Spondylolisthésis lombaire dégénératif Cours de l'appareil locomoteur
Introduction
:
Le spondylolisthésis dégénératif lombaire (SLD) est une des causes
de sténose du canal lombaire et peut être responsable de
lomboradiculalgie.
Sa physiopathologie reste controversée et son
traitement est souvent chirurgical.
Définition, épidémiologie
:
C’est Junghanns qui décrit pour la première fois cette pathologie
sous le nom de « pseudospondylolisthésis ».
En 1950, MacNab parle
de « spondylolisthésis avec l’arc neural intact » par opposition aux
spondylolisthésis de l’enfant et de l’adolescent par lyse isthmique ;
enfin, le terme « spondylolisthésis dégénératif » est proposé en 1963
par Newman.
Il se définit comme tout glissement vertébral vers
l’avant par rapport à la vertèbre sous-jacente sans lyse isthmique
qui survient essentiellement chez les sujets de plus de 40 ans (avec
un sex-ratio de quatre femmes pour un homme).
Habituellement, le
glissement ne dépasse pas 30 % de la largeur du corps vertébral.
Le
segment L4-L5 est le plus fréquemment atteint alors que le niveau
L5-S1 reste souvent préservé.
Sa prévalence dans la population
générale est mal connue ; cependant chez les sujets lombalgiques de
plus de 50 ans, il touche 7,5 % des hommes, 16,7 % des femmes
nullipares et 28 % des femmes multipares.
Le rétrolisthésis dégénératif (glissement vertébral vers l’arrière par
rapport à la vertèbre sous-jacente) est moins fréquent que le
glissement antérieur, touche plutôt les hommes et de préférence les
vertèbres L2 et L3.
Il s’agit le plus souvent de lésions
dégénératives étagées et de découverte fortuite sans qu’il y ait de
compression des éléments neurologiques ; nous ne le décrivons pas
ici.
Physiopathologie, histoire naturelle
:
La physiopathologie du SLD n’est pas parfaitement établie.
En
dehors du glissement vertébral, les autres phénomènes dégénératifs
sont assez proches de ce que l’on observe dans le cadre d’un canal
lombaire étroit acquis, à savoir une hypertrophie des massifs
articulaires, un épaississement du ligament jaune et un affaissement
discal.
Il en résulte une diminution des dimensions du canal
lombaire et souvent une compression des racines de la queue de
cheval aussi bien au niveau central que latéral.
D’ailleurs, le niveau
L4-L5 (segment rachidien le plus mobile et donc le plus soumis aux
contraintes mécaniques) est le siège des lésions les plus importantes.
La présence du ligament iliolombaire et notamment les insertions
de ses faisceaux inférieurs (faisceau sacré et faisceau iliaque) qui
protègent le disque L5-S1 explique l’atteinte relativement rare de la
charnière lombosacrée.
A - LÉSIONS DÉGÉNÉRATIVES :
1- Lésions dégénératives non spécifiques
:
Les lésions dégénératives intéressent le segment mobile
intervertébral comme dans le canal lombaire étroit.
Elles peuvent
entraîner une sténose centrale (diminution du diamètre
antéropostérieur du canal rachidien) et latérale (touchant les récessus latéraux et plus rarement les foramens intervertébraux où
se produit plus une ovalisation qu’un rétrécissement).
2- Lésions dégénératives spécifiques
:
Dans le SLD, la sténose centrale et des récessus latéraux est aggravée
par le glissement antérieur.
Des lésions spécifiques au SLD
sont observées à plusieurs niveaux.
* Facettes articulaires :
Elles présentent des lésions dégénératives associées parfois à un
certain degré d’incongruence (subluxation) plus ou moins symétrique.
Mais l’anomalie qui caractérise cette pathologie
est la sagittalisation des surfaces articulaires.
Cette disposition
favorise le glissement de la vertèbre vers l’avant puisque l’obstacle
naturel formé par l’obliquité des articulaires disparaît.
Les lésions
hypertrophiques (ostéphytose) tendent à « restabiliser »
l’articulation.
Le problème est qu’ici, la présence d’ostéophytes en
avant des facettes articulaires contribue au rétrécissement des récessus latéraux.
Les kystes articulaires représentent une entité à part, mais sont très
souvent associés au SLD (60 à 89 % des cas).
Les
microtraumatismes répétés sur un segment à mobilité anormalement
accrue (parfois appelé hypermobile) favorisent leur survenue et
il est admis que leur présence signe une souffrance articulaire et une
« instabilité » locale.
* Disque intervertébral :
Il peut être affaissé sur des clichés radiologiques avec des signes
indirects de déshydratation, à l’examen tomodensitométrique (TDM)
ou bien sur l’imagerie par résonance magnétique nucléaire (IRM).
Pour certains auteurs comme Inoue, il s’agit même d’une
pathologie essentiellement discale et les lésions articulaires et
ligamentaires sont seulement secondaires.
Il existe cependant de
nombreux cas où le disque garde une hauteur conservée malgré un
glissement vertébral.
* Ligaments
:
La présence d’une laxité ligamentaire chez 65 % des patients suivis
pour un SLD contre 8 % dans une population témoin est un
élément intéressant puisque expliquant les lésions dégénératives par
une hypermobilité segmentaire.
* Muscles paravertébraux :
Des altérations spécifiques des fibres musculaires sont notées avec
des anomalies mitochondriales.
La TDM analyse la
dégénérescence graisseuse des muscles spinaux (classification de
Hadar).
B - GLISSEMENT VERTÉBRAL :
Il s’agit d’une faillite des éléments de stabilisations anatomiques.
Cette déstabilisation mécanique peut être expliquée selon plusieurs
théories.
1- Théorie musculaire :
L’atteinte première des éléments de stabilisation active (les muscles paravertébraux) entraîne une altération prématurée des éléments de
stabilisation passive que sont les ligaments, le disque et les
articulaires postérieures.
Ces phénomènes de compensation se
traduisent alors par une hypertrophie des ligaments et des facettes
articulaires.
D’autres théories tiennent compte plutôt d’une atteinte des éléments
passifs avec une compensation musculaire insuffisante.
2- Théorie discale
:
Certains auteurs mettent l’accent sur l’importance des lésions
discales ; cependant, les moyens d’investigations conventionnels et
non invasifs comme l’IRM, la TDM ou les radiographies standards
ne nous renseignent très souvent que de façon tardive sur l’état
d’hydratation du disque et non sur ses capacités mécaniques.
Les clichés radiologiques dynamiques du rachis lombaire (de profil,
en flexion et en extension) peuvent être utiles en mettant en évidence
une mobilité exagérée (dépassant les 3 mm).
Il s’agit d’une instabilité
mécanique (stade 2 de la classification de Kirkaldy-Willis) qui, en
pratique, est retrouvée parmi un faible pourcentage de patients.
Seuls des examens invasifs comme la discomanométrie permettent
une approche plus exacte et chiffrée de la discopathie.
De nombreux
cas de glissements dégénératifs sur un disque de hauteur conservée
correspondent alors, soit à des lésions discales débutantes, soit à une
atteinte d’origine non discale.
3- Théorie architecturale :
Une sacralisation de L5 est fréquemment retrouvée (quatre fois plus
souvent que dans la population ne souffrant pas de SLD).
Les
insertions ligamentaires (ligament iliolombaire) stabilisent la
charnière lombosacrée et protègent souvent le segment L5-S1.
La
disposition des articulaires postérieures dans un plan frontal est un
obstacle au glissement.
La modification de cette morphologie et la sagittalisation des facettes articulaires est une des conditions
nécessaires au déplacement antérieur.
Ces anomalies architecturales
sont toujours présentes lorsque le glissement a eu lieu mais il est
difficile de leur imputer l’origine du processus de déplacement.
L’hypertrophie du massif articulaire en avant peut alors être
considérée comme un phénomène de compensation naturelle qui
crée un obstacle au déplacement antérieur mais qui participe à la
sténose du récessus latéral.
4- Théorie hormonale :
L’importance du facteur hormonal expliquerait la forte
prépondérance féminine (sex-ratio : quatre femmes pour un homme).
5- Syndrome de la néocharnière
:
Il s’agit d’un SLD observé au-dessus d’une arthrodèse rigide.
L’hypersollicitation mécanique qui accélère le vieillissement naturel
de la colonne lombaire en serait la cause principale. Sa prise en
charge thérapeutique est identique aux SLD.
Clinique
:
Le SDL présente peu de particularité par rapport à une sténose
canalaire dégénérative sans glissement vertébral associé.
Il se traduit
cliniquement par une lombalgie mécanique sous forme de crampes
ou de sensations de brûlures dans plus de 90 % des cas.
S’y associent
des radiculalgies, tableaux de claudication neurogène, dans environ
40 à 50 % des cas.
Au niveau L4-L5, il s’agit le plus souvent d’une
compression des racines L5 dans les récessus latéraux.
Plus
rarement, il existe un déficit moteur, voire un syndrome de la queue
de cheval (moins de 5 % des cas).
L’évolution se fait sur un mode chronique avec une aggravation
progressive entrecoupée de crises de lomboradiculalgie plus ou
moins invalidante et ce jusqu’à la restabilisation naturelle (stade 3
de Kirkaldy-Willis) ou chirurgicale.
L’évaluation clinique se fait comme dans une sténose lombaire avec
les scores de Beaujon-Lasalle et/ou le score de la
Japanese Orthopaedic Association (JOA).
Examens complémentaires
:
A - IMAGERIE :
Le bilan radiologique comporte des clichés standards du rachis
lombaire.
L’incidence de profil fait le diagnostic de déplacement
antérieur.
Sur l’incidence de face (grand cliché de De Sèze), on
cherche une anomalie de charnière (sacralisation de L5), ou des
lésions associées (atteinte sacro-iliaque ou bien coxarthrose).
Les
clichés de trois quarts n’ont pas un grand intérêt, sauf en cas de
doute sur une lyse isthmique associée.
Les clichés dynamiques de profil en flexion et en extension peuvent
démasquer une hypermobilité segmentaire qui modifie la stratégie
thérapeutique.
L’examen TDM permet de visualiser les lésions dégénératives du
disque intervertébral et de l’arc postérieur avec présence d’air dans
le disque ou au niveau des articulations.
Les diamètres
antéropostérieur et transversal y sont facilement calculés et
renseignent sur l’importance de la sténose canalaire.
L’analyse de la sagittalisation des facettes articulaires (l’angle facettaire transverse)
présente un intérêt diagnostique mais surtout pronostique
pour des valeurs inférieures à 40°.
La saccoradiculographie
(couplée ou non au scanner) garde sa place surtout en cas de contreindication
à l’IRM. C’est un examen qui a l’avantage d’être
« dynamique ».
L’IRM prend une place de plus en plus importante dans le
diagnostic des pathologies de la colonne vertébrale et cela reste vrai pour les SLD.
Elle permet de mieux étudier les éléments
neurologiques, le disque, les plateaux adjacents et le foramen
intervertébral.
B - ÉLECTROPHYSIOLOGIE :
L’électrophysiologie a une place importante dans le diagnostic des
compressions radiculaires comme l’a montré Héraut.
L’électromyogramme a un intérêt limité puisqu’il n’est altéré que
tardivement et lorsque les lésions motrices sont installées.
Les
potentiels évoqués somesthésiques (PES) sont plus sensibles et
altérés plus précocement (dès l’installation des lésions sensitives) ;
ils permettent de préciser la topographie exacte de la compression
et de quantifier le degré d’atteinte neurologique.
Les PES constituent
un élément essentiel dans la démarche diagnostique, surtout chez
des patients âgés et atteints de pathologies multiples, et permettent
d’assurer une surveillance dans les cas peu symptomatiques et non
déficitaires.
Évolution naturelle
:
Selon Matsunaga, l’âge et le sexe n’ont pas d’influence majeure
dans l’histoire de la maladie ; cependant, une hauteur discale
conservée est un facteur prédictif du glissement.
Les contraintes
mécaniques (métiers comportant des mouvements répétés
d’antéflexion du tronc et le port de charges lourdes) peuvent
également augmenter de façon significative le risque de progression
du glissement.
L’apparition de signes radiologiques de stabilisation décrits par Kirkaldy-Willis (ossification du ligament longitudinal antérieur,
ostéocondensation des plateaux vertébraux, apparition
d’ostéophytes de traction) ainsi qu’un affaissement complet du
disque intervertébral traduisent parfois la fin du glissement
vertébral et une rigidification segmentaire naturelle (« fusion »
spontanée).
Sato a classé les patients porteurs de SLD en trois catégories (W1,
W2 et N) en fonction de la morphologie de la lame et des articulaires
postérieures sur les clichés radiologiques de face.
Le type N
est retrouvé chez environ 50 % des sujets avec un SLD (contre 3,5 %
dans une population témoin) avec un glissement plus important
comparé aux deux autres groupes et correspond aux patients avec
les signes cliniques les plus marqués (allant jusqu’au déficit moteur).
Cette classification renseigne donc sur le potentiel évolutif de la
maladie et devient alors non seulement un critère essentiel pour le
diagnostic mais aussi pour le choix thérapeutique.
Traitement
:
A - TRAITEMENT MÉDICAL
:
Le traitement conservateur reste le traitement de première intention
dans le SLD symptomatique, en l’absence de déficit neurologique.
Matsunaga a étudié le devenir de 110 patients symptomatiques
durant 10 ans.
Il montre que, chez les patients porteurs de
radiculalgie, le traitement conservateur combiné avec l’évolution
naturelle permet une sédation totale des douleurs dans 86 % des cas
mais avec un taux de récidive de 35 %.
Rosenberg n’a opéré que
10 % des 200 patients pris en charge pour un spondylolisthésis
dégénératif symptomatique.
Mais lorsqu’il existe un déficit
neurologique (syndrome de la queue de cheval, troubles vésicosphinctériens), le traitement conservateur n’a pas sa place.
Matsunaga rapporte une aggravation du déficit neurologique
chez 83 % des patients porteurs d’un déficit neurologique initial.
Actuellement, le traitement conservateur comprend trois volets :
– une prescription d’antalgiques de palier 1 ou 2 selon
l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en prise continue tant
que dure la douleur, associée à des cures courtes de 5 à 7 jours
d’anti-inflammatoires non stéroïdiens en cas d’aggravation de la
douleur ;
– des infiltrations de glucocorticoïdes par voie foraminale, ou
surtout épidurale interépineuse ou caudale (hiatus sacrococcygien)
pour soulager la douleur radiculaire et des infiltrations articulaires
postérieures pour soulager certaines douleurs lombaires ;
– de la rééducation réalisée en cyphose lombaire comprenant des
exercices de renforcement isométrique des muscles abdominaux et
du multifidus.
Les travaux de Gramse prolongés par Sinaki
soulignent l’intérêt du travail de rééducation basé sur des exercices
musculaires réalisés en flexion.
Il y a une nette amélioration de la
douleur dans le groupe de patients rééduqués en cyphose comparé
au groupe de patients rééduqués en extension à 3 mois comme à
3 ans.
Cependant, aucune étude n’a comparé le traitement de
rééducation à l’évolution naturelle.
On ne peut donc pas être
absolument affirmatif sur l’intérêt d’un traitement de rééducation
dans la prise en charge des patients porteurs d’un SLD, surtout si
les patients sont très âgés avec une transformation graisseuse
importante de leur musculature axiale.
B - TRAITEMENT CHIRURGICAL :
La prise en charge chirurgicale du spondylolisthésis dégénératif est
décidée après l’échec du traitement conservateur ou bien en
présence de troubles neurologiques déficitaires.
Les modalités de
cette chirurgie font l’objet de nombreux articles revus par Mardjetko
et il n’y a pas de véritable consensus quant à la technique de
choix.
On peut cependant distinguer trois grandes tendances dans la
littérature sur la prise en charge chirurgicale du SLD.
1- Décompression postérieure isolée
:
Il s’agit d’une laminectomie associée à une arthrectomie partielle ; il
s’agit d’une solution chirurgicale peu agressive avec un taux de
complications faible.
À la décompression centrale des racines de la queue de cheval, est associée une décompression latérale des récessus permettant de libérer les racines avant leur entrée dans le
foramen intervertébral lombaire.
Avec cette technique, on obtient de
44 à 69 % de bons résultats chez les patients opérés.
Pour Herron,
seule une hypermobilité du segment olisthésique (dépassant 3 mm
sur les clichés dynamiques en préopératoire) est un critère
défavorable contre-indiquant cette technique.
Même si les résultats d’une décompression isolée peuvent être
considérés comme « raisonnables », cependant, le taux important de
déstabilisation postopératoire (aggravation du glissement vertébral
dans pratiquement tous les cas avec parfois une traduction clinique)
et les 30 à 40 % de mauvais résultats ont conduit la plupart des
auteurs à opter pour une stabilisation systématique.
Nous pensons
que la décompression isolée doit être réservée aux patients avec un
segment olisthésique en phase de restabilisation (stade 3 de
Kirkaldy-Willis) et sans risque de déstabilisation postopératoire.
À noter que l’arthrectomie totale sans arthrodèse, prônée par de
rares auteurs, est réputée pour être très déstabilisante et n’a pas
sa place dans le traitement des SLD.
2- Décompression postérieure associée à une arthrodèse
(avec ou sans instrumentation) :
L’association décompression-arthrodèse est le traitement chirurgical
le plus pratiqué dans la prise en charge des SLD.
Elle a pour
objectif d’empêcher l’évolution de l’olisthésis dans les suites de la
décompression chirurgicale et de prévenir une aggravation
secondaire comme cela peut se voir après une décompression isolée.
Environ 90 % des patients opérés par cette technique sont considérés
comme ayant un bon résultat.
Il faut noter que la décompression
isolée n’est souvent efficace que sur la radiculalgie et rarement sur
la lombalgie.
McCulloch propose une décompression « mini-invasive » des
récessus par un recalibrage bilatéral et une greffe postérolatérale tout
en préservant les ligaments interépineux et surépineux.
Les
indications de cette technique restent limitées aux spondylolisthésis
peu évolués avec un déplacement modéré, à l’absence de sténose
centrale du canal rachidien et à l’absence de geste discal associé à la
décompression.
L’instrumentation rigidifie le segment opéré et augmente
considérablement le taux de fusion (environ 90 % contre 40 à 45 %
pour une greffe isolée) mais aussi le taux de complications per- et
postopératoires et peut être à l’origine d’un syndrome de la
néocharnière au-dessus du segment instrumenté.
Le vissage
pédiculaire reste la technique de choix mais le vissage translaminofacettaire de Magerl garde sa place dans les SLD
minimes et peu évolués.
L’instrumentation n’aurait pas d’influence sur les résultats cliniques
à moyen et à long termes pour certains, alors que pour d’autres
auteurs, au contraire, elle améliore l’état du patient de façon
significative.
Même si, en l’état actuel de nos connaissances sur l’instabilité
vertébrale, la sélection des patients à risque (« instables ») et
candidats à l’arthrodèse paraît difficile, il existe cependant des
éléments radiologiques qui guident le choix technique.
Par exemple,
un disque intervertébral « haut » signe un risque évolutif de
glissement non négligeable, de même que l’association de
kyste articulaire avec un SLD qui est en faveur d’une instabilité.
Nous avons vu également qu’une valeur angulaire de 40° pouvait
être retenue au-delà de laquelle les surfaces articulaires ne
jouent plus leur rôle stabilisateur de manière suffisante.
Une
arthrodèse a toute sa place dans ces cas-là.
Le matériel semi-rigide, comme le ligament de Graf, n’est pas adapté
au traitement du spondylolisthésis.
Il donne des résultats
sensiblement similaires à ceux de la technique classique de
décompression sans arthrodèse, notamment pour les douleurs
radiculaires, même s’il donne de meilleurs résultats en ce qui
concerne la lombalgie en postopératoire (probablement du fait de
la stabilisation relative obtenue avec ce type de matériel).
Sur le plan économique, la greffe postérolatérale augmente le coût
de l’intervention de 50 % par rapport à une laminectomie isolée,
alors que l’ostéosynthèse le majore de plus de 100 %.
Dans notre pratique, une arthrodèse est toujours proposée aux
patients porteurs de SLD ; une instrumentation y est associée sauf si
le patient est très âgé ou bien devant l’association de pathologies associées (notamment des pathologies cardiaques, un diabète, une
dépression nerveuse, obésité majeure, ostéoporose…) qui constituent
des éléments de mauvais pronostic.
3- Arthrodèse isolée antérieure sans décompression
postérieure
:
Seules quelques équipes asiatiques proposent une arthrodèse
antérieure sans décompression postérieure.
Ils réservent cette
technique aux sténoses isolées sur un seul niveau.
Il s’agit de
restaurer la hauteur discale afin d’élargir les diamètres du canal
rachidien.
Il y a cependant peu de cas étudiés et il nous semble
difficile d’espérer libérer les racines nerveuses aux récessus latéraux
de façon satisfaisante, notamment lorsque l’hypertrophie des massifs
articulaires est très importante.
Cette technique garde une place dans
le traitement des SLD d’origine discale d’évolution rapide, tableaux
de discopathie destructrice rapide, alors que les lésions arthrosiques
ne sont pas encore présentes.
Conclusion
:
Le SLD est souvent découvert à l’occasion d’une lomboradiculalgie chez
les sujets de plus de 50 ans.
Il s’agit d’une pathologie multifactorielle et
il est difficile de proposer un schéma thérapeutique identique à tous les
patients.
Le traitement est très souvent chirurgical, avec une décompression et
une arthrodèse.
Il doit tenir compte de l’état général du patient (âge,
pathologies associées) et de ses scores d’évaluation (Beaujon-Lassalle et
JOA).
Une étude précise des données radiologiques (classification de Sato, angle transverse facettaire, hauteur discale) permet d’évaluer au
mieux le potentiel évolutif du glissement vertébral et de choisir la
solution thérapeutique la mieux adaptée à chaque patient.