Traitement médical des épilepsies
(Suite)
Cours de Neurologie
Antiépileptiques d’appoint
:
A - BENZODIAZÉPINES :
Les benzodiazépines (BZ) ont un effet antiépileptique majeur et
immédiat sur tous les types de crises. Des phénomènes de
tolérance (épuisement de l’effet antiépileptique) apparaissent après
quelques semaines dans près de la moitié des cas.
De plus, une
dépendance (recrudescence des crises lors du sevrage) est fréquente,
rendant difficile l’arrêt du traitement.
Pour ces raisons, l’emploi des BZ reste limité dans le traitement chronique des épilepsies.
Le diazépam (Valiumt) et le clonazépam (Rivotrilt) par voie
intraveineuse sont utilisés dans le traitement d’urgence des crises
sérielles ou des états de mal.
Le diazépam par voie rectale est utile
dans la prévention et le traitement des convulsions fébriles
prolongées.
Le clobazam (Urbanylt) et le nitrazépam (Mogadont) per os sont
utilisés en traitement adjuvant de certaines épilepsies rebelles ou
dans d’autres indications : traitement intermittent de certaines
épilepsies à recrudescence cataméniale, traitement de certaines
épilepsies morphéiques.
B - AUTRES MÉDICAMENTS :
L’éthosuximide (ETH, Zarontint) est spécifiquement actif contre les
absences typiques.
Il peut également être utile dans le traitement
des absences atypiques et des myoclonies.
La posologie chez l’enfant
est de 20 à 25 mg kg–1 j–1 en deux prises, en utilisant le sirop à
250 mg par mesure ou les capsules à 250 mg.
Le traitement doit être
introduit progressivement, avec une posologie initiale de 250 mg,
puis une augmentation de 250 mg par semaine, en deux prises.
La primidone (PRM, Mysolinet) se transforme dans l’organisme en
PB.
Ses effets propres sont, de ce fait difficiles à distinguer de ce dernier.
La posologie est de 10 à 15 mg kg–1 j–1.
Un arrêt de
commercialisation de la PRM en France est actuellement à l’ordre
du jour.
La phénacémide (Epiclaset) a été retirée de la pharmacopée
française dans les années 1980, comme les diones l’avaient été dans
les années 1960.
L’Orténalt, association de 100 mg de PB et de 5 mg de sulfate
d’amphétamine, a été retiré du marché en 1997.
Les toxicomanes
pouvaient en effet extraire le correcteur amphétaminique, afin de
l’utiliser à des fins non thérapeutiques.
Le progabide (Gabrènet) a été commercialisé en 1985 et retiré du
marché en 1998, sa toxicité hépatique rendant compte de son faible
volume de prescription.
C - AUTRES MOLÉCULES UTILISÉES DANS LE TRAITEMENT
DES ÉPILEPSIES :
De nombreux médicaments ont démontré une efficacité
antiépileptique dans certaines conditions particulières.
Les
corticoïdes (sous forme d’hydrocortisone, de cortisolone ou de
tétracosactide) sont utilisés dans certaines encéphalopathies
épileptogènes de l’enfant, dans le syndrome de West et dans le
syndrome de Landau-Kleffner.
Les immunoglobulines humaines
peuvent être utiles dans l’encéphalite de Rasmussen.
L’acétazolamide (Diamoxt), inhibiteur de l’anhydrase carbonique,
est utilisé comme adjuvant de la CBZ dans certaines épilepsies
partielles rebelles.
La flunarizine (Sibéliumt), ainsi que d’autres
inhibiteurs calciques, peuvent être utilisés comme traitement
d’appoint de certaines épilepsies.
Molécules non disponibles en France
ou en cours de développement :
A - ANTIÉPILEPTIQUES NON DISPONIBLES EN FRANCE
:
En Amérique du Nord, le lorazépam injectable a supplanté les autres
BZ pour le traitement de première intention des états de mal
épileptiques, en raison de ses propriétés pharmacocinétiques
favorables (longue demi-vie).
La zonizamide, de la famille des sulfonamides, est un inhibiteur
faible de l’anhydrase carbonique.
Son développement a été
interrompu aux États-Unis et en Europe en raison d’une incidence
élevée de lithiases rénales.
L’incidence de cette complication étant
très faible au Japon et en Corée, la zonizamide est commercialisée
dans ces pays dans le traitement des épilepsies partielles.
B - MOLÉCULES EN COURS DE DÉVELOPPEMENT
:
La losigamone présente une structure chimique originale. Ses
mécanismes d’action sont peu connus.
La molécule est totalement
métabolisée et subit l’influence des autres antiépileptiques.
La dose
utile varie entre 1 000 et 1 800 mg j–1.
La molécule est efficace dans
les épilepsies partielles, avec des effets secondaires discrets.
Le mode d’action du stiripentol est indirect, passant par une
interaction favorable avec la CBZ.
Ce médicament, développé en
France, pourrait avoir des indications privilégiées en neuropédiatrie
(syndrome de Dravet).
La rémacémide, la ralitoline, le prégabalin et de nombreuses autres
molécules originales sont en cours de développement préclinique et
clinique.
Conduite du traitement médical
:
Depuis une vingtaine d’années, les concepts thérapeutiques en épileptologie se sont profondément modifiés.
Jusqu’au milieu des
années 1970, seules certaines associations (bithérapie VPAéthosuximide
dans les épilepsies-absences, par exemple) avaient une
efficacité réellement étayée par l’expérience ou par quelques études
cliniques rigoureuses.
Pour les autres patients, une polythérapie
conduite sur des bases empiriques était de mise, avec en particulier
la prescription très fréquente chez l’adulte d’une bithérapie PHTPB.
Les progrès de la pharmacologie ont montré l’importance des
interactions pharmacocinétiques négatives de ce type d’association,
que l’on pourrait presque de nos jours considérer comme
« irrationnelles ».
Les années 1980 virent, sous l’impulsion de l’école anglaise, le
triomphe de la monothérapie de première, de deuxième, voire de
troisième intention, concept toujours pertinent pour les patients
nouvellement diagnostiqués, avec l’emploi préférentiel de deux
molécules : VPA dans les épilepsies généralisées et CBZ dans les
épilepsies partielles non idiopathiques.
Les années 1990 virent l’adoption d’une classification syndromique
des épilepsies dont l’un des buts était l’établissement d’un profil de
sensibilité aux médicaments.
Depuis, les épileptologues ont mis à
profit l’essor des antiépileptiques de troisième génération pour
tenter de rationaliser les indications thérapeutiques en fonction de
la classification syndromique, avec plus ou moins de pertinence et
de complexité.
Ainsi, plus qu’un spectre d’efficacité, se
dégage graduellement, pour chaque molécule, des indications et des
contre-indications syndromiques.
L’indication initiale, qui reste souvent privilégiée, des
antiépileptiques les plus récents est représentée par les polythérapies
(le plus souvent réduites à une bithérapie) conduites chez les
patients adultes porteurs d’une épilepsie « pharmacorésistante », qui
est dite « avérée » ou « absolue » si les crises persistent de façon
suffisamment fréquentes ou invalidantes après 2 ans de traitement
antiépileptique « bien conduit ».
Cette situation concerne dans
notre pays entre 80 000 et 120 000 patients.
La période de 2 ans a été
choisie empiriquement.
Procéder autrement n’est pas réaliste : en ce
qui concerne les bithérapies des épilepsies partielles de l’adulte, si l’on se limite à 10 molécules de première, deuxième ou troisième
génération en se donnant 6 mois pour apprécier l’efficacité de
l’association retenue, il faut plus de 20 ans pour tester
« rigoureusement » l’ensemble des combinaisons possibles.
On sait toutefois que certains syndromes sont très volontiers pharmacorésistants : moins de 10 % des épilepsies de la face interne
temporale avec atrophie hippocampique vont être parfaitement
contrôlés par les médicaments.
Il faut remarquer que toutes ces
données plaident en fait pour une approche chirurgicale précoce de
certains syndromes, ce qui pourrait impliquer la pratique
systématique d’un examen de vidéo-électroencéphalogramme (EEG)
après échec de la deuxième ou de la troisième monothérapie.
D’autres indiquent une évaluation préchirurgicale
immédiatement après échec de la première bithérapie.
Quand débuter le traitement ?
Le traitement ne doit être débuté que lorsque les crises sont certaines
et que l’épilepsie est suffisamment documentée aux plans clinique,
neurophysiologique et neuroradiologique.
La mise en route d’un
traitement antiépileptique dit « d’épreuve » est une option qu’il
faudra presque toujours savoir différer : lorsque le diagnostic
d’épilepsie n’est pas certain, mieux vaut temporiser et réévaluer le
problème à distance.
De même, la mise en route d’un traitement
antiépileptique dit « de couverture » ne se justifie que lorsque la
survenue d’une crise représente un réel danger, dans les suites
immédiates de certaines interventions neurochirugicales par
exemple.
Devant une première crise d’épilepsie, la mise en route d’un
traitement antiépileptique n’est jamais systématique.
Il peut en
effet s’agir d’une crise isolée, situationnelle d’un contexte épileptogène transitoire qu’il faudra s’efforcer d’identifier et de
prévenir.
À l’inverse, lorsque la crise inaugurale s’intègre dans un
syndrome épileptique bien défini ou traduit une lésion structurelle
hautement épileptogène du système nerveux central, la récidive des
crises est quasiment certaine et il semble inutile d’attendre la
deuxième crise pour traiter.
Dans les autres cas, le problème,
longuement débattu, n’est pas entièrement résolu.
Bien souvent, la
conduite finale dépend des convictions du thérapeute et des désirs
du patient.
Lorsque les explorations neurophysiologiques et
neuroradiologiques sont négatives, il semble logique d’attendre la
deuxième crise pour traiter.
Dans le cas particulier de l’épilepsie à paroxysmes rolandiques, il
est parfois possible, lorsque les crises sont rares et brèves, de ne pas
traiter.
Comment débuter le traitement ?
Le traitement débutera toujours par une monothérapie.
Le
choix de cette monothérapie initiale dépend du type de l’épilepsie,
du profil d’activité connu de la molécule, de la tolérance respective
des médicaments (en choisissant préférentiellement celui qui donne,
à long terme, le moins d’effets indésirables, en particulier sur les
fonctions cognitives), mais aussi de la condition socio-économique
du patient et des habitudes de prescription du médecin.
Un traitement au long cours, non dénué d’effets secondaires, doit
résulter d’un réel consensus entre le médecin et son patient.
Lors de
sa mise en route, le patient doit être informé de la nature de sa
maladie et des précautions à prendre en cas de crise.
Une étape
importante consiste à détailler les implications sur la vie quotidienne
de la maladie épileptique : règles élémentaires d’hygiène de vie,
ajustements éventuels des activités sociales et des loisirs, orientation
professionnelle, pratique des sports, conduite des véhicules à
moteur, modification éventuelle de la contraception, précautions à
prendre en cas de grossesse et de médicaments associés
(anticoagulants et oestroprogestatifs surtout).
Les doses administrées doivent être modulées en fonction de l’âge.
Le métabolisme des médicaments antiépileptiques est ralenti chez le
nouveau-né et le nourrisson.
Il s’accélère progressivement pour
devenir plus rapide chez l’enfant qu’il ne le sera à l’âge adulte.
Les
doses rapportées au poids sont donc supérieures chez l’enfant.
Chez
le sujet âgé, le métabolisme se ralentit à nouveau.
Le traitement doit
être mis en place à doses très lentement progressives avec une
posologie finale qui sera souvent inférieure à celle de l’adulte jeune.
Chaque médicament doit être introduit progressivement, par paliers
de 5 à 10 jours, afin d’éviter les effets sédatifs liés à une dose initiale
trop importante.
Seule la PHT peut être prescrite d’emblée à la dose
d’entretien, le taux d’équilibre n’étant atteint qu’après plusieurs
jours.
Tous les médicaments doivent être administrés en fin de repas.
A - QUELLE MONOTHÉRAPIE DE PREMIÈRE INTENTION
CHOISIR ?
Dans les épilepsies généralisées, et tout particulièrement dans les
épilepsies généralisées idiopathiques, le traitement de choix est le VPA, actif à la fois sur les absences, les myoclonies et les crises
généralisées tonicocloniques.
Une alternative est désormais la LTG,
qui ne présente pas d’effet orexigène mais qui peut ponctuellement
aggraver certaines épilepsies avec myoclonies.
Dans les épilepsies partielles symptomatiques ou cryptogéniques, le
traitement de première intention est représenté par la CBZ ou l’OXC,
qui sont actives sur les crises secondairement généralisées.
La GBP,
la LTG ou le VPA constituent également des options initiales
logiques, particulièrement lorsqu’on veut éviter les inconvénients
d’une activité inductrice enzymatique.
Les raisons de ces choix initiaux sont les suivantes : le VPA présente
l’avantage d’un spectre d’action large, d’effets secondaires modestes
avec absence significative d’altération des facultés cognitives.
L’absence d’induction enzymatique permet la coprescription sans
risque de contraceptifs oraux ou de médicaments à métabolisme
hépatique.
Le VPA est de plus le seul médicament qui, en cas
d’erreur de classement syndromique, ne risque pas d’aggraver une
épilepsie.
En ce qui concerne la CBZ, ainsi que son analogue l’OXC,
l’expérience clinique, sous-tendue par une efficacité reconnue,
conduit fréquemment à prescrire cette molécule en première
intention dans les épilepsies partielles.
La molécule présente des
effets indésirables discrets, respecte les fonctions cognitives, est
dépourvue d’effet orexigène, mais présente un effet inducteur
enzymatique qui rend la contraception orale aléatoire.
La GBP et la LTG peuvent désormais être légalement indiquées chez
l’adulte (et chez l’enfant de plus de 12 ans), en monothérapie de
première intention dans les épilepsies partielles.
Ces molécules
bénéficient en effet d’un profil de tolérance favorable et d’une
absence d’effet inducteur enzymatique.
En 1999, dans les pays dits industrialisés, la prescription en première
intention du PB ne se justifie que pour des raisons particulières :
absence de prise en charge sociale, paupérisme (faible coût),
mauvaise compliance probable (longue demi-vie de la molécule).
Des réserves similaires s’appliquent à la PHT, bien que ce produit
soit encore largement prescrit en première intention dans les pays
anglo-saxons.
B - QUE FAIRE EN CAS D’ÉCHEC
D’UNE PREMIÈRE MONOTHÉRAPIE ?
L’échec d’une première monothérapie peut être dû à une
insuffisance de dose ou à une inefficacité primaire de la molécule
choisie.
1- Insuffisance de dose
:
L’échec d’une monothérapie initiale en apparence adaptée doit faire
recourir, s’il n’y a pas eu d’erreur manifeste de prescription, à un
contrôle des taux plasmatiques, afin d’évaluer l’observance.
Après
s’être assuré de cette dernière, une augmentation de la posologie du
médicament doit être menée juste en dessous du seuil où les
premiers effets secondaires doses-dépendants seront ressentis par le
patient.
Les dosages ne sont cependant disponibles en routine que
pour le VPA, la CBZ, la PHT et le PB.
En cas d’inefficacité persistante, un changement de stratégie
thérapeutique s’impose avec deux options, soit changement de
monothérapie, soit recours à une bithérapie établie en fonction de
l’orientation syndromique.
2- Changement de monothérapie :
La première stratégie consiste à reprendre une monothérapie en
intervertissant les molécules de première intention.
Cette
procédure doit cependant faire identifier les épilepsies généralisées
idiopathiques, la CBZ, la GBP et la PHT pouvant aggraver ce groupe
syndromique.
Cette contre-indication prise en compte, les autres options, plus ou
moins empiriques, peuvent être résumées ainsi :
– dans les épilepsies généralisées comportant des absences,
monothérapie par LTG ou ETH ;
– dans les épilepsies généralisées comportant des crises tonicocloniques, monothérapie par LTG, PB, PRM, voire TPR ;
– dans les épilepsies partielles initialement traitées par VPA,
monothérapie par CBZ, OXC, GBP, LTG ou PHT ;
– dans les épilepsies partielles initialement traitées par GBP,
monothérapie par CBZ, OXC, VPA, LTG ou PHT ;
– dans les épilepsies partielles initialement traitées par CBZ ou
OXC, monothérapie par VPA, GBP, LTG ou PHT, ou passage rapide
à une bithérapie.
3- Bithérapies :
La tendance actuelle, après l’échec d’une ou de deux monothérapies
de première intention, est un recours assez rapide à une bithérapie.
L’emploi de molécules inductrices (PB, PHT, CBZ, OXC) ou
inhibitrices (VPA, FBM) enzymatiques expose cependant à des
interactions médicamenteuses qu’il faudra savoir maîtriser.
Dans les épilepsies généralisées idiopathiques comportant des
absences, une bithérapie associant VPA et LTG ou VPA et ETH peut être recommandée.
Dans les formes comportant des myoclonies, une
bithérapie associant VPA et BZ (clobazam surtout) peut être
conseillée.
Dans les formes comportant des crises tonicocloniques,
on pourra prescrire une association comportant VPA et LTG, VPA et
TPR, voire VPA et PB.
La CBZ, l’OXC, la PHT, la GBP, la TGB et le
GVG ne sont pas indiqués dans ce groupe, en raison de leurs
possibles effets aggravants.
En définitive, environ 90 % des patients
porteurs d’une épilepsie généralisée idiopathique seront contrôlés
par une monothérapie ou une bithérapie adaptée.
Dans les épilepsies généralisées cryptogéniques ou symptomatiques,
les meilleurs résultats sont souvent obtenus en bithérapie, associant
en particulier le VPA à la CBZ, à une BZ, au PB ou à la LTG.
Le FBM
(crises atoniques et toniques) et la LTG (absences atypiques) ont
prouvé leur efficacité dans le syndrome de Lennox-Gastaut.
Le TPR
peut être utile en cas de crises tonicocloniques rebelles.
Le GVG
constitue actuellement une thérapeutique de référence des spasmes
du syndrome de West.
Dans les épilepsies partielles cryptogéniques ou symptomatiques,
un grand nombre de bithérapies sont actuellement possibles.
Douze molécules (CBZ, GBP, GVG, LTG, LTR, OXC, PB, PHT, PRM,
TGB, TPR, VPA) peuvent théoriquement être associées.
Le nombre
des combinaisons possibles explique qu’aucune étude contrôlée
comparant l’efficacité respective de ces diverses bithérapies dans les
épilepsies partielles ne soit actuellement disponible.
Le choix d’une
bithérapie de première intention dans les épilepsies partielles est
donc encore porté sur des bases essentiellement empiriques.
Bien
qu’il puisse être tout à fait licite de tenter une association entre les
divers antiépileptiques classiques, la tendance actuelle est d’associer
un médicament classique, tel que la CBZ, la PHT, le VPA ou le PB, à
une nouvelle molécule antiépileptique.
À partir d’une méta-analyse dont les résultats doivent être
interprétés avec prudence car aucune molécule ne se distingue
l’une de l’autre de façon statistiquement significative, la recherche
d’une efficacité antiépileptique maximale pourrait faire privilégier
le GVG, le TPR ou la TGB.
L’optimisation de la tolérance pourrait
faire préférer une association comportant de la GBP ou de la LTG
(et, vraisemblablement, du LTR). Une autre méta-analyse utilisant le
système des odds-ratio indique la séquence suivante en profil
croissant d’efficacité : GBP (600-900 mg), GBP (1200-1800 mg) ; LTG,
TGB, VPA, TPR.
Des résultats globalement similaires sont apportés
par deux autres études, également non exemptes de biais
méthodologiques, qui évaluent les molécules par la méthode du plus
petit nombre nécessaire de patients à traiter.
4- Que faire en cas d’échec de plusieurs bithérapies ?
À l’évidence, il n’est nullement nécessaire de tester l’ensemble des
associations médicamenteuses avant d’affirmer une pharmacorésistance, qui se définit par la persistance des crises après
au moins 2 ans de traitement médical « bien conduit ».
Après l’échec de plusieurs bithérapies, une trithérapie a peu de
chances de contrôler l’épilepsie.
En revanche, des phénomènes de
toxicité additive, d’interactions médicamenteuses multiples,
d’erreurs posologiques, voire de non-compliance délibérée,
expliquent que l’allégement de polythérapies complexes en
bithérapies puisse régulièrement améliorer les patients.
L’échec d’une ou de plusieurs bithérapies implique en pratique une
réévaluation complète de l’épilepsie en centre spécialisé.
Une cause
fréquente de pharmacorésistance est l’erreur initiale de diagnostic,
le patient présentant des crises non épileptiques.
Une erreur dans la
classification syndromique initiale, avec options thérapeutiques
inadaptées est également une cause fréquente de pharmacorésistance
relative.
Chez les patients présentant une épilepsie
réellement pharmacorésistante, les crises sont en règle suffisamment
fréquentes pour qu’il soit assez facile de les enregistrer par
monitorage vidéo-EEG continu.
Cet examen permet de préciser au
mieux les corrélations électrocliniques, d’affiner ou de corriger la
classification syndromique initiale et de cerner les indications du
traitement chirurgical.
Le traitement chirurgical des épilepsies, option thérapeutique
longtemps sous-estimée, connaît actuellement, en Europe et en
Amérique du Nord, un important développement. Seuls
quelques centaines de patients sont cependant opérés annuellement
en France alors qu’il existe vraisemblablement dans notre pays
plusieurs milliers de candidats potentiels.
Les bénéfices d’une
approche chirurgicale sont cependant évidents : d’un point de vue
individuel, nombre de patients ont leur existence transformée ; d’un
point de vue médico-économique, les 20 % de patients qui
pourraient être concernés par une approche chirurgicale rendent
compte de 75 % des coûts globaux de l’épilepsie.
Lorsqu’une chirurgie n’est ni concevable ni désirée par le patient,
l’essai des molécules antiépileptiques en cours de développement
peut être indiqué, de même que certaines thérapeutiques non
médicamenteuses, comme par exemple la stimulation vagale.
Il faut
se souvenir que les contre-indications à la chirurgie n’impliquent
pas nécessairement que le patient présente une épilepsie
médicalement incurable, et les diverses associations
pharmacologiques doivent être poursuivies avec opiniâtreté.
C - COMMENT SURVEILLER L’EFFICACITÉ
ET LA TOLÉRANCE DU TRAITEMENT ?
Les données cliniques sont en règle suffisantes dans la surveillance
d’un traitement antiépileptique.
Le critère majeur d’efficacité,
obligatoire, est représenté par le contrôle complet des crises.
1- Dosage plasmatique des antiépileptiques :
En routine, la mesure des taux sanguins des antiépileptiques est utile
quelques semaines après la mise en route du traitement, pour
évaluer le taux plasmatique initial.
Ultérieurement, un dosage est
réalisé une à deux fois par an, afin de vérifier l’observance.
Si les crises sont contrôlées, l’adaptation de la posologie en fonction
des dosages plasmatiques est inutile, voire néfaste.
Les taux
plasmatiques dits « efficaces » sont en effet établis selon des normes
statistiques et n’ont qu’une valeur d’orientation, tel patient pouvant
être parfaitement équilibré avec des taux en apparence
« infrathérapeutiques ».
Ponctuellement, la réalisation d’un dosage n’est justifiée que dans
certaines circonstances :
– l’indication majeure est la recherche d’une mauvaise observance.
En cas d’inefficacité primaire ou secondaire du traitement, un dosage
plasmatique est indispensable afin de savoir si le médicament est
réellement pris ;
– en cas d’effets secondaires dose-dépendants réels ou suspectés
et/ou en cas de baisse insidieuse des facultés cognitives, afin de
documenter un surdosage éventuel ;
– en cas de prescription ou de coprescription de PHT, en raison de
la cinétique particulière de la molécule, surtout lorsqu’on désire
surveiller une ascension de la posologie ;
– dans les insuffisances rénales ou hépatiques, qui peuvent retentir
sur le métabolisme des médicaments antiépileptiques ;
– lors des polythérapies comportant des inducteurs ou des
inhibiteurs enzymatiques, la répétition des dosages peut se
concevoir, afin de maîtriser les interactions médicamenteuses ;
– au cours de la grossesse.
2- Persistance des anomalies intercritiques
sur l’électroencéphalogramme
:
Si le patient est libre de crise, sont inutiles, voire néfastes, les
modifications intempestives de la thérapeutique sur la persistance
des anomalies EEG intercritiques.
Ces anomalies n’ont que peu de
valeur pronostique, en dehors de certaines épilepsies généralisées
idiopathiques, dont celles comportant des absences.
Dès lors, la
pratique systématique d’un EEG en consultation chez un patient
bien équilibré apparaît inutile d’un point de vue strictement médical
et préjudiciable d’un point de vue médico-économique.
3- Surveillance biologique du traitement antiépileptique
:
En dehors du cas particulier du FBM, les examens biologiques de
routine sont en général de peu d’utilité dans la surveillance du traitement antiépileptique.
Les médicaments fortement inducteurs
enzymatiques (PB, PHT, CBZ) peuvent entraîner des modifications
des paramètres hépatiques (élévation modérée de la gammaglutamyl-
transpeptidase, des phosphatases alcalines) qui n’ont rien
de pathologique mais peuvent inutilement inquiéter le patient.
Il
faut surtout insister pour que des examens biologiques appropriés
soient effectués au moindre signe clinique d’appel d’une
complication. Le législateur recommande cependant en France :
– pour le VPA, la pratique d’un dosage répété du taux de
prothrombine pendant les 6 premiers mois avec, au moindre doute,
la pratique d’autres tests hépatiques (transaminases, fibrinogène,
bilirubine) ;
– pour la CBZ, la pratique d’un hémogramme et d’un bilan
hépatique avant la mise en route du traitement, régulièrement
ensuite.
En raison de l’incidence élevée des atteintes hépatiques et
hématologiques lors des traitements par FBM, il est obligatoire de
réaliser bimensuellement une enzymologie hépatique et un
hémogramme.
D - QUAND DIMINUER ET ARRÊTER LE TRAITEMENT ?
Un traitement antiépileptique chronique doit périodiquement être
réévalué.
Lorsque l’épilepsie est équilibrée depuis longtemps, il est souvent
indiqué de réduire le nombre des médicaments associés dans une polythérapie.
Il conviendra alors de retirer en premier lieu le
médicament dont l’effet bénéfique a été le moins net. Cet allégement
du traitement doit être systématiquement tenté si ce dernier associe
plus de deux antiépileptiques.
Toute modification doit être
progressive et prudente et s’étaler sur plusieurs semaines.
Après un délai de 2 à 5 années sans crises, une réduction puis un
arrêt complet du traitement peuvent être envisagés.
Ce
programme d’arrêt du traitement doit être établi après information
éclairée du patient et ne doit jamais être imposé contre sa volonté.
L’arrêt du traitement semble être d’autant plus facile dans les
situations suivantes : épilepsie ne comportant qu’un seul type de
crise, crises de type généralisé, crises contrôlées facilement par une
monothérapie initiale, examen neurologique, examens
neuroradiologiques et EEG intercritique normaux.
La
décroissance de la posologie doit être très progressive, s’étalant sur
6 à 18 mois.
Une surveillance EEG régulière permet souvent de
prévoir les récidives qui surviennent électivement pendant la
première année et concernent environ la moitié des adultes et le
quart des enfants.
La reprise du traitement entraîne alors souvent
un nouvel équilibre avec une posologie inférieure à la dose initiale.
Certains syndromes épileptiques se prêtent mal à un arrêt du
traitement : épilepsie myoclonique juvénile, épilepsies partielles dont
l’équilibration a été difficile, épilepsies associées à des lésions
structurelles du système nerveux, par exemple.
Thérapeutiques non médicamenteuses
:
A - DIÈTE CÉTOGÈNE :
La diète cétogène, initialement proposée dans les années 1920 chez
les patients avec épilepsie réfractaire, connaît actuellement un regain
d’intérêt.
Elle consiste en un régime alimentaire strict et
contraignant, apportant une grande quantité de matières grasses et
une faible quantité d’hydrates de carbone, de protéines et d’eau.
Il
en résulte une cétose qui exercerait un effet antiépileptique dont les
mécanismes précis restent inconnus.
Les enfants présentant une
épilepsie généralisée symptomatique ou cryptogénique réfractaire
constitueraient l’indication de choix de ce traitement non
médicamenteux.
Somnolence, nausées, vomissements et troubles
mineurs du comportement sont fréquents lors de l’initiation de la
diète et rapportés à la cétose.
Des études contrôlées, actuellement en
cours, devraient clarifier l’intérêt de ce traitement alternatif.
B - STIMULATION VAGALE CHRONIQUE INTERMITTENTE :
La stimulation vagale chronique intermittente consiste en la
stimulation électrique du X gauche au moyen d’une électrode
implantée connectée à un stimulateur sous-cutané de type « pacemaker
».
La stimulation peut être programmée à intervalles
réguliers ou déclenchée sur demande par l’intermédiaire d’un
aimant que le patient applique sur sa poitrine.
La thérapeutique
paraît sûre, mais nécessite une intervention chirurgicale et peut
entraîner des désagréments mineurs : raucité de la voix, toux,
douleur pharyngée.
Les études randomisées montrent que 39 % des
sujets présentent une réduction de plus de 50 % de leurs crises.
Les
sujets répondeurs peuvent continuer à s’améliorer 2 ans après
l’implantation.
Le mécanisme d’action est inconnu.
Les indications
concernent essentiellement les épilepsies partielles pharmacorésistantes non justifiables d’un traitement chirurgical, ou
après échec de celui-ci.
Cette technique, prometteuse, est désormais
mise à la disposition des assurés sociaux en France, ce qui permettra
de contribuer à l’affinement des critères de sélection et à
l’identification des patients répondeurs.
Situations particulières
:
A - ANTIÉPILEPTIQUES ET GROSSESSE
:
Les interactions entre grossesse et épilepsie sont complexes et encore
sujettes à controverses.
Une grossesse est presque toujours
possible chez une femme épileptique.
Les difficultés qui peuvent
survenir lors de la prise en charge des patientes ne doivent pas faire
perdre de vue la qualité des résultats, satisfaisants dans plus de 90 %
des cas.
Dans environ un quart des cas, les crises voient leur fréquence
augmenter, particulièrement en début, en fin de grossesse et pendant
le post-partum immédiat.
Des modifications du métabolisme des
antiépileptiques par baisse de l’absorption, augmentation du volume
de distribution et accélération de la biotransformation hépatique et
de l’excrétion rénale seront alors recherchées par les dosages
plasmatiques.
Cependant, dans nombre de cas, l’augmentation de la
fraction libre des médicaments par baisse de la liaison aux protéines
sériques compense naturellement la baisse du taux plasmatique.
Outre les risques maternels, un état de mal convulsif est un facteur
certain de létalité foetale.
Les crises convulsives isolées entraînent
une hypoxie foetale transitoire délétère rarement mortelle et majorent
le risque d’accouchement prématuré.
La fréquence des malformations congénitales des enfants de femmes
épileptiques est au moins le double de celui de la population
générale (6 à 8 %).
Les causes ne sont pas univoques : tératogénicité
du traitement antiépileptique, facteurs génétiques, métaboliques,
déficit en folates, modifications de la réponse immunitaire.
Les
malformations majeures se constituent pendant les deux premiers
mois de la gestation (période de l’organogenèse).
L’évaluation du risque tératogène des antiépileptiques est
difficile.
Tous les médicaments classiques peuvent être rendus
responsables d’une faible augmentation de ce risque, qui reste en
grande partie inconnu pour les nouvelles molécules, à l’exception
notable de la LTG dont les potentialités tératogènes apparaissent
comme faibles ou nulles.
Plusieurs points sont à souligner :
– les enfants de femmes épileptiques non traitées présentent un taux
de malformations discrètement supérieur à celui de la population
générale ;
– le facteur le plus important est représenté par les antécédents
familiaux de malformation congénitale ;
– le traitement augmente d’autant plus significativement les risques
malformatifs qu’il est conduit en polythérapie.
Une trithérapie induit
un risque substantiel, probablement supérieur à 10 % des cas ;
– les malformations observées sont diverses : malformations
cardiaques, squelettiques, urogénitales, fentes orofaciales, retard de croissance intra-utérin.
Seuls les défauts de fermeture du tube neural
(spina bifida) semblent significativement corrélés à un traitement par
VPA ou par CBZ.
La conduite pratique peut être schématisée ainsi :
– information éclairée de la future mère ;
– évaluation des risques en fonction des antécédents familiaux de
malformation, des grossesses antérieures et de la sévérité de
l’épilepsie ;
– en préparation d’une éventuelle grossesse, réévaluation de
l’indication du traitement antiépileptique avec arrêt de ce dernier
lorsque les critères classiques sont réunis ;
– lorsque l’arrêt du traitement n’est pas souhaitable, les doses
minimales qui protègent contre les crises convulsives seront
recherchées, en réduisant si possible une polythérapie en
monothérapie, en préférant les formes galéniques à libération
prolongée et en monitorant les taux plasmatiques des
antiépileptiques pour rechercher le meilleur rapport dose/efficacité.
Le nombre des prises journalières sera augmenté.
Le VPA et la CBZ
seront évités s’il y a un antécédent familial de spina bifida ;
– la patiente sera supplémentée en acide folique, 10 mg j–1 (soit deux
comprimés de Spéciafoldinet 5 mg) 2 mois avant la date de la
conception, surtout s’il y a un traitement par VPA, CBZ ou un
antécédent familial de spina bifida.
L’administration de vitamine K1,
10 mg j–1 à partir de la 36e semaine de gestation, prévient le
syndrome hémorragique du nouveau-né exposé aux médicaments
inducteurs enzymatiques (PHT, PB, CBZ, PRM, OXC) ;
– une première échographie sera pratiquée vers la 8e à la
10e semaine d’aménorrhée afin de préciser l’âge gestationnel.
Une
deuxième échographie aura lieu entre la 16e et la 18e semaine par
un échographiste expérimenté et recherchera un défaut de fermeture
du tube neural, qui devra faire proposer une interruption
thérapeutique de grossesse.
Une troisième échographie, pratiquée
entre la 22e et la 26e semaine, recherchera une fente labiopalatine ou
une malformation cardiaque.
La bonne croissance foetale sera enfin
vérifiée autour du 7e mois de grossesse.
La répétition des
échographies doit faire l’objet d’une demande spécifique pour
remboursement auprès des caisses d’assurance maladie ;
– le dosage de l’alphafoetoprotéine par amniocentèse, pratiquée en
début de deuxième trimestre, n’est plus guère indiqué chez la
femme épileptique pour le seul motif d’évaluer la tératogénicité du
traitement. Une échographie de bonne qualité fournit en effet des
résultats plus spécifiques et plus précis.
Par ailleurs, le risque de
ponction amniotique n’est pas nul ;
– le traitement antiépileptique doit être administré régulièrement
jusqu’au jour de l’accouchement.
La pratique d’une anesthésie
péridurale sera préférée à celle d’une anesthésie générale.
L’allaitement au sein doit être encouragé pour les raisons
habituelles.
Une sédation du nouveau-né est théoriquement possible
si la patiente reçoit de fortes doses de PB, PRM et BZ.
Un allaitement
alterné sera alors pratiqué. Par ailleurs, l’innocuité de l’allaitement
au sein n’est pas formellement établie chez les femmes prenant des
antiépileptiques de troisième génération.
B - MESURES D’URGENCE DEVANT UNE CRISE
CONVULSIVE
:
Devant la survenue d’une crise tonicoclonique, il est inutile
d’essayer d’arrêter par des manoeuvres de contention le déroulement
de la crise.
La mise en place d’un objet entre les arcades dentaires
(mouchoir, compresse, abaisse-langue, doigts…) est nuisible en
raison de l’efficacité relative de cette mesure pour prévenir une
morsure linguale ou jugale.
Par ailleurs, les risques encourus pour
le patient (exacerbation du réflexe nauséeux avec risque de
vomissements, lésions dentaires et vélo-pharyngées) et pour
l’intervenant (morsure) ne sont pas négligeables.
Les seules mesures véritablement utiles sont d’une part la protection
contre les chocs pendant la chute ou la phase clonique, d’autre part
la mise en position latérale de sécurité pendant la période
d’obnubilation postcritique, afin de maintenir la perméabilité des
voies aériennes supérieures et de prévenir une inhalation.
Cette
mesure sera complétée par une évaluation de l’état hémodynamique
(pouls, tension artérielle), respiratoire (reprise d’une respiration
efficace, auscultation cardio-pulmonaire) et neurologique (recherche
de signes de localisation).
La traditionnelle injection de BZ ne semble pas justifiée après une
crise isolée.
Au décours du deuxième épisode critique, afin de
prévenir la récurrence des crises, une injection intramusculaire de
10 mg de diazépam pourra être complétée par une injection
prudente de 5 mg de diazépam par voie intraveineuse lente chez un
adulte jeune présentant une fonction respiratoire normale.
L’administration de 10 mg de diazépam par voie rectale est une
option tout aussi efficace et qui présente l’avantage d’une totale
innocuité.
C - ÉTATS DE MAL ÉPILEPTIQUES :
Plusieurs principes doivent guider le traitement.
Les crises doivent
être contrôlées le plus vite possible et toujours avant la 30e minute.
Les médicaments doivent être injectés par voie veineuse et à doses
suffisantes.
Le lorazépam n’étant pas disponible en France,
l’injection combinée et simultanée d’une BZ (diazépam ou
clonazépam, action immédiate mais brève) et de FOS (action
retardée d’une quinzaine de minutes, mais prolongée) demeure,
dans la plupart des cas, le traitement de première intention.
Cette
thérapeutique combinée a les avantages de l’efficacité et de
l’innocuité, car elle respecte la vigilance.
En cas d’échec, le PB
injectable garde tout son intérêt au prix d’une constante altération
de la vigilance et d’une dépression respiratoire d’intensité variable.
L’échec de ces traitements de première ou de seconde ligne impose
obligatoirement un passage immédiat en unité de soins intensifs où
sera mise en oeuvre une anesthésie générale barbiturique
(thiopenthal) ou non barbiturique (midazolam, propofol) avec
intubation et ventilation assistée.
Les états de mal épileptiques secondaires à un sevrage en
antiépileptiques (PB en particulier) réagissent souvent de façon
immédiate à la réadministration du produit sevré.
Le traitement du
facteur étiologique est une condition essentielle de l’efficacité
thérapeutique.
La conjonction de plusieurs facteurs épileptogènes
n’étant pas inhabituelle, il importe, une fois la cause principale
déterminée, de rechercher et de traiter des facteurs secondaires de
pérennisation.
Dès l’état de mal contrôlé, il faut instaurer un
traitement d’entretien par voie orale, en dose de charge, contrôlé les
jours suivants par des dosages plasmatiques répétés.
Ultérieurement, l’épilepsie sera réévaluée.
Conclusion
:
En dépit d’une complexification des approches thérapeutiques, des
progrès importants ont été apportés dans la prise en charge médicale des
épilepsies partielles de l’adulte depuis un peu plus d’une décennie.
Les
antiépileptiques de troisième génération ont contribué à optimiser le
rapport efficacité/tolérance du traitement chez de nombreux patients.
Il
faut cependant espérer que des indications nouvelles, ciblées sur des
syndromes ou des populations rigoureusement définies, voient
progressivement le jour.
En termes d’efficacité, les nouvelles molécules
modifient-elles pour autant radicalement la condition des patients
présentant une épilepsie partielle réfractaire réellement handicapante ?
Malgré le peu de données brutes actuellement disponibles, il est, pour
l’instant, permis d’en douter puisque le pourcentage de patients
totalement libres de crises dans cette population ne semble pas se
modifier significativement.
Dès lors, les voies de la recherche clinique
restent ouvertes, et comprennent toujours trois axes principaux :
poursuite de l’effort de développement des nouvelles molécules,
optimisation des approches chirurgicales et recherche de thérapeutiques
alternatives non médicamenteuses.