Infections de l'appareil urinaire chez l'enfant
Cours de pédiatrie
L'infection urinaire est à
proprement parler une infection des voies urinaires définie par
la présence d'une bactériurie significative. Celle-ci varie avec
les modalités du prélèvement bactériologique d'urines fraîches,
de 1.000 germes par millilitre d'urine obtenue par ponction
suspubienne à 100.000 germes par millilitre d'urine obtenue
naturellement au milieu de la miction ou à l'aide d'une pochette
adhésive après désinfection du méat urinaire.
* Une leucocyturie supérieure à 10.000 par millilitre (ou
10/mm3) d'urine n'est pas un critère qui rentre stricto sensu
dans la définition mais son absence est exceptionnelle (0,2% des
cas) dans les formes symptomatiques d'infection urinaire et doit
faire suspecter une contamination du prélèvement. Une
leucocyturie sans bactériurie n'a pas de valeur diagnostique
sauf en cas d'antibiothérapie antérieure au prélèvement
urinaire.
* Les infections urinaires symptomatiques sont classées en deux
affections différentes.
- La pyélonéphrite aiguë est une infection urinaire fébrile avec
une atteinte du parenchyme rénal et un risque de séquelles sous
la forme de cicatrices fibreuses.
- La cystite aiguë est une infection urinaire peu ou non fébrile
qui touche exclusivement le bas appareil urinaire et ne menace
jamais le parenchyme rénal.
* La bactériurie asymptomatique latente est définie par la
présence isolée de germes sur plusieurs prélèvements successifs
d'urines chez un enfant en bonne santé. Elle est considérée
comme une colonisation non virulente des urines, sans caractère
pathologique et ne doit ni être traitée ni être l'objet
d'explorations invasives.
ÉPIDÉMIOLOGIE :
* Un antécédent d'infection urinaire symptomatique a été relevé
chez 7,8% des filles et 1,6% des garçons en âge d'entrer à
l'école primaire (7 ans en Suède où cette étude épidémiologique
a été réalisée). Il s'agissait d'une infection urinaire fébrile
dans la moitié des cas.
* En cas de fièvre sans orientation clinique, le diagnostic de
pyélonéphrite aiguë a été retenu chez 11 des 664 (1,7%) enfants
de moins de 5 ans, 8 des 193 (4,2%) enfants de moins de 2 ans,
et 33 des 442 (7,5%) enfants de moins de 8 semaines. La
pyélonéphrite aiguë représente 90 à 95% des infections urinaires
diagnostiquées avant l'âge de 1 an, quel que soit le sexe de
l'enfant.
* Le diagnostic de première infection urinaire est rare chez le
garçon âgé de plus de 1 an alors qu'il garde une prévalence
élevée chez la fille entre 2 et 6 ans.
* La récidive d'une infection urinaire symptomatique est
également plus fréquente chez la fille (50% dans une période de
5 ans suivant le premier épisode) que chez le garçon (15%).
* Une uropathie obstructive est découverte chez 2% des filles et
10% des garçons après une infection urinaire symptomatique.
BACTÉRIOLOGIE ET PHYSIOPATHOLOGIE :
Agents bactériens :
* Au cours du premier épisode d'infection urinaire, les germes à
Gram négatif de la flore fécale sont retrouvés dans 95% des cas.
- Escherichia coli est le germe le plus fréquent (75% à 80% des
cas).
- Les infections à Proteus (10% des cas) viennent au deuxième
rang et se voient plus volontiers chez le garçon et dans les
pathologies lithiasiques.
- Les infections à Klebsiella, Enterobacter, Serratia,
Citrobacter, Acinetobacter, Pseudomonas et autres germes à Gram
négatif rassemblent environ 5% des cas.
- Les infections à staphylocoques (S. aureus, S. epidermidis, S.
saprophyticus), entérocoques et streptocoques peuvent également
être observées au cours du premier épisode (5% des cas).
* Les infections urinaires nosocomiales touchent plutôt les
enfants porteurs de lésions urinaires obstructives graves
multi-opérées ayant éventuellement déjà reçu plusieurs
traitements antibiotiques.
- Un Escherichia coli est en cause dans 33% des cas, un
Pseudomonas dans 13% des cas, un Proteus dans 10% des cas et un
autre germe à Gram négatif dans 15% des cas.
- Un germe à Gram positif est observé dans 15% des cas et une
infection fongique dans 5% des cas.
* La voie ascendante à partir de la flore périnéale et
péri-urétrale (identique à la flore fécale) est le mode
principal de contamination bactériologique des voies urinaires.
Ce mécanisme permet d'expliquer la diminution du risque
d'infection urinaire par 10 chez les garçons circoncis âgés de
moins de 1 an et la prédominance féminine de l'infection
urinaire après l'âge de 1 an par la brièveté de l'urètre des
filles. La voie hématogène s'observe principalement au cours de
septicémie pendant la période néonatale.
Adhésion bactérienne :
Les bactéries en cause dans l'infection urinaire doivent avoir
la capacité d'adhérer à l'épithélium urinaire.
- L'adhésion se fait par l'intermédiaire d'une protéine
bactérienne ayant une fonction lectine, souvent polymérisée sous
forme de fimbriae visibles en microscopie électronique.
- Ce sont les adhésines telles que PAP G, AFA, SFA dont les
récepteurs sont des structures purement glucidiques
(galactose-b1, 4-galactose pour PAP G) exprimées à la surface
des cellules épithéliales urinaires.
- Un germe exprimant une de ces trois adhésines est retrouvé
dans 95% des pyélonéphrites aiguës, moins de 50% des cystites et
environ 10% des bactériuries asymptomatiques latentes.
Lésions de l'appareil urinaire :
La pyélonéphrite aiguë est classiquement associée à quatre types
de lésions urinaires:
- le reflux vésico-urétéral.
- les uropathies obstructives.
- la lithiase.
- et les vessies neurologiques primitives ou secondaires à un
spina bifida.
Reflux vésico-urétéral
C'est une anomalie urinaire responsable de pyélonéphrite aiguë
même en l'absence d'obstruction urinaire.
C'est actuellement la cause la plus fréquente de pyélonéphrite
aiguë chez l'enfant.
Il est lié à l'insuffisance permanente ou intermittente
d'étanchéité de la jonction urétéro-vésicale.
* Une classification en cinq grades permet d'en apprécier la
sévérité.
- Le grade I correspond à un reflux dans l'uretère pelvien ou
lombaire sans dilatation.
- Le grade II à un reflux dans des cavités
urétéro-pyélocalicielles non dilatées.
- Le grade III à un reflux dans des cavités urétéro-calicielles
modérément dilatées.
- Le grade IV à un reflux dans des cavités
urétéro-pyélocalicielles très dilatées.
- Le grade V correspond à une image de reflux dans le parenchyme
rénal (avec franchissement du produit de contraste au-delà de la
papille), quel que soit l'état de dilatation des cavités
sous-jacentes.
* Une première particularité du reflux vésico-urétéral est de
disparaître spontanément avec l'âge et la croissance en taille.
- A l'âge de 4 ans, plus de 60% des reflux de grade I-II et près
de 40% des reflux de grade III-IV découverts lors de la première
année de vie ont disparu. Cet élément permet de réserver les
indications chirurgicales avant l'âge de 4 ans aux reflux de
grade V et à tous les reflux compliqués de pyélonéphrites aiguës
répétées malgré une antisepsie urinaire quotidienne bien
conduite.
- L'intervention chirurgicale type est un allongement du trajet
sous-muqueux de l'uretère par la méthode de Cohen.
- Après l'âge de 4 ans, l'intervention chirurgicale anti-reflux
est systématique chez le garçon.
- Elle est discutée chez la petite fille car le reflux peut être
secondaire à une immaturité vésicale et disparaître avec le
traitement médical (oxybutynine).
- Dans tous les cas où une intervention chirurgicale peut être
évitée, le risque de pyélonéphrite aiguë est couvert par une
antisepsie urinaire aussi prolongée (parfois 3 ou 4 ans) que le
délai nécessaire pour une guérison spontanée.
* La deuxième particularité du reflux est d'être parfois
intermittent.
- Une seule cystographie ne permet pas toujours de le mettre en
évidence.
- La cystographie isotopique a probablement une meilleure
sensibilité que la cystoradiographie conventionnelle qui peut
également être sensibilisée par des remplissages vésicaux
successifs et un délai précoce de réalisation après la
stérilisation des urines.
Une pyélonéphrite aiguë sans aucune lésion urinaire est
finalement une éventualité assez rare.
Uropathie obstructive
L'infection urinaire est moins souvent le mode de découverte
d'une uropathie obstructive depuis la mise en place de leur
dépistage systématique par échographie anténatale.
La surveillance de ces enfants dès leur naissance par une équipe
médico-chirurgicale spécialisée, la prévention systématique des
infections par une antisepsie urinaire continue et la réparation
chirurgicale précoce des anomalies les plus graves ont
considérablement diminué la fréquence des pyélonéphrites aiguës
au cours de ces affections (10% des pyélonéphrites aiguës de
l'enfant sont secondaires à une uropathie obstructive).
Lithiase urinaire et vessies neurologiques
Ce sont des pathologies exceptionnelles chez l'enfant et rendent
compte d'un faible nombre de pyélonéphrites aiguës (moins de
1%).
Lésions rénales secondaires :
* Elles ne compliquent que les infections fébriles du haut
appareil urinaire ou pyélonéphrites aiguës.
- Elles suivent le développement de germes dans l'interstitium
rénal et sont parfois irréversibles.
- Elles correspondent histologiquement à une infiltration mal
limitée de cellules de la réaction inflammatoire (lésions de
pyélonéphrite chronique) ou à des lésions segmentaires limitées
à l'emporte-pièce avec une transformation pseudo-thyroïdienne
des tubes et des lésions d'endartérites (hypoplasie rénale
segmentaire).
- Elles évoluent vers la fibrose et la cicatrice rénale
(amincissement du parenchyme ou encoche rénale).
- Leur extension peut conduire à l'insuffisance rénale et les
lésions vasculaires peuvent être à l'origine d'une hypertension
artérielle sévère. Cette évolution clinique est devenue
exceptionnelle en raison de la prise en charge néonatale des
uropathies obstructives et du dépistage systématique du reflux
vésico-urétéral dès le premier épisode d'infection urinaire.
* Les lésions de malakoplakie (infiltration du parenchyme rénal
par des lymphocytes contenant des corps de Michaelis-Gutman), de
pyélonéphrite xantho-granulomateuse (calcification rénale
globale par des Proteus capables de transformer l'urée en
ammoniaque), les abcès rénaux et la pyonéphrose (fonte purulente
du rein) sont exceptionnels en pédiatrie.
Diagnostic et traitement d'une pyélonéphrite aiguë :
SIGNES CLINIQUES :
Ils sont variables avec l'âge.
Chez le nouveau-né
* La fièvre est parfois absente ou très modérée et la
symptomatologie se résume à un teint grisâtre, une apathie ou au
contraire une agitation permanente, une anorexie complète ou des
difficultés à prendre les biberons, parfois une stagnation
pondérale isolée.
* Un choc avec collapsus, une insuffisance rénale aiguë associée
à une néphromégalie sont des symptômes plus graves qui doivent
toujours faire évoquer une infection urinaire en période
néonatale.
* Un ictère prolongé ou un syndrome de perte de sel sont des
symptômes trompeurs mais classiques d'infection urinaire dans
cette période de la vie.
Entre 1 mois et 5 ans
* La fièvre est toujours élevée et associée à des vomissements,
une anorexie et une stagnation pondérale.
* Après l'âge de 2 ans, le nourrisson peut se plaindre de
douleurs abdominales.
Au-delà de l'âge de 5 ans
* La fièvre est toujours élevée et associée à une dysurie, des
brûlures mictionnelles, une sensibilité ou une douleur lombaire.
* Des symptômes d'immaturité vésicale doivent systématiquement
être recherchés chez la petite fille: impériosité mictionnelle,
incontinence diurne et parfois nocturne.
SIGNES BIOLOGIQUES :
* Une hyperleucocytose avec une prédominance de polynucléaires,
une élévation de la vitesse de sédimentation ou du niveau de la
protéine C-réactive sont habituelles mais inconstantes.
* Une hémoculture doit être systématiquement faite avant l'âge
de 3 mois.
- Elle est positive dans 30% des cas en période néonatale, dans
20% des cas entre 1 et 2 mois et dans 15% des cas entre 2 et 3
mois.
- C'est une éventualité plus rare après l'âge de 3 mois
(inférieure à 5%).
EXAMEN BACTERIOLOGIQUE :
Méthodes de prélèvement de l'examen bactériologique :
Chez le nouveau-né et le nourrisson
* Sans contrôle mictionnel, la méthode de référence est la
ponction sus-pubienne qui permet d'éviter la contamination du
prélèvement urinaire par les germes du méat urétral. Cette
méthode est invasive et rarement utilisée en France. Il en est
de même du cathétérisme vésical qui allie tous les
inconvénients: invasion, agression psychologique et risque de
contamination des voies urinaires par la flore péri-urétrale.
Ces méthodes sont réservées en cas de doute diagnostique avec le
recueil par pochette adhésive.
* La pochette adhésive est le moyen le moins agressif pour
recueillir stérilement des urines.
- La technique doit en être rigoureuse pour ne pas gêner
l'interprétation du résultat.
- La peau et le méat urétral doivent être parfaitement
désinfectés puis séchés avec une compresse stérile avant de
coller la pochette adaptée au sexe de l'enfant.
- Elle est retirée dès que la miction est obtenue ou doit être
changée après une nouvelle désinfection cutanéo-muqueuse toutes
les 30 ou 45 minutes si la miction ne se fait pas dans un délai
plus bref.
- L'urine est vidangée dans un tube stérile par un tuyau
collecteur situé à la partie inférieure de la poche.
Chez l'enfant capable d'un contrôle mictionnel
Le prélèvement doit s'effectuer au mieux sur la première urine
du matin, au milieu du jet urinaire, après une exposition et une
désinfection soigneuse du méat urétral.
Méthodes de culture :
Le prélèvement est immédiatement réfrigéré à 4°C et transporté
au laboratoire.
- Deux microlitres d'urine sont mis en culture à 37°C.
- Une colonie formant unité sur la platine de culture représente
500 germes/ml d'urine.
- La réalisation d'un antibiogramme est systématique en cas de
culture positive.
Une coloration de Gram et une cytologie sont systématiquement
faites sur les urines fraîches et permettent de rendre un
premier résultat dans des délais bref.
Interprétation des résultats :
* Une bactériurie monomorphe supérieure ou égale à 10.000
germes/ml associée à une leucocyturie supérieure à 10.000/ml
sont les critères minimaux pour retenir le diagnostic
d'infection urinaire sur un prélèvement obtenu par une pochette
autocollante ou au milieu du jet.
* Dans les rares cas sans leucocyturie, la bactériurie doit être
supérieure ou égale à 100.000 germes/ml pour être significative.
La présence de plusieurs germes ou d'une bactériurie isolée
inférieure à 100.000 germes/ml correspond à une contamination du
prélèvement par la flore péri-urétrale.
* Par comparaison, une bactériurie supérieure à 100 germes/ml
est significative lorsque le prélèvement est obtenu par ponction
sus-pubienne ou par cathétérisme vésical.
EXPLORATIONS MORPHOLOGIQUES :
Échographie rénale et vésicale :
Une échographie rénale et vésicale à 48 heures d'évolution
permet de juger de la dilatation des cavités rénales et retrouve
parfois des anomalies focales au niveau du parenchyme rénal.
- L'absence de dilatation ou une hypotonie modérée des cavités
sont habituellement associées à un reflux vésico-urétéral.
- L'échographie peut également mettre en évidence une dilatation
franche de l'appareil urinaire en rapport avec un syndrome de la
jonction pyélo-urétérale (dilatation pyélocalicielle sans
dilatation urétérale), un méga-uretère (dilatation
urétéro-pyélocalicielle), des valves de l'urètre postérieur
(dilatation urétéro-pyélocalicielle bilatérale, épaississement
de la paroi vésicale, dilatation de la chambre postérieure de
l'urètre).
- L'existence d'une urétérocèle vésicale oriente vers une
duplicité urétérale avec une dilatation du pyélon supérieur et
un reflux vésico-urétéral dans le pyélon inférieur.
Cystographie rétrograde
La cystographie rétrograde est un examen systématique quelles
que soient les informations apportées par l'échographie
initiale.
Elle est faite au cours du traitement antibiotique et doit être
précédée d'un examen bactériologique des urines pour en vérifier
la stérilité.
Urographie intraveineuse
L'urographie intraveineuse est indispensable pour confirmer le
diagnostic d'un méga-uretère, d'un syndrome de la jonction
pyélo-urétérale ou d'une duplicité urétérale en cas de
dilatation des cavités urinaires.
- Elle n'a aucune utilité diagnostique lorsque les cavités sont
fines ou simplement hypotoniques.
- Elle est néanmoins indispensable avant toute intervention
anti-reflux même si les cavités urinaires sont fines.
Examens isotopiques :
* La cystographie isotopique est un examen utile en cas de
récurrence des pyélonéphrites aiguës et de cystoradiographies
normales.
- Elle nécessite une installation et des médecins spécialisés en
médecine nucléaire.
- Sa capacité à mettre en évidence un reflux vésico-urétéral
intermittent semble supérieure à la cystoradiographie qui reste
l'examen de première intention en pratique courante.
* La scintigraphie rénale au technétium99m n'a pas d'utilité
diagnostique. Elle permet de quantifier la fonction séparée de
chaque rein et le degré d'obstruction d'un méga-uretère ou d'un
syndrome de la jonction pyélo-urétérale quand elle est couplée à
une épreuve au furosémide.
* La scintigraphie au DMSA est un examen statique qui permet de
mesurer la masse rénale fonctionnelle séparée des reins et de
détecter des anomalies de fixation de l'isotope en rapport avec
la pyélonéphrite aiguë.
- Certaines équipes l'utilisent pour confirmer le diagnostic de
pyélonéphrite aiguë lorsque l'examen bactériologique des urines
présente des difficultés d'interprétation.
- Elle a surtout un intérêt en recherche clinique pour comparer
l'efficacité des stratégies antibiotiques sur la prévention des
cicatrices rénales.
Uroscan :
L'uroscan est un examen irradiant dont les indications sont
restreintes aux abcès rénaux.
TRAITEMENT :
Il est urgent. Le risque de cicatrice rénale s'accroît avec le
délai de traitement antibiotique. Celui-ci doit être mis en
route:
- après le prélèvement bactériologique des urines en cas de
signes de gravité (collapsus, choc, altération de l'état
général).
- ou après le résultat de la cytologie et de l'examen direct des
urines s'ils apportent une présomption suffisante (pyurie,
germes directement visibles).
Les différentes phases du traitement antibiotique :
* La première phase du traitement antibiotique se fait
classiquement par voie parentérale et utilise en association une
céphalosporine de 3° génération (céfotaxime, ceftriaxone,
100mg/kg/j) et un aminoside (nétilmycine, 6mg/kg/j).
- Sa durée est de 5 jours.
- Elle est éventuellement adaptée sur les données de
l'antibiogramme de l'examen bactériologique initial.
- Son efficacité est contrôlée sur la disparition rapide de la
fièvre et du syndrome inflammatoire et sur un nouvel examen
bactériologique des urines après 48 heures de traitement.
* La deuxième phase utilise un seul antibiotique oral
(cotrimoxazole, 40mg/kg/j. céfixime, 8mg/kg/j) pendant 10 jours.
- Elle peut être suivie d'un traitement antiseptique urinaire
(cotrimoxazole, 10mg/kg/j. nitrofurantoïne, 1mg/kg/j) au long
cours en fonction des lésions de l'appareil urinaire et de leur
indication chirurgicale.
- Un traitement antiseptique urinaire peut être conduit pendant
plusieurs années pour attendre la régression spontanée d'un
reflux vésico-urétéral de grade I et II au cours des 5 premières
années de vie.
Autres traitements :
* Un traitement atropinique (oxybutynine, 2mg/kg/j) doit être
associé aux antibiotiques pour réduire les symptômes
d'immaturité vésicale de la petite fille.
* La circoncision est indiquée dès le premier épisode de
pyélonéphrite aiguë chez les garçons de moins de 2 ans ou en cas
de pyélonéphrite à répétition.
Diagnostic et traitement d'une infection urinaire basse
cystite et urétrite :
SIGNES CLINIQUES :
* La fièvre est absente ou peu élevée (inférieure ou égale à
38°C).
* Les signes urinaires sont au premier plan:
- brûlures mictionnelles, cystalgie, pollakiurie, hématurie
macroscopique (sang mêlé à l'urine) chez la petite fille.
- urétrorragie (écoulement de sang pur par le méat urétral) chez
le petit garçon et parfois dysurie.
* Chez la petite fille, l'interrogatoire retrouve volontiers des
symptômes d'instabilité vésicale (ou immaturité vésicale):
impériosité mictionnelle, incontinence diurne et parfois
nocturne. Un examen clinique soigneux éliminera le diagnostic de
vessie neurologique (absence de fossette lombo-sacrée,
sensibilité périnéale normale, présence des réflexes
ostéo-tendineux des membres inférieurs, réflexe cutané plantaire
en flexion, absence de pieds creux).
* Chez le petit garçon, ces symptômes sont moins fréquents.
DIAGNOSTIC :
* L'examen cytobactériologique des urines (voir supra) est
l'examen clé du diagnostic. L'infection à Escherichia coli est
très prédominante dans ce type d'infection.
* L'examen bactériologique urinaire est quelquefois négatif au
cours des urétrites du petit garçon. Leur cause est alors
mystérieuse mais elle guérissent spontanément, parfois après
plusieurs récidives. Une infection virale (adénovirus) ou
chlamydienne est rarement mise en évidence.
EXPLORATIONS COMPLEMENTAIRES :
Elles sont inutiles dans la très grande majorité des cas.
Une échographie rénale et vésicale, une cystoradiographie et des
épreuves urodynamiques vésicales trouvent leur justification en
cas de doute sur un diagnostic de vessie neurologique.
TRAITEMENT :
* Un seul antibiotique par voie orale (cotrimoxazole, 40mg/kg/j.
nitrofurantoïne, 5mg/kg/j. céfixime, 8mg/kg/j) pendant 7 jours
est un traitement suffisant.
- Il peut être prescrit immédiatement après le prélèvement
urinaire afin d'obtenir une réduction rapide de la
symptomatologie urinaire, toujours inconfortable.
- Son efficacité est contrôlée par un examen bactériologique des
urines après 48 heures de traitement.
* Un traitement antiseptique urinaire (voir supra) est parfois
nécessaire pour prévenir la répétition des cystites souvent
associées à l'immaturité vésicale qui devra être traitée par un
médicament atropinique.