Rhinites hypertrophiques
Cours d'ORL (Oto-rhino-laryngologie)
Définition – Épidémiologie
:
Les rhinites sont caractérisées par un ou plusieurs des symptômes suivants :
congestion nasale, rhinorrhée, éternuements et prurit en rapport avec
l’exagération pathologique des mécanismes de défense de la muqueuse
nasale.
Peut être considérée comme chronique toute rhinite qui évolue depuis
plus de 6 mois.
L’hypertrophie turbinale est représentée par une augmentation de volume du
cornet inférieur qui entraîne une diminution de la filière aérienne nasale.
C’est
une donnée de l’examen clinique, qui ne préjuge en rien de l’étiologie de la
rhinite.
En effet, elle fait partie du tableau clinique de toutes les rhinites
inflammatoires.
Il peut s’agir d’une hypertrophie muqueuse ou osseuse du
cornet inférieur.
La rhinite est une pathologie très fréquente mais dont l’épidémiologie est mal
connue, excepté pour les rhinites allergiques.
Une étude menée à Londres, chez des adultes âgés de 16 à 65 ans, a montré
que la prévalence de la rhinite allergique était de 16 %.
On estime que la rhinite allergique touche environ 25 % de la population
générale.
D’après une étude anglaise, l’incidence de la pollinose a été
multipliée par 4 en 30 ans.
La pollinose semble plus fréquente dans les
villes que dans les zones rurales.
La pollution atmosphérique augmente la
prévalence de la pollinose.
En effet, les polluants atmosphériques provoquent
des lésions inflammatoires de l’épithélium respiratoire qui entraînent une
augmentation de la perméabilité aux allergènes et une diminution des
capacités d’élimination du tapis mucociliaire.
De plus, la pollution aurait une
action sur le pouvoir allergisant de certains végétaux, elle modifierait la forme
des grains de pollen et stimulerait ainsi l’expression de protéines capables de
se comporter comme inducteurs de la réponse allergique médiée par les IgE
(immunoglobulines).
Les autres facteurs susceptibles d’influencer positivement le développement
de la rhinite allergique saisonnière sont : la saison de naissance, l’existence
d’antécédents, le tabac, le stress chronique.
La rhinite allergique pollinique est rare avant l’âge de 5 ans.
Le début des
symptômes a lieu le plus souvent à la puberté pour les rhinites allergiques
polliniques, entre 15 et 30 ans pour les rhinites allergiques perannuelles.
Après l’âge de 35 ans, l’apparition d’une rhinite allergique pollinique est rare,
et ce d’autant que le sujet ne change pas d’environnement.
Après l’âge de
60 ans, la symptomatologie a tendance à s’améliorer spontanément.
Physiopathologie des rhinites chroniques :
Quel que soit l’agent agresseur, la muqueuse nasale réagit souvent de la même
façon à des degrés divers :
– augmentation de la perméabilité capillaire, responsable de l’extravasation
plasmatique, d’où oedème muqueux et obstruction nasale ;
– augmentation de la sécrétion glandulaire responsable de la rhinorrhée ;
– stimulation des terminaisons nerveuses périphériques d’où éternuements,
libération de neuromédiateurs, recrutement des cellules inflammatoires
responsables de l’afflux de médiateurs.
A - Particularités liées à l’allergie :
La rhinite allergique est un désordre nasal inflammatoire, médié par les IgE,
engendré par une hypersensibilité à des substances étrangères : les allergènes.
Les IgE, produites lors de la phase de sensibilisation ou premier contact avec
l’allergène, se fixent sur les récepteurs des mastocytes dans les tissus et les
basophiles circulants.
Lors d’un nouveau contact avec l’allergène, celui-ci se
fixe sur les IgE.
Ceci entraîne des réactions en chaîne faisant intervenir la
pénétration cellulaire du calcium ainsi que plusieurs enzymes cellulaires qui
aboutissent à la dégranulation de la cellule.
Le relargage d’histamine et
d’autres médiateurs préformés (des mastocytes : chymase, tryptase,
sérotonine, héparine, VIP [vaso-intestinal peptide], kallicréine ; des
polynucléaires éosinophiles : ECP[eosinophil cationic protein],MBP[major
basic protein], érythropoïétine ; des polynucléaires neutrophiles : lysozyme,
hydrolases acides...), ainsi que des médiateurs néoformés (regroupant
essentiellement les dérivés de l’acide arachidonique : prostaglandines et
leucotriènes, et le PAF [platelet activating factor]), est responsable des
symptômes de l’allergie nasale.
Lors de l’inflammation allergique, il se produit une accumulation locale de
cellules inflammatoires : lymphocytes CD4, polynucléaires éosinophiles,
basophiles et neutrophiles.
Le polynucléaire éosinophile amplifie la réaction inflammatoire. L’afflux de
polynucléaires activés entraîne la libération de médiateurs granulaires
toxiques, notamment la peroxydase de l’éosinophile et la protéine basique
majeure.
Le principal leucotriène libéré par les éosinophiles est le LTC4 qui
favorise la rhinorrhée et la congestion nasale.
Des cytokines sont libérées pendant la réaction inflammatoire, jouant un rôle
direct expliquant en partie l’expression clinique de la réaction allergique, et
surtout intervenant dans le recrutement et la coopération cellulaires.
L’interleukine 4 (IL4) favorise la synthèse des IgE par les lymphocytes ainsi
que l’expression des molécules d’adhésion sur l’endothélium vasculaire (qui
jouent elles-mêmes un rôle dans la migration et le passage transvasculaire des
cellules inflammatoires), l’interleukine 3 (IL3) stimule la maturation des
mastocytes, l’interleukine 5 (IL5) stimule la maturation des éosinophiles.
Interviennent aussi dans la réaction inflammatoire :
– les cellules épithéliales de manière passive (lorsque leur destruction permet
le développement de l’inflammation) et active par l’intermédiaire de la
libération de médiateurs, de cytokines et par l’expression des molécules
d’adhésion ;
– les cellules dendritiques, qui présentent l’antigène aux cellules T et
produisent des médiateurs et des cytokines.
B - Particularités liées à l’infection :
La rhinite chronique infectieuse est le plus souvent une rhinosinusite.
L’interaction des métabolites bactériens avec les macrophages épithéliaux
entraîne la libération des facteurs chémotactiques et l’activation du
complément.
Ces phénomènes permettent ensuite l’amplification de la
réponse inflammatoire.
C - Particularités liées aux rhinites non allergiques
non infectieuses
:
Le rôle des processus de vieillissement de la muqueuse nasale avec
transformation de l’épithélium cilié en épithélium pavimenteux stratifié et
diminution de la vascularisation caverneuse pourrait réduire ses capacités
d’homéostasie et de conditionnement de l’air inspiré.
De ce fait, certaines
conditions pourraient entraîner un traumatisme chronique de la muqueuse
nasale et des modifications inflammatoires responsables des symptômes rhinitiques.
La dysrégulation du contrôle du système nerveux aboutit à une augmentation
de la réponse nasale à des stimuli variés, non spécifiques, qu’elle soit
vasculaire, glandulaire ou neurogène.
Parmi les rhinites non allergiques, non infectieuses, le NARES (non allergic
rhinitis with eosinophilic syndrome) est d’étiologie inconnue.
Le système
nerveux autonome pourrait être impliqué dans sa genèse.
Chez les sujets intolérants à l’aspirine, une hypothèse serait qu’en bloquant la
voie de la cyclo-oxygénase, l’aspirine déplace le métabolisme de l’acide
arachidonique vers la voie de la lipo-oxygénase, avec excès de production de
leucotriènes, responsables de rhinorrhée et d’obstruction nasale.
Clinique :
A - Interrogatoire
:
L’interrogatoire constitue une étape capitale de l’examen clinique.
1- Circonstances de survenue :
L’âge de survenue des manifestations cliniques peut orienter vers une
étiologie particulière : allergie pollinique, allergie perannuelle ou rhinite
idiopathique.
L’existence d’un terrain atopique personnel ou familial est plus en faveur
d’une origine allergique de la rhinite.
L’association d’un asthme ou d’une intolérance médicamenteuse dans les
antécédents personnels ou familiaux doit faire rechercher une polypose.
Les particularités de l’environnement doivent être notées : habitat, profession,
tabagisme, pollution atmosphérique.
Les circonstances déclenchantes de la rhinite correspondent, en cas de rhinite
allergique, à la règle des trois unités : temps, lieu et action.
Le caractère saisonnier des symptômes oriente vers une rhinite pollinique.
L’amélioration estivale et la prédominance matinale des symptômes évoquent
une rhinite allergique perannuelle.
2- Signes fonctionnels :
L’obstruction nasale est le symptôme majeur de la rhinite hypertrophique.
Elle peut être unilatérale, bilatérale ou à « bascule ».
Parfois, elle n’apparaît
que lors du décubitus.
Son importance peut être variable : mineure ne gênant
pas l’activité, gênante uniquement à l’effort, importante ou totale, parfois
responsable de troubles du sommeil.
Il faut rechercher des signes indirects
d’obstruction nasale : sécheresse buccale, toux sèche, douleurs pharyngées,
trachéobronchites à répétition, catarrhe tubaire chronique, majoration d’un
ronflement nocturne.
L’obstruction nasale peut être associée à une rhinorrhée antérieure séreuse ou
muqueuse ; des éternuements, pouvant survenir en salves ou de façon
épisodique, précèdent en général la rhinorrhée dans la rhinite allergique ; un
jetage postérieur, responsable d’une sensation de corps étranger pharyngé, de
brûlures ou de picotements pharyngés ; des céphalées ou une gêne
craniofaciale, ne traduisant pas forcément une participation sinusienne mais
plutôt un trouble de la ventilation nasale ; un prurit nasal, palatin, oculaire ou
du conduit auditif externe surtout noté dans les rhinites allergiques
polliniques ; des troubles de l’olfaction (hyposmie ou anosmie), parfois
associés à des troubles du goût (hypogueusie ou agueusie).
Il faut s’attacher à rechercher des manifestations bronchiques mineures
souvent négligées par le patient : toux, dyspnée d’effort, sibilances
vespérales, oppression thoracique.
La présence d’une hyperréactivité bronchique asymptomatique est
relativement fréquente chez les patients présentant une rhinite chronique et
pourrait représenter un facteur de risque de développement ultérieur d’un
asthme.
B - Examen clinique :
1- Inspection :
Elle permet l’analyse d’une déformation éventuelle de la pyramide nasale
(« coup de hache », déviation latérale, saillie anormale ou déficience des
cartilages alaires ou triangulaires).
Elle permet parfois de retrouver un pli
nasal caractéristique, horizontal, perpendiculaire à l’arête nasale, lié aux
mouvements répétés de frottement et de mouchage : c’est le classique « salut
allergique ».
2- Endoscopie nasale :
La rhinoscopie antérieure au spéculum et la rhinoscopie postérieure au miroir
ne permettent qu’une vision toute parcellaire des fosses nasales.
Le nasofibroscope souple et les endoscopes rigides autorisent un examen
précis des fosses nasales et des méats jusqu’aux ostia sinusiens.
L’endoscopie nasale s’effectue avant et après pulvérisation d’une solution
vasoconstrictrice et anesthésique (xylocaïne à 5 % avec naphazoline).
Au cours de cet examen, il est possible de réaliser un recueil dirigé des
sécrétions nasales pour analyse cytologique et/ou bactériologique (frottis
nasal, prélèvement de pus).
Il est aussi possible de palper les différentes
structures et en particulier le cornet inférieur : cette manoeuvre permet de faire
la différence entre une hypertrophie de la muqueuse du cornet inférieur
donnant le classique signe de « l’édredon » et une hypertrophie osseuse du
cornet inférieur donnant un contact dur à la palpation.
La surface de la muqueuse du cornet inférieur est normalement lisse mais, en
cas d’hypertrophie, elle peut présenter des granulations qui lui donnent un
aspect verruqueux ou mûriforme.
Cet aspect est en général surtout observé au
niveau de la queue du cornet inférieur.
À cette hypertrophie peuvent
s’associer : la présence de sécrétions séreuses tapissant les fosses nasales, une
muqueuse couleur lilas, atone ou rouge, un oedème localisé de la muqueuse,
un oedème polypoïde ou des polypes du méat moyen en cas de participation
sinusienne.
Aucun de ces aspects endoscopiques n’est spécifique d’une
étiologie de rhinite chronique.
Examens paracliniques :
A -
Pour mettre en évidence l’obstruction nasale
:
1- Rhinomanométrie :
C’est l’ensemble des techniques permettant la mesure simultanée du débit et
des variations de pression que subit le courant aérien en traversant les cavités
nasales.
Ces deux données permettant le calcul de la résistance nasale selon la
loi de Poiseuille.
Deux méthodes peuvent être utilisées et obéissent au
Comité international de standardisation de la rhinomanométrie : la
rhinomanométrie antérieure active, qui est le plus largement répandue, et la
rhinomanométrie postérieure active.
Elles utilisent le même principe, à savoir
un masque nasobuccal où sont mesurés le débit aérien et la pression narinaire.
La pression choanale est mesurée dans la narine controlatérale pour la
rhinomanométrie antérieure active, dans la cavité buccale pour la
rhinomanométrie postérieure active.
Du fait de l’obstruction d’une des deux
narines, la rhinomanométrie antérieure ne permet pas d’étudier
simultanément les deux fosses nasales.
La rhinomanométrie antérieure active
est de réalisation simple, rapide, reproductible, possible chez tous les sujets,
y compris les enfants.
La rhinomanométrie postérieure active est difficilement
réalisable chez certains sujets en raison de l’introduction d’une sonde buccale.
Elle a l’avantage de permettre une mesure de la résistance globale et une
meilleure étude de la valve nasale en supprimant les embouts narinaires.
Les résistances nasales totales sont normalement inférieures à 0,3 P/mL/s, les
résistances unilatérales normales sont inférieures à 0,6 P/mL/s.
L’examen doit être réalisé après mouchage, dans une pièce calme, bien aérée,
à l’abri des rayons solaires.
Si les valeurs obtenues sont normales,
l’exploration est terminée.
Les cas d’obstruction nasale de décubitus
conduisent à effectuer une seconde mesure après 30 minutes d’alitement
dorsal.
Si les résistances nasales sont élevées, différentes manoeuvres sont
effectuées dans le but d’incriminer une ou plusieurs structures anatomiques.
Les manoeuvres de Cottle (écartement du sillon nasogénien de manière à
ouvrir l’angle valvaire) et de Bachmann (mise en place d’un coton au sommet
de la valve nasale) sont positives lorsque leur réalisation normalise les
résistances.
Leur positivité signe la responsabilité de la valve.
Le test aux
vasoconstricteurs, lorsqu’il entraîne une normalisation des résistances
nasales, incrimine l’hypertrophie turbinale dans la genèse de l’obstruction
nasale.
La rhinomanométrie n’autorise aucune quantification de l’obstruction
nasale.
En effet, il n’existe aucune corrélation entre l’importance de
l’élévation des résistances nasales et la sévérité de l’obstruction ressentie par
le patient.
Toutefois, certaines études montrent que la corrélation est meilleure
en cas d’obstruction nasale unilatérale que bilatérale (obstruction nasale
quantifiée par le patient sur une échelle visuelle analogique et résultats de la
rhinomanométrie).
2- Rhinométrie acoustique
:
Cette technique récente permet une étude objective de la géométrie des fosses
nasales par échographie acoustique.
L’étude informatique de la réflexion
sonore dans la fosse nasale permet d’en déduire une surface de section à
chaque instant.
Connaissant la vitesse du son, il est possible de savoir à quelle
distance dans la cavité nasale se situe cette surface de section.
Jackson en
1977, puis Hilberg en 1989 en précisent le principe :
– une onde de pression, émise par un générateur, est dirigée dans la fosse
nasale à travers un tube de calibre constant ;
– un microphone placé à son extrémité enregistre l’onde réfléchie après
passage dans la fosse nasale.
Ce signal est ensuite amplifié, filtré, puis analysé
par un micro-ordinateur.
La rhinométrie acoustique permet de chiffrer et de situer un obstacle
endonasal sur une courbe avec trois accidents sous la forme d’ondes
négatives :
– une première onde est fixe et correspond à l’extrémité du tube nasal.
Elle se
situe environ à 0,5 cm au-delà de l’orifice narinaire ;
– la deuxième onde est située à environ 2 cm de l’orifice narinaire et
correspond à la région de la valve avec notamment la tête du cornet inférieur ;
– la troisième onde se situe environ à 6 cm de l’orifice narinaire et correspond
à la queue du cornet inférieur.
Chez les patients présentant une hypertrophie turbinale, la surface de section
minimale se situe au niveau de la tête du cornet inférieur.
De grandes variations apparaissent, surtout au-delà des 3 premiers
centimètres de la cavité nasale où la méthode reste imparfaite.
Les avantages de cette technique sont sa rapidité, sa reproductibilité, son
caractère non invasif et un minimum de coopération requis de la part du
patient.
Toutefois, les résultats de cette méthode méritent encore d’être
validés et de nombreux problèmes techniques sont encore non résolus.
3- Radiologie :
L’exploration radiologique n’est pas systématique mais toujours orientée par
les explorations cliniques et endoscopiques.
* Radiographie standard :
La radiographie des sinus est inutile au diagnostic de rhinite chronique.
Elle
permet de visualiser l’hypertrophie des cornets inférieurs avec diminution de
la filière aérienne.
De même, elle n’a que peu d’intérêt dans le bilan
étiologique d’une rhinite.
En effet, la participation sinusienne est fréquente
dans le cadre des rhinites chroniques, le plus souvent asymptomatique.
De
plus, les différentes incidences (face, profil, Blondeau, Hirtz) sont
insuffisantes pour l’étude des sinus ethmoïdaux, localisation préférentielle
des pathologies inflammatoires chroniques débutantes.
* Tomodensitométrie :
La TDM représente la technique principale d’exploration radiologique des
cavités nasosinusiennes.
Elle n’est pas toujours nécessaire au bilan d’une
rhinite chronique, elle permet surtout d’éliminer d’autres affections.
La muqueuse turbinale est visible sous la forme d’une structure homogène,
régulière.
Le cycle nasal modifie l’aspect radiologique de la muqueuse turbinale, se traduisant par une asymétrie de l’épaisseur de la muqueuse du
cornet inférieur, du cornet moyen, du septum et du sinus maxillaire.
L’instillation de vasoconstricteurs fait disparaître ce fait et peut améliorer la
lecture des clichés.
Les indications de la TDM sont :
– l’existence d’un doute diagnostique avec une sinusite chronique ;
B - Mise en évidence d’une étiologie particulière :
1- Recherche d’une allergie :
* Tests cutanés :
Ils représentent la première ligne des explorations paracliniques des rhinites
chroniques.
C’est toujours à l’heure actuelle la méthode de diagnostic la plus
sensible et la moins coûteuse pour mettre en évidence les sensibilisations du
patient.
La technique le plus couramment utilisée est celle du prick-test.
Les prick-tests sont de réalisation rapide, indolore et sensible.
Ils sont le plus souvent réalisés avec les principaux pneumallergènes
domestiques et polliniques.
Il semble intéressant de rechercher
systématiquement une allergie au latex, car le risque de sensibilisation à cette
substance est majoré chez l’atopique.
* Dosages biologiques :
– L’hyperéosinophilie sanguine n’est pas spécifique de l’état d’atopie.
– Le dosage des IgE sériques totales est peu spécifique et d’intérêt limité.
– Les tests multiallergéniques de dépistage correspondent à des techniques
de dosage recherchant des IgE sériques dirigées contre différents allergènes
fixés sur un même support.
La spécificité et la sensibilité des tests multiallergéniques pour le dépistage global de l’allergie sont de l’ordre de 75
à 90 %, donc supérieures à celles du dosage des IgE totales.
Les principaux
tests multiallergéniques utilisés en pratique sont le Phadiatopt, le CAP
Phadiatopt et le Stallerscreent.
– Le dosage des IgE sériques spécifiques ne se justifie, en première intention,
que lorsque les tests cutanés sont irréalisables (dermatose étendue) ou
ininterprétables.
En revanche, la recherche des IgE spécifiques est intéressante lorsqu’il existe
une discordance entre l’allergène cliniquement suspecté et les résultats des
tests cutanés, ou lorsque l’on veut rechercher une sensibilité à un allergène
rare non disponible en test cutané.
Il est également recommandé d’effectuer
ce dosage si une désensibilisation spécifique est envisagée.
* Tests de provocation nasale
:
Ils permettent d’évaluer la réactivité spécifique de la muqueuse nasale à
différents allergènes.
Ils ont bénéficié des progrès et de la standardisation de
la rhinomanométrie.
Cette mesure de la réactivité nasale évite l’extrapolation
à partir de la réactivité cutanée.
La rhinomanométrie donne une base objective
au diagnostic clinique et permet l’évaluation objective des résultats
thérapeutiques.
Ils doivent donc être réservés aux situations cliniques
complexes : discordance entre histoire clinique et tests cutanés, allergie
professionnelle.
* Cytologie nasale
:
Elle peut être effectuée par la réalisation d’un frottis ou d’un brossage
nasal.
La muqueuse nasale normale ne contient pas de polynucléaires
éosinophiles.
Dans le mucus nasal existent des cellules libres qui sont en majorité des polynucléaires neutrophiles.
Chez un allergique en phase
d’exposition à l’allergène, l’éosinophilie muqueuse et sécrétoire devient
majeure.
Toutefois, une infiltration de polynucléaires éosinophiles n’est
pas synonyme d’allergie.
En effet, il existe des rhinites inflammatoires non
allergiques caractérisées par une hyperéosinophilie sécrétoire : NARES.
L’existence d’une éosinophilie supérieure à 20 % sur deux prélèvements
successifs couplée à des tests allergologiques négatifs doit faire évoquer le
diagnostic de NARES.
Cet examen ne peut être interprété valablement qu’en
respectant des critères stricts de prélèvement et de lecture.
Il nécessite une
certaine expérience de la part de l’opérateur et du laboratoire.
En pratique, il
est surtout utile pour éliminer un NARES.
* Dosage de l’ECP :
La protéine cationique de l’éosinophile (ECP) est libérée par les
polynucléaires éosinophiles lors de la réaction inflammatoire.
Elle peut être
mesurée par technique radio-immunologique.
Plusieurs études ont montré
l’augmentation du taux d’ECP dans les sécrétions nasales en période
d’exposition allergénique.
La mesure couplée des taux d’ECP et d’éosinophiles dans les sécrétions
nasales donne des informations sur la participation des éosinophiles dans la
rhinite mais aussi sur leur activité.
C - Recherche d’une hyperréactivité bronchique :
L’exploration fonctionnelle respiratoire (EFR) doit être systématique s’il
existe un asthme cliniquement évident, surtout s’il est non traité.
L’EFR
confirmera alors l’atteinte bronchique en mettant en évidence, à la spirométrie
ou sur les courbes débit-volume, un trouble ventilatoire obstructif réversible
partiellement ou totalement après inhalation d’un bêta-2-mimétique.
Si la spirométrie est normale mais que la présomption clinique est forte, la mise en
évidence de l’hyperréactivité bronchique pourra être effectuée soit par la
surveillance pendant quelques jours du débit de pointe par un débitmètre, afin
d’objectiver la variabilité journalière des mesures, soit par la réalisation d’un
test de provocation bronchique non spécifique (histamine, métacholine,
carbacholine).