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Radiologie
Imagerie de l'omoplate et de la clavicule
Cours de Radiologie
 

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Introduction :

La clavicule et l’omoplate constituent des pièces osseuses superficielles sujettes principalement aux lésions traumatiques.

L’exploration des cas pathologiques débutera dans tous les cas après un examen clinique bien conduit, par des radiographies standards qui permettront dans la plupart des cas d’établir un diagnostic précis.

 

 

 

 

 

 

 

L’examenTDMréalisé en mode spiralé sera utile dans les traumatismes complexes de la ceinture scapulaire en permettant d’obtenir des reconstructions multiplanaires et 3D en fin d’examen.

L’IRM complétera dans certains cas le panel des examens complémentaires, notamment dans le cadre des pathologies tumorales, inflammatoires ou infectieuses.

Rappels anatomiques :

A - Clavicule :

La clavicule (clavicula) constitue avec l’omoplate (scapula) la ceinture scapulaire ou ceinture du membre supérieur.

Elle est constituée de deux segments : l’un interne convexe en avant, l’autre externe convexe vers l’arrière.

L’extrémité interne s’articule avec la facette sternale, tandis que l’extrémité externe s’oppose à la facette acromiale.Au niveau de sa face supérieure s’insère le chef antérieur du deltoïde (en avant) et le muscle trapèze (en arrière).

Sa face inférieure donne insertion de dedans en dehors aux ligaments conoïde et trapézoïde.

B - Omoplate :

L’omoplate (scapula) constitue la partie postérolatérale de la ceinture scapulaire.

C’est un os plat et mince en forme de triangle et appliqué à la cage thoracique en regard des sept premières côtes. Elle est constituée de deux faces :

– antérieure : orientée en avant et en dedans sur laquelle s’insère le muscle subscapulaire ;

– postérieure : séparée en fosse supraépineuse et fosse infraépineuse par l’épine de l’omoplate.

Celle-ci se prolonge en dehors par l’apophyse de l’acromion.

Elle est constituée de trois bords :

– supérieur : donnant insertion au muscle omohyoïdien ;

– médial : donnant insertion au muscle rhomboïde ;

– latéral : constituant le pilier externe de l’omoplate.

Elle est constituée de trois angles :

– supérieur : donnant insertion au muscle angulaire ;

– inférieur ou pointe de l’omoplate ;

– latéral : supportant la cavité glénoïde (orientée en avant et en dehors), le col de l’omoplate et l’apophyse coracoïde.

Lésions traumatiques :

A - Clavicule :

Les traumatismes de la clavicule peuvent se répartir en deux grandes catégories : les fractures et les disjonctions, qu’elles soient sternoclaviculaires ou acromioclaviculaires.

1- Fractures :

Les fractures claviculaires représentent environ 15 %de l’ensemble des fractures, et surviennent principalement chez l’enfant ou l’adulte jeune.

La position très superficielle de la clavicule explique le nombre important des traumatismes professionnels ou sportifs survenant lors d’un choc direct ou d’une chute sur le moignon de l’épaule.

Il est classique de distinguer trois segments anatomiques différents :

– un segment externe s’étendant jusqu’au ligament coracoclaviculaire, siège d’environ 15 à 20 % des fractures ;

– un segment moyen en cause dans la majorité des fractures claviculaires (75 à 80 %) ;

– un segment interne rarement intéressé par les lésions fracturaires (environ 5 % des cas).

* Technique radiologique standard :

Les examens radiologiques standards pratiqués en urgence ou de façon différée, serviront à préciser le type de la fracture, souvent évident cliniquement.

Diverses incidences bien codifiées seront pratiquées :

– incidence de face stricte : on la réalisera au mieux selon une incidence postéroantérieure permettant de rapprocher la clavicule du film radiographique ;

– incidence de face avec rayon ascendant à 45° (dite incidence de Porcher) permettant de réaliser un défilé de la clavicule en la désuperposant des premières côtes. Des incidences particulières pourront être pratiquées, notamment pour les fractures du tiers externe :

– profil claviculaire de Clark : le patient est en décubitus et le rayon ascendant de 15° ;

– incidence de Charotti ou « face vraie » : la cassette est placée sur la face supérieure de la clavicule et le rayon est ascendant ;

– incidences de Quesada : le patient est en procubitus et on réalise successivement deux clichés utilisant un rayon ascendant et descendant de 45°.

* Résultats :

Les fractures du tiers moyen siègent entre le ligament conoïde et le croisement de la clavicule avec la première côte.

L’aspect le plus classique est la fracture dite en « baudrier » où le trait de fracture est oblique en bas, en dedans et en arrière.

Le fragment externe est attiré en bas et en dedans par le poids du membre supérieur et la tension des muscles deltoïde, sous-clavier et grand pectoral ; le fragment interne se déplace quant à lui vers le haut et vers l’arrière par la traction exercée par le muscle sternocléidomastoïdien.

Il existe d’autre part un chevauchement des fragments, plus ou moins important.

Les fractures du tiers interne sont les plus rares et souvent sont peu déplacées en raison des nombreuses insertions ligamentaires.

Les fractures de l’extrémité externe de la clavicule sont particulières.

L’examen radiographique de face centré sur la clavicule lésée suffit en général pour déterminer le sens des déplacements fracturaires.

Le déplacement est faible ou nul lorsque le trait de fracture siège en dehors des ligaments coracoclaviculaires (type I de Neer).

Lorsque le trait de fracture est associé à une rupture des ligaments coracoclaviculaires (type II de Neer), la fracture peut se présenter comme une luxation acromioclaviculaire avec ascension du fragment interne ne laissant alors en place qu’un petit fragment claviculaire externe solidaire de l’acromion.

Enfin, le type III de Neer correspond à une fracture ostéochondrale de la surface articulaire claviculaire.

Elle nécessitera souvent un complément TDM pour la mettre en évidence.

On citera pour mémoire les formes particulières de fractures claviculaires : fracture en « bois vert » chez l’enfant, fractures comminutive, bilatérale, double ou associée à d’autres lésions de la ceinture scapulaire.

L’évolution des fractures de la clavicule est favorable la plupart du temps, notamment chez l’enfant.

Elles consolident en 1 mois grâce à un traitement orthopédique.

Chez l’adulte, des déformations du relief de l’épaule peuvent s’observer, en raison d’un cal vicieux et extensif.

Les complications précoces, ouvertures cutanées, atteintes vasculonerveuses, pneumothorax par embrochage pulmonaire, demeurent exceptionnelles.

D’autre part, dans le cadre des fractures de l’extrémité externe de la clavicule, il pourra exister un retard de consolidation, voire une pseudarthrose post-traumatique.

Enfin, dans le cadre des ostéites, le traitement chirurgical demeure indispensable.

2- Disjonctions :

* Disjonctions acromioclaviculaires :

Elles sont fréquentes puisqu’elles représentent environ 12 % des luxations de l’épaule.

Elles sont liées à un choc direct ou à une chute sur le moignon de l’épaule.

Les deux surfaces planes de l’articulation vont être alors disjointes en raison des lésions des éléments anatomiques stabilisateurs : ligament coracoclaviculaire, ligament acromioclaviculaire, muscle trapèze et deltoïde.

Le bilan radiologique complète le diagnostic clinique. Différentes incidences seront réalisées :

– un cliché de face du cintre acromioclaviculaire (rayon horizontal ou ascendant à 30°) explorant de façon symétrique et comparative les deux articulations acromioclaviculaires ;

– un cliché en profil axillaire (bras à 90° d’abduction) recherchant un déplacement postérieur de la clavicule et qui représente « la face vraie » de l’articulation acromioclaviculaire ;

– l’incidence de Feray : utilisant un rayon ascendant à 45° et étudiant les rapports acromioclaviculaires dans un plan transversal et le déplacement antéropostérieur ;

– l’incidence d’Alexander : réalisée selon un plan oblique antérieur et visualisant le déplacement claviculaire ;

– des clichés dynamiques, de face en abduction à 90° et en rotation interne, ou de face avec traction des deux membres supérieurs, permettent de sensibiliser un éventuel déplacement et d’apprécier la réductibilité de la disjonction (test de Glorion et Delplace).

Trois éléments principaux seront utiles à rechercher :

– la continuité des bords inférieurs de l’acromion et de la clavicule ;

– la distance coracoclaviculaire (normale entre 10 et 13 mm) ;

– l ’espace articulaire acromioclaviculaire (normal entre 3 et 8 mm).

À l’issue de ce bilan radiologique, les disjonctions acromioclaviculaires peuvent être classées en trois stades lésionnels de gravité croissante.

+ Stade 1 : entorse acromioclaviculaire

À ce stade, le diagnostic est plus clinique que radiologique ; en effet l’articulation est douloureuse mais on ne visualise pas de déplacement.

La lésion est une distension ligamentaire sans déchirure.

L’espace acromioclaviculaire peut être modérément augmenté.

+ Stade 2 : subluxation acromioclaviculaire

On note un déplacement modéré et réductible vers le haut de l’extrémité externe de la clavicule (mobilité en « touche de piano »).

La lésion anatomique est une rupture des ligaments acromioclaviculaires.

+ Stade 3 : luxation acromioclaviculaire

Il existe une perte complète du contact entre la clavicule et l’acromion, avec ascension de la partie distale de la clavicule.

À ce stade, la rupture intéresse à la fois les ligaments acromioclaviculaires et les ligaments stade 3A (sans atteinte musculaire) et stade 3B (avec atteinte musculaire).

Dans ce dernier cas, le déplacement claviculaire est souvent important (> 20 mm).

À plus ou moins long terme, des calcifications ou une ossification des ligaments coracoclaviculaires peuvent apparaître.

D’autre part, la survenue d’une ostéolyse de la partie distale de la clavicule dans les suites d’une luxation acromioclaviculaire n’est pas rare.

* Disjonctions sternoclaviculaires :

Elles sont beaucoup plus rares que les précédentes et concernent entre 2 et 3 %des luxations de l’épaule.

Elles surviennent généralement au décours d’un choc violent et direct. L’exploration radiologique est délicate en raison de la superposition sur le cliché de face des côtes et du rachis.

Elle fait appel principalement à des incidences obliques antérieures et à une incidence transsternale.

La TDM s’impose comme la méthode d’exploration de référence en visualisant les lésions dans un plan axial transverse et en permettant de distinguer plusieurs types anatomoradiologiques :

- les luxations claviculaires antérieures ou présternales où l’extrémité interne de la clavicule passe en avant du sternum lors d’une violente rétropulsion de l’épaule ;

- les luxations claviculaires postérieures ou rétrosternales où l’extrémité interne de la clavicule passe en arrière du sternum.

Cette lésion est très rare et est consécutive à un violent choc direct sur la clavicule.

Le diagnostic doit être fait de façon rapide et fiable afin de dédouaner une éventuelle atteinte des éléments vasculonerveux sous-jacents.

Le parenchyme pulmonaire ou l’oesophage peuvent aussi être atteints par un embrochage claviculaire.

3- Arthropathie microtraumatique :

Elle constitue une arthropathie dégénérative de l’articulation acromioclaviculaire secondaire à des traumatismes répétés. Rencontrée essentiellement chez le sujet sportif de haut niveau, cette affection se caractérise par la présence de géodes de petites tailles, juxta-articulaires, souvent cernées par un liseré de condensation.

Ces microgéodes qui prédominent au niveau du versant claviculaire sont facilement mises en évidence en TDM.

Par ailleurs, cet examen permet de suivre leur régression après arrêt de l’activité sportive.

B - Omoplate :

Les lésions traumatiques de l’omoplate sont représentées principalement par les fractures scapulaires, qui restent rares (1 % de l’ensemble des fractures).

Elles surviennent fréquemment dans un contexte traumatique violent et passent le plus souvent inaperçues dans un contexte de polytraumatisme.

Elles sont alors le plus souvent associées à des fractures de côtes, de l’humérus ou de la clavicule.

Les différents composants anatomiques peuvent être lésés : cavité glénoïde, col de l’omoplate, corps scapulaire, processus épineux, acromial ou coracoïde.

1- Techniques d’exploration :

L’exploration de l’omoplate repose dans un premier temps sur un bilan radiographique standard comprenant dans tous les cas un cliché de face, bras si possible en abduction.

Dans un deuxième temps, en fonction des résultats préliminaires et en s’appuyant sur un examen clinique précis, on réalisera des incidences particulières : profil axillaire, profil de Lamy, profil glénoïdien de Bernageau, ou des incidences spéciales centrées sur les apophyses (épine, acromion, coracoïde).

De par cette anatomie complexe, l’omoplate reste une pièce osseuse difficile à radiographier, notamment sa partie interne superposée à la cage thoracique.

En règle générale, il faudra s’appliquer à dégager au maximum la scapula du thorax, ceci pouvant être parfois délicat chez le polytraumatisé.

* Incidence de face :

Sa réalisation nécessite des impératifs techniques.

On dégagera l’omoplate en faisant placer la main sur la tête tournée du côté controlatéral.

On éloignera l’omoplate controlatérale de la table pour corriger l’obliquité de la scapula à étudier.

Enfin, on utilisera un rayon droit centré sur le bord inférieur du grand pectoral.

Résultats : seule la portion axillaire sera bien visualisée, principalement le col et la glène.

À la partie supérieure, l’acromion sera le plus souvent superposé au bec de l’apophyse coracoïde.

Le reste de l’omoplate est masqué par le gril costal et reste très souvent d’interprétation délicate.

* Incidence de profil :

Elle se réalise si possible chez un sujet en position debout ou assise.

Le sujet est positionné en position oblique antérieure, l’épaule à examiner étant placée contre le Potter.

L’avant-bras est situé au-dessus de la tête, permettant là encore de dégager au mieux la scapula.

Le rayon sera dirigé de façon perpendiculaire et centré sur la partie inférieure du creux axillaire.

Résultats : les bords latéral (ou axillaire) et médial (ou spinal) se superposent le plus souvent.

On visualisera la cavité glénoïde de face et l’acromion sera bien dégagé en arrière.

L’apophyse coracoïde sera en partie masquée par le col huméral et la clavicule.

Des incidences complémentaires pourront être obtenues afin de préciser une région anatomique.

Dans la majorité des cas et en l’absence de déplacement traumatique majeur, le bilan radiologique sera suffisant.

Dans certains cas, principalement lorsqu’un acte chirurgical est envisagé, l’apport de la TDM et des reconstructions multiplanaires (2D et 3D) pourra s’avérer utile.

2- Résultats :

Nous adopterons d’un point de vue physiopathologique la classification de Gagey qui sépare les fractures de l’omoplate en fractures intraarticulaires et extra-articulaires.

* Fractures intra-articulaires :

Ce type de fracture désorganise la voûte acromioclaviculaire et comprend les fractures de la glène, du col et des apophyses (coracoïde et acromion).

+ Fractures du col :

Ces fractures sont rares.

Elles surviennent après un choc direct sur l’omoplate. Le trait peut atteindre soit le col anatomique, soit le col chirurgical.

Le trait fracturaire est horizontal, intéressant la fosse supraépineuse et se prolongeant au niveau de la glène à un niveau variable.

On recherchera tout particulièrement un déplacement du fragment latéral en bas et en avant.

+ Fractures de la glène :

Elles sont de deux types :

– les fractures partitions du fond de la glène, retrouvées lors de traumatisme violent.

Ces fractures peuvent aussi détacher un fragment ou la glène dans sa totalité ;

– les fractures des bords antéro-inférieurs ou postéro-inférieurs de la glène.

Elles sont retrouvées dans 20 % des luxations traumatiques glénohumérales.

Les parties postérieures (luxation postérieure) ou antérieures (luxation antérieure) peuvent être atteintes, principalement lors des manoeuvres de réintégration de la tête humérale au sein de la cavité glénoïde.

Les fragments détachés et libres seront source d’instabilité résiduelle ou d’irréductibilité de la luxation.

Classiquement, les lésions de la glène liées à une luxation glénohumérale antérieure seront explorées par des clichés de face en double obliquité, et de profil.

Ces clichés montrent les lésions osseuses du rebord antéro-inférieur de la glène, marquées parfois par une simple discontinuité de la lame osseuse sous-chondrale de la partie inférieure de la glène.

La rotation interne du bras met en évidence de façon tangentielle l’encoche postérosupéro- externe de la tête humérale (encoche de Malgaigne ou de Hill-Sachs).

Certains auteurs proposent la réalisation de trois clichés à différents degrés de rotation interne tandis que d’autres optimisent parfois l’incidence par une recherche lésionnelle en scopie télévisée.

La rotation externe peut quant à elle objectiver un bâillement supérieur de l’interligne articulaire par déplacement vers l’avant et le bas de la tête de l’humérus.

Dans de nombreux cas, les clichés de profil seront utiles pour explorer plus précisément ces lésions.

Le profil glénoïdien décrit par Bernageau visualise les deux tiers inférieurs du rebord glénoïdien antérieur dont on recherchera une fracture ou un éculement.

Il existera dans certains cas une ossification en regard du col de l’omoplate correspondant à la limite du décollement capsulopériosté.

Le profil axillaire ne permet pas de dissocier suffisamment les parties supérieures et inférieures du rebord glénoïdien antérieur et ne doit pas être utilisé.

Ces différentes « lésions de passage » auront une fréquence variable selon le caractère majeur ou mineur de l’instabilité, selon le caractère récidivant ou non des épisodes de luxations et enfin selon les incidences réalisées.

Dans les instabilités mineures, les fractures glénoïdiennes ou les lésions céphaliques sont plus rares et retrouvées dans seulement 30 à 40 % des cas.

+ Fractures de l’apophyse coracoïde :

Ces fractures peu fréquentes sont importantes à connaître, puisqu’elles entraînent un dysfonctionnement biomécanique de la voûte acromiocoracoïdienne.

Dans ce cas précis, le mécanisme traumatique est le plus souvent indirect : il s’agit d’une fracture déplacée du bord externe de la clavicule sans lésion des ligaments coracoclaviculaires associée et entraînant dans un deuxième temps une avulsion du processus coracoïde.

Dans les cas où les ligaments coracoclaviculaires sont rompus, une disjonction acromioclaviculaire s’associe à la fracture coracoïdienne.

Chez l’enfant, les lésions coracoïdiennes peuvent se limiter à des décollements apophysaires.

+ Fractures de l’acromion :

Elles siègent principalement entre la base de l’acromion et l’épine scapulaire et peuvent occasionner des lésions du plexus brachial.

Le fragment fracturé bascule en général en avant, maintenu par le ligament acromiocoracoïdien.

Ce diagnostic de fracture acromiale ne devra pas être confondu avec la présence d’un os acromial.

+ Fractures de l’épine :

Elles sont soit la conséquence d’un choc direct, soit elles s’intègrent dans le cadre d’un polytraumatisme de l’omoplate ou de la ceinture scapulaire.

* Fractures extra-articulaires :

Elles concernent les fractures du corps de l’omoplate et constituent environ 50 à 70 % des fractures scapulaires.

Le mécanisme d’atteinte est le plus souvent un choc direct, entraînant d’autres lésions associées : fractures des côtes voisines, pneumothorax, etc.

Le trait est généralement transversal oblique et intéresse de façon plus ou moins complète les fosses supra- et infraépineuses.

Les insertions musculaires extrêmement riches à ce niveau expliquent que les déplacements soient le plus souvent minimes.

Un mécanisme indirect de fracture du corps de l’omoplate par avulsion et traction musculaire semble moins fréquent.

Enfin, les fractures liées à un arrachement par le muscle angulaire restent exceptionnelles.

Ostéolyses :

A - Ostéolyse post-traumatique de l’extrémité externe de la clavicule :

Initialement décrite par Wenders, cette affection rare est rencontrée chez des sujets de sexe masculin pratiquant des sports de contact (rugby, football, basket-ball, hockey).

Elle est induite soit par un traumatisme direct sur la région acromioclaviculaire, soit par un stress mécanique répété de l’articulation.

L’ostéolyse post-traumatique se traduit sur le plan radiologique par une résorption ostéolytique de l’extrémité externe de la clavicule qui survient de façon différée par rapport à l’épisode traumatique (de quelques semaines à quelques mois).

L’atteinte débute au niveau de l’os cortical puis s’étend progressivement au niveau de l’os spongieux.

L’ostéolyse peut, en l’absence de traitement, s’étendre de 0,5 à 3 cm de l’extrémité distale de la clavicule.

L’acromion peut aussi présenter des lésions érosives associées. Moore propose une classification en cinq stades radiographiques :

– grade 1 : lyse corticale claviculaire externe inférieure à 50 % ;

– grade 2 : lyse corticale comprise entre 50 et 100 % ;

– grade 3 : lyse corticale égale à 100 % ;

– grade 4 : lyse de la corticale et de l’os spongieux sous-jacent ;

– grade 5 : aspect effilé de l’extrémité externe de la clavicule avec une corticale bien définie.

L’IRM reste non spécifique mais retrouve des lésions en hyposignal sur les séquences pondérées en T1 et en hypersignal sur les séquences pondérées en T2, en écho de gradient (T2*) ou en T1 après injection de gadolinium.

Comme sur les radiographies standards, il existe un élargissement de l’espace articulaire acromioclaviculaire.

L’IRM permet également de suivre l’évolutivité de ces lésions et peut révéler une hypertrophie synoviale réactionnelle et proliférative.

Cette affection bénigne régresse généralement avec la cessation des activités déclenchantes, la phase de réparation se manifestant par une reconstruction de l’os cortical.

L’étiopathogénie de cette affection est encore mal systématisée et de nombreux diagnostics différentiels peuvent être envisagés : tumeurs primitives ou secondaires, arthrite septique, arthrite rhumatoïde, myélome multiple ou hyperparathyroïdie.

B - Ostéolyse massive de Gohram :

Décrite initialement par Gohram, cette pathologie dénommée aussi « os évanescent », peut survenir à n’importe quel âge et on ne note pas de sex-ratio particulier.

Son étiopathogénie n’est pas élucidée à ce jour, mais la mise en cause d’anomalies du système lymphatique est habituellement proposée.

L’évolution de la maladie reste aléatoire.

L’ostéolyse peut débuter après un traumatisme initial et touche préférentiellement le pelvis et la région scapulaire.

Les radiographies standards montrent une ostéolyse débutant au niveau médullaire puis s’étendant progressivement vers la corticale osseuse.

À terme, on note la disparition d’une partie ou de la totalité de la pièce osseuse.

Cette atteinte peut, d’autre part, s’étendre aux pièces osseuses contiguës.

L’IRM peut s’avérer utile en mettant en évidence en pondération T1 des plages en hypersignal et en hyposignal, correspondant à des zones hémorragiques ostéolytiques d’âges différents.

Pathologies diverses :

A - Ostéite condensante :

De cause inconnue et de description relativement récente, cette pathologie atteint préférentiellement des patients âgés de 40 ans et de sexe féminin.

Un passé traumatique et une douleur de la région scapulaire sont retrouvés.

Les radiographies standards montrent une ostéosclérose du bord inféro-interne de la clavicule, sans rétrécissement de l’espace articulaire sternoclaviculaire.

L’IRM montre le même type de lésion apparaissant en hyposignal sur les séquences pondérées T1 et T2.

Les diagnostics différentiels à évoquer sont l’ostéonécrose ischémique de l’épiphyse médiale claviculaire (maladie de Friedrich) touchant électivement les enfants et les adolescents, l’hyperostose de la clavicule retrouvée principalement chez les sujets âgés de sexe masculin.

B - Ostéomyélite :

Sa traduction au niveau de l’omoplate ou de la clavicule ne présente pas de particularité sémiologique spécifique.

Les radiographies standards sont le plus souvent en retard par rapport à la clinique.

L’examenTDM montre parfois un abcès des tissus mous ou une augmentation de la densité médullaire.

L’IRM retrouve quant à elle un hyposignal en T1 et un hypersignal en T2.

Cet examen semble être le plus sensible et le plus spécifique pour la détection des ostéomyélites.

C - SAPHO :

Le syndrome SAPHO, acronyme proposé par Kahn pour désigner l’association synovite-acné-pustulose-hyperostose-ostéïte, atteint dans 70 à 90 % des cas la paroi thoracique antérieure.

Les deux clavicules et le manubrium sternal présentent alors des lésions d’hyperostose parfois très importantes.

Un bilan radiologique standard suffit dans la plupart des cas, en montrant dès le début de l’affection une ossification des ligaments costoclaviculaires ou sternoclaviculaires. Des lésions arthritiques ou ankylosantes peuvent être associées touchant les articulations sternoclaviculaires.

D - Ostéoarthropathie acromioclaviculaire :

L’ostéoarthropathie acromioclaviculaire est une pathologie peu connue, qui touche de façon préférentielle le sujet jeune pratiquant une activité physique soutenue.

Contrairement à l’ostéolyse post-traumatique de l’extrémité externe de la clavicule, on ne retrouve pas de lyse radiologique dans cette pathologie.

D’un point de vue radiologique, des géodes finement cerclées, le plus souvent localisées au niveau de la partie supéroexterne de la clavicule, permettent de porter le diagnostic.

Le versant acromial de l’articulation est a priori indemne, sans géodes en « miroir », plus caractéristiques de l’arthrose.

L’interligne articulaire n’est jamais pincée et on ne visualise pas d’ostéophytes périarticualaires.

L’évolution est favorable avec la diminution ou l’arrêt de l’activité physique en cause.

Pathologie tumorale :

De multiples lésions tumorales bénignes ou malignes, d’origine osseuse ou cartilagineuse, peuvent atteindre la scapula ou la clavicule.

Toutes étiologies confondues, leur prévalence reste toutefois très faible, 3 % pour la clavicule et 1 % pour la scapula.

Nous ne détaillerons pas l’ensemble des particularités propres des étiologies tumorales présentées, mais leur diagnostic repose actuellement dans la majorité des cas sur l’association radiographies standards et IRM.

Différentes séquences IRM pourront être réalisées selon le matériel utilisé.

Nous insisterons sur l’intérêt dans la pathologie tumorale de deux types de séquences particulières :

– les séquences avec injection de produit de contraste paramagnétique ;

– les séquences reposant sur la saturation des graisses.

Ces deux types de séquences renforcent le contraste tissu/lésion et potentialisent alors la détection des atteintes infiltratives médullaires.

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