Nouvelles techniques d'imagerie scanner et IRM pour l'étude des vaisseaux cervicoencéphaliques
Cours de Neurologie
Introduction
:
L’atteinte des gros vaisseaux cervicaux représente l’une des trois grandes
causes de l’ischémie cérébrale.
L’artériographie constitue la méthode de
référence pour préciser le type d’atteinte vasculaire.
Cet examen nécessite une
ponction de l’artère fémorale, un cathétérisme des troncs supra-aortiques ainsi
qu’une injection de produit de contraste iodé.
Le risque de complication
thromboembolique lié au cathétérisme n’est pas négligeable et peut être
estimé entre 1 et 4 % selon les études.
Ce risque apparaît d’autant plus
important que le sujet est âgé et que la durée d’examen est longue.
Le recours
aux techniques d’imagerie non invasives devrait permettre de repousser de
plus en plus loin les indications de l’angiographie conventionnelle.
Parmi
elles, l’échographie-doppler est un examen de choix en raison de sa parfaite
innocuité et des renseignements à la fois morphologiques et hémodynamiques
qu’il apporte mais il ne peut être utilisé comme seul outil diagnostique car
si cette méthode est sensible, elle reste assez peu spécifique.
En scanner,
les progrès les plus récents concernent l’acquisition hélicoïdale ou spiraléeapparue au début des années 1990 permettant une exploration rapide et précise des éléments vasculaires.
Enfin, en ARM, de nouvelles
séquences d’imagerie rapides en acquisition 3D se sont développées très
récemment permettant d’obtenir, après injection de produit de contraste, une
étude vasculaire sur une grande hauteur en un temps rapide.
Le
principe et les résultats de ces nouvelles techniques d’imagerie scanner et
imagerie par résonance magnétique (IRM) seront discutés et illustrés à partir
d’exemples précis issus de notre expérience.
Angioscanner hélicoïdal
:
A - Principe :
La rotation conventionnelle qui équipait jusqu’ici la plupart des appareils scanographiques était basée sur des mouvements alternatifs du tube et un
repositionnement de celui-ci entre chaque coupe.
L’acquisition des
images était dite séquentielle car le déplacement de la table s’effectuait
uniquement entre chaque coupe.
La rotation continue constitue une
avancée technologique importante : l’ensemble tube-détecteurs tourne à
vitesse constante autour du patient et selon un même sens.
Si cette rotation
continue du tube s’associe à un déplacement simultané de la table
d’examen, l’acquisition est dite hélicoïdale.
Le gain de temps est très
important carle volume exploré est balayé en un seul temps, très court, de
l’ordre de 30 secondes.
Cette technique est particulièrement performante
pour l’exploration vasculaire et utilise une quantité relativement faible de
produit de contraste.
Cette rapidité d’acquisition, d’un grand confort pour
le patient, va permettre de supprimer ou de diminuer les artefacts
cinétiques liés aux mouvements respiratoires ou de déglutition.
Les
artefacts créés par la pulsatilité des structures artérielles seront également
fortement diminués.
En revanche, la rotation continue va entraîner un
échauffement important du tube pouvant limiter la durée de l’acquisition
et la hauteur d’exploration.
Des progrès récents ont été réalisés concernant
les capacités thermiques et d’évacuation de la chaleur de l’anode, ainsi
que sur la qualité des détecteurs, ce qui permet d’obtenir des images de
qualité sur une plus grande hauteur.
B - Technique d’examen
:
Un examen scanographique hélicoïdal des vaisseaux du cou se déroule en
plusieurs étapes et nécessite le choix de multiples paramètres.
Le patient est
installé sur la table d’examen en décubitus dorsal après la mise en place d’un
abord veineux antécubital.
Un cliché digitalisé du rachis cervical de profil
permet de sélectionner le volume à explorer.
La tête doit être suffisamment
défléchie pour éviter les artefacts d’origine dentaire.
Des coupes séquentielles
sans injection peuvent être réalisées afin de repérer le niveau des bifurcations
et évaluer l’importance des calcifications vasculaires.
En effet, la présence de
calcifications pariétales volumineuses à l’origine des artères carotides
internes nécessite, après injection, un filtre de reconstruction adapté pour une
analyse optimale de la lumière vasculaire.
Un balayage hélicoïdal ou spiralé
avec injection de produit de contraste iodé est ensuite programmé.
Le patient
doit rester parfaitement immobile pendant toute la durée de l’examen en
gardant une respiration douce et en évitant tout mouvement de déglutition.
L’épaisseur de coupe est habituellement de 2 ou 3 mm.
Une épaisseur de
coupe trop fine entraîne un bruit surajouté au niveau de l’image alors qu’une
épaisseur trop importante entraîne une perte de définition des contours.
La
vitesse de déplacement de la table peut varier de 2 à 4 mm/s selon la hauteur
à explorer.
La notion de pitch traduit l’étirement du volume exploré.
Il est égal
au produit de la vitesse de déplacement de la table par la durée de rotation du
tube sur l’épaisseur nominale de coupe.
En utilisant un pitch de 1, l’épaisseur
réelle de coupe est très proche de l’épaisseur nominale, ce qui permet
d’obtenir une bonne résolution spatiale et une faible distorsion des images
dans l’axe longitudinal.
Les autres éléments à définir avant l’acquisition
concernent principalement le temps de balayage ainsi que les paramètres
d’injection.
L’injection doit être suffisamment longue pour obtenir un
rehaussement vasculaire homogène, intense, en plateau, pendant toute la
durée de l’acquisition.
L’utilisation d’un produit de contraste non ionique, à
forte concentration en iode, permet d’obtenir un très bon contraste vasculaire,
une bonne tolérance et un faible risque de toxicité locale en cas
d’extravasation.
Pour l’exploration des troncs supra-aortiques, le protocole
habituel comprend un temps d’acquisition d’environ 30 secondes et une dose
totale de 100 à 120 mL de produit de contraste injectée à un débit de 3 mL/s.
Un délai de 20 secondes entre le début de l’injection et le début de
l’acquisition permet d’obtenir un bon contraste dans la majorité des cas.
Cependant, chez les patients insuffisants cardiaques, le temps de transit du bolus peut être allongé et il est alors conseillé de réaliser au préalable une série
de coupes en mode dynamique centrée sur la carotide primitive avec injection
d’une faible quantité de produit de contraste afin de déterminer précisément
le temps d’apparition du pic de rehaussement intravasculaire.
Une fois
l’acquisition terminée, le patient peut sortir de la salle d’examen mais il faut
attendre le traitement informatique des données brutes pour visualiser les
images dans le plan axial (environ 10 minutes).
Ce traitement consiste à
convertir les données volumiques en données planes grâce à des algorithmes
d’interpolation qui tendent à corriger les artefacts liés aux mouvements de la
table.
L’incrément, le type d’interpolation, le filtre de reconstruction, les
fenêtres et le champ de vue sont déterminés par l’opérateur.
C - Traitement de l’image
:
Trois modes de reconstruction vasculaire sont réalisés en routine, le plus
souvent de façon différée, sur une console de traitement indépendante :
bidimensionnelle (2D) multiplanaire, 3D surfacique et MIP (maximum
intensity projection).
Un quatrième type de reconstruction, d’apparition plus
récente, semble très prometteur pour l’étude des lésions vasculaires calcifiées.
Il s’agit des reconstructions 3D volumiques permettant d’obtenir une
imagerie par transparence.
Nous allons détailler le principe du traitement de
ces images puis nous en résumerons les avantages et inconvénients sous
forme d’un tableau comparatif.
Ce sont des représentations 2D réalisées selon n’importe quel plan de
l’espace.
Les coupes longitudinales orientées dans l’axe du vaisseau
permettent l’étude des bifurcations carotidiennes.
Cependant, l’ensemble du
vaisseau est rarement visualisé sur un seul plan de coupe et l’analyse peut
s’avérer difficile lorsque les artères apparaissent tortueuses.
Il est alors
possible de guider l’orientation du plan de coupe à partir de reconstructions
tridimensionnelles surfaciques et de réaliser des coupes selon une orientation
irrégulière (reconstruction curviligne).
Il s’agit d’une méthode de
reconstruction rapide permettant de visualiser simultanément la lumière
artérielle et les structures adjacentes mais elle nécessite un opérateur entraîné
car le degré d’une sténose carotidienne peut être faussement majoré.
Elles sont obtenues après avoir défini un niveau de densité appelé « valeur
seuil ».
Tous les voxels dont la densité est inférieure à ce seuil seront éliminés
de l’image alors que tous les voxels de densité supérieure seront sélectionnés
et représentés selon la même tonalité.
Une impression 3D est ensuite obtenue
par des techniques informatiques d’ombrage et de surfaces cachées : les
pixels les plus proches de l’observateur apparaissent les plus blancs, et si
plusieurs structures se projettent dans le même axe de vision, seuls les pixels
les plus proches sont représentés.
Une sélection de la région d’intérêt peut être
réalisée afin d’éliminer les structures gênantes (veine jugulaire, os, cartilage).
Il est possible ensuite de visualiser les images selon l’angle de vue souhaité
mais l’information en densité est perdue en raison du choix d’un seuillage.
Ainsi, les calcifications pariétales seront confondues avec la lumière artérielle
car ces deux structures ont une densité élevée.
D’autre part, le choix de la
valeur seuil est difficile et aléatoire, ce qui peut conduire à une sur- ou sousestimation
du degré de sténose.
3- Projections MIP :
Elles sont d’utilisation courante en IRM et se rapprochent de l’angiographie
conventionnelle car les images sont obtenues par projection sur un plan et
selon un axe donné, des pixels d’intensité maximale (MIP).
Ce type de
reconstruction nécessite une sélection rigoureuse de la région d’intérêt et le
choix préalable de l’axe de projection et du nombre de vues désiré.
Cette
technique apporte des informations en densité, ce qui permet notamment de
distinguer la lumière vasculaire injectée de tonalité grise des calcifications qui
apparaissent en blanc.
En revanche, la représentation spatiale est impossible
sur une seule projection expliquant qu’une calcification située à distance du
vaisseau puisse se projeter en bordure de la lumière vasculaire.
Les
reconstructions MIP peuvent être appliquées à tout un volume ou seulement à
quelques coupes.
Les images MIP appliquées à de faibles volumes ont
l’avantage d’être obtenues plus rapidement.
Il s’agit d’un mode de reconstruction beaucoup plus récent en cours
d’évaluation.
Cette technique possède théoriquement de nombreux avantages
par rapport aux reconstructions MIPet surfaciques car elle garde les avantages
de chaque méthode sans en avoir les inconvénients.
Un histogramme
d’intensité des voxels permet de représenter graphiquement la distribution des
différentes valeurs de densité comprises dans le volume.
Les images sont
ensuite obtenues par sélection de un ou plusieurs groupes de voxels à partir
de cet histogramme.
Cette sélection est représentée par un ou plusieurs
graphiques appelés trapèzes en raison de leur forme.
Une valeur d’opacité est
ensuite appliquée pour chaque trapèze permettant de définir leur transparence
relative.
L’image angiographique est obtenue par projection sur un plan selon
un axe donné et selon un angle de rotation déterminé.
Pour l’étude des lésions
vasculaires calcifiées, il est nécessaire de sélectionner deux trapèzes.
Le
premier doit être centré sur des valeurs de densité de même niveau que le
produit de contraste intravasculaire avec une valeur d’opacité élevée afin
d’obtenir une analyse optimale de la lumière artérielle.
Le second doit être
centré sur des densités élevées, de type calcique, avec une valeur d’opacité
aussi faible que possible de façon à obtenir un effet de transparence et
visualiser la lumière artérielle à travers les plaques calcifiées adjacentes.
Ce
mode de reconstruction apparaît donc très intéressant pour l’étude des
sténoses athéroscléreuses calcifiées de la bifurcation carotidienne.
Son
utilisation est cependant délicate et nécessite un opérateur entraîné ainsi
qu’une informatique puissante.
D - Principales indications et résultats
:
1- Athérosclérose des vaisseaux cervicaux :
Les lésions sont distribuées de façon assez caractéristique au niveau des
segments proximaux des artères cervicales.
Les bifurcations carotidiennes,
l’origine des artères carotides internes et l’origine des artères vertébrales
constituent des sites privilégiés de l’athérosclérose.
Les études
multicentriques sur l’endartériectomie carotidienne ont prouvé le bénéfice de
la chirurgie en cas de sténose carotidienne symptomatique supérieure à 70 %
en diamètre et plus récemment, en cas de sténose asymptomatique
supérieure à 60 %, à condition que le taux de morbidité soit faible y compris
celui lié à l’angiographie.
Les travaux rapportés dans la littérature sur
l’angioscanner hélicoïdal sont assez peu nombreux et ne concernent que des
groupes limités de patients.
Ces études ont surtout évalué la
concordance globale entre le scanner hélicoïdal et l’angiographie
conventionnelle pour la classification du degré de sténose dans les différents
sous-groupes de l’étude NASCET et se sont peu intéressées à la
caractérisation de la plaque.
La concordance globale est satisfaisante mais
variable selon les auteurs car la technique utilisée n’a pas toujours été la
même.
Les premières études n’ont montré qu’une faible concordance avec
l’angiographie mais la technique utilisée était peu adaptée à l’étude des
bifurcations carotidiennes.
Des études plus récentes prouvent que l’estimation
du degré de sténose est d’autant plus précise que le rétrécissement est sévère
avec un taux de concordance variant de 82 à 96 % selon les auteurs et la
technique utilisée et une sensibilité et une spécificité proches de 100 %
pour la détection des sténoses de haut grade, surtout si l’on s’aide de la
lecture des coupes natives dans le plan axial ou des reconstructions 2D multiplanaires.
En revanche, les reconstructions 3D surfaciques
apparaissent nettement moins fiables en raison du choix arbitraire de la valeur
seuil.
Toutes les études ont également prouvé la fiabilité du scanner pour
la distinction entre occlusion et sténose préocclusive grâce à la lecture des
coupes axiales, ce qui constitue un élément très important pour la conduite à
tenir thérapeutique.
Il n’existe en revanche aucune étude dans la littérature sur l’analyse
morphologique de la plaque en scanner.
Les calcifications au sein de la plaque
sont naturellement très bien détectées en scanner mais cela n’est pas d’un
grand intérêt sur le plan clinique et pronostique.
Il semble que les ulcérations
soient rarement bien délimitées, sauf lorsqu’elles sont volumineuses.
Dans une étude de Link rapportée en 1996 et portant sur 46 patients
consécutifs, sur dix images d’ulcération visibles en angiographie, une
seule a été détectée en scanner.
Il n’a pas été publié non plus de corrélation
entre la densité de la plaque et les données anatomopathologiques.
Pourtant,
il est probable que l’aspect fortement hypodense d’une plaque soit en rapport
avec des remaniements hémorragiques alors que les plaques fibreuses, peu
symptomatiques, apparaissent volontiers plus denses.
L’évaluation des lésions athéroscléreuses cervicales par scanner hélicoïdal
comporte des limites liées essentiellement au caractère segmentaire de
l’exploration.
Dans le territoire carotidien, l’étude des siphons carotidiens et
des gros troncs proximaux est difficile en raison du trajet complexe de ces
artères et de leur environnement osseux et veineux.
La présence de
calcifications au sein de la paroi artérielle peut d’autre part gêner
l’interprétation des images, surtout si elles sont volumineuses, concentriques
et situées au contact de la lumière injectée.
L’évaluation de la lumière
vasculaire devient alors parfois impossible sur les représentations surfaciques
et MIP, malgré la réalisation de multiples projections.
Dans le
territoire vertébrobasilaire, les vaisseaux sont difficilement analysables en
raison de leur petit diamètre, de la hauteur importante à explorer, des rapports
osseux et des variations anatomiques fréquentes.
La détection des lésions sténosantes à l’origine des artères vertébrales est en particulier très difficile.
Enfin, l’évaluation du polygone est possible au cours du même examen mais,
contrairement à l’échographie-doppler, elle n’est que morphologique et
nécessite une deuxième injection de produit de contraste.
2- Dissection artérielle carotide et vertébrale
:
L’angiographie conventionnelle constituait autrefois l’examen essentiel pour
le diagnostic de dissection des artères cervicales ; l’aspect le plus
évocateur étant celui d’une sténose progressive, irrégulière, filiforme, étendue
sur plusieurs centimètres, parfois associée à une image de faux anévrisme.
À
l’étage carotidien, la dissection débute le plus souvent en aval du bulbe et se
poursuit jusqu’au segment intrapétreux où l’artère retrouve alors un calibre
normal.
Dans le territoire vertébrobasilaire, la dissection est souvent localisée
à la portion terminale de l’artère vertébrale.
L’artériographie n’étudie que le
retentissement de la dissection sur la lumière artérielle et de ce fait, apparaît
peu spécifique dans les cas de dissection à forme occlusive.
L’angioscanner,
en revanche, apporte des arguments directs et indirects grâce à son étude
simultanée de la paroi artérielle et de la lumière vasculaire.
L’analyse des
images natives dans le plan axial en coupes fines sur une grande hauteur est
alors d’un intérêt fondamental.
Le segment disséqué apparaît augmenté de
calibre et présente une lumière sténosée et excentrée se rehaussant lors de
l’injection (flux circulant) associée à une zone hypodense en « croissant »
(hématome intrapariétal) parfois cerclée d’un liseré hyperdense.
L’association d’une sténose longue et irrégulière et d’un anévrisme est très
évocatrice de dissection.
La sensibilité et la spécificité de
l’angioscanner sont proches de 100 % pour le diagnostic de dissection des
artères carotides.
Dans notre expérience, l’augmentation de calibre de
l’artère carotide est le signe le plus constant et le plus spécifique constituant
souvent le seul critère diagnostique dans les formes occlusives.
Ce signe
doit être recherché sur les coupes les plus basses du scanner cérébral sans
injection réalisé en urgence dans le cadre du bilan d’infarctus du sujet jeune.
Dans le suivi évolutif des dissections artérielles, l’angioscanner hélicoïdal
peut également avoir une place importante permettant de décider d’un
traitement antiagrégant au long cours en cas d’anévrisme, de sténose
résiduelle ou d’angiopathie sous-jacente.
Le suivi des anévrismes postdissection dans le territoire carotidien est particulièrement bien évalué en
scanner.
Notre expérience dans ce domaine montre que les
dissections à forme sténosante régressent complètement dans la plupart des
cas alors que les formes occlusives se reperméabilisent très souvent dans les
2 ou 3 mois suivant la dissection, laissant parfois place à une artère d’aspect
hypoplasique.
Les anévrismes apparaissent stables ou diminuent de
taille dans la moitié des cas.
L’épaississement pariétal qui représentait un des
meilleurs signes de dissection au stade aigu régresse dans la majorité des cas
et seul un discret épaississement de la paroi peut être observé à long terme
dans de rares cas.
E - Limites de la technique :
Cet examen ne peut pas être considéré comme dépourvu de risque en raison
de son irradiation et de la nécessité d’injecter un produit de contraste iodé, ce
qui peut limiter ses indications, notamment chez les patients diabétiques,
âgés, allergiques ou insuffisants rénaux.
Le volume étudié est souvent limité
car il existe un compromis entre la hauteur explorée et la qualité des images.
Ainsi, l’analyse sera d’autant plus précise que les coupes sont fines, le
déplacement de table réduit et l’incrément faible.
Le temps nécessaire au posttraitement
des images peut être long si l’on réalise une segmentation
rigoureuse de la région d’intérêt et si plusieurs techniques de reconstruction
sont appliquées.
Angiographie par résonance magnétique
avec injection de gadolinium :
Les principales séquences utilisées en ARM faisaient appel jusqu’à ces
dernières années à des techniques en « temps de vol » appelées également time
of flight (TOF) ou en « contraste de phase ».
En ARM en temps de vol,
l’hypersignal vasculaire est secondaire à un phénomène d’entrée de coupe :
les protons mobiles passent d’un état d’équilibre à un état excité en entrant
dans la coupe, ce qui est responsable d’un signal intense alors que les protons
immobiles sont continuellement excités et ne donnent aucun signal.
L’ARM
en contraste de phase est plus rarement utilisée car plus complexe
d’utilisation.
Cette technique est basée sur l’analyse de la phase des protons
mobiles par application de deux gradients de même intensité mais de sens
opposé.
Le déphasage des spins étant proportionnel à leur vitesse de
déplacement, cette méthode permet de déterminer le sens du flux et apporte
une analyse quantitative sur les vitesses d’écoulement.
Les nombreuses
études publiées depuis une dizaine d’années sur l’évaluation de l’ARM ont
montré que la technique en temps de vol, la plus simple et la plus répandue,
était responsable d’artefacts liés au flux sanguin entraînant une perte de signal
intravasculaire.
Ces artefacts constituent le facteur limitant essentiel pour
l’analyse des sténoses.
En effet, lorsque le flux est laminaire, les protons sont
en phase (orientés dans le même sens) et le signal obtenu est homogène alors
que lorsque le flux est turbulent, en aval d’une sténose par exemple, les
protons sont orientés de façon aléatoire et cette dispersion de phase des spins
entraîne une perte de signal, expliquant la majoration du degré et de l’étendue
d’une sténose.
Un autre artefact est représenté par la saturation des flux lents
au cours de leur traversée dans le volume étudié entraînant une perte de signal
dans l’artère carotide en aval d’une sténose sévère.
Les deux autres facteurs
limitants essentiels de l’ARM en temps de vol sont le temps d’acquisition des
images (5 à 10 minutes) qui nécessite une parfaite coopération du patient ainsi
que la hauteur explorée relativement limitée ne permettant pas d’étudier
l’ensemble des vaisseaux cervicoencéphaliques depuis les ostia jusqu’au
polygone deWillis.
L’amélioration progressive des séquences et des appareils
IRM permet aujourd’hui de pallier ces inconvénients.
A - Principe :
Cette méthode utilise des séquences très rapides en écho de gradient 3D dont
les paramètres doivent être optimisés de façon à obtenir la meilleure
résolution spatiale possible avec un temps d’acquisition inférieur à 1 minute.
Sans injection, les protons immobiles et le sang circulant apparaissent
fortement hypo-intenses par effet de saturation car les impulsions très
rapprochées et répétées émises par l’antenne entraînent un état d’excitation
permanent des protons d’où l’absence de signal.
Seule la graisse peut
apparaître en discret hypersignal.
L’injection de gadolinium va entraîner un
tel raccourcissement du temps de relaxation T1 du sang circulant que celui-ci
devient impossible à saturer, d’où un hypersignal intense des vaisseaux lors
du passage du bolus.
Cet hypersignal n’est pas lié aux phénomènes d’entrée
de coupe comme dans la technique en temps de vol mais traduit un
remplissage vasculaire par le gadolinium.
Lorsque l’opacification vasculaire
est homogène, cette technique permet d’obtenir un contraste uniforme sur tout
le plan de coupe passant par le vaisseau.
Le volume d’acquisition peut donc
être orienté parallèlement au vaisseau, sans risque de saturation du signal,
même en cas de flux très lent ou de sténose.
L’intérêt de cette nouvelle séquence pour l’étude des vaisseaux du cou réside
dans l’analyse complète des artères depuis les ostia jusqu’au polygone grâce
à l’utilisation d’un grand champ et d’une antenne vasculaire spécifique.
Le temps d’acquisition rapide permet par ailleurs de diminuer les
artefacts liés aux mouvements.
Enfin, cette séquence est très peu sensible aux
flux turbulents provoqués par une sténose.
Les paramètres d’injection doivent être programmés avec précision si l’on
veut obtenir un contraste artériel optimal.
En effet, le signal IRM est fonction
des différentes fréquences constituant l’image (plan de Fourier) dont la
répartition spatiale varie du centre à la périphérie.
Ainsi, le centre du plan de
Fourier contient les basses fréquences et détermine le contraste de l’image
alors que la périphérie contient les fréquences élevées et détermine l’analyse
des contours de l’image.
Il est donc très important de coordonner
parfaitement l’acquisition des images avec l’injection de gadolinium.
Pour
obtenir un contraste artériel intense, le pic de concentration maximale du
gadolinium dans les artères cervicales doit coïncider avec la lecture des lignes
centrales du plan de Fourier qui se produit, le plus souvent, au milieu de la
séquence.
La quantité de produit de contraste, le débit d’injection, le délai
entre le début de l’injection et l’acquisition constituent, comme en angioscanner hélicoïdal, des paramètres fondamentaux pour une imagerie
vasculaire de qualité.
B - Technique d’examen :
1- Installation du patient et repérage :
L’examen est réalisé à l’aide d’une antenne vasculaire émettrice-réceptrice
recouvrant l’ensemble de la tête et du cou.
Une voie veineuse périphérique
avec une tubulure remplie de 5 mL de gadolinium est posée au pli du coude.
L’examen doit débuter par la réalisation d’une vingtaine de coupes dans le
plan axial en temps de vol 2D centrées sur la région cervicale permettant le
repérage des axes carotidiens et vertébraux depuis la crosse de l’aorte jusqu’à
la base du crâne.
Une séquence d’ARM 3D est ensuite programmée dans le
plan coronal.
Le volume d’acquisition est positionné à partir des coupes
axiales de repérage de façon à inclure très précisément les axes carotidiens et
vertébraux sur l’ensemble de leur trajet.
Il est conseillé de réaliser une
première séquence d’ARM avant injection de gadolinium afin de s’assurer du
bon positionnement des coupes.
2- Paramètres de la séquence
:
Le temps de répétition (TR) et le temps d’écho (TE) doivent être très courts,
respectivement inférieurs à 10ms et 5 ms, de manière à obtenir une saturation
importante des tissus environnants.
Pour optimiser le contraste, l’angle de
bascule doit être idéalement proche de 30° et le champ de vue suffisamment
large pour couvrir l’ensemble des vaisseaux du cou.
Les autres paramètres de
la séquence doivent être adaptés à la petite taille des vaisseaux étudiés en
sachant qu’un compromis est nécessaire entre la résolution spatiale, le volume
d’exploration et le temps d’examen.
Dans notre expérience, l’épaisseur de
coupe doit être inférieure à 2 mm avec une matrice d’au moins 256 x 256
pixels.
Les coupes acquises dans le plan frontal sont obtenues dans un volume
dont l’épaisseur antéropostérieure doit atteindre 7 cm si l’on veut être sûr
d’étudier simultanément les artères carotides et vertébrales.
Enfin, le temps
d’acquisition total ne doit pas excéder 50 secondes car, au-delà, le retour
veineux peut gêner considérablement l’analyse des images.
3- Injection de gadolinium :
La séquence dynamique est ensuite acquise, le plus souvent après injection
manuelle d’environ 20 mL de gadolinium pur à un débit de 1 mL/s suivie d’un
bolus de 20 mLde sérum physiologique pour rincer la tubulure.
Le délai entre
le début de l’injection et le début de la séquence doit être programmé de façon
à ce que le pic de rehaussement artériel se situe au milieu de la séquence.
Chez
un sujet jeune sans antécédent cardiaque, le temps de transit du produit de
contraste entre une veine périphérique et les artères carotides est d’environ
20 secondes. Ainsi, pour une séquence d’ARM de 40 secondes, le gadolinium
doit être injecté au début de la séquence.
4- Reconstruction des images :
La série injectée est ensuite transférée sur une station de travail où des
reconstructions MIP sont habituellement réalisées dans le plan sagittal.
Un
volume d’intérêt est préalablement défini de façon à visualiser l’ensemble des
artères carotides et vertébrales depuis leur origine jusqu’au polygone de
Willis.
Dans un deuxième temps, en cas d’anomalie vasculaire focalisée
détectée sur la série globale ou en cas de superposition artérielle par les
structures veineuses, des reconstructions MIP centrées sur les zones d’intérêt
ou des reconstructions 2D multiplanaires peuvent être réalisées afin
d’apporter des informations morphologiques plus précises.
Des
reconstructions 3D surfaciques et 3D volumiques sont également possibles
sur les consoles les plus modernes.
Il est parfois utile de réaliser une
soustraction des images entre les séries avant et après injection afin
d’améliorer le contraste par élimination du bruit de fond.
C - Résultats :
1- Études préliminaires :
Il s’agit d’une technique encore très récente dont les travaux publiés
concernent essentiellement l’étude de l’aorte thoracoabdominale.
Les
résultats ont prouvé la fiabilité de cette méthode pour l’analyse de l’aorte et
de ses branches permettant l’évaluation des lésions sténo-occlusives.
La
plupart des équipes utilisent des séquences rapides en apnée d’environ
30 secondes avec parfois injection de fortes doses de gadolinium (0,2 à
0,4 mmol/kg), aucun effet néphrotoxique grave n’ayant été observé.
Plus
récemment, cette technique a été adaptée à l’étude des artères cervicales avec
plusieurs travaux rapportant les différents protocoles techniques et les
modalités d’injection appliquées aux artères carotides.
Notre
expérience repose sur une collaboration étroite avec le service de neurologie
vasculaire de Lille qui reçoit chaque année 1 000 patients présentant un
infarctus cérébral.
Durant ces 2 dernières années, nous avons évalué l’ARM
des vaisseaux cervicoencéphaliques dans le cadre du bilan étiologique de
l’infarctus cérébral et, depuis ces derniers mois, nous utilisons cette technique
en routine clinique.
2- Athérosclérose des artères cervicales :
Nos résultats sont particulièrement intéressants pour l’évaluation des lésions
cervicales athéroscléreuses et en particulier pour la quantification du degré
de sténose carotidienne.
C’est une méthode simple, rapide, ne
nécessitant pas de post-traitement complexe et permettant une étude
simultanée des artères cervicales, du polygone de Willis et du parenchyme
cérébral.
Les images de reconstruction vasculaire se rapprochent de
l’angiographie conventionnelle avec une très bonne concordance entre les
deux examens.
La sensibilité et la spécificité de l’ARM avec gadolinium
apparaissent excellentes pour la détection des sténoses carotidiennes de haut
grade (> 70 %) et pour le diagnostic d’occlusion avec cependant une discrète
tendance à la surestimation du degré de sténose.
En effet, dans les sténoses
très serrées, nous avons parfois observé un vide de signal segmentaire au
niveau du rétrécissement avec opacification faible du segment d’aval.
Cette perte de signal peut avoir plusieurs explications :
l’application du logiciel MIP à partir des coupes natives peut entraîner une
perte d’information par élimination des pixels de faible intensité et ceci est
d’autant plus net que la résolution spatiale de la séquence est faible.
Ces
artefacts liés au MIP sont bien connus enARM temps de vol et expliquent la
nécessité d’analyser et de comparer les coupes natives avec les
reconstructions vasculaires de l’arbre artériel.
Malheureusement,
l’orientation du volume d’acquisition dans le plan coronal en ARM avec
injection ne permet pas une évaluation fiable de la lumière vasculaire à partir
des coupes natives, et seule la réalisation secondaire de coupes 2D
multiplanaires dans l’axe du vaisseau permet d’éviter ces artefacts.
À un
moindre degré, cette perte de signal observée au niveau de la sténose peut être
en rapport avec un remplissage inhomogène de l’artère par le gadolinium ou
un effet de turbulence lié à la sténose entraînant un déphasage des protons.
Pour l’exploration du système vertébrobasilaire, l’ARM avec injection
semble également être un examen intéressant pour la détection des sténoses
serrées à l’origine des artères vertébrales et pour le diagnostic d’occlusion
.
Cependant, la petite taille des vaisseaux explique la faible
spécificité de l’ARM.Ainsi, chez quelques patients, nous avons diagnostiqué
à tort des sténoses ostiales des artères vertébrales alors que l’artériographie
était normale.
3- Autres lésions :
Chez le sujet jeune, l’ARM avec injection associée à une étude
morphologique de la paroi en séquence T1 permet de faire le diagnostic de
dissection au stade aigu.
En effet, l’IRM en coupes axiales T1 est spécifique
devant la présence d’un hématome de paroi hyperintense de forme semilunaire
, alors que l’ARM avec injection de gadolinium est sensible
en retrouvant une lumière artérielle rétrécie en regard de l’hématome et parfois un anévrisme.
En cas de sténose longue et effilée sur
plusieurs centimètres, la lumière artérielle peut disparaître de façon
segmentaire après reconstruction en raison des artefacts liés au MIP.
La
lecture des coupes de repérage en temps de vol 2D est alors très importante
pour s’assurer de la bonne perméabilité du vaisseau.
À distance de l’épisode
aigu, l’ARM avec injection constitue également un examen de choix pour le
suivi évolutif des dissections, en particulier dans les formes anévrismales.
Parmi les autres diagnostics étiologiques, l’angéite des gros vaisseaux, la dysplasie fibromusculaire et les emboles endoluminaux
peuvent être détectés en ARM lorsque les lésions apparaissent
suffisamment importantes et étendues.
D - Limites et perspectives :
L’étude des bifurcations carotidiennes est toujours possible en raison de leur situation centrale dans le volume d’acquisition
avec un excellent contraste entre la lumière vasculaire hyperintense et les
structures avoisinantes hypo-intenses.
En revanche, l’analyse simultanée
du siphon carotidien et du polygone deWillis est plus difficile en raison
de problèmes de centrage et d’une résolution spatiale encore insuffisante.
De même, chez les patients présentant une lordose cervicale importante
ou en cas de vaisseaux très tortueux, la portion proximale des gros troncs
artériels ainsi que la portion distale des artères vertébrales peuvent être
exclues du volume d’acquisition.
La résolution spatiale est inférieure à
celle obtenue par la technique en 3D temps de vol.
En effet, en utilisant
des coupes de 1,5 mm et une matrice de 256 x 256, les dimensions du voxel sont comprises entre 1 et 1,5 mm alors qu’elles sont inférieures au
millimètre par la technique en temps de vol haute résolution.
Cette
résolution moyenne est parfois responsable d’un aspect en « marche
d’escalier » ou d’un flou des contours de l’artère sur les reconstructions
sagittales qui sont pourtant les plus intéressantes pour l’analyse des
bifurcations carotidiennes.
Ceci est lié aux dimensions les plus
importantes du voxel dans le sens antéropostérieur qui correspondent à
l’épaisseur de coupe.
Le choix des paramètres d’injection peut être difficile à estimer et varie en
fonction de l’âge et des antécédents cardiaques du patient.
Si l’acquisition
débute trop tôt après l’injection, le rehaussement est à peine visible au sein
des artères avec possibilité d’artefacts linéaires hypo-intenses au centre
de la lumière artérielle liés à une hétérogénéité du produit de contraste et
à un changement brutal d’intensité pendant la lecture de la partie centrale
du plan de Fourier.
Inversement, si l’acquisition est trop tardive, seules
les structures veineuses sont opacifiées car la barrière hématoencéphalique
évite toute diffusion du produit de contraste au sein du
parenchyme cérébral.
L’injection manuelle est le plus souvent suffisante
mais nécessite une grande habitude et une bonne coordination entre le
médecin qui injecte et le manipulateur à la console.
Pour une meilleure
reproductibilité, l’utilisation d’un injecteur automatique amagnétique
peut être intéressante et permet de mieux contrôler les paramètres
d’injection comme en scanner. Une série dynamique peut également
être réalisée au préalable afin de déterminer le délai d’injection, mais il
s’agit d’une méthode longue, complexe et peu reproductible en cas
d’injection manuelle.
Elle nécessite de plus l’injection de quelques
millilitres de gadolinium, provoquant une opacification veineuse qui peut
être gênante lors de l’acquisition proprement dite.
La détection
automatique de l’arrivée du bolus utilisée par certains constructeurs
semble être une technique prometteuse, permettant de mieux synchroniser
l’acquisition avec l’arrivée du bolus de gadolinium.
L’injection peut
être déclenchée automatiquement à partir de coupes axiales répétées
toutes les secondes et après détermination d’un seuil d’intensité.
Une
technique plus récente associe la lecture sélective du centre du plan de
Fourier en mode spiralé et un déclenchement de la séquence par
fluoroscopie IRM fournissant des images dynamiques en mode
continu.
Une dernière technique consiste en une lecture partielle du
plan de Fourier afin de diminuer encore davantage les temps
d’acquisition.
L’enchaînement de plusieurs séquences à la suite permet
ainsi d’obtenir des images ARM à différents moments du remplissage
comme en angiographie conventionnelle mais avec une résolution
spatiale encore insuffisante pour une utilisation en routine clinique.
Les nouvelles techniques d’imagerie représentées par l’angioscanner
hélicoïdal et l’ARM avec injection de gadolinium permettent aujourd’hui
d’évaluer de façon fiable et non invasive les vaisseaux supra-aortiques
avec des représentations angiographiques de qualité grâce à des
nouveaux logiciels de traitement d’image.
Le scanner apporte des renseignements précis sur la paroi et la
lumière artérielle mais c’est un examen irradiant nécessitant une
injection d’iode.
L’étude de l’origine des gros troncs artériels et des
siphons carotidiens est par ailleurs difficile.
L’ARM avec injection de gadolinium est bien supportée par les patients
présentant une ischémie cérébrale.
Cet examen permet une étude
vasculaire sur une grande hauteur avec une exploration des vaisseaux cervicoencéphaliques en une seule acquisition.
L’amélioration de la
résolution spatiale dans un proche avenir permettra d’analyser avec
plus de précision les sténoses athéromateuses, les dissections et les
angéites.
Ainsi, dès que les machines seront plus facilement accessibles, il sera
possible de proposer la stratégie d’exploration suivante pour les
patients présentant une ischémie cérébrale.
Dans l’athérome carotidien, l’angiographie conventionnelle aura de
plus en plus tendance à être remplacée par le couple échodoppler-ARM avec injection de gadolinium.
Dans le territoire vertébrobasilaire, l’athérome vertébral, qui est plus
difficilement détecté par l’échodoppler, bénéficie également de l’ARM
avec injection de gadolinium.
Enfin, chez le sujet jeune, les dissections des vaisseaux cervicaux et
les angéites cérébrales sont également mieux détectées par l’IRM et
l’ARM avec injection de gadolinium.