 jours après l’inoculation de virus Influenzae chez
la souris, des signes de souffrance cellulaire s’accompagnant d’une
désorganisation de l’activité ciliaire.
Après 4 jours, la desquamation de
l’épithélium est importante.
Elle apparaît à cette période très favorable à
l’adhérence bactérienne.
Ces auteurs ont également montré que l’élastase
leucocytaire, dont la concentration est très augmentée au cours de
surinfections bronchiques, entraîne une hypersécrétion et une exfoliation de
l’épithélium mucociliaire avec une adhérence très significativement
augmentée des bactéries de type Pseudomonas aeruginosa.
Les
mécanismes impliqués dans la perte de l’intégrité de la barrière épithéliale
après infection bactérienne font intervenir des lésions des complexes jonctionnels qui, sous l’influence de facteurs de virulence, deviennent
perméables et favorisent l’infection bactérienne.
Toutes ces études mettent
donc bien en évidence que l’adhérence bactérienne à la muqueuse respiratoire
est favorisée par la diminution de l’épuration mucociliaire et par l’exposition
aux bactéries de récepteurs normalement masqués par le mucus.
3- Régénération de l’épithélium :
Elle s’effectue par un mécanisme de « transdifférenciation ».
Les cellules
sécrétoires et les cellules différenciées, ainsi que les cellules basales, se
multiplient puis se différencient en cellules ciliées.
De nombreuses études
expérimentales d’inhalation de toxiques gazeux réalisées chez l’animal
suggèrent que l’augmentation des cellules sécrétoires représente un
mécanisme de renouvellement rapide des cellules ciliées qui ont desquamé.
Ces cellules ciliées sont remplacées par des cellules sécrétoires, qui se
différencient ensuite en cellules préciliées puis en cellules ciliées.
Cette transdifférenciation des cellules sécrétoires permet donc de renouveler
rapidement les cellules ciliées qui sont incapables de se diviser.
Après une agression chronique, les lésions de l’épithélium se traduisent
généralement par une stratification (métaplasie malpighienne) et une
hyperplasie des cellules caliciformes et des cellules glandulaires de la sousmuqueuse.
Après interruption de l’agression, l’épithélium est aussi capable à
nouveau de se redifférencier vers un épithélium mucociliaire normal.
Il est
important de noter que l’épithélium bronchique est capable de s’adapter à
l’agent agresseur.
En effet, il a été démontré chez les primates, après une
exposition prolongée à l’O3, que l’action nécrosante observée sur les cellules
ciliées lors de l’exposition aiguë disparaît.
On observe, malgré l’exposition
prolongée à l’agent toxique, un épithélium pratiquement similaire à
l’épithélium normal.
Ces résultats suggèrent qu’en réponse à une agression
chronique, le processus de différenciation ou de transdifférenciation
épithéliale ne représente qu’un stade transitoire, donc réversible, permettant
à l’épithélium de se régénérer.
Ce processus de régénération explique le délai
nécessaire (plusieurs semaines à plusieurs mois) pour obtenir la normalisation
de la clairance mucociliaire après arrêt de l’agression (virose, consommation
tabagique...).
Il a été démontré que le développement de l’épithélium
bronchique au cours de la vie foetale présente de nombreuses analogies avec
le processus de régénération de l’épithélium après une agression.
Ces
résultats suggèrent que les anomalies ultrastructurales ciliaires, observées au
cours des infections bronchiques et considérées comme des anomalies
acquises, pourraient être le témoin de la régénération de l’épithélium
mucociliaire plutôt que le reflet de la lésion initiale.
Il est probable que l’environnement ionique ou les facteurs paracrines comme
l’epidermal growth factor (EGF) sécrété par les cellules épithéliales peuvent
directement contrôler la différenciation des cellules ciliées.
B - Facteurs environnementaux :
1- Tabac :
Il faut d’emblée distinguer les effets d’une inhalation aiguë de fumée de
cigarette et les effets à long terme du tabagisme sur l’épuration du mucus.
Les effets toxiques aigus de la fumée de tabac sont relativement controversés ;
certains auteurs ont démontré une action très nocive du tabac sur l’épuration mucociliaire, d’autres n’ont observé aucune différence.
L’apparente
variabilité des résultats pourrait être rattachée au fait que, comme l’ont montré Lindberg et al, l’action de la fumée de tabac est biphasique.
Ces auteurs
ont mis en évidence, après administration intra-artérielle de nicotine, une
accélération brève et transitoire de la fréquence mucociliaire de l’épithélium
sinusien du lapin.
Après inhalation chronique de fumée de tabac, toutes les
études s’accordent pour mettre en évidence le rôle délétère du tabac sur
l’épuration mucociliaire trachéobronchique.
Une étude très
intéressante, réalisée chez des jumeaux homozygotes fumeurs et non fumeurs,
a permis de démontrer que, alors que la clairance mucociliaire était
strictement identique chez les jumeaux non fumeurs, elle était
significativement plus faible chez le jumeau fumeur par rapport au non
fumeur.
Chez les fumeurs asymptomatiques, l’altération de la clairance mucociliaire est proportionnelle à la consommation tabagique.
Cette
altération est cependant moins sévère que chez les bronchitiques chroniques.
Après 3 mois d’arrêt de la consommation tabagique, la clairance mucociliaire se normalise.
Cette réversibilité est peu évidente lorsqu’une
bronchite chronique est associée au tabagisme.
Selon Agnew et al et
Vastag et al, la diminution de l’épuration mucociliaire secondaire au
tabagisme serait plus marquée dans les voies aériennes centrales que dans les
voies aériennes périphériques.
La clairance mucociliaire nasale n’est pas
modifiée par l’inhalation aiguë de fumée de tabac, alors qu’elle est très altérée
chez les fumeurs chroniques.
Le mécanisme d’action du tabac sur
l’épuration mucociliaire a été particulièrement bien étudié par Hée qui a
mis en évidence l’activité inhibitrice de la fumée de tabac sur l’activité ciliaire
et en a déterminé les composants ciliotoxiques.
2- Alcool :
L’effet de l’alcool sur la clairance mucociliaire apparaît variable.
Si
l’intoxication éthylique chronique semble entraîner une diminution de la
clairance mucociliaire, en revanche l’absorption aiguë d’alcool à doses
modérées semble avoir un effet variable sur la clairance en fonction de la dose
et des individus.
In vitro, l’effet ciliomodulateur est variable selon la
concentration.
Maurer et Liebman mettent en évidence une cilioactivation
à faibles doses (0,01 à 0,1 %) et une cilio-inhibition à fortes doses (2 %).
Ces
données confirment les résultats de Leicht et al qui ont mis en évidence
que la diminution de la clairance consécutive à l’absorption d’alcool est
principalement due à une modification de l’activité ciliaire et non du mucus.
3- Polluants de l’environnement
:
Les effets de nombreux polluants habituels de notre environnement, comme
le SO2, l’acide sulfurique (SO4H2), l’O3, le NO2, les particules minérales ou
les gaz d’échappement, ont été largement étudiés.
Nous ne rapporterons ici
que leurs effets in vivo sur la clairance mucociliaire chez l’homme et chez
l’animal.
* Dioxyde de soufre :
Andersen et al font état d’une diminution significative de la clairance mucociliaire nasale après exposition de 5 à 25 ppmde SO2 pendant 6 heures,
alors que Wolff a mis en évidence une accélération de la clairance
bronchique chez les sujets exposés à 5 ppm de SO2.
L’altération de l’épuration mucociliaire serait essentiellement liée à une augmentation du volume de
sécrétion, à une modification de la qualité du mucus, et à une diminution du
nombre de cellules ciliées en relation avec la transformation de l’épithélium
cilié pseudostratifié en épithélium malpighien.
* Dioxyde d’azote :
Le NO2 est un polluant aérien très courant.
Il est principalement produit par
les procédés de combustion et il a été démontré, aussi bien dans des
expérimentations animales que chez l’homme, qu’une seule exposition au
NO2 peut entraîner une inflammation aiguë des voies aériennes.
L’exposition
de cultures cellulaires bronchiques humaines à une concentration en NO2 à
0,1 à 2 ppm entraîne, après 1 heure, une diminution de la fréquence ciliaire.
Chez le sujet sain, une exposition de NO2 à 1,5 ppm pendant 20 minutes
entraîne une diminution de la fréquence mucociliaire.
Ces auteurs
suggèrent que la perturbation de l’activité mucociliaire pourrait être liée à son
effet oxydant dû aux radicaux libres du NO2.
* Acide sulfurique
:
Les études, chez l’animal et chez l’homme, semblent concordantes.
L’exposition à de faibles doses de SO4H2 s’accompagne d’une accélération
de la clairance mucociliaire trachéale, alors qu’une exposition à de fortes
doses entraîne un ralentissement de la clairance.
Ces variations seraient
également, comme pour le SO2, à rattacher à une stimulation de la sécrétion
du mucus.
* Ozone :
Chez le sujet sain, l’exposition à 0,2 et 0,4 ppm d’O3, comparativement à
une inhalation d’air, entraîne une stimulation de la fonction mucociliaire,
notamment au niveau périphérique.
Cette action serait secondaire à une
stimulation du mucus ou à une altération de la perméabilité épithéliale.
* Particules inertes :
L’inhalation de particules de poussière de charbon entraîne une accélération
de la clairance mucociliaire des voies aériennes proximales.
L’effet
délétère de l’inhalation serait beaucoup plus marqué dans les voies aériennes
périphériques que dans les voies aériennes proximales.
L’ensemble des
études réalisées chez l’animal et chez l’homme suggère que si les polluants
atmosphériques ont un effet transitoirement stimulant, ils pourraient, à long
terme, être responsables d’un dysfonctionnement mucociliaire à l’origine
d’affections bronchopulmonaires chroniques.
C - Facteurs infectieux
:
1- Infections virales :
Chez les adultes infectés par le Myxovirus influenzae A, la clairance
mucociliaire trachéobronchique et la clairance nasale sont très altérées.
La normalisation de la clairance n’intervient qu’après une période de 3 mois
en moyenne.
En revanche, pendant la période d’incubation et lorsque
l’infection est symptomatique, la clairance n’est pas modifiée.
La diminution
de la clairance au cours des infections virales s’explique en grande partie par
la desquamation de l’épithélium.
Cependant, sur les cellules ciliées qui n’ont
pas desquamé, il semble que la fréquence ciliaire soit normale.
En revanche,
chez l’enfant porteur d’infections virales identifiées, Carson et al ont mis
en évidence des anomalies ultrastructurales pour deux tiers de biopsies
nasales.
Les anomalies ciliaires observées correspondent, dans 5 à 25%des
cas, à des délétions des microtubules centraux, et dans 4 % des cas, à une
délétion ou un excès de microtubules périphériques.
Des prélèvements
contrôles ne mettent en évidence des anomalies que dans 1 à 2 %des cellules
ciliées.
En fait, la fréquence de ces anomalies ultrastructurales reste faible en
comparaison du pourcentage élevé d’anomalies ciliaires (plus de 50 %)
observées sur les cellules ciliées examinées chez des sujets atteints de
dyskinésie ciliaire primitive.
2- Infections bactériennes :
En dehors de l’infection par virus Influenzae A, l’infection par Mycoplasma
pneumoniae peut également entraîner des lésions de l’épithélium cilié.
Ces
lésions s’accompagnent d’une altération de la clairance mucociliaire qui
apparaît en général 10 à 15 jours après le début de la maladie et peut persister
pendant une période prolongée d’environ 1 an.
3- Infections virales et bactériennes :
Les infections virales et les infections par Mycoplasma pneumoniae
entraînent une altération de l’épithélium cilié qui, secondairement,
s’accompagne d’une mucostase à l’origine d’infections bactériennes.
Par
ailleurs, les infections à Rhinovirus peuvent sérieusement altérer l’intégrité
fonctionnelle de la barrière épithéliale, en association avec une surexpression
d’ICAM-1.
Wilson et al ont été parmi les premiers à mettre en
évidence un facteur cilio-inhibiteur, produit par Haemophilus influenzae et
Pseudomonas aeruginosa, capable d’agir sur les cellules ciliées nasales
humaines in vitro et d’entraîner, en relation avec une sécrétion de facteurs de
virulence, une altération sévère du complexe jonctionnel épithélial.
L’association d’une infection virale à une infection bactérienne
s’accompagnant d’une desquamation de l’épithélium cilié et d’une
hypersécrétion bronchique est fréquente.
Il peut s’installer un véritable cercle
vicieux conduisant ainsi à une pérennisation de l’infection, voire à une
maladie chronique bronchique, telles les bronchectasies.
D - Maladies congénitales :
1- Dyskinésie ciliaire primitive :
Il s’agit de l’affection la plus démonstrative du rôle de l’épuration mucociliaire en pathologie.
Sa description est la résultante d’une série
d’observations et de découvertes médicales : en 1933, Kartagener décrivait
un syndrome associant une sinusite chronique, des bronchectasies et un situs
inversus avec cas familiaux.
En 1976, Afzelius décrit l’immobilité des
flagelles des spermatozoïdes chez ces malades et rattache cette anomalie
fonctionnelle à l’anomalie structurale du flagelle caractérisée par une absence
de bras de dynéine sur les microtubules périphériques.
Ainsi naît le
« syndrome des cils immobiles », au sein duquel le syndrome de Kartagener
complet n’est identifié que dans 50 % des cas.
Plus récemment, Rossman et
al ont décrit chez certains de ces malades des cils apparemment mobiles
mais dont le battement était désordonné et lent, voire inefficace.
Sleigh
propose alors de remplacer le terme de « syndrome des cils immobiles » par
le terme de « dyskinésie ciliaire primitive » qui est actuellement unanimement
accepté.
Chez ces malades, le ralentissement de l’épuration mucociliaire nasale et
trachéobronchique permet de dépister la maladie dont le diagnostic est ensuite
confirmé par la mise en évidence d’une altération de la mobilité ciliaire et
d’anomalies ultrastructurales des cils.
Ainsi, Rutland a comparé la mobilité et
l’ultrastructure des cellules ciliées chez des malades atteints de dyskinésie
ciliaire primitive à celles des malades présentant une dyskinésie ciliaire
acquise.
La fréquence de battement ciliaire dans la dyskinésie ciliaire
primitive apparaît constamment inférieure à 10 Hz et les anomalies ultrastructurales atteignent, selon cet auteur, plus de 50 % des cils, alors
qu’elles ne sont identifiées que dans 10 % des cils dans les autres groupes.
Les anomalies ciliaires ultrastructurales identifiées dans la dyskinésie ciliaire
primitive ne se résument pas à la simple absence de bras de dynéine sur les
microtubules périphériques.
Sturgess a étudié la structure ciliaire chez des
malades provenant de différentes familles et a noté que les anomalies les plus
fréquemment étudiées sont les suivantes : absence de bras de dynéine interne,
ou externe et interne, absence de bras radiaire, absence de doublet central,
transposition de microtubules périphériques.
D’autres auteurs ont constaté
des anomalies différentes, ce qui peut en fait être expliqué par la multiplicité
des structures protéiques composant l’architecture ciliaire.
Il est en effet
admis qu’il existe au moins 200 gènes codant pour ces protéines.
Des
enquêtes génétiques portant sur la dyskinésie primitive ont montré qu’il n’y
avait pas de prédominance ethnique ni d’anomalie structurale, et que l’âge
des parents et le rang de naissance n’intervenaient pas.
En revanche, la
consanguinité était fréquente.
La dyskinésie ciliaire primitive est une maladie
autosomique récessive, à pénétrance variable.
L’incidence du syndrome de Kartagener complet est de l’ordre de 1/30 000 naissances.
2- Mucoviscidose :
Dans cette pathologie d’origine génétique qui est la maladie héréditaire létale
la plus fréquente dans les populations européennes et nord-américaines
(1/2 000 naissances), l’atteinte de l’épithélium bronchique, associée à un
stade avancé de la maladie à une inflammation et une infection bronchiques
sévères, est responsable de la morbidité et de la mortalité de la maladie.
Dans cette affection caractérisée par une hypersécrétion bronchique, il est
difficile de définir avec précision dans quelle mesure la clairance mucociliaire
est primitivement normale ou altérée.
En fait, la clairance mucociliaire est
souvent étudiée chez de grands enfants ou chez l’adulte présentant déjà des
infections répétées.
Des études contrôlées, réalisées chez l’enfant à un stade
précoce, n’ont pu en effet être réalisées pour des raisons éthiques.
À un stade
avancé chez l’adulte, Wood et al et Yeates et al ont montré que la
vitesse de transport trachéale était diminuée.
Mais cette diminution pourrait
n’être que la conséquence de la maladie à un stade évolué, plutôt qu’un
véritable facteur causal.
L’ultrastructure des cils est normale dans la
mucoviscidose.
Les anomalies rhéologiques du mucus ne sont pas
systématiquement observées.
King et Puchelle et al n’ont pu mettre en
évidence une augmentation significative de la viscosité de l’expectoration
qu’en période de surinfection bronchique.
Il est classiquement admis dans la
mucoviscidose que les anomalies du transport ionique consécutives aux
mutations du gène codant pour la protéine cystic fibrosis transmembrane
conductance regulator (CFTR) sont associées à la déshydratation du mucus,
à son adhésivité élevée, et à une diminution du transport mucociliaire.
Cependant, ces anomalies sont souvent observées à un stade avancé
de la maladie.
Il a été également suggéré que l’incapacité des granules
sécrétoires des glandes sous-muqueuses à augmenter de volume, au cours du
phénomène d’exocytose, peut être liée à des anomalies de CFTR.
Bien qu’il
soit largement admis que la déshydratation du mucus est associée à une
hyperviscosité et à un ralentissement du transport mucociliaire, des résultats
récents montrent que le contenu en eau des sécrétions bronchiques dans la
mucoviscidose n’est pas systématiquement diminué et que la déshydratation
du mucus est associée à une hyperviscosité et à un ralentissement du transport
mucociliaire.
Des résultats récents montrent que le contenu en eau des
sécrétions bronchiques dans la mucoviscidose n’est pas systématiquement
diminué et que la déshydratation du mucus est également liée aux
phénomènes d’inflammation et d’infection bactérienne.
Chez les patients
atteints de mucoviscidose, la clairance mucociliaire est, selon les auteurs, soit
diminuée, ou l’inverse, voisine de celle observée chez les sujets sains.
De
telles différences peuvent être liées au génotype des patients, à leur âge ou à
l’état clinique, et en particulier au degré d’infection bronchique.
Afin de
déterminer dans quelle mesure la fonction anormale de CFTR pouvait induire
de façon spécifique, avant toute infection, une diminution de l’épuration
mucociliaire, Zahm et al ont analysé la vitesse de transport du mucus chez
des souris transgéniques mucoviscidosiques élevées dans des conditions
exemptes de germes pathogènes.
Les résultats obtenus mettent en évidence
une diminution significative de la fonction de transport mucociliaire et une
inflammation de la sous-muqueuse qui pourraient représenter des anomalies
précoces caractéristiques de la mucoviscidose, avant tout signe d’infection.
3- Syndrome de Young :
Ce syndrome associe une azoospermie obstructive et des surinfections
bronchiques avec bronchectasies.
Sa physiopathologie n’est pas connue.
Pavia a mis en évidence une diminution de la clairance mucociliaire chez
ces sujets.
Il semblerait que le facteur responsable soit à rattacher plutôt à une
anomalie des sécrétions qu’à une véritable anomalie ciliaire.
4- Déficits immunitaires congénitaux :
Le déficit en Ig, comme le déficit spécifique en IgA, s’accompagne d’une
altération de la clairance mucociliaire qui semble être la conséquence des
infections fréquentes plutôt que le facteur causal.
E - Maladies acquises :
Dans la plupart de ces affections, la diminution de l’épuration du mucus est
secondaire à une agression répétée des voies aériennes qui aboutit
généralement à une inflammation chronique.
1- Bronchite chronique
:
Cette maladie est très souvent en rapport avec un tabagisme dont les effets sur
la clairance ont été antérieurement rappelés.
Il convient de mentionner que la
diminution de la clairance chez les bronchitiques chroniques est irréversible,
alors qu’elle est réversible chez des fumeurs non bronchitiques chroniques
ou chez des patients présentant des bronchites aiguës.
Le degré de tabagisme
semble directement influencer la clairance mucociliaire, alors que l’on
n’observe pas de corrélation étroite entre la diminution de la clairance et les
altérations fonctionnelles respiratoires.
En revanche, il existe une corrélation
significative entre la pression artérielle en oxygène (PaO2), la pression
artérielle en gaz carbonique (PCO2) et l’épuration mucociliaire dans la
bronchite chronique simple, alors qu’elle n’est pas mise en évidence dans la
bronchite chronique avec syndrome obstructif.
Chez les bronchitiques
chroniques, parallèlement à la diminution de l’épuration mucociliaire, on note
une modification du profil sécrétoire du mucus (augmentation des
sulfomucines et des protéines transsudées).
Les modifications biochimiques
du mucus s’accompagnent d’anomalies rhéologiques fréquemment observées
au cours d’infections qui se traduisent par une augmentation de la viscosité et
une diminution de la capacité de transport du mucus.
Chez ces malades,
la diminution de l’épuration mucociliaire peut cependant être en grande partie
compensée par l’épuration du mucus par la toux.
2- Asthme :
* Anomalies de la clairance mucociliaire :
L’existence de bouchons muqueux dans les bronches, observée à l’autopsie
de patients asthmatiques, suggère que les anomalies de la clairance
mucociliaire chez ces malades sont principalement liées à des anomalies des
propriétés physiques du mucus.
Chez l’asthmatique, le ralentissement de la
clairance mucociliaire est observé dans de multiples situations.Wanner et
Pavia et al observent une diminution de la vitesse de transport trachéale
chez des asthmatiques atopiques, symptomatiques ou asymptomatiques.
La
diminution de la clairance mucociliaire au cours de la crise aiguë persiste 2 à
4 mois après la crise, chez des asthmatiques en état stable traités par inhalation
de bronchodilatateurs et de corticoïdes, comme chez les asthmatiques en
rémission sans traitement depuis au moins 6 mois.
La diminution de la
clairance est également observée chez les asthmatiques hypersécrétants.
* Différents facteurs responsables :
Dans l’asthme, les anomalies de la clairance mucociliaire peuvent être en
grande partie rattachées à l’hypersécrétion.
Par ailleurs, la composition en
mucines des sécrétions recueillies chez des asthmatiques est caractérisée par
des chaînes oligosaccharidiques très longues.
Selon Bhaskar et Reid, les
propriétés rhéologiques particulières des mucus recueillis chez les
asthmatiques seraient dues à une augmentation des fractions lipidiques et à la
formation de complexes lipides-protéines.
Les expectorations d’asthmatiques
sont généralement riches en protéines transsudées qui peuvent directement
influencer la viscosité.
Ces sécrétions ont un contenu en eau relativement
faible et l’étude biochimique des bouchons de mucus dans l’asthme aigu a
montré que, outre les glycoprotéines de type mucines, des protéoglycanes
sont identifiées en concentration importante.
Une modification du profil
sécrétoire de ces glycoconjugués du mucus et une importante déshydratation,
associées à l’existence d’un facteur cilio-inhibiteur identifié dans la phase
sol au cours de l’asthme aigu, seraient donc les principaux responsables de la
diminution de la clairance mucociliaire.
Les médiateurs de l’inflammation
pourraient être à l’origine du dysfonctionnement mucociliaire.
La
responsabilité de ces médiateurs a été évoquée parWanner qui a montré
qu’un prétraitement par le cromoglycate de sodium prévenait, chez
l’asthmatique, le ralentissement du transport mucociliaire induit par
l’inhalation de ragweed.
À côté des facteurs liés à l’hypersécrétion et à la
libération de médiateurs de l’inflammation, il importe de souligner que la
desquamation de l’épithélium cilié, et donc l’altération de la barrière
épithéliale, constituent une des causes majeures de la diminution de la
clairance mucociliaire dans l’asthme.
3- Bronchectasies :
L’épuration mucociliaire est très ralentie chez la plupart des malades atteints
de bronchectasies.
Dans cette maladie, il est difficile de relier le
ralentissement de la clairance à un facteur étiologique à l’origine des
dilatations des bronches, du moins à un stade avancé de la maladie.
Il faut
cependant rappeler que Rutland et Cole ont observé une diminution de la
clairance nasale chez les malades porteurs de bronchectasies.
De plus, Lauque
et al ont montré qu’à un stade précoce de la maladie, la clairance
mucociliaire est inconstamment diminuée dans les bronchectasies kystiques,
alors qu’elle l’est constamment dans les bronchectasies cylindriques.
Ces
différents résultats plaident en faveur d’une anomalie primitive de
l’épithélium dans certaines bronchectasies.
4- Cancer bronchique primitif
:
Bien que Matthys et al aient rapporté une anomalie sévère de la clairance
mucociliaire dans cette pathologie, la diminution de la clairance dans le
cancer bronchique primitif pourrait, en fait, être rattachée à l’existence d’une
bronchite chronique associée.
5- Emphysème primitif :
Chez les sujets présentant un emphysème par déficit en alpha-1-antitrypsine,
la clairance mucociliaire est normale. Le déficit de la clairance pourrait
être secondaire à une infection surajoutée.
6- Asbestose
:
Chez des patients dont le diagnostic a été affirmé sur des données cliniques,
radiologiques et fonctionnelles, il n’a pas été constaté d’altération de la
clairance mucociliaire.
Ceci est en accord avec l’absence de modifications de
la clairance lors d’inhalation de particules minérales.
F - Connectivites :
Dans la polyarthrite rhumatoïde, certains auteurs ont rapporté une
augmentation de la fréquence des dilatations bronchiques, suggérant une
possible diminution de la clairance dans cette affection.
En fait, d’après les
travaux de Sutton et al réalisés chez des malades atteints de polyarthrite
rhumatoïde sans symptomatologie respiratoire, il n’existe pas de
ralentissement de l’épuration mucociliaire avant l’apparition des infections.
Par ailleurs, dans le syndrome de Gougerot-Sjögren, des valeurs normales de
la clairance sont rapportées, alors que Becquemin et al mettent en évidence, chez certains malades, un ralentissement de la clairance
mucociliaire, qui traduirait une localisation bronchique de la maladie.
En fait,
dans ce syndrome, les anomalies de la clairance pourraient n’apparaître qu’à
un stade évolué de la maladie.
G - Facteurs iatrogènes :
1- Irradiation :
Les effets de l’irradiation ont été particulièrement bien étudiés chez l’animal.
Il convient de distinguer les effets aigus et les effets à long terme de
l’irradiation sur l’épuration du mucus des voies aériennes.
Baldetorp a mis
en évidence, sur la trachée isolée de rat, une augmentation de l’épuration
mucociliaire et de la fréquence ciliaire pendant les séances d’irradiation.
Cette
augmentation est cependant variable en fonction de la dose et du type
d’irradiation.
En revanche, en dehors des périodes d’irradiation, la vitesse de
transport mucociliaire de la trachée de chien in vivo est diminuée.
Cette
diminution de la clairance mucociliaire pourrait être secondaire à une
déciliation partielle de l’épithélium trachéal.
2- Anesthésie
:
Des études chez l’animal entier (rat, mouton) ont mis en évidence une
diminution de la vitesse de transport trachéal au cours d’anesthésie générale
par pentobarbital, thiopental, halothane.
Lors de l’anesthésie locale, on
note une diminution de la clairance mucociliaire et de la fréquence de
battement ciliaire in vitro, mais ceci n’est observé qu’à des doses très
supérieures aux doses utilisées in vivo.
De plus, l’effet cilio-inhibiteur des
anesthésiques de contact est généralement réversible.
3- Ventilation assistée :
Il a été suggéré que la ventilation assistée chez l’animal intubé pouvait
diminuer le transport mucociliaire.
Ceci n’a pas été démontré chez le chien
soumis à une ventilation assistée en pression positive intermittente.
Les
mêmes auteurs ont montré que la ventilation en haute fréquence diminuait la
clairance mucociliaire, probablement à cause d’un transport rétrograde du
mucus depuis les zones proximales vers la périphérie.
Par ailleurs, les
traumatismes liés au ballonnet d’intubation trachéale induisent des lésions
trachéales sévères au cours de la ventilation assistée, quelle que soit la
pression d’insufflation utilisée.
Ces lésions s’accompagnent d’une diminution
de la vitesse de transport trachéal qui ne se normalise que 2 semaines après
l’ablation de la sonde.
Landa et al ont montré, chez le mouton, que la
trachéotomie diminue la vitesse de transport trachéal.
L’aspiration endobronchique est également responsable de la diminution de la vitesse de
transport trachéal, cette diminution étant variable selon le matériel utilisé pour
l’aspiration.
4- Bronchoscopie :
Chez l’animal, Landa et al n’ont pas mis en évidence de diminution de la
clairance mucociliaire après bronchoscopie rigide ou souple.
Des résultats
identiques ont été observés chez des volontaires sains, à l’occasion d’une
fibroscopie bronchique réalisée sous anesthésie locale.
5- Oxygénothérapie :
Chez le sujet volontaire exposé pendant 6 heures à une atmosphère contenant
90 à 95 % d’oxygène, la vitesse de transport du mucus trachéal diminue dès
la troisième heure d’inhalation.
Une diminution de la vitesse de transport
trachéal du mucus a été également mise en évidence chez le chat ventilé en
oxygène pur.
6-
Dérivés salicylés :
L’administration d’une dose unique d’aspirine (16 mg/kg), chez le sujet sain,
est responsable d’une altération de l’épuration mucociliaire.
L’aspirine
pourrait agir en inhibant la synthèse de prostaglandines.
Traitement
:
A - Traitement des anomalies de l’épuration du mucus
:
1- Kinésithérapie :
Les techniques classiques de kinésithérapie respiratoire, comme le drainage
postural, les exercices respiratoires et la toux, sont capables d’améliorer
l’épuration trachéobronchique, chez des sujets hypersécrétants.
Certaines
équipes ont cherché à mettre au point d’autres méthodes permettant
d’améliorer ou de remplacer les techniques classiques de kinésithérapie.
Il a
été ainsi démontré que la percussion du thorax et la méthode d’expiration
forcée n’apportaient aucune amélioration significative par rapport aux
méthodes classiques.
En revanche, Gross et al ont bien montré que
l’application d’une pression intermittente à haute fréquence sur la paroi
thoracique améliorait la clairance mucociliaire chez le chien.
L’application
de cette méthode à des sujets hypersécrétants, incapables de tousser, est donc
intéressante.
Des résultats semblables ont été obtenus grâce à l’application
d’une pression d’insufflation de haute fréquence à la bouche chez le
volontaire sain.
2- Parasympatholytiques :
L’atropine, administrée par voie générale, ralentit la vitesse de transport du
mucus chez le chien anesthésié et diminue la clairance mucociliaire chez
l’homme.
L’atropine diminue le volume des sécrétions bronchiques sans
cependant modifier la rhéologie du mucus ; ceci a été démontré chez le sujet
sain et chez les malades atteints de bronchite obstructive avec
hypersécrétion.
En revanche, chez le sujet sain et chez le malade hypersécrétant, le bromure d’ipratropium inhalé ne modifie pas de façon
significative l’épuration mucociliaire aux doses habituellement prescrites.
3- Parasympathomimétiques
:
Chez le sujet sain, une injection unique sous-cutanée de pilocarpine
s’accompagne d’une augmentation de la clairance mucociliaire.
Cet effet
serait secondaire à une stimulation de la sécrétion des cellules à mucus,
démontrée in vitro, et également à une stimulation de la fréquence de
battement ciliaire mise en évidence in vitro pour la pilocarpine,
l’acétylcholine ou la métacholine.
Cependant, l’effet bronchoconstricteur
de ces drogues en limite la prescription chez l’homme.
4- Sympathomimétiques :
L’augmentation du transport mucociliaire par les sympathomimétiques a été
largement démontrée chez l’animal.
Chez le sujet normal, comme chez les
patients atteints d’asthme, de bronchite chronique et de mucoviscidose, les
sympathomimétiques améliorent l’épuration mucociliaire.
Ces effets ont été
montrés avec l’isoprotérénol, le fénotérol, la terbutaline souscutanée
, l’orciprénaline.
Ces effets ne semblent pas être observés
systématiquement pour la terbutaline en aérosol.
Remarques
– Si l’effet, chez le sujet normal, de la terbutaline est très significatif, les
variations observées chez les malades sont difficiles à interpréter.
En effet, il
existe chez ces malades une très grande variabilité de la clairance mucociliaire
basale.
De plus, les valeurs initiales sont parfois extrêmement faibles, de sorte
qu’une amélioration même de l’ordre de 20 % n’a que peu de signification
clinique.
Il est probable que les bêta-adrénergiques agissent en améliorant
l’activité ciliaire.
L’efficacité des bêta-agonistes ne peut être démontrée
que si les cellules ciliées sont préservées.
– L’interprétation est également difficile en pathologie dans la mesure où
l’action des bêta-agonistes sur la clairance mucociliaire est associée à leur
activité bronchodilatatrice qui modifie le dépôt initial des particules.
Enfin, il
est probable que les bêta-agonistes agissent sur les cellules ciliées, non
pas directement, mais par l’intermédiaire de catécholamines circulantes qui
seraient relarguées lors de l’administration de terbutaline sous-cutanée et
ne seraient pas libérées lorsque l’administration est réalisée sous forme
d’aérosols.
5- Théophylline :
Chez l’animal, la théophylline se révèle capable d’augmenter le transport mucociliaire, bien que son action semble localisée à la trachée et aux grosses
bronches.
L’administration d’aminophylline, en injection intraveineuse chez
le chien anesthésié, entraîne une augmentation de la vitesse de transport du
mucus de 50 % au niveau trachéal, et de 27 % au niveau des bronches
souches.
Cet effet n’est pas retrouvé chez l’homme sain lors de la prise orale
de théophylline.
Chez les asthmatiques, les emphysémateux et dans les bronchopathies chroniques, les effets mucocinétiques de la théophylline sont
discordants.
L’action de la théophylline semble cependant plus évidente après
une administration orale prolongée (d’une durée d’au moins 8 jours).
Ses
effets prédominent dans les voies aériennes centrales et semblent
indépendants de l’effet propre de la bronchodilatation.
Les mêmes difficultés
d’interprétation sont rencontrées à propos de l’effet de la théophylline et des
bêtamimétiques, les modifications de la clairance mucociliaire étant très
variables d’un sujet à l’autre, voire chez un même sujet d’un jour à l’autre, en
fonction du degré d’obstruction des voies aériennes.
Ziment a particulièrement bien analysé les mécanismes d’action possibles
de la théophylline sur l’épuration mucociliaire.
Selon cet auteur, ce
médicament pourrait agir à la fois sur la quantité et la qualité du mucus sécrété
par les glandes sous-muqueuses.
L’action de la théophylline peut être, soit
directe en augmentant l’AMP cyclique intracellulaire et modifiant le contenu hydroélectrolytique des sécrétions par ouverture des canaux chlore des
cellules épithéliales, soit indirecte par le biais d’une augmentation des catécholamines endogènes et/ou de l’acétylcholine.
La théophylline peut
également intervenir en augmentant la fréquence ciliaire par l’intermédiaire
de l’AMP cyclique.
En fait, malgré les multiples effets positifs démontrés in
vitro ou chez l’animal, l’effet significatif de la théophylline in vivo chez le
malade, sur la clairance mucociliaire, n’a encore fait l’objet que d’un nombre
limité d’études et n’a été que très mal démontré.
6- Corticoïdes
:
La clairance mucociliaire d’asthmatiques asymptomatiques a été étudiée
avant et après traitement de 2 semaines de prednisolone à la dose de 15 mg/j,
puis 30 mg/j.
Comparativement au groupe contrôle, une amélioration a été
observée.
Ces résultats sont d’interprétation délicate du fait des variations de
clairance mucociliaire liées à la fois à la toux et à la variation du dépôt des
aérosols avant et après traitement par corticoïdes.
B - Mucomodificateurs bronchiques
:
De très nombreuses substances capables de modifier les propriétés
rhéologiques des sécrétions ont été proposées chez des malades hypersécrétants et encombrés, dans le but d’améliorer leur épuration
mucociliaire.
Alors que le mode d’action de ces substances a été largement
étudié in vitro, les études contrôlées portant sur l’efficacité clinique in vivo
sont peu nombreuses et peu concluantes.
Nous rapportons dans ce chapitre
les principaux travaux déjà réalisés sur les principaux agents mucomodificateurs, en adoptant la classification proposée par Polu et al.
1-
N-acétylcystéine :
La N-acétylcystéine (NAC) est un agent réducteur mucolytique à groupe thiol
libre.
Tous les dérivés de la NAC agissent en entraînant une rupture des ponts
disulfures existant entre deux fonctions thiol sur les protéines et
glycoprotéines des sécrétions bronchiques.
Cette activité réductrice,
responsable de la diminution de la viscoélasticité des sécrétions bronchiques,
a été démontrée in vitro.
Les modifications des caractéristiques rhéologiques
pourraient être à l’origine d’une amélioration du transport mucociliaire dans
certaines circonstances pathologiques.
Cependant, plusieurs études
contrôlées n’ont pas permis de mettre en évidence une amélioration
significative de l’épuration mucociliaire chez des malades.
Ainsi, Millar et
al, dans une étude contrôlée en double aveugle contre placebo, ont étudié
l’effet de la NAC à la dose de 200 mg trois fois par jour pendant 4 semaines
chez 9 malades atteints de bronchite chronique, et n’ont pu mettre en évidence
aucune modification de l’épuration mucociliaire.
De même, Dorow et al
ont étudié 15 malades atteints de bronchite chronique traités pendant 1
semaine par la NAC et n’ont pu mettre en évidence qu’une légère tendance à
l’amélioration des malades et de leur clairance mucociliaire, cependant non
significativement différente de celle observée chez les sujets contrôles.
En
fait, le rôle de la NAC n’est pas clairement défini.
Plusieurs études suggèrent
que la NAC protège l’épithélium bronchique vis-à-vis des irritants, prévient
l’hyperplasie muqueuse et peut modifier l’équilibre de synthèse des
glycoprotéines.
L’éventuel effet antioxydant de la cystéine pourrait donc
ne pas être mis en évidence par les classiques tests cliniques ou fonctionnels
respiratoires chez les malades.
2- Carbocystéine :
La carbocystéine est un dérivé de la cystéine qui, contrairement à la NAC,
présente un groupement thiol bloqué.
La carbocystéine est habituellement
classée parmi les agents mucorégulateurs.
C’est une molécule qui agit in vivo
par activation de la sialyl-transférase, favorisant la synthèse de mucines riches
en acide sialique au niveau de la muqueuse bronchique.
Cette molécule crée
ainsi un nouvel équilibre entre les mucines neutres et les mucines acides au
profit de ces dernières.
Cette capacité à restaurer une synthèse normale des
mucines a été démontrée chez les bronchitiques chroniques et chez le rat.
Ces modifications biochimiques s’accompagnent d’une modification des
propriétés rhéologiques des sécrétions.
La carbocystéine semble présenter
une action anti-inflammatoire sur la muqueuse bronchique et, à ce titre, peut
diminuer l’hyperviscosité des sécrétions riches en protéines transsudées.
Cette molécule peut donc corriger les anomalies rhéologiques, et de façon
différente selon la présence ou l’absence d’une inflammation et/ou d’une
infection bronchique.
Chez les bronchitiques chroniques non surinfectés, une
étude en double aveugle a montré que la prise quotidienne de 3 g de carbocystéine entraînait une normalisation de la viscosité et de l’élasticité des
sécrétions bronchiques avec amélioration clinique et fonctionnelle
respiratoire parallèle lorsque initialement la viscoélasticité était abaissée.
Cependant, les études de l’épuration mucociliaire chez l’animal et chez les
bronchitiques chroniques traités par carbocystéine n’ont pu mettre en
évidence d’amélioration significative de la clairance mucociliaire.
Selon Polu et al, ces discordances dans les résultats cliniques pourraient
éventuellement s’expliquer par le stade lésionnel variable de la muqueuse
bronchique chez les malades.
Rogers et al rapportent que la carbocystéine,
comme la NAC, sont toutes deux capables d’inhiber l’hypersécrétion induite
chez le rat par la fumée de tabac.
3- Bromhexine :
Cette molécule est généralement classée parmi les mucorégulateurs, bien que
ce dérivé semi-synthétique d’un alcaloïde végétal présente une activité
biochimique mal identifiée.
Lors de la prise du produit, des études
histologiques ont mis en évidence des structures lysosomiales dans les
cellules séreuses des glandes bronchiques.
Cette activité lysosomiale
pourrait être indirectement responsable de la diminution des glycoprotéines
et de la fragmentation des mucines décrites par certains auteurs, et pourrait
expliquer la diminution de la viscosité de l’expectoration recueillie chez les
malades hypersécrétants bronchitiques chroniques traités par cette molécule.
Les études d’efficacité clinique de la bromhexine ne sont pas concluantes.
Chez les malades atteints de bronchite chronique, ce traitement n’a mis en
évidence aucune amélioration, ni subjective (confort, dyspnée), ni objective,
sur la fonction respiratoire.
Son efficacité sur la clairance mucociliaire
reste controversée.
Pavia et al n’ont pas mis en évidence d’effets de la
bromhexine administrée en dose unique sur la clairance mucociliaire de
bronchitiques chroniques.
Thomson et al ont mis en évidence une
amélioration significative de la clairance mucociliaire chez les bronchitiques
chroniques traités par la bromhexine pendant 14 jours.
Cependant, les
résultats de cette étude restent discutables car elle n’a pas été contrôlée par
l’étude en parallèle de l’effet d’un placebo.
4- Autres mucomodificateurs :
Au cours du phénomène d’hypersécrétion bronchique, les anomalies de la
clairance mucociliaire peuvent être liées à des anomalies des propriétés
rhéologiques du mucus (comme l’hyperviscosité et les anomalies de la
viscoélasticité).
Des modifications des propriétés interfaciales du mucus
peuvent également être à l’origine d’une diminution de la clairance du mucus,
en particulier sous l’action de la toux.
Pour corriger ces anomalies, on peut
distinguer deux principaux types de mucorégulateurs : les agents tensioactifs,
parfois appelés agents mouillants, et les agents hydratants, tous capables de
diminuer les propriétés interfaciales mucus-muqueuse.
* Ambroxol :
Il s’agit d’un métabolite dérivé de la bromhexine, considéré comme un
mucorégulateur capable d’augmenter la synthèse du surfactant, du moins
lorsqu’il est administré à fortes doses.
Cette augmentation du surfactant
pourrait jouer un rôle « lubrifiant » au niveau des voies aériennes, et ainsi
favoriser le transport du mucus.
Si Ericsson et al ont mis en évidence un
effet bénéfique subjectif de cette molécule chez le bronchitique chronique,
d’autres études n’ont pas permis de mettre en évidence d’amélioration
significative de la clairance mucociliaire après le traitement.
L’étude de Pavia, portant sur 15 malades bronchitiques chroniques traités pendant
4 jours par ambroxol, ainsi que l’étude d’Ericsson et al effectuée en double
aveugle contre placebo portant sur 14 bronchitiques chroniques, n’ont pas
démontré d’amélioration significative de la clairance mucociliaire.
* RhDNase (alpha-dornase)
:
Le développement de la rhDNase (Dnase recombinante humaine ou
Dornaset), proposée pour le traitement de l’obstruction bronchique dans la
mucoviscidose, repose sur le concept généralement bien admis que
l’augmentation de la viscoélasticité des expectorations purulentes est en
grande partie secondaire à la libération dans les sécrétions de l’acide
désoxyribonucléique (ADN) d’origine cellulaire (cellules inflammatoires,
cellules épithéliales et bactériennes), dont la concentration peut atteindre des
valeurs extrêmement élevées (supérieures à 50 mg/mL).
La DNase
recombinante s’est révélée très active en clivant l’ADN et en diminuant la
viscoélasticité des expectorations et en améliorant, au plan clinique, la
fonction respiratoire des malades atteints de mucoviscidose.
Zahm et
al ont montré que lorsque la capacité de transport mucociliaire de ces
expectorations était initialement basse, cette dernière était significativement
améliorée par la rhDNase.
De façon intéressante, il avait été noté dans cette
première étude que l’amélioration du transport mucociliaire s’accompagnait
non seulement d’une diminution de la viscosité, mais également d’une
diminution de l’adhésivité.
Zahm et al ont donc fait l’hypothèse que le
clivage de l’ADN par la rhDNase était susceptible de libérer des
phospholipides tensioactifs initialement complexés à l’ADN.
Cette hypothèse
est parfaitement vérifiée puisque la rhDNAse se révèle capable d’augmenter
le contenu en phosphatidylglycérol (phospholipide tensioactif), de diminuer
les propriétés d’adhésivité des sécrétions, et d’améliorer leur transport
mucociliaire.
L’utilisation clinique de cette molécule reste cependant
réservée à des patients mucoviscidosiques, car jusqu’à présent, bien qu’il ait
été démontré in vitro un effet bénéfique de la rhDNase sur la capacité de
transport de sécrétions purulentes de bronchitiques chroniques, il n’a pas été
rapporté d’effet clinique significatif chez ces malades.
Il serait probablement
intéressant d’analyser in vivo, chez des patients obstructifs, la capacité de la rhDNase à mobiliser les sécrétions sous l’effet de la toux.
On peut en effet
prévoir que l’amélioration des propriétés tensioactives des sécrétions par la rhDNase peut améliorer l’efficacité de la clairance par la toux.
5- Agents corrigeant la déshydratation de la muqueuse bronchique
:
* Rôle de l’hydratation
:
L’hydratation de la muqueuse bronchique représente une approche
thérapeutique importante dans l’amélioration de l’épuration bronchique chez
les malades encombrés et déshydratés.
L’hydratation peut être réalisée par
voie générale (en intraveineux ou per os), ou par administration d’aérosols.
Les nombreuses études concernant le rôle des aérosols inhalés sur le mucus
sont peu concluantes.
En effet, les gouttelettes d’eau pénètrent difficilement
dans les petites voies aériennes.
Quant à l’instillation directe intrachéale, elle
est dangereuse car elle peut majorer l’encombrement.
Cependant, Puchelle et
al ont montré chez le chien que l’humidification de l’air inspiré améliorait
la filance et la capacité de transport du mucus, ex vivo.
L’étude de Salah et
al corrobore les résultats précédents, en montrant que l’inhalation d’air
sec altère la clairance mucociliaire nasale chez l’homme.
Le rôle de l’hydratation systématique a été moins étudié.
Chopra et al ont
montré que la vitesse de transport trachéal chez le chien augmentait avec
l’hydratation.
Ce résultat n’a pas été confirmé chez le mouton.
Il est
possible que cette discordance soit liée aux différences de concentrations
électrolytiques dans les solutions administrées.
Lioté et al ont mis en
évidence chez l’homme une altération de la clairance mucociliaire nasale,
après une séance d’hémodialyse, non corrélée à l’hydratation.
Cette variation
de clairance mucociliaire pourrait être, elle aussi, attribuée à des variations
électrolytiques.
Boucher et al, et App et al, ont démontré que l’absorption épithéliale
excessive de sodium dans la mucoviscidose pouvait être corrigée par l’action
de l’amiloride.
Néanmoins, in vivo, une étude européenne a mis en
évidence que l’amiloride, administrée en aérosols, n’améliorait pas la
fonction pulmonaire de ces malades, comparativement à un placebo.
Compte
tenu du faible bénéfice clinique obtenu avec les aérosols d’amiloride, d’autres
stratégies thérapeutiques ont été développées dans le but, non seulement de
diminuer la réabsorption de l’eau liée à l’activité accrue des canaux Na+, mais
de stimuler la sécrétion de Cl- via la voie calcique qui, contrairement à la voie
CFTR-dépendante, reste stimulable dans la mucoviscidose.
Benali et al ont
montré que les nucléotides triphosphates (adénosine triphosphate [ATP] ou
UTP), appliqués à la surface des cellules épithéliales respiratoires, avec ou
sans prétraitement par l’amiloride, sont capables de stimuler la sécrétion du
liquide de surface et donc de réhydrater la couche périciliaire.
Cette
stimulation de la sécrétion fluide s’accompagne, à la concentration enATP ou
d’UTP de 100 íM, d’une augmentation de 30 à 50 % de la fréquence de
battement ciliaire.
Les travaux de Bennet et al ont montré, chez des sujets
sains et des patients atteints de mucoviscidose, que l’administration par
aérosol d’UTP associé à l’amiloride entraînait une augmentation de la
clairance mucociliaire au niveau des petites voies aériennes.
* Agents hydratants
:
Le chef de fil des agents hydratants est le guaïacol.
Il s’agit d’un dérivé du
noyau phénol, classé parmi les agents hydratants à action expectorante, qui
agit directement par l’intermédiaire d’une stimulation vagale de la muqueuse
gastrique.
Cette stimulation est responsable d’une augmentation de la
sécrétion séreuse bronchique par voie réflexe.
L’activité du guaïacol sur la
clairance mucociliaire a été étudiée après administration d’une dose unique
du produit.
Quelle que soit la posologie, le guaïacol ne s’est pas révélé capable
de modifier de façon significative l’épuration mucociliaire.
Thomson et al
ont cependant mis en évidence une augmentation de la clairance mucociliaire
chez le bronchitique chronique, et non chez le sujet sain, lors d’une étude
randomisée contre placebo, avec un contrôle.
Les résultats obtenus restent
donc, au moins à l’heure actuelle, très controversés.
Parmi les molécules susceptibles de réhydrater le mucus, il faut également
citer le sobrérol, qui est un dérivé terpénique synthétisé à partir de l’alphapinène.
Cette molécule s’est révélée capable de diminuer l’absorption du Na+
et d’augmenter la sécrétion de Cl-, avec pour effet de favoriser le transport
d’eau vers la lumière bronchique, et donc de réhydrater le mucus et améliorer
le transport mucociliaire.
D’autre mucomodificateurs, tels que les enzymes protéolytiques, les dérivés
du guaïacol ou de la pipérazine, ainsi que différents types de cystéine à groupe
thiol libre ou bloqué, sont actuellement commercialisés.
Certains agents
« tensioactifs », comme les dérivés polyosyéthylés, peuvent avoir un effet
bénéfique sur la clairance du mucus par la toux en diminuant l’adhésivité du
mucus, mais leur efficacité in vivo reste encore à démontrer.
Nous renvoyons
le lecteur à l’étude réalisée sur la pharmacologie des mucomodificateurs
bronchiques par Polu et al.
* Modificateurs de l’osmolarité :
Il a été initialement rapporté par Daviskas et al que l’hyperventilation
déclenchée par inhalation d’air sec s’accompagne, chez le sujet sain comme
chez l’asthmatique, d’une augmentation immédiate de la clairance
mucociliaire.
Selon ces auteurs, cette stimulation de la clairance pourrait être
directement liée à l’augmentation de l’osmolarité du liquide de surface
bronchique, secondaire à l’hyperventilation.
En effet, il a été démontré qu’une
solution hypertonique (7 %) augmente la clairance mucociliaire chez les
sujets atteints de mucoviscidose et chez les asthmatiques.
L’inhalation
de poudre de mannitol est également capable d’augmenter la clairance mucociliaire.
Selon Wills et al, l’augmentation du contenu en NaCl
augmente la capacité de transport de sécrétions recueillies chez des malades
bronchiectasiques ou mucoviscidosiques.
King et al ont proposé, pour le
traitement de la mucoviscidose, une combinaison thérapeutique associant un
aérosol hypertonique de NaCl à 3 % à la rhDNase, dans le but de favoriser le
transport mucociliaire.
Il convient cependant de rester prudent dans
l’interprétation de ces données et dans l’application à long terme des aérosols
hypertoniques.
En effet, l’augmentation transitoire de la clairance, sous l’effet
de solutions hypertoniques, peut être secondaire à la libération de médiateurs
de l’inflammation et à l’activation de cytokines pro-inflammatoires.
De plus,
l’augmentation de l’osmolarité peut être défavorable à l’activité
antibactérienne du liquide de surface.
La stimulation de la clairance mucociliaire pourrait ne représenter qu’un épiphénomène transitoire de la
réponse de l’épithélium à un stress osmotique environnemental.
Il est donc
essentiel de mieux connaître la composition et l’osmolarité du liquide de
surface bronchique à l’état natif et d’analyser la réponse de l’épithélium aux
changements de l’osmolarité locale au niveau de la clairance mucociliaire,
mais également d’analyser la sécrétion de molécules pro-inflammatoires.
* Synthèse
:
Ainsi, la plupart des études pharmacologiques tentant de démontrer
l’efficacité des mucomodificateurs sur l’épuration mucociliaire sont peu
concluantes.
Des travaux méritent cependant d’être poursuivis dans ce
domaine, compte tenu de l’enjeu thérapeutique.
Il est probable que les études
à venir ne pourront être concluantes que si elles utilisent une méthodologie
rigoureuse (étude en double aveugle et étude contre placebo) et s’appliquent
à des groupes plus larges, traités à plus long terme.
Il sera par ailleurs
nécessaire d’analyser séparément l’impact de ces molécules, non seulement
sur l’activité mucociliaire, mais aussi sur la toux.
Jusqu’à présent, la majorité
des molécules mucocinétiques étaient utilisées dans le but principal de
fluidifier les propriétés rhéologiques de la phase gel du mucus.
À l’avenir, il
est probable que des molécules visant à améliorer les propriétés interfaciales
entre le mucus et la muqueuse et à protéger l’épithélium respiratoire seront
développées.
Il est indispensable que l’efficacité des substances
pharmacologiques et des thérapeutiques susceptibles de modifier la clairance
du mucus et l’encombrement bronchique soit démontrée, ex vivo et in vivo.
Il
est également important de contrôler l’activité des molécules mucocinétiques
sur les autres fonctions de l’épithélium et vérifier que ces molécules
n’induisent pas de stimulus pro-inflammatoire.