Clinique :
Souvent précéder par un épisode infectieux ou une vaccination
est fréquente.
Environ deux tiers des patients rapportent, dans les 15 jours
précédant le syndrome de Guillain et Barré, un épisode
infectieux : le plus souvent, de la sphère respiratoire
supérieure, plus rarement digestive. On note cependant une
fréquence accrue d'infections par le Campylobacter jejuni .
Le syndrome de Guillain et Barré est responsable d'une
quadriplégie aréflexique d'évolution aiguë.
On décrit trois phases évolutives.
PHASE D’EXTENSION DES PARALYSIES :
La phase d'extension des paralysies dure, par définition, moins
de 4 semaines.
Cette phase d'extension des paralysies peut évoluer sur quelques
jours seulement.
Les symptômes initiaux du syndrome de Guillain et Barré sont
variables, quoique dominés par le déficit moteur rapidement
extensif.
Troubles sensitifs :
Les troubles sensitifs, sous la forme de paresthésies des quatre
extrémités, sont fréquents.
Des douleurs (myalgies, rachialgies, radiculalgies) ne sont pas
exceptionnelles.
Déficit moteur :
Le déficit moteur débute généralement aux membres inférieurs,
puis s'étend aux autres segments.
- L'atteinte de la musculature du cou, du tronc et surtout celle
des muscles respiratoires est plus tardive mais doit être
dépistée dès son apparition, l'évolution vers une insuffisance
respiratoire pouvant survenir rapidement.
- Les nerfs crâniens sont plus rarement touchés au stade initial
des paralysies (de l'ordre de 5 % des cas dans les formes
habituelles).
- Initialement, la paralysie prédomine au niveau proximal des
membres pour s'étendre ensuite aux extrémités.
- Mais, répétons-le, l’atteinte respiratoire fait toute la
gravité du syndrome à ce stade : elle nécessite une ventilation
assistée dans 15 à 30 % des cas. Une surveillance attentive des
capacités ventilatoires est impérative d'autant que la paralysie
peut s'étendre rapidement, parfois dans la journée, ce qui
justifie l'hospitalisation du patient dans une unité de
réanimation.
PHASE DE PLATEAU :
Au stade de stabilisation des manifestations neurologiques, le
déficit moteur est d’intensité variable.
Quadriplégie :
Dans la majorité des cas, on observe une quadriplégie ou
quadriparésie avec atteinte des nerfs crâniens, principalement
le facial. L' aréflexie tendineuse généralisée est habituelle
(dans la moitié des cas).
Atteinte des nerfs crâniens :
Parmi l'atteinte des nerfs crâniens, la paralysie faciale est
observée dans la moitié des cas environ, elle est alors
volontiers bilatérale et symétrique.
- L'atteinte des derniers nerfs crâniens vient juste après en
fréquence, occasionnant des troubles de la phonation et de la
déglutition.
- La fréquence de l'atteinte des nerfs oculomoteurs est variable
selon les séries, de 6 à 30 % des cas. Une ophtalmoplégie
complète est rare. Habituellement, on observe une paralysie
incomplète des muscles oculomoteurs, y compris un ptosis.
Déficit sensitif :
Le déficit sensitif est toujours au second plan, par rapport au
déficit moteur.
La sensibilité proprioceptive (sens de position, sensibilité
vibratoire) est plus volontiers concernée (dans la moitié des
cas), pouvant réaliser de véritables formes ataxiques.
Formes motrices pures :
A l'opposé, les formes motrices pures ne sont pas rares (de
l'ordre de 15 % des cas). L'existence de formes sensitives pures
est discutée.
Syndrome de Miller-Fisher :
On peut y rattacher le rare syndrome de Miller-Fisher,
caractérisé par l'association d'une ophtalmoplégie, d'une
aréflexie tendineuse généralisée et d'une ataxie. On observe la
présence, dans le sérum, d'anticorps anti-GQ1B.
Atteinte du système nerveux autonome :
L'atteinte du système nerveux autonome serait fréquente,
diversement appréciée et d'expression variable.
De toute façon, sa présence serait source de complications et de
décès.
L'existence de troubles sphinctériens est néanmoins
exceptionnelle.
Autres signes :
Parmi les autres signes, il faut signaler :
- la raideur méningée ;
- un signe de Lasègue ;
- des myokymies faciales ;
- un œdème papillaire ;
- des troubles du comportement.
PHASE DE RÉCUPÉRATION :
La durée de la phase de plateau est variable. Elle peut se
prolonger sur plusieurs mois.
Grâce au développement des services de réanimation et à la
surveillance étroite de ces patients, la mortalité est en
baisse, estimée à 1-3 %, mais peut atteindre 13 % dans certaines
séries.
Il s'agit là, bien sûr, de statistiques établies à partir des
données des services de réanimation. Ce qui ne doit pas faire
oublier que, dans la majorité des cas, le syndrome de Guillain
et Barré a une évolution bénigne, sans séquelles.
Séquelles :
Néanmoins, selon certaines séries, près de 15 % des patients
auraient des séquelles à long terme, sous la forme d'un déficit
sensitivo-moteur des membres inférieurs, et des séquelles
sévères surviendraient dans 5 % des cas.
Facteurs pronostiques :
Les facteurs de mauvais pronostic seraient une courte phase
d'extension, la ventilation assistée et un âge supérieur à 40
ans.
D'autres facteurs pronostiques (électrophysiologiques) seront
abordés plus loin.
Autres aspects cliniques :
On peut observer d'autres aspects cliniques :
- les formes à début mésencéphalique (atteinte des nerfs
crâniens) ;
- les formes axonales, plus souvent associées à une infection
par Campylobacter jejuni
- les formes associées (VIH, maladies virales telles que la
mononucléose infectieuse).
Examens complémentaires :
Liquide céphalo-rachidien :
-Hyperprotéinorachie
L'hyperprotéinorachie est habituelle et caractéristique.
-Absence de réaction cellulaire
Autres examens biologiques :
Il n'y a habituellement pas d'anomalie biologique particulière.
Une sérologie au Campylobacter peut être positive dans certains
cas.
Etude électrophysiologique :
L'examen a pour objectif de mettre en évidence la
démyélinisation segmentaire : ralentissement de la conduction
nerveuse motrice et sensitive, présence de blocs de conduction
et étalement de la réponse évoquée motrice.
Signes caractéristiques :
Les signes caractéristiques évoqués peuvent manquer au début, ou
tout du moins être difficiles à mettre en évidence.
- En effet, dans les premiers jours, l'atteinte est souvent
localisée aux extrémités du nerf périphérique, notamment aux
racines. Le bloc de conduction situé à ce niveau est difficile à
explorer.
- L'allongement des ondes F serait un des éléments les plus
significatifs.
- L'allongement des latences distales motrices est aussi un des
éléments les plus caractéristiques.
- Le ralentissement de la conduction nerveuse se fait de façon
hétérogène.
- Les potentiels sensitifs sont souvent moins altérés que la
conduction motrice.
Absence d'atteinte axonale
Aspects histopathologiques :
La biopsie neuromusculaire est inutile dans les cas où il n'y a
pas d'alternative diagnostique.
L'examen montre des signes d'inflammation (infiltrats
inflammatoires) et de démyélinisation segmentaire parfois
associés à un œdème interstitiel, intéressant les fibres
myélinisées.
Traitement :
La réputation de bénignité du syndrome de Guillain et Barré a
longtemps occulté la possibilité de formes sévères dont le taux
de mortalité était de 25 %, il y a une quinzaine d'années, dans
un service de réanimation.
Traitement symptomatique :
Le traitement comporte donc des soins non spécifiques déjà
signalés :
- ventilation assistée ;
- traitement anticoagulant ;
- prévention des escarres.
En dehors de ces traitements symptomatiques qui ont
considérablement modifié le pronostic des formes sévères de
syndrome de Guillain et Barré, des traitements plus spécifiques
ont été utilisés ces dernières années.
Traitements plus spécifiques :
Il s'agit avant tout des échanges plasmatiques qui ont
définitivement montré leur efficacité à condition d'être
utilisés précocement.
Plus récemment, l'utilisation des veinoglobulines humaines
permet aussi certains espoirs. C'est un traitement qui pourrait
ainsi être une alternative aux plasmaphérèses ou être une
thérapeutique adjuvante.
Les corticoïdes paraissent peu efficaces.
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