Entorses de la cheville
Cours de l'appareil locomoteur
Les entorses de la cheville sont
caractérisées sur le plan épidémiologique par la fréquence de
leur survenue, puisqu'elles constituent les accidents les plus
fréquents de la pathologie sportive de l'adulte, sur le plan
physiopathologique par la prédominance de l'atteinte du ligament
collatéral latéral (LCL), le mécanisme étant le plus souvent un
varus forcé se produisant en équin, et sur le plan sémiologique
par une apparente simplicité diagnostique et thérapeutique.
En fait, l'évaluation systématique de leur gravité doit
s'appuyer sur les données de l'interrogatoire, les signes
fonctionnels immédiats et retardés, l'examen clinique avec en
particulier la recherche de mouvements anormaux et le bilan
radiographique.
Ce diagnostic de gravité est donc un élément essentiel dont
découle un traitement adapté. Un défaut de prise en charge peut
exposer à une instabilité chronique de la cheville. L'absence de
reconnaissance de lésions ostéochondrales, fréquentes dans les
entorses graves, peut être source de douleurs chroniques et de
raideur séquellaire.
ANATOMIE :
Nous envisagerons successivement :
- les structures ligamentaires.
- les structures ostéo-articulaires.
Structures ligamentaires :
Les ligaments potentiellement lésés sont par ordre décroissant
de fréquence:
- le ligament collatéral latéral.
- les structures ligamentaires de voisinage.
- le ligament collatéral médial (LCM).
Ligament collatéral latéral
Le LCL est la structure la plus fréquemment lésée dans les
entorses de la cheville. Il est composé de trois faisceaux qui
sont, d'avant en arrière:
- le ligament talo-fibulaire antérieur, qui prend son origine
sur le bord antérieur de la malléole fibulaire et se termine sur
le talus en avant de la malléole latérale. un varus de cheville
le met en tension, en particulier si le pied est déjà en équin.
- le ligament calcanéo-fibulaire: ce faisceau moyen s'insère sur
la malléole latérale, sous le faisceau précédent et prend son
insertion distale sur la face latérale du calcanéus.
- le ligament talo-fibulaire postérieur: solide, il prend
naissance au sommet de la malléole latérale et se termine sur le
tubercule latéral du processus postérieur du talus.
Structures ligamentaires de voisinage
Certaines structures ligamentaires de voisinage peuvent être
lésées lors de ces traumatismes. Il faut retenir
essentiellement:
* les ligaments talo-fibulaires distaux antérieur et postérieur,
rarement concernés.
* les moyens d'union de l'articulation sous-talienne. outre la
capsule articulaire, il faut distinguer:
- le ligament talo-calcanéen latéral, qui s'étend du processus
latéral du talus vers le calcanéus.
- un ligament postérieur pendu du tubercule latéral de la face
postérieure du talus au calcanéus.
- les ligaments interosseux situés dans le sinus du tarse,
particulièrement solides.
Une entorse associée de l'articulation sous-talienne peut se
produire essentiellement lors d'une sollicitation en varus, pied
en angle droit.
Ligament collatéral médial
Le LCM comporte deux plans:
- un plan profond qui descend à la partie postérieure du corps
du talus depuis le sommet de la malléole médiale.
- un plan superficiel, le ligament deltoïde, qui naît sur le
bord antérieur de la malléole médiale, s'étend en éventail
au-dessus du plan profond pour se terminer sur le bord médial
des os du tarse. on lui distingue deux parties, une
tibio-talienne postérieure et une tibio-calcanéenne.
Structures ostéo-articulaires :
Nous nous contenterons ici d'un bref rappel anatomique sur les
articulations pouvant être concernées par un de ces
traumatismes.
Il s'agit au premier chef des articulations tibio-talienne,
sous-taliennes, médio-tarsienne, tibio-fibulaires.
Articulation tibio-talienne
Articulation trochléenne, l'articulation tibio-talienne unit la
mortaise tibio-talienne au talus.
* Cette mortaise, plus large en avant qu'en arrière, est
constituée en haut et dans sa partie médiale par la surface
articulaire de l'extrémité inférieure du tibia et de la malléole
médiale.
* La surface articulaire supérieure du talus en forme de poulie,
plus large en avant qu'en arrière, répond à la surface
articulaire de l'extrémité inférieure du tibia, tandis que deux
facettes, l'une latérale, l'autre médiale, s'articulent
respectivement avec la malléole fibulaire et la malléole
médiale.
Ces surfaces articulaires peuvent être le siège de lésions
ostéo-articulaires pouvant aller de la simple fissure à une
fracture ostéochondrale déplacée nécessitant à elle seule un
acte chirurgical. Ces lésions sont d'autant plus fréquentes que
l'entorse est sévère.
Articulation sous-talienne
L'articulation sous-talienne se compose en fait de deux
articulations:
- l'articulation talo-calcanéenne postérieure qui unit les
surfaces articulaires postérieures du calcanéus et du talus,
respectivement en forme de segment de cône et creusée en
gouttière s'adaptant à la précédente.
- l'articulation talo-calcanéenne antérieure forme en fait une
même et seule articulation talo-calcanéo-naviculaire.
Son entorse grave est signée par la lésion du ligament
interosseux talo-calcanéen ou ligament en "haie" qui est pour
certains auteurs une indication chirurgicale.
Articulation médio-tarsienne
L'interligne médio-tarsien comprend deux articulations:
- l'articulation talo-naviculaire, condylienne, dont les moyens
d'union sont une capsule et des ligaments, au nombre de quatre,
faisceaux de renforcement de cette dernière.
- l'articulation calcanéo-cuboïdienne.
L'interligne de ces deux articulations est à direction
transversale.
Articulations tibio-fibulaires
Les articulations tibio-fibulaires sont au nombre de deux:
* l'articulation tibio-fibulaire supérieure présente une capsule
renforcée par deux ligaments antérieur et postérieur. Elle peut
être le siège d'entorse voire d'une luxation pouvant imposer sa
réduction et sa fixation temporaire.
* l'articulation tibio-fibulaire inférieure, sans surface
articulaire revêtue de cartilage. La fibula est unie à ce niveau
à la face latérale de l'extrémité inférieure du tibia par deux
ligaments tibio-fibulaires antérieur et postérieur et par un
ligament interosseux qui s'étend en bas jusqu'aux surfaces
articulaires tibiale et fibulaire de l'articulation
tibio-tarsienne.
Entorse du ligament collatéral latéral :
Dans les entorses de la cheville, l'atteinte du LCL est
nettement prédominante.
Nous choisirons donc d'en développer à la fois les mécanismes
lésionnels, les éléments diagnostiques et thérapeutiques et nous
envisagerons au chapitre correspondant les éléments à retenir
pour les lésions intéressant les autres structures
ligamentaires.
MECANISMES LESIONNELS :
Mécanismes de lésions du ligament collatéral latéral :
Le mécanisme le plus souvent en cause dans les entorses de la
cheville est un varus forcé se produisant le plus souvent en
équin, parfois en angle droit, rarement en talus.
La prédominance de ce mécanisme tient à deux éléments :
- d'une part, une différence de solidité entre les structures
ostéo-ligamentaires médiale et latérale de la cheville.
- d'autre part, physiologiquement, des mouvements d'inversion
naturellement favorisés par rapport à l'éversion et une
supination plus ample que la pronation, ce qui crée une
asymétrie naturelle dans la direction et l'amplitude des
mouvements de la cheville.
En varus équin, le LCL est très exposé. Le faisceau antérieur
est alors seul tendu sur le chevalet représenté par la facette
fibulaire de l'os naviculaire. De plus, il existe des éléments
stabilisateurs "dynamiques de la cheville" représentés par les
muscles courts et longs fibulaires qui, par leur contraction,
protègent le LCL. Néanmoins, en fonction de l'importance du
stress appliqué à la cheville et de la rapidité de contraction
de ces muscles, les ligaments ne bénéficiant plus de cette
"protection active" sont alors directement exposés.
Schématiquement, en fonction de l'importance du stress, la
"chronologie lésionnelle" est la suivante.
* Le faisceau antérieur "ligament de l'entorse" est toujours
lésé en premier.
* La gravité de l'entorse est caractérisée par la propagation
des lésions au-delà de ce faisceau.
- La rupture du faisceau antérieur du LCL se fait
préférentiellement en plein ligament, celle du ligament
calcanéo-fibulaire plutôt à sa partie moyenne, parfois sur son
insertion fibulaire.
- A signaler qu'une désinsertion calcanéenne de ce faisceau peut
entraîner son positionnement au-dessus des tendons fibulaires et
empêcher sa cicatrisation spontanée.
- Enfin, le ligament talo-fibulaire postérieur présente
généralement une lésion longitudinale n'entraînant aucune
désinsertion, ce qui favorise sa cicatrisation spontanée.
* La capsule de l'articulation talo-crurale peut être intéressée
dans le cadre des entorses graves. Elle est le plus souvent
lésée à sa partie moyenne, quelquefois à son insertion tibiale.
La propagation de ces lésions en avant constitue un facteur de
gravité de l'entorse.
Castaing a défini une classification établissant la gravité
d'une entorse en fonction du degré d'atteinte du LCL.
Conséquences d'une entorse du ligament collatéral latéral :
La rupture ligamentaire se traduit par des mouvements anormaux
qu'il faudra rechercher dans les plans sagittal et frontal, le
plus souvent à distance du traumatisme compte tenu des
difficultés de mise en évidence dans un contexte algique.
Instabilité frontale
L'instabilité frontale se traduit par un bâillement externe de
l'articulation talo-crurale lors de la mise en varus de la
cheville.
Retrouvé uniquement en équin lorsque l'atteinte du faisceau
antérieur est isolée, s'il persiste également en angle droit, ce
bâillement signe alors une atteinte des faisceaux moyen et/ou
postérieur.
L'importance du bâillement dépend uniquement du nombre de
faisceaux lésés. A la radiographie, ce bâillement se traduira
par un diastasis tibio-talien quantifié en degrés.
Instabilité horizontale ou sagittale
L'instabilité horizontale ou sagittale se traduit par une
translation antérieure du talus. Cette translation sera:
- antérieure pure, s'il existe une lésion du faisceau antérieur
et de la partie antérieure du LCM.
- obtenue uniquement lorsque le pied est en rotation interne si
le LCM est intact.
Le LCM sert alors de charnière aux mouvements.
Là encore, l'amplitude de cette translation augmente avec le
nombre de faisceaux rompus. A la radiographie, ce mouvement
anormal se traduit par un tiroir antérieur mesuré en
millimètres.
DIAGNOSTIC :
Les éléments du recueil clinique suffisent le plus souvent au
diagnostic d'entorse du LCL et à l'évaluation de sa gravité.
Cette démarche diagnostique comprend les étapes suivantes:
- l'interrogatoire, qui reste essentiel.
- l'examen clinique, qui s'attachera principalement à mettre en
évidence des mouvements anormaux dans les plans frontal et
sagittal.
- le bilan radiographique aura pour but essentiel de confirmer
la gravité de l'entorse, d'éliminer des lésions associées,
fréquentes dans ce cas et de quantifier les laxités. Il sera
effectué de manière non systématique, son utilité étant définie
à partir des critères d'Ottawa énoncés plus loin.
Diagnostic clinique :
Interrogatoire
L'anamnèse demeure une étape essentielle du diagnostic et doit
rechercher :
* le mécanisme lésionnel qui sera le plus souvent un varus équin
forcé ou un varus isolé forcé.
* les circonstances de survenue du traumatisme allant du simple
faux pas à l'accident sportif. Signalons que les accidents du
travail et les accidents de la voie publique sont pourvoyeurs de
lésions en règle générale plus fréquemment sévères.
* les caractéristiques de la douleur initiale, évoluant
théoriquement en trois phases comportant une phase algique,
aiguë, un intervalle libre de 2 à 3 heures, puis l'installation
d'un fond douloureux permanent. Dans les faits, cette douleur
initiale est très variable, sans véritable parallélisme
anatomoclinique. En revanche, une douleur insomniante la nuit
suivant le premier traumatisme est un bon critère de gravité.
* le degré de l'impotence fonctionnelle. Là encore le
parallélisme anatomoclinique n'est pas respecté et ce critère
n'est pas fiable concernant l'évaluation de la gravité. Seuls
les éléments de la phase initiale, l'appui douloureux et la
boiterie fréquente, semblent être constants.
* la notion de craquement ou d'une sensation douloureuse de
déchirure sont des éléments péjoratifs à rechercher constamment.
* la recherche d'un "œuf de pigeon" post-traumatique immédiat.
Cette tuméfaction pré-malléolaire et sous-malléolaire disparaît
en 3 à 4 heures, noyée dans l'œdème post-traumatique. Ce signe,
essentiellement d'anamnèse, traduit la gravité de l'entorse et
impose un bilan radiographique.
* on pourra également rechercher à l'interrogatoire des signes
moins contributifs concernant l'évaluation de la gravité de
l'entorse comme:
- l'apparition d'une ecchymose et sa diffusion, de valeur
essentiellement localisatrice.
- l'importance du gonflement articulaire.
Examen clinique
Les signes que l'on pourra enregistrer lors de cet examen seront
fonction de la précocité de ce dernier.
* Dans les suites immédiates du traumatisme, on pourra
retrouver:
- le signe de la coquille d'œuf de Roberte-Jaspar correspondant
à l'hématome en œuf de pigeon précédemment décrit.
- le signe de Clayton, correspondant à la visualisation d'un
sillon apparaissant entre le talus et la fibula lorsque le pied
est porté en varus équin. Ce signe est difficile à rechercher
chez un patient algique en phase initiale.
* En général, l'examen est le plus souvent conduit à distance du
traumatisme. En pratique, les deux tableaux les plus souvent
rencontrés sont:
- une cheville très œdématiée, très algique, cas où il convient
d'effectuer un bilan radiographique standard pour éliminer une
lésion osseuse avant de conduire l'examen clinique.
- une cheville peu symptomatique, facilement examinable.
L'examen devra être, dans tous les cas, conduit de manière
systématique, comportant:
* une inspection recherchant:
- une attitude anormale en varo-équinisme sur un patient aux
muscles relâchés, jambe pendante.
- un gonflement des culs-de-sac périarticulaires ou diffus et
une ecchymose.
* la palpation recherchera un épanchement au niveau des
culs-de-sac antérieur et postéro-latéral.
* le temps essentiel de cet examen clinique est l'étude des
mouvements articulaires, conduite en modes actif et passif, à la
recherche d'une limitation de la mobilité dans chaque secteur de
mobilité des différentes articulations en cause, traduite par
une diminution des amplitudes articulaires, et de mouvements
anormaux dans le plan frontal et sagittal. On testera
successivement:
- l'articulation tibio-fibulaire inférieure.
- l'articulation tibio-talienne.
- l'articulation sous-talienne.
- l'articulation calcanéo-cuboïdienne.
- l'articulation talo-naviculaire.
- l'articulation cuboïdo-métatarsienne.
- l'articulation tibio-fibulaire supérieure.
* la recherche des mouvements anormaux est un temps essentiel de
cet examen, puisqu'ils traduisent une mobilité anormale du talus
dans la mortaise tibio-fibulaire. Leurs constatations permettent
à elles seules d'affirmer la rupture ligamentaire. On
recherchera:
- dans le plan frontal, un bâillement tibio-talien, qui se
traduit par l'augmentation du varus de l'arrière-pied par
rapport au côté sain, et la perception d'un sillon
fibulo-talien, le pied étant en inversion, et un ballottement ou
choc talien. le pied porté en flexion plantaire, on subluxera le
talus en dedans et on le ramènera à sa position initiale. La
butée du talus contre la face médiale de la malléole fibulaire
sera perçue comme un choc. Ce signe semble être un excellent
indicateur d'une instabilité dans le plan frontal.
- dans le plan sagittal, un tiroir talien antérieur qui traduit
l'instabilité antéro-postérieure. Plusieurs manœuvres sont
décrites pour rechercher ce signe, le but commun étant de
provoquer l'avancée du pied par rapport au segment jambier ou le
recul de la jambe par rapport au pied. Dans le cadre d'entorse
fraîche, seule la recherche du tiroir antérieur reste possible.
Dans tous les cas, la suspicion à l'interrogatoire de lésions
anatomiques graves impose de faire précéder la recherche de
mouvements anormaux par une radiographie standard permettant
d'éliminer au préalable toute lésion osseuse associée.
*la recherche de points douloureux avec six points douloureux
classiques qui seront recherchés systématiquement.
Lorsque l'examen est conduit chez un patient plus tardivement,
le bilan radiographique est essentiel pour déterminer la gravité
d'une entorse.
Bilan paraclinique :
Le bilan radiographique correspond à l'essentiel du bilan
paraclinique.
L'arthrographie opaque par voie antéro-interne est un examen qui
ne présente un intérêt qu'en cas d'opacification de la gaine des
muscles fibulaires signant la rupture du faisceau moyen du LCL.
La recherche d'une extravasation comporte un nombre non
négligeable de faux positifs et explique la faible place de cet
examen dans le bilan des entorses de la cheville.
Le bilan radiographique sera contributif si on sait répondre à
plusieurs questions avant de l'effectuer.
* Doit-on effectuer systématiquement des radiographies de la
cheville en présence d'une entorse? Les critères d'Ottawa
permettraient d'éviter 30% des radiographies inutiles lors du
bilan initial. En effet, on pratiquera les clichés standards dès
lors que l'on retrouvera l'un des critères suivants:
- une douleur à la palpation osseuse du bord postérieur de l'une
des deux malléoles (sur 6cm de hauteur).
une douleur à la palpation de l'os naviculaire ou de la base du5è
métatarsien.
- une impossibilité de se mettre en appui, de faire quatre pas
juste après le traumatisme.
- un âge supérieur à 55 ans.
Rappelons néanmoins que ces critères ne sont pas admis par tous
les auteurs, et que pour certains d'entre eux la pratique
systématique de clichés standard demeure la règle.
* Quand doit-on effectuer ces examens?
- Comme nous l'avons évoqué précédemment, les clichés standards
devront être pratiqués dès lors qu'il existe des critères
cliniques de gravité.
- Un aspect de cheville en "patate", à l'inspection, devra les
faire effectuer avant toute manipulation pour éliminer
l'existence d'une fracture ou d'une lésion ostéochondrale
associée.
- Les clichés dynamiques devront dans la majorité des cas être
effectués à distance de la phase algique à cause de leur
difficulté d'interprétation chez un patient réticent et, avec
raison, peu compliant.
* Quelles radiographies doit-on faire et quels signes doit-on
rechercher? Le bilan radiographique comportera suivant le cas
des clichés standard et des clichés dynamiques.
Clichés standards
Ce bilan comprendra de manière systématique:
* une incidence de face qui recherchera une fracture malléolaire
latérale ou un arrachement, un élargissement tibio-talien
médial, une fracture malléolaire médiale ou un arrachement, un
diastasis tibio-fibulaire.
* une incidence de face en rotation interne de 20° qui pourra
mettre en évidence une fracture de la trochlée talienne en
situation supéro-médiale ou supéro-latérale, une diminution du
chevauchement tibio-fibulaire inférieur, une image en "coup
d'ongle" pouvant traduire une luxation fibulaire.
* une incidence de profil pouvant mettre en évidence une
fracture malléolaire latérale, une fracture de l'os naviculaire,
une fracture du col du talus, une fracture du tubercule latéral,
du processus postérieur du talus, une fracture marginale du
tibia, un arrachement capsulaire au niveau du col du talus.
un déroulé du pied. cette incidence permettra de mettre en
évidence une fracture du cuboïde, une fracture de l'os
naviculaire, une fracture du5è
métatarsien, un arrachement capsulo-capsulaire
calcanéo-cuboïdien.
Ces clichés standards éliminent donc une fracture de la pince
malléolaire, montrent parfois des arrachements osseux liés à la
désinsertion ligamentaire, ce qui a valeur d'entorse grave ou
des lésions associées.
Clichés dynamiques
Les clichés dynamiques seront toujours comparatifs, ce pour
éliminer une laxité constitutionnelle qui représente dans 30%
des cas un diagnostic différentiel d'entorse grave de la
cheville. Ces clichés comportent :
* des clichés en varus équin forcé, réalisés avec 15 à 20° de
rotation interne:
- lorsque le bâillement est de 10 à 15°, il signe une rupture du
faisceau antérieur.
- un bâillement de 20 à 25° signe une lésion associée du
faisceau moyen.
- lorsque le bâillement est au-delà de 25° jusqu'à 45°, il
s'agit d'une rupture des trois faisceaux.
- à signaler que les laxités physiologiques ne dépassent pas
10°.
- l'intérêt essentiel de cette quantification est de préciser le
nombre de faisceaux lésés.
* un profil avec tiroir talien antérieur. Cette incidence
s'obtient le patient étant en décubitus dorsal avec un rayon
horizontal centré sur la pointe de la malléole latérale.
- Le tiroir talien est présent lorsque la partie antérieure de
la trochlée talienne se dégage par rapport à la marge antérieure
du tibia.
- Cette translation vers l'avant est appréciée sur la ligne
tendue entre la marge postérieure du tibia et le centre du
talus.
- Lorsque ce tiroir est de 8 à 10mm on considère que seul le
faisceau antérieur est rompu, entre 10 et 15mm, la lésion
intéresse également le faisceau moyen, et au-delà de 15mm les
trois faisceaux sont lésés.
L'ensemble de ces éléments diagnostiques à la fois cliniques et
paracliniques permet de dégager un certain nombre de critères de
gravité d’une entorse du LCL.
LESIONS ASSOCIEES :
Dans 10% des cas les entorses du LCL sont accompagnées de
lésions osseuses.
Fractures :
Les fractures à éliminer dans ce contexte intéressent:
- le rebord antérieur du tibia ou le col du talus.
- la malléole postérieure ou le tubercule latéral du processus
postérieur du talus .
- la grande apophyse du calcanéus.
- le cuboïde.
- la tubérosité du 5e métatarsien.
- la fibula.
- la pointe de la malléole latérale.
- la fracture de la malléole latérale.
- la fracture de l'apophyse latérale du talus.
- les fractures ostéochondrales de la trochlée talienne surtout
latérales et souvent chirurgicales.
Lésions ostéochondrales du talus :
Le talus peut être le siège de lésions ostéochondrales dans 11%
des cas, les lésions peuvent aller de l'impaction cartilagineuse
à la fracture ostéochondrale déplacée ou non. Il importe d'en
faire le diagnostic pour éviter la survenue de douleurs
persistantes, de craquements articulaires et d'instabilité
chronique.
Des fractures parcellaires du talus peuvent survenir,
intéressant:
* la tête, elles sont alors plutôt contemporaines d'une entorse
médio-tarsienne. Le plus souvent elles se rencontrent dans les
luxations médio-tarsiennes. Leur étude se fait au mieux par
l'incidence de face dorso-plantaire prétibiale.
* le tubercule postérieur, où les fractures sont plutôt
associées aux luxations sous-taliennes isolées de traitement
orthopédique, contrairement aux fractures du massif des
tubérosités.
* la poulie astragalienne. ces fractures intéressent le versant
médial ou latéral et s'associent volontiers aux entorses graves
de la cheville. Selon le mécanisme lésionnel, la lésion
intéressera la partie antérieure du bord supéro-externe de la
poulie ou la partie postérieure de son bord supéro-interne.
Bernot et Harty décrivent quatre stades de fracture
ostéochondrale de la poulie astragalienne :
- stade 1, simple image de condensation trabéculaire
sous-chondrale.
- stade 2, fissuration du fragment ostéochondral avec rupture du
LCL.
- stade 3, libération du fragment se déplaçant sur place et
pouvant se retourner.
- stade 4, déplacement du fragment se comportant comme un corps
étranger intra-articulaire.
Leur recherche s'effectue sur un cliché de face en rotation
interne à 20° pour éviter la superposition des malléoles sur
l'astragale, le cliché de profil strict permet de situer le
fragment dans le plan sagittal.
Si les stades 1 et 2 sont à traiter en orthopédie dans la
majorité des cas, les fragments déplacés font discuter une
chirurgie en urgence, visant à fixer un fragment suffisamment
important et peu déplacé ou à pratiquer l'ablation d'un corps
étranger gênant la cinétique articulaire.
A distance, ces lésions peuvent faire la gravité d'une entorse
en étant responsables de douleurs, de raideur et d'une évolution
arthrosique sur une cheville qui au demeurant aura retrouvé sa
stabilité.
Complications nerveuses :
Les complications nerveuses sont rares et accompagnent
essentiellement les entorses graves.
Il s'agit de ruptures traumatiques du nerf fibulaire superficiel
ou de l'une de ses branches et des lésions des nerfs fibulaires
communs et tibiales.
Autres entorses de la région :
D'autres ruptures ligamentaires et structures ostéo-articulaires
peuvent être en cause dans les traumatismes de la cheville.
Elles constituent le plus souvent le diagnostic différentiel des
entorses du LCL. il convient donc d'en connaître les
particularités sémiologiques pour ne pas négliger leur
diagnostic.
ENTORSE DU LIGAMENT COLLATERAL MEDIAL :
Les entorses du LCM sont rarement, voire jamais, isolées et sont
le plus souvent associées à une fracture de la malléole
latérale, réalisant alors un équivalent de fracture
bimalléolaire.
Le tableau associe une ecchymose sous-malléolaire médiale et une
douleur à la palpation ligamentaire.
L'incarcération potentielle du LCM peut empêcher une réduction
de la malléole latérale et impose alors un abord chirurgical.
Cet abord est par ailleurs systématique pour certains auteurs
dans la réparation de ces fractures équivalant à des fractures
bimalléolaires.
ENTORSES DES LIGAMENTS TIBIO-FIBULAIRES INFERIEURS :
Les entorses des ligaments tibio-fibulaires inférieurs sont
exceptionnelles, elles sont le fait essentiellement de
traumatismes en torsion externe et sont presque toujours
associées à une fracture malléolaire ou à une luxation
talo-crurale.
Le tableau associe ici une douleur antérieure reproduite par la
rotation externe du pied.
Leur équivalent correspond à un arrachement :
- de leur insertion tibiale, elle constitue pour le ligament
tibio-fibulaire antérieur une fracture du Tillaux-Chaput pour le
ligament tibio-fibulaire postérieur une fracture marginale
postérieure.
- de leur insertion fibulaire. il s'agit d'une fracture de
Chaput-Schwarwz.
L'indication chirurgicale caractérisée par la mise en place
d'une vis de syndesmodèse ne sera licite que si les deux
ligaments sont rompus. En effet, la persistance d'un diastasis
tibio-fibulaire peut être à l'origine d'une instabilité
transversale de l'articulation talo-crurale.
ENTORSES SOUS-TALIENNES :
Souvent associées à des lésions talo-crurales et
médio-tarsiennes, elles doivent être évoquées dès lors qu'il
existe une douleur traînante après traumatisme en éversion.
Le tableau associe une douleur latérale à la palpation du sinus
du tarse ou lors de la marche sur un terrain irrégulier.
Les différentes variétés sémiologiques distinguent :
- l'entorse bénigne équivalant à une lésion du faisceau moyen du
LCL et du ligament talo-calcanéen latéral.
- l'entorse grave qui correspond à une atteinte du ligament
talo-calcanéen interosseux ou ligament "en haie". Cette
distinction a un objectif thérapeutique dans la mesure où les
formes bénignes sont orthopédiques. La chirurgie est, selon
certains auteurs, immédiate en cas d'atteinte du ligament "en
haie" et consiste en une ligamentoplastie selon la technique de
Vidal.
- une troisième variété sémiologique peut être décrite. Elle
correspond à une luxation sous-talienne qui associe aux
atteintes précédentes une déchirure des formations
talo-naviculaires.
ENTORSES MEDIO-TARSIENNES :
Les entorses médio-tarsiennes surviennent dans deux cadres :
- soit isolément et elles sont dues à un traumatisme en flexion
plantaire forcée.
- soit en association avec une entorse sous-talienne.
Le diagnostic est évoqué devant des points douloureux de la face
dorsale du pied en regard de l'interligne de l'articulation
transverse du tarse.
En dehors des entorses, il existe d'autres pathologies pouvant
faire l'objet de diagnostics différentiels:
- la luxation traumatique des tendons fibulaires. Rare, elle
associe une sensation de ressaut du tendon ressentie par le
patient à la face latérale de la cheville en pronation et
extension contrariée et une douleur provoquée à la palpation
rétromalléolaire latérale.
- les fractures de la malléole latérale peu ou pas déplacées. le
point douloureux est plutôt osseux que ligamentaire et la
radiographie lève le doute.
Traitement des entorses de la cheville :
TRAITEMENT DES ENTORSES DU LIGAMENT COLLATERAL LATERAL :
Le traitement du LCL est essentiellement fonctionnel ou
orthopédique. La chirurgie des lésions ligamentaires en urgence
occupe une place théorique, celle des lésions ostéo-articulaires
restant seule d'actualité initialement.
A la phase initiale, le traitement des entorses latérales repose
sur le protocole "GREC" (pour glaçage, repos, élévation,
contention). La contention ne sera mise en place qu'après
régression de l'œdème entre J2 et J4. Les modalités de cette
contention sont très variables en fonction des équipes.
Quels sont les moyens de prise en charge à disposition ?
Eléments à disposition
Pour prendre en charge une entorse de la cheville, on dispose
des éléments suivants :
* les moyens adjuvants locaux sont représentés par la
cryothérapie (vessie de glace, bain de pied glacé, massage à la
glace), l'électrothérapie à but antalgique ou dans le cadre de
l'ionisation. Ils sont utilisés en complément d'un strapping ou
d'un taping.
* la simple mise en décharge et sans contention immobilisant
l'articulation est insuffisante tant sur le plan du résultat
antalgique immédiat que sur celui du résultat fonctionnel
ultérieur.
* le strapping, bandage élastique hypoallergique, vise à
empêcher toute sollicitation en varus en conservant la mobilité
talo-crurale en flexion-extension. La remise en charge est
rapide. Le bandage doit être changé chaque fois qu'il est
détendu, en vérifiant la tolérance cutanée du malade. Le
strapping est un traitement adapté en cas d'entorse bénigne. Son
utilisation dans les entorses graves chez des patients sportifs
ne voulant pas interrompre leurs activités, bien que préconisée
par certains auteurs, ne semble pas avoir fait la preuve de son
efficacité.
* le taping est un bandage non élastique utilisé surtout dans la
prévention des entorses du sujet sportif.
* la botte plâtrée, confectionnée pied en angle droit, sans
aucun varus, est la solution en cas d'entorse grave. Elle se
discute en cas de bénignité selon les écoles. Sa confection se
fera en général en deux temps, avec une attelle postérieure
pendant la phase d'œdème et circularisation après sa fonte soit
4 jours en moyenne après le traumatisme. Aujourd'hui, la résine
remplace avantageusement le plâtre lors de la confection de la
botte définitive. La durée de l'immobilisation est également
discutée. une entorse grave nécessite en moyenne 5 semaines.
* actuellement une contention semi-rigide, type Air-cast, permet
un maintien de la cheville dans le plan frontal en conservant
les mouvements de flexion-extension. Elle s'adapte aux reliefs
osseux par des coussins latéraux gonflables (en fonction des
indications) et permet un chaussage. La décharge partielle du
membre inférieur est conseillée. Elle peut remplacer la botte
plâtrée dont elle partage les indications, certains auteurs
l'utilisant même dans le traitement orthopédique des fractures
malléolaires.
* la chirurgie en urgence est à l'heure actuelle théorique en
dehors des entorses présentant des lésions associées
ostéo-articulaires nécessitant un geste de fixation (fracture
malléolaire latérale déplacée) ou d'exploration, d'exérèse ou de
traitement conservateur (lésions ostéochondrales). En effet,
Evans a montré que la suture chirurgicale primaire du LCL n'est
pas plus efficace et entraîne plus de complications que le
traitement orthopédique.
* la rééducation est un complément indispensable de tous les
procédés précédents. Successivement seront entrepris: un
entretien de la souplesse articulaire en flexion-extension, puis
une musculation des stabilisateurs de la cheville et, enfin, un
travail de proprioception, cette dernière étant essentielle pour
éviter les éventuelles instabilités d'effort pouvant être
constatées à distance du traumatisme.
Orientations thérapeutiques
En fonction de la gravité de l'entorse, trois orientations
thérapeutiques peuvent être envisagées:
* le traitement fonctionnel, basé sur une absence
d'immobilisation et une reprise rapide des activités. Il
comporte deux phases, initiale pendant 24 à 48 heures luttant
contre les douleurs, le gonflement articulaire et la gêne
fonctionnelle, et une phase de récupération de la mobilité de la
cheville, de reprise de la marche et des activités physiques.
* le traitement orthopédique qui correspond à la mise en place
d'une botte plâtrée. Les contentions semi-rigides peuvent
partager ses indications. En permettant une mise en charge plus
rapide, elles rendent possible la diminution du temps de
traitement anticoagulant et pourraient minimiser, de manière
indirecte, le risque de survenue d'une phlébite.
* le traitement par contention souple, type strapping.
Dans tous les cas, des mesures adjuvantes et un traitement
anti-inflammatoire pendant 5 jours sont des mesures efficaces
contre la douleur et l'œdème.
Un traitement anticoagulant devra être instauré durant toute la
période de mise en décharge. Actuellement les héparines de bas
poids moléculaire à dose préventive sont la solution couramment
retenue.
Quelles sont les indications à retenir ?
Bien qu'un consensus ne soit pas encore établi, les schémas
thérapeutiques suivants sont couramment retenus.
Entorses bénignes
Pour les entorses bénignes sans bâillement radiologique, un
traitement par contention souple ou un traitement fonctionnel
restent les plus adaptés.
- Un strapping sera conservé jusqu'à disparition des signes
cliniques, soit en moyenne 3 semaines.
- La réfrigération de l'articulation pendant 3 jours et la
prescription d'anti-inflammatoires par voie générale pendant 4 à
5 jours sont des compléments habituels, ainsi que la
rééducation.
- Une mise en décharge temporaire et une surélévation du membre
traumatisé sont des mesures immédiates efficaces pour lutter
contre l'œdème.
L'absence d'amélioration clinique rapide doit faire remettre en
cause le diagnostic de bénignité, faire pratiquer des clichés
dynamiques et orienter vers un mode de contention plus strict.
Entorses de moyenne gravité
Pour les entorses de moyenne gravité deux modalités restent
possibles sous la forme d'un traitement fonctionnel précédemment
décrit, d'un traitement orthopédique par botte plâtrée de marche
ou par contention semi-rigide.
Entorses graves
Pour les entorses graves, la prise en charge reste plus
controversée.
* Le strapping n'est pas adapté. Il peut être toléré pour des
sportifs ne voulant pas interrompre leurs activités. Il doit
alors être associé à une rééducation précoce et une réinsertion
sportive rapide. Cela est possible dans ce cas particulier car
ces patients possèdent une musculature stabilisatrice en mesure
de compenser une laxité chronique éventuelle.
* La chirurgie est affaire d'exception pouvant être envisagée
chez un sujet jeune sollicitant beaucoup son articulation pour
un bâillement supérieur à 15° et ne voulant pas courir le risque
d'une réintervention pour laxité chronique. Elle consistera en
une suture primaire du LCL.
* L'immobilisation plâtrée reste la règle dans le traitement de
la majorité des entorses graves. Sa durée sera en moyenne de 5
semaines.
* Les entorses graves sur instabilité chronique sont un cas
particulier. Elles seront le plus souvent traitées en orthopédie
à la phase aiguë puis le patient suivra une rééducation. Le
traitement de l'instabilité sera envisagé secondairement, à
distance du traumatisme, en cas d'échec de la rééducation
proprioceptive.
Entorses chez l'enfant et l'adolescent
Les entorses sont rares avant l'âge de 12 ans (le même mécanisme
lésionnel provoque alors un décollement épiphysaire). Ces
entorses partagent la même analyse clinique et radiographique
que chez les adultes.
Rééducation :
Une rééducation proprioceptive et des stabilisateurs de la
cheville, après la phase initiale, préviendront la survenue
d'une instabilité d'effort fréquemment rencontrée au décours de
ces traumatismes.
Cette forme d'instabilité relève plus d'un défaut de contrôle de
l'articulation dans l'espace que de lésions anatomiques.
La désorganisation des schémas de proprioception par atteinte
traumatique des récepteurs locaux et le défaut d'information
proprioceptive lié à l'immobilisation semblent être autant de
facteurs concourant à l'installation de ce type d'instabilité.
TRAITEMENT DES AUTRES ENTORSES :
* L'entorse du ligament controlatéral médial est rarement isolée
et plutôt associée à une fracture de la malléole latérale dans
un tableau de fracture équivalent bimalléolaire.
Pour certains auteurs, un abord malléolaire interne est
systématique pour pratiquer sa suture. Pour d'autres, seules une
difficulté de réduction de la malléole latérale ou la
persistance d'un diastasis tibio-talien interne après réduction
nécessitent cette chirurgie.
* Le traitement de l'entorse sous-talienne est le plus souvent
orthopédique, une lésion du ligament en "haie" pouvant faire
discuter un acte chirurgical d'urgence.
Cette éventualité demeure rare, le diagnostic d'entorse
sous-talienne grave étant le plus souvent retardé, compte tenu
des difficultés rencontrées pour l'établir de manière formelle.
Les luxations sous-taliennes doivent être réduites en urgence
par des manœuvres externes le plus fréquemment.
* L'entorse médio-tarsienne justifie généralement une prise en
charge orthopédique dont la durée est discutée, en fonction de
leur gravité, et est en moyenne de 3 semaines à 1 mois
d'immobilisation.
* En règle associée à une entorse du LCM, l'entorse
tibio-fibulaire inférieure se traite en même temps que celle-ci.
Seul un diastasis tibio-fibulaire inférieur nécessite la mise en
place chirurgicale d'une vis de syndesmodèse temporaire.
Conclusion :
Une bonne évaluation de la gravité de ces entorses, le plus
souvent par un diagnostic clinique précis, est à la base des
choix thérapeutiques essentiels pour la récupération ad integrum
de la fonction articulaire après une entorse de la cheville.
Cela passe par une bonne connaissance des données anatomiques
locales et de la physiopathologie de ces traumatismes.
Les lésions associées ostéo-articulaires recherchées
systématiquement, notamment dans le cadre des entorses graves,
peuvent à elles seules justifier une intervention chirurgicale
en première intention. L'absence de reconnaissance des lésions
étendues ou un traitement inadapté exposent à une instabilité
chronique de la cheville et les lésions ostéochondrales sont
fréquemment source de douleurs chroniques et de raideur
articulaire.
Les traitements fonctionnel ou orthopédique restent la règle
dans les entorses bénignes ou de moyenne gravité, la chirurgie
est affaire d'exception dans les entorses graves et consistera
alors en une suture primaire des lésions ligamentaires.
La rééducation est un impératif thérapeutique dont les modalités
sont à adapter cas par cas mais qui devra toujours comporter une
phase secondaire de réintégration proprioceptive et un travail
des muscles stabilisateurs de la cheville, essentiel pour
prévenir une récidive ou l'installation d'une instabilité
d'effort.