Hypertension artérielle de l’adulte Cours
de cardiologie
La distribution de la pression artérielle (PA) dans la population
s’effectue de façon continue, unimodale, des plus
basses au plus élevées et la définition de l’hypertension
artérielle (HTA) résulte de l’attribution du risque cardiovasculaire
à un niveau de PA donné.
Le retentissement sur les organes cibles (coeur, rein, cerveau)
doit être pris en compte ; la maladie hypertensive
n’est pas uniquement une maladie « de chiffres », mais une
authentique maladie générale vasculaire avec ses implications
thérapeutiques.
L’HTA constitue également un facteur de risque d’athérosclérose,
et eu égard à sa fréquence (15 % de la population),
elle constitue un authentique problème de santé
publique.
La reconnaissance de l’HTA offre l’opportunité de dépister
au niveau individuel l’ensemble des facteurs de risque
vasculaires.
On peut ainsi évaluer au niveau individuel le
risque cardiovasculaire absolu, à savoir la probabilité pour
un patient d’avoir un accident cardiovasculaire dans 5 à
10 ans à venir.
Cette démarche est indispensable pour situer
l’intervention thérapeutique, le bénéfice attendu étant d’autant
plus grand que le risque cardiovasculaire absolu est
plus élevé.
Définition – Classification :
En référence à l’OMS (Organisation mondiale de la Santé)
(1993), la PA normale est inférieure à 140/90 mmHg.
On distingue l’HTA légère avec une PAS (pression artérielle
systolique) comprise entre 140 et 180 mmHg et (ou)
une PAD (pression artérielle diastolique) entre 90 et 105 mmHg.
Au sein de l’HTA légère (mild), on individualise
un sous-groupe, l’HTA limite dont la PAS est comprise
entre 140 et 159 mmHg et (ou) la PAD entre 90 et 94
mmHg.
En présence d’une PAS supérieure ou égale à 180 et (ou)
une PAD supérieure ou égale à 105 mmHg, l’HTA est dite
modérée à sévère (la sévérité est généralement admise pour
une PAD supérieure à 115 mmHg.
Enfin on individualise l’HTA systolique isolée ou pure,
définie par une PAS supérieure à 160 mmHg et une PAD
inférieure à 90 mmHg.
Dans ce cadre, on définit également l’HTA pure limite avec
une PAS comprise entre 140 et 160 mmHg et une PAD inférieure
à 90 mmHg.
Pour interpréter les chiffres de PA, trois ordres de caractéristiques
doivent être pris en compte :
– la distribution unimodale de la PA implique la nécessité
de faire apparaître une zone limite dont la prise en charge
thérapeutique est à individualiser ;
– la variabilité de la PA est une donnée essentielle.
La PA
est modifiée par les contraintes psychosensorielles et dynamiques
respectivement explorées en pratique clinique par la
mesure ambulatoire de la PA (MAPA) et l’épreuve d’effort.
Ainsi le diagnostic d’HTA au cabinet doit être effectué dans
des conditions standardisées en accord avec les recommandations.
La place de la MAPA des 24 h se précise : cette
méthode de mesure permet de s’affranchir de « l’effet
blouse blanche » autorise la prise en compte de la variabilité
nycthémérale de la PA, et permet une appréciation pronostique.
On individualise ainsi l’HTA de la blouse blanche
définie par une HTA toujours présente au niveau du cabinet alors qu’elle s’avère normale lors de la mesure ambulatoire
des 24 h.
Cette entité est encore à l’étude mais paraît
présenter un meilleur pronostic et relève dans l’état actuel
d’une retenue thérapeutique ;
– l’âge et le sexe modifient la PA.
La pression artérielle
systolique augmente avec l’âge, alors que la pression artérielle
diastolique tend à diminuer au 3e âge avec pour conséquence
implicite une élévation de la pression pulsée, délétère
pour le système cardiovasculaire.
Chez la femme, la PA augmente essentiellement après la
ménopause et pour un même niveau de PA, son risque
demeure inférieur à celui de l’homme.
Épidémiologie :
1- Prévalence de l’HTA :
Elle fait estimer à près de 7 millions le nombre d’hypertendus
en France.
La maladie hypertensive est manifestement polygénique,
expliquant la difficulté de l’approche génétique.
Des travaux
sont actuellement en cours dans des familles d’hypertendus
en utilisant des marqueurs de gènes candidats
(système rénine-angiotensine).
Par contre, les facteurs d’extériorisation sont mieux connus
notamment le rôle délétère d’une consommation élevée de
sel, du surpoids, de la consommation d’alcool, et peut-être
de l’exposition au stress et du contexte socio-professionnel.
2- Risque cardiovasculaire
:
L’HTA est un pourvoyeur d’accidents vasculaires cérébraux
(AVC), mais aussi d’insuffisance coronaire constituant
un facteur de risque indépendant d’athérosclérose.
Il
peut s’associer dans cette éventualité à l’hypercholestérolémie,
au tabagisme, au surpoids, à l’intolérance aux
hydrates de carbone et au diabète.
Le risque est attribué à
la fois à l’élévation de la PAS et de la PAD.
En référence à une population normotendue, la mortalité
cardiovasculaire est doublée, avec une plus grande incidence
d’AVC, d’insuffisance cardiaque, d’insuffisance
coronaire et d’artériopathie des membres inférieurs.
Ces données justifient la prise en charge thérapeutique de
la maladie hypertensive.
Physiopathologie :
1- Bases :
• Hémodynamique cardiovasculaire : la PA est définie
comme le produit du débit par les résistances périphériques
(PA = Q TRPT).
On conçoit qu’une élévation de PA puisse
résulter d’une augmentation de débit (soit par l’augmentation
de fréquence, soit par l’augmentation du volume sanguin)
ou d’une augmentation des résistances périphériques
à la faveur d’agents vasoconstricteurs.
• Données rénales : le rein joue un rôle déterminant dans
la relation PA-natriurèse.
Une élévation de PA induit une
augmentation de la natriurèse.
Cette aptitude du rein à corriger
l’élévation de pression par l’élévation de la natriurèse
possède un gain infini ; l’apparition d’une HTA supposerait
une altération de ce phénomène de régulation avec un
déficit de l’excrétion sodée.
Il s’y associe des modifications hémodynamiques rénales
avec une perte de l’aptitude à la vasodilatation et augmentation
des résistances rénales.
2- Avenues physiopathologiques :
• On peut évoquer une activation initiale de phénomènes
presseurs. Une modification d’origine génétique du système
rénine angiotensine pourrait conduire à la maladie
hypertensive par l’intermédiaire d’une activation du système
hormonal, et de modifications tissulaires, vasculaires
et myocardiques.
On peut concevoir le rôle des catécholamines, adrénaline
et noradrénaline.
L’HTA hyperkinétique du jeune avec élévation
du débit cardiaque constitue l’illustration la mieux
comprise avec une hyperactivité des centres presseurs
relayée par le sympathique et le système rénine angiotensine.
Chez ces jeunes patients, le niveau des résistances
périphériques est inadapté, toujours trop élevé au regard
du niveau du débit cardiaque « primitivement » majoré.
• À l’inverse l’HTA peut avoir une origine volodépendante.
La déficience du rein à excréter le sodium est à l’origine
de la sécrétion hypothalamique d’un facteur natriurétique
et vasoconstricteur ouabaïne-like.
Celui-ci est capable
de bloquer la pompe à sodium Na-K dépendante favorisant
ainsi l’entrée de sodium dans la fibre lisse vasculaire, associée
à une entrée de calcium, à l’origine de l’hypertonie
vasculaire.
On comprend ainsi qu’un modèle volodépendant
d’HTA puisse s’accompagner d’une élévation
des résistances périphériques.
• L’artère, cible convergente des hypothèses physiopathologiques.
L’ensemble des mécanismes physiopathologiques
évoqués dans l’HTA conduit à des altérations artérielles,
concernant les artérioles dites artères résistives, mais
aussi les grosses artères élastiques avec perte de leur fonction
d’amortissement, et réduction de leur compliance.
Il existe à ce niveau des modifications structurales avec au
niveau artériolaire une augmentation du rapport épaisseur/rayon (hypertrophie de la média/diamètre interne de
l’artériole) et au niveau des gros vaisseaux, hypertrophie
du muscle lisse artériel avec inversion du rapport élastine/
collagène.
Diagnostic :
1- Reconnaissance de l’HTA :
Le diagnostic repose sur la mesure de la PA lors d’un examen
systématique ou d’une consultation pour des manifestations
neurosensorielles, ou à l’occasion d’une complication.
• Les conditions de mesure sont déterminantes et doivent
respecter les recommandations établies par la Société française
d’HTA.
– La mesure de la PA est effectuée en position couchée ou
assise depuis 10 min, en utilisant un manomètre à mercure
(méthode de référence) avec un brassard adapté à la taille
du bras (il doit entourer les deux tiers de la longueur et de
la largeur du bras ; un brassard trop étroit peut induire une
surestimation importante des chiffres de PA chez l’obèse).
Un manomètre anéroïde de Vaquez à cadran utilisé au
domicile du patient ne peut dans cette situation servir que
de dépistage ; la mise en évidence de chiffres de PA élevés
devant justifier une mesure au manomètre à mercure, plus
fiable, dans les conditions du cabinet médical.
On prendra soin de gonfler le brassard 30 mmHg au-dessus
de la disparition du pouls et de dégonfler le brassard
assez lentement de 2 mm en 2 mm pour ne pas sous-estimer
la systolique ou surestimer la diastolique (mesurée à
la disparition des bruits artériels, phase V de Korotkoff).
Autant que possible la PA doit être mesurée à distance
d’une émotion, d’une prise de café, d’alcool ou de tabac ;
enfin, la PA sera mesurée en position couchée puis debout
de façon à déceler une hypotension orthostatique spontanée,
et aux deux bras de façon à ne pas méconnaître une
asymétrie tensionnelle.
Dans toutes ces circonstances, l’essentiel
est de maintenir le bras au niveau du coeur.
– Trois mesures doivent être réalisées et on conseille de
retenir la moyenne des deux dernières.
Une répétition des mesures sera indispensable pour affirmer
le diagnostic d’HTA du fait de la variabilité déjà évoquée.
L’OMS requiert 3 mesures à 2 consultations différentes
au moins pour affirmer ce diagnostic et 6 mesures
en cas d’HTA limite à légère (90-104 mmHg).
La qualité de la mesure de la PA est indispensable au diagnostic
d’HTA.
Toutes les études épidémiologiques ont été effectuées en
référence à cette mesure.
2- Étude du retentissement de l’HTA :
Opportunité d’une intervention thérapeutique
• Bilan OMS. Le bilan minimal proposé par l’OMS doit
être effectué impérativement :
– examens urinaires : recherche d’hématurie, de protéinurie
par bandelette réactive ;
– ECG, fond d’oeil.
• Atteinte viscérale associée
– Retentissement cardiaque : on recherche des signes d’insuffisance
cardiaque ou d’insuffisance coronaire. L’ECG
doit être effectué à la recherche d’une hypertrophie auriculaire,
d’une hypertrophie ventriculaire gauche, de signes
de surcharge systolique du ventricule gauche. Une radiographie
du thorax peut préciser le volume cardiaque.
L’échocardiographie plus sensible que l’ECG peut apporter
des renseignements d’un grand intérêt ; son usage ne
peut être préconisé de façon systématique, mais elle sera
souvent effectuée dans les populations les plus à risque et
chez l’hypertendu symptomatique.
La mesure ambulatoire de la PA des 24 h possède une
meilleure valeur pronostique, apprécie la variabilité nycthémérale
des 24 h, mais on ne dispose d’aucune donnée
épidémiologique.
– Retentissement cérébral : une complication peut avoir été
la circonstance révélatrice de l’HTA; mais il faut savoir
rechercher un accident ischémique transitoire, des signes
neurosensoriels.
L’étude du fond d’oeil est classique
(stades I et II : artères fines, irrégulières voire spasmées
avec signes du croisement, stade III : hémorragies exsudats
; stade IV : oedème papillaire).
– Retentissement rénal : il comprend le dépistage urinaire
par bandelette (Labstix) de la protéinurie, d’une hématurie
complété, s’il y a lieu du culot urinaire, du compte d’Addis
et du dosage de la protéinurie des 24 h.
La détermination
de la fonction rénale par la créatininémie est systématique.
La recherche de la microalbuminurie par réactif pourrait
s’avérer un bon marqueur rénal du risque cardiovasculaire,
cela est déjà validé chez l’hypertendu diabétique non insulino-dépendant et l’intérêt est à confirmer dans l’HTA
essentielle.
– Le dépistage de l’athérosclérose est évidemment clinique
à la recherche de manifestations angineuses, d’une claudication
des membres inférieurs ; la palpation des pouls, et
l’auscultation des axes vasculaires : l’aorte, les artères
rénales, fémoro-iliaques, et carotides.
Une anomalie clinique
et (ou) un contexte multirisques peuvent conduire au
dépistage de plaques athéromateuses par échographie vasculaire.
• Évaluation du risque cardiovasculaire absolue.
Au
niveau individuel, après avoir établi un diagnostic d’HTA,
il est nécessaire de situer l’ensemble des facteurs de risque
cardiovasculaire associés.
On individualise les facteurs de risque non modifiables
(l’âge, le sexe, la prédisposition génétique) et des facteurs
de risque modifiables (HTA elle-même, l’hypercholestérolémie,
l’obésité, le diabète, la sédentarité).
Des grilles ont été établies, issues d’études épidémiologiques,
en particulier celle de Framingham, permettant en
fonction du sexe, de l’âge, du niveau de cholestérolémie,
et du niveau de PAS, d’évaluer le risque cardiovasculaire
du patient.
Ainsi, on peut opposer l’homme de la cinquantaine,
fumeur, hypercholestérolémique, hypertendu à
haut risque cardiovasculaire et la femme de la quarantaine ayant une HTA légère isolée, en l’absence de tout autre facteur
de risque dont le risque cardiovasculaire est faible.
Les grilles dont nous disposons actuellement ne sont pas
transférables à la situation française où le risque cardiovasculaire
est sensiblement moindre qu’aux États-Unis et
dans le nord de l’Europe.
Il existe une authentique « régionalisation » du risque cardiovasculaire
à prendre en compte dans l’intervention thérapeutique.
• Dépistage d’une HTA secondaire.
L’interrogatoire est
un élément essentiel de l’approche clinique de l’HTA.
Il permet de situer des antécédents familiaux d’HTA et de
complications cardiovasculaires non seulement chez les
parents, mais également dans la fratrie en faveur d’une
éventuelle origine génétique.
Il permet d’éliminer une
cause toxique : réglisse, vasoconstricteurs nasaux, contraception oestroprogestative, alcool.
Il permet d’orienter vers une cause uronéphrologique, de
suspecter une origine rénovasculaire athéromateuse devant
une HTA récente chez un homme de la cinquantaine, tabagique,
ou par fibroplasie de l’artère rénale chez une femme
jeune avec une HTA persistante à l’arrêt du contraceptif et
en l’absence d’antécédents familiaux.
On s’assure de l’absence de signes d’hypercorticisme, de
paroxysmes tensionnels, de la triade céphalées-tachycardie-
sueurs.
Enfin il est essentiel de disposer d’une détermination de la
kaliémie effectuée au laboratoire sans garrot avec une ponction
franche pour ne pas méconnaître une hypokaliémie
même limite, susceptible d’évoquer une HTA secondaire.
Le bilan de l’hypertendu peut aller du plus simple au plus
compliqué et l’ensemble de ces examens ne saurait être
systématique.
Les contraintes économiques et le « bon
sens » ne sauraient d’ailleurs permettre un tel bilan.
Étiologie :
L’hypertension artérielle essentielle : dans 95 % des cas,
l’HTA ne reconnaît aucune étiologie et on parle d’HTA
essentielle.
Elle réalise une maladie générale cardiovasculaire
à haute prévalence dans la population dont l’expression
résulte de la rencontre de l’inné, liée à des facteurs
génétiques et de l’acquis, au premier rang desquels la
consommation sodée et la prise de poids.
Elle constitue un des éléments du risque cardiovasculaire,
justifiant une prise en charge thérapeutique.
– L’hypertension artérielle secondaire : elle concerne 5 %
des HTA.
L’étiologie est surrénalienne, rénale ou toxique ;
sa mise en évidence autorise un traitement spécifique pouvant
permettre la cure de l’HTA.
HTA d’origine surrénale
1- Phéochromocytome :
Il s’agit d’une tumeur médullo-surrénale sécrétante de catécholamines
volontiers révélée par une HTA paroxystique
ou permanente.
Bien que son incidence ne soit que de 0,5% des hypertendus sa reconnaissance est d’une particulière
importance du fait de son accessibilité à la chirurgie.
On
doit prendre en compte la possibilité de formes familiales,
de tumeurs multiples, bilatérales, extrasurrénales, voire
extra-abdominales.
Enfin, le phéochromocytome peut s’intégrer
dans le cadre d’une néoplasie endocrine multiple ou
d’une phacomatose (neurofibromatose de Recklinghausen
et syndrome de von Hippel-Lindau).
• Anatomie-physiopathologie. Le phéochromocytome est
une tumeur développée aux dépens du tissu chromaffine
médullo-surrénal.
Le terme est à réserver à la localisation
surrénale, les formes extrasurrénales étant dénommées
paragangliomes.
Typiquement, il s’agit d’une tumeur rouge
sang virant au brun, d’aspect hétérogène avec flaques
hémorragiques et parfois tissu nécrotique.
Le phéochromocytome peut être associé à un cancer médullaire
de la thyroïde, à un adénome parathyroïdien dans le
cadre du syndrome de Sipple ou à des névromes muqueux
dans le cadre du syndrome de Gorlin. Ces syndromes font
désormais partie des néoplasies endocrines multiples type
2, dites NEM 2.
Les formes malignes sont rares et sont
caractérisées par la présence de métastases ganglionnaires
pulmonaires, hépatiques ou osseuses.
Au point de vue physiopathologique, les phéochromocytomes
synthétisent la noradrénaline, l’adrénaline et la
dopamine.
Les catécholamines en excès exercent leurs
effets cardiovasculaires par la stimulation des récepteurs a
et b-adrénergiques à l’origine de leur désensibilisation.
La
conjonction de la désensibilisation des récepteurs a, et de
l’hypovolémie, fréquente, peut être à l’origine d’une hypotension
orthostatique.
Parallèlement, les activités enzymatiques
impliquées dans le catabolisme des catécholamines
sont réduites favorisant ainsi l’accumulation hormonale.
Un paragangliome extrasurrénal peut aussi être différencié
et sécréter des catécholamines à l’image du phéochromocytome
surrénal.
Une mutation génétique a été mise en évidence au niveau
du proto-oncogène RET (codant une tyrosine kinase) au
cours des formes familiales de phéochromocytomes, et de
néoplasies endocrines mutliples (MEN 2a et MEN 2b).
La
mise en évidence de ces mutations doit permettre à terme
une démarche prédictive et préventive.
• Reconnaissance diagnostique.
Le phéochromocytome
est caractérisé par un grand polymorphisme clinique à l’origine
d’un diagnostic souvent difficile.
La triade céphalées-palpitations-sueurs est caractéristique.
Son absence permet
d’exclure le diagnostic avec une grande probabilité.
Les modifications de la PA sont généralement au-devant
de la scène et orientent vers le diagnostic.
Il s’agit volontiers
d’une labilité tensionnelle avec alternance de
paroxysmes et d’hypotension, de modifications de la PA
notées lors d’une anesthésie, d’une artériographie ou lors
de l’établissement d’un traitement psychotrope.
Le phéochromocytome
peut aussi évoluer sous le masque d’une HTA du diabète ou d’une HTA réfractaire ; enfin des
troubles du rythme supraventriculaire ou ventriculaire, une
insuffisance cardiaque et un oedème pulmonaire peuvent
révéler le phéochromocytome.
L’acide vanylmandélique (AVM) représente le métabolite commun de l’adrénaline et la noradrénaline.
Il résulte
de l’effet de la carboxy-O-méthyl-transférase (COMT) et
de la mono-amine-oxydase (MAO) sur les catécholamines
; ce dosage traditionnel peu sensible, a beaucoup
perdu de son intérêt et ne justifie plus son indication systématique.
Le dosage le plus performant est celui des métanéphrines et normétanéphrines sur les urines des 24
h en exigeant des dosages répétés et concordants.
Le
dosage des catécholamines urinaires libres peut être utile
en cas de formes purement paroxystiques à condition de
pouvoir effectuer le dosage au décours immédiat du
paroxysme.
Quant au dosage des catécholamines plasmatiques,
son utilité paraît résider dans les formes diagnostiques
difficiles par exemple au cours de tests de freination
(test à la clonidine).
Il faut rappeler que des résultats normaux en présence d’une
PA élevée permettent de récuser l’éventualité du phéochromocytome.
Par contre, l’hypothèse du phéochromocytome
ne peut être écartée si des dosages normaux sont
contemporains d’une PA normale.
• Diagnostic topographique.
L’étape « topographique » ne
se conçoit qu’en cas de certitude diagnostique établie sur
des dosages hormonaux.
Dans 85 % des cas il s’agit d’un
phéochromocytome surrénal et l’examen clé est la tomodensitométrie
centrée sur les surrénales qui permet une
reconnaissance rapide et non vulnérante.
Il s’agit généralement
d’une masse ronde ou ovale de 3 à 6 cm, présentant
dans les cas typiques des zones irrégulières et hypodenses.
Dans 15 % des cas, la tumeur est extrasurrénale et
peut siéger de la base du crâne jusqu’à la vessie.
Une attention
particulière doit être portée sur le cou, les régions paravertébrales,
la bifurcation aortique et le pelvis.
L’imagerie par résonance magnétique nucléaire (IRM) permet
une caractérisation tissulaire et peut être démonstrative
du phéochromocytome en montrant des hypersignaux.
La scintigraphie à la MIBG (métaiodobenzyguanidine) permet
de localiser le phéochromocytome et les tumeurs de
siège extrasurrénal.
Cet isotope est un analogue de la guanéthidine
avec affinité pour le tissu chromaffine et une
bonne spécificité mais sa sensibilité est bien moindre avec
une incidence assez élevée de faux négatifs.
Son intérêt
concerne plus particulièrement la reconnaissance des
formes extrasurrénales multiples et le suivi d’un patient
déjà opéré de phéochromocytome.
• Principes thérapeutiques.
Le traitement est chirurgical
et consiste en l’exérèse du phéochromocytome ou du paragangliome
sécrétant.
La préparation à la chirurgie est d’une
particulière importance comprenant la correction de la volémie,
l’établissement d’un traitement a et b-bloquant pour
bloquer à la fois les récepteurs a et b-adrénergiques, en
ayant recours au labétalol (Trandate).
Dans la période pré- et peropératoire on peut utiliser avec
succès un antagoniste du calcium de la famille des dihydropyridines
par voie veineuse, la nicardipine (Loxen)
éventuellement associée au labétalol. Il est également possible
d’avoir recours aux dérivés nitrés ou au nitroprussiate
en perfusion veineuse continue.
Les b-bloquants et la Xylocaïne
sont proposés pour traiter les troubles du rythme.
L’isoflurane est l’anesthésique le mieux adapté, moins arythmogène que ses prédécesseurs.
Il faut insister sur l’importance du suivi de tout patient
opéré, à la fois clinique et hormonal par dosages effectués
à distance compte tenu de la possibilité d’autres localisations
et de récidives. Le patient ne doit pas être considéré
comme guéri.
2- HTA d’origine corticosurrénale
:
• L’hyperaldostéronisme primaire ou syndrome de Conn.
Il faut distinguer l’hyperaldostéronisme primaire tumoral
(adénome de Conn) curable par surrénalectomie de l’hyperaldostéronisme
qualifié d’idiopathique par hyperplasie surrénale
bilatérale, généralement rebelle à la chirurgie.
Une forme génétique d’hyperaldostéronisme primaire rapportée
à un gène chimérique de l’aldostérone synthase a été
identifiée, sensible à l’administration de dexaméthasone, le
«GRA» (glucocorticoid remediable aldosteronism).
– Anatomie physiopathologie : l’hyperaldostéronisme primaire
tumoral est un adénome du glomérule sécrétant de
l’aldostérone, individualisé par Conn et responsable d’un
tableau d’HTA avec hypokaliémie.
Il s’agit d’une tumeur
arrondie bien limitée de couleur chamois ou safran riche
en inclusions lipidiques, son diamètre habituel est de 10 à
20 mm.
Cependant, il peut s’agir d’un corticosurrénalome
malin sécrétant de l’aldostérone (1/30) parfois associé à la
sécrétion d’autres minéralocorticoïdes.
L’excès d’aldostérone positive le bilan sodé, mais un phénomène
d’échappement explique l’absence d’oedème et le
maintien d’une natriurèse égale à l’apport.
L’HTA est
sodium et volume dépendante.
L’expansion plasmatique extratissulaire est associée à une augmentation du sodium
Na+ et du Ca++ dans la fibre musculaire lisse à l’origine
d’une élévation secondaire des résistances périphériques.
Au cours de l’hyperaldostéronisme primaire (HAP) idiopathique
et à la différence d’un adénome, l’hyperaldostéronisme
demeure soumis au contrôle de l’angiotensine II.
La sécrétion d’aldostérone y est en partie stimulable et freinable.
Son origine est méconnue ; il a pu être mis en évidence
un facteur stimulant de l’aldostérone d’origine hypothalamo-hypophysaire capable de stimuler directement la
sécrétion d’aldostérone soit par l’intermédiaire d’une augmentation
de sensibilité du glomérule à l’angiotensine II.
De la même façon qu’il existe des formes de transition entre
l’adénome de Conn et l’hyperaldostéronisme primaire par
hyperplasie surrénale, il existe aussi des formes de transition
entre l’HTA essentielle à rénine basse et l’hyperaldostéronisme
primaire idiopathique.
C’est dire la possibilité
de diagnostics différentiels difficiles au niveau individuel
entre ces différentes entités.
– Reconnaissance.
• Diagnostic positif. Classiquement évoquée en présence
de céphalées et d’asthénie, la reconnaissance est plus souvent
à considérer devant une HTA mal contrôlée, réfractaire,
notamment à l’usage des b-bloquants et des inhibiteurs
de l’enzyme de conversion (IEC).
L’orientation diagnostique dépend de la seule hypokaliémie
obtenue par un prélèvement effectué sous régime normosodé
après arrêt du traitement.
La mise en évidence de l’hypokaliémie sous traitement peut également être suggestive
de ce diagnostic si elle s’avère normalement importante
pour une faible dose de diurétique ou si elle est constatée
sous un traitement par IEC, et alors très inhabituelle.
On insiste actuellement sur les formes normokaliémiques
plus fréquentes qu’on ne le pensait ; l’hyperaldostéronisme
primaire est à rechercher en cas d’HTA insolite par
son degré manométrique et sa précocité chez un adulte
jeune.
L’ionogramme sanguin sera d’autant plus évocateur que
l’hypokaliémie s’associe à une majoration de la natrémie,
une alcalose métabolique, une uricémie basse, une kaliurèse
majorée.
Le diagnostic repose sur la mise en évidence d’une rénine
active basse inférieure à 10 ng/L, et une aldostérone plasmatique
majorée au-delà de 15 ng pour 100 mL en position
couchée.
L’intérêt du rapport plasmatique aldostérone/
rénine active (pg/mL) a été récemment souligné ;
discriminant si O 23, sa détermination est à proposer pour
une kaliémie o 3,9 mmol/L.
Il convient ensuite de préciser l’entité en cause et pour l’essentiel,
on doit distinguer l’adénome de Conn de sanction
chirurgicale et l’hyperaldostéronisme primaire par hyperplasie
bilatérale de traitement médical.
• Distinction entre hyperaldostéronisme primaire tumoral et
idiopathique.
De façon à opérer cette distinction, on réalise
une détermination de la rénine active et de l’aldostérone plasmatique
en conditions basales, en position couchée puis
après 1 h et 4 h d’orthostatisme, puis à la faveur d’un test de
freination (captopril ou charge en sel) avec mesure de l’aldostérone
plasmatique avant et après freination.
La mise en évidence d’une rénine active effondrée non stimulable,
d’une aldostérone plasmatique très élevée peu ou
pas stimulable, diminuant à la 4e heure d’orthostatisme, non freinable après charge en sel ou après captopril est en faveur
de l’adénome traduisant une sécrétion autonomisée d’aldostérone.
À l’inverse, une rénine active basse légèrement stimulable,
une aldostérone plasmatique majorée et stimulable après
orthostatisme prolongé, en partie freinable par le captopril
ou la charge en sel sont en faveur d’un hyperaldostéronisme
primaire idiopathique par hyperplasie.
Le diagnostic hormonal conduit à la pratique du scanner
surrénal.
La tomodensitométrie doit comprendre des
coupes de 5 mm en 5 mm, elle montre en cas d’adénome
une tumeur surrénale de 10 à 25 mm de diamètre, homogène,
ronde, hypodense, fixant peu le produit de contraste.
En présence d’un tableau hormonal évocateur et de l’image
d’adénome tomodensitométrique, le patient peut être opéré
sans autre investigation.
À l’inverse, il peut s’agir d’une hyperplasie des 2 surrénales
déformées par plusieurs nodules, le patient relève du
traitement médical.
Cependant, le diagnostic peut demeurer encore indécis :
scanner surrénal normal compatible avec un microadénome
et un hyperaldostéronisme idiopathique ou image nodulaire
faisant discuter un microadénome ou un macronodule
dans le cadre d’une hyperplasie.
Il est alors nécessaire de recourir au cathétérisme des veines surrénales avec dosages séparés de l’aldostérone et du cortisol
de façon à valider un gradient d’aldostérone témoin
de la latéralisation de sécrétion en cas d’adénome.
Il est possible d’obtenir une image radiographique à type
d’adénome avec aspect d’encorbellement veineux ou d’individualiser
2 glandes volumineuses d’hyperplasie parfois
avec logettes suggérant une forme nodulaire.
Dans cette dernière
éventualité, il s’agit d’un hyperaldostéronisme primaire
idiopathique et il n’existe pas de gradient d’aldostérone.
– Principes thérapeutiques : en cas d’adénome, le traitement
est chirurgical enlevant la tumeur surrénale avec une
possibilité de guérison définitive si l’adénome a été reconnu
suffisamment tôt.
Bien évidemment, cette chirurgie n’est réalisée qu’après
avoir normalisé la PA et la kaliémie à la faveur d’un traitement antialdostérone (Aldactone) dont la brillante efficacité
est d’ailleurs prédictive du succès chirurgical.
À l’inverse, en cas d’hyperaldostéronisme primaire par
hyperplasie le traitement est médical. L’antialdostérone
assure la correction de la kaliémie mais s’avère de moindre
efficacité sur le niveau de PA.
De plus, sa tolérance est
médiocre en raison de son effet anti-androgène avec gynécomastie,
chute de la libido voire impuissance.
En pratique
on se limite à de faibles posologies d’antialdostérone associée
à la prescription d’antagonistes du calcium, d’un particulier
intérêt.
On peut avoir recours aux diurétiques distaux, épargneurs de potassium, de type amiloride
(Modamide).
On doit rappeler l’éventualité du GRA, hyperaldostéronisme
primaire sensible au glucocorticoïde (freinable par
la dexaméthasone).
Il s’agit d’une forme génétique
d’hyperaldostéronisme primaire déterminée par un gène
chimérique de l’aldostérone synthase – 11-hydroxylase
porté par le chromosome 8. Au cours de cette entité, l’aldostérone
est sous le contrôle de l’ACTH, et de fait freinable
par la dexaméthasone.
Il s’agit d’une HTA de révélation
précoce avec une hypokaliémie modérée et
inconstante, une rénine basse et une élévation variable au
niveau de l’aldostérone plasmatique. Un test génétique permet
la reconnaissance supplantant l’approche hormonale.
• Syndrome de Cushing.
L’HTA au cours du syndrome de
Cushing est estimée à 80 % des cas, et concerne plus volontiers
le carcinome surrénal ou la sécrétion ectopique
d’ACTH.
– Physiopathologie : pour l’expliquer, on évoque l’élévation
de l’angiotensinogène sous l’influence des glucocorticoïdes
(naturels et exogènes).
Le faible pouvoir minéralocorticoïde
du cortisol peut du fait de concentrations
élevées, intervenir dans la réabsorption de sodium au niveau
du tubule rénale proximal, à l’origine d’une augmentation
du volume plasmatique ; en outre, au cours du syndrome
de Cushing ACTH-dépendant, des minéralocorticoïdes différents
de l’aldostérone ont été mis en évidence tels que la
déoxycorticostérone (DOC) et la corticostérone (B), susceptibles
de favoriser le développement de l’HTA et d’expliquer
l’hypokaliémie.
Au regard de sa fréquence, l’HTA constitue un mode de
révélation relativement rare.
L’enquête étiologique doit se
poursuivre pour distinguer le Cushing ACTH-dépendant surrénales avec dosages séparés de l’aldostérone et du cortisol
de façon à valider un gradient d’aldostérone témoin
de la latéralisation de sécrétion en cas d’adénome.
Il est possible d’obtenir une image radiographique à type
d’adénome avec aspect d’encorbellement veineux ou d’individualiser
2 glandes volumineuses d’hyperplasie parfois
avec logettes suggérant une forme nodulaire.
Dans cette dernière
éventualité, il s’agit d’un hyperaldostéronisme primaire
idiopathique et il n’existe pas de gradient d’aldostérone.
– Principes thérapeutiques : en cas d’adénome, le traitement
est chirurgical enlevant la tumeur surrénale avec une
possibilité de guérison définitive si l’adénome a été reconnu
suffisamment tôt.
Bien évidemment, cette chirurgie n’est réalisée qu’après
avoir normalisé la PA et la kaliémie à la faveur d’un traitement antialdostérone (Aldactone) dont la brillante efficacité
est d’ailleurs prédictive du succès chirurgical.
À l’inverse, en cas d’hyperaldostéronisme primaire par
hyperplasie le traitement est médical.
L’antialdostérone
assure la correction de la kaliémie mais s’avère de moindre
efficacité sur le niveau de PA.
De plus, sa tolérance est
médiocre en raison de son effet anti-androgène avec gynécomastie,
chute de la libido voire impuissance.
En pratique
on se limite à de faibles posologies d’antialdostérone associée
à la prescription d’antagonistes du calcium, d’un particulier
intérêt.
On peut avoir recours aux diurétiques distaux, épargneurs de potassium, de type amiloride
(Modamide).
On doit rappeler l’éventualité du GRA, hyperaldostéronisme
primaire sensible au glucocorticoïde (freinable par
la dexaméthasone).
Il s’agit d’une forme génétique
d’hyperaldostéronisme primaire déterminée par un gène
chimérique de l’aldostérone synthase – 11-hydroxylase
porté par le chromosome 8.
Au cours de cette entité, l’aldostérone
est sous le contrôle de l’ACTH, et de fait freinable
par la dexaméthasone.
Il s’agit d’une HTA de révélation
précoce avec une hypokaliémie modérée et
inconstante, une rénine basse et une élévation variable au
niveau de l’aldostérone plasmatique.
Un test génétique permet
la reconnaissance supplantant l’approche hormonale.
• Syndrome de Cushing. L’HTA au cours du syndrome de
Cushing est estimée à 80 % des cas, et concerne plus volontiers
le carcinome surrénal ou la sécrétion ectopique
d’ACTH.
– Physiopathologie : pour l’expliquer, on évoque l’élévation
de l’angiotensinogène sous l’influence des glucocorticoïdes
(naturels et exogènes).
Le faible pouvoir minéralocorticoïde
du cortisol peut du fait de concentrations
élevées, intervenir dans la réabsorption de sodium au niveau
du tubule rénale proximal, à l’origine d’une augmentation
du volume plasmatique ; en outre, au cours du syndrome
de Cushing ACTH-dépendant, des minéralocorticoïdes différents
de l’aldostérone ont été mis en évidence tels que la
déoxycorticostérone (DOC) et la corticostérone (B), susceptibles
de favoriser le développement de l’HTA et d’expliquer
l’hypokaliémie.
Au regard de sa fréquence, l’HTA constitue un mode de
révélation relativement rare.
L’enquête étiologique doit se
poursuivre pour distinguer le Cushing ACTH-dépendant surrénales avec dosages séparés de l’aldostérone et du cortisol
de façon à valider un gradient d’aldostérone témoin
de la latéralisation de sécrétion en cas d’adénome.
Il est possible d’obtenir une image radiographique à type
d’adénome avec aspect d’encorbellement veineux ou d’individualiser
2 glandes volumineuses d’hyperplasie parfois
avec logettes suggérant une forme nodulaire.
Dans cette dernière
éventualité, il s’agit d’un hyperaldostéronisme primaire
idiopathique et il n’existe pas de gradient d’aldostérone.
– Principes thérapeutiques : en cas d’adénome, le traitement
est chirurgical enlevant la tumeur surrénale avec une
possibilité de guérison définitive si l’adénome a été reconnu
suffisamment tôt.
Bien évidemment, cette chirurgie n’est réalisée qu’après
avoir normalisé la PA et la kaliémie à la faveur d’un traitement antialdostérone (Aldactone) dont la brillante efficacité
est d’ailleurs prédictive du succès chirurgical.
À l’inverse, en cas d’hyperaldostéronisme primaire par
hyperplasie le traitement est médical.
L’antialdostérone
assure la correction de la kaliémie mais s’avère de moindre
efficacité sur le niveau de PA.
De plus, sa tolérance est
médiocre en raison de son effet anti-androgène avec gynécomastie,
chute de la libido voire impuissance.
En pratique
on se limite à de faibles posologies d’antialdostérone associée
à la prescription d’antagonistes du calcium, d’un particulier
intérêt.
On peut avoir recours aux diurétiques distaux, épargneurs de potassium, de type amiloride
(Modamide).
On doit rappeler l’éventualité du GRA, hyperaldostéronisme
primaire sensible au glucocorticoïde (freinable par
la dexaméthasone).
Il s’agit d’une forme génétique
d’hyperaldostéronisme primaire déterminée par un gène
chimérique de l’aldostérone synthase – 11-hydroxylase
porté par le chromosome 8.
Au cours de cette entité, l’aldostérone
est sous le contrôle de l’ACTH, et de fait freinable
par la dexaméthasone.
Il s’agit d’une HTA de révélation
précoce avec une hypokaliémie modérée et
inconstante, une rénine basse et une élévation variable au
niveau de l’aldostérone plasmatique.
Un test génétique permet
la reconnaissance supplantant l’approche hormonale.
• Syndrome de Cushing. L’HTA au cours du syndrome de
Cushing est estimée à 80 % des cas, et concerne plus volontiers
le carcinome surrénal ou la sécrétion ectopique
d’ACTH.
– Physiopathologie : pour l’expliquer, on évoque l’élévation
de l’angiotensinogène sous l’influence des glucocorticoïdes
(naturels et exogènes).
Le faible pouvoir minéralocorticoïde
du cortisol peut du fait de concentrations
élevées, intervenir dans la réabsorption de sodium au niveau
du tubule rénale proximal, à l’origine d’une augmentation
du volume plasmatique ; en outre, au cours du syndrome
de Cushing ACTH-dépendant, des minéralocorticoïdes différents
de l’aldostérone ont été mis en évidence tels que la
déoxycorticostérone (DOC) et la corticostérone (B), susceptibles
de favoriser le développement de l’HTA et d’expliquer
l’hypokaliémie.
Au regard de sa fréquence, l’HTA constitue un mode de
révélation relativement rare.
L’enquête étiologique doit se
poursuivre pour distinguer le Cushing ACTH-dépendant (adénome hypophysaire, tumeur néoplasique sécrétante
d’ACTH, sécrétion ectopique de CRF), et le Cushing
ACTH-indépendant (adénome ou carcinome surrénal,
hyperplasie micro- ou macronodulaire).
– Les blocs enzymatiques cortico-surrénaux de l’adulte :
les altérations de la stéroïdogenèse par déficits enzymatiques
partiels dépassent le cadre pédiatrique des blocs de
la 11 et 17-hydroxylase ; ils peuvent être responsables chez
l’adulte de formes dissociées où l’HTA constitue la circonstance
de découverte.
Le cas le mieux individualisé est
celui de la jeune femme, hypertendue modérée, porteuse
de signes discrets d’hyperandrogénie et (ou) d’un trouble
de la fécondité, atteinte d’un bloc incomplet de la 11-b-
hydroxylase.
– Les incidentalomes : l’utilisation croissante du scanner
surrénal dans l’enquête étiologique d’une HTA volontiers
résistante, effectué sans attendre les résultats des dosages
hormonaux, en raison de sa grande accessibilité, attitude
au demeurant non « académique », amène à découvrir de
plus en plus fréquemment des masses surrénales uni- ou
bilatérales dont le lien avec l’HTA demeure à établir.
Le préalable est de disposer de dosages hormonaux et de
récuser l’éventualité d’un syndrome de Conn, d’un syndrome
de Cushing, d’un phéochromocytome ; mais il peut
aussi s’agir d’un corticosurrénalome malin sécrétant des
précurseurs stéroïdiens.
La taille de la tumeur est alors un élément particulièrement
discriminant puisque les adénomes surrénaux sont exceptionnellement
supérieurs à 6 cm.
Toute tumeur de plus de
6 cm fait évoquer un possible corticosurrénalome malin et
le patient est confié au chirurgien, mais il n’existe pas de
consensus pour les tumeurs de 3 à 6 cm.
3- HTA d’origine rénale
:
Les causes rénales d’HTA comprennent l’HTA rénovasculaire
dont la prévalence est estimée entre 1 et 4 % selon
les séries, et les néphropathies parenchymateuses sensiblement
plus fréquentes, bilatérales ou unilatérales.
• Une HTA rénovasculaire est liée à une maladie des
artères rénales, à l’origine d’une ischémie du rein située en
aval.
La disparition ou l’amélioration de l’HTA avec la cure
de la lésion sténosante de l’artère rénale (angioplastie ou
chirurgie) apporte la preuve formelle de la responsabilité
de la sténose.
C’est dire qu’il convient de distinguer l’HTA
rénovasculaire d’une HTA associée à une ou des sténoses
des artères rénales, aux liens de causalité non établis.
– La physiopathologie de l’HTA rénovasculaire fait référence aux expériences de Goldblatt : type 2 reins-1 clip réalisant
un modèle de sténose unilatérale de l’artère rénale,
et type 1 rein-1 clip modèle de sténose de l’artère rénale
sur rein unique ou de sténose bilatérale des artères rénales.
Dans le modèle 2 reins-1 clip, le mécanisme initial est celui
d’une hypersécrétion de rénine liée à l’ischémie rénale provoquée
par la sténose. Il en résulte une HTA dite réninedépendante,
liée à l’effet vasoconstricteur de l’angiotensine
II.
L’autre rein, sain, maintient la natriurèse, et
l’hyperréninisme se pérennise.
À un stade chronique,
l’HTA perd son caractère rénine-dépendant, en raison des
altérations vasculaires provoquées par l’HTA sur le rein
controlatéral, le rein ipsilatéral à la sténose étant protégé.
Dans le modèle 1 rein-1 clip, il n’existe aucune possibilité
d’excrétion rénale du sodium ; ainsi l’activation du système rénine-angiotensine (SRA) s’accompagne rapidement
d’une hypervolémie.
À terme, l’hyperactivation du SRA
disparaît et laisse place à une HTA volodépendante non
sensible aux inhibiteurs de l’enzyme de conversion.
La disparition
de la sténose suffit à rétablir la natriurèse.
Au stade
chronique, la volémie tend à se normaliser et les résistances
périphériques s’élèvent.
– Étiologie : les lésions des artères rénales peuvent être
schématiquement :
• athéromateuses, circonstance la plus fréquente (deux tiers
des cas), réalisant des lésions volontiers proximales de l’artère
rénale, parfois ostiales ou juxta-ostiales survenant plus
volontiers chez le patient de sexe masculin, fumeur et âgé.
Les lésions peuvent être bilatérales et s’accompagner de
thrombose de l’artère rénale ;
• dysplasiques (un tiers des cas) ; les lésions sont plus distales,
intéressant la partie moyenne et la distalité du tronc
de l’artère rénale jusqu’aux branches de division.
Elle s’observe
chez l’adulte plus jeune particulièrement chez la
femme entre 25 et 40 ans.
On individualise la fibroplasie de la média, réalisant volontiers
l’aspect en collier de perle, caractérisée par l’alternance
d’anneaux fibreux (le collagène remplace le tissu
musculaire) et de zones dilatées parfois anévrysmales, la
fibrose sous adventielle avec fibrose du tiers externe de la
média à l’origine de sténoses serrées en diaphragme sans
anévrysme, la fibroplastie intimale à l’origine de lésions
sténosantes serrées, parfois observées chez les enfants des
deux sexes.
Outre le risque de thrombose (plus grand en cas de sténose
athéromateuse) il faut évoquer la possibilité de lésions des
artères rénales d’autre nature susceptible d’induire une HTA rénovasculaire : la maladie de Takaya-shu, dissection
ou anévrysme disséquants ou fistule artério-veineuse, sténoses
de l’aorte abdominale.
– Reconnaissance diagnostique
• Orientation clinique : deux profils cliniques sont à prendre
en compte pour la pratique médicale quotidienne du fait de
leur fréquence : HTA d’apparition récente chez un homme de la cinquantaine
fumeur, présentant un souffle abdominale para-ombilical,
épigastrique ou lombaire, éventuellement déjà porteur
de lésions athéromateuses compliquées ou non.
HTA de découverte récente ou ayant répondu brillamment à l’administration d’une IEC ou d’un b-bloquant chez une
femme de 35 ans ne présentant aucun antécédent d’HTA
familiale suggérant l’éventualité d’une HTA rénovasculaire
par fibrodysplasie.
La reconnaissance peut être plus précoce
à la faveur d’une contraception oestroprogestative.
Ailleurs, l’HTA rénovasculaire est évoquée devant une HTA
réfractaire, ou jusqu’ici bien contrôlée ayant secondairement
échappé, un exceptionnel tableau d’HTA maligne, chez des
sujets plus âgés ayant développé une insuffisance rénale à
l’introduction d’un IEC, et enfin au cours d’une HTA évoluant
avec une insuffisance rénale inexpliquée.
• Les éléments de certitude diagnostique : l’écho-doppler
des artères rénales peut s’avérer d’un grand intérêt dans les
mains d’un manipulateur expérimenté en décelant une
accélération du flux des artères rénales en faveur d’une sténose
significative uni- ou bilatérale.
L’éventualité de lésions
proximales et (ou) distales peut également être précisée.
À l’évidence, la radiographie apporte seule la certitude diagnostique.
Il s’agit d’une artériographie rénale pratiquée à
l’aide d’un cathéter de faible calibre (5 F) éventuellement
associée à une digitalisation des images.
Elle permettra au
mieux de préciser l’importance de la sténose, l’étiologie,
la topographie des lésions (rénales uni- ou bilatérales, aortiques…).
Il pourra donc s’agir d’une sténose athéromateuse ostiale
ou proximale, ou à l’inverse de lésions en collier de perles
ou en diaphragme très évocatrices d’une fibrodysplasie.
L’importance de la dilatation post-sténotique, l’état du rein
ipsilatéral et controlatéral seront pris en compte.
Traditionnellement proposée, l’urographie intraveineuse
avec clichés minutés précoces permet de disposer d’éléments
fonctionnels.
Elle peut avoir été précédée d’une
échographie rénale et la constatation d’une asymétrie a pu
directement conduire à l’artériographie rénale.
Elle peut
montrer une diminution de taille en aval de la sténose, un
retard de sécrétion de ce même côté au cours des premières
minutes, et tardivement une hyperdensité du produit de
contraste (« trop belle image »).
Cependant, dans 20 % des
cas de sténoses de l’artère rénale, l’urographie intraveineuse
est symétrique et ne permet pas de reconnaissance
diagnostique : sa place s’est beaucoup réduite.
Enfin, l’angiographie des artères rénales digitalisée par voie
veineuse est plus une méthode de dépistage qu’une authentique
méthode de diagnostique.
Elle peut méconnaître des
lésions en diaphragme, et dans l’état actuel elle paraît mieux
adaptée à la surveillance des patients ayant bénéficié d’angioplastie
ou de pontage.
Enfin, de nouvelles techniques
apparaissent comme le scanner spiralé et l’angiographie- IRM.
La difficulté réside dans l’appréciation de la sévérité
des lésions.
Ces méthodes sont à mettre en concurrence
avec l’écho-doppler des artères rénales et tout dépendra des
possibilités locales.
À l’évidence, tous ces examens complémentaires ne sauraient
être pratiqués chez un même patient.
On peut concevoir
un écho-doppler des artères rénales de dépistage suivi
d’un diagnostic de certitude établi sur l’artériographie
rénale.
• Responsabilité des lésions dans la genèse de l’HTA : l’imputabilité
des lésions sténosantes des artères rénales dans cc l’apparition de l’HTA est apportée par l’exploration du système
rénine-angiotensine.
Selon les équipes, il peut s’agir d’un dosage de l’activité
rénine plasmatique (ARP) ou de la rénine active prélevée
dans les 2 veines rénales après stimulation par déplétion
sodée ou après administration de captopril afin de faire
apparaître une franche asymétrie entre les 2 veines rénales
(gradient supérieur à 1,5).
La méthode peut être plus sophistiquée
et faire appel aux concentrations de la rénine dans
la veine et l’artère des deux reins de façon à établir le rapport
des concentrations V-A/A (supérieur à 0,5 du côté de
la sténose).
Une autre approche consiste à doser l’ARP ou la rénine
active en conditions de base puis après administration d’une
faible posologie de captopril (inférieure ou égale à 25 mg) ;
en présence d’une HTA rénine-dépendante d’origine rénovasculaire
(sténose unilatérale) on assiste à une réponse
explosive de la rénine active 1 h après l’administration avec
parallèlement une baisse tensionnelle.
Cette méthode d’exploration
suppose d’éviter toute cause d’hypovolémie surajoutée
préalable, de limiter la posologie de l’IEC, de disposer
d’une voie veineuse pour administration de chlorure
de sodium, le cas échéant.
Aucune méthode d’exploration n’est indemne de critique :
le test au captopril requiert des précautions d’utilisation,
les dosages de la rénine des veines rénales a ses limites et
manque de sensibilité (75 %).
On fait actuellement plus volontiers appel aux méthodes isoptopiques faisant appel au DTPA (filtré) ou au MAG 8
(sécrété) éventuellement sensibilisé par l’administration de
captopril pour faire apparaître une perturbation du néphrogramme
isotopique du côté sténosé : diminution de la pente
du segment de captation et retard du pic d’activité maximum.
– Approche thérapeutique : en cas d’HTA rénovasculaire
confirmée, le traitement fait essentiellement appel à l’angioplastie
des artères rénales.
Lorsque ces lésions sont accessibles, l’angioplastie permet
de lever le gradient transsténotique, contribue à la normalisation
tensionnelle ou à son amélioration et assure la préservation
néphronique.
Si l’origine est athéromateuse, les résultats les meilleurs
sont observés en cas de sténose unilatérale proximale non ostiale ; les échecs sont généralement le fait de patients
polyvasculaires avec des lésions bilatérales souvent ostiales
relevant plus volontiers de la chirurgie ou, plus récemment,
de la mise en place d’endoprothèses « stent ».
Les résultats sont meilleurs en cas de fibroplastie de l’artère
rénale.
Quant à la chirurgie de revascularisationn par pontage
aorto-rénal voire autotransplantation, ses indications sont
plus réduites.
Elles concernent les patients récusés pour
l’angioplastie, mais aussi les patients à lésions bilatérales
et complexes chez des patients porteurs d’une insuffisance
rénale.
Il peut s’agir d’une chirurgie lourde associant dans
le même temps la cure des lésions rénales et aorto-iliaques
en contexte polyvasculaire.
Le traitement médical antihypertenseur s’impose si la sténose
ne peut être corrigée ou en cas d’HTA persistante après correction, circonstance la plus fréquente en cas de lésions
athéromateuses.
La prise d’un b-bloquant associé à un diurétique ou plus
volontiers à un antagoniste du calcium peut s’avérer efficace.
On connaît les risques des IEC en cas de sténose
bilatérale ou de sténose sur rein unique capable d’induire
une insuffisance rénale.
En cas de sténose unilatérale ils
peuvent provoquer une thrombose de l’artère rénale (du
fait de la réduction de la PA et des modifications de l’hémodynamique intrarénale), mais ils peuvent être utilisés
en cas de thrombose de l’artère rénale à condition que
l’artère rénale controlatérale soit indemne de lésions
significatives.
• HTA par néphropathie parenchymateuse
– Étiologie
• Néphropathies bilatérales : toutes les néphropathies parenchymateuses
bilatérales, aiguës ou chroniques, peuvent être
à l’origine d’une HTA. Il peut s’agir d’une glomérulonéphrite
chronique primitive ou secondaire, d’une néphropathie
tubulo-interstitielle chronique, d’une polykystose
rénale.
Selon la néphropathie en cause, l’HTA et l’insuffisance
rénale apparaissent plus ou moins précocement au cours
de l’évolution.
L’HTA chez un diabétique peut s’inscrire dans le cadre de
la néphropathie diabétique spécifique.
Il s’agit d’une
néphropathie glomérulaire dont le dépistage peut être effectué
précocement par le dosage de la microalbuminurie au
stade incipiens où l’HTA est souvent limite (diabète insulino-
dépendant).
On doit individualiser la néphro-angiosclérose ; il s’agit de
la néphropathie induite par l’HTA, avec glomérulosclérose.
L’hypertension intraglomérulaire apparaît être un déterminant
essentiel ; ces lésions peuvent conduire à l’insuffisance
rénale terminale.
• Néphropathies unilatérales : une hydronéphrose unilatérale
peut s’accompagner d’HTA.
Il peut s’agir d’une obstruction
urétérale par lithiase, tuberculose, tumeur ou maladie
de jonction pyélo-urétérale.
La correction chirurgicale de l’HTA peut être considérée
en cas de rénine-dépendance démontrée.
Une atrophie
rénale unilatérale peut induire une HTA: hypoplasie rénale
congénitale ou « petit rein » congénital, pyélonéphrite chronique
unilatérale (justifiant de rechercher un passé d’infections
urinaires et un reflux vésico-urétéral).
La mise en
évidence d’une atrophie corticale rénale suggère sa responsabilité
dans l’apparition de l’HTA mais il n’est pas
toujours aisé de le démontrer.
Enfin une néphropathie unilatérale avec petit rein peut être
le fait d’une thrombose de l’artère rénale à situer dans le
cadre des HTA rénovasculaires envisagées plus haut.
Nous ne ferons que citer l’exceptionnel hyperréninisme
primaire ou « tumeur à rénine » responsable d’une HTA
avec hypokaliémie par hyperaldostéronisme secondaire.
– La physiopathologie de l’HTA ou cours des néphropathies
parenchymateuses ne reconnaît pas toujours une
explication satisfaisante.
En cas d’atteinte unilatérale, on évoque de façon inconstante
la possibilité d’une ischémie rénale à l’origine d’un hyperréninisme.
Dans les néphropathies parenchymateuses bilatérales et à
plus forte raison lorsqu’il existe une insuffisance rénale
chronique, on avance une rétention sodée excessive et une
activation des systèmes presseurs, tels le système rénineangiotensine,
le sympathique, l’endothéline, inadaptés au
regard de la rétention sodée ainsi qu’une hypoactivité des
systèmes vasodépresseurs comme les prostaglandines, et
le système kinine-kallicréine.
Quelques particularités ont été rapportées selon l’étiologie :
– au cours des glomérulonéphrites à IgA, l’HTA paraît plus
le fait du SRA et des catécholamines que de la volémie ; et
dans le syndrome néphrotique à lésions glomérulaires
minimes, elle est volontiers rénine-dépendante ;
– dans les néphropathies interstitielles l’HTA est souvent
associée à une hypovolémie stimulant le SRA.
La carence
en substances vasodilatatrices est avancée en cas de nécrose
papillaire ;
– l’augmentation du nombre de kystes au cours de la polykystose
rénale peut être à l’origine d’une diminution de
l’excrétion sodée par le biais d’une anomalie tubulaire et
d’une ischémie rénale par compression vasculaire, source
d’activation du SRA.
– Reconnaissance diagnostique : le diagnostic est reconnu
sur le bilan biologique usuel de l’HTA (type OMS) à savoir
reconnaissance d’une protéinurie, d’une anomalie du culot
urinaire, et (ou) du compte d’Addis, voire mise en évidence
d’une insuffisance rénale.
C’est dire l’importance du dépistage
par bandelette réactive.
L’échographie rénale, l’urographie intraveineuse et la biopsie
rénale constituent les moyens du diagnostic.
– Approche thérapeutique
• En cas de néphropathie unilatérale, le traitement médical
antihypertenseur fait appel aux 4 grandes classes d’antihypertenseurs,
avec une prescription préférentielle des inhibiteurs
du SRA (IEC, b-bloquants).
Dans quelques cas, une
indication chirurgicale de néphrectomie peut être retenue
notamment en cas de cause urologique (atrophie rénale
importante, rein non fonctionnel).
• En cas de néphropathie chronique bilatérale, les inhibiteurs
de l’enzyme de conversion et les diurétiques ont pris
une place croissante.
S’il existe une insuffisance rénale, la
posologie de l’IEC doit être réduite et les diurétiques de
l’anse sont les seuls utilisables.
Les IEC paraissent en mesure de ralentir la dégradation de
la fonction rénale.
À côté de la diminution de PA, un effet
spécifique d’origine hémodynamique (diminution de la
pression intraglomérulaire) est évoqué à l’origine du
concept de néphroprotection, mieux documenté dans la
néphropathie diabétique.
Nous n’envisagerons pas ici les problèmes posés par l’insuffisance
rénale terminale et l’HTA du dialysé.
4- HTA d’origine toxique ou médicamenteuse
:
• HTA induite par les oestroprogestatifs.
La contraception oestroprogestative élève la PA des femmes normotendues
et hypertendues.
Elle est en mesure de révéler une HTA
essentielle génétique chez une jeune femme normotendue
issue de parents hypertendus ou déjà porteuse d’une HTA limite.
Cette éventualité ne doit pas faire omettre la
recherche d’une autre cause par exemple une fibrodysplasie
de l’artère rénale, ou un adénomne de Conn normokaliémique.
La contraception oestroprogestative est à l’origine de
quelques observations d’HTA malignes ; ailleurs l’HTA est
généralement bénigne et peut céder après 3 mois d’interruption
de l’oestroprogestatif.
• HTA due aux vasoconstricteurs nasaux.
Le tableau peut
simuler un phéochromocytome avec une HTA paroxystique
ou réfractaire, associée à un syndrome adrénergique.
C’est
le cas de l’HTA induite par les vasoconstricteurs nasaux a
1-mimétiques (type Déturgylone ou Aturgyl).
• Hypercorticisme iatrogénique. Un traitement glucocorticoïde
au long cours peut s’accompagner d’une HTA dans
20 % des cas, réalisant un tableau de Cushing iatrogénique.
• Intoxication à la glycyrrhizine. La réglisse simule un
hyperminéralocorticisme ; elle est responsable d’une inhibition
enzymatique de la 11 b-hydroxy-déshydrogénase, à
l’origine d’une HTA avec hypokaliémie.
• Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) constituent
une cause fréquente de résistance au traitement de
l’HTA chez les consommateurs chroniques (personnes
âgées, rhumatismes inflammatoires).
La réduction de l’effet
des antihypertenseurs est médiée par l’inhibition des
prostaglandines rénales et vasculaires, et en cas de déplétion
associée il existe un risque d’insuffisance rénale.
Enfin,
on peut observer un tableau de néphropathie interstitielle
chronique liée à la consommation prolongée d’AINS.
• L’érythropoïétine chez l’hémodialysé et la ciclosporine
chez le transplanté sont en mesure d’induire une HTA.
Évolution et pronostic
:
De nombreux arguments suggérent que l’HTA essentielle
commence dans l’enfance, déterminée par des facteurs
génétiques.
Des modifications fonctionnelles cardiovasculaires ou
rénales ont pu être mises en évidence chez des enfants normotendus
issus de parents hypertendus avec un niveau de
PA plus élevé que chez des enfants issus de normotendus.
La révélation de l’HTA est extrêmement variable au cours
de la vie.
Dans une majorité de cas elle apparaît entre l’âge
de 40 et 60 ans, mais son extériorisation peut être plus précoce
à la faveur du comportement de l’individu et de facteurs
environnementaux.
Ainsi à « prédisposition égale »
la PA sera plus élevée chez le sujet avec surpoids.
Faute d’un dépistage suffisamment précoce, d’un suivi,
d’une observance thérapeutique convenable, voire d’une
reconnaissance de la maladie hypertensive, des complications
cardiovasculaires vont intervenir attestées par les
études épidémiologiques.
Il s’agit soit de complications directes de l’HTA, soit par
l’intermédiaire d’une accélération de l’athérosclérose.
1- « Complications spécifiques » :
• La cardiomyopathie hypertrophique d’origine hypertensive caractérisée par une hypertrophie des parois myocardiques,
l’altération de la fonction de remplissage VG
(fonction diastolique), et par une dilatation auriculaire)
constitue un facteur de risque indépendant de morbidité et
de mortalité cardiovasculaire chez l’hypertendu, et s’avère arythmogène.
• La lacune est la complication cérébrale caractéristique
de l’HTA, avec aspect de micro-infarctus sur la tomodensitométrie.
• Au niveau du rein, on parle de néphro-angiosclérose.
Il
s’agit de la néphropathie induite par l’HTA, avec glomérulosclérose
dont l’hypertension intraglomérulaire paraît
être un déterminant essentiel.
Ces lésions peuvent conduire
à l’insuffisance rénale terminale mais l’abaissement de la
PA diastolique est en mesure de ralentir la vitesse de détérioration
de la fonction rénale.
2- Complications liées à l’athérosclérose :
• En premier lieu l’insuffisance coronaire.
La cardiomyopathie
hypertrophique peut expliquer à elle seule, par
augmentation des besoins en oxygène du myocarde, une sympatomatologie angineuse, mais il faut faire la part d’une
insuffisance coronaire autonome.
• Les AVC constitués, d’origine ischémique plus souvent
qu’hémorragique, ou transitoire conduisent à la recherche
d’un athérome carotidien ou vertébral, voire d’une possible
origine embolique à point de départ cardiaque.
• Enfin, l’HTA apparaît d’une grande fréquence en cas
d’artériopathie des membres inférieurs et peut jouer un
rôle important dans le déterminisme d’un anévrisme de
l’aorte abdominale.
3- Une modalité évolutive particulière :
l’HTA maligne
Nous ne ferons qu’évoquer cette éventualité évolutive devenue
rare.
Elle s’observe plus volontiers en milieu néphrologique
voire de transplantation rénale, ailleurs elle peut
être favorisée par une contraception oestroprogestative
inadéquate, ou s’observer chez des hypertendus négligés.
Il s’agit de patients présentant un fond d’oeil au stade IV
avec une PA diastolique généralement > 120 mmHg (critère
non exclusif) dans un contexte d’encéphalopathie
hypertensive, d’insuffisance ventriculaire gauche sévère,
d’insuffisance rénale progressive avec protéinurie et éventuellement
anémie hémolytique.
Il existe chez ces patients une ischémie rénale majeure, et
un hyperréninisme qui n’exclura pas secondairement la
recherche d’une cause.
Traitement :
1- Bases et objectifs :
L’HTA est le premier motif de prescription, à ce titre, le
traitement de l’hypertension artérielle essentielle mériterait
un chapitre à part entière.
Il ne pourra être abordé dans
le détail que dans un document global sur l’HTA dans ses
différents aspects.
Le candidat se reportera utilement aux questions du programme
relatives aux b-bloquants, aux diurétiques, aux inhibiteurs de l’enzyme de conversion, et aux inhibiteurs
calciques, ainsi qu’aux références bibliographiques.
La prise en charge thérapeutique de l’HTA a subi une nette
évolution au cours des dernières années.
L’objectif essentiel
est d’assurer la prévention des complications cardiovasculaires
et en particulier de l’AVC et de l’infarctus du
myocarde.
Le traitement doit être efficace et être en mesure
d’abaisser le niveau de PAD en deçà de 90 mmHg, encore
qu’un bénéfice d’un abaissement plus important de la PA
ne soit pas à exclure.
Un essai thérapeutique en cours permettra de répondre à la
question de savoir jusqu’où les chiffres de PA doivent être
abaissés est actuellement en cours.
Le traitement ne doit pas s’arrêter aux chiffres de PA. La
diminution de la PA est bien évidemment nécessaire, mais
il convient de prendre aussi en compte les anomalies structurelles
cardiovasculaires de l’HTA et de ne pas exercer
d’effet métabolique néfaste de façon à assurer une prévention
efficace de l’athérosclérose.
Le traitement de l’HTA est à inscrire dans le cadre d’une
prévention cardiovasculaire globale.
Sa prise en charge ne
doit pas être dissociée du traitement d’une hypercholestérolémie,
d’un tabagisme, d’un diabète sans lesquels il ne
sera pas possible d’obtenir de réduction de l’incidence de
l’athérosclérose.
Comme nous l’avons évoqué plus haut,
la prise en charge thérapeutique de l’HTA suppose une évaluation
préalable du risque cardiovasculaire absolu du
patient, c’est-à-dire les chances (en termes statistiques)
d’un patient, pris au niveau individuel, de présenter dans
les 10 ans à venir une complication cardiovasculaire, accident
coronaire ou vasculaire cérébral.
Enfin, pour une bonne observance et tolérance, ce traitement
doit être simple, administré en monoprise matinale
avec un médicament dépourvu d’effets secondaires.
Les
contraintes économiques justifient d’en évoquer le coût.
2- Bénéfice du traitement de l’HTA :
Le bénéfice du traitement de l’HTA essentielle a été démontré
par les essais thérapeutiques menés dans les années 1980
dans l’HTA légère à modérée, et au début des années 1990
chez l’hypertendu âgé.
Ce bénéfice a été établi avec les b-bloquants et les diurétiques
en référence soit au placebo, soit en comparant b-
bloquant et diurétique, voire en les associant.
On dispose de méta-analyses permettant d’enregistrer une
réduction du risque d’AVC de 42 %, et d’insuffisance coronaire
de 14 %.
Ce bénéfice est également confirmé chez le
sujet âgé avec une réduction de 35 % du risque d’AVC et
de 15 % d’insuffisance coronaire.
Le bénéfice est attribué à la réduction de PA et à l’heure
actuelle, aucune classe d’antihypertenseurs n’a montré réellement
de supériorité par rapport à une autre.
C’est dire que
si les études épidémiologiques plaident pour le maintien
de l’usage des b-bloquants et diurétiques, les nouvelles
classes d’antihypertenseurs tels les inhibiteurs de l’enzyme
de conversion, les inhibiteurs calciques et maintenant les
antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II ont leur
place dans le traitement de l’HTA.
La diversité des classes d’antihypertenseurs dont nous disposons doit permettre de répondre à un traitement de l’HTA
en situation prenant en compte le contexte métabolique
d’un patient, son âge, l’existence d’une cardiopathie hypertensive,
d’une insuffisance coronaire associée, d’une artériopathie
des membres inférieurs, d’un asthme…
3- Moyens :
• Mesures hygiéno-diététiques.
Il s’agit de la réduction
pondérale, et de la limitation des apports sodés.
Selon le
contexte métabolique, elles doivent privilégier soit l’exclusion
de graisses saturées et d’aliments riches en cholestérol
en cas d’hypercholestérolémie ou considérer la
ration glucidique ou fractionner les repas en cas d’intolérance
aux hydrates de carbone ou de diabète.
Le tabagisme devra être interrompu, les excès de boissons
alcoolisées supprimés.
• Antihypertenseurs
– Les diurétiques : ils ont pour eux d’avoir fait la preuve
de leur efficacité dans les grands essais thérapeutiques permettant
notamment la réduction d’accidents vasculaires
cérébraux et des événements coronaires.
Les essais thérapeutiques
des années 90 ont consacré leur efficacité dans
la prévention des accidents cardiovasculaires du sujet âgé
hypertendu.
On leur reproche des effets secondaires métaboliques, glucido-
lipidiques, et ils peuvent être générateurs d’hypokaliémie.
C’est dire que leur utilisation ne se conçoit qu’à faible
posologie dont l’efficacité est démontrée, et volontiers sous
une forme combinée au sein d’un diurétique association.
Il reste à évoquer le faible coût et la simplicité d’administration.
Sous réserve d’une fonction rénale normale, les
diurétiques thiazidiques sont les mieux appropriés.
– Les b-bloquants : comme les diurétiques, ils bénéficient
d’un large recul mais n’ont pas fait la preuve d’une supériorité
en prévention primaire comparée aux diurétiques,
notamment chez la personne âgée.
On utilise plus volontiers
les molécules sélectives aptes à la monoprise matinale.
On peut reprocher aux b-bloquants leurs effets métaboliques
notamment vis-à-vis de l’insulinorésistance (majoration
de l’hyperinsulinisme), et vis-à-vis de l’hypercholestérolémie
et de l’hypertriglycéridémie.
Ils ont par contre pour eux un effet de cardioprotection
(mieux établi en prévention secondaire), un coût raisonnable,
mais relèvent de critères de sélection avant prescription
(évaluation de la fonction VG, respect des contreindications,
formelle dans l’asthme).
– Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion : ils répondent
volontiers aux objectifs actuels du traitement de l’HTA
exerçant un effet favorable sur la structure cardiovasculaire,
sur la fonction rénale, et s’avèrent dépourvus d’effet
métabolique délétère.
La plupart d’entre eux sont désormais
accessibles à la monoprise matinale.
Sous réserve de
ne pas provoquer de toux (effet secondaire le plus fréquent)
ils sont généralement très bien tolérés, et respectent l’adaptation
à l’effort.
Cependant, leur coût est plus élevé, et ils ne doivent pas
être employés dans les situations d’hypoperfusion rénale,
où ils sont alors en mesure de favoriser l’apparition d’une
insuffisance rénale (exemple : sténose bilatérale des artères rénales, déplétion sodée préalable).
– Les inhibiteurs calciques peuvent exercer des effets favorables
sur la cardiopathie hypertensive, la compliance artérielle
des gros vaisseaux, respecter la fonction rénale et
favoriser la natriurèse, tout en respectant l’autorégulation
du débit sanguin rénal.
Leur neutralité métabolique est établie et les nouvelles
molécules sont accessibles à la monoprise matinale.
Cependant ils sont actuellement au centre d’une controverse
sur leur utilisation vis-à-vis du risque d’infarctus
du myocarde.
En fait, il s’agit d’une famille hétérogène
et il convient d’individualiser les dihydropyridines
comme la nifédipine, la nicardipine, l’amlodipine… et
des molécules comme le vérapamil, le diltiazem, plus
aptes à la cardioprotection mais aussi plus inotropes négatives.
Dans l’état actuel des connaissances, les dihydropyridines
de dernière génération sont utilisables comme
l’amlodipine, la nifédipine GITS, la lacidipine, l’isradipine
LP, la félodipine LP, pour le traitement d’une HTA
essentielle dans le cadre de la prévention primaire.
Du
fait de leur cinétique ou de la galénique (LP) ces dihydropyridines
récentes évitent l’effet pic et de fait l’activation
du système nerveux sympathique reprochés aux
inhibiteurs calciques initialement commercialisés.
Elles
ne seront pas utilisées en postinfarctus et il est sans doute
préférable d’utiliser les dihydropyridines en association
au b-bloquant si le traitement s’inscrit dans le cadre d’une
prévention secondaire de l’athérosclérose coronaire.
Enfin, il faut rappeler les effets indésirables, tels les
oedèmes, flushs, céphalées qui peuvent compromettre l’observance.
– Les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II : une
nouvelle classe d’antihypertenseurs a été récemment commercialisée,
les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine
II.
Il s’agit d’inhibiteurs du système rénine angiotensine
et à ce titre ils reconnaissent des répondeurs au
traitement très voisins des inhibiteurs de l’enzyme de
conversion de l’angiotensine.
Ils agissent par blocage spécifique
des récepteurs AT I de l’angiotensine II, inhibent
les effets de l’angiotensine II, à savoir la vasoconstriction,
la rétention hydrosodée, la stimulation sympathique et la
croissance des fibres musculaires lisses et myocardiques.
Leur mécanisme d’action ne fait pas intervenir le système
des kinines dont on connaît la responsabilité dans la toux
survenant sous IEC.
Le premier inhibiteur non peptidique
des récepteurs de l’angiotensine II commercialisé est le
Losartan, administrable en monoprise matinale, du fait d’un
métabolite actif après biotransformation hépatique.
Il n’existe pas actuellement de critères pour choisir cette
classe d’antihypertenseurs.
Leur efficacité est attendue
chaque fois qu’un inhibiteur de l’enzyme de conversion
peut être choisi ou s’avérer efficace et constitue de fait un
recours en cas de toux sous IEC.
Sa bonne tolérance est
actuellement mise en avant et sera à confirmer avec le recul
du temps.
Comme toute monothérapie, le pourcentage de
répondeurs attendus dans une population d’hypertendus
légers à modérés est de l’ordre de 50 %.
– Les autres antihypertenseurs : il s’agit des antihypertenseurs
centraux et des molécules à propriétés a-bloquantes.
En première intention, ils constituent des antihypertenseurs
de situation particulière, et sont ailleurs utilisés en association.
4- Stratégie :
La stratégie du traitement de l’HTA fait l’objet de recommandations
d’experts et en France on fait volontiers référence
à celles de l’OMS établies en 1993, voire pour
d’autres aux recommandations américaines (JNC) au
demeurant plus adaptées au risque cardiovasculaire des
États-Unis.
Les mesures hygiéno-diététiques sont de mise chez tous
les hypertendus et elles résument l’approche thérapeutique
chez les patients présentant une HTA essentielle limite.
Le traitement antihypertenseur ne saurait être instauré
qu’après avoir effectué le bilan «OMS» minimum.
Enfin,
l’évaluation du risque cardiovasculaire absolu est un prérequis
de façon à situer l’heure du traitement médicamenteux
antihypertenseur (voir rapport de l’OMS 1996).
Il comprend le choix d’une des 5 grandes classes d’antihypertenseurs
(b-bloquants, diurétiques, IEC, ICa, a-bloquants)
(les recommandations ayant été établies avant l’apparition
de l’antagoniste des récepteurs de l’angiotensine
II) et la prescription doit être personnalisée.
Aucun critère formel ne permet de prédire la réponse à une
monothérapie.
Cependant l’âge procure un élément initial
d’orientation essentiel avec de meilleurs répondeurs aux b-bloquants et aux inhibiteurs de l’enzyme de conversion
dans la population la plus jeune, et à l’inverse aux diurétiques
et aux inhibiteurs calciques dans la population la
plus âgée.
La présence d’une cardiopathie hypertensive justifiera le choix d’un antihypertenseur apte à faire régresser
l’hypertrophie ventriculaire gauche (b-bloquant et IEC, et
vérapamil) et à améliorer la fonction diastolique.
La présence
d’une hyperlipidémie requiert des molécules antihypertensives
neutres au plan métabolique (IEC et inhibiteur
calcique).
La présence d’une insuffisance coronaire
plaide pour le recours à la cardioprotection assurée par un
bêtabloqueur et (ou) un inhibiteur calcique, parfois associés.
La présence d’une artériopathie des membres inférieurs
plaide volontiers pour l’inhibiteur de l’enzyme de
conversion (sous réserve qu’il n’existe pas de sténose des
artères rénales) et l’inhibiteur calcique.
En présence d’un
diabète, de façon extrêmement schématique, les inhibiteurs
de l’enzyme de conversion ont une place privilégiée dans
la mesure où ils constituent le traitement de la néphropathie
diabétique spécifique.
En cas d’échec d’une monothérapie bien conduite et volontiers
adaptée à la situation clinique, on a le choix entre le
changement de monothérapie, ou l’association d’un 2e antihypertenseur
pour réaliser une bithérapie, parfois au sein
d’une association fixe, comme IEC-diurétique, et b-bloquant-
inhibiteur calcique (cf. recommandations de l’OMS
1993 sur la stratégie du traitement de l’HTA).
Le recours
à une augmentation de posologie de la monothérapie instaurée
initialement constitue une attitude théorique à
laquelle il vaut mieux renoncer en raison du risque d’effets
secondaires.
L’évaluation du risque cardiovasculaire absolu du patient
au niveau individuel oriente le choix de stratégie.
Il faut pour terminer insister sur le fait que le diagnostic
d’HTA n’est pas établi pour la vie, et que le bilan étiologique peut être reconsidéré devant un échec secondaire du
traitement (rénovasculaire surajoutée).