Prévention des accidents vasculaires cérébraux
Cours de Neurologie
Introduction
:
La fréquence, la gravité et le coût des accidents vasculaires cérébraux
(AVC) en font un problème de santé publique considérable vis-à-vis
duquel existent des méthodes efficaces de prévention.
Troisième
cause de mort après l’infarctus du myocarde et les cancers, les AVC
constituent la première cause de handicap acquis chez l’adulte, la
deuxième cause de démence (après la maladie d’Alzheimer) et une
cause majeure de dépression tant chez les patients que dans leur
entourage.
Les estimations effectuées à partir du registre de Dijon
et des registres d’autres pays développés suggèrent que
chaque année, en France, environ 120 000 personnes sont victimes
d’un AVC.
Environ 30 000 d’entre elles meurent dans les jours ou
mois qui suivent, 60 000 gardent un handicap de sévérité variable et
30 000 récupèrent sans séquelles.
Parmi les survivants, 50 % ont une
dépression dans l’année, 25 % sont déments dans les 5 ans qui
suivent et 40 % seulement des actifs reprennent leur travail.
Compte tenu de la fréquence des AVC et de la gravité de leurs
séquelles, il n’est pas étonnant que leur coût soit astronomique :
environ 70 000 dollars US comme coût direct moyen d’un premier
AVC jusqu’à la mort, allant jusqu’à 225 000 si l’on prend en
compte la perte de productivité.
Cela situe les AVC parmi les
affections les plus coûteuses qui existent.
Les AVC constituent donc une cible privilégiée pour la prévention.
Depuis 20 ans, les études épidémiologiques et les essais
thérapeutiques se sont multipliés, faisant progresser de manière remarquable nos connaissances sur la prévision et la prévention du
risque d’AVC.
Ces études connaissent néanmoins certaines limites
méthodologiques :
– absence fréquente de distinction entre hémorragie et infarctus,
regroupés sous le terme d’AVC (stroke) ;
– absence très fréquente de distinction entre les différentes variétés
d’infarctus cérébral (athérosclérose, embolies d’origine cardiaque,
maladies des petites artères, etc) ;
– variation selon les études, et parfois dans le temps, des critères de
définition de certains facteurs de risque ;
– regroupement en un critère unique de l’ensemble des événements
vasculaires (AVC, infarctus du myocarde, mort vasculaire), pertinent
en termes de risque global mais obligeant à des analyses par sousgroupes
pour connaître le risque d’AVC ;
– sous représentation du sexe féminin alors que la prévalence des AVC est plus élevée chez la femme (du fait de sa plus grande
longévité) que chez l’homme ;
– rareté des études françaises obligeant à extrapoler à partir de
données obtenues dans d’autres pays.
Il est traditionnel de différencier prévention primaire et secondaire,
mais cette distinction est souvent artificielle en matière de
prévention vasculaire.
Ainsi, la prévention primaire, qui vise à
empêcher la survenue d’un premier AVC, devient secondaire pour
le coeur si le sujet a déjà eu un infarctus du myocarde (ce qui
s’observe dans 20 % des cas).
À l’inverse, la prévention secondaire
pour le cerveau qui vise à empêcher une rechute d’AVC est primaire
pour le coeur si le sujet est indemne d’antécédent cardiaque.
La
prévention des AVC comporte deux grands volets complémentaires :
– le dépistage et le traitement des facteurs qui les favorisent
(facteurs de risque) et le renforcement des facteurs qui en diminuent
la fréquence (facteurs protecteurs) ;
– la prévention ciblée des diverses variétés d’AVC : hémorragies
cérébrales (HC), hémorragies sous-arachnoïdiennes (HSA), infarctus
cérébraux et leurs sous-types étiopathogéniques.
Facteurs de risque, facteurs
protecteurs, facteurs débattus :
A - FACTEURS DE RISQUE
:
1- Hypertension artérielle
:
L’hypertension artérielle (HTA) est le plus important des facteurs
de risque modifiables d’AVC dans les deux sexes et quel que soit
l’âge : elle multiplie le risque d’infarctus cérébral par 4 et
d’hémorragie par 10.
Elle est présente chez 40 à 85 % des patients
atteints d’infarctus cérébral et chez 72 à 81 % de ceux qui sont
atteints d’hémorragie cérébrale.
De plus, le risque attribuable à
l’HTA est considérable en raison de sa forte prévalence : 60 % des
sujets de plus de 60 ans ont une pression artérielle (PA) supérieure à
140-90 et 90 % des sujets qui vivent au-delà de 65 ans auront une
HTA.
Le risque augmente de façon régulière avec les chiffres de
PA, qu’il s’agisse de la pression artérielle systolique (PAS), de la
pression artérielle diastolique (PAD), moyenne ou pulsée.
Il n’y a
pas de chiffre charnière au-dessous duquel il n’y aurait plus de
risque.
Ainsi, une analyse récente de la cohorte de Framingham
consacrée aux sujets normotendus (< 140-90) a montré que le risque
d’AVC était significativement plus élevé chez les normotendus dits
« hauts » (< 135-85) que chez les normotendus dits « optimaux »
(< 120-80).
En prévention primaire des AVC, l’efficacité du traitement antihypertenseur
a été démontrée chez des sujets hypertendus par de
nombreux essais randomisés et confirmée par plusieurs métaanalyses.
Dans la méta-analyse faite par Collins à partir des essais
effectués chez des sujets d’âge inférieur à 65 ans porteurs d’une HTA
diastolique (définie par une PAD > 95 mmHg), une baisse de la PAD
de seulement 5 à 6 mmHg sur 5 ans s’accompagne d’une diminution
de 42 % du nombre d’AVC (p < 0,0001).
Une méta-analyse consacrée
au traitement de l’hypertension systolique pure du sujet âgé de plus
de 60 ans, définie comme une PAS supérieure à 160 mmHg et une
PAD inférieure à 95 mmHg, a montré une réduction tout aussi
remarquable du risque d’AVC. Une autre méta-analyse a
confirmé l’efficacité du traitement après 80 ans, mais sur un petit
nombre de patients.
En prévention secondaire, une grande étude récente,
(PROGRESS) est également venue démontrer le bénéfice de
l’abaissement de la PA avec une réduction du risque de rechute
d’AVC de 28 % pour une baisse de PA de 9 mmHg sur la systolique
et de 4 sur la diastolique et une réduction de 43 % pour une baisse
de PA plus importante (12 mmHg sur la systolique, 5 sur la
diastolique) obtenue par l’association d’un inhibiteur de l’enzyme
de conversion, (IEC) le périndopril et d’un diurétique,
l’indapamide).
La baisse est significative pour toutes les variétés
d’AVC, mais elle est maximale, atteignant 80 %, pour la prévention
des hémorragies cérébrales.
Le niveau optimal de PA à atteindre n’est pas connu, le consensus
actuel étant moins de 140-90.
Toutefois, les données récentes de Framingham et les résultats de l’étude PROGRESS dans laquelle
40 % des sujets inclus étaient normotendus suggèrent qu’il peut y
avoir un bénéfice à descendre au-dessous de cette limite, en prenant
toutefois soin d’éviter l’hypotension orthostatique, elle-même facteur
de risque d’AVC.
La cible doit être plus basse chez le diabétique
de type 2.
Ainsi, l’essai UKPDS a démontré qu’un contrôle strict de
la PA (144/82 mmHg) permettait de diminuer de 44 % le risque
d’AVC par rapport à un traitement « standard » (pression artérielle
de 154/87 mmHg).
Par ailleurs, une analyse en sous-groupe des
patients diabétiques inclus dans l’essai HOT a montré que les
événements vasculaires dans leur ensemble (infarctus du myocarde, AVC et mort vasculaire) étaient deux fois moins fréquents dans le
groupe visant une PAD inférieure à 80 mmHg par rapport à celui
visant une PAD inférieure à 90 mmHg.
Le choix du médicament antihypertenseur fait l’objet de débats.
À
ce jour, en prévention primaire, diurétiques et b-bloquants ont
l’efficacité la mieux établie par rapport au placebo avec une
diminution significative du risque d’AVC, respectivement de 50 et
30 % dans une méta-analyse de 18 essais. De nombreux essais
randomisés ont comparé les antihypertenseurs entre eux et ont fait
l’objet de diverses méta-analyses.
Les deux plus récentes, celles de
la BPLT Trialists Collaboration et de Staessen concluent que,
par rapport aux médicaments anciens (diurétiques et b-bloquants),
les antagonistes calciques et les IEC confèrent une protection
cardiovasculaire globale similaire, avec cependant, pour les
antagonistes calciques, une réduction plus forte d’environ 13 % du
risque d’AVC, mais moins forte du risque d’infarctus du
myocarde.
La toute récente étude LIFE, effectuée chez 9 193
hypertendus âgés de 55 à 80 ans ayant une hypertrophie
ventriculaire gauche à l’électrocardiogramme (ECG), a montré la
supériorité d’un inhibiteur sélectif des récepteurs de type 1 de
l’angiotensine 2 (le losartan) sur un b-bloquant (l’aténolol) dans la
prévention des AVC, avec une réduction de risque de 25 % (p =
0,001) alors que l’abaissement de la PA est pratiquement identique
dans les deux groupes.
Il semble donc que, contrairement à l’opinion
longtemps prévalente, tous les antihypertenseurs ne possèdent pas
le même effet préventif sur le risque d’AVC.
En prévention secondaire, seule l’association périndoprilindapamide
a fait la preuve de son efficacité tant dans la prévention
des infarctus que des hémorragies cérébrales.
Certains antihypertenseurs ont démonté un effet préventif supérieur
aux conséquences de la seule baisse de PA.
Ainsi en est-il du ramipril, un IEC comparé au placebo chez 9 297 patients de plus de
55 ans ayant un antécédent de maladie artérielle ou de diabète et un
autre facteur de risque vasculaire (HOPE Investigators).
À 5
ans, alors que la baisse de PA n’était que de 3 mmHg, il y avait une
diminution significative du critère combiné (infarctus du myocarde,
AVC, mort vasculaire), de chacun de ses composants et de la
mortalité, la réduction de risque allant de 32 % pour les AVC à 16 %
pour la mortalité.
L’ampleur de cette réduction suggère que le ramipril possède une action préventive propre, indépendante de son
effet hypotenseur.
Les traitements médicamenteux ne constituent pas le seul moyen de
faire baisser la PA.
L’efficacité des mesures hygiénodiététiques
(diminution d’apports en sel, en alcool et en graisses animales, perte
du poids, augmentation de l’activité physique, des apports en
potassium, fruits et légumes) est démontrée.
Ces mesures sont
essentielles pour une stratégie de prévention « de masse », c’est-àdire
au niveau d’une population entière.
En résumé, il ne fait aucun doute que, compte tenu de sa forte
prévalence et de la magnitude du risque qu’elle confère, l’HTA
constitue la première cible de la prévention des AVC.
L’efficacité
démontrée des traitements en prévention primaire et secondaire fait
de la prise en charge correcte de l’HTA l’objectif prioritaire de toute
stratégie de prévention des AVC.
Au-dela, les données récentes de
Framingham et les bénéfices observés dans l’étude PROGRESS,
même chez les normotendus, suggèrent que le risque d’AVC
diminue encore si la PA baisse en dessous du seuil de 140-90
actuellement retenu pour définir l’HTA.
2- Hyperlipidémies :
Le cholestérol total n’apparaît pas comme un facteur de risque
global d’AVC, d’après une méta-analyse de 45 études totalisant
450 000 sujets (Prospective Study Collaboration).
Ce résultat
négatif peut s’expliquer par plusieurs facteurs :
– l’infarctus cérébral survenant en moyenne 10 ans après l’infarctus
du myocarde, les sujets ayant les taux les plus élevés de cholestérol
pourraient être décédés auparavant de cardiopathie ischémique ;
– les études incluses dans la méta-analyse ont pris en compte
essentiellement les AVC fatals et ne distinguaient pas les
hémorragies des infarctus.
Or, certaines études ont trouvé une
relation inverse entre le risque d’hémorragie cérébrale et la cholestérolémie, multiplié par 2,57 pour un cholestérol supérieur à
2,8 g/L par rapport à un cholestérol inférieur à 1,6 g/L ;
– l’élévation du cholestérol total ou du low density lipoprotein (LDL)
cholestérol pourrait être un facteur de risque de seulement certaines
variétés d’infarctus cérébraux, tels que les accidents liés à
l’athérosclérose et les lacunes.
Plusieurs études ont montré une augmentation du risque d’infarctus
cérébral avec le taux de triglycérides, mais celle-ci est modérée
(risque relatif [RR] < 1,5) et pour certains, présente seulement chez
la femme, et limitée aux accidents liés à l’athérosclérose.
Les très nombreuses études consacrées aux hypolipémiants en
prévention primaire (avec ou sans hypercholestérolémie) ou
secondaire après infarctus du myocarde ont généralement inclus
l’AVC comme critère secondaire de jugement.
Elles ont fait l’objet
de plusieurs méta-analyses et revues générales qui
montrent un bénéfice des hypolipémiants, plus marqué pour les
statines que pour les fibrates, en prévention secondaire des AVC
avec une réduction de risque allant de 19 à 32 % (en moyenne 25 %)
et, à un moindre degré, en prévention primaire avec une réduction
de risque d’environ 15 %.
Il s’y associerait, avec les statines, une
réduction du risque de démence encore très controversée qui
demande à être confirmée par les études en cours.
Une très récente étude, Heart Protection Study, conduite chez
plus de 20 000 sujets âgés de 40 à 80 ans ayant un taux de cholestérol
normal mais à risque de coronaropathie, a montré que la
simvastatine réduisait d’environ un tiers, par rapport au placebo, le
nombre d’infarctus du myocarde et d’AVC.
Néanmoins, seule une
petite fraction de ces patients avait eu un infarctus cérébral et il faut
attendre les études de prévention secondaire actuellement en cours
pour savoir si les statines possèdent le même effet préventif après
un premier infarctus cérébral qu’en prévention primaire ou après
infarctus du myocarde.
D’ici là, les données disponibles incitent à proposer une statine après
accident ischémique cérébral aux sujets ayant une hypercholestérolémie
ou un antécédent coronarien.
3- Tabac
:
Longtemps débattu, le rôle favorisant du tabac sur le risque d’AVC
a été établi par une méta-analyse de 32 essais qui montre un risque
relatif d’AVC de 1,51 (1,45-1,58) et d’infarctus cérébral de 1,9.
L’augmentation de risque est particulièrement marquée, avec un
risque relatif de 3 chez les jeunes, les femmes, et pour les
sténoses carotidiennes.
Le rôle favorisant du tabac est moins clair en
ce qui concerne les accidents hémorragiques (HSA et HC).
Dans une
étude portant sur des hommes hawaïens d’origine japonaise, le
risque d’HC était 2,5 fois plus élevé chez les fumeurs que chez les
non-fumeurs.
Le rôle du tabagisme passif a été récemment confirmé avec un RR de 1,82 chez les non-fumeurs ou les anciens fumeurs, hommes
ou femmes exposés à un environnement de fumeurs.
Le bénéfice de l’arrêt du tabac n’a pu être étudié dans des essais
randomisés, mais il a été mis en évidence par des études de
cohortes.
Le risque d’AVC diminue de moitié dans les deux à
cinq ans suivant le sevrage, mais il reste supérieur à celui des nonfumeurs
: RR : 2,2 (1,1-4,3).
Le bénéfice de l’arrêt du tabac est
maximal chez les hommes hypertendus : un AVC est évité pour 67
hypertendus ayant arrêté de fumer pendant 5 ans et il est
également démontré pour les sténoses carotides et pour le risque
d’HSA.
Toutefois, le sevrage tabagique reste difficile en dépit de
stratégies multiples (conseils pratiques donnés par un médecin,
psychothérapie individuelle ou de groupe, substitutions
nicotiniques).
Compte tenu de cette difficulté, du risque induit chez les fumeurs
passifs et du risque persistant chez les anciens fumeurs, la
prévention du tabagisme devrait être prioritaire.
Malheureusement,
de plus en plus de sujets jeunes et de femmes fument et ce, à un âge
de plus en plus précoce, ce qui explique, au moins en partie, la
récente remontée de l’incidence des AVC chez la femme jeune.
Le
risque attribuable lié au tabac est donc déjà considérable et tout
laisse à penser que, compte tenu de l’augmentation du tabagisme
actif et passif à l’échelle de la planète, ce risque ira encore en
augmentant.
4- Diabète
:
Le diabète est un facteur de risque majeur et indépendant d’infarctus
cérébral dont il multiplie la fréquence par un facteur de 2 à 5.
L’existence d’une protéinurie accroît encore le risque.
Le
risque d’AVC chez le diabétique est de 1 à 1,5 % par an.
Chez le
diabétique, les infarctus cérébraux surviennent à un âge plus jeune
(en moyenne de 3 ans) et sont plus souvent mortels.
Par ailleurs,
l’hyperglycémie, à la phase aiguë de l’infarctus cérébral, accroît le
risque de progression du déficit neurologique et la mortalité.
La
normalisation glycémique diminue le risque de survenue de
complications liées à la microangiopathie diabétique (néphropathie,
rétinopathie, neuropathie), mais n’a pas d’effet statistiquement
démontré sur la prévention des AVC.
Celle-ci repose
essentiellement sur le contrôle optimal des facteurs de risque
associés, principalement l’HTA (UKPDS group), mais aussi le
tabac et les hyperlipidémies qui doublent le risque d’événements
vasculaires dans cette population.
Les résultats remarquables
obtenus dans les sous-groupes de diabétiques dans les études
HOPE et LIFE illustrent l’importance de la prévention dans
cette affection à haut risque d’infarctus cérébral et dont l’incidence
va en augmentant.
Outre le diabète lui-même, l’hyperinsulinéme et l’augmentation de
la résistance à l’insuline sont des facteurs de risque d’infarctus
cérébral et de sténoses carotides athéromateuses, d’où
l’importance des modifications du style de vie et du traitement des
facteurs de risque associés à même de réduire les complications
vasculaires et de retarder l’apparition du diabète.
5- Alcool :
La relation entre consommation d’alcool et risque d’AVC est
complexe.
Une forte consommation augmente le risque de toutes les
variétés d’AVC : hémorragie sous-arachnoïdienne, hémorragie
cérébrale et infarctus cérébral, alors qu’une consommation faible
serait protectrice vis-à-vis de l’infarctus cérébral.
La relation entre fortes doses d’alcool et AVC hémorragiques est
étroite et indiscutable.
Ainsi, dans le « Honolulu Heart Program »,
les risques d’HSA et d’HC sont respectivement multipliés par 6 et 4
chez les grands buveurs par rapport aux non-buveurs.
L’effet
favorisant de l’alcool apparaît dès les 24 heures suivant l’ingestion
et persiste pendant 1 semaine.
La synthèse de 62 études
épidémiologiques montre une augmentation linéaire du risque d’HC
avec la consommation d’alcool.
L’augmentation du risque est également constatée pour les infarctus
cérébraux.
Dans une étude cas-témoins, une consommation de plus
de sept verres par jour triple le risque : odds-ratio [OR] : 2,96 (1,05-
8,29).
Ces résultats sont corroborés par une étude de cohorte
suivie 5 ans qui a montré que pour une consommation supérieure à
50 g/j, il existait une augmentation du risque d’apparition d’une
sténose carotidienne proportionnelle à la quantité d’alcool
consommée.
Comme pour les accidents hémorragiques, un
risque immédiat à court terme s’ajoute au risque à long terme : ainsi,
une étude cas-témoins a montré qu’une consommation d’alcool
supérieure à 40 g dans les 24 heures précédentes, ou supérieure à
150 g dans la semaine précédente était associée à une augmentation
du risque d’infarctus cérébral : RR : 4,19 (2,24-7,81).
Cette
augmentation était particulièrement marquée pour les infarctus cardioemboliques : RR : 4,75 (1,23-18,4).
L’augmentation du risque d’AVC avec une forte consommation
d’alcool est attestée par la constatation, dans une cohorte d’E´ cossais
consommant plus de cinq verres par jour, d’un doublement du
risque d’AVC fatals : RR : 1,98 (1,09-3,58).
6- Obésité :
Le rôle de l’obésité comme facteur de risque indépendant d’infarctus
cérébral a été démontré avec un risque relatif voisin de 2, majoré
par les facteurs de risque associés : hypertension artérielle, diabète,
hypercholestérolémie.
Bien qu’il n’existe pas d’étude prouvant qu’une baisse de poids
diminue le risque d’AVC, cela est vraisemblable puisqu’une baisse
de 3,5 kg est suffisante pour abaisser la PA et supprimer un éventuel
traitement antihypertenseur.
Une réduction pondérale modérée est
également capable de corriger les anomalies du LDL et high density
lipoproteins (HDL) cholestérol.
Compte tenu des difficultés à obtenir
une normalisation pondérale durable chez les obèses, il serait
souhaitable de développer des stratégies de prévention de l’obésité
(promotion de l’activité physique, diminution des boissons
alcoolisées, des aliments riches en graisse, suivi médical du poids
corporel, etc).
7- Contraceptifs oraux
:
On estime à 78,5 millions le nombre de femmes utilisant des
contraceptifs oraux (CO) à travers le monde.
De nombreuses
études ont été consacrées aux relations entre CO et AVC ; elles
comportent toutes des biais méthodologiques rendant leur analyse
difficile :
– il s’agit d’études cas-témoins ou de cohortes qui ne permettent
aucune certitude si une relation est établie ;
– il existe des variations dans le type d’oestrogène, la voie
d’administration, la dose (initialement plus importante
qu’actuellement), le type de progestatifs associés ;
– l’évaluation de la prise du traitement n’est pas identique
(utilisation actuelle versus utilisation passée ; ou versus jamais
d’utilisation) ;
– enfin, les facteurs de risque associés, notamment l’hypertension
artérielle et le tabagisme, ne sont pas toujours pris en compte, de
même que les différents types d’AVC.
Ces études montrent néanmoins que l’utilisation des CO est associée
à une augmentation du risque d’IC, d’autant plus importante que la
dose d’oestrogène est élevée (> 50 µg) : il est alors multiplié par 5.
Le
risque augmente en cas d’âge supérieur à 35 ans ou si la prise de
CO est associée à d’autres facteurs de risque.
Pour les CO faiblement
dosés, le risque reste débattu. Le mauvais contrôle des autres
facteurs de risque (HTA et tabagisme notamment) augmente le
risque de façon importante.
Une méta-analyse récente portant
sur 16 études a montré que l’utilisation de CO est associée à une
augmentation du risque relatif d’IC de 2,75.
Le risque persiste,
multiplié par 2 (RR : 1,93) pour les pilules faiblement dosées.
Néanmoins, le risque absolu est faible : un infarctus cérébral
supplémentaire pour 24 000 femmes.
Les CO sont un facteur de risque démontré des thromboses
veineuses cérébrales (RR : 3), particulièrement en association à une thrombophilie congénitale.
Pour les AVC artériels, il n’y a pas de preuve de différence de risque
selon le type de CO.
Pour les thromboses veineuses cérébrales, deux
études récentes incriminent davantage les CO de troisième
génération.
8- Inflammation et infections
:
De nombreuses observations suggèrent que l’inflammation est un
facteur de risque de l’athérosclérose.
Ainsi, l’augmentation
de la protéine C réactive double le risque d’infarctus cérébral,
augmente le risque de récidive et constitue un facteur de
pronostic défavorable après infarctus cérébral.
L’effet préventif
de l’aspirine et des statines pourrait être en partie imputable à leurs
propriétés anti-inflammatoires.
L’infection pourrait également jouer un rôle important comme en
témoignent les nombreuses études reliant le risque d’infarctus
cérébral à une infection aiguë ou chronique à Chlamydia pneumoniae
et, à un moindre degré, à Helicobacter pylori ou au cytomégalovirus.
La constatation d’une association entre affection périodontale et risque d’infarctus cérébral, ainsi que, a contrario,
la diminution de risque constatée chez les patients vaccinés contre
la grippe, constituent des arguments indirects en faveur du rôle
d’infections bactériennes ou virales.
Des études prospectives sont
en cours pour évaluer l’éventuel effet préventif des traitements antiinfectieux
sur le risque d’infarctus cérébral.
9- Homocystéinémie :
Un certain nombre d’études épidémiologiques ont montré un lien
entre une augmentation de l’homocystéine et le risque d’infarctus
cérébral.
Dans l’étude des médecins américains, ce lien existait
mais n’était pas statistiquement significatif.
En revanche, dans
l’étude NHANES III, le risque était doublé [OR : 2,3 (IC : 1,2-4,6)]
pour un taux plasmatique élevé (> 12,1 µmol/L) par rapport à un
taux faible (< 7,4 µmol/L).
Dans l’étude de Framingham, le
risque relatif d’AVC était de 1,82 (IC : 1,14-2,91) et, dans la Stroke
Prevention in Young Women Study, l’hyperhomocystéinémie
était un facteur de risque indépendant.
Néanmoins, d’autres études
n’ont pas retrouvé cette augmentation de risque.
Il est établi qu’une supplémentation en folates, vitamines B6 et B12 réduit le taux
plasmatique d’homocystéine, mais il n’est pas encore démontré que
cela s’accompagne d’une diminution du risque d’AVC.
Des études
randomisées (VISP, VITATOPS, Bergen Vitamin study) sont en cours,
tant en prévention primaire que secondaire, qui, seules, permettront
de savoir si la baisse d’homocystéine induite par un traitement
vitaminique diminue le risque d’infarctus cérébral.
B - FACTEURS PROTECTEURS :
1- Alcool à faibles doses
:
Le rôle protecteur de l’alcool à faibles doses sur le risque d’infarctus
cérébral a été évoqué dans une méta-analyse et étayé depuis lors
par d’autres observations : dans la Physician’s Health Study, une
consommation modérée d’alcool (deux à quatre fois par semaine)
diminuait de 25 % le risque d’infarctus cérébral par rapport aux
sujets abstinents : RR : 0,75 (0,58-0,96).
Dans l’étude de
Manhattan, une prise = deux verres de vin par jour était associée
à une baisse du risque d’infarctus cérébral de 50 % (RR : 0,55 ; 0,42-
0,72).
Le risque d’apparition d’une sténose carotide est également
moindre si la consommation est inférieure à 50 g/j.
Ces résultats
doivent être interprétés avec prudence car :
– l’effet protecteur n’est pas retrouvé dans toutes les études,
notamment dans la récente analyse de la cohorte de Framingham
dans laquelle un léger effet préventif n’est constaté que dans la
tranche d’âge 60-69 ans ;
– la définition des sujets comme buveurs ou abstinents reposant sur
l’interrogatoire, il est possible que le groupe des abstinents comporte
d’anciens buveurs ou des sujets niant leur intoxication ;
– la quantification de la consommation est variable selon les études
et les seuils qui définissent les groupes de consommateurs sont
arbitraires ;
– pour une consommation identique, les concentrations sanguines
d’éthanol peuvent être très différentes selon le métabolisme du
sujet.
En résumé, il ne fait aucun doute que l’alcool à fortes doses
augmente le risque d’AVC et il est probable qu’une consommation
faible (équivalente à moins de deux verres de vin par jour et un
chez la femme) exerce un effet protecteur.
La teneur en alcool semble
être le facteur déterminant et il n’y a pas, à ce jour, de preuve de la
supériorité d’un alcool sur un autre ou d’un vin sur un autre en
dépit de certaines études qui n’ont pas mis en évidence de relation
entre le risque d’AVC et la consommation de bière ou de
spiritueux.
Bien qu’aucune étude n’ait évalué l’évolution du risque d’AVC après
sevrage alcoolique, la prévention de l’alcoolisme est une mesure évidente dans la stratégie de prévention des AVC, compte tenu de
la fréquence de l’alcoolisme et de l’importance du risque qu’il
confère, sans mentionner tous ses autres effets délétères.
2- Activité physique
:
Une activité physique régulière démarrée au début de l’âge adulte
et poursuivie toute la vie est associée à une diminution du risque
d’infarctus cérébral chez l’homme mais aussi, quoique avec
des résultats plus contradictoires, chez la femme.
Cet effet
protecteur est d’autant plus important que la durée de l’exercice est
prolongée alors que l’intensité de l’effort ne semble pas jouer de
rôle.
3- Facteurs nutritionnels
:
Ils sont encore peu connus et aucune recommandation pour la
population générale ne peut actuellement être retenue.
Néanmoins,
plusieurs études ont observé que l’augmentation de la
consommation de potassium ou de magnésium était associée à une
diminution du risque d’infarctus cérébral.
La consommation de
fruits et légumes verts pourrait également entraîner une diminution
de risque, de même que celle des céréales.
En revanche, la
prise de vitamine E ou vitamine C n’entraîne pas de diminution du
risque d’infarctus cérébral.
C - UN FACTEUR DÉBATTU : L’HORMONOTHÉRAPIE
SUBSTITUTIVE DE LA MÉNOPAUSE
L’hormonothérapie substitutive de la ménopause (HTSM) aurait
figuré, il y a quelques années encore, parmi les facteurs protecteurs
d’AVC mais l’ensemble des données actuellement disponibles ne
permet plus d’affirmer cet effet bénéfique.
Comme pour les CO, ces
données proviennent d’études d’observation et d’études cas-témoins
avec les mêmes difficultés méthodologiques : type de traitement,
voie d’administration, évaluation de la prise du traitement. Un
autre biais s’ajoute, celui de la « femme en bonne santé ».
Enfin, les
différents types d’AVC ne sont pas toujours individualisés, de même
que les facteurs de risque vasculaires.
Depuis 1980 et à ce jour, au moins 20 études concernant l’HTSM en
population générale et le risque d’AVC ont été publiées.
En dehors
de l’étude de Framingham retrouvant un risque relatif de 2,6 pour
les accidents ischémiques cérébraux d’origine athérothrombotique,
le risque relatif d’AVC parmi les utilisatrices varie entre 0,23 et
1,46.
Une étude conclut à un effet nul avec un RR de 0,96.
Dans « Nurses Health Study » consacrée à 59 337 femmes dont
l’âge au moment de l’inclusion était de 30 à 55 ans, l’HTSM était
associée à une diminution de 60 % du risque coronarien mais sans
modification du risque d’AVC que ce soit avec les oestrogènes seuls
ou en association aux progestatifs.
Une analyse ultérieure portant
cette fois sur 70 533 femmes mettait même en évidence une
augmentation significative du risque d’AVC avec un risque relatif
de 1,35 (1,08-1,68) pour les oestrogènes seuls (< 1,25 mg/j) et de 1,45
(1,10-1,92) pour la combinaison oestrogènes/oestrogènes-progestatifs.
Pour la prévention primaire des infarctus cérébraux, mais secondaire
des infarctus du myocarde, des données très récentes sont
disponibles.
L’étude HERS randomisée en double aveugle a testé
l’intérêt d’une association progestérone (médroxyprogestérone
2,5 mg) + oestrogène (0,625 mg) versus placebo chez 2 763 femmes
ménopausées âgées de moins de 80 ans ayant présenté un infarctus
du myocarde ou un angor instable.
Après un suivi moyen de 4,1 ans,
il n’y avait pas de différence concernant le risque d’infarctus du
myocarde, d’infarctus cérébral ou de décès cardiovasculaire malgré
une augmentation significative du risque au cours de la première
année.
En résumé, la place de l’HTSM en prévention primaire reste mal
connue. Une étude randomisée est en cours sur 27 000 femmes
âgées de 50 à 79 ans avec un suivi prévu de 9 ans.
Elle devrait
permettre d’apporter une réponse claire quant à l’effet de l’HTSM
sur la prévention primaire des AVC.
En prévention secondaire, l’étude West qui a comparé 17 bestradiol
et placebo chez 652 femmes ménopausées ayant eu un
infarctus cérébral mineur ou un accident ischémique transitoire
(AIT) dans les 3 mois précédents n’a montré aucun bénéfice de
l’hormonothérapie après un suivi moyen de 2,7 mois.
Il y avait
même une augmentation du risque d’infarctus cérébral à 6 mois
(RR : 2,58).
En dépit de cet effet délétère initial, ces résultats sont
insuffisants pour considérer l’HTSM comme formellement contreindiquée
après un premier accident artériel cérébral (alors qu’elle
l’est après la survenue d’une thrombose veineuse cérébrale).
Sa
prescription doit tenir compte des autres effets bénéfiques (sur les
bouffées de chaleur ou l’ostéoporose) ou délétères (risque de cancer
hormonal).
D - RECOMMANDATIONS CONCERNANT LES FACTEURS
DE RISQUE
:
Les recommandations européennes concernant les facteurs de risque
sont les suivantes :
– la mesure de la pression artérielle est un acte essentiel au cours de
la visite médicale.
La pression artérielle doit être maintenue à des
valeurs normales (140/85 mmHg) au moyen de modifications du
style de vie et/ou d’un traitement pharmacologique (niveau I) ;
– bien qu’il ne soit pas démontré que le contrôle strict de la
glycémie chez le diabétique, ou du niveau de cholestérol diminue le
risque d’AVC, il doit être encouragé du fait du bénéfice qu’il apporte
en prévention d’autres complications (niveau III).
Chez les patients
coronariens, le traitement par une statine réduit le risque d’AVC
(niveau II).
Les statines (pravastatine, simvastatine) doivent être
prescrites aux patients qui ont une maladie coronaire et un niveau
de cholestérol élevé ou modérément élevé.
Le bénéfice des statines
concerne probablement les patients atteints d’AVC et qui ont un
niveau de cholestérol élevé ;
– il est recommandé d’arrêter de fumer des cigarettes (niveau II) ;
– une consommation excessive d’alcool doit être évitée, mais l’on
peut permettre une consommation faible modérée (NDT : traduction
française de moderate) (niveau II) ;
– une activité physique régulière est recommandée (niveau II) ;
– il n’est pas conseillé d’arrêter un traitement hormonal substitutif
de la ménopause, car il (NDT : pourrait) diminuer le risque de
maladie coronaire (niveau III). L’effet du traitement hormonal
substitutif sur l’incidence des AVC est incertain.
Prévention des hémorragies cérébrales
:
– La prévention des hémorragies cérébrales (HC), qui représentent
10 à 20 % (selon le pays) des AVC repose d’abord et avant tout sur
le traitement de l’HTA et même sur l’abaissement de la PA chez le
normotendu.
On a vu que dans l’étude PROGRESS
de prévention secondaire chez des hypertendus et des normotendus,
la réduction du risque d’HC atteignait 80 %.
– Une deuxième mesure préventive essentielle concerne la
prévention et le traitement de l’alcoolisme, deuxième
grande cause, notamment en France, d’HC.
– Le troisième volet de la prévention consiste en la prescription et
la surveillance correcte des médicaments antithrombotiques.
Le risque d’HC sous anticoagulants oraux est estimé à 1 % par an
environ en cas de traitement chronique.
Le pronostic péjoratif de ces
hémorragies (60 % de mortalité) justifie leur prévention.
Le premier
facteur de risque d’hémorragie est une élévation excessive de
l’INR.
Il est vraisemblable que d’autres facteurs interviennent :
l’âge du sujet, la présence d’une leucoaraïose, l’HTA, un
alcoolisme associé, et un antécédent d’AVC.
Plusieurs mesures
pourraient diminuer le risque : instauration correcte du traitement
(le risque hémorragique étant augmenté dans les premières
semaines), maintien du traitement pendant la durée requise, INR
cible (par exemple 2,5) au lieu d’une fourchette, traitement correct d’une HTA associée et organisation de cliniques
d’anticoagulants.
L’héparine augmente le risque d’HC, notamment lorsqu’elle est
utilisée à fortes doses et dans le traitement de l’ischémie cérébrale.
Ce risque hémorragique annihile le léger bénéfice observé sur la
prévention des récidives précoces d’accidents ischémiques au point
qu’aucune étude contrôlée n’a à ce jour démontré le bénéfice de
l’héparine à la phase aiguë des infarctus cérébraux.
Le risque d’HC sous thrombolytiques au cours du traitement de
l’infarctus du myocarde est, dans les essais randomisés, inférieur à
1 %.
Il augmente avec la dose (au moins pour le rt-PA), la pression
artérielle, l’âge et le poids corporel.
La réduction du risque passe
vraisemblablement par l’utilisation de scores prédictifs, permettant
d’exclure du traitement les sujets cumulant plusieurs de ces facteurs.
Le risque d’HC est bien plus élevé (6 % environ) lors de l’utilisation
du rt-PA pour le traitement de l’infarctus cérébral.
Il augmente
avec le délai écoulé depuis le début des symptômes (d’où le délai
règlementaire actuel de 3 heures pour le rt-PA intraveineux), avec
les chiffres de la pression artérielle, l’âge, la présence d’une
leucoaraïose, d’un taux bas de plaquettes et d’une hyperglycémie.
La prise d’aspirine au long cours entraîne un faible risque
d’hémorragie cérébrale.
Dans une méta-analyse de 16 études
totalisant plus de 55 000 sujets d’âge moyen 59 ans, l’aspirine était
associée à une augmentation significative de 12 hémorragies
cérébrales pour 10 000 patients traités (IC : 5-20).
La prescription de
l’aspirine au long cours devrait donc suivre les résultats des essais
randomisés et ne pas être banalisée.
– Le quatrième volet concerne le dépistage des malformations
vasculaires cérébrales.
Les HC ou sous-arachnoïdiennes peuvent être
prévenues par le traitement d’une malformation vasculaire
(anévrisme artériel, malformation artérioveineuse...) effectué avant
la rupture.
Cette attitude est envisagée lorsque la malformation est
découverte devant une autre symptomatologie (céphalée, crise
d’épilepsie).
Le risque de survenue d’une hémorragie en présence
de l’une de ces malformations étant mal connu et les diverses
thérapeutiques envisageables non dénuées de risque, il n’existe pas
de consensus sur leur traitement avant la survenue d’une
hémorragie en l’absence d’études contrôlées.
La question se pose
également avec des problèmes éthiques évidents à propos du
dépistage et du traitement des anévrismes artériels cérébraux et des cavernomes dans les formes familiales de ces affections.
En tout état
de cause, et bien qu’il n’y ait pas d’études spécifiquement consacrées
à ce sujet, la détection d’une malformation vasculaire cérébrale qui
serait inaccessible à un geste chirurgical ou endovasculaire doit
conduire à la mise en place d’un contrôle rigoureux des trois autres
facteurs de risque d’HC : maintien d’une pression artérielle basse,
pas de consommation excessive d’alcool, pas d’aspirine en cas de
douleur et non-utilisation, à moins d’une indication formelle, des
antithrombotiques.
Prévention des infarctus cérébraux
:
L’infarctus cérébral n’est pas une entité homogène.
Sa taille et son
territoire sont très variables, rendant compte du caractère
polymorphe de sa symptomatologie.
Surtout, les étiologies en sont
très nombreuses, dominées par trois variétés principales :
l’athérosclérose en cause dans 20-25 % des cas, les embolies d’origine
cardiaque, en cause dans également 20-25 % des cas et les maladies
des petites artères perforantes (dont la plus fréquente est
l’artériosclérose) responsables de 25 à 30 % des infarctus cérébraux,
mais susceptibles également de provoquer, quoique beaucoup plus
rarement, des HC.
Les nombreuses autres étiologies telles que
dissections, hémopathies, angéites, dysplasie fibromusculaire, etc, ne
représentent, toutes ensembles, que moins de 10 % des infarctus
cérébraux et ne seront pas envisagées ici.
De plus, dans un
pourcentage de cas qui atteint 40 % dans certaines séries, aucune
cause d’imputabilité indiscutable n’est mise en évidence.
Nous nous limiterons donc aux trois variétés ci-dessus que nous
envisagerons successivement, tout en sachant que, dans la réalité, il
est fréquent que chez les sujets âgés elles soient associées ; la triple
association probablement la plus fréquente étant fibrillation
auriculaire, sténose carotide et artériolosclérose.
A - PRÉVENTION DES ACCIDENTS LIÉS
À L’ATHÉROSCLÉROSE :
La majorité des accidents ischémiques cérébraux liés à
l’athérosclérose (AICLA) est liée au développement, sur une plaque
d’athérome, d’un thrombus qui peut soit se fragmenter et être source
d’embolies distales, soit s’accroître et aboutir à l’occlusion de l’artère.
L’athérosclérose étant une maladie artérielle générale à localisations
multiples (coronaires et artères des membres inférieurs
principalement), le traitement préventif repose d’abord et avant tout
sur la prise en charge des facteurs de risque envisagés ci-dessus.
Il
s’y ajoute l’administration d’antithrombotiques pour lutter contre le
processus thromboembolique qui est la cause immédiate de
l’infarctus cérébral.
À ce traitement médical de base (traitement des
facteurs de risque et antithrombotiques) s’ajoute, dans certains cas
particuliers, un geste local chirurgical ou endovasculaire.
1- Traitements antithrombotiques :
*
Prévention primaire
:
L’aspirine est le seul antithrombotique étudié dans la prévention
primaire des infarctus cérébraux.
Quatre études prospectives
randomisées dont celles des médecins américains et anglais
ont été réalisées chez des sujets sans antécédent vasculaire.
Elles ont
toutes objectivé une réduction du risque d’infarctus du myocarde
sans modification du risque d’AVC.
Plusieurs méta-analyses récentes
ont confirmé que le risque d’infarctus cérébral n’était pas modifié
par l’aspirine à des doses variant de 75 à 650 mg/j (RR : 1,08 [0,95-
1,24]) alors que celui d’infarctus du myocarde est significativement
diminué : RR = 0,74 [0,68-0,82].
En revanche, dans une étude
chez des sujets ayant au moins un facteur de risque vasculaire,
l’aspirine a diminué la fréquence de tous les événements
vasculaires : baisse de 33 % du risque d’AVC et de 31 % du risque
d’infarctus du myocarde ; cette diminution n’était cependant
significative que pour l’ensemble des événements cardiovasculaires :
RR : 0,77 (0,62-0,95).
Comme le risque absolu d’événement vasculaire
dans ces différentes études est faible, et qu’il existe une
augmentation significative du risque d’hémorragies digestives et
cérébrales, la prescription d’aspirine en prévention primaire chez
le sujet sain est très discutée.
En revanche, elle est raisonnable chez
les sujets ayant plusieurs facteurs de risque vasculaire ou une
localisation asymptomatique de l’athérosclérose, telle qu’une sténose
carotide asymptomatique dont on sait qu’elle s’accompagne d’un
risque accru d’infarctus du myocarde.
* Prévention secondaire
:
+ Antiplaquettaires (AP) :
– Ils constituent l’une des principales approches thérapeutiques
d’efficacité démontrée dans la prévention secondaire des infarctus
cérébraux.
Dans la méta-analyse de l’ATT
Collaboration
regroupant 135 000 patients dans 287 études, les AP diminuent de
25 % le risque combiné de mortalité vasculaire, d’infarctus cérébraux
et d’infarctus du myocarde (IDM).
La réduction de risque après AIT
ou infarctus cérébral est de 22 %.
La plupart des études ont concerné
l’aspirine, mais plusieurs études récentes ont aussi montré l’efficacité
de trois autres substances : ticlopidine, clopidogrel et
dipyridamole.
– L’aspirine, dans la méta-analyse de l’ATTC, diminue de 23 % le
risque combiné de mortalité vasculaire, IC et IDM.
La réduction de
risque n’est que de 13 % dans une mini-méta-analyse consacrée
aux 10 études ayant évalué le bénéfice de l’aspirine seule après AIT
ou IC mineurs.
Le bénéfice clinique de l’aspirine versus placebo a
été montré pour des doses allant de 50 mg à 1,3 g, sans qu’il y ait de
différence significative d’efficacité selon les doses à partir de 75 mg.
En ce qui concerne la tolérance, le risque hémorragique
n’est pas lié à la dose, existant même à 30 mg.
La toxicité gastrointestinale
(ulcère gastrique ou hémorragie digestive) est, en
revanche, dose-dépendante, augmentant avec la posologie
d’aspirine.
La prise d’aspirine entraîne une hémorrragie digestive
pour 100 patients traités pendant 28 mois.
Compte tenu du
rapport bénéfice/risque, les doses actuellement recommandées se
situent entre 75 et 150 mg/j.
– La ticlopidine a été étudiée dans deux grands essais CATS et TASS.
L’étude CATS (Canadian American Ticlopidine Study) a comparé
ticlopidine (500 mg) et placebo chez 1 072 sujets ayant présenté un
infarctus cérébral dans les 4 mois précédents et a montré une
réduction significative de 33 % du risque d’AVC et de 30 % de celui
d’infarctus cérébral, d’infarctus du myocarde ou de décès
vasculaires.
Dans l’étude TASS (Ticlopidine Aspirin Stroke
Study), la ticlopidine a été comparée à l’aspirine (1,3 g) chez
3 069 patients ayant eu un AIT ou un infarctus cérébral mineur. Dans
le groupe sous ticlopidine, le risque d’AVC était diminué de 21 %,
celui d’AVC ou de décès de 12 %.
Les effets secondaires sont
essentiellement des troubles digestifs à type de diarrhées, des
manifestations cutanées (prurit, urticaire ou érythème) et surtout un
risque de cytopénie grave qui oblige à surveiller régulièrement
l’hémogramme durant les trois premiers mois du traitement.
– Le clopidogrel, dérivé de la ticlopidine, a été étudié dans
« CAPRIE » qui a comparé l’aspirine (325 mg) et le clopidogrel
(75 mg) chez près de 20 000 patients ayant présenté un accident
artériel : infarctus cérébral, infarctus du myocarde ou artériopathie
symptomatique des membres inférieurs.
Par rapport à l’aspirine, le clopidogrel a entraîné une diminution statistiquement significative
du critère combiné « infarctus cérébral, infarctus du myocarde et
décès vasculaire » de 8,7 % en intention de traitement et de 9,4 % en
analyse sous traitement.
Le clopidogrel a également entraîné une
diminution du risque relatif d’environ 7 %, (mais non significative)
pour trois autres critères prédéfinis l’association infarctus cérébral,
infarctus du myocarde, amputation et décès vasculaire, la mortalité
vasculaire, l’association AVC, infarctus du myocarde ou décès.
En
ce qui concerne les effets secondaires, le risque hémorragique (9,2 %)
était identique à celui de l’aspirine.
En revanche, les hémorragies
digestives (2,66 %) et les ulcères gastriques (1,15 %) étaient
significativement plus fréquents sous aspirine, les rashs cutanés
(6 %) et les troubles digestifs à type de diarrhée (4,46 %) sous clopidogrel. Le risque leuconeutropénique n’était pas augmenté sous
clopidogrel.
L’efficacité du clopidogrel s’apparente donc à celle de
la ticlopidine, avec une tolérance meilleure, notamment sans le
risque d’agranulocytose, mais avec aussi quelques cas de purpura
thrombotique thrombopénique.
– Le dipyridamole a fait l’objet de plusieurs études où il était toujours
inefficace jusqu’à l’ESPS2 (Second European Stroke Prevention
Study).
L’aspirine à petites doses (50 mg) le dipyridamole à fortes
doses (400 mg, forme LP) et l’association de ces deux traitements
ont été comparés au placebo chez des patients ayant eu un AIT ou
un infarctus cérébral.
Cette étude a montré une réduction
significative par rapport au placebo des deux critères principaux :
l’association d’AVC et de décès et les AVC.
Le risque d’AVC était
diminué de 18 % sous aspirine seule, de 16 % sous dipyridamole
seul et de 37 % sous l’association aspirine-dipyridamole.
La
différence était significative versus placebo pour les trois groupes et
en faveur de l’association par rapport à chaque agent utilisé seul.
Trois études avaient précédemment comparé l’association aspirinedipyridamole
à l’aspirine seule.
Dans ces trois études où l’aspirine
était utilisée à doses fortes (900 à 1,3 g) et le dipyridamole à doses
plus faibles (150 à 300 mg), le bénéfice de l’association n’avait pas
été démontré.
De la même façon, la récente méta-analyse de
l’ATTC consacrée à toutes les études (25 études, 10 404 patients)
ayant comparé l’association à l’aspirine seule n’a pas mis en
évidence de bénéfice statistiquement significatif de l’association.
– Ainsi, outre l’aspirine, trois antiplaquettaires (ticlopidine,
clopidogrel et, à un moindre degré, dipyridamole) ont une efficacité
démontrée dans la prévention secondaire des AICLA.
Le clopidogrel
et l’association aspirine-dipyridamole représentent des alternatives
thérapeutiques intéressantes à l’aspirine davantage que la ticlopidine
en raison de son risque hématologique et que le dipyridamole seul,
d’efficacité moindre. Compte tenu de son meilleur rapport coûte fficacité-tolérance, l’aspirine reste pour beaucoup le traitement de
première intention dans cette indication, à la dose la plus habituelle
de 75 à 150 mg.
– Les antagonistes de la glycoprotéine IIb/IIIa constituent une nouvelle
classe d’antiplaquettaires dont l’efficacité par voie veineuse en
association à l’aspirine est démontrée chez les coronariens à haut
risque immédiat d’occlusion coronaire.
En revanche, tous les essais per os de prévention secondaire tels que SYMPHONY (sibrafiban
versus aspirin to yield maximum protection from ischemic heart events
post-acute coronary syndromes), EXCITE (evaluation of oral xemilofiban
in controlling thrombotic events study), BRAVO (blockade of the
glycoprotein IIb/IIIa receptor to avoid vascular occlusion trial) ont été
des échecs à la fois en termes de tolérance (thrombopénies,
saignements) et d’efficacité.
+ Anticoagulants oraux (ACO) :
Ils ont été comparés à l’aspirine dans la prévention secondaire des AICLA sans démontrer de bénéfice.
Avec un INR supérieur à 3, les
ACO sont même délétères puisque l’étude SPIRIT a dû être
arrêtée prématurément en raison du risque hémorragique,
notamment cérébral, accru sous ACO.
La grande étude américaine WARSS (Warfarin-Aspirin Recurrent Stroke Study) a comparé,
en double aveugle, la warfarine (INR : 1,4-2,8) à l’aspirine : 325 mg/j
chez des patients ayant eu un infarctus cérébral non
cardioembolique dans le mois précédent ; 2 206 patients ont été
inclus et suivis en moyenne 2 ans.
L’INR moyen des patients sous warfarine n’était que de 2,1.
Aucune différence significative n’a été
observée entre les deux groupes de traitement, les taux d’infarctus
cérébraux ou de décès étant de 17,8 % sous warfarine et de 16 %
sous aspirine (hazard ratio : 1,13 [0, 92-1, 38]).
Le risque
hémorragique était faible et non significativement différent : 2,22 %
patients/année sous warfarine et 1,48 % sous aspirine.
Il n’existe
donc à ce jour aucune preuve de la supériorité des ACO sur
l’aspirine dans la prévention secondaire des AICLA.
La question
reste cependant posée de l’efficacité des ACO avec une INR
comprise entre 2 et 3.
Quelques études rétrospectives portant sur de
petits effectifs suggèrent une efficacité des ACO dans quelques
localisations athéromateuses particulières : athérome aortique avec
thrombus mobile, sténoses intracrâniennes, tronc basilaire dolichoectasique, mais ces données très fragmentaires
demanderaient à être étayées par des essais prospectifs contrôlés.
Une autre étude est encore en cours comparant ACO et AP dans la
prévention secondaire des AICLA : ESPRIT qui comporte trois
groupes de traitement.
AVK (INR entre 2 et 3, association
aspirine [50 à 325 mg] et dipyridamole [400 mg], aspirine seule
[30 à 325 mg]).
En attendant les résultats de cette étude, il n’y a
aucune raison scientifique de recourir aux ACO dans la prévention
des AICLA qui reste basée sur les antiplaquettaires.
2- Traitements chirurgicaux et endovasculaires :
Autant le traitement médical (traitement des facteurs de risque et
antiplaquettaires) s’adresse à tous les sujets à risque d’AICLA et vise
une prévention vasculaire globale, autant les traitements
chirurgicaux et endovasculaires ne peuvent raisonnablement
s’adresser qu’à des lésions locales à haut risque d’infarctus cérébral
homolatéral.
Il ne saurait donc être question de mettre en
compétition des traitements médicaux et chirurgicaux qui sont au
contraire totalement complémentaires.
Quatre variétés d’interventions ont été ou sont pratiquées à visée
préventive : les anastomoses extra-intracrâniennes (AEIC), la
chirurgie vertébrobasilaire, la chirurgie carotide et l’angioplastie.
* Anastomoses extra-intracrâniennes :
Elles consistent à anastomoser une branche de l’artère carotide
externe à une branche intracrânienne, par exemple, artère temporale
superficielle et artère cérébrale moyenne dans le territoire carotidien, artère occipitale et artère cérébelleuse postérieure et inférieure dans
le territoire vertébrobasilaire.
Contrastant avec des données initiales
prometteuses, la seule étude randomisée consacrée à cette
technique, qui a porté sur 1 317 sujets (603 opérés et 714 non
opérés), n’a pas réussi à en démontrer le bénéfice, le risque annuel
d’AVC étant légèrement supérieur à 6 % dans les deux groupes.
* Chirurgie vertébrobasilaire :
La place de la chirurgie dans la prévention des accidents
vertébrobasilaires demeure inconnue faute d’essais thérapeutiques
randomisés.
Contrairement aux accidents carotidiens, les accidents vertébrobasilaires graves sont plus souvent dus à l’athérome
intracrânien (artère vertébrale intracrânienne ou tronc basilaire)
qu’extracrânien, ce qui limite d’emblée les possibilités de chirurgie
préventive.
Il n’est certes pas exclu que la chirurgie puisse avoir un
effet préventif dans certains cas, par exemple, AIT vertébrobasilaire
chez un sujet ayant une sténose de l’ostium d’une artère vertébrale,
l’autre étant occluse ou hypoplasique, mais de tels cas sont peu
fréquents et cette efficacité éventuelle se doit d’être appréciée au
moyen d’essais thérapeutiques contrôlés.
* Chirurgie carotide :
Le terme de chirurgie carotide regroupe différentes techniques
chirurgicales et anesthésiques.
La technique chirurgicale la plus
utilisée est l’endartérectomie qui consiste à enlever la plaque
d’athérome de l’origine de l’artère carotide interne après l’avoir
clivée dans le plan externe de la média.
L’artère peut être suturée
directement ou en utilisant un patch veineux pour diminuer le
risque de resténose.
Certains auteurs utilisent une technique
d’éversion de l’artère carotide interne.
L’endartérectomie de la
carotide, autrefois effectuée systématiquement sous anesthésie
générale, est de plus en plus souvent effectuée sous anesthésie
locorégionale, ce qui permet une surveillance directe de l’état
clinique et pourrait minimiser le risque d’ischémie myocardique.
Quelle que soit la technique d’anesthésie, lorsque des signes
d’intolérance au clampage apparaissent, un shunt est mis en place
afin de maintenir une pression de perfusion suffisante.
Le bénéfice escompté de la chirurgie carotide concerne la prévention
de l’infarctus cérébral carotidien homolatéral à la sténose qui
représente environ 8 % de l’ensemble des infarctus cérébraux.
Il
est d’autant plus important que le risque d’infarctus est élevé.
Les
deux déterminants majeurs de ce risque étant le caractère
symptomatique ou non de la sténose et le degré de sténose, les
indications sont fondamentalement différentes selon que la sténose
est asymptomatique ou symptomatique.
+ Sténoses carotides asymptomatiques :
Le risque d’infarctus cérébral homolatéral à la sténose est inférieur à
1,5 % par an dans les sténoses inférieures à 60 % et de l’ordre de 2 à
3 % par an pour les sténoses supérieures à 60 % lorsque la
mesure est faite selon la méthode américaine du calcul de degré de
sténose soit 80 % selon la méthode européenne.
Le risque est
donc faible et, en tout cas, très inférieur au risque de décès de cause
cardiaque.
Ainsi, les sténoses carotides asymptomatiques se
comportent davantage comme un marqueur de risque vasculaire
global cardiaque notamment que comme une cause d’infarctus
cérébral.
La prise en charge des sténoses carotides asymptomatiques
est donc avant tout médicale.
Compte tenu du faible risque d’infarctus cérébral homolatéral
imputable à une sténose carotide asymptomatique, la démonstration
du bénéfice de la chirurgie nécessite un taux très faible de
complications postopératoires.
La seule étude à avoir montré un
bénéfice est l’étude américaine ACAS dans les sténoses
supérieures à 60 % (méthode de mesure américaine), le risque
d’infarctus cérébral calculé à 5 ans était de 11 % dans le groupe
médical et de 5,1 % dans le groupe chirurgical, soit une réduction
de 53 % du risque relatif (IC : 22-72 %) et de 1 % du risque absolu.
Le nombre de patients à traiter pour éviter un infarctus cérébral en
2 ans est ainsi de 83.
Il s’agit donc d’un bénéfice modeste, obtenu
grâce à une morbidité et une mortalité opératoires de 2,7 % (incluant
le risque angiographique de 1 %) et dont la portée est encore
tempérée par plusieurs éléments : non-inclusion des sujets de plus
de 79 ans, résultat non significatif chez la femme et sur les infarctus
cérébraux invalidants, sélection draconienne des patients (moins de
4 % de patients évalués ont été inclus) et des chirurgiens (30 % des
chirurgiens pressentis ont été exclus du fait d’un volume d’actes
insuffisant ou d’un taux de complications dépassant 3 %).
Les études prospectives réalisées depuis ACAS ont ainsi montré des
taux de complications opératoires supérieurs à ceux de cet essai.
Dans ce contexte, une polémique est née entre les partisans de la
chirurgie et ceux qui considèrent que son bénéfice n’est pas
formellement démontré.
La méta-analyse des cinq essais contrôlés
à la chirurgie des sténoses asymptomatiques, dont le résultat est
analogue à celui d’ACAS, n’a pas clarifié ce débat.
Il existe
néanmoins un consensus pour tenter d’individualiser un sousgroupe
à plus haut risque spontané, par exemple les sténoses
évolutives avec retentissement hémodynamique ou avec
signaux transitoires de haute intensité au doppler transcrânien,
chez lequel l’indication chirurgicale serait plus pertinente.
Par
ailleurs, les déterminants de la morbimortalité chirurgicale doivent
être pris en compte.
Celle-ci est, dans la majorité des études, plus
élevée chez la femme, après 75 ans, en cas d’insuffisance cardiaque
ou lors d’intervention coronaire simultanée.
Elle décroît en revanche
avec le nombre d’actes effectués par chirurgien et par centre.
En résumé, les meilleurs candidats à l’endarterectomie dans les
sténoses carotides asymptomatiques sont les hommes ayant une
sténose inférieure à 70 %, sous réserve d’une morbidité et d’une
mortalité chirurgicales inférieures à 3 %.
Il s’agit d’une décision
au cas par cas, prenant en considération le risque spontané, le risque
chirurgical et le choix du patient.
Celui-ci doit en effet être informé
le plus objectivement possible afin qu’il puisse lui-même prendre sa
décision en mettant en balance le risque immédiat lié à l’intervention
et son bénéfice à long terme.
En termes de santé publique, il existe un consensus contre le
dépistage systématique des sténoses dans la population générale.
Un tel dépistage peut en revanche être proposé chez les sujets ayant
une atteinte clinique dans un autre site de l’athérosclérose.
Le débat qui entoure la place de la chirurgie dans les sténoses carotides
asymptomatiques sera prochainement alimenté par les résultats de
l’essai ACST (Asymptomatic Carotid Surgery Trial) en cours, qui
a déjà inclus 3 000 patients qui seront suivis 3 à 5 ans.
·
+ Sténoses carotides symptomatiques
:
Le caractère symptomatique ou non de la sténose est déterminé
uniquement sur la clinique. Une sténose est dite symptomatique
lorsqu’il y a eu des symptomes ischémiques transitoires ou
constitués dans le territoire carotidien homolatéral à la sténose.
En
présence de tels symptômes, le risque d’infarctus homolatéral est
élevé, de l’ordre de 13 % par an pour les sténoses inférieures à 70 %
(NASCET) (méthode américaine), et plus élevé encore si les
symptômes sont cérébraux et si la sténose est de degré encore
supérieur.
Deux grandes études randomisées conduites parallèlement en
Europe (ECST) et en Amérique du Nord (NASCET) ont
montré sans équivoque le bénéfice de la chirurgie dans les sténoses
carotides symptomatiques serrées, c’est-à-dire inférieures à 70 %. ECST a inclus 3 024 patients suivis pendant une durée moyenne
de 6,1 ans.
Les résultats montrent clairement qu’il n’y a aucun
bénéfice à opérer les patients ayant une sténose inférieure à 70 % (<
40 % méthode américaine).
Dans la première analyse, en 1991, il
existait un bénéfice net de la chirurgie dans les sténoses égales à
70 % avec un risque à 3 ans de décès ou d’AVC de 21,9 % dans le
groupe non opéré et de 12,3 % dans le groupe opéré (2 p < 0,01),
malgré un risque chirurgical de 7,5 %.
Dans l’analyse finale, en 1998,
les auteurs situent le degré de sténose au-delà duquel le bénéfice
apparaît « entre 70 et 80 % ».
Au-delà de ce degré de sténose, le
bénéfice est à nouveau considérable, le risque à 3 ans de décès ou
d’AVC étant de 26,5 % dans le groupe non opéré et de 14,9 % dans
le groupe opéré, soit une réduction de 11,6 % du risque absolu.
Comme pour les sténoses asymptomatiques, le bénéfice de la
chirurgie est plus marqué chez l’homme que chez la femme et il
augmente avec le degré de sténose.
Il en résulte que, chez la femme,
le bénéfice de la chirurgie n’est significatif que pour les sténoses
inférieures à 90 % (ECST 1998). NASCET a également publié ses résultats préliminaires en 1991
et ses résultats définitifs en 1998.
Par rapport à ECST, une
sélection beaucoup plus sévère des chirurgiens (retenus seulement
si leur taux de complications était inférieur à 6 %) et des patients a
été effectuée à l’entrée dans l’étude expliquant en grande partie un
risque chirurgical plus faible.
Les premiers résultats sur 659 patients
ont montré le bénéfice de la chirurgie en cas de sténose inférieure à
70 % : le risque d’infarctus cérébral homolatéral à la sténose était, au
bout de 2 ans, de 26 % dans le groupe médical et de 9 % dans le
groupe opéré soit une réduction de 65 % du risque relatif et de 17 %
du risque absolu (p < 0,001).
La seconde partie des résultats de NASCET a concerné 2 226
patients ayant une sténose carotide symptomatique inférieure à 70 %
(méthode américaine) (1 108 opérés, 1 118 non opérés) et suivis
pendant 5 ans.
Pour les patients ayant une sténose inférieure à 50 %
(< 75 % méthode européenne), le taux d’infarctus cérébraux homolatéraux à la sténose était de 14,9 % dans le groupe opéré et de
18,7 % dans le groupe non opéré, soit une différence non
significative (p = 0,16).
Pour les patients ayant une sténose comprise
entre 50 et 70 %, les taux étaient de 15,7 % à 5 ans dans le groupe
opéré contre 22,2 % dans le groupe non opéré, soit une réduction du
risque relatif de 29 % (IC : 7-52 %) (p = 0,045) et du risque absolu de
6,5 %.
Cependant, il n’existait pas de diminution significative des
infarctus cérébraux invalidants et le bénéfice n’était pas significatif
chez la femme ou lorsque l’événement qualifiant était rétinien.
En résumé, NASCET et ECST ont démontré le bénéfice important
de l’endarterectomie carotide dans les sténoses symptomatiques
inférieures à 70 % (soit méthode américaine, soit méthode
européenne) (85 %), l’absence de bénéfice dans les sténoses
inférieures à 50 % et un bénéfice modéré, observé seulement dans
certains sous-groupes entre 50 et 70 % de degré de sténose.
Le risque chirurgical était de 7,5 % dans ECST et 5,8 % dans
NASCET.
Les déterminants du risque opératoire sont moins bien
connus que ceux du risque spontané mais un événement qualifiant
cérébral plutôt que rétinien, une occlusion controlatérale de la
carotide, un âge supérieur à 75 ans et le sexe féminin sont les
facteurs dont le rôle est démontré.
Le risque de complications
neurologiques périopératoires est minimisé par l’administration
périopératoire d’aspirine (100 à 300 mg par jour), l’injection
d’héparine en peropératoire et le contrôle de la pression artérielle en
postopératoire.
En tout état de cause, pour que la chirurgie mérite
d’être envisagée dans une sténose carotide symptomatique, il faut
que le risque chirurgical d’AVC et décès soit inférieur à 6-7 %.
La date optimale de l’endarterectomie n’a pas été étudiée en tant
que telle dans ces essais, car les patients ont été randomisés en
moyenne 47 jours après l’événement qualifiant dans ECST et, pour
40 % d’entre eux, 30 jours après dans NASCET.
Malgré ces réserves,
une analyse a posteriori de NASCET a montré que la présence d’un
thrombus intraluminal ou d’AIT se répétant à une fréquence
croissante augmentait fortement le risque de récidive à court terme.
Une intervention en urgence est donc conseillée dans ces deux
situations.
Toutes les autres situations cliniques – soit l’immense
majorité des cas laissent le temps d’une intervention à froid.
Les résultats de ces études permettent de proposer la conduite
pratique suivante : chez tout sujet qui a un accident ischémique
carotidien récent non invalidant, la recherche d’une sténose carotide
doit être systématique et même urgente en cas d’AIT.
Cette
recherche repose en premier lieu sur l’exploration ultrasonore
associant doppler continu, échotomographie et doppler pulsé
couleur, doppler transcrânien.
Actuellement, la mesure du degré de
sténose peut être effectuée en couplant au bilan ultrasonore une
angiographie par résonance magnétique ou un angioscanner
hélicoïdal.
Compte tenu d’un risque de complications voisin de 1 %,
l’angiographie intra-artérielle est réservée aux cas de discordances
entre les autres méthodes.
Si l’intervention est indiquée, celle-ci doit
être pratiquée dans un centre expert car les études de faisabilité
effectuées ces dernières années ont montré que le taux de
complications de la chirurgie dépassait celui des essais randomisés
lorsque les patients étaient opérés sans respecter les critères
d’inclusion dans ces essais ou par des équipes chirurgicales peu
expérimentées.
* Angioplastie :
Développée depuis une vingtaine d’années d’abord dans la
dysplasie fibromusculaire puis dans les sténoses
athéromateuses et faisant l’objet d’incessantes améliorations
techniques (utilisation maintenant systématique d’un stent, et
fréquente d’une protection cérébrale), l’angioplastie est une méthode
encore en évaluation quant à son rapport efficacité/tolérance/coût
dans la prévention des infarctus cérébraux.
Elle a fait l’objet de
nombreuses études de phase II, de trois études randomisées pilotes
et elle est actuellement comparée à la chirurgie carotide dans de
grands essais de phase III tels que CREST, EVA-33, SPACE et ICSS.
L’angioplastie carotide offre un certain nombre d’avantages
potentiels par rapport à la chirurgie.
Réalisée par voie percutanée,
elle évite les complications locales (exemple : paralysie de nerfs
crâniens) de la chirurgie.
Elle permet de traiter des patients qui ont
des lésions locales contre-indiquant ou rendant difficile l’abord
chirurgical, telles que les lésions postradiques.
Elle serait également
mieux adaptée à certaines sténoses se prêtant mal à une endarterectomie telles que les resténoses précoces après
endarterectomie ou la dysplasie fibromusculaire, et elle peut être
appliquée à des patients à haut risque chirurgical en raison d’une
comorbidité sévère.
Plusieurs séries ont ainsi montré sa faisabilité
chez de tels patients.
Enfin, son coût semble être inférieur à
celui de la chirurgie.
En revanche, elle peut connaître des échecs
techniques liés à l’impossibilité de cathétériser la carotide par voie
fémorale en raison d’une sténose très serrée ou de tortuosités
artérielles importantes.
Surtout, elle expose aux mêmes complications cérébrales que la chirurgie : infarctus cérébral et
hémorragie de reperfusion et elle est grevée d’un risque encore mal
évalué de resténose.
– Les résultats des études de phase II sont difficiles à interpréter car
elles souffrent d’un manque d’homogénéité des patients et des
lésions traitées.
De nombreuses études ont porté sans distinction sur
des patients avec ou sans symptômes neurologiques ou sur des
lésions de siège varié ou de nature différente (athérosclérose, resténose postchirurgicale, dysplasie fibromusculaire, artériopathie
postradique).
Certaines études ont inclus principalement des
patients considérés comme de mauvais candidats à la chirurgie ;
d’autres ont exclu les patients porteurs de lésions considérées à
risque (lésions ulcérées, très clacifiées, thrombus intraluminal...).
À
cette hétérogénéité clinique et lésionnelle, il faut ajouter
l’hétérogénéité des techniques utilisées, la courte durée de suivi et
l’absence, dans la plupart des études, d’une évaluation
indépendante et standardisée des résultats.
Ces réserves étant faites,
dans ces études de phase II (non contrôlées) :
– le taux de succès technique était supérieur à 90 %, avec des
chiffres proches des 100 % dans les études récentes ;
– le risque d’AVC et de décès périopératoire allait de 0 à 10%
avec un taux de complications graves inférieur à 4 %, allant
en diminuant avec les progrès techniques et l’apprentissage.
Ainsi,
dans une récente série de 528 stents carotidiens, le risque de décès
à 1 mois était de 1,6 % (0,6 % par AVC), d’AVC grave de 1 % et
d’AVC mineur de 4,8 %.
Le risque global d’AVC ou de décès était
de 7,4 % avec une diminution de 4 % au cours de l’étude, c’est-à-dire
entre la première et la cinquième année ;
– la fréquence des resténoses était comprise entre 1 et 16 %.
Plus
fréquentes dans les séries anciennes avec angioplastie seule que
dans les séries récentes avec stent, elles étaient le plus souvent
asymptomatiques ;
– le risque résiduel au long cours a été peu évalué mais dans la
grande série de Roubin, 92 % étaient indemnes d’infarctus
cérébral homolatéral à la sténose 3 ans après l’angioplastie.
– Trois études randomisées comparant chirurgie carotide et
angioplastie ont à ce jour été publiées. L’étude monocentrique de
Naylor a porté sur des sténoses symptomatiques égales à 70 %.
Elle a été arrêtée après l’inclusion de 17 patients en raison de la
survenue d’un AVC chez cinq des sept patients randomisés dans le
groupe angioplastie contrastant avec l’absence de complication chez
les dix patients du groupe chirurgie.
Cette étude ne permet aucune
conclusion en raison du faible nombre de patients traités et d’une
morbidité de l’angioplastie bien supérieure à tout ce qui a été publié
dans les essais de phase II.
Une autre étude WALLSTENT a également été arrêtée en raison
de l’évolution défavorable du groupe stenté.
Sur les 219 patients
randomisés ayant une sténose symptomatique supérieure à 60 %
(méthode américaine), le taux d’infarctus homolatéral à 1 an était de
12,2 % dans le groupe stenté contre 3,6 % dans le groupe opéré (p =
0,022).
L’étude CAVATAS débutée en 1993 a porté sur 504 patients ayant
une sténose carotide presque toujours symptomatique (97 % des cas)
et supérieure à 70 %.
Elle a comparé, après tirage au sort,
l’endartérectomie (n = 253) au traitement endovasculaire (n = 251) à
type d’angioplastie par ballonnet dans 74 % des cas et stent dans
26 %.
L’analyse à 3 ans de suivi n’a montré aucune différence entre
les deux traitements quant au risque d’infarctus cérébral homolatéral
à la sténose, d’AVC en général ou de décès.
Il n’y avait pas non plus
de différence quant à la morbi/mortalité dans les 30 jours suivants :
10 % après angioplastie/stent et 9,9 % après chirurgie.
Les resténoses
à 1 an étaient plus fréquentes après traitement endovasculaire (14 %)
qu’après chirurgie (4 %) (p < 0,001).
La portée de cette étude est
limitée du fait de l’évolution des techniques endovasculaires et du
taux élevé de morbi/mortalité chirurgicale.
D’autres essais multicentriques randomisés sont en cours, portant
tous sur les sténoses symptomatiques, avec des résultats attendus
d’ici 3 à 5 ans.
La place de l’angioplastie dans la prévention des accidents
ischémiques en aval d’une sténose carotide demeure donc en
évaluation par rapport à la méthode de référence qu’est la chirurgie.
En attendant les résultats des essais en cours, il n’y a pas lieu de
proposer l’angioplastie aux patients qui répondent aux critères
d’inclusion dans les trois grands essais chirurgicaux ACAS, NASCET
et ECST.
Il est en revanche raisonnable de la proposer au cas par cas
aux patients porteurs d’une sténose symptomatique serrée et qui
ont soit une contre-indication spécifique à la chirurgie, soit une
sténose non athéromateuse mieux adaptée à l’angioplastie qu’à la
chirurgie (sténose radique, dysplasie fibromusculaire, sténose
fibreuse).
L’angioplastie intracrânienne s’est développée plus lentement que
l’angioplastie carotide en raison des plus grandes difficultés d’accès,
du risque possiblement accru d’embolies distales, de la crainte de
provoquer une dissection ou une rupture intracrânienne et de
l’histoire naturelle encore mal connue des sténoses des artères
intracrâniennes.
De fait, les premières séries ont été grevées d’une morbi/mortalité élevée au point que la technique avait été
abandonnée jusqu’à ce que les progrès liés au développement des
stents coronaires la remettent au goût du jour.
Il existe actuellement
une quinzaine de courtes séries, dont les plus importantes ne
dépassent pas 30 patients, consacrées au traitement endovasculaire
(angioplastie ± stent) des sténoses serrées de la carotide
intracrânienne, du segment V4 de l’artère vertébrale, du tronc
basilaire et même de l’artère cérébrale moyenne.
Ces
séries montrent que la technique est faisable avec un taux de succès qui est passé, au fil des années, de 60 à 90 % et un taux de
complications qui est descendu au-dessous de 10 %.
La grande
question concerne le rapport bénéfice/risque dans des pathologies
dont le risque sous traitement médical demeure aussi mal connu,
allant de 3 à 15% par an.
Il paraît raisonnable d’envisager un
traitement endovasculaire dans les sténoses symptomatiques très
serrées, à retentissement hémodynamique, continuant à entraîner
des manifestations ischémiques en dépit d’un contrôle optimal des
facteurs de risque et d’un traitement antithrombotique maximal.
3- Conclusion :
En résumé, la prévention des AICLA repose essentiellement sur :
– le dépistage et le traitement des facteurs de risque (hypertension
artérielle et tabagisme essentiellement) d’autant plus efficaces qu’ils
sont mis en oeuvre le plus précocement possible en prévention
primaire et d’impact d’autant plus grand en termes de santé
publique qu’ils sont appliqués à de larges populations ;
– les antiplaquettaires (aspirine, ticlopidine, clopidogrel, association
aspirine-dipyridamole) qui, en prévention secondaire, diminuent de
25 % le risque vasculaire global ;
– l’endartérectomie carotide, de bénéfice considérable pour prévenir
l’infarctus cérébral homolatéral à la sténose dans le sous-groupe de
patients ayant une sténose symptomatique supérieure à 70 %, mais
de bénéfice marginal dans les sténoses asymptomatiques.