L’ensemble du système circulatoire, coeur et vaisseaux, se forme à
partir des angioblastes, dérivés des cellules mésenchymateuses de la
splanchnopleure (mésoderme), dès le 17e jour de vie intra-utérine.
Les premiers précurseurs des cellules endothéliales apparaissent en
même temps que les cellules sanguines primitives (hémangioblastes)
dans des zones localisées appelées îlots sanguins.
Ces îlots fusionnent
pour former les premiers vaisseaux sanguins embryonnaires.
Ce
phénomène, formation de novo des cellules endothéliales à partir du
mésoderme, est nommé vasculogenèse et n’existe que chez
l’embryon.
L’angiogenèse, en revanche, formation de cellules
endothéliales à partir de cellules endothéliales déjà existantes, existe
à la fois chez l’embryon et après la naissance, pouvant être à l’origine
de phénomènes de cicatrisation mais aussi de néovaisseaux
pathologiques (dans les tumeurs solides par exemple).
Ce mécanisme
comprend la migration de cellules endothéliales à partir de vaisseaux
déjà existants, par rupture de la membrane basale, vers le site de
formation de nouveaux vaisseaux, déterminée par les facteurs angiogéniques.
Ces facteurs sont générés localement, dans les myocytes et la matrice extracellulaire, tels les facteurs de croissance
se liant avec une haute affinité à l’héparine : aFGF et bFGF
(fibroblast growth factor acide et basique).
Le aFGF stimule à la fois
la prolifération des cardiomyocytes (croissance ventriculaire) et
l’angiogenèse capillaire qui lui fait suite.
Sont également
importants les TGF (transforming growth factor) et plus
récemment le VEGF (vascular endothelial growth factor), polypeptide
sécrété par les cellules endothéliales, et qui possède trois récepteurs
R1, R2 et R3.
Les récepteurs R1 et R2 sont essentiels : l’absence de
R1 entraîne un défaut d’organisation des cellules endothéliales en
vaisseaux normaux, l’absence de R2 conduit à l’absence de formation
des vaisseaux sanguins, et des cellules hématopoïétiques.
Le récepteur
R3 possède la même structure que R1 et R2, est exprimé comme les
précédents par les cellules endothéliales au stade précoce du
développement, mais se restreint ensuite au domaine lymphatique.
Durant le développement embryonnaire, il se produit un remodelage
considérable des capillaires déjà existants avec formation de
bifurcations et régression de certains vaisseaux.
Les vaisseaux
embryonnaires n’ont initialement pas de lumière et sont constitués
uniquement de cellules endothéliales.
Les gros vaisseaux acquièrent
ensuite une couche musculaire lisse dérivée des cellules de la crête
neurale cardiaque.
Le système vasculaire, veineux et artériel, de l’organisme se constitue
d’abord aux extrémités des membres par les mécanismes déjà décrits.
La croissance vasculaire se poursuit de façon centripète, alors que les
gros vaisseaux apparaissent au niveau de l’ébauche cardiaque.
Les
artères des membres supérieurs rejoignent ainsi la septième artère intersegmentaire cervicale, les artères des membres inférieurs
rejoignent la cinquième artère intersegmentaire lombaire.
Développement des arcs aortiques
:
A - FORMATION DES ARCS AORTIQUES
:
Les arcs branchiaux, qui vont contribuer à la formation du cou et
de la face, apparaissent à la quatrième et à la cinquième semaines
de vie intra-embryonnaire.
Chaque arc branchial est constitué d’un
axe mésenchymateux, d’origine à la fois locale et provenant des
cellules de la crête neurale par migration.
Chaque arc branchial
reçoit son nerf crânien et son artère. Ces artères, qui constituent les
arcs aortiques, proviennent du sac aortique et traversent le
mésenchyme des arcs branchiaux pour se terminer dans les aortes
dorsales.
Ces arcs apparaissent successivement dans un ordre craniocaudal mais ne sont jamais tous présents simultanément.
Il apparaît ainsi six paires d’artères branchiales, correspondant aux
six arcs branchiaux.
Au cours du développement ultérieur, leur
disposition se modifiera et certaines régresseront.
L’article de référence dans ce domaine reste celui de Congdon en
1922, qui a étudié la formation des arcs aortiques à partir
d’embryons humains.
Les éléments principaux à partir desquels vont se développer les
arcs aortiques sont : le sac aortique, qui fait suite au conotruncus ;
les arcs artériels, et les deux aortes dorsales.
Celles-ci, sous forme
de deux structures paires, sont les premiers vaisseaux
embryonnaires, apparaissant dès la quatrième semaine de vie intrautérine
(horizon XI).
À l’horizon XIV les deux aortes dorsales se
rapprochent en raison de la croissance luminale et fusionnent sur
la ligne médiane pour former un vaisseau unique, l’aorte dorsale.
Cette fusion progresse à la fois dans le sens crânial et dans le sens
caudal, à partir du point d’origine.
Au stade du tube cardiaque, l’extrémité distale (céphalique) de
l’ébauche cardiaque se bifurque en deux vaisseaux symétriques,
les premiers arcs artériels droit et gauche, appelés aussi aortes
ventrales, qui sont situées en avant et de chaque côté de l’intestin
primitif et se continuent par les aortes dorsales.
Les premiers arcs
artériels sont enfouis dans les arcs branchiaux, et se forment,
comme toutes les structures vasculaires de l’organisme, à partir
d’îlots sanguins arrangés en un réseau plexiforme, qui s’agrègent
pour former de petits vaisseaux sanguins dont la coalescence
forme des vaisseaux plus gros tels les arcs artériels.
Le sac
aortique, situé donc entre le truncus et les premiers arcs artériels,
ne contient pas de gelée cardiaque ni de crêtes endocardiques, à
la différence du conotruncus.
C’est une structure évolutive qui
apparaît initialement comme un léger renflement à la jonction des
premiers arcs et du truncus.
Il atteint son plus grand
développement lorsqu’il donne naissance aux troisième,
quatrième puis sixième arcs aortiques, juste avant de se diviser
en aorte et artère pulmonaire.
La séparation du sac aortique en
deux parties (aortique et pulmonaire) se fait avant la fin du
« stade branchial », et commence immédiatement après
l’apparition du sixième arc.
Vers le 27e jour, peu de temps après la formation du troisième arc
aortique, le premier arc aortique a involué, ne persistant que sous
la forme d’une petite artère, l’artère maxillaire interne.
Le
deuxième arc disparaît peu après, alors que le troisième arc est
bien développé et que le quatrième et le sixième arcs sont en
formation.
Seules en persistent deux petites artères, les artères de
l’os hyoïde et de l’étrier, perdues dans les plexus de la région souspharyngée.
Entre les 29e et 31e jours, les deux premiers arcs ont
disparu, alors que les quatrième et sixième arcs sont bien
développés.
Le troisième arc aortique participe à la formation des
carotides primitives et de la portion proximale des carotides
internes.
La portion distale des carotides internes dérive de la
partie crâniale des aortes dorsales.
Le quatrième arc a des destinées
différentes à droite et à gauche.
À droite, la portion distale de
l’aorte dorsale disparaît, mais le quatrième arc persiste en
continuité avec la septième artère intersegmentaire, donnant
naissance à la partie proximale de l’artère sous-clavière droite.
À
gauche, le quatrième arc donne naissance à la partie de la crosse
aortique définitive entre l’origine de la carotide primitive gauche
et le canal artériel, restant en continuité avec l’aorte dorsale gauche,
qui devient l’aorte descendante.
Le cinquième arc est inconstant
(un peu plus de 50 % des embryons selon Congdon), et quand il
existe, régresse de toute façon très rapidement.
Le sixième arc
aortique, encore appelé « arc pulmonaire », apparaît vers le milieu
de la quatrième semaine.
La portion antérieure, ou proximale, de
ces arcs fusionne sur la ligne médiane pour donner naissance, avec
le sac aortique, au tronc de l’artère pulmonaire.
À droite, son
segment proximal ou antérieur deviendra la partie proximale de
l’artère pulmonaire droite, alors que le segment postérieur ou distal
disparaît.
À gauche, la portion antérieure involue,
alors que la portion postérieure devient le canal artériel.
D’autres
modifications vont survenir ensuite, résultant à la fois des
changements de direction des flux sanguins dans les arcs aortiques,
aboutissant à des interruptions ou à des changements de position de
certains segments artériels, et de la descente du coeur dans le
thorax.
Ces
modifications aboutiront à la disposition définitive des gros
vaisseaux et des vaisseaux du cou. Quatre segments artériels sont le
siège d’interruptions.
La
partie distale du sixième arc droit disparaît la première (« arc
pulmonaire droit »), laissant la place aux vaisseaux pulmonaires.
De chaque côté de la ligne médiane, l’aorte dorsale s’oblitère entre
le troisième et le quatrième arcs.
Le flux sanguin dans le troisième
arc est donc dirigé exclusivement vers la région céphalique, alors
que celui dans le quatrième arc se distribue au reste du corps.
L’aorte dorsale droite s’oblitère et disparaît à sa partie caudale
après l’origine de la septième artère intersegmentaire droite, qui
deviendra l’artère sous-clavière droite.
Enfin, les six premières
artères intersegmentaires sont interrompues, et les vaisseaux
collatéraux qui les reliaient entre elles selon un trajet parallèle à ce
lui de l’aorte deviennent les artères vertébrales.
Le flux dans
les artères vertébrales est maintenu à partir de la septième artère intersegmentaire, qui forme la partie distale de l’artère sousclavière
à droite, et sa totalité à gauche.
Les troisièmes arcs se repositionnent de façon à naître au niveau
de la jonction entre les quatrièmes arcs et le sac aortique.
B - DESCENTE DU COEUR DANS LE THORAX
:
À un stade très précoce de l’embryogenèse, le truncus se trouve à
une distance d’environ deux segments (équivalents de deux
vertèbres) en amont du premier somite.
Dans le coeur définitif, les
dérivés du truncus se trouvent au niveau de la cinquième vertèbre
thoracique, ce qui correspond à une distance de 13 vertèbres. Cette
migration se produit en deux phases : une phase lente (embryon
2-14 mm) et une phase rapide (embryon 14-17 mm).
Durant cette
dernière phase, le quatrième arc migre du niveau de la première
vertèbre cervicale au niveau des quatrième ou cinquième vertèbres
thoraciques.
Cette descente du coeur dans le thorax
s’accompagne de changements dans la forme des artères,
aboutissant à la disposition définitive des vaisseaux cervicaux.
L’aorte dorsale gauche est raccourcie de la longueur de quatre
corps vertébraux entre le sixième arc et l’artère sous-clavière,
amenant le canal artériel (résidu du sixième arc gauche) au même
niveau que cette dernière.
L’aorte dorsale droite se retrouve étirée
et dégénère.
Enfin, la portion initiale des troisième et quatrième
arcs droits s’allonge pour devenir le tronc artériel
brachiocéphalique et migre vers la carotide primitive gauche, se
situant donc au sommet de la crosse aortique.
La portion ventrale
du quatrième arc, interposée entre le tronc artériel
brachiocéphalique et la jonction avec le sixième arc est largement
résorbée.
L’aorte définitive est donc formée à partir de quatre segments
embryonnaires :
– le premier, entre la valve aortique et la carotide primitive gauche,
dérivé du sac aortique ;
– le second, entre la carotide primitive gauche et l’origine du canal
artériel, dérivée du quatrième arc aortique gauche ;
– le troisième, entre l’origine du canal artériel et l’artère sousclavière
gauche, dérivée des segments somitiques 3 à 7 de l’aorte
dorsale gauche ;
– la quatrième, au-dessous de l’artère sous-clavière gauche,
provenant de la fusion des deux aortes dorsales.
L’artère sous-clavière droite dérive de la septième artère intersegmentaire droite, d’une portion de l’aorte dorsale droite, et
du quatrième arc droit.
L’artère sous-clavière gauche provient de
la septième artère intersegmentaire gauche.
Les carotides
primitives gauche et droite dérivent du troisième arc, et le tronc
artériel brachiocéphalique de l’origine des troisième et quatrième
arcs aortiques droits.
Développement du système veineux
:
L’embryon de 4 mm (horizon XII)
possède trois paires de veines principales : deux systèmes veineux à l’origine extraembryonnaires,
les veines vitellines ou omphalomésentériques, qui
drainent le sang du yolk sac (vésicule vitelline ou sac vitellin) vers
le sinus venosus, et les veines ombilicales, qui prennent naissance dans les
villosités choriales et ramènent à l’embryon le sang oxygéné à
travers le placenta, et le système de drainage veineux principal,
les veines cardinales, qui drainent le corps de l’embryon proprement
dit.
A - VEINES VITELLINES
:
Ce sont les premières veines à apparaître.
Elles prennent naissance
dans le mésoderme de la splanchnopleure, dans la paroi de la
vésicule vitelline. Elle forment un plexus veineux autour de l’anse
intestinale primitive ou futur duodénum, puis entrent dans le
septum transversum avant de former, avec les veines ombilicales, le sinus
veineux primitif.
Les veines vitellines, structures
paires à l’origine, se développent en dedans des veines ombilicales.
Au niveau du septum transversum, leur trajet est interrompu par
la prolifération des cordons hépatiques, conduisant à la formation
d’un important réseau veineux, les sinusoïdes intra-hépatiques.
La portion proximale de ces veines est aussi appelée canaux hépatocardiaques.
Avec
l’involution de la corne gauche du sinus veineux, la veine vitelline
gauche disparaît, et la circulation de la moitié gauche du foie est
reprise par la veine vitelline droite, qui s’élargit progressivement
pour devenir la portion sus-hépatique de la veine cave inférieure.
Le plexus entourant le
duodénum fusionne pour donner naissance à la veine porte.
La
portion distale de la veine vitelline droite devient la veine
mésentérique supérieure.
La portion distale de la veine vitelline
gauche involue.
B - VEINES OMBILICALES
:
Les veines ombilicales, initialement paires dans les villosités
choriales, fusionnent pour ne former qu’une seule veine dans le
cordon ombilical, puis se dédoublent à nouveau à l’entrée dans
l’embryon. Au début, les veines ombilicales passent de chaque côté du foie, mais rapidement des connexions se forment avec les
sinusoïdes intra-hépatiques.
Dès l’horizon XIII (5 mm)
tout le sang veineux ombilical passe à travers le foie, et les portions
proximales des veines ombilicales, situées entre le sinus veineux et
le foie, ont disparu.
Le reste de la veine ombilicale droite disparaît
également, et la majorité du sang du placenta arrive aux sinusoïdes
hépatiques par la veine ombilicale gauche.
Lorsque la corne droite
du sinus veineux devient dominante, une communication directe,
créée par un élargissement des sinusoïdes hépatiques, se crée entre
la veine ombilicale gauche et le canal hépatocardiaque droit (future
portion sus-hépatique de la veine cave inférieure) : le ductus
venosus, ou canal veineux d’Arantius, qui permet au sang veineux
placentaire de court-circuiter le foie.
Ce canal
s’oblitérera à la naissance pour former le ligament veineux
hépatique, et la veine ombilicale gauche s’oblitérera également
pour former le ligament rond.
C - VEINES CARDINALES
:
Principal système de drainage veineux de l’embryon, les veines
cardinales sont constituées par les veines cardinales antérieures ou
précardinales, drainant la partie céphalique de l’embryon, et les
veines cardinales postérieures drainant la partie caudale de
l’embryon et apparaissant un peu plus tard.
De chaque côté, les
veines antérieure et postérieure se rejoignent pour former la veine
cardinale commune ou canal de Cuvier, avant de pénétrer dans le
sinus veineux juste en dehors des veines ombilicales.
1- Développement des veines cardinales antérieures
:
La partie distale des veines cardinales antérieures (droite et
gauche) se développe en même temps que le cerveau, donnant
naissance aux sinus veineux intracrâniens (sagittal, sigmoïde et
caverneux) et aux veines jugulaires internes.
Les veines jugulaires
externes se développent beaucoup plus tardivement, à partir du
plexus veineux facial.
Les veines des membres supérieurs se
drainent initialement par l’intermédiaire d’une veine intersegmentaire dans la veine cardinale postérieure.
Avec la
descente du coeur dans le thorax, les membres supérieurs sont plus
haut situés et la veine intersegmentaire se draine dans la veine cardinale
antérieure ; elle persistera sous le nom de veine sous-clavière.
Relativement
tard dans la formation de l’embryon, lorsque celui-ci mesure 20 à 22
mm de long (7 semaines de vie intra-utérine), une anastomose se
développe entre les veines cardinales antérieures, qui donnera
naissance au tronc veineux innominé ou tronc veineux
brachiocéphalique.
La plupart du sang provenant du côté
gauche de la tête et du cou est ainsi déviée vers la droite,
conduisant à l’involution de la partie distale de la veine cardinale
commune gauche (sa persistance : veine cave supérieure gauche).
La partie proximale de la veine cardinale commune gauche et la
partie proximale de la corne gauche du sinus veineux deviennent
le sinus coronaire.
Entre les deux ne subsiste qu’un cordon fibreux,
le ligament de Marshall.
La partie terminale de la veine cardinale
postérieure gauche, et une petite partie de la veine cardinale
antérieure gauche qui se jette dans le tronc veineux innominé,
subsistent sous la forme d’un petit vaisseau, la veine intercostale
supérieure gauche.
La veine intercostale supérieure droite se draine
dans la veine azygos.
La veine cave supérieure définitive est
formée par la partie proximale de la veine cardinale antérieure
droite et la veine cardinale commune droite.
La division entre ces
deux segments originels est marquée par l’abouchement de la
veine azygos, dont la partie proximale dérive de la partie
proximale de la veine cardinale postérieure droite.
2- Développement des veines cardinales postérieures
:
Il est beaucoup plus complexe.
Initialement, l’extrémité caudale de l’embryon est drainée par deux
veines cardinales postérieures longitudinales et symétriques, en
dehors et en arrière du mésonéphros ou corps de Wolff (deuxième
ébauche rénale).
Entre la cinquième et la septième semaine du
développement, apparaissent trois groupes de veines
supplémentaires : les veines sous-cardinales, les veines
sacrocardinales, et les veines supracardinales.
Les veines sous-cardinales apparaissent en dedans du
mésonéphros, en position paramédiane.
Des anastomoses se
forment alors de chaque côté entre la veine cardinale postérieure
et la veine sous-cardinale correspondante.
Avec la croissance du mésonéphros, les veines sous-cardinales
droite et gauche se rapprochent et une anastomose se forme entre
elles, en avant de l’aorte.
Cette dernière donne naissance à la veine rénale
gauche.
La veine sous-cardinale gauche involue, à l’exception de
sa partie distale qui devient la veine gonadique gauche.
Le sang
veineux du côté gauche est donc dérivé vers la veine souscardinale
droite qui devient le segment pararénal de la veine cave
inférieure, situé entre l’abouchement de la veine rénale gauche et
le foie.
Dans le même temps, une nouvelle anastomose veineuse,
née de la confluence des sinusoïdes intra-hépatiques, permet la
continuité du segment pararénal de la veine cave inférieure avec
son segment sus-hépatique, dérivé de la veine vitelline droite, en
formant le segment intra-hépatique de la veine cave inférieure.
Si
l’anastomose entre les deux veines sous-cardinales ne se développe
pas normalement, le retour veineux de la partie inférieure du corps
ne se dirigera pas vers la portion intra-hépatique de la veine cave
inférieure mais d’autres chenaux veineux se développeront,
aboutissant à une « continuité azygos de la veine cave inférieure ».
Les veines sacrocardinales vont drainer le sang veineux des
membres inférieurs.
L’anastomose entre la veine sous-cardinale
droite et ces veines va former le segment distal de la veine cave
inférieure.
L’anastomose entre les veines sacrocardinales
elles-mêmes donnera naissance à l’artère iliaque primitive gauche.
La veine sacrocardinale gauche, en aval de cette anastomose, et
l’anastomose entre la veine sacrocardinale gauche et la veine souscardinale
gauche disparaissent.
Après l’involution des veines cardinales postérieures (chez
l’embryon de 6 semaines), les veines supracardinales se développent
et reprennent leur fonction, en drainant le sang veineux des parois
thoracique et lombaire du corps par l’intermédiaire des veines
intercostales.
Dans la région thoracique, les veines intersegmentaires
qui se drainaient dans les veines cardinales postérieures se drainent
dans les veines supracardinales, et des anastomoses se développent
entre les veines supracardinales droite et gauche, passant en arrière
de l’aorte et en avant de la colonne vertébrale.
Dans la région
lombaire, les veines supracardinales s’anastomosent avec les veines
sous-cardinales, en amont de l’anastomose inter-sous-cardinale, et
avec les veines sous-cardinales.
Du côté gauche, la veine supra-cardinale est interrompue entre les
troisième et quatrième artères intersegmentaires.
Les
seconde et troisième veines intersegmentaires se drainent donc dans
la veine intercostale supérieure gauche, cette dernière provenant à la
fois de la veine supra-cardinale gauche, de la partie proximale de la
veine cardinale postérieure gauche, et de la partie de la veine
cardinale antérieure gauche située entre l’abouchement de la veine
cardinale postérieure et du tronc veineux innominé.
Les quatrième à
septième ou huitième veines intercostales se drainent dans la veine supra-cardinale gauche, qui se draine par une anastomose
transversale dans la veine azygos.
Les huitième à onzième veines
intercostales se drainent dans la veine supracardinale gauche pour
former la veine hémiazygos, qui se draine aussi dans la veine azygos.
À droite, les deuxième et troisième veines intercostales se drainent
dans la veine azygos par l’intermédiaire d’une veine similaire, intercostale supérieure droite.
Les quatrième à onzième veines
intercostales droites se drainent dans la veine supracardinale droite
qui, avec la partie proximale de la veine cardinale postérieure,
forme la veine azygos.
Développement
du système lymphatique :
Le système lymphatique se développe en relation étroite avec le
système veineux, mais plus tardivement, à la cinquième semaine
de développement.
L’origine des vaisseaux lymphatiques est
encore controversée : naissance à partir du mésenchyme périveineux, ou à partir d’évaginations sacculaires de
l’endothélium veineux.
Ils forment initialement six sacs
lymphatiques, deux jugulaires à la jonction des veines sousclavière
et cardinale antérieure, deux iliaques à la jonction des
veines iliaque et cardinale postérieure, et deux à la racine du
mésentère (sac rétropéritonéal ou mésentérique, et citerne
lymphatique).
Les vaisseaux lymphatiques se développent et
drainent la lymphe des membres, de la paroi thoracoabdominale, de la tête et du cou, à travers les canaux lymphatiques thoraciques
droit et gauche, jusque dans les lacs et la grande citerne.
Le canal
thoracique définitif se développe ensuite.
Développement
des la circulation pulmonaire :
De la même façon que les autres vaisseaux de l’organisme, le
plexus capillaire pulmonaire apparaît chez l’embryon de 6 mm
sous forme d’angioblastes et d’îlots sanguins confluents en avant
de l’aorte, autour du pharynx et de la trachée, en deux chaînes
angioblastiques.
Ces vaisseaux primitifs se canalisent ensuite
(embryon de 7 mm) pour former le composant post-branchial des
artères pulmonaires, qui se connectera ensuite au sixième arc
aortique, formant les artères pulmonaires définitives.
Les vaisseaux
bronchiques se développent plus tardivement (20 à 32 semaines).
Les veines pulmonaires se développent en même temps que les
artères, au contact de la paroi de l’oreillette gauche à laquelle elles
seront plus tard incorporées.