On compte en France 1 500 000 diabétiques : 15 % sont diabétiques insulinodépendants, 85 % non
insulinodépendants.
Le diagnostic se fait sur le dosage de la glycémie à jeun, sans que l’on ait besoin de
recourir à l’hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO).
Le seuil glycémique retenu (supérieur ou égal à
1,26 g/L à jeun) correspond au seuil à risque de microangiopathie, en particulier de rétinopathie.
Le risque de macroangiopathie (athérosclérose) semble majoré pour des valeurs glycémiques plus basses, mais le
risque global vasculaire dépend alors essentiellement des autres facteurs de risques associés : hypertension artérielle
(HTA), hypertriglycéridémie, hypo-high density lipoprotein (HDL), cholestérolémie, tabagisme, sédentarité.
Introduction :
Le diabète est un problème de santé publique,
aussi bien en France, où l’on dénombre environ
2,5% de diabétiques, soit 1 300 000 de diabétiques
connus et 200 à 300 000 diabétiques qui s’ignorent,
mais aussi en Europe, où le nombre de diabétiques
est évalué à 30millions, et aux États-Unis où il y a 15
millions de diabétiques, pour moitié méconnus.
Dans le monde entier, on dénombre 100 millions de
diabétiques. Le terme de diabète recouvre en fait
deux maladies différentes :
– le diabète insulinodépendant (type 1), qui
survient le plus souvent avant l’âge de 20 ans et
représente 10 à 15%des diabètes ;
– le diabète non insulinodépendant (type 2), qui
survient le plus souvent après l’âge de 50 ans et
représente 85 à 90%des diabètes.
C’est le diabète non insulinodépendant qui pose
un problème de santé publique.
Sa prévalence
augmente parallèlement au vieillissement, à
l’urbanisation, à la sédentarisation et au
développement de l’obésité dans les populations
des pays industrialisés.
Cette maladie n’épargne
pourtant pas les pays sous-développés où le diabète
non insulinodépendant atteint parfois une
prévalence de 20 à 30 %, en raison d’une
prédisposition génétique couplée à une modification
rapide du mode de vie : urbanisation brutale,
sédentarisation et alcoolisation des populations.
Le diabète représente un coût financier important
en raison du taux élevé de complications
dégénératives.
Treize pour cent des dialysés en
France sont diabétiques, tandis que ce taux dépasse
30%aux États-Unis.
Il en est de même dans les pays
scandinaves et dans l’île de la Réunion.
De fait, 50 à
75% des diabétiques dialysés sont des diabétiques
non insulinodépendants.
Le diabète reste la première cause médicale de
cécité avant 50 ans dans les pays développés.
On
estime à 2% le pourcentage des diabétiques qui
deviendront aveugles et à 10% le taux de ceux qui
seront malvoyants.
On comptabilise chaque année
aux États-Unis 5 000 à 10 000 nouveaux cas de
cécité dus au diabète.
Cinq à 10% des diabétiques subiront un jour une
amputation d’orteils, de pied ou de jambe. Quatre
cinquièmes d’entre eux sont des diabétiques non
insulinodépendants.
En France, on compte environ
3 000 à 5 000 amputés par an chez les diabétiques.
Le quart des journées d’hospitalisation pour le
diabète sont dues à des problèmes podologiques,
avec des durées moyennes d’hospitalisation
d’environ 30 jours.
Le coût du diabète est estimé à
13 milliards de francs. Pour lutter contre ce coût, la
Déclaration de Saint-Vincent, adoptée en 1989 par
les représentants de l’Organisation mondiale de la
santé (OMS), des gouvernements européens et des
organisations de malades, dont les représentants de
la France, a rappelé les bonnes pratiques médicales
en diabétologie.
Elle a fixé pour objectif, dans les 5
ans, une réduction d’un tiers à la moitié des
complications du diabète.
Plusieurs études ont en
effet montré que la modification de l’organisation
des soins visant à obtenir une formation des patients
eux-mêmes permet de réduire de 50% le taux des
amputations.
Définition du diabète
:
Le diabète se définit par une hyperglycémie
chronique, soit une glycémie à jeun supérieure à
1,26 g/L (7 mml/L) à deux reprises.
Cette définition
repose en fait sur plusieurs études épidémiologiques
prospectives qui ont montré de façon convergente
que lorsque la glycémie à la deuxième heure de
l’HGPO est supérieure ou égale à 2 g/L, il existe un
risque de survenue dans les 10 à 15 ans suivants
d’une rétinopathie diabétique.
Dans la mesure où
une glycémie à jeun supérieure ou égale à 1,26 g/L
correspond à une glycémie à la deuxième heure de
l’HGPO supérieure ou égale à 2 g/L, on n’a plus
besoin de recourir à l’« étalon or » de l’HGPO.
A - Pourquoi une nouvelle définition
du diabète ?
La définition du diabète est fondée sur le seuil
glycémique à risque de microangiopathie, en
particulier à risque de rétinopathie, et il n’est pas
question à ce jour de changer de problématique.
Mais jusqu’en 1998, on retenait deux valeurs
glycémiques seuils : soit plus de 1,40 g/L à jeun, soit
2 g/L à la deuxième heure de l’HGPO (et ce à deux
reprises).
Ces deux valeurs manquaient de cohérence.
En
effet, si presque tous les malades qui ont une glycémie à jeun supérieure à 1,40 g/L ont plus de
2 g/L à la deuxième heure de l’HGPO, l’inverse n’est
pas vrai : beaucoup des patients ayant une glycémie
supérieure à 2 g/L à la deuxième heure de l’HGPO
ont moins de 1,40 g/L à jeun.
Dans la mesure où
l’HGPO est moins souvent demandée, on méconnaît
nombre de diabétiques authentiques.
La
concordance optimale est obtenue pour une valeur
glycémique à jeun de 1,26 g/L.
C’est donc cette
valeur qui a été retenue pour la définition du
diabète, sans qu’il soit désormais besoin de recourir
à l’HGPO.
Heureusement, il n’est pas encore question
de définir le diabète par le risque de macroangiopathie
(athérosclérose), car on ne sait pas s’il existe
un seuil ou si le risque augmente à partir des valeurs
supérieures de la normale, et surtout le bénéfice
thérapeutique n’est pas encore démontré...
On distingue donc désormais, dans un « dégradé »
métabolique :
– les sujets normaux ;
– les sujets hyperglycémiques non diabétiques
(glycémie entre 1,10 et 1,25 g/L à jeun) ;
– les diabétiques (glycémie supérieure ou égale à
1,26 g/L).
Les intolérants au glucose restent à ce jour définis
par une glycémie comprise entre 1,40 et 2 g/L à la
deuxième heure de l’HGPO.
B - Trois manières de séparer le normal
du pathologique :
– La normale peut être définie statistiquement
par la limite supérieure de la moyenne plus deux
déviations standards (DS), ou par la limite supérieure
des 95e percentiles, c’est-à-dire que 95% de la
population normale a une valeur au-dessous du
seuil fixé.
Par corrélation, il s’ensuit que si l’on
demande 20 examens à titre systématique, au
moins un résultat devrait être au-dessus de la
normale.
– La limite entre la normale et le pathologique
peut être définie par le risque encouru, par exemple
le risque de rétinopathie pour le diabète ou de
l’insuffisance coronaire pour le cholestérol.
Lorsqu’il
existe un seuil à risque, la limite est facile à fixer.
En
revanche, lorsqu’il existe un continuum, la limite est
forcément arbitraire.
Il faut le plus souvent faire
appel à la troisième méthode.
– La limite est définie par le seuil d’intervention
thérapeutique dépendant du rapport bénéficerisque.
C’est souvent la méthodologie la plus
satisfaisante mais aussi la plus complexe, puisque le
seuil peut varier selon la nature de l’intervention
thérapeutique, hygiénodiététique seule ou
médicamenteuse.
Le bénéfice thérapeutique dépend
lui-même du risque global qui peut résulter de
nombreux paramètres, par exemple pour le risque
d’insuffisance coronaire, des taux de low density
lipiprotein (LDL) et de HDL cholestérol, de l’hérédité,
du tabagisme, de l’HTA, de la glycémie..., en tenant
compte de l’espérance de vie du patient fonction de
son âge et des autres pathologies.
De plus, le seuil
d’intervention peut être modulé pour des raisons
économiques en fonction des priorités de santé
publique.
Comment diagnostiquer un
diabète ?
Pour porter le diagnostic de diabète, il n’est pas
utile de doser l’insulinémie ou le peptide C ou les
anticorps anti-îlots, ni même de demander une
échographie ou un scanner du pancréas.
Ces
examens sont parfois utiles pour l’enquête
étiologique. Pour affirmer le diagnostic de diabète, il
faut seulement répéter le dosage de la glycémie à
jeun.
Le plus souvent, l’hyperglycémie modérée est
asymptomatique.
On peut constater parfois une
discrète perte de poids (1 à 3 kg) et une asthénie,
mais le malade peut se sentir parfaitement bien.
Le syndrome cardinal diabétique qui comporte polyuropolydipsie, amaigrissement, hyperphagie
n’existe que pour des glycémies supérieures à 3 g/L.
Il existe alors une glycosurie importante, responsable
de polyurie osmotique, entraînant à son tour une
polydipsie.
Parfois, c’est une infection cutanée,
urogénitale (balanite, mycose vaginale, cystite...) qui
permet de faire le diagnostic du diabète.
Ainsi, le
diabète n’est souvent qu’un symptôme biologique à
risque de rétinopathie diabétique.
Cette définition
permet de préciser l’objectif thérapeutique de
prévention de la microangiopathie rétinienne :
glycémie inférieure à 1,26 g/L avant les repas (HbA1c
inférieure ou égale à 6,5 %).
Cet objectif glycémique
permet également la prévention de la glomérulopathie
et de la neuropathie.
Cependant, les
personnes âgées semblent avoir une susceptibilité à
la neuropathie pour des glycémies moins élevées.
Quant au seuil glycémique à risque macroangiopathie,
il n’est pas clairement déterminé.
Ce risque
dépendrait en effet de l’existence ou non d’un
syndrome d’insulinorésistance métabolique.
Dans ce
cas, il semble que même une hyperglycémie
modérée supérieure à 1,10 g/L comporte un risque
de survenue d’accident cardiovasculaire.
Au cours de la grossesse, la plupart des auteurs
s’accordent à considérer comme anormale une
glycémie maternelle à jeun supérieure à 1 g/L.
Il
n’existe effectivement pas de seuil glycémique à
risque pour la macrosomie foetale mais un
continuum.
L'hyperglycémie provoquée orale
a-t-elle encore une place ?
L’HGPO doit donc devenir exceptionnelle.
Elle est
inutile chaque fois que la glycémie à jeun est
supérieure ou égale à 1,26 g/L puisqu’il s’agit d’un
authentique diabète.
Elle est inutile si le bilan métabolique à
jeun (glycémie, cholestérol, triglycérides, HDL
cholestérol) est strictement normal.
Elle est inutile chez les personnes de plus de 70
ans car l’attitude thérapeutique ne dépend pas des
résultats.
Elle ne présente pas d’intérêt devant une
hyperglycémie à jeun non diabétique comprise entre
1,10 et 1,26 g/L associée à l’un des éléments du
syndrome d’insulinorésistance métabolique (obésité,
répartition androïde des graisses, hérédité
diabétique, HTA, hyperlipidémie).
Le traitement hygiénodiététique (activité physique, équilibre
alimentaire) doit être prescrit d’emblée, compte tenu
des facteurs de risque vasculaire.
L’HGPO garde finalement une place très limitée
dans des situations difficiles à interpréter : élévation
de la glycémie au-dessus de la normale tout en
restant inférieure à 1,26 g/L en l’absence de contexte
d’insulinorésistance métabolique ou glycémie à jeun
normale mais glycémie postprandiale, c’est-à-dire 90
minutes à 2 heures après le début du repas, élevée,
comprise entre 1,40 et 2 g/L.
L’HGPO permet alors
de poser le diagnostic de diabète (glycémie à la
deuxième heure supérieure ou égale à 2 g/L), alors
que le dosage de l’HbA1c n’est pas suffisamment
standardisé et fiable pour permettre aujourd’hui son
utilisation comme critère diagnostique.
Intolérance aux hydrates de carbone
ou hyperglycémie à jeun non diabétique :
On parle d’hyperglycémie à jeun non diabétique
lorsque la glycémie est comprise entre 1,10 et
1,26 g/L.
On parle d’intolérance aux hydrates de
carbone lorsque la glycémie à jeun étant inférieure à
1,26 g/L, la glycémie à la deuxième heure de l’HGPO est comprise entre 1,40 et 2 g/L avec une valeur
intermédiaire (30, 60, 90 minutes) supérieure ou
égale à 2 g/L.
Sous les termes d’hyperglycémie à jeun non
diabétique et d’intolérance aux hydrates de carbone,
on recouvre trois groupes de patients :
– ceux qui évolueront vers le diabète et dont le
pourcentage est évalué à 25-50% dans les 10 ans.
Ce sont ceux dont la glycémie est proche du seuil
diabétique, ceux ayant une surcharge pondérale
importante, ou ceux ayant une hérédité diabétique ;
– ceux qui resteront hyperglycémiques non
diabétiques ou intolérants aux hydrates de carbone
en raison d’une insulinorésistance ou d’une
anomalie de l’insulinosécrétion : 25 à 50% des
patients ;
– ceux qui retrouveront une tolérance glucidique
normale : environ 25 %.
Quels risques pour l'hyperglycémie
à jeun non diabétique et pour
l'intolérance aux hydrates de carbone ?
Par définition, il n’existe pas de risque de
survenue de microangiopathie diabétique.
En ce qui concerne le risque de macroangiopathie,
il semble que la glycémie soit un mauvais
marqueur de risque.
La macroangiopathie dépend
essentiellement des facteurs de risques associés.
S’il
existe une insulinorésistance accompagnée
d’obésité ou de répartition androïde des graisses ou
de sédentarité, il existe un risque athérogène, en
particulier coronarien.
Le plus souvent, il existe
d’autres facteurs de risque vasculaire, tels que l’HTA,
l’hyperlipidémie avec triglycérides élevés et HDL
cholestérol bas, défaut de fibrinolyse. L’existence de
ce syndrome d’insulinorésistance métabolique
donne sa signification de facteur de risque aux
anomalies biologiques ou hémodynamiques
modérées n’ayant pas par elles-mêmes de caractère
pathologique certain : glycémie limite supérieure à la
normale mais non diabétique, tension artérielle
comprise entre 130 et 140mmHg pour la systolique
et 80 à 90mmHg pour la diastolique, triglycérides
compris entre 1,50 et 2 g/L, avec HDL cholestérol
compris entre 0,35 et 0,45 g/L.
Comment déterminer l'étiologie
du diabète ?
Les données cliniques sont essentielles pour le
diagnostic étiologique.
L’âge du patient, son poids et
son histoire pondérale, l’existence d’une éventuelle
cétonurie, l’hérédité familiale de diabète, les
antécédents personnels de maladies auto-immunes
en particulier thyroïdiennes, les antécédents de
diabète gestationnel (poids de naissance supérieur à
4 kg à terme ou supérieur au 90e percentile quel que
soit le terme), la notion d’examens antérieurs ayant
retrouvé des glycémies déjà un peu élevées,
l’association à une HTA ou une hypertriglycéridémie,
la prise de médicaments potentiellement
diabétogènes (corticoïdes sous quelque forme que
ce soit, pilule oestroprogestative, diurétiques
thiazidiques, bêtabloquants...) orientent le diagnostic
étiologique.
A - Diabète de type 1 :
Il est parfois évident.
Devant un syndrome
cardinal associant polyuropolydipsie, amaigrissement
et asthénie chez un sujet de moins de 30
ans, avec cétonurie associée à la glycosurie, on peut
affirmer l’existence d’un diabète insulinodépendant
ou diabète de type 1.
On ne retrouve d’antécédent
familial que dans un cas sur dix.
B - Diabète de type 2 :
À l’opposé, il se caractérise par la découverte
fortuite d’une hyperglycémie chez un sujet de plus
de 50 ans avec un surpoids ou ayant été obèse, avec
surcharge pondérale de prédominance abdominale
(rapport taille-hanche supérieur à 0,8 chez la femme,
supérieur à 0,95 chez l’homme). Le plus souvent, on
retrouve une hérédité familiale de diabète non
insulinodépendant.
Le diabète de type 2 est souvent
associé à une HTA essentielle et/ou à une
hypertriglycéridémie.
Le diagnostic se fait le plus
souvent lors d’un examen systématique.
En effet, le
diabète de type 2 est asymptomatique.
Le retard au
diagnostic est d’environ 5 ans. Ainsi, dans 20% des
cas, il existe déjà une complication du diabète au
moment du diagnostic.
C’est pourquoi, lors de la
découverte du diabète de type 2, un bilan
systématique doit être effectué, notamment un fond
d’oeil à la recherche d’une rétinopathie diabétique.
L’examen podologique doit être systématique, à la
recherche d’une artérite et d’une neuropathie.
La
demande d’un échodoppler des artères des
membres inférieurs n’est légitime qu’en cas de doute
clinique.
Le diagnostic de neuropathie diabétique se
fait exclusivement sur la clinique ; il n’y a pas lieu de
demander d’exploration électrophysiologique.
Le
dosage de la microalbuminurie est systématique.
L’existence d’une microalbuminurie augmentée
témoigne plus du risque cardiovasculaire global que
du risque de néphropathie.
S’il existe des facteurs de
risque vasculaire associés au diabète (HTA,
hyperlipidémie, tabagisme, augmentation de la
microalbuminurie), on demande un échodoppler des
vaisseaux du cou.
Un électrocardiogramme d’effort
est demandé s’il existe trois facteurs de risque ou des
localisations d’athérosclérose.
C - Pancréatite chronique calcifiante :
La découverte d’un diabète chez un homme de
plus de 40 ans, dénutri, avec des antécédents
d’alcoolisme, doit la faire suspecter.
Elle associe au
déficit endocrine une insuffisance pancréatique
externe avec stéatorrhée et parfois malabsorption
dont le traitement relève des extraits pancréatiques.
Le traitement de ces malades par insulinothérapie
comporte un risque majeur d’hypoglycémies sévères
en raison d’une carence associée en glucagon.
Des
calcifications pancréatiques peuvent être mises en
évidence sur le cliché d’abdomen sans préparation.
On observe également des pancréatites
chroniques calcifiantes familiales ou pancréatites
calcifiantes nutritionnelles, chez les immigrés
africains en particulier.
D - Hémochromatose :
Elle peut également s’accompagner d’un diabète.
Le dosage du fer sérique et de la transferrine permet
le diagnostic confirmé par la mise en évidence de la
mutation HFE (gène de l’hémochromatose).
Le seul
traitement efficace de la surcharge ferrique consiste
en des saignées initialement hebdomadaires, mais le
diabète est irréversible.
E -
Formes cliniques atypiques :
1- Diabète de type 1 d’évolution lente :
Il s’observe chez les personnes de plus de 40 ans
avec ou sans surpoids, présentant un diabète non
insulinodépendant, non cétosique, mais associé à
une maladie auto-immune (dysthyroïdie, maladie de
Biermer, vitiligo).
Chez ces patients, l’existence d’une insulite auto-immune mise en évidence par la
positivité des marqueurs d’auto-immunité (anticorps
anti-îlots de Langerhans, anticorps anti-GAD
[anti-acide glutamiqque décarboxylase]) est un
argument en faveur d’une insulinothérapie dès le
diagnostic.
Le diabète est alors facile à équilibrer
avec de petites doses d’insuline.
2- Sujet de plus de 40 ans, sans antécédent
familial de diabète, sans obésité, voire même
avec amaigrissement récent :
Il faut rechercher systématiquement une
pathologie sous-jacente lors du diagnostic de
diabète non insulinodépendant : thyrotoxicose,
cancer du pancréas, infection torpide peu ou pas
fébrile, maladie de Horton chez les personnes de
plus de 60 ans.
Le scanner du pancréas ne doit être
demandé que s’il existe des signes cliniques
évocateurs de pathologie pancréatique.
3- Diabète de « type 3 »
:
Il doit être suspecté chez les Africains et les
Indiens.
Ce diabète apparaît entre 30 et 40 ans.
Son début est aigu, généralement avec cétose.
L’évolution se fait secondairement vers un mode
non insulinodépendant.
Il n’y a pas de marqueurs
d’auto-immunité, pas d’insuffisance pancréatique
externe.
Ce diabète associe carence insulinique et insulinorésistance.
F - Autres formes plus rares de diabète :
1- Diabète Mody :
C’est un diabète d’hérédité autosomale
dominante.
Il s’agit d’un diabète non insulinodépendant,
survenant avant l’âge de 20 ans, parfois
même dans l’enfance.
Le diabète Mody II réalise une
hyperglycémie bénigne familiale due à une
mutation de la glucokinase, enzyme de la cellule B
du pancréas, entraînant la phosphorylation du
glucose en glucose-6-phosphate dont le
métabolisme régule la sécrétion d’insuline.
Tout se
passe comme si le « lecteur de glycémie » de la cellule
B du pancréas était déréglé, lisant 1 g/L lorsque la
glycémie est en réalité à 1,20 ou 1,40 g/L.
Les
diabètes Mody III et Mody IV sont dus à des
mutations de facteurs de transcription nucléaire (HNF
[hepatic nuclear factor] ) retrouvés au niveau du foie
et du pancréas.
Leur évolution est souvent plus
sévère que celle du Mody II.
2- Diabète secondaire à une mutation de l’acide
désoxyribonucléique mitochondrial :
Il associe une surdité de perception et se
caractérise par une hérédité maternelle.
Il peut
s’associer à des atteintes tissulaires diverses,
musculaires, neurologiques, cardiaques, rétiniennes.
Ce diabète est parfois d’emblée insulinodépendant.
3- Diabète lipoatrophique :
Congénital ou acquis, il est caractérisé par la
disparition du tissu adipeux.
Il existe une insulinorésistance majeure avec hyperlipidémie et
stéatose hépatique.
À l’examen clinique, on peut
retrouver un acanthosis nigricans (pigmentation
brunâtre avec aspect épaissi et velouté de la peau, et
nombreux papillomes au niveau du cou, des
aisselles, de l’ombilic), témoins de
l’insulinorésistance.
4- Diabètes endocriniens
:
Ils sont associés au phéochromocytome, au
syndrome de Cushing, à l’acromégalie, à la maladie
de Crohn, au glucagonome, au somatostatinome.
Seuls les signes cliniques évocateurs de ces
différentes pathologies doivent amener à pratiquer
des dosages hormonaux nécessaires au diagnostic.
Nombre d'affichage de la page 149 |