Diagnostic
:
Celui-ci est au mieux établi après deux consultations.
1- Première consultation
:
Elle comporte un interrogatoire et un examen clinique.
• L’interrogatoire précise l’importance des troubles mictionnels.
Ceux-ci sont caractérisés par :
– une anomalie de la fréquence des mictions avec apparition
d’une pollakiurie (mictions fréquentes) diurne et nocturne
;
– une impériosité des mictions qui ne peuvent être longtemps
différées dès lors qu’apparaît la première envie.
Parfois
survient une incontinence dite par impériosité si le
patient ne trouve rapidement la possibilité d’uriner ;
– une dysurie définie par une douleur ou une gêne à la miction.
Elle se traduit essentiellement par une diminution de
la force du jet, un allongement du temps de miction avec
un retard au démarrage et souvent une miction en plusieurs
temps avec une dispersion du jet et une impression de miction
incomplète.
La fin de la miction s’accompagne souvent
d’une petite perte d’urine (gouttes retardataires).
Ces troubles mictionnels surviennent de façon progressive
et sont variables dans le temps, certains symptômes pouvant
disparaître et réapparaître sans cause apparente.
Ils constituent donc la symptomatologie habituelle révélatrice
de l’adénome prostatique.
Bien que non réellement
spécifiques, ils sont suffisamment évocateurs pour imposer
un examen clinique de la prostate et se poser la question
de l’existence d’une hypertrophie bénigne de la prostate.
D’autres symptômes peuvent être révélateurs mais sont
moins habituels. Il peut s’agir :
– d’une rétention aiguë d’urines imposant un traitement
immédiat par cathétérisme évacuateur de la vessie (sonde transurétrale ou cathéter sus-pubien) ;
– d’une rétention chronique, conséquence d’une asystolie
vésicale, caractérisée par un globe vésical parfois pris pour
une tumeur hypogastrique, souvent associée à des mictions
dites par regorgement à l’origine d’une incontinence urinaire
;
– d’une infection urinaire pouvant prendre le caractère
d’une prostatite (adénomite) ;
– d’une hématurie initiale ou terminale qui n’étant pas spécifique,
impose dans tous les cas de rechercher sa cause ;
– éventuellement, d’une dysfonction sexuelle, le patient
associant troubles mictionnels et troubles sexuels.
Il importe ensuite de rechercher l’existence de la prise de
médicaments pouvant affecter la miction (b-bloquants, diurétiques,
médicaments psychotropes), ainsi que des maladies
pouvant affecter la miction (diabète, insuffisance
rénale…).
L’interrogatoire est enfin complété par la recherche d’antécédents
familiaux d’hypertrophie bénigne de la prostate
et surtout de cancer de la prostate.
• La deuxième étape de cette consultation est l’examen
clinique.
Il est essentiel d’examiner la prostate par un toucher
rectal et la vessie par la percussion et la palpation de
l’hypogastre.
Le toucher rectal peut s’effectuer en position genupectorale
ou en décubitus dorsal, les cuisses repliées sur l’abdomen.
Il apprécie le volume de la prostate, la consistance
et la régularité de la glande.
Classiquement l’adénome
conduit à un bombement et un élargissement de la prostate
qui est indolore, de consistance régulière et élastique avec
perte du sillon médian.
Pour les petits adénomes le toucher
rectal est normal.
Il est bien difficile d’évaluer le volume d’un adénome par le seul toucher rectal.
En effet, un adénome
à développement intravésical sera sous-évalué, un
lobe médian ignoré.
Bien entendu, le toucher rectal est complété par l’examen
de l’ensemble de la cavité rectale, afin de ne pas laisser
passer une tumeur du rectum éventuellement associée.
En cas de doute sur une affection neurologique pouvant
entraîner une dysfonction vésicale, l’examen est complété
par la recherche des réflexes périnéo-bulbaires et l’examen
de la sensibilité périnéale.
• Au total, au cours de cette première consultation, il est
souvent possible d’évoquer le diagnostic d’adénome prostatique
et d’en apprécier le retentissement fonctionnel.
Quelques examens complémentaires simples vont être
demandés :
– le dosage du PSA : il s’agit d’un marqueur prostatique
très sensible mais peu spécifique, par conséquent il n’apporte
rien ni au diagnostic, ni au pronostic de l’hypertrophie
bénigne de la prostate.
Par contre les patients connaissent
souvent la relation entre l’augmentation du taux de PSA et le risque de cancer à partir de l’âge de 50 ans.
Ils
posent donc la question de savoir s’ils sont porteurs d’une
affection bénigne ou cancéreuse de la prostate.
Le dosage
du PSA est donc important, d’autant qu’un adénome et un
cancer peuvent coexister.
Le taux du PSA est grossièrement
proportionnel au volume de l’hypertrophie bénigne
de la prostate (0,3 ng/mL par gramme d’adénome).
Bien que n’étant pas encore utilisé en pratique courante, le
dosage du PSA libre est actuellement possible.
Le rapport PSA libre/PSA total est proposé comme un indicateur de
diagnostic entre hypertrophie bénigne de la prostate et cancer
(la sécrétion de PSA libre semble plus spécifique de
l’hypertrophie bénigne de la prostate) ;
– l’échographie de l’appareil urinaire sera demandée pour
la consultation suivante, à moins que le médecin ne dispose
d’un échographe au cabinet ;
– la réalisation d’un agenda mictionnel, c’est-à-dire un relevé
écrit de l’heure et de la quantité de chaque miction durant
24 heures, cet examen étant renouvelé à deux reprises ;
– l’urographie intraveineuse, autrefois très utilisée à laissé
place à l’imagerie par échographie.
Elle conserve un intérêt
pour les patients chez lesquels on soupçonne une anomalie
associée (hématurie, lithiase, infection urinaire…).
Un deuxième rendez-vous est fixé au patient pour lequel il
lui est précisé d’amener le résultat des examens complémentaires.
Il lui est demandé également de venir avec sa vessie
pleine, de façon à pouvoir réaliser, si possible, une débimétrie
et une étude échographique du résidu postmictionnel.
2- Deuxième consultation
:
Elle complète utilement les données notées lors de la première
visite.
– Si le PSA est anormalement élevé, le diagnostic d’adénome
doit être mis au second plan, car la recherche d’un
cancer de la prostate s’impose.
– L’examen de l’agenda mictionnel permet de voir si la pollakiurie
nocturne est bien la conséquence de petites mictions
fréquentes et non celle de mictions normales mais
répétées en raison d’une polyurie nocturne.
C’est une erreur communément commise de proposer une thérapeutique
basée sur la prise en compte de la pollakiurie nocturne,
alors qu’il ne s’agit que d’une polyurie.
– Il est ensuite souhaitable de réaliser une débimétrie qui
permettra de noter l’affaiblissement de la force du jet et
l’allongement de la durée de la miction.
L’examen de la
courbe permet de confirmer les symptômes subjectifs exposés
par le patient.
– l’examen après miction doit idéalement comporter une
échographie sus-pubienne qui permet d'évaluer l’existence
et l’importance d’un résidu vésical post-mictionnel mais
aussi de repérer une éventuelle lithiase intravésicale et
l’existence de diverticules vésicaux.
– L’échographie transrectale permet surtout d’apprécier la
morphologie de l’adénome dont l’échostructure est nettement
différente de celle de la prostate périphérique : le
développement anatomique est variable bien que toujours
situé au niveau de la prostate centrale et au-dessus du veru
montanum.
On observe trois types principaux d’adénome :
- localisés à la loge prostatique ;
- faisant protrusion dans la vessie en « bouchon de champagne
» : ce sont souvent les plus volumineux, mais pas
toujours les plus mal tolérés ;
- développés aux dépens du lobe médian, parfois prédominant,
et souvent mal tolérés en raison de leur caractère
obstructif.
– Il est possible de mesurer avec une bonne approximation
le volume total de la prostate et celui de l’adénome.
Ces
mesures ont un intérêt pour le choix thérapeutique.
• Au terme de ces deux consultations, il devient possible
d’évaluer le retentissement subjectif et objectif de l’hypertrophie
bénigne de la prostate.
Les différents symptômes
notés peuvent être inclus dans un score symptomatique qui
permet de mieux objectiver la symptomatologie de l’adénome
et le résultat des traitements.
Le score le plus utilisé,
validé au plan international, est le score IPSS.
• Il est maintenant habituel de classer les symptômes de
l’hypertrophie bénigne de la prostate en symptômes irritatifs
et obstructifs.
– Les symptômes irritatifs sont représentés par la pollakiurie
et l’impériosité, les symptômes obstructifs par la
dysurie, les signes de vessie de lutte, le résidu vésical postmictionnel
et l’aplatissement de la courbe de débit mictionnel.
Les symptômes irritatifs amènent le patient à réclamer
un traitement.
– À l’opposé, les symptômes obstructifs, mieux tolérés,
sont souvent négligés.
Pourtant ce sont eux qui représentent
les facteurs de risque (lithiase, infection, rétention vésicale
aiguë ou chronique, diverticules de la vessie, retentissement
sur le haut appareil urinaire).
L’idéal serait de disposer d’un examen simple pour objectiver
le caractère obstructif d’un adénome.
La méthode la
plus utilisée est l’étude de la courbe débit-pression par
mesure simultanée du débit permictionnel et de la pression
vésicale enregistrée pendant la miction au moyen d’un
cathéter intravésical.
Toutefois, elle n’est pas de réalisation
simple, nécessite un appareillage d’urodynamique évolué
et souffre par ailleurs d’un certain nombre de critiques.
Elle n’est donc pas réalisée de façon courante.
En pratique, on résume les données de ces deux consultations
par un échange de vue avec le patient, de façon à fixer
avec lui le contrat thérapeutique.
Un patient peu gêné avec un résidu vésical post-mictionnel
négligeable relève d’une surveillance simple ou d’un
traitement médical.
Si par contre, la gêne motivant la consultation est ressentie
comme peu tolérable ou si les signes obstructifs sont
prédominants, il paraît logique de proposer sans trop
attendre une thérapeutique chirurgicale.
S’il existe une hésitation entre hypertrophie bénigne de la
prostate et cancer, il faut proposer une biopsie prostatique
surtout si le patient est dans la tranche d’âge 50-70 ans.
Pronostic de l’hypertrophie bénigne
de la prostate non traitée :
– L’aggravation de l’hypertrophie bénigne de la prostate
avec le temps n’est pas inéluctable.
La simple observation
montre qu’un tiers des patients se trouve amélioré ou
inchangé, les deux tiers s’aggravent, mais pas forcément
de façon importante.
Le score mictionnel et la débimétrie
sont utiles pour objectiver une éventuelle aggravation.
– Les symptômes d’obstruction croissent et décroissent
dans le temps.
La relation entre l’aggravation des symptômes
et le volume de l’adénome n’est pas non plus clairement
établie.
Il semble qu’un volume d’adénome dépassant
50 g conduise plus volontiers à l’aggravation des
symptômes et aux complications.
– Les facteurs de risque exposant à la chirurgie sont essentiellement
: la diminution de la force du jet, la sensation de
vidange incomplète et l’augmentation importante du
volume de la prostate au toucher rectal.
Lorsqu’il existe
0 facteur de risque, 3 % des malades sont opérés, un seul
facteur de risque, 9 %, deux facteurs de risque, 16 %, et
trois facteurs de risque, 36 %, selon des études récentes.
– L’adénome n’expose pas à une augmentation du risque
de cancer.
– Le risque de rétention aiguë est faible. Bien que mal étudié,
il semble inférieur à 5 %.
– Le risque d’insuffisance rénale chronique n’est pas évalué.
Le meilleur suivi des patients porteurs d’une hypertrophie
bénigne de la prostate et le traitement chirurgical
de ceux qui sont très obstructifs sont des facteurs qui ont
nettement diminué ce risque.
– Le risque d’infection urinaire est faible mais non évalué.
L’infection urinaire basse récidivante conduit à 10 % des
indications chirurgicales aux États-Unis.
– La décompensation vésicale est un risque réel mais non
évalué.
– La lithiase vésicale est 8 fois plus fréquente quand il existe
une hypertrophie bénigne de la prostate.
Au total, ces différents facteurs de risques grevant le pronostic
ne sont pas des raisons d’entreprendre un traitement
préventif.
C’est la symptomatologie au moment du diagnostic
qui permet de fixer l’attitude thérapeutique.
Traitement
de l’adénome prostatique :
1- Moyens médicaux :
Nous citerons seulement les médicaments dont l’efficacité
supérieure à celle d’un placebo a été prouvée par des études
cliniques contrôlées.
• Les extraits de plantes : Pygeum africanum (Tadenan),
Serenoa repens (Permixon) n’ont pas d’effets secondaires
connus et sont plutôt actifs sur les signes irritatifs.
• Les a-bloquants : alfuzosine (Xatral), tamsulosine (Josir,
Omix), terazosine (Dysalfa, Hytrine) ont quelques effets
secondaires.
• Les traitements hormonaux ayant une action antiandrogène
:
– les inhibiteurs de la 5-a-réductase : finastéride (Chibro-
Proscar) ;
– les autres anti-androgènes centraux et périphériques, plus
généralement utilisés pour le traitement palliatif du cancer
de la prostate ont quelques effets secondaires sur la fonction
sexuelle.
2- Moyens chirurgicaux
:
• Endoscopiques :
– la résection endoscopique classique : elle bénéficie d’un
recul important et d’une efficacité indiscutable.
L’adénome
est abordé par voie intra-urétrale et découpé en copeaux à
l’aide de l’anse électrique d’un résecteur ;
– lorsque l’adénome est petit, et qu’il n’existe pas de lobe
médian, une simple section cervico-prostatique unilatérale
ou bilatérale donne un bon résultat et semble préserver
l’éjaculation dans près de 80 % des cas.
• La chirurgie « à ciel ouvert » : l’ablation de l’adénome
est réalisée par voie transvésicale ou par voie rétropubienne.
La technique réside en un clivage et une énucléation de la
totalité de l’adénome.
Le risque d’éjaculation rétrograde
est majeur.
• À l’étude :
– sur le principe de la résection : l’électro-vaporisation, la
vaporisation laser ;
– sur le principe d’applications d’agents physiques aboutissant
à un remaniement tissulaire de l’hypertrophie
bénigne de la prostate : la thermothérapie par sonde
chauffante, la cryochirurgie, la thermothérapie par laser
interstitiel ou par ultrasons.
• Techniques actuellement abandonnées :
– divulsion prostatique par ballonnet ;
– thermothérapie à faible température.
Indications
:
À ce jour, elles ne sont pas réellement standardisées. Elles
tiennent compte :
– de l’âge et de l’état général du patient ;
– du score symptomatique et de la gêne ressentie (altération
de la qualité de vie) ;
– de la pratique du médecin consulté ;
– de l’acceptation ou non par le patient des effets indésirables
des traitements proposés.
La chirurgie endoscopique ou à ciel ouvert de l’hypertrophie
bénigne de la prostate constitue la seule méthode thérapeutique
capable d’entraîner la disparition de tous les
symptômes chez une majorité de patients.
La réflexion s’articule
donc autour des indications ou contre-indications de
la chirurgie pour 4 catégories de patients.
1- L’hypertrophie bénigne de la prostate
bien tolérée :
Les symptômes sont acceptés, le résidu après miction est
négligeable, il y a absence de complications.
L’attitude thérapeutique est l’abstention.
2- Hypertrophie bénigne de la prostate
moyennement bien tolérée,
mais symptômes mal acceptés :
Un traitement médical permanent ou intermittent est
essayé.
Il n’y a pas de critère établi à ce jour pour sélectionner la
classe thérapeutique.
Le choix entre les extraits de plantes,
les a-bloquants urosélectifs et les inhibiteurs de la 5-a-réductase doit être orienté en fonction de l’appréciation
pour chaque patient de l’efficacité et des effets secondaires
de ces médicaments.
3- Hypertrophie bénigne de la prostate
mal tolérée :
On observe :
– des symptômes altérant la qualité de vie ;
– un résidu après miction important ;
– une rétention chronique ;
– un retentissement sur le haut appareil ;
– des complications à répétition : infection, hématurie,
lithiase, rétention aiguë.
C’est la chirurgie conventionnelle qui a sa place, soit endoscopique,
soit à ciel ouvert.
La technique utilisée dépend de la pratique de l’opérateur
et du poids estimé de l’hypertrophie bénigne de la prostate.
La chirurgie à ciel ouvert s’impose pour une hypertrophie
bénigne de la prostate dépassant 100 g.
La chirurgie endoscopique a sa place pour les adénomes
de moins de 50 g.
Entre 50 et 100 g, le choix est effectué en fonction de la
pratique de l’opérateur.
4- La chirurgie conventionnelle est refusée
:
Soit le patient redoute les complications immédiates de la
chirurgie, soit le patient n’accepte pas certains effets secondaires
de la chirurgie.
On peut proposer les techniques de
chirurgie simplifiées qui s’accompagnent d’une courte hospitalisation
et d’une durée de sondage minimale : soit la
section cervico-prostatique à l’électrode ou au laser, soit
l’électrovaporisation, soit la vaporisation au laser.
Certaines techniques non chirurgicales sont encore à
l’étude, préconisées par certains, réfutées par d’autres : ce sont la cryothérapie, la thermothérapie, la dilatation par
ballonnet, le laser interstitiel, les ultrasons.
5- Les méthodes palliatives
:
Elles ont leur place lorsqu’aucune des méthodes précédentes
n’est applicable, en particulier chez les sujets très
âgés, ou présentant des pathologies associées lourdes.
Ce
sont :
– le drainage vésical à demeure par sonde urétrale ou par
cathéter transvésical ;
– les prothèses endo-urétrales.
6- Le traitement préventif de l’aggravation
ou des complications :
L’intérêt d’un traitement permanent, soit par les a-bloquants,
soit par les inhibiteurs de la 5-a-reductase a été
étudié.
Quelques études semblent montrer le bien-fondé de ces
thérapeutiques continues.
7- Cas particuliers :
Rétention aiguë, rétention chronique : sondage vésical transurétral ou sondage vésical percutané par ponction suspubienne
(cystocath.).
L’évacuation du contenu vésical doit
être progressive et fractionnée pour éviter un choc ou une
hématurie dite à vacuo.
Lithiase vésicale : lithotripsie endovésicale.
Diverticules vésicaux : leur exérèse chirurgicale peut être
envisagée en même temps que l’adénomectomie lorsqu’ils
sont mal tolérés (lithiase, infection, tumeur, obstacle à la
vidange complète de la vessie).
Hommes souhaitant conserver une éjaculation antégrade :
section cervico-prostatique, ou résection partielle, préservant
une partie de l’urètre intraprostatique.
Hommes souhaitant conserver leur fertilité : auto-conservation
du sperme avant chirurgie.
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