Hernies et Éventrations

0
2511

Les deux relèvent du même mécanisme : protrusion d’une partie de l’intestin à travers un orifice. Mais la hernie se fait à travers un orifice anatomique existant. Alors que l’éventration se fait à travers un orifice provoqué par une intervention chirurgicale.

Hernies :

Plusieurs types :

  • Hernies et ÉventrationsOmbilicale : ombilic
  • Hiatale : hiatus œsophagien
  • Inguinale : la plus fréquente
  • Crurale : orifice crural
  • Diaphragmatique
  • Lombaire : rare

Elle entraîne avec elle une partie du péritoine qui constitue un sac herniaire.

L’orifice constitue un collet.

Plus celui-ci est étroit, plus le risque d’étranglement est important.

A – LA HERNIE INGUINALE :

1) DEUX TYPES, SELON LE MÉCANISME :

a) Hernie inguinale congénitale :

Elle passe par le canal péritonéo-vaginal.

En principe, celui-ci se ferme à la puberté.

Dans certains cas, il reste ouvert.

Survient le plus souvent chez les sujets jeunes.

b) Hernie inguinale acquise :

Hernie dite de faiblesse.

Fait suite le plus souvent à un effort musculaire.

Sujets plus âgés.

2) CLINIQUE :

C’est la même dans les 2 cas :

a) Impulsivité :

Voussure proéminente.

Tuméfaction molle.

Augmente à l’effort.

Apparaît notamment à l’effort provoqué par la toux.

b) Réductibilité :

Possibilité de réintégrer le sac herniaire dans l’abdomen.

Ces 2 caractéristiques sont valables pour presque toutes les hernies.

3) ÉVOLUTION :

Pas de tendance à la guérison spontanée.

Tendance à l’augmentation de volume.

La hernie peut descendre jusque dans une bourse : hernie inguino-scrotale.

4) TRAITEMENT :

Il est exclusivement chirurgical :

a) Traitement du sac herniaire :

On ouvre la partie du péritoine qui constitue le sac herniaire.

b) Renforcement pariétal :

On procède à une réparation pariétale.

  • Plastie musculaire avec les propres tissus du patient
  • Pose d’une prothèse : sorte de voile que l’on interpose pour renforcer la paroi

5) L’ETRANGLEMENT HERNIAIRE :

C’est la principale complication de la hernie.

Douleur très importante au niveau de l’orifice inguinal.

La tuméfaction durcit.

Elle perd ses caractères :

  • De réductibilité
  • D’impulsivité

La portion d’intestin contenue dans la hernie va être étranglée.

Provoque une occlusion intestinale.

Syndrome occlusif :

  • Vomissements
  • Douleurs abdominales
  • Arrêt des matières et des gaz L’occlusion peut évoluer vers l’ischémie et la nécrose du contenu de la hernie.

Risque de perforation : péritonite.

Urgence chirurgicale absolue.

Plus on opère précocement, plus le segment a de chances de pouvoir être récupéré.

Moins de 6 heures pour avoir une chance de conserver la portion d’intestin.

B – LA HERNIE CRURALE :

Plus fréquente chez la femme âgée et obèse.

Elle a plus tendance à s’étrangler que la hernie inguinale : l’orifice crural est plus étroit.

Les symptômes sont les mêmes.

C – LA HERNIE OMBILICALE :

Zone de faiblesse de la paroi de l’abdomen.

Passe par l’anneau ombilical.

Hernie fréquente chez le jeune enfant.

Mais on n’opère pas avant l’âge de 5 ans : possibilité de fermeture spontanée.

Touche surtout les patients obèses ou atteints d’ascite.

Deux mécanismes :

  • Tension mécanique de la paroi abdominale
  • Reperméabilisation des vaisseaux ombilicaux du fait de l’hypertension portale

D – LA HERNIE DIAPHRAGMATIQUE :

1) DEFINITION :

Passage d’un segment intestinal dans le thorax par une brèche du diaphragme.

Le plus souvent traumatique.

Mais peut aussi être congénitale.

a) Signes intestinaux :

Syndrome occlusif.

b) Signes pulmonaires :

Dyspnée.

À la radio : image de signes d’occlusion dans le thorax.

2) TRAITEMENT :

a) Laparotomie :

Fermeture de la brèche par le bas.

b) Chirurgie thoracique :

Par le haut.

Éventrations :

Issue des viscères abdominaux à travers la paroi de l’abdomen.

La brèche se fait au niveau d’une plaie mal cicatrisée.

C’est une séquelle chirurgicale.

1) DIFFERENTS TYPES :

L’éventration dépend du type de cicatrice, lié à la chirurgie pratiquée :

  • Laparotomie médiane
  • Incision transverse
  • Incision de Mac Burney
  • Incision bi-sous-costale

La longueur de l’incision n’influe pas sur le risque d’éventration.

2) FACTEURS FAVORISANTS :

  • Obésité
  • Paroi négligée
  • Hématome survenu pendant l’intervention chirurgicale
  • Abcès de paroi : suppuration de la cicatrice entraînant une reprise
  • Surinfections bronchiques : perte de la respiration abdominale

3) TRAITEMENT :

Plusieurs conséquences possible :

a) Au niveau cutané :

Amincissement au niveau de la peau : affaiblissement de la paroi ++

Troubles trophiques :

  • Infections
  • Ulcères

b) Risque pulmonaire :

Augmentation de la pression intra-abdominale au moment de la réintégration de l’intestin.

Entraîne une augmentation de la pression pulmonaire.

c) Risque cardiaque :

Du fait du précédent.

d) Évaluer l’état musculaire :

Scanner de la paroi.

4) PREPARATION DE L’INTERVENTION :

La préparation du patient à une intervention pour éventration est importante :

a) Préparation cutanée :

D’autant plus important si on envisage la pose d’une prothèse.

  • Asepsie très rigoureuse
  • Désinfection des plis chez les patients obèses
  • Soins d’ulcères trophiques s’il y a lieu
  • Folliculite

b) Préparation abdominale :

Régime pour les patients obèses.

c) Préparation respiratoire :

  • Kiné respiratoire
  • Arrêt du tabac
  • Traitement d’une éventuelle bronchite
  • Évaluer le risque respiratoire : EFR

d) Évaluer le risque cardiaque :

5) PRÉCAUTIONS POSTOPERATOIRES :

a) Contention abdominale à la sortie du bloc

b) Prévention des risques respiratoires

  • Kiné respiratoire
  • Fluidifiant bronchique

c) Prévention des risques thromboemboliques

  • Lever précoce
  • Injection d’anticoagulants à dose efficace

d) Surveillance du drainage

En particulier s’il y a pose de matériel prothétique.

Surveillance :

  • Quantitative
  • Qualitative

e) Prévenir la poussée d’ascite

Chez les patients cirrhotiques.

Administration de diurétiques.

Le patient sort, en moyenne, après une dizaine de jours d’hospitalisation.

Faire son éducation pour :

  • Le port d’une ceinture de contention
  • Le risque induit par la manipulation de charges lourdes

Le risque de récidive est relativement important.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.