Tumeurs malignes de l'oreille (Suite)
Cours d'ORL (Oto-rhino-laryngologie)
Tumeurs malignes du conduit auditif externe
et de l’oreille moyenne :
Ces deux cas sont habituellement étudiés conjointement car s’il est aisé, dans
les petites tumeurs, de préciser le point de départ, il est très difficile, dans les
tumeurs étendues, les plus fréquentes, de préciser parfaitement le point de
départ entre ces deux structures anatomiques qui sont souvent envahies
simultanément.
Les carcinomes sont de loin les tumeurs les plus fréquentes dans ces deux
localisations, et ce sont elles que nous étudierons en premier.
A - Tumeurs épithéliales
:
1- Épidémiologie
:
Ces carcinomes se développent chez des patients ayant, dans près de la moitié
des cas, des antécédents d’otite chronique ou d’eczéma de CAE.
Le développement de CE, plusieurs années après une irradiation sur cette
région, a pu être décrit, le CAE se situant dans une zone de pénombre.
L’âge des patients se situe au-delà de 50 ans pour les épithéliomas spino- et
basocellulaires, et ces carcinomes peuvent survenir chez des sujets plus jeunes
pour les tumeurs glandulaires et, en particulier, les carcinomes adénoïdes
kystiques.
Le sex-ratio se situe aux environs de 1.
2- Anatomopathologie :
* Cancers du conduit auditif externe
:
Les CE sont prédominants (60 à 80 %).
Les CBC ne représentent que 15 à 20 % des tumeurs.
Ils sont habituellement
développés aux dépens du tiers externe du conduit, provenant du méat et de la
conque.
Les tumeurs glandulaires malignes, très particulières au CAE, représentent
15 à 20 % des tumeurs duCAEet sont le plus souvent développées aux dépens
des glandes cérumineuses du conduit.
Ce peut être :
– les carcinomes adénoïdes kystiques ou cylindromes, les plus fréquents ;
– les adénocarcinomes cérumineux ;
– les tumeurs mucoépidermoïdes ;
– les carcinomes à cellules myoépithéliales.
Pulec, sur 37 cas de tumeurs des glandes cérumineuses, retrouve
24 carcinomes adénoïdes kystiques et cinq adénocarcinomes.
Dehesdin a repris plusieurs statistiques, regroupant 151 tumeurs du CAE
et 107 tumeurs glandulaires, avec principalement des carcinomes adénoïdes
kystiques et des adénocarcinomes.
Mansour insiste sur l’histopronostic parfois incertain de certaines tumeurs
glandulaires.
Il rappelle également que des tumeurs glandulaires peuvent se
développer à partir d’îlots salivaires ectopiques, situés dans le CAE.
* Cancers de l’oreille moyenne :
Les CE sont les tumeurs de l’oreille moyenne les plus fréquents.
Toutefois, dans 10 % des cas environ, sont retrouvées des tumeurs
glandulaires dont l’origine est diverse et discutée (glande cérumineuse ou
glande salivaire ectopique).
Le point de départ des tumeurs étendues est souvent difficile à préciser.
* États précancéreux
:
Ils sont exceptionnels. Quelques cas de papillomes inversés de l’oreille
moyenne ont été décrits, mais leur dégénérescence est discutée.
Des virus de type human papilloma virus (hPV 16 et 18 principalement) ont
été retrouvés dans des CE de l’oreille moyenne, faisant discuter leur rôle dans
la genèse de tels cancers.
3- Clinique :
* Signes révélateurs
:
Le plus habituel est une otorrhée chronique et unilatérale, traînant depuis
plusieurs mois et pouvant paraître banale chez un patient négligent porteur
d’une otite chronique ancienne.
Cette otorrhée est volontiers douloureuse et la persistance de cette douleur,
malgré les traitements antibiotiques, peut donner l’alarme.
À cette otorrhée douloureuse, s’associent habituellement une surdité et des
acouphènes.
La paralysie faciale, d’installation progressive, est rarement révélatrice et
s’associe en général aux symptômes précédents négligés.
L’atteinte des paires crâniennes ou la présence d’adénopathies cervicales sont
des signes très rarement révélateurs.
Les tumeurs glandulaires débutantes de l’oreille peuvent se présenter sous
forme d’une tuméfaction limitée du CAE, recouverte d’une peau
subnormale ; une biopsie faite sous anesthésie locale, après incision de la
peau, permettra d’obtenir une certitude histologique.
* Examen clinique :
Il est précédé par un interrogatoire recherchant les antécédents de pathologie
de l’oreille, la durée des symptômes ORL et les antécédents éventuels de
radiothérapie.
L’otoscopie est complétée par un examen au microscope avec aspiration.
Lorsqu’il s’agit d’un cancer du CAE, l’examen retrouve une sténose
inflammatoire très douloureuse du conduit.
Cette sténose est parfois
constituée d’un tissu bourgeonnant, accessible à une biopsie qu’il faudra
penser à réaliser.
Tantôt, l’aspect est celui d’une otite externe apparemment
banale ; la mise en place de Mérocelt avec des applications de gouttes
antibiotiques et anti-inflammatoires locales est prescrit, dans un premier
temps.
Un nouvel examen aura lieu quelques jours plus tard, avec une
éventuelle biopsie.
L’examen vérifie en outre l’état du tympan.
Les cancers de l’oreille moyenne se révèlent souvent par une pathologie du CAE ; bien souvent, le tympan est infiltré, épaissi, souvent traversé par des
bourgeons tumoraux provenant de l’oreille moyenne et infiltrant le CAE.
L’examen clinique de l’oreille est complété par la recherche d’une
adénopathie cervicale jugulocarotidienne, en particulier sous-digastrique
mais également intraparotidienne ou rétroauriculaire.
L’examen recherche une éventuelle limitation de l’ouverture buccale, témoin
d’une atteinte des muscles ptérygoïdiens, des signes de paralysie faciale,
d’installation souvent insidieuse et lentement progressive, une atteinte des
autres paires crâniennes (VIII ou XII).
* Examens paracliniques :
+ Examen histologique :
Il est, bien sûr, indispensable pour affirmer le diagnostic de cancer de
l’oreille ; cet examen portera le plus souvent sur un bourgeon du CAE ou un
bourgeon accessible à travers une paracentèse.
Il faut toutefois rappeler l’importance de l’examen anatomopathologique
avec éventuel extemporané lors de la découverte en peropératoire de
bourgeons suspects dans les cavités de l’oreille moyenne.
+ Examen audiométrique tonal et vocal
:
Il apprécie l’importance de la surdité et l’état de l’oreille controlatérale.
Épreuves vestibulaires
Il n’y a habituellement pas de signe vestibulaire spontané.
Les épreuves
d’irrigation à l’eau sont habituellement impossibles à réaliser, et les épreuves
de stimulation à l’air sont souvent faussées par l’obstruction du CAE.
+ Imagerie :
Ce sont en fait les données de l’imagerie qui sont fondamentales pour orienter
en faveur d’une pathologie tumorale et apprécier l’extension de cette tumeur
avant la décision opératoire.
En présence d’une pathologie tumorale, la tomodensitométrie (TDM),
permettant d’apprécier les images osseuses, est souvent complétée par
l’imagerie par résonance magnétique (IRM) pour apprécier l’extension de la
tumeur aux parties molles.
Cette imagerie explore, de façon systématique, les
régions parotidienne et cervicale à la recherche d’adénopathies satellites.
Les
données de l’imagerie ne montrent pas d’aspect spécifique en faveur d’un
cancer, mais apportent des arguments importants tels une lyse osseuse, le
comblement des cellules mastoïdiennes ; ces images purement osseuses ne
sont pas pathognomoniques, certaines ostéites ou cholestéatomes de l’oreille
pouvant donner des aspects superposables.
Arriaga rappelle la possibilité d’extension tumorale en avant du CAE,
sans érosion osseuse, la tumeur s’introduisant à travers les incisures de
Santorini et la jonction ostéocartilagineuse.
Cet auteur insiste sur la nécessité de faire l’analyse précise des douze régions
anatomiques du CAE : les quatre parois du CAE, la fosse infratemporale,
l’oreille moyenne, la capsule otique, le processus mastoïde, la fosse jugulaire,
le canal carotidien, le tegmen tympani, la fosse crânienne moyenne et
postérieure.
Chez les patients traités, l’interprétation de laTDM est difficile, l’érosion par
extension tumorale résiduelle ne pouvant se distinguer d’une
ostéoradionécrose simple sur des images postopératoires.
+ Artériographie carotidienne
:
Son indication est rare, justifiée lors des atteintes étendues du rocher et en
particulier à proximité du canal carotidien.
L’échographie n’a que peu ou pas d’intérêt puisque le scanner explore
également, de façon plus fiable, la région cervicale parotidienne à la recherche
d’adénopathies.
Quant au PET-scan (positon emission tomography), peut-être pourra-t-il
fournir des éléments plus spécifiques ; la place éventuelle de cet examen est
actuellement en cours d’évaluation.
B - Formes cliniques :
– Les CE du CAE s’étendent rapidement à l’oreille moyenne (tympanum,
mastoïde) puis aux tissus périauriculaires : articulation temporomandibulaire,
loge parotidienne, etc.
Les métastases ganglionnaires sont d’abord parotidiennes puis, très
rapidement ou simultanément, sous-digastriques.
Les carcinomes de l’oreille moyenne envahissent rapidement toutes les
cavités de l’oreille et s’étendent au CAE et à la région périauriculaire.
Ces
carcinomes se développent éventuellement sur une oreille opérée.
Rappelons que le point de départ exact de ces CE, vus souvent à un stade
tardif, est très difficile à préciser parfaitement.
– Les CBC siègent principalement dans la partie externe du CAE, soit
primitifs, soit prolongements d’une lésion de la conque.
Il n’y a pas, sauf
exception, de métastases ganglionnaires.
– Les carcinomes adénoïdes kystiques du conduit se présentent au début
comme une tuméfaction limitée, envahissant rapidement la peau ; les
douleurs, souvent très intenses, doivent inciter à réaliser rapidement une
biopsie.
Les métastases ganglionnaires sont rares et tardives ; des métastases
viscérales, en particulier pulmonaires, sont recherchées au cours de la
surveillance.
– Les adénocarcinomes du CAE sont d’évolution habituellement plus rapide
que les carcinomes adénoïdes kystiques.
– Beaucoup plus rares sont les carcinomes verruqueux et les carcinomes mucoépidermoïdes.
1- Diagnostic différentiel
:
* Otite externe maligne :
Il s’agit d’une ostéite survenant chez le sujet âgé, diabétique, due à une
infection à Pseudomonas aeruginosa.
Le tableau clinique se caractérise par
une otorrhée hyperalgique avec un conduit obturé par des bourgeons
inflammatoires ; l’imagerie retrouve une ostéite intéressant le tympanal ou le
dépassant.
L’association avec un cancer a pu être décrite.
* Ostéoradionécrose du conduit auditif externe
:
Survenant en tissu irradié, elle se caractérise par une exposition osseuse,
douloureuse et suintante ; l’hypothèse d’une récidive tumorale doit toujours
être évoquée et des examens histologiques réalisés, complétés par des
données de l’imagerie.
* Otite tuberculeuse :
Elle se caractérise par une otite moyenne chronique avec un aspect
nécrotique, blanchâtre du fond de caisse et souvent des douleurs et une
paralysie faciale révélatrice.
* Tumeurs bénignes :
– Le schwannome du nerf facial peut se révéler par une otorrhée avec une
surdité de transmission et une paralysie faciale progressive, mais souvent
retardée.
– Les tumeurs glomiques : nous ne reviendrons pas sur leurs caractères
cliniques évocateurs, l’existence d’ostéolyse étant habituelle dans ce type de
lésion.
De rares tumeurs glomiques peuvent être d’authentiques tumeurs
malignes.
Le diagnostic différentiel avec une tumeur bénigne est habituellement aisé
dans la plupart des cas ; le diagnostic histologique entre adénome,
adénocarcinome ou carcinome adénoïde kystique est parfois difficile, surtout
si le prélèvement est insuffisant ou limité, et il ne faudra pas hésiter à le
renouveler.
Dans de rares cas, une maladie de Wegener de l’oreille moyenne peut
également être évoquée, lorsque l’histologie n’est pas interprétable.
2- Classification TNM :
Il n’y a pas de classification officielle TNM. La classification de Laccourreye
et de Passereau, assez superposable à celle d’Arriaga, semble la plus
logique à utiliser :
– T1 : tumeur limitée au revêtement cutané du CAE ;
– T2 : tumeur étendue aux parois du CAE cartilagineux et osseux ;
– T3 : tumeur atteignant l’oreille moyenne ;
– T4 : tumeur dépassant les limites de l’oreille moyenne et atteignant soit
l’oreille interne et l’os temporal, soit l’encéphale.
Stell propose une autre classification :
– T1 : tumeur limitée au site d’origine (pas de paralysie faciale ou
d’ostéolyse radiologique) ;
– T2 : tumeur étendue avec ostéolyse ou paralysie faciale ;
– T3 : tumeur envahissant les structures de voisinage (dure-mère, parotide,
articulation temporomandibulaire).
3- Traitement des tumeurs épithéliales malignes
:
Pour la plupart des auteurs, le traitement est avant tout chirurgical, suivi de
radiothérapie.
Ce n’est qu’en cas de contre-indication opératoire, en particulier chez les
sujets très âgés, que la radiothérapie est proposée de façon palliative.
Quant à la place de la chimiothérapie proposée par certains auteurs, elle
n’a jamais fait la preuve de son efficacité, les études portant sur un taux de
malades trop limité.
* Techniques chirurgicales :
+ Résection partielle du CAE :
Elle s’adresse à des tumeurs limitées aux limites parfaitement
visibles ; il est toujours prudent de prévoir un examen extemporané
pour apprécier les limites d’exérèse parfois incertaines.
Une résection cutanée large sera habituellement associée à une
résection de l’os au contact de la tumeur, soit par simple fraisage,
soit mieux par résection en monobloc avec la tumeur, la réparation
de la perte de substance osseuse pouvant être assurée, entre autres,
par une greffe de conque ou par des biomatériaux.
La réparation de la perte de substance cutanée, très large, sera
assurée par une greffe de peau mince.
+ Pétrectomies partielles externes
:
Elles s’adressent à des tumeurs limitées du conduit auditif osseux envahissant
les parois osseuses de façon limitée mais épargnant l’oreille moyenne.
Que la voie postérieure ou endaurale soit utilisée, le geste chirurgical
comporte l’ablation de tout le CAE, si possible en monobloc avec la tumeur,
en réalisant une masto-antro-atticotomie, une tympanotomie postérieure
préservant le nerf facial et en interrompant l’articulation incudostapédienne.
Une parotidectomie superficielle avec conservation du nerf facial est
habituellement associée, de même qu’un curage ganglionnaire sousdigastrique,
spinal et éventuellement jugulocarotidien.
La résection du CAE osseux pourra être associée, en fonction de l’extension,
à une résection du condyle mandibulaire.
Si certains auteurs préconisent le comblement de la cavité ainsi réalisée par
un tissu adipeux pris à l’abdomen ou par un lambeau de muscle temporal
(après obturation de la trompe d’Eustache), il nous semble préférable de
réaliser une large méatoplastie, assurant en outre une surveillance
postopératoire.
+ Pétrectomie subtotale
:
Elle est proposée pour les tumeurs du CAE étendues à l’oreille moyenne et à
la mastoïde.
La collaboration d’un neurochirurgien est souvent nécessaire en cas
d’envahissement de la dure-mère.
Lewis et Parsons en ont décrit la
technique en 1954 : ils proposent une incision enY, prolongée verticalement
dans le cou, associée à une incision à travers la conque, permettant de réséquer
le tragus à la demande.
La résection intéresse le CAE, éventuellement le
condyle temporal, toutes les structures de l’oreille moyenne (avec section du
nerf facial et éventuelle réparation), ainsi que le bloc labyrinthique.
Une parotidectomie superficielle et un curage ganglionnaire sont réalisés
simultanément.
La méninge sera exposée, éventuellement réséquée en cas
d’envahissement. Le canal carotidien est également disséqué.
La cavité est
comblée soit par de la graisse, soit par des lambeaux musculaires de voisinage
(muscle temporal, ou mieux lambeau musculocutané de grand pectoral, surtout si
une exérèse cutanée a été réalisée).
+ Pétrectomie totale
:
Elle nous apparaît d’indication exceptionnelle et est proposée pour des
tumeurs de l’oreille moyenne très étendues à l’oreille interne avec extension
à la carotide intrapétreuse et à l’apex pétreux.
* Traitement des aires ganglionnaires
:
Ainsi que nous l’avons déjà évoqué, il est souvent pratiqué en même temps
que la résection tumorale, lorsqu’il s’agit de tumeurs étendues et en particulier
de CE.
Ce curage comportera une parotidectomie superficielle, ainsi qu’un curage
sous-digastrique et spinal, éventuellement associé à un curage ganglionnaire
jugulocarotidien complet.
* Radiothérapie :
La radiothérapie complémentaire est toujours nécessaire, portant sur le lit
tumoral et les relais ganglionnaires parotidiens et jugulocarotidiens.
Résultats
Les grandes statistiques américaines sont étendues sur plusieurs décennies,
de sorte que leur valeur statistique est sans doute très discutable.
Lewis rapporte 143 cancers avancés de l’oreille dont 105 du CAE,
opérés entre 1928 et 1965, avec une survie globale de 28 % à 5 ans.
Kinney, sur 35 cancers du CAE, toutes formes histologiques
confondues, suivis entre 6 mois et 1 an, retrouve une survie de 90 % pour les
cancers limités du CAE, 72 % (7 cas) pour les cancers du CAE et de l’oreille
moyenne.
Alvarez, sur un total de 209 cas publiés dans la littérature, retrouve une
survie moyenne à 5 ans de 28 %, avec de bien meilleurs résultats dans les
formes localisées.
Tous les auteurs s’accordent sur le caractère péjoratif que représente, lors du
premier examen, une paralysie faciale ou des métastases ganglionnaires.
Arriaga insiste sur l’importance d’une bonne qualité de résection qui assure
un taux de survie nettement supérieur, en cas de résection saine (50 % de
survie à 5 ans) chez des patients dont l’exérèse tumorale est saine contre 25 %
en résection insuffisante.
C - Autres tumeurs malignes de l’oreille
:
Ces tumeurs sont rares, souvent exceptionnelles.
1- Sarcomes :
Des ostéosarcomes ou des chondrosarcomes ont pu être décrits de façon
exceptionnelle au niveau de l’os temporal ; la distinction entre
chondrosarcome de grade I et chondrome, souvent difficile, dépend des
anomalies morphologiques cellulaires.
Les chondrosarcomes de grades II, III ou mésenchymateux sont de gravité
croissante.
Leur traitement en est essentiellement chirurgical.
Les rhabdomyosarcomes de l’oreille moyenne : une série de
26 rhabdomyosarcomes de l’oreille a été rapportée par l’institut Gustave-Roussy (IGR) de 1975 à 1990.
Ils touchent les enfants de 21 mois à 13 ans.
Les signes révélateurs sont principalement des signes otologiques (otalgies,
otorrhée) avec polypes duCAEaccessibles à une biopsie.
La paralysie faciale
simultanée a été retrouvée chez près de 40 % des patients, parfois associée à
d’autres atteintes des paires crâniennes.
Le traitement associe chimiothérapie
et radiothérapie.
La survie dans cette série est de 40 % à 5 ans.
Raney a une survie de 47 % à 3 ans et demi sur 19 cas exploitables.
2- Mélanomes malins du conduit auditif externe et de l’oreille moyenne
:
Ils sont exceptionnels.
De pronostic très sombre, ils doivent faire évoquer la
discussion d’un mélanome primitif ou métastatique.
3- Localisations auriculaires des hémopathies malignes
:
Des leucémies aiguës peuvent avoir, au cours de leur évolution, des
localisations otologiques, caractérisées par une infiltration du CAE ou de
l’oreille moyenne, facilement accessibles à une biopsie.
Les lymphomes malins non hodgkiniens, exceptionnels, n’ont pas de
caractère clinique particulier ; seule, l’histologie permet d’en faire le
diagnostic.
Le traitement comprend l’association chimioradiothérapie en fonction du
bilan d’extension réalisé.
4- Localisations métastatiques à l’oreille moyenne et au rocher
:
La diffusion à l’os temporal se fait plus par voie hématogène que par
envahissement périneural.
La découverte d’un adénocarcinome de l’oreille
moyenne devra toujours faire rechercher la possibilité d’un cancer primitif ostéophile (sein, rein, prostate).
5- Paragangliomes tympaniques de l’oreille moyenne
:
Le plus souvent bénins, ils peuvent parfois présenter un caractère malin,
évoqué sur les anomalies nucléaires ou les embols vasculaires péritumoraux,
mais surtout par la survenue de métastases.
6- Tumeurs carcinoïdes :
Elles ont un aspect monomorphe, endocrinoïde, très évocateur.
Une immunohistochimie permet d’en faire le diagnostic.
Elle peuvent donner
des métastases à distance et doivent être considérée comme les
adénocarcinomes.