Tuberculose de l'oreille moyenne
Cours d'ORL (Oto-rhino-laryngologie)
Introduction
:
La tuberculose de l’oreille moyenne reste une maladie relativement rare dans
les pays développés, mais son incidence augmente depuis une dizaine
d’années, surtout dans les populations immigrées, âgées, malnutries,
défavorisées ou porteuses du virus de l’immunodéficience humaine (VIH).
Cette pathologie, fréquente au début du siècle, notamment chez l’enfant,
garde toutefois une incidence faible, inférieure à 0,1 % parmi les otites
moyennes chroniques suppurées.
Nous avons pu en observer 18 cas, ces
25 dernières années.
L’incidence reste variable selon les pays et dépend
étroitement des conditions socioéconomiques locales et des efforts réalisés
dans la prévention et le traitement de cette maladie.
Le polymorphisme
clinique et évolutif ne permet pas de décrire de tableau clinique typique.
Il
existe toutefois de façon quasi constante un long délai entre l’apparition des
premiers symptômes et la preuve diagnostique.
La tuberculose auriculaire
pose donc essentiellement des problèmes de diagnostic et de prise en charge
secondaire des séquelles auditives et/ou faciales qu’elle peut engendrer alors
que sa prise en charge thérapeutique est maintenant bien codifiée, malgré
l’apparition depuis quelques années de souches chimiorésistantes.
Historique :
La première description de tuberculose du rocher remonte au XVIIIe siècle.
Les
signes cliniques typiques et les symptômes sont documentés en 1853.
Koch découvre la mycobactérie en 1882 et Esche isole le premier bacille dans
du pus auriculaire l’année d’après.
Habermann démontre dès 1885
l’existence d’un granulome tuberculeux au niveau de la couche muqueuse
tympanique.
En début de siècle, la tuberculose posait un problème de santé
publique (3 à 5 %des otites moyennes chroniques de l’adulte) et l’apparition
de traitements antibiotiques efficaces et adaptés a permis une très nette
régression d’incidence.
Le développement de terrains immunodéprimés et de
populations à risque conduit de nos jours à une réapparition de la maladie,
avec plus de 10 millions de nouveaux cas par an dans le monde.
Physiopathologie :
Les voies de contamination sont nombreuses et d’importance diverse mais
restent discutées.
La contamination hématogène semble
prépondérante à partir d’un foyer tuberculeux à distance depuis que Mycobacterium tuberculosis est devenu le pathogène dominant.
L’atteinte
auriculaire peut également se faire par le biais de la trompe d’Eustache, par
contamination au niveau du nasopharynx et propagation par voie tubaire.
Ce
mode de transmission était fréquent chez l’enfant en début de siècle par reflux
de Mycobacterium bovis à partir de lait non pasteurisé sur des trompes
d’Eustache larges et courtes.
La contamination directe par le conduit
auditif externe reste possible mais rare sur une oreille moyenne normale,
pouvant se concevoir, notamment à travers une perforation tympanique
préexistante.
La tuberculose auriculaire congénitale résulte d’une contamination foetale in
utero, soit par voie hématogène transplacentaire, soit par inhalation ou
aspiration de liquide amniotique infecté à l’accouchement ou lors du passage
de la filière en cas de tuberculose génitale maternelle, ce qui peut conduire à
un tableau de tuberculose néonatale.
La tuberculose de l’oreille moyenne est donc en général secondaire à une
transmission directe à partir d’organes voisins (poumons surtout, larynx,
pharynx, nez) par voie hématogène ou tubaire.
Elle reste parfois primitive ou
isolée et l’extension à l’oreille moyenne se fait le plus souvent par la trompe
d’Eustache sans autre foyer tuberculeux patent.
La vaccination par le
bacille bilié Calmette-Guérin (BCG) n’est pas une garantie absolue contre le
développement ultérieur d’une tuberculose.
Aspects cliniques :
La présentation clinique de cette maladie a beaucoup évolué avec le temps.
En 1929, G Portmann définissait ainsi cette affection : « L’otite
moyenne tuberculeuse est caractérisée par un début insidieux avec tendance
à la chronicité, par une surdité précoce marquée et par l’évolution possible de
toutes les lésions tuberculeuses classiques de la muqueuse et de l’os. »
Le
diagnostic reste difficile à établir en raison du manque de spécificité et de la
chronicité des symptômes.
Aucun signe n’est pathognomonique et le début
est longtemps insidieux, ce qui conduit à un délai diagnostique de plusieurs
mois ou années.
L’âge de survenue est très variable et l’atteinte le plus
souvent unilatérale.
A - Tableau classique
:
L’otorrhée chronique reste le symptôme le plus constant, parfois incoercible
et d’abondance très variable.
L’otorrhée est classiquement indolore, mais les
douleurs restent relativement fréquentes dans la littérature, à type
d’otalgies sourdes et lancinantes, surtout quand il existe une atteinte
mastoïdienne.
L’hypoacousie associée est d’importance très variable,
de la surdité de transmission modérée à la cophose, mais souvent plus
importante que ne le laisserait supposer l’aspect otoscopique.
Selon le stade
évolutif de la maladie, on peut retrouver une surdité de transmission ou de
perception, ou assez souvent une surdité mixte.
Des acouphènes et des
vertiges peuvent être également notés, tout comme une sensation de plénitude
de l’oreille.
L’aspect otoscopique est lui aussi très trompeur, pouvant mimer une otite
moyenne chronique perforée banale mais souvent évolutive.
Les perforations
tympaniques multiples en « pomme d’arrosoir » qui restent classiques, sont
rares (5 %des cas au maximum) même au stade initial de la maladie.
Elles
seraient dues à la coalescence de multiples perforations, siège de foyers
tuberculeux intratympaniques.
Actuellement, l’aspect le plus souvent
retrouvé est une perforation centrale, voire subtotale avec une muqueuse du
promontoire polypoïde et un aspect rebelle d’oreille « humide ».
Fréquemment, des formations polypoïdes du conduit auditif externe et/ou de
la caisse du tympan peuvent être observées.
Parfois, un aspect de tympan
épaissi et hyperhémié, sans perforation, peut être observé, voire un
banal aspect d’otite séreuse masquant un tissu de granulation
rétrotympanique.
Pour Yaniv, un aspect de « marteau dénudé » est quasi
pathognomonique.
L’aspect nécrotique ou granulomateux parfois
exubérant des restes tympaniques ou du fond de caisse, voire des séquestres
osseux sont fortement évocateurs.
Une fistule postauriculaire, des
adénopathies préauriculaires peuvent également être retrouvées.
B - Tuberculose et nerf facial
:
L’apparition d’une parésie, voire d’une paralysie faciale, reste décrite dans
15 à 30 %des cas avec une susceptibilité particulière chez l’enfant.
Ainsi, la tuberculose de l’oreille moyenne doit être le premier diagnostic à
évoquer en présence d’une paralysie faciale et d’une otite moyenne chronique
non cholestéatomateuse.
Le risque semble proportionnel à la sévérité de
la maladie, et souvent une parésie faciale précède la paralysie.
Les
caractères de survenue de cette paralysie restent très variables : brutale et
inauguratrice, progressive et compliquant une otite chronique traitée, ou
apparaissant lors d’une reprise évolutive de la maladie.
Ces paralysies sont
classiquement de mauvais pronostic en raison du long délai diagnostique, de
la lenteur d’action de la thérapeutique et des difficultés dans le choix du
traitement.
L’association de cette paralysie à un syndrome labyrinthique
destructif doit immédiatement faire suspecter une tuberculose dans le cadre
d’un syndrome labyrinthofacial.
Classiquement, cette paralysie faciale peut
survenir secondairement à un geste chirurgical sur une otite chronique
« banale », aux alentours des 8-10e jours.
C - Complications :
En dehors de l’atteinte du nerf facial, d’autres évolutions sont possibles, mais
restent peu fréquentes et souvent liées à la durée d’évolution de la maladie.
L’apparition d’un syndrome labyrinthofacial est très évocatrice de l’origine
tuberculeuse et signe la propagation à l’oreille interne, ce qui assombrit le
pronostic de récupération.
L’extension dans le rocher peut conduire à
une véritable ostéomyélite ou pétrosite tuberculeuse de la base du crâne.
L’ulcération carotidienne et la pétrosite tuberculeuse sont exceptionnelles de
nos jours.
Les complications endocrâniennes et les méningites associées
restent rares.
La survenue d’adénopathies périauriculaires, voire cervicales n’est pas rare
et l’invasion des tissus mous avec risque de fistule postauriculaire reste assez
classique.
Un tableau de mastoïdite aiguë ou subaiguë est encore
fréquemment décrit dans la littérature avec parfois extériorisation
mastoïdienne.
Pour de nombreux auteurs, il existerait une association
particulière avec la présence d’un cholestéatome, ce que nous avons
retrouvé dans notre série (trois cas sur 18).
La tuberculose serait probablement
secondaire et se grefferait sur une otite moyenne chronique cholestéatomateuse préexistante.
Autres foyers tuberculeux :
La coexistence d’une tuberculose auriculaire et d’une tuberculose pulmonaire
le plus souvent, reste fréquente mais non systématique.
Elle serait retrouvée
dans 50 %des cas environ.
Cette tuberculose extra-auriculaire peut
être découverte de façon concomitante ou secondairement.
Parfois, des
antécédents de primo-infection tuberculeuse peuvent être notés quelques
années auparavant.
La notion de contage avec un tuberculeux doit être
recherchée de façon précise.
L’atteinte prédominante est bien sûr pulmonaire.
On retrouverait des anomalies radiologiques tuberculeuses dans un cas sur
deux.
D’autres localisations associées sont possibles mais plus rares,
comme au niveau pharyngé, osseux ou génito-urinaire.
Mycobacterium
tuberculosis présente une faible propension à une extension directe au
système nerveux central ce qui explique la relative rareté des méningites
tuberculeuses associées.
Quinze à 30 %des tuberculeux présentent une atteinte extrapulmonaire.
Une
atteinte de l’oreille moyenne ne serait retrouvée que chez 2 %des tuberculeux
pulmonaires actifs en milieu sanatorial.
Une tuberculose pulmonaire est
hautement suggestive du diagnostic chez un sujet présentant une otite
chronique traînante.
La découverte d’une tuberculose auriculaire doit de toute
façon conduire à une recherche d’autres foyers tuberculeux associés,
essentiellement pulmonaire mais aussi parfois polyviscérale.
Le
développement des diverses immunodépressions a conduit à une nette
recrudescence des tuberculoses extrapulmonaires avec, paradoxalement, peu
d’influence sur les formes auriculaires.
Diagnostic de tuberculose auriculaire :
A - Généralités :
La présentation clinique étant très variable, une attitude suspicieuse doit être
adoptée devant ce manque de spécificité car le diagnostic est difficile.
Même
dans les pays développés, ce diagnostic est souvent raté à un stade précoce en
raison de la relative rareté de cette maladie.
Bien souvent, il n’est évoqué
et confirmé qu’en période per- ou postopératoire.
L’intérêt d’une découverte
précoce est essentiel pour éviter l’extension à l’oreille interne et des séquelles
définitives.
Différentes circonstances doivent absolument faire évoquer le
diagnostic comme une otite moyenne chronique récalcitrante ou labyrinthisée, une otorrhée intarissable, une paralysie faciale, une ostéite
nécrosante avec séquestres osseux, un tissu de granulation profus, voire une
périchondrite.
Toute lésion bourgeonnante ou nécrotique de découverte peropératoire doit être soumise à un examen histologique et bactériologique.
Souvent, un échec inexpliqué de tympanoplastie est retrouvé dans les
antécédents, même lointains.
L’examen clinique, l’audiométrie et le bilan radiologique restent peu
spécifiques et insuffisants pour porter un diagnostic formel.
La réalisation
d’une intradermoréaction à la tuberculine est utile mais seulement évocatrice.
Une radiographie pulmonaire normale n’exclut pas le diagnostic.
Seule
l’analyse bactériologique et/ou anatomopathologique apporte la preuve
diagnostique nécessaire.
B - Bactériologie :
La difficulté du diagnostic bactériologique repose sur le fait que la mise en
évidence des bacilles acido-alcoolo-résistants à l’examen microscopique
après coloration de Zielh-Nielsen est rarement positive et les cultures sur
milieu de Löwenstein-Jensen ou Coletsos souvent négatives, nécessitant
de plus un délai de 3 à 4 semaines.
L’examen direct du pus auriculaire n’est
positif que dans un tiers à la moitié des cas.
Cet examen reste
simple, rapide et peu coûteux mais manque de sensibilité.
La faible
concentration de bacilles dans les tuberculoses extrapulmonaires, en général
paucibacillaires, rend leur mise en évidence difficile.
De plus,
l’utilisation topique de gouttes auriculaires contenant notamment des
aminosides, possédant une certaine activité antituberculeuse, peut masquer
les bacilles.
Ces prélèvements doivent être répétés et réalisés si possible
au niveau de la muqueuse de l’oreille moyenne.
La mise en culture de toute
otorrhée reste la méthode de référence nécessaire mais pose le problème du
délai diagnostique (3 à 6 semaines).
Les méthodes de détection radiométrique de culture en milieu liquide (système BACTEC) permettent
actuellement une détection précoce avec une bonne fiabilité et de raccourcir
ce délai à 1 ou 2 semaines.
La sensibilité est au moins équivalente aux
méthodes classiques de culture en milieu solide.
Il ne faut pas hésiter à
répéter les prélèvements d’otorrhée s’ils sont négatifs, notamment dans un
tableau d’otite moyenne chronique atypique, ce qui permet parfois d’éviter
un geste chirurgical.
Les nouvelles méthodes d’amplification génique comme la PCR (Amplicort
Roche Diagnostic Systems), la LCR (LCx MTBt, Abbott) et le test TMA
(MTDTt, Gen-Probe bioMérieux) restent une alternative intéressante en
raison de leur rapidité diagnostique et de leur fiabilité.
Les résultats sont
alors disponibles en moins de 24 heures par identification des acides
nucléiques mycobactériens.
La spécificité est bonne (95 %) et la sensibilité
correcte mais variable selon le nombre de bactéries présentes.
L’intérêt
essentiel est de permettre une recherche rapide sur une otorrhée et/ou un
fragment de muqueuse (polype du conduit auditif externe ou du fond de
caisse), essentiellement quand l’examen direct est négatif.
En outre,
l’amplification génique peut servir de test d’identification rapide sur des
prélèvements positifs à l’examen direct.
Mais la sensibilité de ces méthodes,
relativement limitée dans les échantillons paucibacillaires, limite encore leur
application.
Cet inconvénient fait qu’un résultat négatif ne peut exclure une
tuberculose et nécessite de répéter les prélèvements en cas de forte suspicion
clinique.
Ces nouvelles méthodes diagnostiques permettent en outre de mettre
en évidence certaines chimiorésistances de façon précoce.
C - Anatomopathologie
:
L’histologie reste actuellement le moyen le plus fiable pour faire la preuve de
la maladie.
L’étude du tissu de granulation de la cavité tympanique
ou mastoïdienne et/ou de polypes permet de retrouver au sein de la muqueuse
des lésions de follicules tuberculeux typiques avec nécrose caséeuse, cellules épithélioïdes et cellules géantes de Langhans qui suffisent pour affirmer le
diagnostic.
L’absence de nécrose caséeuse rend ce diagnostic plus
hasardeux.
L’examen anatomopathologique reste la meilleure procédure
diagnostique et semble le plus fiable, même si lui aussi n’est pas toujours
positif.
Il permet toutefois le diagnostic différentiel et d’éliminer d’autres
pathologies pouvant prendre le même masque clinique comme une maladie deWegener, une sarcoïdose, un granulome éosinophile, une mycose....
La mise en évidence directe des bacilles et leur mise en culture peuvent
également se faire à partir de prélèvements biopsiques, tout comme les
recherches par biologie moléculaire (amplification génique).
Quoi qu’il en soit, le diagnostic reste souvent tardif en raison de la chronicité
de l’infection, du manque de spécificité des symptômes, et des difficultés à
apporter une preuve bactériologique ou histologique.
Traitement :
A - Traitement médical
:
Le traitement de la tuberculose auriculaire est essentiellement médical et ne
diffère pas de la prise en charge classique d’un foyer tuberculeux.
L’utilisation
quotidienne par voie orale et en monoprise, à distance du repas, de rifampicine
(10 mg/kg/j), d’isoniazide (4 à 5 mg/kg/j) et pyrazinamide (25 mg/kg/j)
parfois associés à l’éthambutol (20 mg/kg/j) reste le traitement habituel.
L’utilisation des formes associées (Rifatert, Rifinaht) simplifie l’observance
de ce traitement qui reste le problème majeur de la prise en charge.
Sa durée
doit être au minimum de 6 mois, et prolongée à 9, voire 12 mois en
fonction de l’extension des lésions et de l’atteinte labyrinthique et/ou faciale.
Le traitement se déroule en deux phases : une phase initiale de 2 mois avec
trois ou quatre antituberculeux dans le but de faire rapidement décroître
l’inoculum bactérien tout en prévenant le risque d’émergence de mutants
résistants et une seconde phase en bithérapie qui vise à éradiquer les bacilles intramacrophagiques plus difficiles à éliminer.
Le bilan préthérapeutique
classique et une surveillance régulière restent de mise en cas d’utilisation de
cette chimiothérapie.
Sous traitement adapté, l’otorrhée se tarit en 2 mois en moyenne et une
fermeture « spontanée » de la membrane tympanique peut parfois
s’observer.
Le traitement à l’aveugle, sans preuve bactériologique, ne reste
légitime que dans certains cas rares et particuliers.
Un traitement précoce
est le seul garant d’une récupération la plus complète possible et de la
diminution du risque d’apparition de complications.
La précocité du
traitement semble efficace sur le pronostic de récupération d’une paralysie
faciale mais semble avoir un effet plus imprévisible sur la surdité induite.
Les seules difficultés actuelles sont l’apparition de résistances à un ou
plusieurs antituberculeux, en raison d’administrations inadéquates des
antituberculeux, notamment en monothérapie.
Ce risque de résistance
augmente en présence d’antécédent de traitement antituberculeux, d’origine
étrangère, d’utilisation de drogues intraveineuses ou d’une infection associée
par le VIH et commence à poser certains problèmes thérapeutiques dans
certains pays comme les États-Unis ou en Europe de l’Est.
Cette résistance
reste peu fréquente en France (3 à 5 %) et concerne surtout l’isoniazide.
Elle
nécessite alors des adaptations thérapeutiques selon l’antibiogramme, et dans
les rares formes multirésistantes (0,5 à 0,7 %), cet antibiogramme doit être
impérativement obtenu avant de mettre en place un nouveau traitement.
Le
respect scrupuleux des règles de prescription concernant la tuberculose
représente le moyen indispensable et le plus efficace pour lutter contre cet état
de fait.
B - Traitement chirurgical :
Ce type de traitement peut être utilement associé dans des indications
précises.
La chirurgie peut être indiquée pour une exploration d’oreille à
visée diagnostique ou pour réaliser des prélèvements biopsiques en cas de
suspicion préopératoire.
Souvent, un geste chirurgical a été réalisé avant
le diagnostic pour traitement d’une otite moyenne chronique ou d’une
complication.
Un tissu de granulation nécrotique et/ou atone doit être envoyé
systématiquement en anatomopathologie.
Des troubles de cicatrisation
inhabituels ou un lâchage de suture doivent aussi faire évoquer cette
possibilité diagnostique, tout comme un échec ou une nécrose lors d’une
greffe tympanique.
Certaines complications comme la mastoïdite, un abcès sous-périosté, une
fistule postauriculaire peuvent être justiciables d’emblée d’une prise en
charge chirurgicale.
En cas de paralysie faciale, une décompression
chirurgicale peut être nécessaire en l’absence de signes cliniques et électromyographiques de récupération, sous couvert d’un traitement médical
adapté inefficace.
Le moment de la décompression chirurgicale reste difficile
à fixer, mais dès que le traitement médical semble inactif et les examens
électriques de mauvais pronostic, l’indication de décompression doit alors se
discuter.
Certains auteurs prônent une intervention précoce sous couvert
d’un traitement médical, afin de diminuer la durée de souffrance nerveuse.
En cas de parésie ou de conservation de l’excitabilité électrique, le traitement
médical semble suffisant sous couvert d’une surveillance évolutive de la
récupération.
Une chirurgie de « nécessité » est également possible en cas de
zones d’ostéite nécrosante ou séquestrante.
Enfin, la chirurgie fonctionnelle n’a sa place que secondairement pour
prendre en charge les séquelles au niveau de l’oreille moyenne, à distance
de la fin du traitement médical.
Pour certains, ce traitement chirurgical
ne peut s’envisager qu’après 2 à 3 mois au minimum de traitement
antituberculeux et sur un mode conservateur en technique fermée.
Il
reste parfois nécessaire plus tôt dans les cas d’échec manifeste de la
chimiothérapie ou quand l’infection progresse et qu’une approche plus
agressive est indispensable.