L’infection est l’agression d'un organisme par un ou plusieurs
agents pathogènes :
•Virus
•Bactéries
•Champignons
•Parasites
•Prions (simples molécules)
La pathologie infectieuse sous-entend la notion de
transmissibilité.
Le processus de contagion a toujours joué un rôle très important
: épidémies de variole, de peste...
Très tôt, les hommes ont cherché à mettre en place des
politiques de prévention. C'est un médecin anglais, Jenner, qui
a observé que les paysans dont les vaches avaient le cow-pox
(vaccine) étaient immunisés contre la variole.
Auparavant, la prévention consistait à brûler tout ce qui
pouvait avoir été contaminé : notion de transmissibilité
indirecte.
La pathologie infectieuse fait un bon en avant quand Pasteur met
en évidence la notion de microbe : naissance de la microbiologie
(bactéries, virus, levures).
Lister, en Angleterre, met en application les principes
d'antisepsie et d'asepsie.
Robert Koch met en évidence un certain nombre de bactéries grâce
au microscope.
C'est l'épidémiologie qui a permis de découvrir le SIDA et, 2
années plus tard, le VIH.
Le syndrome infectieux :
A - LES BACTERIES :
1) GENERALITES :
Ce qui fait l'infectiosité d'un agent pathogène, c'est sa
capacité à se multiplier :
•Staphylocoque : 20'
•Bacille de Koch : 12 heures
•Lèpre : 12 jours
Elles peuvent être potentialisées par d'autres agents
pathogènes.
2) CLASSIFICATION :
Plusieurs critères :
•Bacilles, cocci ou spiralées
•À paroi ou sans paroi
•Filamenteuses ou non Gram a mis au point un colorant qui donne
une première orientation de classification.
Coloration de Ziehl-Nielsen pour les mycobactéries.
Une deuxième orientation est donnée par le fait que les bacilles
sont aérobies ou anaérobies.
B - CLINIQUE :
Les variations brusques de température corporelle traduisent le
plus souvent une infection aiguë.
La fièvre est plus caractéristique d'une infection chronique.
La fièvre est un mode réactionnel.
C'est la première manifestation de la présence d'un agent
pathogène au moment où il se met à circuler dans le sang.
Elle survient après une période d'incubation de durée variable,
généralement significative de l'agent pathogène et de la
maladie.
Suivent des signes cliniques plus spécifiques.
Ceux-ci sont essentiels pour le diagnostic.
Association de signes focorégionaux :
•Respiratoires
•Cardiaques
•Urinaires
• Cutanéo-muqueux
•Digestifs
• Neuro-méningés
•Ostéo-articulaires
Certaines septicémies vont réunir plusieurs de ces signes.
Il existe aussi des syndromes infectieux sans fièvre.
C - PHYSIO-PATHOGENIE :
Notre température oscille autour de 37° C.
On commence à parler de fièvre officiellement à partir de 38,3°.
En pratique, à partir de 38,5°.
On s’inquiète également quand elle descend au-dessous de 36,5°.
À partir de 40°, chaque dixième compte.
Au dessus de 41° on rentre dans une zone dangereuse qui peut
mettre en cause le pronostic vital.
Les frissons sont des contractions musculaires qui contribuent à
élever la température.
La réaction de défense que constitue l'augmentation de
température peut être débordée.
D - SÉMIOLOGIE :
Différentes courbes de température :
•Courbe en plateau : type fièvre typhoïde
•Fièvre désarticulée : température très irrégulière typique
d'une septicémie, avec éventuelle chute brutale, annonciatrice
de choc hypothermique
•Fièvre ondulante : repérable sur une période d'au moins 8 jours
(tuberculose, brucellose)
•Fièvres récurrentes, tierce (sur 3 jours) ou quarte
Le concept essentiel est celui de brusque variation thermique.
Il faut préserver ce symptôme précieux qu’est la fièvre pour
l'analyse et la surveillance du traitement.
La courbe de température fait partie des éléments d'intervention
infirmière.
On utilise des antipyrétiques pour faire baisser la fièvre.
Ils agissent dans un intervalle d'environ 1,5°.
Certains signes ont un intérêt particulier pour la détection
d'une maladie infectieuse :
•Signes digestifs : diarrhées entraînant une déshydratation
•Signes neuropsychiques : état de conscience, agressivité,
délire
•État de la peau et des muqueuses : éruptions qui peuvent
indiquer une infection
Les signes cardiaques et les signes pulmonaires sont moins
immédiatement significatifs.
E - BIOLOGIE (NFS) :
•Chute brutale des globules rouges (h : 4,5 à 5,9 millions/mm³.
f : 4 à 5,4 millions)
•Chute brutale des plaquettes (risque grave d'hémorragie)
•Globules blancs : varie avec le type d'infection Marqueurs de
l’inflammation :
•Augmentation de la VS : entre 50 et 100 mm Hg (h : < 15. f : <
20)
•Augmentation de la CRP
•Augmentation du fibrinogène
Le syndrome séprticémique :
A - DEFINITION :
L'état septicémique est la présence d'une bactérie pathogène et
de ses toxines dans le sang, à partir d'un foyer cliniquement
décelable ou non, responsable de localisations secondaires par
décharges bactériennes et d’un état clinique grave qui peut se
manifester par un choc infectieux dit septique.
Trois types de septicémies :
•Type thrombophlébitique (à staphylocoque)
•Type endocarditique (à streptocoque)
•Type lymphatique
1) LA SEPTICÉMIE DE TYPE THROMBOPHLEBITIQUE :
Inoculation à partir d'une plaie accidentelle. Pénétration dans
les vaisseaux du derme de germes pathogènes (ex :
staphylocoque).
Il se forme, par union des plaquettes sanguines et des germes,
un caillot septique.
Les staphylocoques sécrètent, au cours de leur multiplication, 3
sortes d'enzymes :
•La coagulase qui assure la formation du caillot
•La hyaluronidase qui dissout l'acide hyaluronique
•La fibrinolysine qui fait exploser le caillot et disperse des
micro-caillots, ou embols, qui se dispersent dans le système,
entraînant de nombreux gènes.
Ces micro-caillots vont provoquer par exemple des embolies
cérébrales.
Procède par décharges bactériennes et provoque une fièvre
désarticulée.
2) LA SEPTICÉMIE DE TYPE ENDOCARDITIQUE :
À partir d'une inoculation directe dans les vaisseaux (ex :
shoot du toxicomane), les germes vont aller directement se fixer
sur les valves cardiaques.
Ensuite, ils vont se détacher régulièrement et se répandre, par
le sang, dans tout l'organisme.
Peut aboutir à la destruction des valves Donne une fièvre plus
régulière.
3) LA SEPTICÉMIE DE TYPE LYMPHATIQUE :
La contamination est digestive.
Les germes se réfugient dans les ganglions mésentériques liés au
tube digestif qui vont leur servir de réservoir (fièvre
typhoïde, par exemple).
Multiplication plus lente des germes.
Déversement des bactéries dans l'organisme, régulier ou
cyclique.
Donne une fièvre en plateaux.
B - ATTITUDE A TENIR :
*Identifier le ou les agent(s) pathogène(s) : hémoculture, quand
le malade frissonne
*Identifier le ou les mécanisme(s) de l'infection
*Identifier la ou les porte(s) d'entrée : pas de traitement
efficace si ce n'est pas repéré
*Identifier la ou les localisation(s) secondaire(s)
On fait alors des prélèvements à plusieurs endroits pour
vérifier la concordance des germes entre les différents foyers.
On n'attend pas d'avoir le résultat des hémocultures pour agir.
On procède de façon probabiliste en utilisant des associations :
• b-lactamines : dérivés de pénicilline
•Aminosides ou fluoro-quinolones
Administré en IV : pose immédiate d'une voie d'abord.
C - LE CHOC SEPTIQUE :
Les toxines émises par les bactéries et déversées dans le
système sanguin induisent une vasodilatation des vaisseaux.
Moindre élasticité de leur paroi. Il va y avoir une
séquestration du sang dans certaines cavités.
On va être confrontés à une hypovolémie : moins de sang
circulant.
a) Phase hyperkinétique :
Accélération du rythme cardiaque pour compenser.
Risque d'un choc septique.
Deux signes :
•Tachycardie
•Marbrures au niveau de la peau
Il faut "remplir" le patient.
b) Phase hypokinétique :
Le sang n’étant plus propulsé à une vitesse satisfaisante, il va
se former des thrombus.
Ces caillots vont consommer les facteurs de coagulation.
Quand il n'y en a plus, le patient saigne de partout :
coagulopathie de consommation.
On a une CIVD : coagulation intravasculaire disséminée.
Le plus souvent, le choc septique va s'accompagner d'une chute
vertigineuse de la température : 36 ou même 35°.
Accompagnée généralement d’une oligurie (diminution de la
diurèse)
Phase très rapide et irréversible.
Il faut savoir adapter l'antibiothérapie à la gravité de la
situation.
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