Traitements antifongiques en dermatologie
(Suite) Cours de dermatologie
Schémas thérapeutiques
:
A - AFFIRMATION DE LA MYCOSE
:
Le traitement doit être adapté à la lésion clinique et à l’agent
pathogène, même si nous disposons de médicaments polyvalents.
Pour affirmer une mycose, la clinique ne suffit pas.
L’histologie
évoque une mycose en montrant les filaments de champignon ou
les formes levures (colorations de Gomori-Grocott, acide périodique
de Schiff).
Seul l’examen mycologique pratiqué dans de bonnes
conditions permet de confirmer le diagnostic.
Il doit être pratiqué à
distance de tout traitement antifongique local ou per os, ce qui
nécessite :
– un arrêt de 1 mois en cas de traitement local par une crème
antifongique ou par un imidazolé oral ;
– un arrêt de 2 mois en cas de prise de médicaments tels que la terbinafine, l’itraconazole ou de vernis antifongiques sur les ongles,
du fait de la rémanence de ces produits.
Si on ne respecte pas ces temps de latence, les résultats
mycologiques risquent d’être ininterprétables.
En cas de dermatophytie, il faut toujours pratiquer une enquête
épidémiologique.
Devant un dermatophyte « zoophile », on
recherche l’animal contaminant à traiter et on essaie de traiter tous
les sujets atteints.
S’il s’agit d’un dermatophyte « géophile », on
traite uniquement le patient, sauf si un animal a servi d’hôte
intermédiaire.
Quant aux champignons « anthropophiles », l’enquête
à la recherche des sujets contaminés à traiter doit conduire à
examiner les membres de la famille du sujet princeps et tous les
sujets qu’il côtoie au quotidien.
Il faut aussi tenir compte de l’état
immunitaire du sujet.
B - DERMATOPHYTIES :
Les dermatophytes sont des organismes étrangers à l’homme, donc
toujours pathogènes sur la peau.
On les classe en trois genres :
Trichophyton, Microsporum et Epidermophyton.
Ils sont responsables
des lésions cutanées circinées, d’intertrigos des grands et des petits
plis, de teignes et d’onychomycoses.
1- Traitement des lésions de la peau glabre :
herpès circiné
En cas de lésion croûteuse, on emploie un produit kératolytique
local.
Un traitement antifongique local est souvent suffisant : crème ou
pommade imidazolée pendant 3 à 4 semaines, une ou deux fois par
jour selon le produit, crème Mycostert, deux fois par jour pendant
21 jours ou crème Lamisilt, une fois par jour pendant 7 à 15 jours.
Un traitement par voie générale doit être prescrit en cas d’extension
importante des lésions, en cas de résistance au traitement local seul,
en cas de lésions dues à un dermatophyte très résistant à nos
traitements comme Trichophyton rubrum, en cas de lésions très
inflammatoires ou infiltrées, ou chez un patient immunodéprimé.
Nous disposons alors des traitements suivants :
– griséofulvine (Griséfulinet, Fulcinet) : 1 g/j pendant 2 à
4 semaines pour les lésions cutanées, 4 à 8 semaines pour les plis et
les lésions cutanées des pieds ;
– kétoderm (Nizoralt) : 200 mg/j en cas d’intolérance à la
griséofulvine ;
– terbinafine (Lamisilt) : 250 mg/j pendant 2 à 6 semaines pour les
adultes (70 % de guérison des lésions de « pied d’athlète » en
1 semaine de traitement et 100 % dans la forme hyperkératosique
plantaire « mocassin » en 6 semaines) ; sur de telles lésions, on
obtient 55 % de guérison après 6 semaines de griséofulvine ; pour
Sayag, la durée de traitement est de 3 semaines et les lésions les
plus récentes guérissent mieux (95 % contre 89 % si les lésions sont
anciennes) ;
– itraconazole (Sporanoxt) : un traitement de 15 jours à 100 mg
permet d’obtenir 90 % de guérison clinique et 80 % de guérison
mycologique ; la durée du traitement des lésions cutanées peut être
réduite à 7 jours avec une dose de 200 mg ; pour les lésions
palmoplantaires, le traitement est de 100 mg/j pendant 1 mois ou
400 mg/j pendant 7 jours.
Des études ont montré la même efficacité
de l’itraconazole à 100 mg/j pendant 1 mois, que 250 mg/j de
terbinafine ou 50 mg/j de fluconazole.
L’itraconazole et le fluconazole, bien qu’efficaces, n’ont pas d’AMM pour
cette indication.
2- Traitement des mycoses des plis
(plis inguinaux, plis interorteils)
:
* Antifongiques locaux
:
– Imidazolés ou cyclopiroxolamine pendant 3 à 8 semaines.
– Terbinafine crème 1 % pendant 2 à 4 semaines.
* Prévention des récidives :
– Lutte contre l’humidité.
– Désinfection des foyers de réensemencement (salle de bain, bords
des piscines, salles de sport).
* Antifongiques systémiques
:
En cas d’atteinte récidivante ou étendue :
– griséofulvine ou terbinafine (si dermatophyte) ;
– kétoconazole, en cas d’intolérance aux autres médicaments ;
– terbinafine : 250 mg/j pendant 1 à 2 semaines ;
– itraconazole ; efficace à 100 mg/j pendant 2 semaines ou 200 mg/j
pendant 7 jours mais sans AMM actuellement ;
– fluconazole : 50 à 100 mg/j ou 150 mg/semaine pendant 2 à
3 semaines.
3- Traitement des onychomycoses à dermatophytes
:
*
Atteinte distale de moins de 50 % de l’ongle
:
Un traitement local est suffisant s’il associe :
– la destruction de l’ongle malade : par meulage mécanique,
avulsion chimique (Amycor-Onychosett) ou avulsion chirurgicale
(risque de dystrophie secondaire par atteinte de la matrice) ;
– un traitement local ensuite : imidazolés locaux sous occlusion ou
solution filmogène (Locérylt 5 %, une fois par semaine sur les ongles
malades ou Mycostert 8 % tous les jours sur tous les ongles).
* Atteinte matricielle
:
Un traitement oral est indispensable, associé au traitement local :
– Griséfulinet (0,5 à 1g/j de griséofulvine micronisée) ; pour les
ongles des orteils, le traitement dure de 12 à 18 mois et on obtient
moins de 40 % de guérison ; dans les cas difficiles, on a parfois
donné 2 g/j ; les taux de guérison obtenus pour les ongles des mains
sont de 57 à 59,6 % après 6 à 9 mois de traitement ;
– Nizoralt (400 mg/j de kétoconazole) pendant 6 à 9 mois, avec un
taux de guérison de 40,8 à 50 % ;
– Lamisilt (250 mg/j de terbinafine) ; il faut 6 mois pour traiter un
onyxis à dermatophyte des mains avec 95 % de guérison, 12 mois
pour obtenir 80 % de guérison au niveau des ongles des orteils ;
pour d’autres, il faut 4 à 8 mois pour obtenir 86 % de guérison ;
pour certains auteurs, les taux de guérison sont d’environ 80 à 90 %
sans rechutes à 1 an, mais le degré de l’atteinte unguéale n’est pas
précisé ; des essais de traitements courts, de 3 mois, ont eu lieu
pour les onychomycoses, la guérison clinique apparaissant après
arrêt du traitement comme pour l’itraconazole du fait de la
rémanence du produit ; la guérison mycologique est plus rapide.
Les traitements locaux et généraux sont associés pour obtenir une
meilleure efficacité.
Une étude clinique multicentrique et
randomisée a étudié la synergie d’action de deux antifongiques
fongicides, terbinafine et amorolfine : une étude de phase II
montre une meilleure efficacité de l’association sur 3 mois de
traitement que l’utilisation de la terbinafine seule (68 % de guérison
clinique contre 42 %).
Récemment, une étude de traitement court a montré que 6 semaines
de traitement peuvent suffire au niveau des ongles des mains, mais
pas aux ongles des pieds.
L’ampleur de l’atteinte de départ
(matricielle ou distale) importe peu dans cette étude.
Les récidives sont peu fréquentes à l’arrêt du traitement, avec un
taux de 6 % pour les mains, 12 % pour les pieds à 1 an, 20 % à
3 ans.
S’agit-il de récidives ou de réinfestations ?
* Médicaments d’avenir n’ayant pas d’AMM
:
– L’itraconazole : des traitements continus de 5 à 6 mois à 100 mg/j
ont été effectués, avec un taux de guérison de 45 % des ongles des
orteils.
Le taux de succès est de 51 % après 8 à 9 mois, il monte à
79 % à 6 mois à la dose de 200 mg/j, sans rechute dans l’année qui
suit le traitement.
Cette notion est importante car elle traduit
certainement une stérilisation de tous les foyers mycosiques du
patient.
On donne en fait 200 mg/j d’itraconazole pendant 3 mois
pour les ongles des orteils et pendant 6 à 8 semaines pour les ongles
des mains (67 % de guérison après 12 semaines).
L’itraconazole est employé aussi en pulse-therapy, à la dose de
400 mg/j pendant 1 semaine par mois pendant 4 mois pour les
ongles des orteils, 2 à 3 mois pour les ongles des mains.
On
obtient 77 % de guérison après 3 ou 4 pulses. Des traitements
intermittents de 100, 200 ou 300 mg/semaine ont permis une
guérison en 6 mois environ.
Des études comparant des traitements continus par terbinafine
(250 mg/j) avec des traitements séquentiels de terbinafine (500 mg/j
pendant 1 semaine par mois) et d’itraconazole (400 mg/j pendant
1 semaine par mois) pendant 4 mois ont trouvé de meilleurs
résultats avec les traitements continus de terbinafine (94,1 % de
succès), suivis par la terbinafine en traitement séquentiel (80 % de
succès) et enfin l’itraconazole (75 %).
Les différences ne sont pas
statistiquement significatives.
L’itraconazole persiste dans
l’ongle au moins 5 à 6 mois après l’arrêt du traitement, il faut savoir
attendre la guérison clinique.
– Le fluconazole : à la dose de 150 mg une fois par semaine ou
100 mg deux fois par semaine pendant 20 semaines pour les ongles
des mains, 24 à 40 semaines pour les ongles des pieds, il donne des
résultats intéressants en 6 mois.
Des traitements séquentiels à raison de 200 ou 300 mg/semaine
ont été essayés.
La durée moyenne de traitement est de
6 mois ; le taux de guérison est de 64 %, voisin de celui obtenu avec
l’itraconazole, moins bon que pour la terbinafine (71 %).
Par rapport
au mauvais score de la griséofulvine (40 %), on peut considérer que
ces triazolés sont efficaces.
* Traitement des foyers associés et prévention des récidives
:
Ceci comprend un traitement local associé des lésions des pieds
(espaces interdigitoplantaires, plantes) ou d’une autre atteinte du
tégument (plis de l’aine).
4- Traitement des teignes du cuir chevelu
:
Le traitement local est indispensable et doit s’accompagner d’un
traitement par voie générale dès que la teigne est confirmée par un
examen mycologique positif.
Si on se trouve en présence d’un sujet
asymptomatique mais porteur de dermatophyte à l’examen
mycologique, c’est-à-dire « porteur sain », le traitement local seul
suffit.
* Traitement local
:
Il comprend trois mesures à associer :
– décapage des lésions croûteuses (Kélual émulsiont, Kératosanet
gel) ; il faut aussi couper les cheveux au voisinage des plaques
d’alopécie ;
– traitement local avec une lotion antifongique : ciclopiroxolamine
ou différents dérivés imidazolés ;
– shampooing avec un imidazole : Kétodermt 2 % sachets, Pevaryl
lotion 1 %.
* Traitement par voie orale :
– La griséofulvine (15 à 20 mg/kg chez l’enfant, 1 g/j chez l’adulte)
pendant 6 à 8 semaines, avec un examen mycologique tous les mois
pour vérifier la guérison.
C’est le seul traitement des teignes ayant
l’AMM.
Trichophyton tonsurans nécessite des doses de 20 à 25 mg/kg/j.
Ce dermatophyte est à l’origine de nombreux cas de teignes aux
États-Unis et en Angleterre.
Plusieurs études ont noté une moindre efficacité du kétoconazole
dans le traitement des teignes par rapport à la griséofulvine.
– La terbinafine : 250 mg/j chez l’adulte, 125 mg/j chez l’enfant de
20 à 40 kg, 62,5 mg/j pour moins de 20 kg pendant 4 semaines.
Les teignes à Trichophyton tonsurans à Mexico ont été
soignées en 4 à 8 semaines, 12 semaines pour d’autres.
Bien que n’ayant pas l’AMM pour cette indication, le Lamisilt
semble un très bon traitement.
Il est utilisé dans d’autres pays
avec succès sur Trichophyton tonsurans surtout mais aussi sur
Trichophyton violaceum, Microsporum canis.
Pour certains, il
suffit de 2 semaines de traitement. Ses résultats semblent
meilleurs que ceux de l’itraconazole.
Il n’y a pas d’AMM en
France pour ce produit.
* Autres mesures :
– Rechercher et traiter tous les sujets atteints dans l’entourage (la
famille, l’école, la crèche ou toute autre communauté) en cas de
teigne anthropophile.
Les adultes peuvent être atteints de teigne ou
« porteurs sains ».
– Rechercher et traiter l’animal parasité en cas de teigne zoophile.
– L’éviction scolaire, toujours en vigueur (Journal Officiel du 31 mai
1989), est une mesure sans intérêt si l’on considère que le sujet
atteint a déjà eu le temps de contaminer ses proches lorsqu’on
débute le traitement, et, une fois traité il devient beaucoup moins
contagieux.
Différentes enquêtes scolaires ont trouvé une
contamination familiale et non scolaire.
L’important est surtout, en
cas de teigne, de traiter tous les sujets contacts atteints.
* Médicaments d’avenir :
– L’itraconazole (Sporanoxt) est un excellent antifongique pour
traiter les teignes à Microsporum canis et à Trichophyton tonsurans, à
la dose de 100 mg/j pendant 30 jours. Dans le traitement des teignes,
il est mieux toléré que la griséofulvine.
Pour les enfants, les doses
sont de 5 mg/kg/j pendant 4 semaines à 6 semaines, avec 89 % de
guérison.
Des traitements discontinus par pulses de 5 mg/kg/j
pendant 1 semaine, avec des périodes de repos de 3 semaines ont
été institués et trois pulses suffisent au traitement. Ce
médicament est réservé à un usage hospitalier.
Il est disponible dans
les pharmacies centrales des hôpitaux.
– Le fluconazole (Triflucant) a servi au traitement d’un kérion dû à
Trichophyton mentagrophytes en 20 jours à raison de 50 mg/j.
Il a été
employé avec succès pour le traitement de teignes à Trichophyton tonsurans, Microsporum canis et Microsporum audouinii à la dose de
100 mg/j pendant 8 semaines chez des enfants de 6 à 11 ans.
Un
autre schéma thérapeutique consiste à le donner à la dose de
6 mg/kg/j pendant 20 jours ou pendant 15 jours avec une
surveillance après 4 semaines. Les teignes microsporiques
nécessitent un traitement prolongé.
C - CANDIDOSES :
Il s’agit d’affections dues à des champignons saprophytes habituels
du tube digestif de l’homme, qui deviennent pathogènes grâce à
des facteurs favorisants tels que la grossesse, la prise de
médicaments (antibiotiques antibactériens, chimiothérapie
antiparasitaire [métronidazole], contraceptifs oraux, corticoïdes,
immunosuppresseurs) ou l’existence d’un terrain immunodéprimé
favorisant la maladie (diabète, maladie endocrinienne, déficits
immunitaires congénitaux ou acquis).
Sur la peau, Candida albicans peut être considéré comme pathogène,
car il n’existe pas à l’état saprophyte comme sur les muqueuses.
Pour les autres levures, il faut des précautions pour affirmer leur pathogénicité.
1- Candidoses cutanées
:
* Candidoses des plis
:
Qu’il s’agisse d’une atteinte des grands plis (plis de l’aine, pli interfessier, pli sous-mammaire) ou des petits plis
(interdigitoplantaires), il faut traiter les facteurs de macération et
appliquer un antifongique local : dérivé imidazolé ou
ciclopiraxolamine, sous forme de crème, une à deux fois par jour.
L’association d’un traitement par voie orale se fait en cas de lésions
très étendues ou en cas de déficit immunitaire associé : kétoconazole
(200 mg/j), itraconazole (100 mg/j) ou fluconazole (50 mg/j)
pendant 15 jours.
* Onychomycoses à « Candida »
:
Localisées sur les ongles des mains, elles s’accompagnent souvent
d’un périonyxis à traiter en même temps que l’ongle : dérivés
imidazolés ou Mycostert en crème sur le périonyxis et la matrice
associé à une solution filmogène antifongique sur l’ongle (Mycostert
ou Locérylt).
L’association d’un traitement par voie orale se fait en cas de lésions
très étendues, ou en cas de déficit immunitaire associé : kétoconazole
(200 mg/j), l’itraconazole (100 mg/j) ou fluconazole (50 mg/j)
pendant 15 jours.
* Folliculite candidosique :
Elle survient par petites épidémies, chez les héroïnomanes, sous
forme de folliculite des zones pileuses (barbe, cheveux, thorax,
pubis) et touche plusieurs personnes ayant consommé une héroïne
de la même provenance préparée dans du citron.
L’agent pathogène
est Candida albicans.
Il s’agit d’une urgence thérapeutique, car il peut
apparaître, en absence de traitement, une atteinte oculaire grave,
cause de cécité. Plus tardivement, on peut noter une atteinte osseuse.
Le traitement fait appel aux dérivés imidazolés par voie générale
(kétoconazole, itraconazole, fluconazole).
2- Candidoses des muqueuses
:
* Candidoses buccales :
+ Muguet de la cavité buccale
:
Il est confirmé par la présence de Candida albicans en grande
quantité au prélèvement et traité par voie topique avec des gels
buccaux contenant un imidazolé (Daktarint) ou par un polyène
(nystatine ou amphotéricine B).
Le produit reste dans la bouche
quelques instants avant d’être avalé afin de nettoyer le tube digestif.
Les imidazolés par voie orale ont été essayés : le kétoconazole à
200 mg/j est actif en 10 jours, l’itraconazole à 100 mg/j en 14 jours
et le fluconazole à 50 mg/j en 7 à 14 jours est actif chez les sujets
immunocompétents.
+ Candidoses oropharyngées des sujets positifs pour le virus
de l’immunodéficience humaine
:
Elles sont souvent la manifestation infectieuse inaugurale de la
maladie ou un marqueur de mauvais pronostic.
Elles nécessitent
toujours un traitement par voie orale, à prolonger du fait de la faible
réponse immunitaire du patient.
Avec le fluconazole, il existe des
risques de résistance aux traitements et des risques de sélection de
Candida non albicans (Candida tropicalis, Candida glabrata) qui
résistent aux imidazolés et aux triazolés.
Pour ces sujets, les examens
mycologiques avec antifongigrammes sont nécessaires.
* Candidoses vaginales
:
+ Candidoses vulvovaginales aiguës
:
Elles apparaissent chez les femmes ayant pris un antibiotique à large
spectre ou lors de la prise d’un traitement hormonal.
L’application de topiques inadaptés (corticoïdes, désinfectants) créent,
entretiennent ou étendent des lésions cutanées de voisinage au
niveau des plis inguinaux.
Ces lésions sont souvent sensibles aux
traitements locaux : ovule et crème antifongique suffisent souvent.
En cas de lésion anale associée, il faut traiter le tube digestif avec
des suspensions buvables qui n’ont qu’un effet local (Fungizonet,
Daktarint) ou, si les lésions sont importantes, des imidazolés par
voie orale : kétoconazole, itraconazole (200 mg/j pendant 2 jours ou
400 mg en dose unique).
Fluconazole : en juin 1994, la Food and Drug Administration a
approuvé le traitement des mycoses vaginales par 150 mg de
fluconazole en dose unique.
On obtient le même taux de
guérison (90 %) qu’avec 400 mg/j d’itraconazole pendant 1 ou
2 jours ou 400 mg/j de kétoconazole pendant 5 jours. Il est actif sur
Candida albicans, Candida glabrata, Candida parapsilosis et Candida
tropicalis.
+ Candidoses vulvovaginales chroniques
:
Il faut vérifier l’authenticité de la mycose par un prélèvement afin
d’éliminer d’autres causes de vaginite infectieuse ou une vulvite non
infectieuse mais prurigineuse (psoriasis, lichen).
Ensuite, il faut instituer un traitement au moment des poussées si
elles sont prévisibles : soit elles viennent à intervalles réguliers
(menstruelles) et le traitement local peut se programmer, soit elles
sont imprévisibles et la patiente peut garder le médicament en
réserve dans sa pharmacie.
En cas de récidives très fréquentes et
imprévisibles, le clotrimazole local (non commercialisé en France) à
raison d’un ovule à 200 mg deux fois par semaine pendant 6 mois
prévient 100 % des récidives ou un traitement par voie générale
peut être proposé :
– kétoconazole à 200 mg, deux fois par jour pendant 3 à 5 jours ou
une fois par jour pendant 6 jours ;
– itraconazole à la dose de 200 mg le premier jour des règles ou
tous les 15 jours pendant 6 cycles ;
– fluconazole : il existe des résistances en cas de candidose vaginale
chronique ; une dose de 150 mg de fluconazole en une fois, chaque
mois au début des règles, permet de traiter ces lésions ; ce
traitement est plus efficace que les traitements antifongiques locaux
par ovules (clotrimazole), avec un moindre coût ; il peut
apparaître des résistances lors de traitements prolongés par le
fluconazole.
Les candidoses vaginales récidivantes dues à Candida glabrata
peuvent poser des problèmes, du fait de la résistance de cette levure
aux traitements antifongiques habituels.
On a proposé comme
traitement l’itraconazole à 200 mg/j pendant 2 mois, associé à la
nystatine per os et locale.
Pour d’autres, il faut utiliser un ovule
d’acide borique (600 mg dilués dans de la gélatine) par jour pendant
10 à 14 jours en traitement d’attaque, puis un ovule 1 jour sur 2 en
entretien, puis un ovule deux fois par semaine.
L’efficacité et
l’innocuité de ce traitement ne sont pas démontrées.
Des
badigeons de violet de gentiane à 1 % ou un traitement progestatif
ont aussi été proposés.
3- Candidoses cutanéomuqueuses chroniques
:
Elles associent dès l’enfance des lésions cutanées (ongles souvent
atteints), des lésions muqueuses chroniques et récidivantes et une
immunodéficience de nature variée, avec souvent une ou plusieurs endocrinopathies.
Le traitement fait appel aux imidazolés ou aux
triazolés (itraconazole et fluconazole) sur des durées très longues,
avec des risques de récidive.
Les patients traités avec un
antifongique systémique associé à un facteur de transfert ont des
rémissions de plus de 10 ans.
D - MALASSEZIA FURFUR :
Il s’agit d’une levure lipophile qui se développe sur les zones
séborrhéiques de la peau.
On a décrit de très rares cas de septicémies
à Malassezia furfur.
Elle est impliquée dans les affections suivantes.
1- Pityriasis versicolor :
Cette affection fréquente, bénigne mais récidivante, nécessite, lors
d’une première poussée, un traitement local avec les imidazolés
(crèmes, laits ou lotions pendant 15 jours, à raison d’une ou deux
applications/j) : le Kétodermt gel moussant à dose unique est
efficace et permet de faire un traitement du cuir chevelu et de tout
le corps en même temps.
Il est prudent de répéter ce traitement
après un délai de 8 jours.
Le Lamisilt crème est efficace sur
Malassezia furfur.
Pour traiter les récidives : certains préconisent un traitement
d’entretien, avec une ou deux applications par semaine à continuer
plusieurs mois.
Pour d’autres, il faut un traitement préventif qui
consiste à reprendre le traitement local avant ou au début de la
saison chaude ; il existe des pains ou savons à base de pyrithionezinc
ou de piroctone olamine pour la toilette qui servent d’adjuvant
lors du traitement d’attaque ou servent à prévenir les récidives.
En cas de lésions très profuses ou de récidives nombreuses, on peut faire
un traitement par voie orale avec : le Nizoralt (kétoconazole)
pendant 5 à 10 jours (avec 90 à 100 % de guérison), le Sporanoxt
(itraconazole) à 200 mg pendant 7 jours ou 500 mg en dose unique
(85 % de guérison) ; le Triflucant (fluconazole) à 400 mg en dose
unique est aussi efficace que l’itraconazole ;
Les folliculites à Malassezia furfur surviennent sur le front des
nouveau-nés et guérissent avec un traitement imidazolé local.
Chez les adultes jeunes, elles se manifestent surtout au niveau du
dos.
Il faut corriger les facteurs favorisants : locaux (transpiration,
macération, hyperséborrhée, hyperkératose de l’infundibulum
folliculaire), thérapeutiques (corticothérapie locale ou générale,
antibiothérapie), et les problèmes de terrain (diabète,
immunodépression) ; le traitement se fait comme pour les autres
lésions dues à Malassezia furfur.
2- Dermite séborrhéique :
Malassezia furfur se trouve en grandes quantités sur le visage en cas
de DS.
Mais son rôle pathogène est controversé.
Le traitement de
cette affection fait appel à des antifongiques qui ont un rôle antiinflammatoire
(interférence avec la production de leucotriènes), rôle
plus important ici que l’action antifongique.
À noter, pour cet
antifongique, une action sur l’acide rétinoïque de la peau.
Les
corticoïdes sont efficaces dans la DS grâce à leur action antiinflammatoire.
Le fluconazole local a permis de traiter des DS du
visage.
Le Kétodermt gel moussant est efficace sur les lésions du cuir
chevelu et sur celles du visage.
Sur le cuir chevelu, les lésions sont
squameuses, fluorescentes en jaune verdâtre et doivent être
distinguées des lésions de teigne microsporique. Les cheveux ne sont
pas atteins dans la DS.
E - MOISISSURES :
Il s’agit de champignons filamenteux, non dermatophytes,
fréquemment retrouvés dans l’environnement et qui peuvent
contaminer les lésions cutanées diverses en temps que saprophytes
non pathogènes.
Pour affirmer leur rôle pathogène, il faut isoler la
levure seule, sans champignon pathogène (dermatophyte ou levure),
à plusieurs reprises, sur tous les sites de prélèvement.
– Scopulariopsis brevicaulis est une moisissure fréquemment isolée
en culture (ongles surtout) et il est difficile d’être sûr de son rôle
pathogène.
On le trouve souvent associé à un dermatophyte
(Trichophyton rubrum surtout), qu’il peut masquer en culture.
– D’autres moisissures se retrouvent fréquemment sur les ongles, et
peuvent être pathogènes (Penicillium sp., Aspergillus sp., Acremonium
sp., Fusarium sp.).
Les lésions cliniques sont particulières, à type
de leuconychies superficielles souvent, sans atteinte cutanée
associée.
Ces lésions apparaissent fréquemment après traumatisme
de l’ongle.
Récemment, une nouvelle moisissure, Onychocola
canadensis, a été décrite.
Elle est aussi responsable
d’onychomycoses.
– Scytalidium dimidiatum et Scytalidium hyalinum sont appelés
« pseudodermatophytes » car ils sont responsables de lésions
cutanées et unguéales des pieds et des mains semblables à celles
que l’on rencontre avec Trychophyton rubrum.
Les patients atteints
de telles lésions sont originaires des régions tropicales ou
subtropicales du globe.
Le problème restant la possible association
des deux champignons et la difficulté à traiter le Scytalidium.
– Alternaria sp. a été isolée dans de rares cas de lésions cutanées
chez des sujets immunodéprimés.
Le traitement des moisissures est difficile et fait appel à des
antifongiques locaux, bien souvent après décapage des lésions.
L’itraconazole a fait preuve de son efficacité.
Il n’existe pas
d’antifongique spécifique des moisissures comme il en existe pour
les levures ou pour les dermatophytes.
De plus, on note une très
grande différence entre les résultats obtenus in vivo et les résultats
attendus au vu des CMI (in vitro).
Le traitement local peut être plus efficace que le traitement per os
pour les onychomycoses à moisissures.
F - MYCOSES RAREMENT RENCONTRÉES :
Certaines mycoses tropicales atteignent la peau et sont vues en
consultation de dermatologie.
1- Mycétomes
:
Il s’agit d’infections granulomateuses sous-cutanées dues à des
champignons ou à des actinomycètes (bactéries filamenteuses).
L’agent pathogène forme des grains compacts qui sont éliminés par
des lésions purulentes, souvent fistulisées.
Les lésions non traitées
deviennent chroniques et peuvent envahir les tissus mous et l’os.
Les agents pathogènes fongiques sont des champignons des régions
tropicales, mais différentes moisissures peuvent donner les mêmes
lésions (Madurella sp., Phialophora sp., Fusarium sp., Actinomadura
sp. etc).
Le diagnostic se fait sur l’histologie et la mise en évidence
du champignon en culture.
Les dérivés imidazolés ont été essayés avec plus ou moins de succès
(kétoconazole, itraconazole seul ou associé à la terbinafine).
La terbinafine seule à 1 g/j pendant 24
semaines a donné des améliorations dès le premier mois
de traitement.
2- Chromomycose ou chromoblastomycose :
C’est une mycose chronique de la peau et des tissus sous-cutanés,
des zones tropicales et subtropicales, due à des Dématiés
(Phialophora verrucosa, Cladosporium carronii, Fonsecae pedrosoi).
En cas de lésion limitée, le traitement fait appel à la chirurgie ou la
cryothérapie.
Dans les cas de lésions disséminées, le traitement fait appel au fluconazole associé à l’amphotéricine B en intraveineuse, au
kétoconazole ou à l’itraconazole à 200 mg/j.
Mais le traitement est
difficile et les rechutes fréquentes. Le saperconazole a été essayé
avec succès.
La guérison d’un cas de chromomycose due à
Fonsecae pedrosoi a été obtenue en 3 mois avec un traitement
associant flucytosine 150 mg/j et itraconazole 200 mg/j.
Le
traitement dure environ 8 mois. Le fluconazole a été efficace dans
un cas.
La terbinafine à posologie élevée (500 mg/j) et pendant une durée
importante (de 6 à 12 mois) est efficace.
Les patients atteints par Fonsecae pedrosoi sont guéris en 4, 8 et 12 mois.
Ceux qui sont
porteurs de Cladosporium carrionii sont guéris plus rapidement (4 mois).
3- Tinea nigra :
Il s’agit d’une affection mycologique bénigne atteignant souvent les
paumes ou les plantes, qui se manifeste par des taches chamois puis
brunes, d’extension lente, très discrètement en relief sur la peau.
Le
diagnostic différentiel le plus fréquent est le nævus, voire le
mélanome.
L’examen mycologique permet le diagnostic en mettant
en évidence des filaments mycéliens irréguliers à l’examen direct et Exophiala werneckii à la culture.
Le prélèvement est le début du
traitement car le grattage enlève une partie de la lésion.
Un
antifongique imidazolé local suffit ensuite pour obtenir une guérison complète.
Les patients atteints reviennent d’un
séjour récent en Afrique noire ou aux Antilles.
4- Sporothricose :
C’est une affection cosmopolite et endémique en Amérique
(Mexique surtout).
Le champignon (Sporothrix schenckii) pénètre la
peau après un traumatisme.
Les lésions cutanées sont à type
d’impétigo de la face ou des mains, ou à type de lésions nodulaires
disséminées le long d’un trajet lymphatique d’un membre.
Il peut
exister une adénite, voire une atteinte osseuse sous-jacente.
Après
isolement du champignon en culture, le traitement comprend
l’itraconazole, l’amphotéricine B par voie intraveineuse ou l’iodure
de potassium.
Certains auteurs rapportent 90 à 100 % de guérison
avec l’itraconazole à 200 à 400 mg/jour pendant 3 à 6 mois en cas
de lésions cutanées.
En cas de lésion osseuse, la durée du traitement
est de 1 an, voire plus. L’itraconazole à 100 mg/j pendant 11 semaines
a permis une amélioration ou une guérison dans 88 % des
cas.
Le fluconazole (200 à 400 mg/j) et le kétoconazole (400 à
800 mg/j) semblent moins efficaces que l’itraconazole.
La terbinafine à la dose de 500 mg à 1g
par jour pendant 6 mois, ou jusqu’à 1 mois après la fin
des lésions, a guéri 83 % des patients.
5- Lobomycose :
L’affection cutanée se traduit par un aspect de chéloïdes, de nodules
et de plaques.
Cette affection d’Amérique Centrale et d’Amérique
du Sud est due à un micro-organisme suspecté d’être un
champignon, Paracoccidioides loboi, dont l’isolement en culture n’a
pas été fait. Difficile à distinguer cliniquement de la chromomycose,
le diagnostic se fait à l’histologie.
Le traitement consiste à enlever les lésions accessibles à la chirurgie
avec une surveillance clinique pendant plusieurs années.
Le
traitement médicamenteux est essayé en cas de lésions étendues et
fait appel à la clofazimine (anti-inflammatoire), aux dérivés azolés
qui ont entraîné une amélioration (miconazole et kétoconazole
surtout).
G - CAS PARTICULIERS :
1- Immunodépression
:
Les sujets immunodéprimés ont souvent des mycoses cutanées
particulières par leur extension, leur durée d’évolution, leur
mauvaise réponse aux traitements antifongiques et la gravité de
certaines lésions ordinairement peu importantes (moisissures
souvent pathogènes).
2- Infection par le virus de l’immunodéficience humaine
:
– Dans les DS récidivantes et tenaces sur lesquelles on isole de
nombreuses colonies de Malassezia furfur, le traitement fait
appel au kétoconazole local (crème, gel moussant) et aux corticoïdes
locaux en cas de lésions inflammatoires.
La terbinafine crème et
d’autres antifongiques locaux sont actifs sur les poussées.
L’importance et le nombre des récidives conduisent à un traitement per os, par un dérivé azolé.
Le risque de résistance fait rejeter le fluconazole dans le traitement des récidives de DS.
– Les dermatophyties sont plus fréquentes que dans la population
générale pour certains et les lésions peuvent avoir un aspect
trompeur et une vitesse d’évolution rapide, comme les ongles qui
sont envahis en 6 mois alors que, chez un sujet immunocompétent,
il faut des années pour avoir la même atteinte.
On note souvent
un biparasitisme.
Des atteintes disséminées peuvent survenir en cas de baisse du taux
de lymphocytes T CD4 (dermatophytie chronique généralisée ou granulome dermatophytique).
On voit aussi des lésions du cuir
chevelu à type de DS profuses de psoriasis ou de teigne.
– Les antifongiques dont nous disposons sont efficaces à condition
de prolonger les traitements, d’employer des traitements par voie
générale, même pour des lésions localisées.
Il est fait appel à la
griséofulvine (1 g/j), à la terbinafine (250 mg/j) ou à l’itraconazole
(100 à 200 mg/j).
Le traitement peut être délicat, du fait des
divers médicaments pris par ces patients, d’interférences
médicamenteuses possibles (rifampicine, anti-acides), de la
mauvaise compliance de certains ou d’une posologie insuffisante.
– Les candidoses sont fréquentes, au niveau des muqueuses (buccale,
digestive, vaginale), au niveau de la peau (anus, plis de l’aine,
gland).
Là encore, le traitement fait appel aux antifongiques locaux
et/ou généraux (kétoconazole, itraconazole, fluconazole).
3- Diabète
:
Les diabétiques ont des défenses immunitaires altérées
proportionnellement à l’élévation du taux de glycémie et ils font
plus de mycoses cutanées que le reste de la population, surtout au
niveau des pieds, où des levures sont souvent isolées ; mais, pour
certains auteurs, on trouve la même fréquence d’infections fongiques
que dans le reste de la population, avec un risque de résistance au
traitement.
Il faut instituer un traitement précoce chez ces sujets
afin d’éviter une augmentation des lésions et une surinfection
bactérienne.
Les sujets atteints de neuropathie périphérique
diabétique négligent leurs pieds (pas de sensation de gêne liée à la
surinfection).
Le traitement consiste à éliminer les germes dans
un premier temps (l’érythrasma est traité par érythromycine locale
ou per os, les germes à Gram positif sont traités avec la levure ou le
dermatophyte par un antifongique local à large spectre).
Il faut aussi
guérir les ulcérations existantes, éviter les traumatismes, lutter
contre l’humidité.
Un traitement par voie générale est nécessaire en
cas de lésions étendues, chroniques, récidivantes, ou en cas
d’atteinte des ongles.
La durée du traitement est longue du fait de
la résistance des germes, de la mauvaise immunité des patients, de
l’existence de récidives.
Il faut faire attention aux interactions
médicamenteuses entre les dérivés azotés (itraconazole, fluconazole)
et les hypoglycémiants.
4- Troubles héréditaires de la kératinisation
:
Les patients souffrent de dermatophyties, à Trichophyton rubrum
surtout.
Le polyparasitisme existant indique une vulnérabilité de ces
sujets aux dermatophytes ; l’hyperorthokératose favoriserait la
mycose, ainsi que le déficit de l’immunité cellulaire.
La maladie dermatophytique est une maladie rare, chronique et qui
résiste aux traitements.
Elle survient surtout au Maghreb, chez des
sujets issus de mariages consanguins.
Au début, il existe une dermatophytie chronique et étendue qui réagit bien aux
antifongiques par voie générale, mais récidive à l’arrêt du
traitement.
Puis, on peut voir un envahissement des tissus souscutanés
et des ganglions, plus rarement des viscères, par le
dermatophyte.
Le pronostic est grave, car les patients sont souvent
simplement améliorés par les différents antifongiques, que ce soit la
griséofulvine, le kétoconazole, la terbinafine ou l’itraconazole.
La
mort survient à la suite d’un envahissement de différents organes
par le champignon (cerveau).
5- En pédiatrie
:
Les mycoses le plus fréquemment rencontrées sont les candidoses
digestives bénignes qui guérissent rapidement sous antifongique
buccal.
Il existe deux formes particulières de candidoses des
nourrissons :
– la candidose congénitale, qui se caractérise par l’apparition à la
naissance d’une éruption érythématopapuleuse, puis pustuleuse,
sans atteinte muqueuse, qui évolue spontanément vers la guérison
en 8 à 10 jours ;
– la candidose néonatale, qui survient une semaine après la naissance
et qui est due à une contamination pendant l’accouchement ; le
traitement comprend des antifongiques locaux pour traiter les
lésions cutanées (siège) et un antifongique par voie buccale
(Fungizonet) pour traiter les lésions muqueuses (muguet et atteinte
du tube digestif).
Les dermatophyties les plus fréquentes chez les enfants sont les
teignes.
Les dermatophyties de la peau glabre des enfants sont dues à
Microsporum canis souvent, ou à d’autres agents des teignes.
Les
onyxis sont rares et accompagnés d’intertrigos au niveau des
pieds.
Devant ces lésions, un examen attentif des pieds des autres
membres de la famille permet de retrouver des lésions chez les
parents et/ou chez les autres enfants.
Il est important de traiter toute
la famille pour éviter les récidives.
Le traitement fait appel à la
griséofulvine, mais des traitements par terbinafine ou des dérivés
azolés (fluconazole ou itraconazole) ont été essayés avec succès chez
les enfants.
Chez les jeunes enfants, Malassezia furfur donne rarement des lésions
de pityriasis versicolor, mais un tableau de pustulose néonatale et
des folliculites cicatricielles chez des nourrissons. Toutes ces
lésions disparaissent sous traitement antifongique local.
Conclusion
:
Le traitement des mycoses cutanées bénéficie actuellement de nombreux
antifongiques actifs et adaptés aux sites à traiter grâce à des formes
galéniques spécifiques (lotions pour le cuir chevelu, ovules pour les
mycoses vaginales, vernis pour les ongles, crèmes ou lotions pour la
peau).
Le nombre des traitements par voie orale ne cesse d’augmenter et
les médicaments ont une efficacité sans cesse grandissante.
Certains
sont actifs sur tous les champignons (dérivés azolés), d’autres restent
spécifiques d’un genre particulier (terbinafine active sur les
dermatophytes surtout, griséofulvine inactive sur les levures).
Les traitements actuels se font sur des durées courtes, ce qui permet une
bonne observance des sujets atteints.
Pour qu’un traitement soit
efficace, il faut qu’il soit appliqué sur une mycose.
Il doit être précédé
d’un examen mycologique positif confirmant la mycose.
En effet, les
lésions dermatologiques peuvent simuler une dermatophytie ou une
candidose, que ce soit aux ongles (psoriasis, lichen, traumatisme), sur la
peau (eczématides circinées, pytiriasis rosé de Gibert, psoriasis) ou sur
le cuir chevelu (pelade, fausse teigne amiantacée).
Le problème des récidives n’est pas résolu et on sait qu’il n’y a pas
d’immunité vis-à-vis des champignons, mais plutôt un terrain
favorable aux mycoses.
Ce problème des mycoses à répétition a été
soulevé et il semble plus s’agir d’une absence d’éradication du germe
que d’une réinfestation.
Notre expérience nous a permis de trouver
des dermatophyties familiales chez de nombreux patients (non publié) et
la persistance du dermatophyte dans la salle de bain due à des
traitements souvent incomplets explique l’existence de ces mycoses à
répétition.
Par ailleurs, les déficits immunitaires congénitaux ou
acquis, qui atteignent l’immunité à médiation cellulaire, favorisent le
développement des mycoses ou plutôt sont un obstacle à leur
traitement.