Les tumeurs abdominales représentent 15 à 20 % de
l'ensemble des tumeurs de l'enfance.
Elles sont
développées dans un espace anatomique aux limites
strictes : en avant du plan musculaire postérieur, en arrière
du plan musculaire antérieur, en dessous du diaphragme
et au-dessus du plancher des releveurs.
En fait, seules
les limites inférieures prêtent à discussion : on élimine
par définition les tumeurs sacro-coccygiennes à développement
externe, qui forment une entité particulière.
Circonstances de découverte :
La découverte est généralement fortuite, soit par la
maman qui constate une augmentation de volume de l'abdomen,
soit par le médecin au cours d'un examen systématique
ou à l'occasion de vagues douleurs abdominales ou de troubles du transit, soit au cours d'une échographie
faite devant un quelconque signe d'appel abdominal.
La tumeur peut être découverte à l'occasion d'une complication
aiguë chirurgicale : torsion d'une tumeur de
l'ovaire, invagination intestinale aiguë sur lymphome,
rupture d'une tumeur rénale.
Exceptionnellement, des signes d'appel orientent vers
une tumeur abdominale : hématurie, hypertension artérielle
(HTA), aniridie, hémi-hypertrophie corporelle,
syndrome endocrinien.
Ce peuvent être également des
signes évoquant une métastase: nodule cutané, tumeur
orbitaire, douleur osseuse ou adénopathie superficielle.
Examen clinique
:
Un seul examen clinique, complet et réalisé avec douceur
en raison des risques de rupture d'une éventuelle tumeur
rénale, appréciera la forme, le siège, le volume, la consistance
et la mobilité de la tumeur.
Le toucher rectal permet
d'apprécier son développement endo-pelvien et de préciser
si elle est pré ou rétro-rectale.
Enfin, l'examen recherchera
une hépatomégalie ou des adénopathies superficielles.
Examens paracliniques :
Ils doivent être entrepris rapidement de façon à raccourcir
le plus possible le délai entre la découverte de la tumeur et
le début de son traitement.
Il faut limiter son choix aux
seules techniques utiles et nécessaires et selon une méthodologie
précise évitant délais et examens superflus.
Ils
permettent le plus souvent de faire le diagnostic étiologique.
1- Radiographie simple de l'abdomen
:
De face et de profil, elle permet d'identifier des calcifications
de nombre et de taille variables et d'apprécier le
retentissement intestinal de la tumeur.
2- Échographie en première intention
:
Elle est très utile, fiable et non invasive.
Elle distingue
immédiatement la nature solide, liquidienne ou hétérogène
d'une tumeur, sa situation et ses rapports, la présence d'adénopathies profondes ou de métastases hépatiques.
Ces deux examens de débrouillage, faciles et rapides à
obtenir, vont orienter le diagnostic et déclencher d'autres
examens, le plus souvent réalisés en milieu hospitalier.
3- Tomodensitométrie abdominale :
Avec et sans injection, elle permet de préciser les caractéristiques
de la tumeur, ses rapports précis, la présence
d'adénopathies ou de métastases.
4- Dosages biologiques :
Ils sont systématiques à la recherche d'un neuroblastome
(acide vanylmandélique (VMA), acide homovanilique
(HVA) et dopamine urinaires), ou d'un tératome (alphafoeto-
protéine et gonadotrophines chorioniques sériques).
5- Autres examens paracliniques :
Ils pourront être pratiqués en fonction de la localisation
ou de l'étiologie suspectée.
• L'urographie intraveineuse est rarement nécessaire
actuellement : elle est progressivement remplacée par le
scanner avec injection suivie d'un cliché simple
des voies urinaires.
Elle garde quelques indications dans
les tumeurs et les malformations rénales.
• L' imagerie par résonance magnétique est parfois un
nécessaire complément du scanner dans les tumeurs
médianes ou les tumeurs à prolongement intrarachidien.
• La scintigraphie ou d'autres dosages biologiques
seront faits secondairement en fonction des orientations
diagnostiques données par les examens précédents.
• L'artériographie n'a que d'exceptionnelles indications.
Diagnostic étiologique :
1- Neuroblastome :
• Généralités : tumeur du système nerveux sympathique,
le neuroblastome ou sympathoblastome se développe
à partir des cellules primordiales du système sympathique,
nées des crêtes neurales.
Selon la localisation
des cellules d'origine, on distingue les neuroblastomes
médians et les neuroblastomes latéraux avec parfois des
prolongements intrarachidiens par les trous de conjugaison
réalisant des tumeurs en sablier.
Ces tumeurs sont
situées dans 60 % des cas dans le rétropéritoine, mais
aussi dans le thorax (30 %), dans le pelvis (5 %) et dans
le cou (5 %).
La fréquence est de 1 pour 100 000 habitants, le neuroblastome
est la plus fréquente des tumeurs abdominales
de l'enfant. Il survient le plus souvent avant l'âge de 2 ans.
• Anatomopathologie : il est généralement volumineux, hypervascularisé, adhérent aux organes de voisinage et
difficilement mobilisable.
À la coupe, il est très hétérogène
avec des zones kystiques et encéphaloïdes, des
plages hémorragiques et nécrotiques.
• L'évolution se fait rapidement vers la généralisation
par voie lymphatique et hématogène avec des métastases
osseuses et médullaires, hépatiques (syndrome de Pepper)
ou pulmonaires.
Le potentiel évolutif de ces tumeurs est
cependant très surprenant : régression ou maturation spontanées
ou sous l'effet du traitement, récidive après traitement.
• Spécificités cliniques : hormis le syndrome tumoral, l'attention
peut être attirée par une anémie, une diarrhée chronique,
une HTA ou un syndrome opsomyoclonique (syndrome
cérébelleux, mouvements involontaires, myoclonies
oculaires) ou une complication (paraplégie d'un neuroblastome
en sablier).
Des métastases peuvent également être au premier plan ;
50 % des neuroblastomes sont en effet métastatiques lors du
diagnostic: ganglions sus-claviculaires, douleurs osseuses,
exophtalmie par métastase orbitaire (syndrome de
Hutchinson).
• Radiologie : l'abdomen sans préparation (ASP) peut
montrer de fines calcifications disséminées intratumorales.
L'échographie et le scanner précisent la taille et l'extension
locale de la tumeur par rapport aux gros vaisseaux
et aux organes voisins.
La scintigraphie à la MIBG, méta-iodobenzylguanidine)
permet d'affirmer le diagnostic puisque les cellules fixent
électivement ce marqueur.
Elle permet d'emblée un bilan
d'extension et est très utile pour la surveillance de l'effet
thérapeutique.
La recherche des métastases nécessite : radiographie pulmonaire,
échographie abdominale, scanner abdominothoracique,
scintigraphie à la MIBG, biopsies osseuses et
médullaires.
• Biologie : le neuroblastome est capable de synthétiser
des catécholamines dont les métabolites sont retrouvés
dans les urines dans 95 % des cas.
La tumeur est d'autant
moins sécrétante qu'elle est plus mature.
On retrouve
ainsi dans les urines : VMA, HVA et dopamine.
C'est cette présence de métabolites urinaires qui a permis
des expériences de dépistage systématique du neuroblastome
chez le nourrisson, en France dans le département
du Rhône, au Canada ou au Japon.
• La biopsie à l'aiguille ne trouve sa justification que
dans les neuroblastomes non sécrétants et non fixants et
pour étudier sur les cellules tumorales l'amplification de
l'oncogène n-myc qui est un très bon facteur pronostique.
2- Néphroblastome ou tumeur de WILMS :
• Généralités : le néphroblastome représente plus de
90 % des tumeurs du rein de l'enfant.
Environ 100 nouveaux
cas sont diagnostiqués chaque année en France.
Rare avant l'âge de 1 an, il se rencontre surtout entre 1 et
5 ans.
Il siège plus volontiers à gauche (60 %), il est
bilatéral dans 5 % des cas.
• Anatomopathologie : le néphroblastome est une
tumeur embryonnaire, reproduisant l'aspect du métanéphros,
composée de tissus conjonctif, épithélial et blastémateux.
Elle est volumineuse, hypervascularisée,
hétérogène, sous tension et friable ce qui impose une
palpation prudente et contre-indique formellement la
biopsie.
• Spécificités cliniques : il peut s'agir de signes généraux
: fièvre ou baisse de l'état général; de signes urinaires:
hématurie présente dans 25 % des cas; d'une HTA; d'un syndrome abdominal aigu par hémorragie
intratumorale ou rupture.
Certaines malformations associées sont significativement
plus fréquentes : aniridie, hémi-hypertrophie corporelle,
syndrome de Widman-Beckwith, malformations
rénales et délétion du chromosome 11 p.
• Examens complémentaires : l'ASP montre l'ombre
tumorale et des calcifications en «bulbe d'oignon».
L'échographie confirme le siège rénal de cette tumeur
solide et hétérogène.
Elle élimine les tumeurs liquidiennes
(kystes) ou les malformations pseudotumorales
(hydronéphrose).
L'urographie intraveineuse (UIV)
montre des images caractéristiques de calices déformés,
étirés, amputés et un refoulement de l'uretère en dedans.
Le scanner et l'IRM visualisent les limites de la tumeur
et ses rapports.
Les dosages de VMA, HVA et dopamine
urinaires, normaux, éliminent un neuroblastome.
La recherche des métastases se fait par la radiographie
pulmonaire et, si elle est normale, par le scanner thoracique
(les métastases pulmonaires sont les plus fréquentes),
l'échographie hépatique, les radiographies du
squelette en fonction de la clinique.
3- Tératomes :
• Généralités : ce sont des tumeurs malformatives dérivées
de cellules multipotentielles embryonnaires et provenant
donc des trois feuillets de l'embryon.
Dans la
région sous-diaphragmatique, ils se développent au
niveau du sacro-coccyx, dans l'espace rétro-péritonéal
ou au niveau des ovaires.
• Anatomopathologie : Les tératomes sont des tumeurs
très hétérogènes avec des zones kystiques et solides.
A
la coupe, on retrouve des cheveux, des fragments osseux
ou cartilagineux, des kystes sébacés ...
Dans 80 % des cas, le tératome est mature et bénin avec
des tissus bien différenciés : tissus nerveux, osseux ou
cartilagineux, digestif ou respiratoire, sous réserve de
l'examen de la totalité de la pièce.
Dans 20 % des cas il
est immature et malin, associant divers types histologiques
: carcinome embryonnaire, tumeur du sac vitellin
(sécrétant de l'alpha-foeto-protéine), choriocarcinome
(sécrétant des gonadotrophines chorioniques).
• Spécificités cliniques et de localisation : hormis les circonstances
classiques de découverte d'une tumeur abdominale
:
- les tératomes rétro-péritonéaux sont volontiers volumineux,
soit latéralisés (sus ou sous-rénaux), soit médians
refoulant alors les éléments vasculaires, digestifs et urinaires
et se traduisant donc fréquemment par des signes de
compression ;
- les tératomes de l'ovaire sont rares, responsables le plus
souvent de signes tumoraux abdominaux, parfois de
tableau aigu de torsion d'annexes imposant l'intervention
chirurgicale, exceptionnellement de signes endocriniens :
fausse puberté précoce par sécrétion de FSH ;
- les tératomes sacro-coccygiens sont généralement développés
à l'extérieur du nouveau-né dans la région fessière
ou coccygienne mais ils peuvent être à développement
uniquement endopelvien et abdominal dans 10 % des cas,
responsables de compression rectale et vésicale.
Ils
sont maintenant souvent découverts par échographie
foetale.
• Examens complémentaires : l'ASP montre l'ombre
tumorale, le plus souvent parsemée de véritables calcifications
organisées.
L'échographie, le scanner ou l'imagerie
par résonance magnétique retrouvent une tumeur
hétérogène, précisent sa localisation et ses rapports.
Les dosages biologiques peuvent retrouver des taux élevés
d'a-foeto-protéine (tumeur du sac vitellin dans les
formes matures ou immatures) et de gonadotrophines
chorioniques (choriocarcinome dans les formes immatures).
Les dosages de VMA, HVA et dopamine sont
normaux.
4- Autres tumeurs rétropéritonéales :
Le bilan initial ayant éliminé les 3 principales tumeurs
abdominales de l'enfant, une multitude d'autres lésions
peuvent s'observer dans les mêmes limites anatomiques:
rétropéritoine, cavité péritonéale et pelvis.
Hormis les lésions bénignes ou malignes, on définit les pseudo-tumeurs d'origine malformative, infectieuse ou
traumatique comme des lésions non tissulaires.
Les examens paracliniques sont orientés en fonction de la localisation
de la masse.
Soit le diagnostic est certain et le
traitement sera médical ou chirurgical selon la nature de
la tumeur, soit les examens complémentaires ne permettent
pas de trancher et une exploration chirurgicale (ou
une biopsie), s'impose pour permettre l'examen anatomopathologique.
L'échographie, le scanner voire l'UIV retrouvent une
masse située en arrière de la cavité péritonéale.
• Cette tumeur a les caractères du neuroblastome,
mais elle est mieux limitée, plus homogène et les marqueurs
sont normaux.
Il peut s'agir d'un ganglioneurome,
forme mature et bénigne du neuroblastome.
Il peut
comprimer les organes de voisinage mais seule son
extension dans le trou de conjugaison est dangeureuse.
• La tumeur a un point de départ rénal, c'est souvent
l'analyse histologique qui fera le diagnostic d'une
tumeur bénigne ou maligne.
En cas de
lésion purement liquidienne, il faut s'orienter vers une
malformation (hydronéphrose, méga-uretère, rein multikystique),
en cas de tableau infectieux vers une pyonéphrose.
• La tumeur a un point de départ surrénal, il s'agit
alors le plus souvent d'une masse sécrétante.
Le diagnostic
lésionnel sera guidé par les signes cliniques
(HTA et céphalées du phéochromocytome ou de l'adénome
de Conn, obésité et hirsutisme du syndrome de
Cushing, syndrome de virilisation ou de féminisation),
ainsi que par les dosages biologiques correspondants.
Chez le nouveau-né, l'hématome de la surrénale se traduit
par une masse d'abord homogène puis devenant en
quelques jours liquidienne, sans modification biologique.
Il survient dans un contexte de stress obstétrical
(traumatisme notamment).
• D'autres tumeurs rétropéritonéales sont plus rares
(tumeurs conjonctives ou lymphatiques),
leur diagnostic est le plus souvent fait par l'examen anatomopathologique
de la pièce opératoire.
5- Autres tumeurs intrapéritonéales :
• Leur point de départ hépatique est généralement facile
à mettre en évidence par l'échographie et le scanner.
Elles sont le plus souvent révélées par une hépatomégalie,
asymptomatique et anictérique.
Ces tumeurs hépatiques
sont plus fréquentes chez le nourrisson que chez
l'enfant .
Il est indispensable d'éliminer une tumeur maligne (hépatoblastome)
par le dosage d' a-foeto-protéine qui a une
valeur quasi pathognomonique et rend inutile la biopsie.
Très rare en Europe et de pronostic très sombre, l'hépatoblastome
survient le plus souvent chez le garçon de
moins de 2 ans et sur des lésions préexistantes (cirrhose,
hépatite, glycogénose).
De même, le dosage de VMA,
HVA et dopamine urinaires permet d'éliminer chez le
nourrisson un syndrome de Pepper.
Les autres métastases
hépatiques sont plus rares et facilement reconnues (métastases
d'un néphroblastome).
Les tumeurs bénignes sont regroupées sous le terme d'hamartome
; ce sont des tumeurs développées à partir de
cellules composant normalement l'organe atteint.
Les
plus fréquents sont les hémangiomes, ils se développent
volontiers dans les premiers mois de la vie voire dès la
naissance et entraînent une importante hépatomégalie
avec des troubles de compression, une thrombopénie et
une insuffisance cardiaque par shunt artério-veineux.
Parmi les malformations pseudotumorales hépatobiliaires,
les dilatations congénitales du cholédoque sont
les plus caractéristiques : la dilatation peut être très importante, elle siège en amont d'une sténose du bas cholédoque
secondaire à un reflux de suc pancréatique dans
les voies biliaires par anomalie du canal bilio-pancréatique.
• Les tumeurs de la rate sont bien moins fréquentes que
les splénomégalies secondaires à une hypertension portale,
une infection ou une hémopathie.
L'ASP montre le
refoulement de l'estomac et du côlon.
L'échographie fait
la différence entre tumeur solide (hamartome splénique
bénin ) et liquide (kyste dermoïde ou épidermoïde).
• Les lésions pancréatiques sont en grande majorité des pseudokystes, collections sans paroi propre due à une
interruption des canaux excréteurs, apparaissant progressivement
en 15 à 20 jours après un traumatisme
abdominal fermé qui a pu passer inaperçu.
Elles s'accompagnent
de douleurs abdominales et l'échographie
découvre une masse purement liquidienne prépancréatique.
Biologiquement, il existe une hyper-amylasémie.
• Les tumeurs digestives peuvent être évoquées devant
un accident occlusif, hémorragique ou infectieux.
La
plupart sont bénignes, de diagnostic souvent échographique.
Les plus fréquentes sont les duplications digestives,
malformations pseudotumorales creuses, sphériques
ou tubulaires, pouvant siéger tout le long du tube
digestif mais plus volontiers au niveau du duodénum et
de la région iléo-cæcale.
Elles sont intimement adhérentes
au segment intestinal normal et de même structure
histologique.
Les sarcomes digestifs, exceptionnels
chez l'enfant, se traduisent par une atteinte sévère de
l'état général et des épisodes subocclusifs.
Leur diagnostic
est le plus souvent opératoire.
• Les tumeurs du système lymphatique peuvent également
se révéler par un épisode aigu d'occlusion ou d'invagination.
Le lymphangiome kystique intra-abdominal
se présente, comme tous les lymphangiomes kystiques,
sous la forme d'une volumineuse grappe cloisonnée à
contenu séreux ou chyleux, facilement identifiable à
l'échographie et au scanner.
La lymphangiomatose en
est la forme disséminée.
Le lymphome malin non hodgkinien ou lymphome de Burkitt est le plus fréquent des lymphomes de l'enfant et
de très bon pronostic.
Il s'accompagne le plus souvent
d'adénopathies superficielles.
C'est une tumeur d'évolution
rapide, solide, enchâssée dans le mésentère et pouvant
envahir la paroi intestinale.
Le diagnostic peut être
fait par ponction tumorale ou de liquide d'ascite ou par
prélèvement d'un nodule tumoral superficiel.
• Pour les tumeurs ovariennes, l'échographie est l'examen
essentiel.
Le kyste séreux fonctionnel est de loin la
lésion la plus fréquente.
Il est très facilement diagnostiqué
grâce à des images parfaitement liquidiennes et
homogènes.
Le plus souvent responsable de douleurs
pelviennes, il peut être de découverte opératoire ou
révélé par un épisode aigu de torsion ou de nécrose
(dans ce cas, l'aspect échographique est modifié et l'étude
anatomopathologique peut être impossible).
Les tumeurs malignes sont exceptionnelles.
On les évoquera sur un aspect hétérogène à l'échographie avec des cloisons et des végétations intratumorales.
Le
bilan comprend les explorations endocriniennes en fonction
de la symptomatologie clinique (puberté précoce ou
virilisation), le dosage de l'antigène carcino-embryonnaire
et du CA 125, celui de l'a-foeto-protéine et des gonadotrophines
chorioniques afin d'éliminer un tératome.
6- Autres tumeurs pelviennes :
• Chez la fille, une malformation vaginale (imperforation hyménéale, atrésie vaginale ou hémi-vagin
borgne) peut entraîner une dilatation d'amont suffisamment
volumineuse pour apparaître comme une tumeur
abdominale.
Chez le nouveau-né, il s'agit d'un hydrocolpos
correspondant à l'accumulation de sécrétions
vaginales secondaires à la crise génitale néonatale.
Chez la fille pubère, si la malformation vaginale a été
méconnue pendant l'enfance, l'hématocolpos succède à
l'accumulation du sang menstruel et est volontiers douloureux.
Le diagnostic est fait par le toucher rectal qui
retrouve cette masse en avant du rectum, par l'inspection
périnéale qui montre l'absence d'orifice vaginal, et
par l'échographie pelvienne.
• Les tumeurs malignes du sinus urogénital sont des rhabdomyosarcomes ou sarcomes botryoïdes, tumeurs
embryonnaires dont le point de départ peut être la vessie,
la paroi vaginale, le col utérin ou la loge prostatique.
Leur diagnostic peut être évoqué devant une
hématurie, une infection urinaire, ou plus souvent des
troubles de compression rectale et vésicale.
Le toucher
découvre une tumeur prérectale.
Le diagnostic histologique
est fait par biopsie chirurgicale ou endoscopique.
Le pronostic reste sombre.