TABLEAU CLINIQUE :
Le début d'un syndrome confusionnel est le plus souvent
rapidement progressif, voire aigu, et le passage à la phase
d'état survient rapidement.
La présentation du patient est alors évocatrice.
Le tableau associe :
- des signes psychiques négatifs : troubles de la mémoire quasi
constants, désorientation temporo-spatiale constante et troubles
de la pensée contrastant avec la conservation des fonctions de
base. Il en résulte des troubles du comportement avec agitation
anxieuse désordonnée et risque d'actes impulsifs.
- des signes psychiques positifs : l'onirisme. Le délire
onirique est inconstant. Il prend sa source dans un trouble
perceptif qui altère la perception du monde extérieur et de son
propre corps. Aux illusions (interprétations erronées de
perceptions réelles) s'ajoutent des hallucinations vraies
(perceptions sans objet), le plus souvent visuelles : zoopsies,
scènes mystiques ou érotiques. Les hallucinations sont plus
rarement auditives (cris, pleurs), cénesthésiques, olfactives ou
gustatives. Le sujet adhère totalement à son délire, ce qui peut
entraîner des conduites agressives et violentes.
- et des signes organiques : les signes généraux peuvent
traduire le retentissement de la confusion, mais peuvent aussi
être liés à l'étiologie.
Une des caractéristiques de la confusion est sa variabilité dans
le temps : plus intense à certains moments de la journée
(souvent le soir), elle cède parfois, le patient ayant alors une
certaine conscience de son trouble, et devient source d'anxiété
et de perplexité. Cette perplexité anxieuse est spécifique de la
confusion et permet de la différencier des états où la
conscience est totalement obscurcie, comme la démence par
exemple.
ÉTIOLOGIE :
Il faut toujours avoir à l'esprit qu'une confusion peut être
plurifactorielle (intoxication médicamenteuse et infection chez
le vieillard).
Certaines causes (hypoglycémie, troubles ioniques,
intoxications) doivent être recherchées systématiquement mais,
en dehors de ces causes, il est utile de s'aider du contexte
pour éviter d'avoir recours à un catalogue d'étiologies.
- Chez le sujet éthylique devront être évoqués l' ivresse
aiguë sans occulter d' autres diagnostics éventuellement
associés (hypoglycémie, hémorragie méningée), le delirium
tremens (rechercher un facteur déclenchant), l' encéphalopathie
carentielle de Gayet-Wernicke (troubles mnésiques. risque
évolutif de constitution d'un syndrome de Korsakoff), un trouble
métabolique (hypoglycémie, encéphalopathie hépatique), une
pathologie intracrânienne (hématome sous-dural, hémorragie
méningée).
- Un traumatisme crânien récent doit faire rechercher une
contusion cérébrale, une hémorragie méningée, un hématome
sous-dural.
- La confusion et la fièvre doivent faire évoquer les causes
infectieuses, en particulier une méningo-encéphalite herpétique,
et imposent la ponction lombaire au moindre doute, après scanner
cérébral en cas de signes focaux.
- La confusion et les signes neurologiques en foyer doivent
faire rechercher un hématome sous-dural, une tumeur cérébrale
(directement en raison d'une localisation frontale ou
indirectement par le biais d'une hypertension intracrânienne),
un accident vasculaire cérébral hémisphérique droit ou
bithalamique, surtout en cas de début brutal.
- Chez un sujet épileptique, toute confusion doit faire
évoquer une confusion post-critique, dont la durée peut être
longue, un état de mal partiel complexe, un surdosage
médicamenteux, en particulier en barbituriques.
- Chez un sujet parkinsonien, une confusion doit faire
rechercher en tout premier lieu un surdosage médicamenteux
(anticholinergiques, agonistes dopaminergiques), une affection
intercurrente, une déshydratation.
DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL :
Le diagnostic différentiel se pose avec certaines affections
psychiatriques : bouffée délirante, accès maniaque, mélancolie
ou schizophrénie catatonique et des affections neurologiques :
aphasie de Wernicke, syndrome de Korsakoff, ictus amnésique,
démence.
TRAITEMENT :
Le traitement d'un état confusionnel est une urgence du fait du
risque vital, surtout lorsqu'il existe des signes généraux
importants. Le traitement sera à la fois étiologique et
symptomatique.
- L' hospitalisation est indispensable, dans un service de
médecine, avec mise au calme, isolement sans contention, lumière
tamisée, surveillance vigilante et mise en place d'une voie
veineuse périphérique pour effectuer perfusion et bilan
complémentaire.
- Le traitement symptomatique associe une réhydratation et une
rééquilibration hydroélectrolytique avec, chez le sujet
éthylique, une association systématique de vitamine B1, vitamine
B6 et PP. La prescription de sédatifs est le plus souvent
inévitable mais doit être prudente (risque de masquer une
aggravation de l'état de conscience).
- Le traitement étiologique est capital : suppression des
médicaments non indispensables et/ou potentiellement
confusiogènes, correction des troubles ioniques, d'une
hypoglycémie, antibiothérapie adaptée en cas d'infection,
Rivotril* à la seringue électrique, en cas d'état de mal partiel
et traitement d'une affection endocrinienne.
- La prophylaxie est essentielle.
Clinique
PHASE INITIALE :
Le début est le plus souvent rapidement progressif, voire aigu.
En quelques heures, rarement en quelques jours, apparaissent :
- des troubles de l'humeur et du caractère : le sujet est
irritable, anxieux, parfois violent, ou bien renfermé dans son
mutisme.
- une insomnie.
- des paroles et des actes inhabituels, inadaptés ou incohérents
avec, dès cette phase, possibilité d'actes médico-légaux tels
que fugue ou errance.
PHASE D'ÉTAT :
Le passage à la phase d'état survient rapidement.
Signes psychiques négatifs :
Troubles de la mémoire
Les troubles de la mémoire sont quasi constants et les premiers
à apparaître.
- Ils concernent aussi bien la mémoire des faits récents
(incapacité à fixer les faits récents, oubli à mesure) que les
faits anciens (ceux-là sont mal situés, mal racontés et se
télescopent).
- Cela explique les impressions de “ déjà vu ” et de “ déjà vécu
”, les fausses reconnaissances et l'amnésie lacunaire de
l'épisode lorsque le patient sort de son état confusionnel.
Désorientation temporo-spatiale
La désorientation temporo-spatiale est constante : le patient ne
sait pas la date, l'heure, l'endroit où il se trouve et, à
l'extrême, est incapable de donner son identité.
Troubles de la pensée
Les troubles de la pensée concernent les facultés d'analyse et
de synthèse : attention, concentration, raisonnement et
adaptation aux situations nouvelles.
- Ces troubles entraînent une “ distractibilité ” et une fuite
des idées : les propos sont sans suite, les actes incohérents,
les tâches entreprises sont aussitôt abandonnées.
- Par contraste, les fonctions de base (langage, praxie, gnosie)
sont conservées.
Troubles du comportement
Les troubles du comportement traduisent cette confusion :
- l'activité gestuelle et le langage sont incohérents,
désordonnés :
- le sujet est agité et anxieux.
- les actes sont sans finalité (le patient fait et refait son
lit, déplace des objets, démonte son lit).
- à tout moment existe le risque d'actes impulsifs avec
agressivité envers autrui ou envers soi-même, ce qui impose une
surveillance de tous les instants.
On peut observer des troubles de la vigilance avec inversion du
rythme veille-sommeil et somnolence diurne.
Signes psychiques positifs : l'onirisme :
Le délire onirique est inconstant. Il prend sa source dans un
trouble perceptif qui altère la perception du monde extérieur et
de son propre corps.
- Aux illusions (interprétations erronées de perceptions
réelles) s'ajoutent des hallucinations vraies (perceptions sans
objet), le plus souvent visuelles : zoopsies, scènes mystiques
ou érotiques.
- Les hallucinations sont plus rarement auditives,
cénesthésiques, olfactives ou gustatives.
- Le sujet adhère totalement à son délire, ce qui peut entraîner
des conduites agressives et violentes.
Syndrome organique :
Dans le syndrome organique, il existe fréquemment des signes
généraux : dénutrition, déshydratation, oligurie, tachycardie,
fièvre modérée (38 à 38,5 °C).
Ces signes peuvent traduire le retentissement de la confusion,
mais peuvent aussi être liés à l'étiologie.
On peut également observer des signes spécifiques à l'étiologie.
FORMES CLINIQUES :
Les signes cliniques de confusion mentale peuvent s'associer, à
des degrés divers, et réaliser des formes cliniques
particulières :
- les formes stuporeuses pseudo-catatoniques où le patient reste
immobile, muet et obnubilé.
- les formes hallucinatoires où prédominent le délire onirique
et l'agitation désordonnée, comme dans le delirium tremens.
- la forme onirique pure avec une production hallucinatoire
importante alors que la confusion est minime.
Enquête étiologique
L'enquête étiologique repose sur l'interrogatoire, les données
de l'examen clinique et les examens complémentaires.
INTERROGATOIRE :
L'interrogatoire précise :
- les circonstances d'apparition (traumatisme crânien, crises
convulsives, intervention chirurgicale).
- les antécédents médicaux récents ou anciens, en insistant sur
les affections chroniques pouvant se compliquer d'une confusion
(épilepsie, maladie de Parkinson, endocrinopathie, diabète,
insuffisance viscérale).
- le mode de vie (en particulier la consommation d'alcool et une
éventuelle toxicomanie).
- le comportement du sujet dans les semaines qui ont précédé.
- les traitements en cours, en insistant particulièrement sur
les traitements nouvellement introduits ou arrêtés.
EXAMEN CLINIQUE :
L'examen clinique sera le plus complet possible, même s'il est
de réalisation difficile en raison des troubles du comportement
et il doit en particulier rechercher :
- une fièvre.
- des signes neurologiques déficitaires focaux, un syndrome
méningé, un astérixis (mouvements amples de flexion-extension
des poignets et des mains), un tremblement.
- des signes végétatifs : sueurs, signes de déshydratation,
hypotension artérielle.
- des signes en faveur d'une pathologie générale associée.
EXAMENS COMPLEMENTAIRES :
Examens systématiques
Certains examens complémentaires sont réalisés de manière
systématique : NFS, VS, ionogramme sanguin et fonction rénale,
glycémie et calcémie.
En fonction du contexte
- Alcoolémie, recherche de toxiques dans le sang et dans les
urines, bilan hépatique et des gaz du sang.
- En cas de fièvre : hémocultures et ponction lombaire (en
l'absence d'hypertension intracrânienne) sont systématiques.
- Un scanner cérébral sera demandé en cas de signes
neurologiques focaux.
Electroencéphalogramme
L'électroencéphalogramme sera réalisé dès que possible et peut
apporter des arguments en faveur d'une intoxication
médicamenteuse, d'une encéphalite, d'un état confusionnel
post-critique.
Surtout, il permet de faire le diagnostic d'un état de mal
partiel à expression confusionnelle.
ETIOLOGIES :
Il existe différentes causes de syndrome confusionnel.
Certaines causes doivent être recherchées systématiquement mais,
en dehors de ces causes, il est utile de s'aider du contexte
pour éviter d'avoir recours à un catalogue d'étiologies.
Étiologies à rechercher systématiquement :
- Hypoglycémie.
- Troubles ioniques.
- Intoxication par des médicaments ou des produits
toxiques.
A noter que les benzodiazépines peuvent donner un syndrome
confusionnel dans deux circonstances : surdosage ou sevrage
brutal.
Confusion chez le sujet éthylique :
Ivresse aiguë
L'ivresse aiguë est facilement évoquée sur l'haleine,
l'interrogatoire de l'entourage et est confirmée par le dosage
de l'alcoolémie. La constatation d'une ivresse aiguë ne doit
cependant pas occulter d' autres diagnostics qui peuvent être
associés, comme une hypoglycémie ou une hémorragie méningée.
Delirium tremens
Le delirium tremens débute d'une manière insidieuse. Le
prédelirium tremens se caractérise par une instabilité de
l'humeur, une agitation, une insomnie, une anorexie et un
tremblement. A la phase d'état, on observe une insomnie totale
et un délire onirique augmenté la nuit et en cas de contention,
et caractérisé par des hallucinations (il s'agit fréquemment de
zoopsies ou d'hallucinations à thème professionnel).
- L'adhésion au délire est totale, expliquant une agitation qui
peut être majeure.
- A l'état confusionnel s'ajoutent :
- les tremblements, de bonne valeur sémiologique devant un état
confusionnel.
- et des signes généraux importants, en particulier des sueurs
profuses, parfois de la fièvre et une déshydratation.
L'existence d'un delirium tremens doit faire rechercher un
facteur déclenchant : sevrage alcoolique, infection,
traumatisme.
Encéphalopathie carentielle de Gayet-Wernicke
L'encéphalopathie carentielle de Gayet-Wernicke est liée à une
carence en vitamine B1 :
- elle se caractérise sur le plan clinique par un état
confusionnel avec des troubles mnésiques importants associés à :
- des paralysies oculomotrices.
- un nystagmus.
- une hypertonie oppositionnelle.
- un syndrome cérébelleux.
- d'autres encéphalopathies carentielles peuvent être associées,
en particulier la pellagre par carence en vitamine PP (avec
mélanodermie et diarrhée).
- le risque évolutif des encéphalopathies de Gayet-Wernicke est
la constitution d'un syndrome de Korsakoff .
- le traitement consiste en des injections parentérales de
vitamine B1 à forte dose.
Autres causes
Etiologie métabolique et en premier lieu :
- une hypoglycémie doit être recherchée systématiquement (dextro
puis glycémie).
- ainsi qu'une encéphalopathie hépatique chez le sujet
cirrhotique (dosage de l'ammoniémie).
Surtout s'il existe une anomalie à l'examen neurologique, une
pathologie intracrânienne doit être recherchée, et en
particulier :
- un hématome sous-dural chez un patient qui chute fréquemment.
- et une hémorragie méningée (scanner cérébral sans injection au
moindre doute).
Confusion et traumatisme crânien récent :
Un traumatisme crânien récent doit faire rechercher :
- une contusion cérébrale.
- une hémorragie méningée .
- un hématome sous-dural si le traumatisme date de quelques
semaines.
Confusion et fièvre :
La confusion et la fièvre doivent faire évoquer les causes
infectieuses, en particulier une méningo-encéphalite herpétique,
et imposent la ponction lombaire au moindre doute, après scanner
cérébral en cas de signes focaux.
Confusion et signes neurologiques en foyer :
La confusion et les signes neurologiques en foyer doivent faire
rechercher :
- un hématome sous-dural.
- une tumeur cérébrale (directement en raison d'une localisation
frontale ou indirectement par le biais d'une hypertension
intracrânienne).
- un accident vasculaire cérébral hémisphérique droit ou
bithalamique, surtout en cas de début brutal.
Confusion chez un sujet épileptique :
Une confusion chez un sujet épileptique doit faire évoquer trois
diagnostics :
- une confusion post-critique, dont la durée peut être longue
(plusieurs heures, voire plusieurs jours). La crise peut
éventuellement avoir été méconnue par le patient, par exemple si
elle a été nocturne.
- un état de mal partiel complexe (l'électroencéphalogramme est
alors l'examen roi).
- un surdosage médicamenteux, en particulier en barbituriques.
Confusion chez un sujet parkinsonien :
Une confusion chez un sujet parkinsonien doit faire rechercher :
- en tout premier lieu, un surdosage médicamenteux, surtout en
anticholinergiques et en agonistes dopaminergiques. la L-dopa
est plutôt l'antiparkinsonien le moins confusiogène.
- une affection intercurrente (infection urinaire surtout,
bronchite).
- une déshydratation.
Confusion aiguë régressive :
Une confusion aiguë régressive évoque :
- la prise d'un produit toxique.
- une confusion post-critique.
- une porphyrie aiguë intermittente.
Diagnostic différentiel
AFFECTIONS PSYCHIATRIQUES :
Bouffée délirante
Une bouffée délirante peut se présenter comme une
pseudo-confusion, mais le contact avec la réalité y est
conservé. Il n'y a pas de trouble de la vigilance, pas
d'altération des fonctions cognitives et
l'électroencéphalogramme est normal.
Accès maniaque
L'accès maniaque se différencie par l'humeur euphorique
caractéristique.
Mélancolie ou schizophrénie catatonique
La mélancolie ou la schizophrénie catatonique peuvent se
discuter devant une forme stuporeuse de confusion, mais on n'y
observe pas de désorientation.
AFFECTIONS NEUROLOGIQUES :
Aphasie de Wernicke
L'aphasie de Wernicke se distingue de la confusion par
l'existence de paraphasies abondantes pouvant aboutir à un
jargon. En leur absence, le diagnostic peut être difficile si le
patient est obnubilé.
Syndrome de Korsakoff
Le syndrome de Korsakoff, associant amnésie antérograde,
désorientation temporo-spatiale, fabulations, fausses
reconnaissances, n'a pas le caractère aigu du syndrome
confusionnel, mais peut constituer la séquelle définitive d'une
encéphalopathie de Gayet-Wernicke non ou mal traitée.
Ictus amnésique
L'ictus amnésique est un trouble aigu de la mémoire, de début
rapide, voire brutal, durant quelques heures, parfois après un
choc affectif :
- le trouble de la mémoire est massif et très pur.
- la conservation de la vigilance et de la conscience est
parfaite, ainsi que l'activité intellectuelle ne nécessitant pas
de mémoire.
- le sujet oublie au fur et à mesure et répète sans cesse les
mêmes questions concernant le temps et l'espace (“ où suis je ?
quel jour sommes-nous ? ”).
- l'examen neurologique et l'électroencéphalogramme sont
normaux.
Démence
La démence se différencie de la confusion par son évolution très
lente et progressive, l'absence de perplexité avec au contraire
une certaine anosognosie.
Toutefois, un état confusionnel peut survenir au cours d'une
démence et doit alors faire rechercher une cause : prise
médicamenteuse, déshydratation, infection intercurrente.
Le changement de résidence et de mode de vie est un facteur
déclenchant classique de confusion chez un patient dément.
Une confusion peut occasionnellement constituer le mode d'entrée
dans la démence.
Traitement
PREMIERES MESURES :
L' hospitalisation est indispensable, dans un service de
médecine.
Même s'il existe une agitation importante, il n'est pas
souhaitable d'hospitaliser ces patients en hôpital
psychiatrique.
Mise au calme
- Isolement sans contention (celle-ci aggrave souvent les
manifestations confusionnelles).
- Lumière tamisée (l'obscurité aggrave la confusion).
- Surveillance vigilante en raison du risque de fugue.
Voie d'abord
Mise en place d'une voie veineuse périphérique pour perfusion.
Examens complémentaires
- De manière systématique : NFS, VS, ionogramme sanguin, urée
sanguine, créatininémie, glycémie et calcémie.
- En fonction du contexte :
- alcoolémie, recherche de toxiques dans le sang et dans les
urines, bilan hépatique et gaz du sang.
- en cas de fièvre, hémocultures et ponction lombaire.
- scanner cérébral en cas de signes neurologiques focaux.
- Electroencéphalogramme dès que possible.
TRAITEMENT SYMPTOMATIQUE :
Réhydratation et rééquilibration hydroélectrolytique
2 à 5 l/j de glucosé à 5 % avec 4 g/l de NaCl et 2 g/l de KCl.
Chez le sujet éthylique
Association systématique de vitamine B1 (500 mg/j dans la
perfusion), vitamine B6 et PP.
Sédatifs
La prescription de sédatifs est le plus souvent inévitable en
raison de l'agitation du patient, mais doit être prudente car
ces médicaments peuvent masquer une aggravation de l'état de
conscience, attribuée à tort à ce traitement.
D'autre part, les benzodiazépines en particulier peuvent induire
une dépression respiratoire.
On utilise habituellement :
- méprobamate (Equanil*), 400 mg, 4 à 6 fois par jour, par voie
intramusculaire, tant que dure l'agitation. Passage à la forme
per os dès que le patient devient plus coopérant. Puis
diminution progressive des doses et arrêt.
- neuroleptiques en cas d'agitation majeure (Droleptan*, 1
ampoule en intramusculaire).
- benzodiazépines en cas de manifestations anxieuses importantes
(Tranxène*).
TRAITEMENT ÉTIOLOGIQUE :
Le traitement étiologique est capital :
- suppression des médicaments non indispensables et/ou
potentiellement confusiogènes. Toutefois, l'arrêt des
benzodiazépines devra être progressif pour éviter un syndrome de
sevrage.
- correction des troubles ioniques, d'une hypoglycémie.
- antibiothérapie adaptée en cas d'infection systémique ou de
méningite.
- Zovirax* en cas de méningo-encéphalite herpétique (commencer
le traitement dès la suspicion clinique, devant l'association
confusion, fièvre et méningite lymphocytaire, sans attendre le
dosage de l'interféron).
- Rivotril* à la seringue électrique en cas d'état de mal
partiel.
- traitement d'une affection endocrinienne.
PROPHYLAXIE :
La prophylaxie est essentielle :
- ne pas réintroduire un médicament similaire s'il a déjà
provoqué une confusion chez un individu.
- éviter tout médicament confusiogène sur certains terrains
(déments, vieillards).
- surveiller les prises médicamenteuses afin d'éviter un
surdosage.
- cure de sevrage chez les patients éthyliques.
- réadaptation du traitement anticomitial chez un patient
épileptique connu ou instauration s'il s'agit de la première
crise.
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