Différents types de prothèses
:
1- Prothèses mécaniques
:
Elles sont constituées de 2 parties, une collerette
implantée sur l’orifice valvulaire natif et un élément
mobile dont l’ouverture et la fermeture permettent la
réalisation d’un cycle cardiaque normal.
Il existe 3 types de prothèses mécaniques.
Les plus anciennes sont les prothèses à bille dont le premier
modèle est la prothèse de Starr, apparue en
1960.
Ces prothèses sont particulièrement sténosantes
car elles engendrent un flux turbulent à travers la cage
lorsque la bille est repoussée au fond de celle-ci.
Le deuxième type est représenté par les prothèses à
disque, l’élément mobile étant un monodisque pivotant,
maintenu par des arceaux.
La plus représentative est la
prothèse de Björk-Shiley introduite en 1969.
Ces prothèses
sont également partiellement sténosantes, l’amplitude
de mobilité du disque étant de 60°.
Enfin, le type le plus récent est représenté par les prothèses
à ailettes, apparues en 1977.
Elles sont constituées
par 2 disques semi-circulaires pivotants.
Le modèle
est la prothèse de Saint-Jude.
Ces prothèses ont un excellent profil hémodynamique du fait d’une
grande amplitude d’ouverture et sont donc très peu sténosantes.
En l’absence de complication, les prothèses mécaniques
sont implantées à vie et elles nécessitent un traitement
anticoagulant permanent.
2- Bioprothèses :
Toutes les prothèses utilisant du matériel organique sont
regroupées sous le nom de bioprothèses.
Elles se divisent
en hétérogreffes lorsque le matériel est d’origine animale
et en homogreffes lorsqu’il s’agit de matériel humain.
• Les hétérogreffes sont de 2 types : les bioprothèses
porcines et péricardiques.
Quelle que soit leur origine,
ces valves sont montées sur un cadre recouvert de Téflon
afin de faciliter leur insertion sur l’anneau du malade.
Les bioprothèses porcines sont fabriquées à partir des
sigmoïdes aortiques de porc, la 1re apparue étant la bioprothèse
de Hancock.
Les bioprothèses péricardiques sont fabriquées à
partir de péricarde bovin et sont donc de véritables
valves artificielles, la 1re apparue étant la valve de
Ionescu Shiley.
Les bioprothèses dégénèrent de façon inéluctable en
moyenne dans un délai de 10 ans.
Elles ne nécessitent
pas à elles seules de traitement anticoagulant.
Des hétérogreffes plus récentes sont apparues, les bioprothèses
stentless, c’est-à-dire sans armature, avec
insertion directe de la valve biologique sur l’anneau du
malade.
Le but essentiel est d’améliorer le profil hémodynamique
de ces prothèses biologiques en évitant l’insertion
de support prothétique.
La durée de vie de ces
prothèses est en cours d’évaluation.
• Les homogreffes valvulaires sont des valves aortiques,
pulmonaires ou mitrales, prélevées sur un
cadavre humain.
Selon le mode de conservation, on distingue
les homogreffes fraîches, conservées à ± 4°C
dans une solution de culture contenant des antibiotiques
et devant être implantées dans un délai de 3 semaines
après leur prélèvement, des homogreffes cryopréservées,
stockées dans des banques de tissus, conservées
dans des cuves d’azote liquide.
Les autogreffes valvulaires sont des valves prélevées sur
le patient lui-même : ainsi, l’autogreffe pulmonaire ou
intervention de Ross, consiste à remplacer la valve aortique
malade par la propre valve pulmonaire du patient.
Ce procédé est particulièrement intéressant chez l’enfant
dont la croissance n’est pas achevée.
Surveillance :
A - Surveillance postopératoire précoce
:
1- Surveillance clinique et échographique :
La surveillance de la température est fondamentale jusqu’à
la 6e semaine postopératoire, à la recherche d’une
complication infectieuse, particulièrement l’endocardite
précoce sur prothèse et la médiastinite.
L’auscultation doit
être quotidienne pour s’assurer de l’absence de souffle de
régurgitation qui pourrait témoigner d’une désinsertion
précoce par lâchage de suture, de bruits d’ouverture et de
fermeture normaux, ces derniers pouvant être atténués par
une thrombose précoce par exemple.
L’écho-doppler cardiaque est essentiel et systématique.
Il a pour but de s’assurer du bon fonctionnement de la
prothèse, d’éliminer un épanchement péricardique qui
peut devenir compressif, ce d’autant qu’il survient chez
un patient hypocoagulé.
En dehors de l’écho-doppler
précoce, un examen de référence est effectué au 3e mois
postopératoire lorsque les conditions hémodynamiques
du patient sont considérées comme stables : absence
d’anémie, de fébricule pouvant augmenter les gradients
par hyperdébit et faire considérer à tort la prothèse
comme sténosante.
En cas de prothèse mitrale, l’examen
doit toujours être complété par une échographie transoesophagienne
qui permet de mieux visualiser la prothèse
et d’éliminer une thrombose.
2- Surveillance biologique :
Le traitement anticoagulant est nécessaire à ce stade chez
tous les opérés, même chez les porteurs de prothèse
biologique pour lesquels il est maintenu jusqu’au 3e mois
postopératoire.
L’héparine est débutée par voie intraveineuse
en continu, au pousse-seringue, quelques heures
après l’intervention et son efficacité est contrôlée par
l’héparinémie ou le temps de céphaline kaolin (TCK).
La
surveillance doit être particulièrement rapprochée en
période postopératoire du fait des variations fréquentes du
nombre de plaquettes, et des facteurs de coagulation, en
particulier le fibrinogène.
Le relais par les antivitamines
K est précoce et l’héparine est interrompue lorsque l’INR
(international normalized ratio) est satisfaisant.
Les tests biologiques à la recherche d’une hémolyse
sont effectués chez les porteurs de prothèse mécanique :
dosage de l’hémoglobine plasmatique et de la LDH
(lactic deshydrogenase).
3- Réadaptation des valvulaires opérés :
La rééducation fonctionnelle cardiorespiratoire est
indispensable dans les semaines postopératoires faisant
appel aux techniques de kinésithérapie.
B - Surveillance au long cours des prothèses
valvulaires :
1- Fréquence :
La première consultation de cardiologie doit avoir lieu
vers le 3e mois postopératoire, avec réalisation de l’échodoppler
de référence, examen qu’il est conseillé de réaliser
tous les 2 ans lors de la surveillance ultérieure en l’absence
d’événement intercurrent.
Durant la 1re année postopératoire,
le patient consultera son cardiologue tous les
4 mois, puis 1 à 2 fois par an. La surveillance est plus étroite
chez les porteurs de bioprothèse en raison des risques de
dégénérescence à partir de la 6e année postopératoire.
2- Surveillance clinique :
• L’interrogatoire porte sur l’évolution des signes fonctionnels
préopératoires tels que la dyspnée, des douleurs
angineuses ou syncopes d’effort dans le cadre d’un
rétrécissement aortique.
Il recherche également l’apparition
de nouveaux symptômes qui pourraient être un
signe de complication liée à la prothèse : asthénie,
aggravation ou réapparition d’une dyspnée d’effort, épisodes
évocateurs d’accident ischémique transitoire,
sueurs, devant attirer l’attention sur la possibilité d’une
hémolyse sur prothèse mécanique, d’une endocardite ou
d’une désinsertion de prothèse, d’un accident thromboembolique,
ou hémorragique.
• L’examen clinique : l’auscultation cardiaque est une
étape fondamentale :
– en position aortique : une auscultation normale de prothèse
associe à des degrés divers selon les modèles un
souffle systolique d’éjection maximal au bord gauche
du sternum, étendu de l’apex à la base, à des bruits d’ouverture
et de claquement de fermeture.
Le bruit d’ouverture
réalise un dédoublement de B1 et est particulièrement
intense dans les prothèses à bille ; faible, voire
inconstant dans les prothèses à disque ; très discret voire
inaudible dans les bioprothèses.
Le bruit de fermeture est contemporain du B2 et est claqué, intense pour
les prothèses mécaniques. Pour les bioprothèses, le bruit
de fermeture est souvent moins sonore ;
– en position mitrale ou tricuspidienne, le bruit de fermeture
est contemporain de B1 et le bruit d’ouverture
est séparé de B2.
En règle générale, les prothèses mécaniques
en position mitrale ne produisent pas de souffle.
Toutefois, certaines prothèses à disque peuvent engendrer
un discret roulement diastolique à la pointe en décubitus
latéral gauche.
L’auscultation d’une bioprothèse en position
mitrale est identique à celle d’une valve native.
Toute modification de l’auscultation doit faire suspecter
un dysfonctionnement de prothèse.
Ces modifications
peuvent être l’atténuation franche ou la disparition des
bruits de la prothèse (thrombose), l’apparition d’un
souffle de régurgitation (désinsertion de prothèse), l’accentuation
du souffle d’éjection aortique ou l’apparition
d’un roulement diastolique mitral pouvant témoigner
d’une thrombose obstructive.
Enfin, l’examen clinique doit être complet à la recherche :
d’une décompensation ventriculaire, d’une valvulopathie
associée, de signes d’anémie, de foyers infectieux.
3- Surveillance radiologique :
La radiographie thoracique évalue l’évolution de la silhouette
cardiaque dont le volume doit régresser après
remplacement valvulaire.
L’amplificateur de brillance
permet d’apprécier la cinétique de la prothèse, montrant
un mouvement anormal de bascule en cas de désinsertion
ou une diminution de mobilité de l’élément mobile
en cas de thrombose.
4- Surveillance électrocardiographique :
L’électrocardiogramme permet la surveillance du rythme
cardiaque, de suivre l’évolution de troubles conductifs
intraventriculaires et auriculoventriculaires et de constater
la régression d’une hypertrophie ventriculaire.
5- Échographie doppler cardiaque :
C’est actuellement l’examen de référence pour la surveillance
du bon fonctionnement d’une prothèse.
• L’écho-doppler par voie transthoracique reste le premier
temps fondamental dans l’exploration d’une prothèse
valvulaire.
Néanmoins, les prothèses mécaniques ou biologiques
entraînent des conditions d’étude particulières :
elles opposent un écran acoustique plus ou moins large à
la propagation des ultrasons ainsi que de multiples réverbérations
venant parasiter les structures périprothétiques.
L’examen doppler pulsé et continu joue un rôle essentiel
dans l’évaluation fonctionnelle de la prothèse.
Il permet
la mesure des gradients transprothétiques, en particulier
des gradients moyens, en sachant que l’interprétation est
difficile car les gradients transvalvulaires normaux
varient selon les types et les tailles des valves et sont
dépendants du débit et de la fréquence cardiaques.
Ce
sont donc les examens comparatifs chez un même patient
qui sont essentiels pourvu que les conditions hémodynamiques
ne varient pas significativement d’un examen à
l’autre.
De manière schématique, une prothèse mécannique ou biologique est toujours discrètement sténosante
ce qui explique que les valeurs normales des gradients
moyens soient supérieures à celles des valves natives.
La
surface fonctionnelle de la prothèse est mesurée par le
doppler en utilisant l’équation de continuité et le temps
de demi-décroissance.
Les doppler couleur et continus
permettent la visualisation de fuites intraprothétiques,
physiologiques (fuites dites de « lavage » de la prothèse)
ou paraprothétiques pathologiques par désinsertion de
valve.
La détection des fuites sur prothèse mitrale n’est
pas réalisable en doppler couleur par voie transthoracique
du fait des réverbérations liées à la prothèse et
nécessite le recours à la voie transoesophagienne.
• L’écho-doppler par voie transoesophagienne permet
une visualisation précise de la prothèse mitrale.
Elle doit
être également réalisée dans toutes les suspicions de
dysfonctionnement de prothèse à la recherche d’une
déchirure, d’une endocardite, de fuites pathologiques ou
de sténoses (thrombus obstructif par exemple).
6- Surveillance biologique :
Le traitement anticoagulant doit être maintenu à vie chez
un porteur de prothèse mécanique, et ne jamais être interrompu.
Les anticoagulants ne sont pas nécessaires à long
terme pour les bioprothèses sauf s’il existe un facteur de
risque comme une fibrillation auriculaire.
Le taux de prothrombine doit être abandonné comme
seul paramètre car le traitement anticoagulant doit être
adapté en fonction de l’INR dont le résultat est retranscrit
par le patient sur un carnet de surveillance.
Le contrôle
biologique de l’INR doit être effectué une fois par mois
et le médecin traitant doit être informé du résultat.
• Les données des études incitent à adapter l’intensité
de l’anticoagulation au type de prothèse et au terrain
du patient : en cas de prothèses multiples, de prothèses
mitrales et de prothèses aortiques de première génération
(Starr, Björk standard, Omniscience), l’INR doit être entre
3 et 4,5.
Il doit aussi être entre 3 et 4,5 si le patient a un
risque thrombo-embolique élevé tel qu’une fibrillation
auriculaire, un antécédent d’accident embolique, une
dysfonction ventriculaire gauche importante ;
En cas de prothèses à ailettes en position aortique, en
rythme sinusal, un INR entre 2 et 3 est suffisant permettant
de diminuer les accidents hémorragiques sans augmenter
les complications thrombo-emboliques.
• Arrêt temporaire des antivitamines K : lorsqu’un
geste nécessite l’interruption des antivitamines K, l’anticoagulation
doit être efficacement assurée par l’héparine
non fractionnée par voie intraveineuse ou sous-cutanée.
Les héparines de bas poids moléculaire n’ont pas d’autorisation
de mise sur le marché actuellement dans cette
indication.
• Association d’antiagrégants plaquettaires : toutes les
études associant aspirine et antivitamines K ont montré
une augmentation de l’incidence des complications
hémorragiques.
Il n’est pas démontré que l’association de
petites doses d’aspirine diminue les risques emboliques
provenant de la prothèse. Finalement, l’association aspirine-antivitamines K est recommandée en cas d’athérosclérose
associée ou d’embolies récidivantes malgré un INR
correct et en l’absence d’indication de réintervention.
Complications :
A - Complications thrombo-emboliques :
Elles restent une complication à long terme, fréquente
du remplacement valvulaire.
La fréquence est plus élevée
pour les prothèses mécaniques, plus faibles pour les
valves biologiques et nulle pour les homogreffes.
L’incidence globale est de 1 à 4 % par patient-année.
Cliniquement, 80 % des embolies sont cérébrales, 33 %
donnent des accidents transitoires, 40 % laissent des
séquelles et 8 % sont fatales.
L’incidence est plus élevée
pour les prothèses en position mitrale qu’aortique.
Quand une embolie se produit, le risque d’apparition
d’un nouvel accident est multiplié par 3 à 8.
B - Thromboses :
Il faut différencier les thromboses aiguës dont le diagnostic
est relativement aisé et l’urgence évidente
(oedème aigu du poumon, choc cardiogénique) des cas de
thromboses chroniques qui se manifestent essentiellement
par des embolies périphériques à répétition.
La thrombose de prothèse mécanique est assez rare, avec
un taux de 0 à 0,8 % par patient-année, avec l’absence de
celle-ci dans 95 à 100 % des cas à 5 ans, pour la valve en
position aortique.
Pour celle en position mitrale, les
chiffres sont respectivement de 0 à 3,1% par patientannée
et une absence de thrombose dans 95 à 100 % des
cas à 5 ans.
Les bioprothèses se thrombosent moins.
Le diagnostic de thrombose peut être évoqué devant une
modification de l’auscultation, soit du fait de la disparition
des bruits de prothèse ou de l’apparition ou du renforcement
d’un souffle systolique pour une prothèse
aortique ou d’un roulement diastolique pour une prothèse
mitrale.
La confirmation du diagnostic fait appel à l’examen de
la prothèse sous amplificateur de brillance qui peut
montrer une diminution du jeu de l’élément mobile et
surtout à l’écho-doppler transthoracique et transoesophagien.
À l’écho-doppler, les gradients transvalvulaires
sont anormalement élevés, la surface valvulaire fonctionnelle
réduite.
Une fuite peut apparaître par fermeture
incomplète de l’élément mobile et le thrombus peut
être visualisé en particulier sur le versant auriculaire des
prothèses mitrales en échographie transoesophagienne.
Le traitement de la thrombose aiguë est la réintervention
en urgence pour remplacement valvulaire.
Parfois, la
thrombose peut être traitée avec succès par thrombolyse
mais des accidents vasculaires cérébraux emboliques
peuvent survenir et ses indications restent discutées.
En
cas de thrombose moins importante, le traitement anticoagulant
doit être rééquilibré avec passage à l’héparine
transitoirement.
C - Désinsertions de prothèse :
Elles sont le plus souvent spontanées et en général précoces
par lâchage de sutures mais elles peuvent également
compliquer une endocardite infectieuse.
Le diagnostic
clinique est plus facile en position aortique
devant l’apparition d’un souffle diastolique de régurgitation
; en position mitrale, l’apparition d’un souffle systolique
de régurgitation est évocatrice de désinsertion
mais celui-ci peut faire défaut.
Le diagnostic sera confirmé par l’écho-doppler transthoracique
et transoesophagien par la visualisation d’une
fuite paraprothétique et (ou) un mouvement de bascule
de la prothèse.
D - Complications infectieuses :
1- Endocardite précoce sur prothèse :
Elle est due à une contamination soit peropératoire, soit
lors de gestes de réanimation postopératoires.
Les
germes les plus fréquemment en cause sont les staphylocoques
blancs puis dorés (40 à 60 %), les bacilles gramnégatifs
(10 à 30 %) puis les germes divers : streptocoques,
corynébactéries, champignons et autres germes
plus rares.
Le diagnostic différentiel essentiel est la médiastinite postopératoire.
Le tableau clinique associe fièvre, et souvent complications
évolutives graves telles que l’insuffisance cardiaque
et accidents emboliques.
2- Endocardite tardive sur prothèse :
Elle touche environ 1 % par patient-année avec un taux à
10 ans d’absence d’infection de 89 à 97 % et survient
au-delà du 2e mois postopératoire.
La fréquence est à peu
près identique pour les prothèses mécaniques et les bioprothèses.
La localisation aortique est 2 à 5 fois plus
fréquente que la localisation mitrale.
Les germes prédominants dans cette forme sont les streptocoques
en particulier le Streptococcus viridans, suivis par
les staphylocoques blancs, dorés, le streptocoque du groupe
D, les bacilles gram-négatifs aérobies et les champignons.
La mortalité est importante et le traitement antibiotique
seul est le plus souvent insuffisant, n’évitant pas une réintervention de remplacement valvulaire.
L’intervention
immédiate est impérative en cas de défaillance cardiaque,
de troubles conductifs auriculoventriculaires secondaires à
un abcès du septum, d’un abcès de l’anneau.
Le diagnostic repose sur les hémocultures et sur l’échocardiogramme
doppler transthoracique et transoesophagien
qui met en évidence les végétations ainsi que de
possibles complications (fuite paraprothétique par
désinsertion, abcès).
Le terrain favorisant de l’endocardite
sur prothèse est un antécédent d’endocardite sur
valve native et/ou un remplacement polyvalvulaire.
La présence d’une prothèse valvulaire constitue une
cardiopathie à haut risque d’endocardite infectieuse et la
prophylaxie doit être réalisée avec une grande rigueur
selon les protocoles actuels.
E - Complications hémorragiques :
Elles concernent les patients sous anticoagulants, donc
principalement les porteurs de prothèses mécaniques.
L’incidence des hémorragies est de 0,6 à 7,9 % pour les
prothèses mécaniques.
Les hémorragies gastro-intestinales
sont les plus fréquentes mais elles peuvent être de
tout type et doivent même en cas d’hypocoagulabilité
importante faire rechercher une cause sous-jacente.
F - Hémolyse
:
Une hémolyse légère, infraclinique est très fréquente
dans les prothèses mécaniques mais devient significative
en cas de désinsertion prothétique.
G - Dégénérescence de bioprothèse :
Les bioprothèses donnent d’excellents résultats hémodynamiques
mais elles se détériorent progressivement à
partir de la 6e à la 10e année et nécessitent alors un nouveau
remplacement.
Cette dégénérescence est accélérée
chez les sujets de moins de 35 ans, les insuffisants
rénaux et les femmes enceintes, par activation du processus
de calcification.
Les bioprothèses ne sont donc
qu’exceptionnellement utilisées dans ces conditions en
dehors de la femme désireuse de grossesse en raison de
l’effet tératogène des antivitamines K.
Leur indication
actuelle concerne les sujets de plus de 75 ans, les
femmes désireuses de grossesse, les patients non observants
ou les patients devant subir une intervention extracardiaque.
La dégénérescence se manifeste par l’apparition
de calcifications, de déchirures entraînant des fuites
et (ou) des sténoses valvulaires.
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