Les traumatismes de l’épaule sont fréquents lors de la pratique sportive ou dans la vie quotidienne.
Les lésions
qu’ils vont déterminer sont fonction du mécanisme du traumatisme et de l’âge du patient.
Nous décrirons les
luxations de l’articulation glénohumérale et des articulations acromioclaviculaire et sternoclaviculaire, ainsi que les
fractures de la clavicule, de l’omoplate et de l’extrémité supérieure de l’humérus.
Rappels anatomiques
:
La ceinture scapulaire est constituée par la
réunion de l’extrémité supérieure de l’humérus, de la
clavicule et de l’omoplate.
Ce complexe articulaire
comporte cinq articulations qui sont :
– l’articulation scapulohumérale ;
– l’articulation sous-deltoïdienne : articulation au
sens physiologique car elle comporte deux surfaces
glissant l’une par rapport à l’autre, et correspondant
à la face profonde du deltoïde, glissant sur les
muscles de la coiffe des rotateurs grâce à la bourse
sous-deltoïdienne ;
– l’articulation scapulothoracique : articulation
physiologique qui correspond au glissement de
l’omoplate sur le gril costal par l’intermédiaire de
l’espace omosératique compris entre le muscle
sous-scapulaire à la face profonde de l’omoplate et
le grand dentelé, et l’espace pariétosératique,
compris entre le grand dentelé et la paroi
thoracique ;
– les articulations acromioclaviculaires et
l’articulation sterno-costo-claviculaire.
Ces articulations fonctionnent simultanément,
dans des proportions variables, au cours des
mouvements, et c’est cette association qui autorise le
mouvement de circumduction du membre
supérieur.
La contention est assurée par la capsule
articulaire, renforcée sur sa face antérieure par les
trois ligaments glénohuméraux supérieur, moyen et
inférieur, ainsi que par le ligament coracohuméral.
L’existence d’un bourrelet glénoïdien augmente la
congruence de l’articulation, et les muscles de la
coiffe des rotateurs, en se contractant, facilitent
l’action des grands muscles moteurs de l’épaule.
L’épaule est aussi le lieu de passage des éléments vasculonerveux (artère axillaire, nerfs radial, médian
et musculocutané).
Le nerf circonflexe (ou nerf
axillaire), responsable de la sensibilité du moignon
de l’épaule, ainsi que de la motricité du deltoïde, peut
être lésé lors de son passage dans l’espace
quadrilatère ou trou carré de Velpeau.
Différentes lésions :
A - Traumatismes de l’articulation glénohumérale
:
La structure lésée va dépendre de l’âge du patient,
étant bien entendu que c’est le maillon le plus faible
qui cédera : ainsi, pour un même traumatisme, chez
l’adulte jeune on obtiendra une luxation de l’épaule,
chez la personne âgée une fracture du col de
l’humérus, et chez l’enfant un décollement
épiphysaire.
1- Luxation antéro-interne :
C’est la plus fréquente, puisqu’elle représente
95%des cas.
Elle survient chez l’adulte jeune, sportif.
L’interrogatoire précise la notion de premier épisode
ou de récidive.
Le mécanisme est souvent indirect,
par chute sur la paume de la main ou sur le coude, le
membre étant en abduction, rotation externe et rétropulsion.
Cliniquement, le patient se présente avec le
membre supérieur en abduction rotation externe irréductible, avec
une impotence fonctionnelle absolue et une douleur très importante.
L’inspection retrouve le classique « coup de
hache » externe, ainsi qu’une perte du galbe de l’épaule de face
(signe de l’épaulette).
La palpation vérifie la vacuité de la glène par
l’existence d’un vide sous-acromial antérieur, la tête
étant palpée dans le sillon deltopectoral et suivant
les légers mouvements imprimés à l’humérus (ce qui
élimine une fracture non engrenée du col
chirurgical).
Il faut rechercher une anesthésie du
moignon de l’épaule (désignant une atteinte du
nerf circonflexe) et des troubles sensitivomoteurs
dans le membre supérieur pouvant témoigner d’une
lésion plexique par compression des troncs
secondaires.
On vérifie la présence des pouls distaux.
Le bilan clinique suffit au diagnostic et permet
d’éliminer une complication vasculonerveuse.
Le bilan radiographique est demandé en urgence, à
la recherche d’une lésion osseuse associée.
Le cliché de face montre la tête humérale
impactée sous la glène.
Il peut préciser la position de la tête par
rapport à la coracoïde et surtout, il recherche une fracture
associée du trochiter (15%) ou du col
huméral (4 %).
* Traitement :
C’est une urgence.
En l’absence de fracture
associée, la réduction sera obtenue par traction
douce et progressive dans l’axe du bras, en abduction à 45°, ou par mise en abduction à 90°,
rotation externe et traction douce, ou sur le dossier
d’une chaise, bras pendant, une traction passive
étant réalisée par un poids de 10 kg tenu dans la
main.
Diverses méthodes de réduction existent,
l’essentiel étant de bien détendre le patient, de le
rassurer et de procéder par manoeuvres douces.
L’utilisation de myorelaxant peut être utile pour
relaxer le patient, mais elle doit se faire sous strict
contrôle médical.
En cas d’échec de réduction, ou s’il s’y associe une
lésion osseuse, la réduction sera faite sous
anesthésie générale par le chirurgien.
Un cliché radiographique de contrôle sera réalisé
après la réduction, le membre supérieur étant
maintenu coude au corps par un Mayo Clinic.
Le bilan radiographique montre une encoche de la
tête humérale (encoche de Malgaigne).
Cette
encoche est toujours présente après un épisode de
luxation.
On recherchera une fracture du pôle
inférieur de la glène.
En cas de fracture du trochiter
associée, on vérifiera sa bonne réduction.
L’immobilisation par Mayo Clinic sera poursuivie
pendant une durée de 3 semaines.
L’évolution est le plus souvent favorable, mais elle
est fonction de l’âge et des lésions associées.
Le
risque de récidive est d’autant plus important que le
patient est jeune, qu’il existe une fracture du pôle
inférieur de la glène (mieux perçue sur le profil
glénoïdien de Bernageau), et qu’il s’agit d’une
récidive.
En cas de luxation récidivante, on considère
qu’après trois luxations homolatérales, et d’autant
plus que le patient est jeune, une intervention de
stabilisation de type butée de Latarget ou
capsulorraphie de Bankart peut être proposée.
À l’opposé, la luxation survenant chez les patients
au-delà de 40 ans, comporte un risque plus
important de raideur de l’épaule par capsulite
rétractile.
Les autres complications possibles sont l’atteinte
du nerf circonflexe, l’atteinte du plexus brachial, ou
la rupture de la coiffe des rotateurs (d’autant plus que
le patient est âgé et qu’il existe une fracture du
trochiter associée).
* Luxation érecta :
Elle est rare (1 %).
Le patient se présente le bras en
élévation au-dessus de l’horizontal.
Il existe un risque
d’étirement du plexus brachial.
Ces luxations sont
traitées comme les luxations antéro-internes.
* Syndrome du bourrelet :
Il correspond à une désinsertion à la partie antéro-inférieure de celui-ci et se traduit cliniquement
par des douleurs lors des mouvements et des
claquements, des ressauts, voire des blocages.
Il
s’intègre dans le syndrome des épaules
douloureuses instables.
Son diagnostic est fait par
l’arthroscanner.
2- Luxation postérieure :
Elle est rare (1 à 4 %) et fréquemment méconnue
(50% sont des cas diagnostiqués tardivement).
Le
mécanisme est le plus souvent indirect, lors d’une
rotation interne forcée.
On la rencontre chez l’adulte,
plutôt masculin, dans deux circonstances :
– les crises d’épilepsie (éthylisme…) et les
électrocutions (la luxation est souvent bilatérale dans
ce cas) ;
– les accidents de circulation ou les rixes.
Cliniquement, le tableau est pauvre.
Le signe
pathognomonique est la présence d’une rotation
interne irréductible qui entraîne une impossibilité
de mise en rotation externe (signe de l’aumône :
bras tendu, ces patients sont incapables de tourner la
paume de la main vers le ciel).
L’élévation antérieure
ne dépasse pas 90°.
Le bilan radiographique de face peut être
trompeur, mais il existe une disparition de
l’interligne glénohuméral qui doit attirer l’attention.
Le cliché de profil (incidence de Lamy ou
profil axillaire) permet le diagnostic de certitude : la
tête humérale est en arrière de la glène.
* Traitement :
La réduction doit être faite en urgence, le plus
souvent sous anesthésie générale, par des
manoeuvres de traction, adduction et rotation
externe.
L’immobilisation se fait coude au corps, en
rotation neutre, pendant 3 semaines.
Dans le cas
d’une luxation ancienne méconnue, il n’est pas rare
d’avoir besoin de recourir à une réduction sanglante.
B - Luxations acromioclaviculaires :
L’interrogatoire retrouve le plus souvent un
traumatisme direct sur le moignon de l’épaule, le bras en adduction
ou pendant le long du corps.
Cliniquement, l’impotence est partielle.
Il
existe une douleur exquise à la palpation de
l’articulation acromioclaviculaire, ainsi qu’un oedème
modéré.
La déformation est plus ou moins
importante en fonction du stade de la luxation.
On
décrit quatre stades d’atteinte de l’articulation acromioclaviculaire (AAC) ;
– le stade 0 correspond à une entorse de l’AAC
par distension du ligament acromioclaviculaire, sans
rupture ligamentaire.
La symptomatologie se réduit
à une douleur sans lésion radiologique ;
– le stade 1 correspond à une subluxation de
l’AAC par rupture du ligament acromioclaviculaire.
Cliniquement, il existe un bâillement modéré de
l’extrémité externe de la clavicule, se traduisant par
une mobilité en « touche de piano » inférosupérieure
lors de la pression de celle-ci.
Radiologiquement, on
peut mettre en évidence un élargissement de
l’interligne AAC, qui peut être démasqué par des
clichés dynamiques comparatifs de face, centrés sur
l’acromioclaviculaire, avec une traction inférieure de
5 kg accrochée au poignet (manoeuvre de Leclerc) ;
– le stade 2 associe une rupture des ligaments acromioclaviculaires et coracoclaviculaires (conoïde
et trapézoïde), et se traduit cliniquement par
l’existence d’un tiroir antéropostérieur, avec le plus
souvent une rupture du cintre acromioclaviculaire
sur les clichés centrés ;
– le stade 3 consiste en une déchirure de la
chape deltotrapézienne, avec une dislocation de
l’acromioclaviculaire, la clavicule étant sous-cutanée.
L’évolution, en l’absence de traitement, se fait vers
la chronicité en 3 semaines, pouvant entraîner une
arthrose précoce et un ressaut douloureux en
abduction chez les sportifs et les travailleurs de force,
mais en règle générale, la tolérance est bonne.
* Traitement
:
Il est fonctionnel, le bras étant maintenu en
écharpe pour une durée de 2 à 3 semaines dans les
stades 0 et 1.
Il est chirurgical dans les stades 3, réalisant une ligamentorraphie des ligaments acromiocoracoïdiens
et de la chape deltotrapézienne, protégée par
des broches ou une vis pendant 6 semaines.
Le traitement des stades 2 est le plus discuté entre
les partisans du traitement fonctionnel et ceux du
traitement chirurgical.
Pour certains, il sera fonction
de la réductibilité de la luxation sur les clichés en
faux profil, réalisés en abduction à 90° en rotation
interne.
C - Luxations sternoclaviculaires (LSC) :
Le déplacement peut être antérieur ou postérieur, mais la faiblesse du ligament sternoclaviculaire
antérieur (LSCA) par rapport au ligament
sternoclaviculaire postérieur (LSCP) explique que,
dans la majorité des cas, le déplacement soit
antérieur.
De fréquence rare, l’interrogatoire retrouve
souvent un choc indirect sur le moignon de l’épaule.
La symptomatologie clinique est pauvre, se
traduisant par une douleur exquise à la palpation de
l’articulation, associée à une voussure et à une
mobilité en « touche de piano » en cas de
déplacement antérieur, et à une dépression en cas
de déplacement postérieur.
Cependant, l’oedème
peut masquer la dépression et entraîner une
méconnaissance du diagnostic.
Les LSCA n’entraînent pas de complication.
En
revanche, les LSCP peuvent entraîner une
compression médiastinale qu’il faudra rechercher
par l’existence d’une dysphagie, d’un syndrome cave
supérieur, d’une atteinte du plexus brachial, d’une
dyspnée ou d’un emphysème.
En cas de LSCP, il sera
utile de compléter le bilan radiographique initial
comportant une incidence transsternale (incidence
de Heinig) par un scanner avec injection, afin
de préciser au mieux les rapports de la clavicule avec
les gros vaisseaux.
* Traitement
:
Pour les LSCA, il est :
– soit fonctionnel, consistant en une courte
immobilisation du bras en écharpe jusqu’à
disparition des douleurs, la seule séquelle étant
esthétique ;
– soit orthopédique, en réalisant une pression
antéropostérieure sur l’extrémité interne de la
clavicule en s’aidant d’une traction dans l’axe du
bras homolatéral, un sac de sable ayant été placé au
préalable entre les épaules.
Une contention par
bandage coude au corps sera maintenue pour une
durée de 6 semaines.
Pour les LSCP, la réduction est effectuée au bloc
opératoire, sous anesthésie générale,
– soit par manoeuvre orthopédique, par traction
sur le bras homolatéral en abduction, rétropulsion,
associée à une pression antéropostérieure sur les
épaules ; une contention maintenant les épaules en
rétropulsion par boléro plâtré est mise en place pour
3 semaines ;
– soit, en cas d’échec de la méthode
orthopédique ou au moindre doute quant à
l’existence d’une complication médiastinale, par
méthode sanglante.
D - Fractures de la clavicule :
Elles surviennent à la suite d’un traumatisme
direct sur le moignon de l’épaule, ou indirect, le bras
étant en abduction à 45°.
Elles siègent, dans 80%
des cas, en regard de son tiers moyen.
Le
déplacement se produit en haut et en arrière pour le
fragment proximal, attiré par le sterno-cléidomastoïdien,
et en bas et en avant pour le fragment
distal, attiré par le deltoïde et le poids du membre
supérieur.
Cliniquement, le diagnostic est évident. Il
n’existe habituellement pas de souffrance cutanée et
la radiographie précise la direction du trait.
* Traitement
:
Il est orthopédique, en maintenant les épaules en rétropulsion de manière à réduire la fracture à l’aide
d’anneaux axillaires ou bien d’un boléro plâtré.
Dans
le cas d’un traitement par réduction orthopédique,
on prend soin de vérifier que celui-ci n’a pas induit
une compression vasculonerveuse axillaire.
L’évolution se fait vers la consolidation en 6
semaines.
Les fractures du quart externe représentent 20%
des fractures de la clavicule.
Elles se
caractérisent par un grand déplacement du fragment
proximal, surtout s’il s’y associe une lésion des
ligaments coracoclaviculaires.
Dans ce cas, il existe
une souffrance cutanée, et il faut les traiter comme
une luxation acromioclaviculaire de stade 3,
c’est-à-dire de manière chirurgicale.
De même, dans les fractures comminutives du tiers moyen de la
clavicule, quand il existe un troisième fragment
menaçant la peau, une réduction chirurgicale peut
être envisagée.
E - Fractures de l’omoplate
:
Elles sont souvent le fait d’un traumatisme violent.
On distingue les fractures extra-articulaires
intéressant le corps de l’omoplate, et les fractures
articulaires : fracture du col chirurgical détachant la
surface glénoïdienne, fracture de la glène et fracture
de l’apophyse coracoïde (elles doivent être
considérées comme des fractures articulaires car
elles compromettent la biomécanique de la voûte
acromiocoracoïdienne).
Leur diagnostic est radiologique et peut s’aider du
scanner pour préciser la direction de certains traits.
* Traitement
:
Le traitement des fractures articulaires déplacées
est chirurgical, avec réduction et ostéosynthèse.
Pour les fractures extra-articulaires ou articulaires
non déplacées, un traitement orthopédique par
Mayo Clinic, maintenant le coude au corps pour une durée de 4 à 6 semaines,
permet d’obtenir la consolidation.
F - Fractures de l’extrémité supérieure de
l’humérus :
Elles sont fréquentes chez le sujet âgé, avec une
prédominance féminine.
Elles surviennent le plus
souvent après un traumatisme minime (ostéoporose)
ou rarement, chez le sujet jeune, après un
traumatisme violent (accident de la voie publique).
Dans la majorité des cas, le mécanisme est indirect
par chute sur le poignet ou sur le coude. Moins
souvent, il est direct par chute sur le moignon de
l’épaule.
Cliniquement, il existe une impotence
fonctionnelle plus ou moins complète.
La
déformation peut être masquée par l’oedème.
Elle
peut être associée à une luxation antéro-interne de
l’épaule.
L’ecchymose brachiothoracique de
Hennequin est tardive (48e heure).
La palpation
recherche une ischémie distale (par compression ou
spasme vasculaire), et un déficit nerveux.
Le
diagnostic est fait par la radiographie de l’épaule, de
face et de profil.
Plusieurs classifications ont été proposées pour
décrire les différents types de fracture.
Les plus
utilisées sont la classification de Neer et celle de
Duparc.
La classification de Neer dénombre les
fractures en fonction du nombre des fragments
principaux, c’est-à-dire deux, trois ou quatre
fragments :
– les fractures à deux fragments comprennent
les fractures du col anatomique, les fractures du
col chirurgical, les fractures du trochiter ou du
trochin ;
– les fractures à trois fragments associent une
fracture du col anatomique ou chirurgical à une
fracture d’une tubérosité ;
– les fractures à quatre fragments associent une
fracture du col à une fracture des deux tubérosités.
La deuxième classification la plus utilisée est la
classification de Duparc.
Celle-ci sépare les fractures
de l’extrémité supérieure de l’humérus en quatre
grands groupes :
– les fractures parcellaires des tubérosités ;
– les fractures extra-articulaires ;
– les fractures articulaires ;
– les fractures secondaires à une luxation de
l’épaule.
Parmi les fractures parcellaires, on retrouve les
fractures du trochiter et les fractures du trochin.
Les fractures extra-articulaires atteignent le plus
souvent le col chirurgical.
Les fractures engrenées
représentent 70 % de ces fractures.
Leur
mécanisme est le plus souvent lié à un
traumatisme indirect par chute sur le coude et sur
la main.
Les fractures non engrenées extraarticulaires
sont plus rares.
Les déplacements
peuvent être importants et peuvent venir
embrocher le pédicule vasculonerveux axillaire en
dedans, qu’il faudra toujours contrôler.
Les fractures articulaires associent en général
une fracture du col anatomique de l’humérus à
une fracture des tubérosités, et font donc partie
des fractures à trois ou quatre fragments de Neer.
Elles sont appelées fractures céphalotubérositaires.
Toutes les fractures précédemment décrites
peuvent être associées à une luxation de l’épaule.
* Traitement
:
Les méthodes orthopédiques sont les plus
utilisées.
Les manoeuvres de réduction doivent
chercher à reproduire le déplacement inverse de la
fracture. Dans les fractures engrenées, il s’agira d’une
simple immobilisation par bandage de type Dujarier.
Dans les autres cas, il pourra être utile
d’effectuer la réduction sous anesthésie générale
avant de réaliser la contention.
Le bandage type Dujarier est fait en maintenant le bras en abduction
à 45° (à l’aide d’un coussin de coton cardé), et en
rotation interne.
La durée d’immobilisation est la
plus courte possible, de l’ordre de 1 mois, pour
diminuer les raideurs.
Les méthodes chirurgicales ont pour but
d’améliorer la réduction et d’en assurer la fixation,
ou au contraire d’effectuer une arthroplastie.
Il s’agit
soit d’une ostéosynthèse à foyer fermé à l’aide de
broches centromédullaires, soit d’un enclouage
centromédullaire, soit d’une plaque à sommet évasé.
Enfin, dans le cas de fractures céphalotubérositaires
chez le patient âgé, on peut être amené à réaliser
une arthroplastie céphalique.
La rééducation est un élément important du
traitement de la fracture.
Elle doit être débutée à un stade précoce,
intéressant la totalité du membre supérieur.
Elle est passive, puis active aidée, en
commençant par les gestes de la vie quotidienne.
Elle sera prolongée plusieurs mois.
Fractures de l’enfant ou de l’adolescent
Elles sont particulières par leur siège, qui est
habituellement extra-articulaire, et par l’association
fréquente d’un décollement épiphysaire.
Le
déplacement entraîne en général la tête humérale
en arrière de la diaphyse.
Il faut savoir que la
croissance peut corriger des déplacements
importants en fonction de l’âge de survenue, et que
les indications de réduction sanglante sont rares.
Le
traitement fait le plus souvent appel à des méthodes
de réduction orthopédique.
Conclusion
:
Après un traumatisme de la ceinture scapulaire, tout
peut se voir.
Il faut se rappeler que ce complexe
articulaire comprend cinq articulations dont l’intégrité
permet le déroulement harmonieux du mouvement.
Le
risque est de méconnaître une lésion osseuse en
l’absence de déformation, ou une lésion ligamentaire en
l’absence de fracture sur les radiographies.
Un examen
clinique précis, associé à un bilan radiographique
adapté, permet de faire le diagnostic.
Le traitement sera
orthopédique ou chirurgical, en fonction des lésions.
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