Sémiologie du crâne et de l'encéphale du nouveau-né et de l'enfant en scanner et IRM Aspects normaux et pièges Cours de Radiologie
Introduction
:
L’exploration neuroradiologique est devenue un complément nécessaire
de l’examen clinique.
Tomodensitométrie et résonance magnétique représentent, avec l’échographie transfontanellaire, les piliers de cette
exploration.
Outre une parfaite connaissance des structures
anatomiques, l’examen radiopédiatrique présente certaines
particularités qu’il importe de connaître.
Ce chapitre analyse les
spécificités de l’anatomie et de l’imagerie normale de l’enfant.
Technique
:
A - Sédation
:
La réalisation d’un examen neuroradiologique nécessite une immobilité
parfaite pendant l’acquisition des données.
Chez le grand enfant, la coopération est en général facilement obtenue,
mais nécessite de la part de l’ensemble du personnel une prise en charge
initiale adaptée : explication des nuisances (notamment sonores en
IRM), injection de produit de contraste.
Chez le petit enfant, une sédation est nécessaire.
L’âge limite est en règle
de 5 ans.
Avant l’âge de 6 mois, il suffit en général que le nourrisson prenne son
biberon avant l’examen pour obtenir un endormissement spontané,
parfois associé à de l’alimémazine (Théralène) à la dose de 1 goutte/kg.
Entre 6 mois et 5 ans, une sédation efficace est nécessaire.
Selon les
équipes, les modalités de celle-ci diffèrent, allant de l’assistance globale
par une équipe d’anesthésie à l’utilisation de différents protocoles de
prémédication.
Rappelons ici les deux plus utilisés en radiopédiatrie :
– association d’alimémazine per os (Théralène) à la dose de
1 goutte/kg et de pentobarbital (Nembutal) en suppositoire
(préparation hospitalière uniquement) à la dose de 5 mg/kg, l’ensemble
étant administré 1 heure avant l’examen ;
– association d’hydroxysine (Atarax) per os et hydrate de chloral en
intrarectal.
L’hydroxyzine est utilisée à la dose de 2 mg/kg jusqu’à
15 kg, 1,5 mg/kg entre 15 et 25 kg et 1 mg/kg au-delà sans dépasser
50 mg.
L’hydrate de chloral est administré par voie intrarectale dilué
dans 20 mL d’eau tiède 10 minutes avant l’examen à la dose de
100 mg/kg sans dépasser 2 g.
Ces prémédications imposent un examen médical avant toute
prescription afin d’en écarter les contre-indications (obstruction des
voies aériennes notamment).
L’administration se fait chez un enfant à
jeun, une voie veineuse périphérique sera mise en place lorsqu’une
injection de produit de contraste est envisagée.
Une surveillance étroite
(saturation O2) est observée pendant l’examen, puis en hôpital de jour
jusqu’au réveil de l’enfant.
Une anesthésie générale est parfois indiquée : grand enfant agité,
épilepsie sévère, retard mental.
En TDM, la technique hélicoïdale réduit considérablement les temps
d’acquisition, permettant d’éviter ou d’alléger la sédation.
B - Contention
:
Elle a un double objectif : éviter les mouvements générateurs d’artefacts
et s’affranchir d’une éventuelle chute.
Quel que soit l’âge, la contention
de la tête est assurée par des bandes élastiques et des coussins en mousse.
Une contention corporelle peut être mise en place à base de bandes
élastiques ou bien grâce à un système pédiatrique (type berceau en
Plexiglas).
C - Exploration tomodensitométrique
:
L’avènement de la rotation continue du complexe tube-détecteur a
permis d’élaborer des acquisitions continues conjuguées au
déplacement progressif de la table (acquisition hélicoïdale).
Quelle que
soit la technique utilisée, spiralée ou séquentielle, on réalise des coupes
axiales parallèles au plan orbitoméatal.
Lorsque l’enfant est
suffisamment coopérant, des coupes peuvent être réalisées dans le plan
coronal.
L’épaisseur de coupe est en général de 4 à 5 mmàl’étage sous-tentoriel
etde 8 à 10 mmàl’étage sus-tentoriel.
Les coupes plus fines (1 ou 2 mm)
sont utilisées pour l’exploration des structures osseuses (charnière cervico-occipitale, rochers).
Les scanners de dernière génération permettent d’obtenir des
reconstructions multiplanaires à partir d’un plan d’acquisition.
Elles
nécessitent toutefois une matrice de haute résolution et des coupes
suffisamment fines pour obtenir une imagerie interprétable.
Le fenêtrage devra être adapté chez le nouveau-né.
Le cerveau présente
en effet à cet âge une plus haute teneur hydrique (90 % d’eau contre
75 % chez l’adulte), obligeant à adopter un centrage de fenêtre plus bas
et une largeur moindre.
Respectivement, on adopte comme valeur : 45-120 au niveau de la fosse postérieure et 35-70 à l’étage sus-tentoriel.
La TDM est une exploration rapide et facilement disponible, ce qui en
fait un outil de choix dans l’urgence.
La qualité de l’exploration
anatomique est toutefois inférieure à l’IRM dans l’étude de l’encéphale.
Les indications de TDM sont réservées à :
– l’étude des structures osseuses : voûte, rochers, sinus et massif facial,
traumatismes ;
– la recherche de calcifications : d’origine infectieuse, sclérose
tubéreuse de Bourneville, syndrome de SturgeWeber… ;
– la détection en urgence d’hémorragie, de collection.
D - Exploration par résonance magnétique
:
L’IRM apparaît comme l’examen de référence dans l’étude du
parenchyme cérébral.
Elle permet une étude multiplanaire des structures
encéphaliques.
L’antenne utilisée est le plus souvent une antenne dédiée au crâne, mais
on peut avoir recours à des antennes de surface flexibles lorsque le crâne
est de petite taille (prématurés).
De routine, une acquisition sagittale en pondération T1 est réalisée,
suivie d’au moins une séquence en pondération T2 axiale et/ou coronale.
Des séquences coronales ou axiales en pondération T1 peuvent
compléter le bilan anatomique de l’encéphale.
Le choix du type de séquence se fait entre spin écho, écho de gradient,
imagerie rapide en spin écho, écho de gradient spoiled, inversion
récupération…
Il est important de disposer à la fois de coupes en
pondération T1 et T2, dans au moins deux plans de l’espace, en sachant
qu’avant l’âge de 6 mois la maturation cérébrale est au mieux appréciée
sur les coupes en pondération T1 (se reporter au chapitre sur la
maturation cérébrale).
E - Produits de contraste
:
L’opportunité d’une injection de produit de contraste est fonction de
l’indication de l’examen.
En TDM, on utilise un produit de contraste iodé.
Les nouveaux produits
de basse osmolarité, non ioniques, apparaissent moins générateurs
d’effets indésirables et sont le plus souvent utilisés chez l’enfant.
Ils
permettent de rehausser les densités (environ de 10 UH) et d’augmenter
les contrastes entre substance blanche et substance grise.
L’injection
d’iode permet en outre d’obtenir une bonne visualisation des principaux
axes vasculaires.
On peut ainsi mettre en évidence une anomalie de la
vascularisation ou une rupture de barrière hématoencéphalique.
La tige
pituitaire, l’hypophyse, l’épiphyse et les plexus choroïdes prennent le
contraste de façon physiologique.
L’injection apparaît inutile dans le cadre de l’urgence traumatique ou de
la recherche de calcifications.
En IRM, les complexes de gadolinium sont injectés à la dose de
0,2 mL/kg.
Ils permettent de raccourcir le T1 des structures intéressées,
se traduisant par un hypersignal en pondération T1 sans modifier le T2.
L’injection met en évidence des prises de contraste physiologiques aux
mêmes sites qu’en TDM, ainsi qu’au niveau des muqueuses (sinus,
fosses nasales).
Les indications des complexes de gadolinium recoupent celles de la TDM : pathologie tumorale, vasculaire ou infectieuse.
Sémiologie radiologique Aspects normaux et pièges
:
A - Structures osseuses
:
L’absence de protons mobiles au niveau de l’os cortical restreint
l’exploration des structures osseuses par résonance magnétique.
La TDM reste donc l’examen de choix dans ce cadre.
1- Voûte
:
La voûte crânienne est constituée d’os plats issus de l’ossification d’une
capsule membranaire foetale.
À la naissance, ces plaques ossifiées sont
séparées par des structures conjonctives fibreuses correspondant aux
sutures.
Au cours de la croissance, ces sutures vont s’ossifier de façon
marginale, stimulées par la croissance cérébrale et les tractions
musculaires.
Les os de la voûte délimitent entre eux les fontanelles :
– la fontanelle antérieure (ou bregma), losangique, qui se ferme en
général vers l’âge de 18 mois ;
– la fontanelle postérieure (ou lambda), de forme triangulaire se ferme
vers l’âge de 2 mois ;
– les fontanelles antérolatérales (ptérion) et postérolatérales (astérion)
sont limitées en bas par le temporal et, en haut, respectivement, par le
pied de la suture coronale et le pied de la suture lambdoïde.
Les
fontanelles antérolatérales disparaissent vers l’âge de 3 mois et les postérolatérales vers l’âge de 2 ans.
L’examen TDM permet de repérer certaines sutures lorsque l’axe de
celles-ci se rapproche de la perpendiculaire au plan de coupe.
Ainsi, les
sutures coronales, lambdoïdes et sagittale sont individualisables sur un
examen réalisé dans le plan orbitoméatal.
Elles apparaissent
comme une zone de discontinuité osseuse au niveau de la voûte.
Un
chevauchement transitoire des sutures peut être observé lors des
premiers jours de vie, lié à la déformation du crâne lors du passage dans
la filière génitale.
La fermeture des sutures intervient au cours de l’enfance et de
l’adolescence.
L’âge de survenue, variable d’un sujet à l’autre, interdit
toute valeur prédictive de croissance ou de maturation osseuse à cette
ossification.
L’étude de la voûte peut être réalisée en 3D grâce à différents logiciels
de reconstruction nécessitant la réalisation de coupes fines (1 à 2 mm)
sur l’ensemble du crâne.
Une immobilité parfaite de l’enfant est
requise et une prémédication est en général nécessaire.
Une fois l’acquisition réalisée, les reconstructions sont réalisées en matrice de
5122, avec un intervalle entre les coupes de 0,5 à 1 mm.
On obtient ainsi
des images en reconstruction de l’ensemble du crâne réalisant un modèle
3D qui peut être manipulé dans toutes les directions.
La voûte est étudiée
sur des vues exocrâniennes en incidences supérieure, latérale et trois
quarts antérieur et postérieur.
Des reconstructions partielles axiales avec
vues endocrâniennes de la voûte peuvent être aussi utilisées.
L’étude 3D
apparaît très utile dans le bilan préchirurgical des craniosténoses.
2- Base du crâne
:
Elle est constituée de différentes pièces osseuses unies entre elles par des
structures cartilagineuses ou synchondroses.
Ces derniers éléments sont
des zones de croissance radiotransparentes en TDM, elles doivent être
différenciées d’éventuelles lésions, traumatiques notamment.
Ainsi, on distingue :
– les synchondroses qui unissent les pièces maîtresses de la base entre
elles :
– la synchondrose frontosphénoïdale, qui unit la face antérieure du
sphénoïde au bloc ethmoïdofrontal ;
– la synchondrose sphéno-occipitale, entre le bord postérieur du
sphénoïde et le basi-occipital.
Sa fermeture est obtenue au cours de la
puberté, mais elle peut persister jusqu’à l’âge de 20 ans ;
– les synchondroses qui unissent les différentes parties d’une même
structure osseuse :
– au niveau de l’os occipital : la synchondrose basioccipitale réunit
l’os basi-occipital aux deux os exo-occipitaux, eux-mêmes unis à
l’écaille occipitale par l’intermédiaire de la synchondrose de Budin ;
– au sein du sphénoïde : on retrouve, en avant du plan de la selle
turcique, la synchondrose intersphénoïdale orientée en bas et en
avant.
Cette dernière doit être différenciée de la persistance éventuelle
du canal craniopharyngé, image plus fine, inconstante, prenant son
origine au fond de la selle turcique.
Comme pour la voûte, les reconstructions 3D apparaissent
intéressantes dans le bilan anatomique de la base.
Les reconstructions
exocrâniennes après suppression de la mandibule permettent de
visualiser la base en vue inférieure.
Les reconstructions partielles sont
essentielles :
– dans le plan axial, elles permettent d’obtenir des vues endocrâniennes
des trois étages de la base du crâne ;
– dans le plan frontal, les reconstructions perpendiculaires au bord
postérieur du trou occipital sont utiles pour étudier les étages moyens et
antérieurs.
Le bloc sphénoïdal est analysé dans le plan médioturcique
passant au niveau des clinoïdes antérieures.
Ces images permettent notamment d’optimiser le bilan anatomique dans
le cadre des malformations craniofaciales.
3- Maturation osseuse
:
L’IRM permet d’apprécier les modifications structurelles de la moelle
osseuse au cours de la croissance.
Techniquement, les séquences en écho
de spin pondérées T1 restent les plus informatives.
À la naissance, la
moelle est constituée par du tissu hématopoïétique (moelle rouge) en hyposignal.
Au cours de la croissance, la moelle rouge fait place
progressivement à une moelle jaune, adipeuse.
En pondération T1, la
moelle apparaît alors en hypersignal en raison de la présence de graisse.
Ce remplacement va de pair avec une réduction de volume du tissu
hématopoïétique.
À la naissance, la moelle du clivus et du diploé apparaît en hyposignal
en pondération T1.
Avant la fin de la deuxième année, on retrouve un hypersignal au niveau de la crista galli et de l’os frontal correspondant à
l’apparition de la moelle adipeuse.
Vers 3-4 ans, le remplacement de la
moelle rouge commence à s’effectuer au niveau du clivus et du diploé
avec apparition de zones en hypersignal.
À partir de 4 mois, le présphénoïde est, de même, le siège d’une élévation de signal avant que
ne s’opère le début de la pneumatisation du sinus sphénoïdal qui
intervient vers l’âge de 2-3 ans.
La maturation de l’ensemble de la moelle osseuse est obtenue vers
10 ans, des hétérogénéités focales pouvant persister au-delà.
4- Sinus de la face
:
Le développement des sinus s’échelonne au cours de l’enfance et de
l’adolescence en harmonie avec les modifications du crâne et de la
dentition.
Au cours de leur développement, les sinus présentent des
variations de forme et de taille.
L’évolution est variable d’un individu à
l’autre et des asymétries sont régulièrement observées chez le même
individu.
Des modifications morphologiques sont visibles jusqu’à
l’adolescence.
Les sinus ethmoïdaux sont constitués de cellules juxtaposées, séparées
par des fines membranes osseuses.
À la naissance, les cellules ethmoïdales sont présentes dans 90 % des cas, plus développées dans le
segment antérieur.
Elles continuent à se modifier essentiellement au
cours des 4 premières années, leur taille définitive étant obtenue avant
13 ans.
La pneumatisation s’effectue d’avant en arrière, les cellules les
plus postérieures n’étant en règle pas aérées avant l’âge de 6 ans.
Les sinus maxillaires peuvent être présents précocement après la
naissance, mais leur évolution est plus lente que pour l’ethmoïde.
Les
sinus se développent dès la première année jusqu’à la puberté,
influencés par l’évolution des bourgeons dentaires.
Le sinus sphénoïdal est le siège d’une septation qui intervient à partir
de 3 ans.
La pneumatisation des sinus sphénoïdaux s’effectue à partir de
13-15 mois. Rappelons qu’avant le stade de pneumatisation, le
sphénoïde est occupé par de la moelle osseuse.
Cette dernière sera le
siège d’un conversion graisseuse vers 4 mois de vie, rendant compte
d’une modification de l’aspect du signal osseux en IRM, qui apparaît
alors en hypersignal en pondération T1 (moelle jaune).
La pneumatisation est observée dans 95 % des cas à l’âge de 7 ans et
toujours obtenue avant 10 ans.
L’évolution morphologique est par
ailleurs lente, leur forme pouvant se modifier jusqu’à l’âge de 20 ans.
Les sinus frontaux se développent en dernier (ils sont le plus souvent
absents à la naissance).
Ils peuvent commencer à se pneumatiser dès
l’âge de 2 ans, leur forme évoluant jusqu’à la puberté.
Dans 10 à 20 %
des cas, une aplasie des sinus frontaux est retrouvée.
La TDM est une méthode de choix dans l’exploration des sinus de la
face.
L’étude est réalisée dans les plans axial et coronal en coupes de 2 à
3 mm.
Des coupes plus fines (1 mm) peuvent être réalisées lorsque l’on
explore le toit de l’ethmoïde ou les parois des orbites.
L’incidence
coronale est souvent difficile à réaliser chez le petit enfant, mais
l’acquisition d’un volume dans le plan axial en mode hélicoïdal peut
permettre de reconstruire des coupes dans les autres plans de l’espace.
L’examen TDM permet en outre de mettre en évidence les variantes
anatomiques au niveau des sinus et des structures adjacentes (fosses
nasales) : pneumatisation du cornet moyen (concha bullosa),
pneumatisation de la crista galli, hyperdéveloppement des cellules de
Haller au niveau de la paroi inféro-interne de l’orbite.
Rappelons d’autre part que l’interprétation d’une opacité sinusienne ou
d’un épaississement muqueux devra être réservée avant l’âge de 6 ans,
sachant que 50 % des enfants sains à cet âge présentent de telles
modifications.
B - Fosse postérieure
:
1- Développement embryologique du cervelet
:
Entre le 24e et le 27e jour, le tube neural se ferme et on peut y décrire
trois vésicules cérébrales primitives : le prosencéphale, le mésencéphale
et le rhombencéphale.
Simultanément, le tube neural s’infléchit ventralement formant deux courbures : céphalique et cervicale.
Au cours de la première moitié du deuxième mois, le prosencéphale et
le rhombencéphale se divisent chacun en deux vésicules secondaires.
Au
niveau du rhombencéphale, on distingue alors dans sa partie antérieure
le métencéphale (futur pont et cervelet) et dans sa partie postérieure, le
myélencéphale (future moelle allongée).
Entre le 28e et le 37e jour, une troisième courbure se dessine, inversée
par rapport aux précédentes, s’appliquant à l’union du myélencéphale et
du métencéphale, appelée courbure pontique.
Ce repliement provoque
un élargissement du rhombencéphale en losange à grand axe
longitudinal avec formation d’un pli transversal (pli choroïde) où se
développeront les plexus choroïdes du quatrième ventricule.
Parallèlement, les lames alaires du rhombencéphale s’épaississent et
s’étalent vers la ligne médiane : les lèvres rhombiques (qui donneront
les hémisphères cérébelleux) ainsi constituées se rapprochent et
fusionnent pour former le vermis cérébelleux (plaque cérébelleuse).
Ainsi, lors de la 9e semaine, la fusion entre les deux hémisphères
commence à la partie supérieure et se continue vers le bas au fur et à
mesure que les hémisphères croissent.
Le vermis est constitué à la 15e
semaine.
Comme la fusion s’effectue d’avant en arrière et dans le sens craniocaudal, toute agénésie partielle du vermis sera donc postérieure et
inférieure.
La tente du cervelet se ferme avant la 10e semaine sur le même schéma
de fusion antéropostérieure des parties latérales.
2- Évolution au cours de la fin de la gestation
et rappel anatomique :
Au cours du 2e et du 3e trimestre, le cervelet acquiert sa morphologie
définitive.
On distingue trois lobes :
– lobe antérieur, composé de trois lobules vermiens (lingula, lobule
central, culmen) et de leurs correspondants hémisphériques ;
– lobe postérieur, composé de cinq lobules vermiens (déclive, folium,
tuber pyramide, uvule), des lobules hémisphériques correspondants et
des tonsilles (amygdales cérébelleuses) ;
– lobe flocculonodulaire, associant nodule vermien et flocculi
hémisphériques.
Les lobes et lobules sont séparés par l’intermédiaire de fissures :
– la fissure primaire sépare lobes antérieur et postérieur ;
– la fissure postérolatérale sépare lobes postérieur et flocculonodulaire ;
– les fissures précentrale et préculminale séparent les trois lobules du
lobe antérieur ;
– les fissures postérosupérieure, horizontale, prépyramidale et
secondaire séparent les cinq lobules postérieurs entre eux.
Embryologiquement, le lobe flocculonodulaire se forme le premier,
quand le creusement de la fissure flocculonodulaire sépare le lobe
flocculonodulaire du reste du cervelet.
Le lobe antérieur se forme
ensuite, quand le creusement de la fissure primaire sépare le culmen du
lobe antérieur et le lobule déclive du lobe postérieur.
Le lobe postérieur
se forme en dernier.
À environ 4 mois de gestation, les fissures
principales et les subdivisions des lobes postérieur et antérieur du vermis
sont formées.
En général, la croissance des hémisphères a un retard de 30 à 60 jours
par rapport à la croissance du vermis.
À la naissance, le cervelet revêt son aspect morphologique définitif. Audelà,
la migration neuronale et la différenciation cellulaire se
poursuivent sans en modifier son aspect.
Le lobe flocculonodulaire correspond à l’entité d’archéocérébellum,
contrôle de l’équilibration.
Le paléocervelet représente le lobe antérieur et les deux lobules
inférieurs du lobe postérieur : pyramide et uvule et leurs extensions
hémisphériques.
C’est le centre fonctionnel de contrôle de posture
(tonus) des muscles striés à contraction volontaire.
Le néocérébellum (centre de coordination motrice) désigne le lobe
postérieur, excepté pyramide et uvule et leurs correspondants
hémisphériques.
3- Imagerie du cervelet
:
L’IRM apparaît comme la méthode de référence dans l’examen de la
fosse postérieure.
En effet, la bonne résolution spatiale et la possibilité
de réaliser des coupes dans les trois plans de l’espace, notamment en
incidence sagittale, permettent une étude idéale du cervelet.
L’analyse
se fera par ailleurs à la fois sur des coupes pondérées T1 et T2.
L’appréciation de la maturation cérébelleuse s’inscrit dans le cadre de
l’étude globale de la maturation cérébrale.
Les coupes sur la fosse postérieure doivent être fines (maximum 5 mm),
afin de minimiser l’effet de volume partiel des hémisphères cérébelleux
(notamment des tonsilles cérébelleuses) sur le vermis cérébelleux
visible sur la coupe sagittale médiane.
La coupe sagittale médiane, perpendiculaire à l’axe des fissures vermiennes, reste la référence pour l’analyse du vermis. L’ensemble des
neuf lobules et les deux fissures principales doivent être repérés afin de
s’assurer d’un développement complet.
On appréciera en outre le
volume, la forme et l’orientation vis-à-vis du tronc cérébral (recherche
d’une rotation).
De même, l’analyse des hémisphères impose la reconnaissance des
lobules hémisphériques.
Les coupes frontales sont perpendiculaires à la
plupart des fissures hémisphériques, permettant ainsi une meilleure
étude de celles-ci.
Ces coupes présentent l’avantage de visualiser les
deux hémisphères cérébelleux sur une même image et donc d’effectuer
une étude comparative.
Les pédoncules cérébelleux sont étudiés dans le plan sagittal.
Ils
apparaissent trapus et inclinés sur le tronc cérébral d’environ 45°.
4- Formations méningées
:
Les cavités sous-arachnoïdiennes comprises entre arachnoïde et piemère
s’élargissent par endroits, formant des citernes :
– citerne cérébellomédullaire (grande citerne) située dans la vallécule
entre la face inférieure du vermis cérébelleux et la face interne des
tonsilles en dehors.
Elle se trouve en continuité en bas avec les espaces
arachnoïdiens périmédullaires et en avant avec le quatrième ventricule
par son ouverture médiane ;
– citernes de l’angle pontocérébelleux sur les flancs du tronc cérébral,
en avant du lobe antérieur du cervelet et du lobe flocculonodulaire ;
– citernes prépontiques et interpédonculaires, antérieures et médianes ;
– lac cérébelleux supérieur entre la tente du cervelet et la face
supérieure du cervelet.
Il est en communication avec le quatrième
ventricule par l’intermédiaire de ses ouvertures latérales.
Les citernes prépontique, interpédonculaire et pontocérébelleuses sont
visualisées sur les coupes axiales.
En revanche, la morphologie de la
citerne cérébellomédullaire est appréciée en incidence sagittale.
Son
aspect et son volume sont d’appréciation subjective.
La mégagrande citerne correspond à une variante anatomique : il s’agit
d’un élargissement de la citerne cérébellomédullaire.
Le diagnostic peut
être difficile étant donné le caractère imprécis des dimensions de la
citerne chez l’enfant.Toutefois, le quatrième ventricule, le tronc cérébral
et le vermis cérébelleux sont de morphologie normale.
La
communication entre la citerne et le quatrième ventricule reste aussi
normale.
C - Migration neuronale
:
Un grand nombre de pathologies encéphaliques découlent de désordres
dans le processus normal de prolifération et migration des neurones.
1- Rappel embryologique
:
Après la fermeture du tube neural et la formation des vésicules télencéphaliques, la migration neuronale est un des aspects majeurs de
la maturation cérébrale.
Elle va permettre aux neurones issus des zones
germinales de gagner leur place dans les noyaux gris centraux, le cortex
cérébral et le cortex cérébelleux.
Au niveau cérébral, la majorité des cellules gliales et des neurones est
issue des zones germinales situées à la surface des ventricules.
Au niveau du cervelet, on décrit deux zones germinatives : une située
dans les régions sous-ventriculaires du quatrième ventricule qui sera à
l’origine des noyaux cérébelleux profonds et des cellules de Purkinje,
l’autre étant située latéralement par rapport au quatrième ventricule d’où
migreront les cellules vers les hémisphères cérébelleux.
Les cellules des noyaux gris centraux naissent à la surface ventriculaire
du diencéphale (futur troisième ventricule) et de l’éminence
ganglionnaire télencéphalique.
La zone germinale diencéphalique est à l’origine du thalamus, de
l’hypothalamus et du globus pallidus.
2- Mécanisme
:
* À l’étage cérébral
:
Il existe une relation étroite entre la localisation d’un neurone au niveau
de la matrice germinale et sa destination finale sur le cortex.
On trouve
une correspondance point par point, consécutive à la présence de fibres
gliales radiales servant de véritables rails pour les neurones à travers
toute l’épaisseur du parenchyme cérébral.
Il y a donc une
correspondance topographique.
Par ailleurs il existe une correspondance temporelle, la position finale
du neurone au sein du cortex variant de façon inverse avec l’ancienneté
de la cellule originelle, selon la loi du Inside Out : les neurones qui
formeront les couches corticales les plus profondes migrent en premier.
La phase de migration s’étend essentiellement de la 8e à la 16e semaine
de grossesse, mais des vagues de migration plus lente se font jusqu’à la
25e semaine.
* À l’étage cérébelleux
:
Les neurones des noyaux profonds et les cellules de Purkinje migrent de
façon radiaire des zones germinales en bordure du quatrième ventricule
jusqu’à leur destination.
À partir de la deuxième zone germinale, les neurones jeunes migrent
latéralement puis circonférentiellement à travers l’hémisphère
cérébelleux, où ils forment une couche granulaire externe transitoire qui
sera le siège de mitoses.
À la 16e semaine de grossesse, les cellules filles migrent de façon
radiaire vers l’intérieur.
À la fin de la première année postnatale, le cervelet atteint sa
composition histologique de type adulte.
3- Imagerie
:
Après la naissance, l’imagerie permet uniquement de différencier
substance blanche et substance grise.
La TDM est insuffisante pour cette
évaluation, l’IRM en pondération T1 reste l’examen de référence.
La
substance grise correspond donc à l’aboutissement d’un processus de
migration neuronale et de maturation.
Tout trouble intervenant pendant
la période de migration entraînera des hétérotopies sous la forme d’amas
de substance grise localisés au sein de la substance blanche (nodulaire
ou laminaire).
4- Gyration
:
La formation des sillons cérébraux est directement liée à la migration
neuronale.
Le développement de ces sillons permet d’obtenir une
surface corticale plus importante, sans pour autant augmenter le volume
cérébral.
La gyration, particulièrement développée dans l’espèce
humaine, aboutit ainsi à un enfouissement des deux tiers de la surface
cérébrale dans les sillons.
L’importance de cette surface est nécessaire à
l’hébergement périphérique des neurones en fin de migration.
La gyration est le résultat de deux gradients de croissance :
– gradient corticomédullaire lié à une inégalité de croissance entre la
future substance blanche et la future substance grise ;
– gradient cortical lié au développement préférentiel des couches
externes du cortex.
Macroscopiquement, le cerveau apparaît lisse jusqu’à environ 4-5 mois,
réalisant un aspect de lissencéphalie foetale.
Les scissures primaires apparaissent entre 14 et 20 semaines de
grossesse : scissure de Sylvius à 14 semaines, scissure pariéto-occipitale
à 16 semaines, scissure de Rolando vers 20 semaines.
Notons que la scissure de Sylvius apparaît précocement, mais la
fermeture de la vallée ne commence que vers 20 semaines en arrière pour
se compléter d’arrière en avant.
La vallée sylvienne ne sera totalement
operculée qu’à 40 semaines.
Les scissures secondaires apparaissent dès la 23e semaine pour les
premières (sillon temporal supérieur, sillon précentral…), jusqu’à 32-34
semaines pour les dernières (sillons insulaires et occipitaux).
À 28-30 semaines, la plupart des circonvolutions sont bien visibles.
Le
cerveau de l’enfant à terme revêt la morphologie externe globale du
cerveau adulte, la gyration se poursuivant toutefois après la naissance.
Si l’examen TDM peut mettre en évidence certains sillons et scissures
principales, l’IRM seule autorise une étude fiable de l’aspect de la
gyration.
Elle permet de visualiser l’aspect des sillons péricérébraux et d’authentifier l’ensemble des scissures, grâce à la
possibilité de séquences multiplanaires.
Notons que les coupes réalisées
devront être suffisamment fines pour s’affranchir des phénomènes de
volume partiel entre sillons adjacents.
D - Myélinisation
:
À la naissance, l’enfant poursuit un développement amorcé en période
anténatale.
1- Rappels histologiques sur la substance blanche
du système nerveux central :
La substance blanche du système nerveux central se compose
primitivement d’axones myélinisés, d’axones non myélinisés,
d’oligodendrocytes, d’astrocytes et, chez l’enfant, de quelques neurones
en région sous-corticale.
La myélinisation est le résultat de l’enroulement des oligodendrocytes
autour des axones.
Un oligodendrocyte peut myéliniser 50 à 70 axones,
mais plusieurs oligodendrocytes sont nécessaires pour myéliniser
l’axone sur toute sa hauteur.
Il en résulte une compaction des feuillets
avec diminution du volume cytoplasmique et modification de la
membrane cellulaire qui se transforme en myéline.
Les protons contenus
dans une membrane cellulaire ne sont pas mobiles et ne donnent pas de
signal en IRM.
La myélinisation est un phénomène tardif débutant autour de la 20e
semaine de vie intra-utérine, qui s’achève de façon variable selon les
auteurs, de 10 à 26 mois après la naissance, l’ensemble s’accordant
autour de 2 ans.
2- Ordre de myélinisation et approche chronologique
:
La myélinisation s’effectue selon certaines règles précises.
En effet, elle
progresse dans un sens caudocrânial, d’arrière en avant et du centre vers
la périphérie.
3- Imagerie
:
* Introduction
:
En TDM, l’absence de myélinisation se manifeste par une hypodensité
de la substance blanche, bien marquée à la naissance aux niveaux frontal
et occipital.
Cependant, l’IRM permet d’obtenir une analyse beaucoup
plus fine de l’évolution de la myélinisation pendant les premiers mois de
la vie, et reste actuellement l’examen de référence.
* Technique
:
En période postnatale, certaines équipes proposent des séquences avec
une pondération en T1 avant 6 mois, puis en T2 après 6 mois, d’autres
privilégient les séquences à TR long à tout âge (ces séquences appréciant
la myéline mature par opposition aux séquences à TR court appréciant
la « gliose de myélinisation »).
Les acquisitions multiplanaires ne
semblent pas indispensables d’emblée.
L’examen sera conduit en
pondération T1 et T2 (avec échos précoce et tardif) dans le plan axial,
des coupes complémentaires étant guidées par les éléments cliniques.
Pour Barkovich, les séquences en pondération T1, apprécient au mieux
l’étage sus-tentoriel et celles en pondération T2 sont privilégiées pour
l’exploration du cervelet et du tronc.
* Résultats
:
Les structures myélinisées apparaissent en hypersignal en pondération
T1 et hyposignal sur les séquences à TR long.
À l’inverse, l’absence de myélinisation se manifeste par un signal abaissé en pondération T1 et un
hypersignal dans le deuxième type de séquence.
Il existe un décalage dans l’apparition du signal de myélinisation avec
une avance des séquences en T1 par rapport aux séquences à TR long.
L’évolution du signal dans le temps apparaît corrélée à l’augmentation
du cholestérol et des glycolipides par rapport à l’eau, et au resserrement
de la spirale de myéline autour de l’axone.
Chez le prématuré (ou en imagerie anténatale), les stigmates de la myélinisation sont observés : vers 30 semaines, en
pondération T2, la myélinisation est visible en hyposignal à la partie
postérieure du tronc cérébral et au niveau des pédoncules cérébelleux.
La zone germinative, en hyposignal périventriculaire, commence à
disparaître.
Vers 36 semaines, les pédoncules cérébelleux sont
myélinisés, ainsi que les bras postérieurs des capsules internes.
Chez l’enfant à terme : la substance blanche est toujours en hyposignal
T1 et hypersignal T2 par rapport à la substance grise.
En pondération T1 et T2, les pédoncules cérébelleux supérieurs et
inférieurs, le vermis, le bras postérieur des capsules internes, la portion
postérieure du putamen et la partie latéroventrale du thalamus sont
myélinisés.
Pendant les premiers mois de vie :
– en pondération T1 :
– dès le premier mois, le tractus optique est myélinisé (nerfs,
bandelettes et radiations optiques) ;
– à 3 mois, le cervelet a un aspect de type adulte, la partie antérieure
du tronc cérébral voit son signal augmenter jusqu’à 6 mois et les fibres
motrices sous-corticales sont myélinisées.
– à 4 mois, le splénium du corps calleux est myélinisé et le genou le
sera à 6 mois ;
– il faut attendre 7 mois pour que la substance blanche occipitale soit
myélinisée et entre 8 et 11 mois pour la substance blanche frontale et
temporale ;
– en pondération T2 :
– les voies optiques sont en hyposignal à 1 mois ;
– à 2 mois, ce sont les parties moyennes des centres semi-ovales ;
– entre le 2e et le 3e mois, le pédoncule cérébelleux moyen diminue
de signal ;
– à 6 mois, le splénium du corps calleux apparaît en hyposignal tandis
que le genou ne le sera qu’à 8 mois ;
– les noyaux gris diminuent de signal à 7 mois pour devenir en isosignal par rapport à la substance blanche sous-corticale vers l’âge
de 10 mois ;
– à 10 mois, la capsule interne est en hyposignal ;
– le signal de la substance blanche cérébelleuse diminue de 8 mois à
18 mois ;
– la maturation de la région occipitale débute vers 9-12 mois et en
région frontale vers 11-14 mois.
La région temporale se mature en
dernier ;
– l’extension de l’hyposignal vers la substance blanche souscorticale
périphérique débute vers 1 an et se termine vers 22 à 24 mois.
Vers 17 à 18 mois, l’aspect adulte est pratiquement obtenu, avec un
hypersignal important en T1 de l’ensemble de la myéline répondant à
l’hyposignal en pondération T2.
* Variantes et pièges
:
Les « zones terminales » sont un aspect propre à l’enfant et
peuvent se rencontrer dans la première décade de vie, voire la deuxième.
Elles correspondent à des hypersignaux périventriculaires postérieurs et
supérieurs sur les séquences à TR long.
Elles sont homogènes, à limites
floues, et correspondent probablement à la myélinisation plus tardive de
fibres associatives pariétales et temporales postérieures.
Cet aspect peut
faire évoquer à tort une leucomalacie périventriculaire.
D’autre part, des éléments curvilignes en hypersignal en pondération T2
et hyposignal en pondération T1 peuvent être observés en régions
périventriculaires postérieures.
Ils correspondent à des espaces périvasculaires larges.
E - Hypophyse
:
1- Anatomie
:
L’hypophyse se situe dans la loge hypophysaire, partie centrale de la
selle turcique.
Cette loge est limitée :
– en haut : par le diaphragme de la selle turcique (dure-mère) ;
– en bas : par le corps de l’os sphénoïde et le sinus sphénoïdal ;
– latéralement : par les loges caverneuses et leur contenu vasculaire
(artère carotide interne) et nerveux (nerfs oculomoteurs et ophtalmique).
Les sinus caverneux sont par ailleurs reliés entre eux par des sinus intercaverneux qui entourent l’hypophyse sur les faces antérieure,
postérieure et inférieure.
L’hypophyse ou glande pituitaire est une glande endocrine formée de
deux lobes d’origines embryologiques différentes :
– lobe antérieur ou adénohypophyse, dérivé de la poche de Rathke ;
– lobe postérieur ou neurohypophyse, d’origine diencéphalique, issu
d’une invagination du plancher du troisième ventricule.
Ce lobe se
prolonge en haut par la tige pituitaire qui traverse le diaphragme sellaire,
passe en arrière du chiasma optique et se continue avec l’infundibulum
du troisième ventricule.
L’arachnoïde, élément méningé qui tapisse la surface du cerveau,
s’arrête au niveau de la tige pituitaire sans intéresser la glande pituitaire.
Rappelons que l’hypophyse est fonctionnelle dès le 4e mois de la vie
foetale.
2- Imagerie
:
L’IRM a largement remplacé la TDM pour l’étude de l’hypophyse.
Les
coupes réalisées doivent être suffisamment fines pour permettre
d’étudier l’ensemble des structures : 2 à 3 mm.
Les séquences réalisées
en pondération T1 dans les incidences sagittale et frontale permettent
une exploration optimale de l’anatomie régionale.
L’antéhypophyse se manifeste comme une formation ovoïde de signal
identique au tronc cérébral adjacent.
La posthypophyse apparaît en arrière de l’antéhypophyse d’aspect hyperintense en pondération T1, de forme et de situation variables.
Cet hypersignal authentifie la présence de composants
lipidiques au sein de la glande, représentés par des granulations de
neurosécrétions riches en phospholipides mais peut toutefois manquer
dans 10 % des cas chez les sujets normaux.
Sa visualisation nécessite la
réalisation de coupes fines afin de s’affranchir des phénomènes de
volume partiel sur des structures graisseuses.
Des coupes en incidence
axiale
pondérée T1 peuvent parfois aider à l’authentifier.
Chez le nouveau-né, l’ensemble de l’hypophyse apparaît en hypersignal
en pondération T1.
Au cours des 2 premiers mois de vie, le
signal de l’antéhypophyse va peu à peu décroître pour adopter un signal
identique aux structures cérébrales adjacentes.
À la naissance, la glande présente de plus un aspect bulbeux qui va
régresser à l’âge de 2 mois, le diaphragme sellaire devenant alors
horizontal ou concave en haut.
Au cours de l’enfance, l’hypophyse va croître dans ses différentes
dimensions et il n’est pas noté de variations significatives entre les deux
sexes, en ce qui concerne son aspect ou son signal.
Elle présente une
hauteur de 2 à 6 mm dans le plan sagittal, sachant qu’il existe une
relation proportionnelle entre âge et hauteur hypophysaire.
Lors de la puberté, la glande va augmenter de volume, de façon plus
importante chez la fille que chez le garçon, prenant alors un aspect
globuleux, voire sphérique, avec un bord supérieur convexe.
La hauteur peut atteindre 10 mmchez la fille et 7 à 8 mmchez le garçon.
Après la puberté, le volume décroît pour adopter sa morphologie adulte.
La tige pituitaire est fine, oblique en bas et en avant.
Elle est en règle
bien repérée sur les coupes sagittales fines, mais des coupes frontales
peuvent aider à sa visualisation.
Normalement, l’épaisseur de la tige doit
rester inférieure au diamètre du tronc basilaire.
L’injection de produit de contraste met en évidence un rehaussement net
de l’hypophyse, de la tige pituitaire et de l’infundibulum ventriculaire.
Cette prise de contraste est liée à l’absence de barrière hématoencéphalique à ce niveau.
F - Corps calleux
:
1- Anatomie
:
Le corps calleux est une importante commissure unissant les deux
hémisphères cérébraux.
Son étude est au mieux réalisée par résonance magnétique, l’absence de
contraste spontané à ce niveau, et l’orientation des coupes dans le plan
axial font délaisser l’examen TDM.
On lui décrit :
– une extrémité antérieure épaisse, le genou, qui se termine par une
extrémité effilée, le rostrum (bec) ;
– une partie principale intermédiaire : le tronc ou corps ;
– une partie postérieure renflée : le splénium.
Embryologiquement, il est issu de la lamina reuniens au niveau du toit
du diencéphale.
Le développement débute par l’apparition de premières
fibres associatives au niveau du genou vers 10 à 12 semaines d’âge
gestationnel.
La formation du corps calleux se poursuit ensuite d’avant
en arrière, sa morphologie définitive étant acquise à 20 semaines de
gestation.
Sa croissance continue pendant la vie intra-utérine et se
poursuit après la naissance.
2- Imagerie
:
Chez le nouveau-né, le corps calleux apparaît plat et fin, ne comportant
pas les renflements physiologiques du genou et du splénium.
Vers 2 à 3 mois, le genou s’épaissit, alors que le renflement du splénium
ne va se former qu’au cours des 4e et 5e mois.
Ces épaississements
localisés sont le reflet de l’importance des fibres associatives entre les
deux hémisphères au niveau des lobes frontaux (genou) et occipitaux
(splénium).
L’épaisseur du corps va de 2 mm à 2 semaines de vie,
jusqu’à 4 mm à l’âge de 1 an.
Vers 9 mois, l’aspect du corps calleux est
identique à celui de l’adulte.
À la jonction entre corps et splénium, il est fréquemment observé un
amincissement qui peut être retrouvé aussi bien chez l’enfant que chez
l’adulte.
Cette particularité correspond à une variante de la
normale, mise en évidence dans 25 % des cas.
En IRM, sur les séquences pondérées T1, le corps calleux se présente à
la naissance en isosignal par rapport au cerveau adjacent, témoignant de
l’absence de myélinisation.
Celle-ci s’opère d’arrière en avant,
le splénium se myélinisant à 4 mois, le genou à 6 mois.
La myélinisation se manifeste par des modifications de signal, les structures
apparaissant alors en hypersignal en pondération T1 et en hyposignal sur
les séquences à TR long.
Ces changements sont à considérer comme des
témoins de la bonne maturation cérébrale.
G - Espaces péricérébraux. Système ventriculaire
:
Le liquide cérébrospinal est sécrété par les plexus choroïdes situés au
sein du système ventriculaire, mais aussi par une sécrétion interstitielle péricérébrale.
Pendant la période embryonnaire, il existe une cavitation
progressive qui aboutit à la formation des espaces sous-arachnoïdiens.
Le liquide cérébrospinal est alors à la fois sécrété et résorbé par les
vaisseaux.
Pendant la vie intra-utérine et jusqu’à l’âge de 2 ans, les
espaces sous-arachnoïdiens sont formés, communiquant avec le système
ventriculaire où se trouvent les plexus choroïdes.
Pendant cette période,
la résorption se fait par le système villositaire mais aussi par
l’intermédiaire du système vasculaire.
Ce n’est qu’après 2 ans que le
système de résorption villositaire devient fonctionnel.
En imagerie anténatale ou chez le prématuré, les espaces péricérébraux
apparaissent larges.
Les carrefours ventriculaires et les cornes
occipitales sont élargis, alors que la partie antérieure et les cornes
frontales sont peu visibles.
Chez l’enfant plus grand, en général entre
2 et 7 mois, il peut exister un élargissement des espaces sousarachnoïdiens
frontotemporaux (donnant alors une bonne visibilité des
scissures et des sillons péricérébraux) s’associant à un élargissement
modéré du système ventriculaire.
L’examen retrouve une macrocrânie
modérée avec un périmètre crânien qui atteint en général le 95e
percentile, mais dont la progression reste harmonieuse, parallèle aux
courbes de référence.
De plus, aucune symptomatologie clinique
n’existe, notamment aucun signe d’hypertension intracrânienne.
Des
précédents familiaux sont souvent notés.
Ces modifications des espaces liquidiens pourraient être en rapport avec
une immaturité des villosités arachnoïdiennes, les signes constatés
régressant avant l’âge de 2 ans.
H - Cavités physiologiques
:
Un kyste situé dans le dédoublement de la paroi du septum lucidum
est retrouvé de façon quasi constante chez le prématuré.
Il est
limité par le corps calleux en haut et le fornix en bas.
On désigne par cavum vergae le prolongement de ce dédoublement vers l’arrière, limité
en haut et en arrière par le corps calleux et son splénium.
Ces cavités
communiquent largement le plus souvent.
Elles disparaissent en général
vers 6 mois, mais on peut retrouver un kyste du septum lucidum dans 5 à
10 % de la population normale.
Le cavum du velum interpositum correspond à une extension supérieure
de la citerne quadrigéminale.
Il est situé au-dessus et en arrière du toit
du troisième ventricule.
I - Fer intracérébral
:
La présence de fer au niveau de l’encéphale se manifeste par l’existence
de zones en hyposignal marqué en pondération T2, ceci étant plus
facilement mis en évidence sur des machines à haut champ.
Toutefois, à
la naissance, le cerveau est dépourvu de tels dépôts.
Vers 6 mois, des
concentrations apparaissent au niveau des globus pallidum, à 1 an dans
les noyaux rouges et les zones réticulées de la substance noire, et, enfin,
vers 5-6 ans au niveau des noyaux sous-thalamiques de Luys, des
noyaux dentelés du cervelet et putamen.
En fait, ces dépôts ne
s’accompagnent d’une modification de signal T2 (raccourcissement)
que lorsque les concentrations s’avèrent suffisantes.
Ainsi, un hyposignal T2 est bien visible seulement vers 9-10 ans dans les globus
pallidum, la substance noire et les noyaux rouges, et vers 15 ans dans les
noyaux dentelés du cervelet.
La sémiologie radiologique de l’enfant fait appel aux données de
la période anténatale.
En effet, l’enfant achève après la naissance
plusieurs processus commencés pendant la vie intra-utérine :
citons en exemple la maturation des pièces osseuses et bien sûr
la myélinisation progressive du cerveau pendant la période
périnatale et la petite enfance.
Ces variations doivent être
connues afin d’optimiser l’interprétation.
Comme toujours en
radiologie, l’analyse d’un examen tomodensitométrique ou IRM
sous-entend une parfaite connaissance de la normale.
Ceci est
d’autant plus vrai en pédiatrie chez un individu en croissance où
les variantes sont multiples et peuvent tendre de véritables
pièges.