Tumeurs conjonctives cutanées bénignes
(Suite) Cours de dermatologie
I -
HÉMANGIOENDOTHÉLIOME KAPOSIFORME :
L’hémangioendothéliome kaposiforme est situé dans les tissus
mous profonds (rétropéritoine et médiastin) et plus rarement au
niveau de la peau.
Son association est fréquente à une coagulopathie
de consommation (syndrome de Kasabach-Merritt) ou à une
lymphangiomatose.
L’histologie est l’élément du diagnostic.
Elle permet d’identifier des
nodules mal circonscrits séparés par du tissu conjonctif, proches de
ceux observés dans l’angiome en touffes.
Cependant, dans
l’hémangioendothéliome kaposiforme, les nodules sont plus
importants, moins bien délimités et envahissent les structures
profondes.
Les nodules sont constitués de petits capillaires, plus ou
moins arrondis, d’amas compacts de cellules endothéliales arrondies
et épithélioïdes, d’espaces vasculaires en croissant ou à type de
fentes.
Les espaces vasculaires peuvent renfermer des thrombi de
fibrine, des globules rouges. Des amas d’hémosidérine sont
également présents au sein de ces nodules.
Il n’existe ni atypies
cellulaires, ni mitoses.
Des faisceaux de cellules fusiformes se mêlent
aux structures vasculaires, rappelant ainsi un sarcome de Kaposi.
L’immunoréactivité des cellules est variable pour le facteur VIII
antigénique ainsi que pour la lectine Ulex europeus.
Le pronostic dépend de la taille, du siège de la lésion ainsi que des
anomalies associées.
J - HÉMANGIOENDOTHÉLIOME À CELLULES FUSIFORMES :
Cette tumeur, décrite pour la première fois en 1986 par Weiss et
Enzinger, est une tumeur vasculaire caractérisée par des structures
vasculaires d’aspect caverneux, séparées par des cellules fusiformes.
Considérée initialement comme une tumeur borderline, son caractère
bénin est actuellement reconnu au sein des proliférations vasculaires.
En revanche, sa nature exacte reste débattue.
1- Clinique :
Cette lésion touche sans préférence de sexe l’adulte jeune. De siège
dermique ou sous-cutané, elle prend l’aspect de nodules, unique ou
multiples, alors regroupés dans un même territoire anatomique.
De
taille variable, de quelques millimètres à centimètres, les nodules
fermes ont une croissance relativement lente et sont souvent
présents depuis de longues années avant toute consultation.
La
topographie préférentielle est la partie distale des membres.
Les
autres localisations, et en particulier viscérales, sont exceptionnelles.
L’association à d’autres processus vasculaires est possible :
syndrome de Maffuci, varices d’apparition précoce, lymphoedème
congénital, syndrome de Klippel-Trenaunay.
2- Histologie
:
La lésion nodulaire ferme de couleur rouge clair ou brun-rouge
présente, de façon évidente sur le plan macroscopique, des thrombi
et des phlébolithes.
La tumeur est constituée de deux zones d’importance variable. Dans
la première, les vaisseaux sanguins ont un aspect caverneux.
Ils sont
délimités par des cellules endothéliales aplaties bien différenciées.
Les espaces vasculaires sont optiquement vides ou renferment des
érythrocytes, des thrombi et des phlébolithes obstruant, de façon
totale ou partielle, la lumière.
La deuxième zone est représentée par
les cellules fusiformes ressemblant à des fibroblastes.
Il n’y a ni
atypies cellulaires, ni augmentation de l’activité mitotique au niveau
cellulaire.
Ces zones ressemblent à des structures vasculaires
caverneuses collabées par le stroma cellulaire fibroblastique.
En
fonction de l’importance de ces deux zones, la tumeur rappellera
soit un hémangiome, soit un sarcome de Kaposi ou un angiosarcome
à cellules fusiformes de bas grade.
Des cellules endothéliales d’aspect épithélioïde avec un cytoplasme
vacuolaire peuvent être observées en bordure des lumières
vasculaires.
Une des particularités de cette tumeur est sa localisation intravasculaire dans plus de 50 % des cas.
Les vaisseaux dans
lesquels cette tumeur se développe sont surtout des veines.
Leur
paroi parfois déhiscente permet à la tumeur de faire hernie à travers
elle.
Les cellules endothéliales sont marquées par le facteur VIII
antigénique et la lectine Ulex europeus, mais pas les cellules
fusiformes.
La microscopie électronique objective des cellules
d’allure endothéliale et des cellules mésenchymateuses rappelant le
fibroblaste.
3- Histogenèse :
Pour certains, l’hémangioendothéliome à cellules fusiformes n’est
pas une tumeur mais correspond à un processus réactionnel avec
des phénomènes de thrombose et de recanalisation.
Pour d’autres, il
s’agirait d’un hamartome.
Enfin, la troisième hypothèse est celle
d’une véritable tumeur vasculaire bénigne, bien que la distinction
entre malformation et tumeur vasculaire bénigne soit parfois
arbitraire.
4- Traitement
:
Il repose sur la chirurgie simple.
Les récurrences sont fréquentes, le
plus souvent localisées, survenant quelques mois ou plusieurs
années après l’exérèse initiale.
Elles sont parfois multiples mais elles
ne sont pas destructrices.
K - LYMPHANGIOENDOTHÉLIOME BÉNIN
(LYMPHANGIOME ACQUIS)
:
Cette tumeur, décrite pour la première fois par Wilson-Jones en 1963
sous l’appellation d’angioendothéliome malin, a fait l’objet, en 1990
par le même auteur, d’un travail de synthèse à partir de huit cas
permettant véritablement de l’individualiser et d’en préciser les
caractéristiques.
Elle constitue une entité rare et seuls une vingtaine
de cas ont été rapportés dans la littérature.
1- Clinique :
Cette tumeur touche surtout l’adolescent et l’adulte jeune, mais elle
peut apparaître à n’importe quel âge.
Elle se présente sous la forme
d’une lésion solitaire maculeuse ou d’une plaque bien délimitée,
augmentant progressivement de taille, de couleur rosée ou rouge
brunâtre, parfois recouverte à sa surface de petites papules jaunâtres
ou rouges.
Elle est asymptomatique, ne s’accompagne pas
d’une augmentation de la température cutanée.
Sa taille est variable,
mais elle peut atteindre une trentaine de centimètres.
Sa topographie
est ubiquitaire.
2- Histologie :
Elle se caractérise par des espaces et des fentes vasculaires
délimitées par une paroi endothéliale mince.
Localisés dans le derme sous-papillaire et supérieur, les vaisseaux adoptent une disposition
horizontale parallèle à l’épiderme.
Une extension à tout le derme,
voire au tissu sous-cutané, est possible.
En profondeur, les cavités
vasculaires sont moins ectasiques et ressemblent plus à de simples
fentes.
Une des caractéristiques de cette tumeur est la « dissection »
du collagène par les structures vasculaires pouvant simuler ainsi un angiosarcome.
Mais l’absence d’atypies cellulaires infirme
cette hypothèse. Les lumières vasculaires sont optiquement vides,
dépourvues d’hématies à moins que celles-ci ne soient présentes en
petits foyers et toujours de façon exceptionnelle.
Il n’existe pas de
dépôts d’hémosidérine. Les cellules endothéliales bordant la lumière
sont soit aplaties, soit hyperplasiques faisant saillie dans la lumière
du vaisseau.
Il n’existe pas d’infiltrat inflammatoire ou du moins est-il très discret
et fait de cellules mononucléées.
Enfin, cette lésion se caractérise par
son absence d’hémorragies et de cellules géantes multinucléées.
Toutes ces particularités doivent aider au diagnostic différentiel avec
un sarcome de Kaposi à un stade précoce, un angiosarcome de bas
grade, un angioendothéliome malin bien différencié.
Les données immunohistochimiques montrent au niveau des
vaisseaux tumoraux un marquage positif avec la lectine Ulex
europeus, très inconstant et faible avec le facteur VIII antigénique.
Certains auteurs ont mis en évidence un marquage positif pour
le collagène IV et la desmine périvasculaire, respectivement au
niveau des lames basales et des cellules musculaires lisses.
Zhu et
al suggèrent que cette tumeur est un hamartome complexe
contenant des vaisseaux sanguins et lymphatiques, ainsi que des
cellules musculaires lisses.
3- Traitement
:
Il est chirurgical en ayant recours à une exérèse-greffe lorsque la
lésion est de taille trop importante.
Le recours à une corticothérapie
systémique donne des résultats très inconstants.
L - TUMEUR GLOMIQUE :
Les tumeurs glomiques sont des tumeurs rares développées aux
dépens des corps glomiques qui sont des shunts artérioveineux
(canal de Sucquet-Hoyer) impliqués dans les processus de
thermorégulation, de topographie ubiquitaire, mais particulièrement
localisées au niveau des doigts et des régions palmoplantaires.
1- Clinique
:
Cette tumeur touche les sujets jeunes, aussi bien les hommes que les femmes, avec une légère prédominance féminine quand il s’agit de lésions digitales.
La lésion est unique ou multiple.
Elle se localise au
niveau des extrémités et en particulier aux mains, dans la région sous-unguéale mais ubiquitaire, elle peut être de localisation
viscérale.
Elle se présente sous la forme d’un nodule de couleur
rouge pourpre ou bleu-rouge le plus souvent, mais l’absence de
coloration est possible.
Elle est de petite taille, entre 0,5 et 1 cm.
Sa
principale caractéristique séméiologique est la douleur.
Les
paroxysmes douloureux irradient à partir de la tumeur.
Ils sont
déclenchés par le simple effleurement de la lésion, par des
modifications de la température ambiante comme le froid.
Ce sont
les lésions acrales qui sont les plus douloureuses.
Au niveau sacrococcygien, la tumeur glomique peut simuler un sinus pilonidal
et être cause de coccydynie.
Dans certains cas, la lésion érode la
corticale osseuse en regard, surtout au niveau des phalanges
terminales.
De façon exceptionnelle la tumeur s’accompagne de
phénomènes vasomoteurs, de syndrome de Horner, de transpiration
localisée.
2- Histologie
:
La tumeur glomique est soit non encapsulée, soit encapsulée de
façon complète ou partielle.
Elle est dermique parfois étendue au
fascia.
Elle est constituée d’amas de petites cellules uniformes,
arrondies ou polygonales, à noyau arrondi, avec des limites
cytoplasmiques nettes et un cytoplasme éosinophile.
Au sein de ces
cellules, les vaisseaux sont délimités par des cellules endothéliales.
Le stroma est d’allure mucoïde et plus ou moins abondant.
Des fibres nerveuses se retrouvent en étroite association avec la
tumeur, souvent en périphérie de celle-ci.
Les immunomarquages montrent un marquage positif des cellules
arrondies glomiques par la vimentine, l’actine musculaire spécifique
et l’actine musculaire lisse.
Les cellules endothéliales du stroma
vasculaire sont positives pour le facteur VIII et la lectine Ulex
europeus.
Les fibres nerveuses sont positives pour la protéine S100,
les neurofilaments, le GFA, l’anticorps leu-7 reconnaissant les
glycoprotéines associées à la myéline, la substance P.
Les cellules glomiques sont négatives pour ces marqueurs.
De nombreuses
variantes histologiques ont été décrites : tumeur glomique
intraneurale, intravasculaire, épithélioïde, vasculaire prédominante
pouvant simuler un hémangiopéricytome, oncocytique au
cytoplasme abondant et granuleux, myxoïde.
Le glomangiomyome se caractérise, quant à lui, par la présence de
cellules transitionnelles entre les cellules glomiques et les cellules
musculaires lisses, allongées et matures.
En microscopie électronique, les cellules glomiques apparaissent
comme renfermant de fins filaments rappelant ceux d’actine, des
corps denses, de multiples vésicules de pinocytose.
Elles sont
délimitées par une lame basale relativement épaisse.
3- Forme anatomoclinique :
*
Glomangiome :
C’est une forme anatomoclinique bien particulière de tumeur
glomique rencontrée essentiellement chez les sujets ayant des
tumeurs multiples (glomangiomatose), chez les enfants et dans les
formes familiales.
Pouvant se répartir sur toutes les zones du
tégument, les nodules bleutés gardent comme topographie
préférentielle les extrémités.
Le caractère douloureux est souvent
moins marqué que dans les tumeurs solitaires.
* Syndrome du « Blue Rubber Bleb Nevus »
:
Il est à évoquer lorsque les lésions papuleuses bleutées sont
multiples, souples, compressibles, sensibles, à la fois cutanées et
muqueuses.
Mais c’est l’atteinte digestive avec des lésions multiples
localisées tout le long du tractus gastro-intestinal qui fait le
pronostic, de même que des localisations aussi diverses que le
système nerveux central, le tractus urinaire, le coeur, le poumon, le
foie ou la rate.
Le glomangiome revêt sur le plan macroscopique l’aspect d’un
hémangiome caverneux.
La tumeur, moins bien circonscrite, est
constituée d’espaces vasculaires dilatés irréguliers, délimités par un
endothélium, renfermant dans leur lumière des érythrocytes, des phlébolithes, des thrombi.
Les cellules glomiques présentes dans
leur paroi et au sein du stroma forment de petits agrégats, mais
moins importants que dans la tumeur solitaire.
4- Traitement
:
Il est chirurgical dans les lésions solitaires, et repose sur une simple
exérèse emportant la capsule pour éviter les récidives.
M - HÉMANGIOPÉRICYTOME :
Cette tumeur à différenciation péricytaire, décrite en 1942 par Stout
et Murray, fait l’objet de deux types de controverses.
La première
concerne son existence et son individualisation, et la deuxième sa
place au sein des tumeurs conjonctives bénignes.
Le diagnostic de
ces tumeurs est difficile car d’autres tumeurs conjonctives bénignes
comme le DF et nombre de sarcomes des parties molles (HFM,
sarcome synovial, chondrosarcome, angiosarcome) présentent, mêlés
à leur prolifération tumorale, des espaces rappelant un
hémangiopéricytome.
Par ailleurs, toutes les tumeurs diagnostiquées hémangiopéricytome n’ont pas un profil évolutif strictement bénin.
Bien souvent, les modalités évolutives de l’hémangiopéricytome le
rapprochent plus d’un sarcome que d’une tumeur bénigne.
1- Clinique :
L’hémangiopéricytome survient à n’importe quel âge.
C’est une
tumeur profonde des parties molles de topographie ubiquitaire mais
volontiers localisée dans le pelvis, le rétropéritoine, au niveau des
membres inférieurs.
Elle est rarement cutanée et se traduit alors par
un nodule ferme sous-cutané.
2- Histologie
:
La tumeur lobulée bien circonscrite non encapsulée est constituée
de vaisseaux à paroi mince adoptant une disposition en « corne de
cerf » et donc très ramifiée.
Les cellules tumorales sont uniformes,
polygonales ou fusiformes avec un noyau vésiculeux.
Le marquage
par la réticuline souligne bien le fin réseau autour des cellules
tumorales.
Plusieurs aspects architecturaux ont été décrits : trabéculaire, solide, myxoïde ou mixte.
Les caractéristiques
histologiques corrélées à un comportement agressif de la tumeur
sont le pléomorphisme, la présence de nombreuses mitoses,
l’existence d’un index de prolifération élevé tout comme les
processus hémorragiques et nécrotiques, la présence de cellules
tumorales géantes et l’invasion vasculaire.
Enfin la disposition trabéculaire est plus fréquemment retrouvée dans les tumeurs
récurrentes et métastatiques.
Les immunomarquages montrent une positivité des cellules
tumorales pour la vimentine, le CD34, le facteur XIIIa, le HLA-Dr et
le CD57.
Avec l’actine musculaire spécifique et l’actine
musculaire lisse, les marquages sont exceptionnels et focaux.
Les
marquages pour la protéine S100 et les cytokératines sont, dans la
règle, négatifs.
La microscopie électronique montre des cellules tumorales
présentant un noyau arrondi ou ovoïde, un cytoplasme rempli de
quelques organelles, mais aussi de nombreuses vésicules de
pinocytose, de fins et nombreux prolongements cytoplasmiques
s’entrelaçant entre eux. Une lame basale entoure chaque cellule.
Une
différenciation musculaire lisse est parfois observée avec des cellules
contenant des corps denses, des faisceaux de microfilaments et des
plaques d’attachement.
3- Traitement
:
Il est chirurgical avec une exérèse large.
L’énucléation simple est
source de récidives. Un suivi rapproché et prolongé est
indispensable, les récurrences et les métastases pouvant être tardives
jusqu’à 10 ans après l’exérèse initiale.
Tumeurs nerveuses :
A - SCHWANNOME (NEURILEMMOME-NEURINOME)
:
Ce sont des tumeurs encapsulées, développées aux dépens des
gaines de Schwann des nerfs périphériques.
1- Clinique
:
La tumeur siège le plus souvent au niveau des nerfs crâniens, des
racines postérieures des nerfs spinaux avec un développement intraet
extrarachidien à l’origine de signes de compression.
Les
localisations cutanées et viscérales ne sont cependant pas
exceptionnelles.
Au niveau cutané, le schwannome est le plus
souvent hypodermique, très rarement dermique.
Il se présente
comme un nodule indolore ou sensible à la pression, situé sur le
trajet d’un nerf, en particulier sur les faces latérales du cou et les
faces de flexion des membres.
Multiples, ces tumeurs sont localisées
dans un territoire anatomique, ou diffuses elles revêtent un caractère
souvent bilatéral et symétrique.
Le terme de « schwannomatose »
ou « neurilemmomatose » ont été introduits pour désigner des sujets
ayant des schwannomes cutanés multiples en l’absence de tache café
au lait ou d’autres stigmates de neurofibromatose de type I.
L’entité
reste très discutée et en particulier ses rapports avec la
neurofibromatose de type II.
L’analyse des différents cas rapportés
depuis sous cette appellation permettrait de distinguer deux groupes
de malades.
Certains d’entre eux présentent des schwannomes
multiples cutanés et non cutanés sans lésions intracrâniennes.
Les
autres, outre les schwannomes multiples ont des lésions
intracrâniennes, spinales et en particulier des neurinomes de
l’acoustique bilatérale.
Ainsi des cas rapportés comme étant des schwannomatoses pourraient être en fait des neurofibromatoses de
type II.
Les études génétiques faites au sein même des schwannomes
cutanés de sujets diagnostiqués comme ayant une schwannomatose
mettent en évidence des mutations au niveau de la région NF 2 du
chromosome 22.
2- Histologie
:
Le schwannome est une tumeur encapsulée, facilement énucléable.
La capsule fibreuse contient des fibres nerveuses et des structures axonales résiduelles.
La tumeur a une image caractéristique avec la
présence en alternance selon les plans de coupe des zones A et B
d’Antoni.
La zone A consiste en une prolifération de cellules
fusiformes à cytoplasme peu abondant, aux limites floues, adoptant
une disposition fasciculaire ou tourbillonnante.
Par places, existe un
arrangement palissadique compact des noyaux laissant place à des
zones anucléées (corps de Verocay).
La zone B moins
spécifique, moins cellularisée, plus désorganisée, renferme quelques
cellules fusiformes ou ovalaires, disposées au hasard, dans une
matrice lâche, parfois microkystique, ponctuée de cellules
inflammatoires, de mastocytes et de fibres de collagène.
Les
vaisseaux à paroi épaissie présentent souvent un manchon hyalin.
Certains auteurs ont identifié, au niveau de la couche basale interfolliculaire sus-jacente à la tumeur, la présence de cellules de
Merkel, organisées en petits groupes, plus fréquentes que dans le
NF, adoptant une disposition différente et pouvant jouer un rôle
éventuel dans les phénomènes douloureux.
Les cellules tumorales
sont marquées par la protéine S100 et le marquage par les neurofilaments ne retrouve pas de structures axonales au sein même
de la tumeur, mais celles-ci peuvent être présentes dans la capsule.
Les cellules capsulaires sont marquées positivement par l’EMA
(epithelial membrane antigen).
En microscopie électronique, la prolifération tumorale est exlusivement constituée de cellules de Schwann situées dans une
trame collagénique. Les zones B apparaissent nettement moins
cellularisées.
3- Formes histologiques :
* Schwannome plexiforme :
C’est un terme introduit en 1978 par Harkin pour désigner une
tumeur composée de cellules de Schwann ayant un arrangement
plexiforme.
Elle se caractérise par des nodules multiples, encapsulés, hypercellularisés, séparés les uns des autres par un tissu conjonctif
normal ou hyalinisé, par la disposition nucléaire palissadique, par
des signes de dégénérescence vasculaire avec des vaisseaux à paroi
épaissie et hyalinisée.
Les cellules tumorales sont marquées par la
protéine S100.
La masse tumorale ne renferme pas d’axones mais
ceux-ci sont occasionnellement présents dans la capsule.
Le schwannome plexiforme pose des problèmes de diagnostic
différentiel avec le NF plexiforme quasi pathognomonique de la NF1
et dont le risque de dégénérescence maligne est connu.
Schwannome cellulaire
C’est une tumeur dont le caractère strictement bénin est source de
controverses.
Classée par certains dans les schwannomes bénins,
d’autres auteurs sont plus nuancés et considèrent cette tumeur
comme occupant une place intermédiaire entre les schwannomes
bénins et les schwannomes de bas grade de malignité.
Cette
tumeur très cellularisée, en particulier dans les zones A d’Antoni,
garde les caractéristiques du schwannome.
Les mitoses sont
présentes mais elles ne sont pas atypiques. Le traitement de choix
reste la chirurgie, mais le devenir à long terme reste mal connu.
* Schwannome vieilli
:
Les schwannomes vieillis subissent des modifications dégénératives
à type de calcifications, d’hémorragies, d’hyalinisation ou de
kystisation.
Il existe une infiltration par un grand nombre
d’histiocytes et de sidérophages.
Plus inquiétante est l’existence de
cellules de Schwann avec de volumineux noyaux, hyperchromatiques, multilobés avec des atypies.
Mais il n’y a pas
de mitoses.
* Schwannome épithélioïde :
Les schwannomes épithélioïdes constituent des tumeurs souscutanées,
multinodulaires, très cellularisées, adoptant une structure
épithélioïde en travées, en cordons, en amas. Les cellules arrondies
ou polygonales, bien délimitées, présentent un noyau rond ou
ovalaire renfermant de petits nucléoles.
Les mitoses sont rares.
Cette
tumeur très vascularisée est faite de vaisseaux de taille moyenne à
paroi épaissie hyalinisée.
Par places, des zones de transition avec
des cellules fusiformes de schwannome typique sont observées.
Les
caractéristiques immunohistochimiques de la tumeur sont celles
d’un schwannome.
Cette lésion bénigne de par sa richesse cellulaire
peut simuler une tumeur maligne, en particulier des gaines des
nerfs, mais aussi une tumeur mésenchymateuse maligne d’une autre
origine, une tumeur épithélioïde ou mélanocytaire.
* Schwannome à corps de Verocay prédominant
:
Ces tumeurs revêtent l’aspect classique des schwannomes cutanés.
Leur particularité est la présence prédominante ou exclusive de
corps de Verocay (75 à 100 % de la tumeur).
Le diagnostic est peu
difficile quand la différenciation en zones A et B d’Antoni persiste.
En revanche, les formes à corps de Verocay exclusifs sont de
diagnostic plus difficile avec des tumeurs à arrangement
palissadique, dont le neurome palissadique encapsulé.
* Autres variantes :
Nous ne ferons que citer les schwannomes angiomatoïdes caractérisés
par leur richesse vasculaire, les schwannomes granuleux où certaines
cellules tumorales présentent un noyau granuleux, les schwannomes
myxoïdes composés essentiellement de zones B d’Antoni, les
schwannomes pigmentés qui contiennent de la mélanine, les
schwannomes paciniens où les cellules adoptent une disposition
concentrique comme dans les corpuscules de Pacini, enfin les
schwannomes glandulaires où des structures d’allure glandulaire,
résultat d’une métaplasie, sont visibles.
4- Traitement :
La dégénérescence maligne est exceptionnelle en dehors de la
neurofibromatose de Recklinghausen.
Le traitement repose sur
l’exérèse chirurgicale.
B - NEUROFIBROME (NF)
:
Les NF sont des tumeurs bénignes des gaines nerveuses pouvant
survenir isolément ou s’intégrer dans un tableau de
neurofibromatose de Recklinghausen.
1- Clinique :
Les NF s’observent principalement au niveau du revêtement cutané
mais ils se développent également en profondeur à partir des racines
médullaires, des ganglions rachidiens, des nerfs périphériques et du sytème nerveux autonome.
Les NF cutanés se présentent comme des tumeurs superficielles, de
taille variable, de consistance molle.
Les NF sous-cutanés sont plus profondément situés au niveau du
derme et du tissu sous-cutané, engendrant ainsi des phénomènes
douloureux et des paresthésies.
Les NF plexiformes nodulaires sont des formations sous-cutanées,
caractérisées par plusieurs nodules regroupés en amas et en grappes.
Ils siègent sur tous les trajets nerveux, superficiels et profonds.
Les
formes palpables donnent de longs trajets sinueux rappelant la
consistance d’un « paquet de ficelle » ou d’un sac « bourré de vers ».
Les NF plexiformes sont pathognomoniques de la maladie de
Recklinghausen.
Ils apparaissent dans l’enfance et à l’adolescence.
Les NF plexiformes diffus présentent, associée à l’atteinte nerveuse,
une hyperplasie des tissus sous-cutanés, étendue aux muscles, os et
viscères.
Ils sont souvent congénitaux.
2- Histologie
:
Le NF est une tumeur bien ou mal circonscrite, mais non encapsulée.
Dermique ou sous-cutanée, elle est caractérisée par la
présence de trois composantes cellulaire, collagénique et mucoïde.
L’aspect histologique dépend de la proportion de celles-ci expliquant
le très grand nombre de variantes histologiques.
* NF classique :
Les cellules fusiformes possèdent un noyau hyperbasophile arrondi,
ovalaire ou en forme de S, et un cytoplasme éosinophile.
Elles sont
éparses au sein d’une matrice mucoïde plus ou moins abondante,
mais elles sont parfois arrangées en faisceaux.
Le stroma collagénique est fait de fibres adoptant une disposition tortueuse.
Ces tumeurs sont le siège également d’un infiltrat lymphocytaire
discret et de mastocytes dont le nombre est variable.
Les mastocytes pourraient jouer un rôle direct ou indirect dans l’apparition et/ou la
croissance des NF. Des structures axonales sont présentes dans la
tumeur.
Il existe une extension possible du NF aux annexes mais
sans les détruire.
Certains auteurs ont mis en évidence, au niveau
de la couche basale interfolliculaire sus-jacente à la tumeur, des
cellules de Merkel, en petit nombre et isolées, dont la signification
est tout aussi incertaine que dans les schwannomes.
* NF cellulaire :
Les cellules adoptent une disposition fasciculaire, tourbillonnante,
voire storiforme simulant un dermatofibrosarcome protuberans, ou
prennent un aspect de schwannome, rappelant les zones A d’Antoni.
Les dépôts de mucine sont ici très ténus.
* NF myxoïde :
Il se caractérise par l’abondance de la matrice mucoïde, contrastant
avec la paucité en cellules et en trame conjonctive.
Cette variante de
NF est à différencier du myxome vrai.
NF hyalinisé
Il est remarquable par la présence de faisceaux de collagène épaissis
semblables à ceux observés dans un DF.
Le diagnostic différentiel se
pose également avec un léiomyome.
* NF pigmenté :
Il renferme des cellules remplies de mélanine correspondant soit à
des mélanocytes, soit à des cellules de Schwann pigmentées.
Il peut
simuler un nævus bleu cellulaire.
* NF épithélioïde :
Il se caractérise par la présence de deux zones : une zone centrale
cellularisée et une zone périphérique peu cellularisée.
Dans la zone
centrale, les cellules de grande taille, aux limites peu nettes, ont un
cytoplasme éosinophile, abondant, fibrillaire, et un noyau ovalaire,
arrondi ou fusiforme, siège parfois d’atypies.
Les cellules,
regroupées en amas, en courts cordons, sont entourées par une
matrice mucoïde et collagénique.
La zone périphérique présente les caractéristiques d’un NF myxoïde.
* NF pacinien :
Ce terme est à réserver aux NF qui présentent, associés à une
architecture typique de NF, des corpuscules de Pacini se traduisant
par des structures concentriques en « pelures d’oignons » disposées
au sein d’une matrice mucoïde.
* NF plexiforme :
Cette tumeur aux limites imprécises est constituée d’un plexus de
filets nerveux, hypertrophiés et tortueux, de taille variable, siégeant
dans le derme et le tissu sous-cutané, observés selon différents plans
de coupe.
Les nodules cellularisés, arrondis, plexiformes ou
irréguliers dans leur morphologie sont situés dans un stroma
neurofibromateux.
Le pléomorphisme nucléaire est fréquent. La
malignité doit être redoutée en cas de multiples mitoses.
La tumeur
est à différencier du schwannome plexiforme.
NF diffus
Le NF diffus très mal limité envahit le derme, les septa fibreux des
lobules graisseux, s’insinuant entre les adipocytes sans les détruire.
Les cellules sont moins allongées, moins fusiformes que dans le NF
classique.
La matrice conjonctive très uniforme est faite d’un fin
réseau fibrillaire collagénique.
La mise en évidence de corpuscules
de Wagner-Meissner dans la tumeur permet de la différencier d’un
dermatofibrosarcome protuberans.
En immunohistochimie, la protéine S100 marque les cellules de la
prolifération tumorale.
Les neurofilaments révèlent la présence de
structures axonales au sein de la tumeur tandis que le facteur XIIIa
celle de cellules pseudofibroblastiques, par ailleurs marquées par le
HLA-Dr.
La microscopie électronique met en évidence un double contingent
de cellules d’allure fibroblastique mais surtout schwannienne.
C - NEUROME PALISSADIQUE ENCAPSULÉ
(NEUROME CIRCONSCRIT SOLITAIRE)
:
Cette tumeur bénigne des gaines nerveuses a été décrite par Reed,
en 1972.
1- Clinique
:
Elle se caractérise par sa survenue chez l’adulte à l’âge moyen de la
vie sous la forme d’une lésion papuleuse ou papulonodulaire, de
couleur chair, parfois recouverte de fines télangiectasies, de
croissance lente, siégeant de façon quasi exclusive au niveau du
visage.
Elle ne survient pas dans un contexte de phacomatose et ne
s’intègre pas dans un NEM 2.
2- Histologie :
La tumeur de siège dermique est parfois étendue à la graisse souscutanée.
Elle est encapsulée de façon complète ou partielle, et est
constituée d’un lobule souvent unique, fait de cellules fusiformes
arrangées en faisceaux entrelacés.
Les cellules tumorales ont un cytoplasme éosinophile mal délimité et un noyau hyperbasophile.
Il
n’y a ni pléomorphisme, ni mitoses.
Les structures axonales sont
orientées parallèlement aux cellules tumorales.
La capsule qui
engaine la tumeur est faite de cellules très allongées, aplaties,
parallèles, séparées par des faisceaux de collagène.
Une des
caractéristiques de la tumeur est l’existence d’espaces de rétraction
entre les faisceaux de cellules fusiformes et le stroma.
En immunohistochimie, les cellules de la capsule présentent un
marquage positif avec l’EMA.
Quant aux cellules fusiformes
tumorales, elles sont marquées par la protéine S100.
Enfin, les
anticorps antineurofilaments permettent la révélation de nombreux
axones au sein des faisceaux de cellules tumorales.
La microscopie électronique montre la présence de cellules de
Schwann et d’axones.
3- Histogenèse
:
Les données immunohistochimiques plaident en faveur d’une
tumeur développée aux dépens des cellules de Schwann et des
axones avec une capsule ayant pour origine les cellules périneurales.
D - MYXOME DES GAINES NERVEUSES :
Le myxome des gaines nerveuses a été décrit en 1969 par Harkin et
Reed.
Le neurothécome identifié par Gallager et Helwig en 1980
présente des ressemblances avec ce myxome antérieurement décrit,
ainsi qu’avec le NF pacinien.
Ces trois entités sont apparentées ou
identiques à ce qui a été rapporté sous les appellations de NF cutané
bizarre, neuromyxome lobulaire cutané, périneurome myxomateux,
myxome plexiforme, myxome périneural.
Quelle que soit sa
désignation, cette tumeur bénigne pose un problème essentiel quant
à son histogenèse non encore résolue et controversée.
1- Clinique :
Cette tumeur touche de préférence la femme, ainsi que l’enfant et
l’adulte jeune.
De croissance lente, évoluant sur plusieurs mois ou
années, elle se manifeste par un nodule ferme, bien circonscrit, de
couleur rougeâtre ou jaunâtre, parfois recouvert de fines
télangiectasies, asymptomatique, de petite taille (moins de 1 cm).
Elle survient chez un sujet indemne de toute phacomatose.
Elle siège
au niveau de la tête (région nasolabiale et nasomalaire) et du cou,
des régions scapulaires et du bras.
Les muqueuses buccale et
génitale peuvent être également le siège de telles lésions.
Enfin, on
notera des localisations plus rares, acrale, tronculaire, intracrânienne
ou spinale.
Elle peut simuler cliniquement un nævus de Spitz, un kyste mucoïde, un histiocytome.
2- Histologie :
Macroscopiquement, il s’agit d’un nodule blanc ou rouge, charnu,
de consistance molle, mais présentant parfois des zones de
calcifications sur la tranche de section.
La prolifération tumorale est de siège dermique avec une
architecture lobulée ou plexiforme.
Les cellules de grande taille sont
fusiformes ou arrondies, voire étoilées.
Le cytoplasme est abondant
plus ou moins éosinophile.
Elles revêtent parfois un aspect
franchement épithélioïde.
Les mitoses sont rares et les atypies
nucléaires occasionnelles.
La disposition des cellules se fait en amas
lobulaires de taille variable séparés par des travées conjonctives au
sein d’une matrice mucoïde bleu Alcian positive plus ou moins
abondante.
L’arrangement fasciculaire des cellules est plus rare.
On
ne retrouve ni activité jonctionnelle, ni pigment mélanique.
Les filets nerveux proches de la tumeur sont l’objet d’une fibrose endoneurale et de foyers myxoïdes.
Il est classique de distinguer
deux types de tumeurs sur le plan histologique.
Le type myxoïde correspond au véritable myxome des gaines nerveuses.
Il
se caractérise par sa faible cellularité et l’importance d’un stroma
myxoïde alcianophile.
Cette tumeur est à différencier du NF myxoïde et de la variante myxoïde du dermatofibrosarcome.
Le neurothécome cellulaire est en revanche richement cellularisé.
Les
cellules ont souvent un aspect épithélioïde.
Le stroma fibreux est
prédominant et contraste avec la paucité du matériel mucoïde.
Cette
tumeur est à différencier d’une tumeur fibrohistiocytaire plexiforme,
d’un myofibrome cutané solitaire.
Enfin, une forme mixte
combinerait les caractéristiques propres à ces deux types de
tumeurs.
Le marquage immunohistochimique varie avec le type de tumeur.
L’immunomarquage pour la protéine S100 et la vimentine est soit
intense de façon diffuse, soit focal, soit totalement négatif, soit positif
sur un mode dissocié.
Les formes myxoïdes sont marquées par la
protéine S100.
Les formes très cellularisées, protéine S100
négatives, présentent souvent des positivités éparses pour des
marqueurs divers tels l’énolase neurospécifique, l’actine
musculaire lisse, le NK1C3 (CD57), le Ki M1P, le KP1
(CD68), le facteur XIIIa.
Les études en microscopie électronique donnent des résultats
souvent divergents.
Argenyi et al ont classé les cellules observées
en quatre types.
– Les cellules de type I ont un caractère indifférencié.
Elles sont
polygonales ou fusiformes. Leur noyau est volumineux, ovoïde,
souvent indenté.
Le cytoplasme abondant renferme en quantités
variables des mitochondries et du RER.
Il existe de façon éparse des microfilaments disposés irrégulièrement.
La membrane cellulaire est
mal définie et présente par endroits des zones de densification à
rapprocher des plaques d’attachement.
Ces cellules sont observées
dans près de 90 % des neurothécomes cellulaires.
– Les cellules de type II sont plus différenciées.
Elles ont une forme
ovoïde ou fusiforme.
Elles sont riches en filaments intracytoplasmiques, en RER et en mitochondries.
Elles sont
entourées par une membrane cellulaire bien distincte.
Ces cellules
se rapprochent des cellules de Schwann et se voient dans les
myxomes des gaines nerveuses classiques aussi bien que dans les
formes mixtes.
– Les cellules de type III ont les caractéristiques des cellules
périneurales.
Elles sont observées dans le myxome classique mais
restent rares.
– Les cellules de type IV, d’allure fibroblastique peuvent être
présentes dans toutes les formes de myxomes des gaines nerveuses.
3- Histogenèse :
L’histogenèse du myxome des gaines nerveuses et de ses variantes
est controversée.
On peut supposer soit une origine différente, soit
une divergence dans le processus de différenciation cellulaire, soit
l’existence de différents stades pour une même tumeur.
Pour Argenyi et al, le myxome classique a une origine nerveuse avec
une différenciation à partir des cellules de Schwann.
Le neurothécome cellulaire est composé essentiellement de cellules
indifférenciées, présentant les caractéristiques à la fois des cellules
périneurales, des cellules musculaires lisses, des myofibroblastes et
des fibroblastes.
Le neurothécome pourrait alors trouver sa filiation
dans une cellule souche mésenchymateuse.
Enfin, tout récemment, Zelger et al n’excluent pas que certains neurothécomes cellulaires
puissent être une variante de DF.
4- Traitement
:
Il consiste en une excision complète de la lésion. Les récidives après
exérèse sont très rares, bien que toujours possibles.
E - TUMEUR À CELLULES GRANULEUSES D’ABRIKOSSOFF :
La tumeur à cellules granuleuses décrite initialement par Abrikossoff
sous l’appellation de « myoblastome à cellules granuleuses » est une
tumeur des parties molles dont l’histogenèse constitue un des
principaux sujets de controverses.
1- Clinique
:
La tumeur, d’ordinaire unique, siège en priorité au niveau de la peau
et des muqueuses, linguale en particulier.
Mais de topographie ubiquitaire, elle peut se localiser à toutes les muqueuses aérodigestives, génitales et à tous les viscères.
Elle apparaît entre la
quatrième et la sixième décennie de vie avec une prédominance
féminine.
Certaines études démontrent une certaine fréquence de la
tumeur chez les sujets noirs.
Il s’agit d’un nodule asymptomatique
de petite taille (quelques millimètres à plusieurs centimètres sans
excéder le plus souvent 3 cm), à surface lisse, hyperkératosique,
verruqueuse ou ulcérée.
Les formes multiples touchent le tissu souscutané,
les muqueuses et les viscères.
Leur fréquence varie de 10 à
30 % des cas de tumeurs d’Abrikossoff.
Ces différences
s’expliquent par des suivis à long terme variables, les tumeurs
apparaissant de façon synchrone ou progressive.
Le nombre total de
lésions peut être supérieur à 50.
Les formes familiales sont
exceptionnelles, en général multicentriques.
Les cas pédiatriques de tumeurs à cellules granuleuses sont très
rares.
Certains auteurs les ont rapportés en association avec une
neurofibromatose ou revêtant un aspect clinique particulier à type
de plaque indurée et ferme correspondant à une histologie originale
de tumeur à cellules granuleuses plexiforme.
2- Histologie :
La tumeur mal circonscrite, non encapsulée infiltre les tissus
avoisinants. Les amas cellulaires sont pour la plupart dermiques,
sous-cutanés ou sous-muqueux.
La prolifération tumorale consiste
en de volumineuses cellules, arrondies ou polygonales.
Le
cytoplasme renferme des granulations, de taille et de forme
variables, éosinophiles, faiblement positives au PAS (periodic acid
Schiff) positives, diastase-résistantes.
Le noyau est central, arrondi
et petit.
Le pléomorphisme nucléaire est rare. Les mitoses sont
absentes.
L’agencement cellulaire se fait en bandes, en larges nappes
ou en petits îlots séparés par des cloisons conjonctives.
L’arrangement plexiforme simulant un schwannome plexiforme est
exceptionnel.
D’étroites connexions peuvent s’établir entre les
cellules granuleuses et les filets nerveux périphériques.
L’épiderme sus-jacent présente une acanthose modérée et
quelquefois une véritable hyperplasie épithéliale pseudoépithéliomateuse.
Le diagnostic histologique entre tumeur à cellules granuleuses
bénigne et maligne peut s’avérer difficile.
Une activité mitotique
intense, un pléomorphisme nucléaire, des phénomènes de nécrose
doivent faire suspecter la malignité qui reste cependant très rare.
Les immunomarquages montrent une positivité des cellules
tumorales pour la protéine S100, la vimentine, l’énolase
neurospécifique de façon diffuse et intense.
Plus inconstantes sont
les positivités pour la protéine myélinique basique et avec l’anticorps
leu-7.
Les positivités trouvées par Cavaliere et al avec des
marqueurs macrophagiques comme PG-M1 et KP1 dépendent de la
richesse en vésicules phagolysosomiales des cellules tumorales.
Les
marqueurs des cellules musculaires lisses, des cytokératines, du
mélanome sont négatifs, aidant parfois un diagnostic histologique
difficile.
En microscopie électronique, les cellules tumorales sont
entourées par une structure de type lame basale.
Elles renferment
dans leur cytoplasme des vacuoles délimitées par une membrane
rappelant des lysosomes et des complexes phagolysosomiaux, mais
aussi des structures filamentaires.
Elles établissent parfois des
contacts étroits avec des structures axonales myélinisées et non
myélinisées.
¦ Histogenèse
Si la tumeur à cellules granuleuses a été considérée par Abrikossoff
comme dérivant de cellules musculaires, cette hypothèse a depuis
été écartée au profit d’origines aussi diverses qu’histiocytaire,
fibroblastique, mésenchymateuse indifférenciée.
Actuellement, c’est
la théorie schwannienne qui est privilégiée.
Il importe de garder à l’esprit que les cellules granuleuses ne sont
pas l’apanage de la tumeur d’Abrikossoff, que celles-ci peuvent
s’observer dans des tumeurs nerveuses comme le schwannome à
cellules granuleuses renfermant des cellules tumorales à cytoplasme
granuleux, mais aussi dans des tumeurs n’ayant pas une
différenciation schwannienne (DF, dermatofibrosarcome
protuberans, HFM, léiomyome, léiomyosarcome, carcinome
basocellulaire, angiosarcome).
3- Traitement :
La chirurgie d’exérèse est curatrice dans la plupart des cas, les
récidives étant rares. Les récurrences locales, surtout si elles sont
multiples, doivent faire envisager le diagnostic de tumeur à cellules
granuleuses maligne.
F - NEUROME OU NÉVROME
:
Le neurome reproduit la structure et l’architecture d’un
nerf normal.
1- Neurome traumatique
:
Le neurome traumatique survient, comme son nom l’indique, après
un traumatisme direct du nerf, après un geste chirurgical l’ayant
lésé, après une amputation.
Il représente un processus hyperplasique
et non tumoral, réactionnel à la rupture de la continuité axonale.
Histologiquement, la prolifération dermique ou sous-cutanée des
fibres nerveuses (incluant axones, gaines de myéline, cellules de
Schwann) et des fibroblastes situés au sein d’un stroma collagénique,
s’oppose au NF par la participation de tous les éléments constitutifs
du nerf.
On peut rapprocher du neurome traumatique le doigt
surnuméraire rudimentaire se caractérisant par une lésion papuleuse
du bord cubital du cinquième doigt, résultat d’une autoamputation in utero ou
d’une destruction postnatale d’un doigt surnuméraire.
2- Neurome de Morton
:
Ce n’est pas une vraie tumeur.
Il se caractérise par une
dégénérescence du nerf associée à une fibrose périneurale.
Le
diagnostic est avant tout clinique : métatarsalgie unilatérale aiguë
paroxystique déclenchée par la marche, l’appui, soulagée par le
repos, le retrait des chaussures, touchant en priorité les troisième et
deuxième espaces digitaux.
Il existe une prédominance féminine et
volontiers des troubles associés de la statique du pied.
L’échographie, mais surtout la résonance magnétique nucléaire,
peuvent venir conforter un diagnostic ou permettre un repérage
exact de la lésion avant son exérèse.
En histologie, il existe un processus fibrosant du périnèvre et de
l’épinèvre ainsi que des modifications dégénératives avec un
oedème, une hyalinisation vasculaire, une disparition des fibres
myélinisées.
La microscopie électronique montre, dans la majorité
des cas, un oedème endoneuronal.
Le traitement repose sur la neurolyse, la neurectomie simple avec
ou sans ligature et/ou écrasement pour éviter l’apparition d’un
neurome d’amputation.
Les effets secondaires sont dominés après
chirurgie par l’hypoesthésie commissurale passant inaperçue et/ou
pulpaire plus invalidante.
Les récidives sont possibles aussi bien
après la neurolyse qu’après la neurectomie, mais plus difficiles à
traiter lorsqu’il y a eu une neurectomie préalable.
Le mécanisme de survenue d’une telle lésion n’est pas clairement
défini.
Elle pourrait résulter d’une compression des éléments neurovasculaires
par la tête des métatarsiens.
3- Neuromes spontanés
:
Ce sont des tumeurs exceptionnelles pouvant être cutanées,
muqueuses ou cutanéomuqueuses.
Les neuromes cutanés se
présentent sous forme de papules ou de nodules asymptomatiques,
isolés ou multiples, disséminés ou localisés avec une disposition
linéaire ou zoniforme.
Les neuromes muqueux multiples constituent
un des signes constants du syndrome de Gorlin ou syndrome des
MEN 2B.
Les neuromes présents à la naissance ou dans la petite
enfance touchent les muqueuses buccales (langue, lèvres), nasale,
oculaire (conjonctive, cornée), pharyngolaryngée mais aussi la peau.
Leur présence souvent chez un sujet d’aspect marfanoïde impose la
recherche d’un cancer médullaire de la thyroïde et d’un
phéochromocytome.
Ce syndrome rare à transmission autosomique
dominante résulte d’une mutation ponctuelle au niveau 918 de
l’exon 16 du proto-oncogène RET localisé dans la région
péricentromérique du chromosome 10 q11-2.
Sur le plan histologique, les lésions de siège dermique se présentent
sous la forme de masses encapsulées de fibres nerveuses entourées
par un périnèvre épaissi.
4- Neurome pacinien :
Ce n’est pas une véritable tumeur mais une réaction hyperplasique
des corpuscules de Pacini.
Le traumatisme des nerfs digitaux
pourrait constituer un élément important dans la stimulation et
l’hyperplasie des corpuscules de Pacini.
Cette tumeur rare est de localisation digitale et marquée par
l’apparition de nodules douloureux, uniques ou multiples, parfois
associés à une fissure persistante en regard de la tumeur.
Quelquefois, la seule traduction clinique est la douleur sans tumeur
individualisable.
En histologie, cette tumeur du derme profond
reproduit les corpuscules de Pacini avec une structure lamellaire
concentrique en « pelures d’oignon ».
De multiples fibres nerveuses
sont retrouvées au sein des corpuscules de Pacini hyperplasiques.
G - GANGLIONEUROME :
Le ganglioneurome est une tumeur développée aux dépens des
chaînes sympathiques.
La localisation cutanée primitive est tout à
fait exceptionnelle.
La présence de cellules ganglionnaires au sein
d’une tumeur cutanée doit faire discuter une métastase bien
différenciée d’un neuroblastome, mais surtout des cellules
ganglionnaires enclavées dans un NF au cours d’une
neurofibromatose.
Cette tumeur peut survenir à n’importe quel âge et même de façon
congénitale.
Il s’agit d’un nodule asymptomatique, de croissance
lente.
La tumeur bien circonscrite, encapsulée, se présente comme un
nodule ferme, arrondi, blanc grisâtre.
De topographie dermique, elle
renferme des cellules volumineuses, globuleuses, caractérisées par
un cytoplasme éosinophile, rempli de fines granulations, et un
noyau à nucléole proéminent.
Les corps de Nissl sont mieux visibles
après coloration au bleu de toluidine.
Les cellules ganglionnaires
sont situées dans une trame conjonctive où les cellules de Schwann
sont présentes de façon inconstante.
L’immunohistochimie montre que les cellules sont positives pour
l’énolase neurospécifique, la synaptophysine.
Les marquages par les neurofilaments, la protéine S100 donnent des résultats variables.
En
microscopie électronique, les cellules ganglionnaires sont
reconnaissables à la richesse de leur RER et à la présence de zones axonales.
Histogenèse :
Elle reste controversée mais l’hypothèse d’une migration anormale
de cellules ganglionnaires à partir de la crête neurale jusqu’à la peau
est évoquée.
H - MÉNINGIOME :
Tandis que le méningiome du système nerveux central est une
tumeur fréquente, le méningiome cutané est tout à fait exceptionnel.
Lopez et al ont classé les méningiomes cutanés en trois types
différents.
– Le type I correspond à la forme congénitale et résulte d’un defect
dans la fermeture du tube neural, laissant un tissu méningé
ectopique dans le derme et le tissu sous-cutané.
Cette tumeur de
bon pronostic siège surtout au niveau du scalp, du front et de
régions paravertébrales.
– Le type II comprend les méningiomes localisés près d’un organe
sensoriel comme l’oreille, l’oeil et ne touchant la peau que par
continuité.
Ces méningiomes ont pour origine des résidus de tissu
arachnoïdien pris au piège dans les gaines nerveuses des nerfs
crâniens ou spinaux.
– Le type III représente les méningiomes touchant la peau par
extension à partir d’un méningiome du système nerveux central, à
la faveur d’une érosion de la voûte crânienne, d’une brèche
chirurgicale ou plus exceptionnellement d’un processus
métastatique.
1- Clinique
:
Le méningiome cutané est une tumeur de l’enfant et de l’adulte
jeune mais sa survenue peut se faire à n’importe quel âge.
La tumeur
est unique, exceptionnellement multiple, ferme ou souple, de
croissance lente.
Elle siège de préférence au niveau du scalp le long
des lignes de suture où elle peut simuler un méningocèle, de la face
et dans les régions paraspinales. Asymptomatique, elle peut,
dans les types II, être à l’origine de signes divers fonction de
l’organe sensoriel atteint (oedème périorbitaire, tympanomastoïdite).
Les connexions qui peuvent s’établir entre le méningiome et le
système nerveux central imposent un examen tomodensitométrique
et par résonance magnétique avant tout geste chirurgical.
2- Histologie
:
Le méningiome est une tumeur bien circonscrite, non encapsulée.
Elles est localisée dans le derme, respecte l’épiderme mais s’étend
parfois au tissu sous-cutané.
Elle se caractérise par la présence d’îlots
et de nodules de cellules adoptant une disposition tourbillonnante,
l’existence de cellules à arrangement syncitial ainsi que de
formations lamellaires calcifiées ou pas (psammomes).
Les
cellules tumorales sont relativement monomorphes, arrondies,
polygonales ou ovalaires avec un noyau rond et central.
Le
cytoplasme est granuleux et éosinophile.
Les mitoses sont rares.
La
délimitation cellulaire est parfois difficile, donnant un aspect de syncitium.
Le stroma au sein duquel sont disposées les cellules est
plus ou moins abondant.
La présence de structures lamellaires,
tourbillonnantes, plus ou moins calcifiées, est une autre des
caractéristiques du méningiome.
Les cellules tumorales expriment la protéine S100 et l’antigène
membranaire épithélial.
3- Traitement
:
Cette tumeur de croissance lente bénéficiera d’un traitement
chirurgical.
Le principal risque du geste opératoire est l’existence de
connexions avec le système nerveux central.
Ostéomes :
La découverte de tissu osseux dans la peau est rare.
On distingue
les ossifications cutanées secondaires ou ossifications métaplasiques
développées dans des circonstances pathologiques très diverses
et les ostéomes cutanés primitifs, véritables hamartomes
dont la rareté est encore plus grande.
OSTÉOMES PRIMITIFS :
Les ostéomes primitifs se distinguent des ostéomes secondaires par
la survenue d’une ossification en l’absence de toute lésion cutanée
préexistante (processus tumoral ou inflammatoire).
Ils constituent
une éventualité rare.
Ils peuvent être soit isolés, soit multiples sous forme d’ostéomatose
régionale (face, cuir chevelu, membres) ou d’ostéomatose cutanée
disséminée.
Ils sont congénitaux ou apparaissent dans les premières
années de vie, voire à l’âge adulte.
Les lésions se présentent sous
forme de papules de très petite taille, de nodules ou de lésions en larges plaques donnant un aspect en « galettes ».
De façon plus
exceptionnelle, les ostéomes sont de type perforant.
Ils sont de
consistance dure, pierreuse à la palpation.
La peau en regard est
normale ou légèrement bleutée, ou brun chamois.
Le diagnostic de
telles tumeurs impose un bilan phosphocalcique.
La visualisation
des lésions peut se faire par des méthodes non invasives (éléments radio-opaques sur des radiographies standards ou des
tomographies).
Leur découverte est parfois fortuite lors de la
réalisation de tels examens.
L’histologie met en évidence dans le derme et l’hypoderme des
ostéocytes, des travées d’osséine et quelquefois un véritable système
haversien.
Le processus d’ossification reste mal compris.
Il pourrait s’agir soit
d’un processus hamartomateux avec la présence de résidus
ectopiques et de cellules mésenchymateuses normales se
différenciant en ostéoblastes, soit d’un processus métaplasique avec
une stimulation de cellules mésenchymateuses extrasquelettiques se
transformant en ostéoblastes.
Plusieurs entités sont décrites.
– L’ostéodystrophie héréditaire d’Albright est un syndrome rare, dont
la transmission est liée à l’X ou autosomique dominante.
Elle associe
un syndrome dysmorphique (sujet obèse, de petite taille avec faciès
lunaire ou arrondi, nez aplati, proéminent, cou court, brachy- ou
microcéphalie), des anomalies osseuses (raccourcissement du
métacarpe et métasarse en particulier quatrième et cinquième par
fermeture prématurée des épiphyses), un retard mental et des
désordres endocriniens.
L’ossification débute tôt dans la vie.
Le
nombre de lésions est très variable et leur distribution ubiquitaire.
Le bilan phosphocalcique montre une pseudo-hypoparathyroïdie ou
une pseudo-pseudo-hypoparathyroïdie. Il s’y associe souvent une
hypothyroïdie et un hypogonadisme.
Le pronostic de cette affection
est variable.
Les sujets avec une pseudo-hypoparathyroïdie de type
1A présentent une réduction de l’activité de la protéine G de
l’adénylate cyclase au niveau des membranes cytoplasmiques de
différents types cellulaires.
Elle est due à une substitution d’une base
unique au niveau du gène GNAS-1.
– L’hétéroplasie osseuse progressive est une entité récemment
décrite.
L’ossification cutanée survient précocement de façon
congénitale ou peu de temps après la naissance.
Les lésions sont
multiples et s’installent progressivement.
De topographie
ubiquitaire, elles sont parfois unilatérales.
L’ossification parfois
sévère est source d’ankyloses et de retentissement sur la croissance
des membres.
Elle siège et débute dans le derme pour s’étendre en
profondeur vers les muscles et les structures avoisinantes à la peau.
Le bilan phosphocalcique est normal mais les phosphatases alcalines
sont souvent augmentées, témoignant d’une ossification active,
tandis que l’élévation des phosphocréatine-kinases et des
lacticodéshydrogénases témoigne des dépôts musculaires d’os.
Il
n’existe pas de syndrome dysmorphique associé.
– La fibrodysplasie ossifiante progressive correspond à une
ossification hétérotopique dans les tissus conjonctifs profonds
(muscles et fascia).
Elle ne touche la peau que par extension.
Débutant dans les premières années de vie, l’ossification progressive
est bilatérale et symétrique, associée à des phénomènes
inflammatoires, de type enchondral et source d’une forte morbidité
et mortalité.
De transmission autosomique dominante, son
expressivité est variable et l’association à d’autres anomalies
déficitaires (surdité, retard mental...) est possible.
– Dans l’ostéome cutané en « galette », l’ossification cutanée présente
à la naissance ou débutant dans les premières années de vie ne
s’accompagne pas d’anomalies du bilan phosphocalcique.
L’entité
en tant que telle est désormais très discutée car nombre de cas
décrits sous cette appellation correspondent vraisemblablement à
une hétéroplasie osseuse progressive.
– L’ostéomatose cutanée acquise primitive est une entité
exceptionnelle, se manifestant à l’âge adulte, survenant sur un mode
sporadique.
Les ostéomes de taille et de nombre variable sont
asymptomatiques, disséminés sur le tégument ou regroupés de
façon monomélique. Le bilan phosphocalcique est normal.
– Les ostéomes cutanés miliaires multiples sont de très petite taille,
multiples, et surviennent à l’âge adulte.
Ils touchent le visage et la
partie supérieure du tronc.
Il reste toujours très difficile d’affirmer
que ces lésions ne font pas suite à une acné.
Certains ont proposé
un traitement chirurgical ou par laser YAG.