Principes de la physiologie artérielle
:
A - INTRODUCTION :
C’est sous l’aspect global qu’il faut envisager les objectifs de
l’appareil circulatoire.
Il a pour but de transporter rapidement du
sang d’un secteur de l’organisme à un autre afin d’échanger des
éléments indispensables ou utiles à la vie contre des éléments à
éliminer ou à transformer.
Le moteur essentiel de cette dynamique
est représenté par le coeur.
La grande circulation ou circulation
systémique prend en charge l’irrigation des tissus périphériques ;
la circulation artérielle y transporte le sang et c’est elle que nous
étudierons ; la microcirculation est le secteur des échanges ; le
retour veineux s’effectue vers le coeur droit.
La petite circulation
ou circulation pulmonaire permet au coeur d’organiser les échanges
sanguins avec l’air ambiant.
Le système à haute pression s’étend du ventricule gauche en
systole aux artérioles ; il comprend donc essentiellement le système
artériel.
Le maintien d’une pression élevée permet d’assurer une
perfusion sanguine, quelles que soient les conditions
hémodynamiques et physiologiques en général.
La physiologie artérielle est caractérisée par :
– une pression sanguine élevée : 120-80 mmHg ;
– un contenu faible : 10 à 15 % du volume total sanguin de
l’organisme, et ce contenu est relativement stable ;
– du sang saturé en oxygène.
La régulation vasculaire est dynamique pour le système artériel et
statique pour le système veineux :
– régulation dynamique pour le système artériel = vaisseaux
résistifs :
débit Q = pression/résistance à l’écoulement ; Q = DP/R ;
Henri Boccalon : Professeur des Universités, praticien hospitalier, service de médecine vasculaire.
Philippe Léger : Chef de clinique universitaire, praticien hospitalier.
Centre hospitalier universitaire, hôpital de Rangueil, 1, avenue Jean-Poulhès, 31304 Toulouse cedex 4,
France.
– régulation statique pour le système veineux = vaisseaux
capacitifs :
volume = pression/élastance (résistance à la distension des
parois) ; DQ = DP/E.
La compliance DQ/DP est l’importance de l’augmentation du
volume DQ qui entraîne une augmentation de pression DP ; elle
est plus faible pour les artères que pour les veines.
L’élastance est
l’inverse de la compliance (E = DP/DQ) et se trouve plus élevée
pour les artères.
B - RAPPELS ANATOMOPHYSIOLOGIQUES
:
1-
Répartition de la volémie :
Le volume total
de sang contenu chez le sujet normal représente environ 7 % de son
poids total (5 L pour un homme de 75 kg) ; de cette façon, le volume
total peut circuler approximativement une fois par minute.
Malgré leur
section totale importante, les capillaires sont courts et ne
contiennent que 4 à 6 % de la volémie ; les artères en contiennent
12 à 14 % ; les veines, et surtout les veines de petit diamètre, en
contiennent les deux tiers (64 %).
La circulation
pulmonaire contient 9 à 10% de la volémie ; le coeur en diastole en
contient 6 à 7%.
2- Surfaces
de sections vasculaires :
Le calibre du
vaisseau efférent est inférieur à celui du vaisseau avant la
survenue d’une division vasculaire.
La surface
totale des sections capillaires est énorme du fait du nombre de ses
capillaires : 625 cm2 de section capillaire totale chez le chien de
13 kg pour une section aortique de 0,8 cm2.
Cette surface de section vasculaire augmente depuis le secteur
artériel vers le secteur capillaire ; elle diminue à nouveau du
secteur capillaire vers le secteur veineux, mais en restant
supérieure à ce qu’elle est au niveau artériel.
3- Histologie de la paroi artérielle
:
La répartition en intima, média et adventice est le cas de la paroi
artérielle comme de tout autre vaisseau, mais avec des rapports
relatifs qui sont spécifiques de la fonction que doit jouer l’artère.
L’intima est la plus interne ; l’endothélium délimite la lumière
artérielle de par la juxtaposition des cellules endothéliales qui
jouent un rôle physiologique considérable ; elles reposent sur une
couche sous-endothéliale de soutien qui est en contact avec la
limitante élastique interne.
Les cellules endothéliales sont disposées
en mosaïque, orientées selon le sens de l’écoulement sanguin et en
fonction des contraintes de cisaillement.
L’intima possède trois fonctions principales :
– son intégrité empêche le développement de réactions
d’hémostase entre le sang circulant et les constituants pariétaux
sous-jacents ; il représente une surface thromborésistante ;
– filtration et transport actif des constituants sanguins qui
nourrissent la média ;
– production de substances contribuant à la vasomotricité.
La média est épaisse.
Elle comprend des fibres musculaires lisses
particulièrement riches dans les petites artères et les artérioles,
vaisseaux résistifs précapillaires ; elles y assurent la vasomotricité.
Elle comprend aussi des fibres élastiques qui permettent à l’artère
de se déformer, comme cela est le cas pour les grosses artères (aorte
et branches) qui ont un rôle de réservoir à haute pression.
La média
comprend aussi des fibres de collagène qui s’opposent à des
augmentations importantes de volume.
La paroi artérielle comprend 70 % d’eau. Le poids sec de l’aorte
ascendante contient beaucoup d’élastine (40 %) et peu de collagène
(20 %).
L’aorte abdominale contient 30 à 45 % de collagène et 20 à
40 % d’élastine. Le rapport élastine/collagène est de 2 pour l’aorte
abdominale, entre 0,7 et 1,5 ailleurs.
Plus le rapport est élevé, plus
l’artère est distensible.
L’adventice reçoit les éléments fonctionnels de l’artère : les
terminaisons nerveuses à l’origine de la vasomotricité et les petits
vaisseaux ou vasa vasorum qui irriguent la paroi.
Constituée d’un
tissu conjonctif fibrocellulaire, elle jouerait un rôle mécanique de
soutien architectural de la paroi, dans le cas d’une média affaiblie
ou absente.
C - DÉBIT DANS LES DIFFÉRENTS SEGMENTS
CIRCULATOIRES :
Sur le modèle physique, nous
constatons que la quantité de liquide qui pénètre dans le tube est
identique à celle qui en sort.
Ceci est vrai pour toutes les parties
du système circulatoire ; le débit de chacune des colonnes verticales
est identique ; ceci n’est plus vrai s’il existe une accumulation
liquidienne dans un secteur donné, du fait d’une redistribution ; le
débit peut être plus important dans un canal circulatoire horizontal
par rapport à celui d’un autre canal horizontal, mais le débit total
de la colonne verticale est identique : c’est le principe de la
redistribution.
Ce principe physiologique est simple mais capital
au plan de la physiologie vasculaire.
La répartition des différents
débits s’effectue en parallèle.
– À l’état de repos :
– 15 % du débit cardiaque se dirige vers le cerveau ;
– 15 % vers les muscles ;
– 30 % vers le système digestif ;
– 20 % vers les reins ;
– 5 % sont destinés aux coronaires ;
– 10 % à la peau et aux os.
– Lors de l’exercice, le débit sanguin correspondant aux muscles
squelettiques et au myocarde augmente.
Il convient de noter que
le débit artériel des bronches et des poumons, différent du débit
de l’artère pulmonaire, recircule vers l’oreillette gauche et le
ventricule gauche ; de ce fait, le ventricule gauche éjecte davantage
de sang que le ventricule droit (moins de 3 % du débit cardiaque).
D - VITESSE DU SANG DANS LES ARTÈRES
:
La vitesse du
sang (v) est la distance parcourue par le sang dans un vaisseau par
unité de temps : v = Q/S (Q : débit ; S : surface de section). À
titre d’exemple :
– la vitesse
sanguine aortique est comprise entre 40 et 50 cm/s ; – la vitesse
dans les capillaires est de 0,07 cm/s, ce ralentissement étant
favorable aux échanges entre sang et tissus interstitiels ;
– la vitesse
sanguine veineuse augmente à nouveau mais reste inférieure à la
vitesse sanguine artérielle, car la surface de section demeure
supérieure dans la veine par rapport à ce qu’elle est dans l’artère
(15 à 20 cm/s).
E - PRESSION ARTÉRIELLE
:
Le débit est maintenu au-dessus de 0 après l’éjection ventriculaire
du fait de l’effet Windkessel.
L’onde de
pression est
représentée par la différence entre le pic systolique et le minimum
diastolique de la courbe de pression artérielle.
La pression artérielle moyenne, ou pression motrice (Pm), peut être
calculée par un procédé électronique ou bien par une planimétrie
de surface, ou encore par la formule :
Pm = P diast + un tiers (P syst - P diast)
(P dyast : pression diastolique ; P syst : pression systolique).
La pression P est le rapport d’une force appliquée sur une surface :
p = F/S. Elle s’exerce contre la paroi interne de l’artère.
Elle a deux
composantes : la pression dynamique exercée par le ventricule
gauche et la pression hydrostatique qui est fonction du poids du
sang et du niveau considéré.
La pression artérielle est
classiquement exprimée en mmHg ou en cmH2O (1 mmHg = 0,133kPa ; 1 cmH2O =
0,1kPa).
La tension T est
une force F appliquée sur une longueur L (T = F·L–1). La tension
exercée par la paroi artérielle intervient dans la régulation de la
pression artérielle.
La pression
artérielle varie constamment au cours du cycle cardiaque.
Elle augmente de façon abrupte dès l’ouverture
des valves sigmoïdes aortiques pour atteindre un maximum ; c’est
la pression systolique, qui est identique à la pression systolique
maximale du ventricule gauche.
Ensuite, elle chute rapidement ;
après la fermeture des sigmoïdes, elle diminue plus lentement.
La
pression diastolique est sa valeur minimale ; elle reste supérieure à
la pression diastolique ventriculaire gauche.
La pression artérielle différentielle est la différence de pression systolodiastolique dans l’artère.
C’est son amplitude qui détermine
une sensation tactile lors de la palpation artérielle : le pouls artériel.
1- Valeurs normales de la pression artérielle
:
Chez l’adulte jeune, au repos, couché, les valeurs normales de la
pression artérielle aortique ou humérale sont de :
– 110 à 140 mmHg pour la systolique (17kPa) ;
– 60 à 80 mmHg pour la diastolique (9kPa) ;
– 70 à 95 mmHg pour la moyenne (11kPa).
2- Facteurs de variations de la pression artérielle
:
Elle s’abaisse légèrement en position debout ; elle est plus basse
chez la femme.
Elle s’élève avec l’âge : avant 10 ans, la systolique
est inférieure à 100 mmHg ; à 50 ans, la systolique est à 150 et la
diastolique inférieure à 95 ; une systolique supérieure à 160 mmHg
et une diastolique supérieure à 100 mmHg définissent une
hypertension artérielle.
La pression artérielle moyenne s’abaisse de l’aorte vers la
périphérie, ce qui permet un gradient de pression et donc un débit.
La pression différentielle augmente du fait d’une augmentation de
la systolique et, à un moindre degré, de l’abaissement de la
diastolique.
La vitesse de propagation de l’onde pulsatile de pression artérielle
est une onde de choc correspondant à un transfert d’énergie
(plusieurs m·s–1) ; elle est beaucoup plus rapide que la vitesse
d’écoulement artériel, qui correspond à un transfert de matière, le
sang.
La transmission de l’onde de pression est d’autant plus rapide que
la compliance artérielle est faible ; ceci est amplifié depuis l’aorte
vers les petits vaisseaux, de même que par la présence d’athérome.
Relation pression et débit artériel : à l’origine de l’aorte, l’onde de
débit précède l’onde de pression ; le sang circule jusqu’à ce que la
différence de pression hydrostatique existe, tant que la résistance
périphérique ne s’y oppose pas ; en distalité, l’onde de pression
précède l’onde de débit.
Impédance vasculaire : dans le cas de débit continu, la résistance des
parois vasculaires est la seule force qui s’oppose au débit ; dans le
cas d’un débit pulsatile, la résistance est représentée par
l’association du frottement contre la paroi vasculaire, de l’élastance
de la paroi et de l’inertie sanguine.
F - RELATION VOLUME/PRESSION OU COMPLIANCE
:
1- Compliance des parois artérielles
:
Dans les conditions physiologiques, la compliance artérielle est
faible et donc l’élastance élevée.
Cette propriété, couplée à la
résistance artérielle, explique l’amortissement progressif systolodiastolique et la transformation du débit périodique
ventriculaire gauche en débit artériolaire permanent.
Avec l’âge, la compliance
artérielle diminue, du fait du remplacement des fibres élastiques
par du tissu collagène ; ainsi la pression systolique s’élève.
Selon la loi d’élasticité de Hooke, lorsqu’un corps homogène est
étiré, la tension élastique est proportionnelle au degré d’élongation.
Les vaisseaux n’obéissent pas à cette loi ; ils résistent à l’élongation
d’autant plus qu’ils sont étirés ; ils deviennent de moins en moins compliants.
L’augmentation du volume s’accompagne d’une
élévation rapide de la pression, ce qui aboutit à une relation quasi
exponentielle.
Au début de la courbe, la loi de Hooke paraît être
respectée par les fibres élastiques.
Puis l’artère atteint la limite de
son élasticité car les fibres collagènes entrent en jeu ; leur tension
est importante pour une faible augmentation de longueur.
La
courbe pression-volume tend à être plus rapide avec l’âge.
Les
veines, à l’inverse, acceptent les variations de pression sans
augmentation importante de volume.
2- Réservoir de pression
:
Les artères systémiques se comportent comme des réservoirs de
pression du fait de leur fonction élastique.
Le ventricule
gauche chasse le sang dans l’aorte qui se distend. Puis le ventricule
gauche se relâche pendant la diastole.
La tension pariétale aortique
chasse alors le sang vers les capillaires.
Cet effet physiologique a
été décrit par Windkessel. Il permet à la pression artérielle
d’osciller autour d’une pression artérielle moyenne de 90 mmHg
sans jamais atteindre 0.
Si le système artériel était rigide, les pressions seraient très élevées
au moment de la systole et la pression serait égale à 0 en diastole.
La crosse aortique se comporte comme un réservoir de pression, ce
qui est utilisé pour amortir les surpressions des coups de piston
ventriculaires.
La pression dans un tube élastique traduit la tension
exercée par les parois de ce tube sur le contenu liquidien.
La
pression interne peut augmenter du fait :
– d’une augmentation du volume liquidien ;
– d’une contraction majorée des parois vasculaires ;
– d’une compression externe ;
– des effets hydrostatiques des colonnes de sang.
Toute augmentation, même faible, du volume du système artériel,
peut entraîner une augmentation importante de pression artérielle ;
c’est ainsi que 80 mL de sang éjectés par le ventricule gauche
entraînent des variations importantes de la pression artérielle.
En
revanche, au niveau du système veineux, l’éjection d’une quantité
identique de sang n’entraîne que quelques millimètres de mercure
de variation de la pression veineuse.
Donc, le système artériel n’est qu’un réservoir à pression élevée et
à capacité fixe, alors que le système veineux est un réservoir à
capacité variable et à faible pression.
3- Force de tension des parois vasculaires
:
Le calcul de la tension des parois vasculaires dépend de la loi de
Laplace, utilisée pour mesurer la tension des membranes de bulles
de savon.
Cette loi établit qu’en tout point de la membrane, si l’on
crée une déchirure, la force T (dynes) écarte chaque berge de cette
fente.
Cette force est directement proportionnelle à la pression de
part et d’autre de la membrane (pression interne moins pression
externe) et au rayon principal (r) de la courbe de la bulle à ce
niveau.
T = P·r
Selon cette loi, plus le rayon vasculaire est petit, plus le vaisseau
tire un avantage mécanique en termes de tension pariétale.
L’épaisseur des parois des artères et des veines leur permet de
résister à de très fortes pressions.
Les capillaires ne sont constitués
que par une couche de cellules endothéliales ; pourtant, ils résistent
à des pressions de 100 mmHg en position debout au niveau des
pieds, parfois 300 mmHg dans des conditions extrêmes.
C’est leur
très faible diamètre qui permet cela.
Lorsqu’un ballon est
gonflé de façon incomplète, la partie moyenne se dilate alors que
la partie distale ne se distend pas.
En application de cette loi de Laplace, nous pouvons citer
l’expérience de Burton. Une aorte d’un rayon de 1,3 cm
supporte une pression p = 100 mmHg avec T = 170 000 dynes/cm.
Des capillaires de rayon 4 µ supportent une pression p = 30 mmHg
avec T = 16 dynes/cm ; donc la pression aortique est supérieure à
la pression capillaire d’au moins trois fois, alors que son rayon est
3 000 fois plus grand et que la tension aortique est 10 000 fois
supérieure à la tension capillaire.
Ceci montre que, dans les tubes
de petit diamètre, il n’est pas nécessaire de disposer d’une force
importante pour résister à la pression interne élevée.
Donc, les
parois capillaires peuvent être minces mais à la fois résister à la
pression et favoriser les échanges.
Dans le cas de vaisseaux à parois épaisses, telles les artères, la loi
de Laplace devient : T = P·r/h, où h représente l’épaisseur
pariétale.
Lorsque la paroi est relativement épaisse (artérioles), la tension est
relativement basse et les muscles lisses supportent une charge
faible, malgré une pression intravasculaire relativement élevée.
Dans le cas d’un anévrisme artériel, le rayon augmente en même
temps que l’épaisseur de la paroi artérielle diminue ; de ce fait, la
tension pariétale augmente et majore le risque de rupture
anévrismale.
4- Pression critique de fermeture des artères
:
Normalement,
la pression intravasculaire équilibre la pression tissulaire, sauf dans
le cas où la pression intravasculaire diminue : la fermeture critique
intervient.
La pression critique de fermeture d’un vaisseau
dépend du tonus vasomoteur ; plus le tonus est élevé, plus la
pression d’interruption du débit est élevée.
Dans le cas d’une
stimulation nerveuse sympathique élevée, la pression critique de
fermeture est de 30 mmHg ; si le tonus sympathique est faible, le
débit artériel persiste à 30 mmHg.
G - RELATIONS DÉBIT ET PRESSION PULSATILES
:
1- Débit
pulsatile :
Après l’onde de
pression, suivent le débit pulsatile et l’onde de vélocité.
La fréquence des
ondes, la viscosité du sang, les propriétés des parois artérielles
peuvent influencer les relations entre la pression et le débit.
Dès lors que le
sang est éjecté du ventricule gauche, le débit précède l’onde de
pression à l’origine de l’aorte ; l’onde conductrice de pression
fait avancer le sang vers les artères tant qu’il existe un gradient
de pression hydrostatique.
Le sang va
s’immobiliser dès lors que la pression et la force d’inertie sont
contrebalancées par les résistances vasculaires.
L’onde de
pression précède l’onde de débit au niveau des artères
périphériques.
Si l’onde de
pression est enregistrée à deux niveaux différents du système
artériel, la différence de pression est positive
pendant l’augmentation de l’onde de pression proximale, puis
devient négative au signal d’aval.
Cette différence de pression
positive engendre un débit.
2- Débit sanguin turbulent
:
Lorsque le débit n’est plus laminaire, si le diamètre du vaisseau
diminue, si la vélocité dépasse un certain seuil, des turbulences
apparaissent.
Ceci est le cas des sténoses artérielles.
Le nombre de
Reynolds (R) est atteint :
R = V D q/Vi
(V : vélocité moyenne ; D : diamètre du tube ; q : densité du fluide ;
Vi : viscosité du fluide)
Des turbulences apparaissent si R est supérieur à 3 000.
La viscosité
du sang étant élevée, R n’est pas atteint dans les parties habituelles
de la circulation.
L’apparition de turbulences provoque la
perception d’un souffle. Si la viscosité diminue (cas d’une anémie)
dans le cas de vaisseaux de gros diamètre, R augmente et le souffle
vasculaire apparaît.
Lorsque le débit augmente, si le nombre de Reynolds est dépassé,
la perte d’énergie du fait des turbulences engendre une baisse du
débit.
Au niveau de vaisseaux pathologiques, la turbulence du
débit et les forces engendrées sur les parois sont des facteurs
importants du développement des lésions d’athérosclérose en
certains endroits.
H - RÉSISTANCES VASCULAIRES
:
1- Notion de résistance
:
La loi d’Ohm appliquée aux circuits électriques est la suivante :
I = E/R
(I : débit des courants ; E : voltages ; R : résistance du circuit)
Au niveau des vaisseaux sanguins, le débit :
Q = Pa - Pv/R
(R : résistance locale ou une résistance d’organe).
Si l’on se place au plan global :
Pa - Pv = Q ´ R
PAS (pression artérielle systémique) = DC ´ RVPT
(DC : débit cardiaque ; RVPT : résistance vasculaire périphérique
totale)
Dans le cas où les résistances sont en série, elles s’ajoutent : il s’agit
des lésions artérielles étagées ; si les résistances sont en parallèle, il
s’agit du cas du débit préférentiel.
La conductance est une réciproque de la résistance.
C’est la
possibilité d’un vaisseau d’accepter un débit à un gradient de
pression donné.
C = 1/R
l’unité en est le mL/s/mmHg.
Les variations
de résistance régionale permettent l’adaptation du débit local par
rapport au débit cardiaque total.
Si tous les
organes et tissus étaient en vasodilatation, le débit serait de 38
L/min ; il existe donc une adaptation et une vasoconstriction de
compensation.
Lorsqu’un tube n’est pas distensible et que le liquide
est newtonien (ligne discontinue), si la pression intravasculaire
augmente, le débit liquidien augmente et la résistance reste
constante.
Dans le cas d’un tube distensible, ce qui est l’exemple
du réseau vasculaire, si la pression augmente, le débit augmente
de façon exponentielle et la résistance vasculaire diminue.
Lorsque
le tonus vasomoteur se manifeste, les courbes sont alors déplacées
vers la droite.
Il faut noter ici l’intervention de la pression critique
de fermeture.
2- Résistance hémodynamique.
Impédance. Application
de la loi de Poiseuille
:
Dans le cas d’un circuit électrique, la résistance s’applique à un
courant continu et l’impédance à un courant alternatif.
Le terme
d’impédance artérielle est donc appliqué du fait du caractère
cyclique de l’écoulement artériel.
La résistance vasculaire est le rapport entre la différence de
pression entre deux points du circuit (DP ou P) et le débit du
liquide (Q) dans le circuit :
D P = R·Q
ou
R = DP/Q
Selon la loi de Hayen-Poiseuille, cette résistance dépend des
propriétés du liquide (µ = viscosité) et des caractéristiques du
conduit (l = longueur ; r = rayon) :
R = 8 µl/r4 = DP/Q.
Cette loi de Poiseuille est valable pour les écoulements laminaires
des liquides visqueux dans des tubes rigides de diamètre constant.
L’une des conséquences majeures de cette loi est de constater que
si le rayon artériel diminue de moitié, cela entraîne une chute de
pression 16 fois plus importante.
Cependant, la loi de Poiseuille
n’est pas applicable de façon quantitative au système circulatoire
car :
– pour les vaisseaux où les parois ne sont pas rigides, le diamètre
et la longueur varient sous l’effet des variations de pression ;
– le sang total n’est pas un vrai liquide visqueux comme l’est le
plasma ; la transfusion de sang dans une patte d’animal exige un
gradient de pression artérioveineux d’au moins 10 mmHg, alors
que le plasma s’écoule facilement ;
– le sang n’est pas un liquide homogène du fait des éléments
figurés.
3- Gradient de pression du système circulatoire
:
La loi de Poiseuille peut tout de même s’appliquer qualitativement
au système circulatoire car la pression artérielle et la longueur des
artères sont relativement stables, la viscosité sanguine variant peu.
Le rayon artériel joue en revanche un rôle important pour ce qui
concerne les gradients de pression et le débit artériel.
Au niveau
veineux, le sang s’écoule rapidement sous l’effet de gradients de
pression faibles. Les artérioles constituent donc la ligne de
démarcation pour ce qui concerne les gradients de pression du
système circulatoire.
4- Relations
surface de section/vitesse de l’écoulement/résistances vasculaires :
La réduction du
diamètre d’un seul vaisseau a des effets différents de ceux de la
réduction du diamètre de nombreux canaux de ramification.
Lorsqu’il s’agit
de la réduction du diamètre d’un tube unique, les conséquences en
sont une augmentation de la résistance, une chute de la pression et
une augmentation de la vitesse sanguine Lorsqu’il s’agit d’une
augmentation de la surface de la section vasculaire, les
conséquences en sont une diminution des trois paramètres :
résistance, vitesse et gradient de pression.
Lorsque le
nombre de capillaires augmente, leur section respective diminue ; les conséquences sont une diminution de la
vitesse sanguine car la surface totale de section vasculaire a
augmenté ; la résistance vasculaire augmente, ainsi que la chute de
pression, car les forces de frottement au niveau des parois
vasculaires augmentent.
I - ÉNERGIES D’UN FLUIDE
:
L’énergie totale d’un fluide (ETF) est égale à la somme de l’énergie
de pression (Ep), de l’énergie de gravité (Eg) et de l’énergie
cinétique (Ec) :
ETF = Ep + Eg + Ec
L’énergie de pression est liée à la variation de pression entre deux
points ; elle est fournie par la fonction cardiaque. L’énergie de
gravité ou énergie potentielle est accentuée par le fait que le sujet
est en position debout (qg h).
L’énergie
cinétique est fonction de la vitesse du sang (½ q V2) ; si le débit
cardiaque est normal, l’énergie cinétique représente 5 % de
l’énergie totale du fluide ; si le débit cardiaque augmente, elle
peut en représenter 15 %.
Lorsque le sujet
est en position horizontale, l’énergie de gravité est nulle.
Principe de Bernoulli : c’est celui de la conservation de l’énergie.
La mesure de la
pression latérale dans un tube où circule un fluide montre que cette
pression est inférieure lorsque le fluide circule à grande vitesse,
car il existe une dissipation d’énergie, surtout par le biais de
l’énergie cinétique.
Si le diamètre
augmente et que la vitesse diminue, l’énergie cinétique diminue et
la pression latérale augmente.
C’est par ce
biais qu’il peut y avoir création d’anévrismes dans les régions où
les artères sont plus élargies.
J - HÉMORRHÉOLOGIE
:
Le débit sanguin vers les membres est sous le contrôle de la
pression artérielle engendrée par le coeur et des résistances
périphériques provenant des vaisseaux et du sang.
Le débit microcirculatoire dépend de facteurs locaux déterminant le tonus
artériolaire, ainsi que de facteurs rhéologiques.
Les derniers
paramètres incluent le fait que le sang se comporte comme un
fluide non newtonien, qu’il existe une distribution non homogène
des hématies et du plasma, et des variations morphologiques des
éléments figurés du sang qui sont largement responsables de la
viscosité du sang dans les capillaires.
1- Viscosité sanguine
:
* Principes
:
Au repos, les molécules d’un fluide sont à l’équilibre.
Tout
mouvement d’une partie du fluide perturbe cet équilibre.
Des
forces lourdes s’opposent à de tels mouvements et tendent à
restaurer l’équilibre initial.
Cette résistance peut être considérée
comme une force de friction ; elle est exprimée en termes de
viscosité du fluide.
Pour exprimer la définition quantitative de la viscosité, le débit du
fluide est considéré comme étant constitué d’une série de couches
laminaires parallèles de fluide se déplaçant les unes par rapport
aux autres, à différentes vélocités.
Les forces de friction
entre couches adjacentes sont responsables de la résistance
intrinsèque au débit, ce qui détermine la viscosité du fluide.
Newton avait décrit cette propriété comme étant un défaut de
glissement des couches les unes par rapport aux autres.
La force de cisaillement (shearing force) F nécessaire pour vaincre
la force de friction est proportionnelle à la vélocité relative (dV) et
à la surface de contact (A) entre les couches adjacentes ; elle est
inversement proportionnelle à la distance (dr) entre ces couches :
F = A dV/dr
ou F/A
= dV/dr
La force par unité de surface (F/A est exprimée par le terme de
shear stress [dyne·cm–2] et le rapport dV/dr par celui de shear rate
[cm·s–1/cm ou bien s–1]).
Le coefficient de proportionnalité entre shear stress et shear rate représente le coefficient de viscosité. Depuis
Poiseuille, l’unité de viscosité est la poise (P).
La viscosité de l’eau
à 20 °C est de 0,01 P ou 1 cP.
Pour des raisons de facilité, la
viscosité des différents fluides est comparée à celle de l’eau et
exprimée en termes de viscosité relative.
Pour le sang à hématocrite
normal, la viscosité relative est de 3 à 4.
Selon l’équation ci-dessus,
la viscosité est indépendante de la vélocité absolue du fluide.
Les
liquides qui modifient leur débit en conservant une viscosité
constante et indépendante du shear rate sont dits « newtoniens ».
Pour certains liquides, le débit provoque des interactions entre
constituants, dépendant du shear rate, ce qui modifie les forces de
friction entre les couches.
Ceci peut être le cas de particules en
suspension dans un fluide.
Ces fluides pour lesquels le rapport shear stress/shear rate est modifié sont dits « non newtoniens » ; le
coefficient de viscosité n’est pas uniforme.
Le sang en est un
exemple.
Le comportement non newtonien du sang peut
s’expliquer par la formation d’agrégats de globules rouges à shear
rate bas et par une déformabilité des globules à shear rate élevé.
La relation
entre la viscosité et la vélocité sanguine montre que
la viscosité augmente lorsque la vélocité diminue.
Les agrégats sont expliqués par des ponts de protéines entre hématies adjacentes.
Cela dépend du type de protéines : fibrinogène, alpha2-macroglobuline,
immunoglobuline M (IgM).
La viscosité du
sang et du plasma dépend de la température ; elle augmente de 2 à 3%
lorsque la température diminue de 1 °C.
L’hématie est
constituée d’une membrane flexible de lipoprotéine encerclant un
fluide riche en hémoglobine, visqueux.
La déformabilité
du globule rouge implique la tension de la membrane et un
déplacement de fluide interne.
Elle suppose
donc des propriétés viscoélastiques de la membrane et une viscosité
intracellulaire.
Une augmentation
de la viscosité sanguine peut être engendrée par :
– une
augmentation de l’hématocrite ;
– une augmentation ou des variations des composants
macromoléculaires du plasma ;
– une modification de la déformabilité des globules rouges.
Lorsque le diamètre vasculaire est faible, on observe l’effet Fahraeus-Lindquist.
Dans ce cas
anatomique, une colonne de globules rouges se forme au centre du
vaisseau ; le plasma se trouve au bord, afin de faciliter le
glissement des hématies par rapport aux parois.
C’est ainsi que
les capillaires musculaires ont un hématocrite abaissé à 20 %.
* Techniques de
mesure :
+ Viscosimètre à
tube capillaire
Il détermine le
débit au travers d’un tube fin et n’est applicable que dans le cas
de fluides newtoniens.
+ Viscosimètre à
rotation
C’est l’instrument de choix pour déterminer la rhéologie d’un
élément non newtonien tel que le sang.
Il a l’avantage de cisailler
la plus grande proportion de fluide étudié à une force de
cisaillement presque uniforme.
Le prototype en est le viscosimètre
de Couette, constitué de deux cylindres concentriques ; l’un
entraîne l’autre par le biais du fluide étudié.
+ Tests de déformabilité globulaire
Ils consistent à faire passer les hématies au travers de pores plus
fins.
La relation avec la condition in vivo est à résoudre.
2- Hyperviscosité plasmatique et sanguine
:
Elle est liée à l’augmentation de la densité plasmatique par
concentration élevée en macroglobulines (augmentation du
fibrinogène en particulier).
Les causes peuvent en être
l’inflammation et la contraction du volume plasmatique.
Au niveau
artériel, la plaque d’athérome est le siège d’inflammation, de
génération d’interleukine 6 (IL6), d’activation de macrophages et
de monocytes circulants.
Le fibrinogène est davantage synthétisé.
Les facteurs de risque cardiovasculaires favorisent cette
inflammation, ainsi que la perméabilité des parois vasculaires (d’où
fuite des liquides vers les tissus).
L’hyperviscosité plasmatique augmente les résistances
périphériques et provoque des agrégats érythrocytaires.
Ceci peut
être à l’origine d’occlusions veinulaires plus ou moins étendues
dans les muscles et la peau.
Le viscosimètre capillaire peut s’adresser à l’étude du
comportement plasmatique.
L’agrégation des hématies peut être
étudiée par l’agrégamètre Myrenne ou Affibio.
En pratique
médicale courante, le statut rhéologique peut être approché par la
connaissance de l’hématocrite, du taux de fibrinogène, du taux des
protides, du rapport albumine/fibrinogène.
Le syndrome d’hyperviscosité sanguine peut être observé dans
diverses pathologies.
Cela est actuellement admis pour
l’athérosclérose lorsque les signes ischémiques sont plus sévères
que ne le laisseraient supposer les lésions artérielles.
Il est
aussi décrit dans les cas d’ischémie digitale, de polyglobulies, de
maladies de système, de diabète, de tabagisme.
K -
ENDOTHÉLIUM VASCULAIRE
:
L’endothélium, constitué d’une monocouche de cellules, a
longtemps été considéré comme une surface inerte ayant un rôle
limité à la perméabilité.
En fait, l’endothélium est l’interface entre
le sang et les tissus.
Il est impliqué dans de nombreuses fonctions :
perméabilité vasculaire, tonus vasculaire, coagulation, angiogenèse.
L’endothélium normal assure un rôle protecteur contre la
vasoconstriction, la thrombose et la prolifération des cellules
musculaires lisses de la paroi artérielle.
Le rôle de l’endothélium dans la vasomotricité est médié par
plusieurs substances ; certaines sont synthétisées par l’endothélium
lui-même, d’autres sont le résultat de la transformation de
molécules circulantes.
Parmi ces substances, il existe : la prostacycline, le monoxyde d’azote (NO), l’endothéline,
l’angiotensine I, la bradykinine.
1- Substances vasoactives
synthétisées par l’endothélium :
*
Substances vasorelaxantes :
+ Prostacycline PGI2
Elle est synthétisée à partir de l’oxyde arachidonique par une
prostacycline synthétase.
La prostacycline provoque une
vasorelaxation par une augmentation d’acide adénosine
monophosphorique cyclique (AMPc) intracellulaire.
+ Monoxyde d’azote
Anciennement dénommé EDRF (endothelium derived relaxing
factor), puissant vasodilatateur synthétisé à partir de L arginine par
l’intermédiaire de la NO synthétase constitutive (type III), le
NO active la guanylate cyclase du muscle lisse, ce qui augmente la
concentration de l’acide guanosique monophosphorique cyclique
(GMPc) et entraîne une relaxation en diminuant la quantité de
calcium cytosolique libre.
+ EDHF (endothélium dérivé d’« hyperpolarising factor »)
Molécule non encore déterminée mais provoquant une
hyperpolarisation du muscle lisse vasculaire en agissant sur les
canaux potassiques calcium-dépendants.
* Substances vasoconstrictives
:
+ Endothéline :
Peptide endogène vasoconstricteur synthétisé, à partir d’une
« big » endothéline, par une endotheline converting enzyme (ECE).
L’endothéline peut activer un récepteur ETA (couplé à une protéine
G) au niveau des cellules musculaires lisses qui provoque alors
une vasoconstriction, ceci survenant lorsque la concentration
d’endothéline est élevée.
Lorsque la concentration d’endothéline
est plus faible, elle se lie au récepteur ETB qui stimule la
production de NO et de prostaglandine.
+ Anions superoxydes
Ils inactivent le NO.
+ Autres agents vasoconstricteurs
Ce sont ces anions superoxydes, les endoperoxydes, les
prostanoïdes vasoconstricteurs (thromboxane A2).
L’endothélium est soumis à différents stimuli humoraux ou des
contraintes mécaniques.
De nombreux médiateurs provoquent la
libération de NO par activation de récepteurs spécifiques.
Ces
substances sont l’acétylcholine (récepteurs muscariniques),
l’histamine, la bradykinine, la sérotonine, l’adénosine, les
diphosphates (ADP), la thrombine.
La production de NO est également sous la dépendance de
contraintes mécaniques générées par un écoulement du sang
appelé « forces de cisaillement ».
Ces dernières provoquent un
étirement des cellules endothéliales qui entraîne l’activation des
canaux potassiques induisant une entrée de calcium dans la cellule
endothéliale et donc la synthèse de NO.
Le vaisseau est alors
dilaté et les forces de cisaillement diminuent.
L - RÉGULATION DE LA PHYSIOLOGIE ARTÉRIELLE
:
La circulation artérielle est régulée par deux systèmes : un système
central et un système local.
L’importance relative de ces deux systèmes est fonction du type
d’organe.
La régulation s’effectue essentiellement par la
modification des résistances vasculaires périphériques.
Ces
dernières sont sous la dépendance des artérioles et de leur
vasomotricité.
La paroi des artérioles contient des muscles lisses
qui peuvent se relaxer (créant une vasodilatation) ou se contracter
(créant une vasoconstriction).
1- Régulation locale
:
* Régulation endothélium dépendant
Furchgott et Zavadzki ont démontré le rôle physiologique de
l’endothélium en mettant en évidence que la relaxation d’anneaux
isolés d’aorte de lapin par l’acétylcholine nécessite la présence de
cellules endothéliales.
En l’absence de cellules endothéliales,
l’acétylcholine provoque une vasoconstriction par action directe sur
le muscle lisse.
Plus récemment, la notion de débit-dépendance a
été décrite.
* Régulation métabolique : hyperhémie active
Le débit sanguin d’un organe augmente quand l’activité
métabolique de cet organe augmente.
L’augmentation d’activité
provoque des modifications des métabolites locaux qui engendrent
une relaxation musculaire lisse et donc une vasodilatation.
Ce
phénomène est nommé hyperhémie active.
De nombreuses
substances sont responsables de cette vasodilatation : une
diminution de l’O2, une augmentation du CO2, de l’acide lactique,
des ions H+, du potassium, des métabolites de l’adénosine, de
l’osmolarité, de la bradykinine.
Autorégulation et réponse myogénique
La régulation du débit sanguin est sous la dépendance de l’activité
métabolique (hyperhémie active), mais aussi sous la dépendance
de la pression de perfusion des tissus.
Une modification des
pressions de perfusion à activité métabolique constante provoque
une modification des résistances vasculaires qui permet de
conserver un débit constant.
Cette autorégulation est sous la dépendance de facteurs chimiques
et d’une réponse myogène.
Les facteurs chimiques sont les mêmes
que dans l’hyperhémie active, bien qu’il n’existe pas de
modification métabolique.
La réponse myogène est due à la
modification de l’étirement du muscle lisse lors des changements
de pression (une augmentation de pression entraîne une
augmentation de l’étirement, elle-même entraînant une
augmentation de la contraction du muscle lisse, ce qui provoque
une vasoconstriction et inversement).
* Hyperhémie réactionnelle
:
Au décours d’une interruption de l’apport sanguin d’un tissu, on
note une augmentation importante du débit avec retour progressif
au débit de perfusion de base.
Ce phénomène compensateur est
appelé hyperhémie réactionnelle.
2- Régulation extrinsèque
:
* Système sympathique
:
La stimulation sympathique entraîne des effets cardiaques
(accélération de la fréquence cardiaque, augmentation de la
contractilité) et des effets vasculaires (vasoconstriction).
La distribution des fibres est variable selon les vaisseaux. Les
petites artères et artérioles sont très richement innervées alors que
les artères élastiques le sont peu.
Ces neurones libèrent de la
noradrénaline qui stimule des récepteurs alpha-adrénergiques de
la cellule musculaire du vaisseau et entraîne une vasoconstriction.
Cette stimulation étant permanente, sa réduction provoque une
vasodilatation par diminution du tonus vasoconstricteur.
* Système parasympathique
:
Effet vasodilatateur médié par l’acétylcholine par l’intermédiaire
d’un récepteur muscarinique.
La distribution de ses fibres n’est pas
ubiquitaire.
Les artères et artérioles cervicales, les coronaires, ainsi
que les organes génitaux et les viscères, les glandes salivaires sont
innervés, alors que la peau et les muscles striés ne le sont pas.
* Régulation hormonale
:
+ Adrénaline
:
Hormone sécrétée essentiellement par la médullosurrénale (80 %) :
effet vasoconstricteur par stimulation des récepteurs alphaadrénergiques
du muscle lisse artériolaire, mais pouvant aussi
entraîner un effet vasodilatateur par stimulation de récepteur bêtaadrénergique
des mêmes muscles lisses artériolaires.
À forte
concentration d’adrénaline, l’effet alphaconstricteur prédomine.
+ Vasopressine
:
Effet vasoconstricteur dans la plupart des territoires vasculaires,
sauf au niveau myocardique et cérébral où elle peut provoquer
une vasodilatation par libération de NO.
+ Angiotensine II
:
Induit une vasoconstriction.
+ Facteur atrial natriurétique
:
Sécrété par l’oreillette, son rôle est discuté dans la régulation à long
terme.
* Réflexe vasculaire
:
+ Barorécepteurs artériels
:
Situés au niveau de la crosse aortique et du sinus carotidien, les
récepteurs sont sensibles à l’étirement provoqué par une
augmentation de tension artérielle.
Leur stimulation inhibe la
décharge tonique des nerfs sympathiques vasoconstricteurs et
stimule le centre cardio-inhibiteur. Ceci produit une vasodilatation
et une bradycardie.
Les effets d’un barorécepteur du sinus carotidien et de l’arc
aortique ne sont pas les mêmes.
À stimulus identique, le
barorécepteur du sinus carotidien a plus d’effet.
+ Barorécepteurs cardiaque et pulmonaire
:
Activés par des variations de pression, ils sont localisés au niveau
des oreillettes, des ventricules et des vaisseaux pulmonaires.
Les récepteurs auriculaires sont de deux types (A et B).
Les
récepteurs A sont sensibles aux variations de pression et les
récepteurs B aux variations d’étirement.
La stimulation de ces
récepteurs induit une bradycardie et une vasodilatation, et conduit
à une chute tensionnelle et à une chute du débit cardiaque.
Les récepteurs ventriculaires sont des récepteurs à l’étirement.
Leur
stimulation a un effet inotrope négatif réflexe par voie vagale :
réflexe de Bezold-Jarish (bradycardie importante, vasodilatation).
·
+ Chémorécepteurs périphériques
:
Situés au niveau de l’arc aortique et du sinus carotidien, ils sont
sensibles à des variations de PO2, PCO2 et pH.
Une hypoxie
stimule ces chémorécepteurs et provoque une vasoconstriction.
+ Hypothalamus :
L’intégrité de l’hypothalamus est nécessaire au bon fonctionnement
des réflexes cardiovasculaires.
L’hypothalamus peut être séparé en deux zones : une zone
antérieure qui, stimulée, provoque une chute tensionnelle et une
bradycardie, et une zone postérieure qui provoque une tachycardie
et une hypertension.
Au niveau de l’hypothalamus, il existe aussi un centre de
régulation de la température.
La stimulation par le froid entraîne
une vasoconstriction cutanée et, inversement, le chaud provoque
une vasodilatation.
+ Cortex cérébral
:
Il exerce un effet dans la régulation du débit sanguin. Une émotion
provoque une vasodilatation cutanée et muqueuse alors que la
peur, par exemple, va engendrer une vasoconstriction.
·
+ Chémorécepteurs centraux
:
Une hypercapnie provoque une stimulation de ces récepteurs qui
engendre une vasoconstriction.
Ces récepteurs sont aussi sensibles
aux variations de pH sanguin, une chute du pH provoquant une
vasoconstriction.
La dualité du contrôle de la circulation périphérique par le système
intrinsèque et extrinsèque permet d’ajuster, en fonction des
nécessités, les débits des perfusions régionales et locales.
Conclusion
:
La circulation artérielle n’occupe que le dixième de la volémie, mais
assure de façon efficace et harmonieuse la transmission motrice de
l’éjection ventriculaire gauche vers la microcirculation.
Pour assurer
ce transport rapide vers les tissus, la pression est élevée et le débit est
pulsatile.
Les propriétés élastiques des parois artérielles normales
permettent d’amortir cette pulsatilité et d’assurer une composante
continue au débit pulsatile.
Les différentes propriétés physiologiques
des parois artérielles, rhéologiques, du sang, parviennent à assurer un
équilibre hémodynamique à ce système vasculaire.
La régulation de ce
fonctionnement obéit à plusieurs facteurs parmi lesquels le rôle fixé
par l’endothélium artériel n’est pas le moindre.
Il est actuellement
possible de mesurer les paramètres physiologiques artériels en ayant
recours à des procédés non vulnérants ; il est possible de les appliquer
à l’homme et, dans les cas pathologiques, aux malades. De ce fait,
l’étude de la physiologie artérielle s’est très largement ouverte aux
cliniciens.
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